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Les Enfants du désastre, tome 2 : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître

Classé dans : Avis littéraires — 28 juin 2019 @ 16 h 48 min

Genre : Historique Couleurs de l'incendie

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2019 [2018]

Nombre de pages : 538

Synopsis : Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière. Mais elle a un fils, Paul, qui d’un geste inattendu et tragique va la placer sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe. Pierre Lemaitre signe ici le deuxième volet de la trilogie Les Enfants du désastre inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013. 

 

Avis : J’ai lu Au revoir là-haut en avril ; la même amie qui me l’avait prêté m’a proposé Couleurs de l’incendie : comment résister ?

Première remarque que je peux faire : Pierre Lemaitre s’y connaît en début choc ! Si le début du premier tome de sa série m’avait laissé sans voix, ce fut aussi le cas du premier chapitre de ce roman, encore plus choquant ! Tant de cruauté et de détresse en dix pages : impressionnant ! Puis, viennent l’hypocrisie et la lâcheté. Et vient le dégoût du lecteur pour certains personnages qu’il vient juste de rencontrer. On peut donc dire que M. Lemaitre a le sens des grands incipit !

Je vais commencer par la seule chose qui m’a gênée dans ce roman, comme dans Au revoir là-haut : la représentation des femmes et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Tous les personnages féminins sont jugés par les personnages masculins par rapport à leur sexualité et à leur corps. C’est épuisant. Soit ils se disent qu’elles ont un beau cul, qu’ils se la feraient bien ; soit qu’elle a une vie sexuelle dissolue, ce qui en fait une salope. Génial. On adore. Elles sont donc constamment ramenées à leur corps et à ce qu’elles en font. [SPOILER] C’est la raison pour laquelle ils sont toujours trompés par les personnages féminins ce qui, en revanche, est jouissif. Ils les pensent stupides, incapables de penser et de réfléchir, et finissent ruinés par leur bêtise. [FIN DU SPOILER] Il n’y a, pour moi, qu’un seul personnage masculin positif – si on excepte Paul – ; je me suis vite attachée à lui, il était assez touchant d’une certaine façon et, [SPOILER] alors même que je ne suis pas une grande fan de romance, j’avais terriblement envie que Madeleine et lui finissent ensemble, qu’ils tombent amoureux ! Peut-être que c’est le cas à la fin, puisqu’ils sont ensemble dans le dernier paragraphe ; c’est au lecteur de décider ce qu’il en pense. Je vais donc rêver qu’ils sont ensemble ! [FIN DU SPOILER] Une autre petite chose qui m’a peut-être gênée : il y a pas mal de scènes sexuelles ou de références au sexe, et je trouvais que ça devenait lourd à force.

Concernant l’histoire, je ne peux pas trop vous en dire, parce que le synopsis est très bon et ne laisse pas deviner grand-chose ! Sachez simplement que c’est à la fois frustrant et jouissif. Frustrant pour la première partie du roman : [SPOILER] assister à la chute de Madeleine était pénible, vraiment, parce que je l’aimais déjà beaucoup dans Au revoir là-haut. Et voir ses adversaires masculins s’enrichir et réussir m’a donné envie de vomir. [FIN DU SPOILER] Jouissif grâce à [SPOILER] la grande vengeance qui se met en place dans la seconde partie du roman ! Honnêtement, j’avais terriblement envie qu’ils paient TOUS pour ce qu’ils ont fait, mais surtout Delcourt. J’avais envie qu’il meure pendant le bouquin, et j’étais frustrée de voir que Madeleine ne trouvait rien contre lui ! [FIN DU SPOILER]

Concernant les personnages : comme je l’ai dit, Madeleine Péricourt est déjà présente dans Au revoir là-haut, et je l’appréciais déjà à ce moment-là. Je l’ai adoré ici, de plus en plus, au fil du livre. C’est une femme forte [SPOILER] qui décide de se venger des hommes qui l’ont trompée. [FIN DU SPOILER] Existe-t-il quoi que ce soit chez elle que je puisse ne pas aimer ? Oui, une seule chose : elle incarne la femme qui ne peut et ne veut pas faire confiance à d’autres femmes, et le livre ne lui donne pas tort. C’est assez triste : j’aimerais lire un jour un roman de ce type dans lequel je puisse trouver une relation saine entre deux femmes. Paul est un personnage que j’aime beaucoup, et qui m’a beaucoup touchée [SPOILER] le passage dans lequel il raconte à sa mère ce que lui a fait Delcourt … j’avais envie de le tuer pour ça !! Mais quelle haine j’ai ressentie ! [FIN DU SPOILER] Je ne peux pas trop en dire sur lui sans vous spoiler tout le bouquin malheureusement ! [SPOILER] C’est un petit garçon très fort, résilient. J’avais envie de lui faire des câlins tout le long du livre ! Son amour de la musique est un plaisir à lire, et sa relation avec Solange Gallinato m’est précieuse. J’ai adoré le fait qu’il réussisse à monter son entreprise, et la fin de son histoire ! [FIN DU SPOILER] Les autres personnages, secondaires, sont presque tous des raclures : je les ai pratiquement tous détestés [SPOILER] en tout cas, c’est le cas des personnages masculins, tous, à l’exception de Dupré, obnubilés par le sexe et violents. J’ai aussi fini par détester Léonce, que j’avais aimé dans la première partie du roman, lorsque le lecteur apprend qu’elle a trahi Madeleine. Elle ne fait pas que trahir son employeur, elle trahit aussi son amie après l’avoir séduite. [FIN DU SPOILER] J’ai adoré Vladi : cette fille est un délice à suivre, même si je n’ai rien compris de ce qu’elle disait ! [SPOILER] Autre personnage que j’ai fini par adorer : Solange Gallinato. Elle m’agaçait un peu au début, sans doute parce qu’elle agaçait Madeleine ; mais j’ai fini par me ranger plutôt à l’avis de Paul. Le dernier acte de Solange est d’un courage exemplaire, et ses blessures cachées m’ont fait mal au coeur. [FIN DU SPOILER]

J’aime toujours autant l’écriture, même si j’ai moins vu de discours indirect libre comparé au premier tome de la série. J’ai aimé l’importance que prend la musique ici, cela m’a donné envie d’écouter les airs mentionnés pendant la lecture. J’ai adoré que le contexte politique soit utilisé dans le cadre de l’histoire, mais aussi la note de l’auteur qui explique qu’il s’est inspiré de faits réels. Enfin, je tiens à prévenir les personnes sensibles : certains sujets lourds sont abordés ici.

 

 

Donc, j’ai aimé ce livre, malgré ses défauts, et je lirai le troisième et dernier tome de cette trilogie avec plaisir quand il sortira !

 

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