Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Avis littéraires'

Heidi de Johanna Spyri

Posté : 8 février, 2019 @ 11:52 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique, JeunesseHeidi

Editeur : Puffin (in Bloom)

Année de sortie : 2014 [1880]

Nombre de pages : 295

Titre en VO : Heidi

Synopsis :  »Heidi looked around with growing delight at the mountain peaks she knew so well and which seemed to greet her like old friends. »

 

Avis : J’ai gagné ce livre en concours sur Instagram début 2017. Je n’avais aucune envie de lire Heidi avant de le gagner – il était dans un box. 

Je dois l’avouer : je ne regardais pas Heidi à la télé enfant. Petite, je ne pensais pas que la vie d’une petite fille dans les montagnes suisses pouvait m’intéresser. J’avais gardé mes préjugés jusqu’à maintenant. Je ne pensais pas aimer Heidi, mais étant donné qu’il avait neigé, que c’était encore l’hiver, je me suis dit que c’était le moment ou jamais pour le lire, et voir si, en fin de compte, il me plaisait. Je peux vous dire que j’ai été très surprise ! Je ne m’attendais vraiment pas à aimer Heidi à ce point ! 

C’était une lecture douce/amère : la vie d’une petite fille des montagnes, élevée dans la nature, naïve comme tout, mais qui a tout de même du caractère. Une âme simple et pure, qui vit dans la neige, dans l’herbe, au milieu des chèvres, et que des gens « bien intentionnés » veulent voir grandir, quitter la montagne pour la « vraie vie », celle des villes. La vulnérabilité, la détresse d’Heidi m’ont fait mal au cœur, mais sa force m’a impressionnée. La scène dans laquelle [SPOILER] elle va à Francfort avec Detie et quitte son grand-père m’a arraché le cœur ! [FIN DU SPOILER] J’ai vraiment eu du mal à supporter cette scène, j’ai vraiment eu envie d’arrêter la lecture tellement ça m’énervait/me rendait triste ! Je n’avais pas envie de savoir ce qui allait se passer ensuite, de peur que l’auteure fasse n’importe quoi. Mais j’avais aussi, paradoxalement, très envie de savoir ce qui allait arriver à Heidi ! Même si la situation est très dure, et si des sujets assez lourds sont traités, le livre est beau, plein d’espoir, et de pensées positives ! Heidi fait partie de ces livres confortables, dans lesquels le lecteur se sent bien – excepté certaines scènes bien sûr ! – un petit bouquin à lire devant une cheminée, avec les montagnes enneigées en fond ! 

Concernant les personnages, j’ai adoré Heidi : elle est adorable. Fragile parce que petite, parce qu’elle ne comprend pas le monde, elle est aussi dotée d’un caractère qui lui permet de remonter toutes les pentes ! Elle est généreuse, dévouée ; parfaite on pourrait dire,  un exemple ! J’ai aussi adoré Uncle ! Sous la surface, c’est un homme brisé par son passé. Il s’inflige son isolement en guise de punition. C’est un peu l’image du pêcheur qui se repent comme il peut. Rottenmeier est l’archétype de la méchante dame que le personnage principal ne comprend pas : pourquoi ne l’aime-t-elle pas ? J’ai aussi apprécié Clara [SPOILER] même si ce qui lui arrive à la fin ne m’a pas paru très réaliste ! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi adoré les grands-mères, Granny et Grandmama ! 

La seule chose qui m’a agacée dans ce livre, c’est la place que prend peu à peu la religion. C’est la solution à tout. Quand elle est à Francfort, et que sa maison lui manque, Grandmama dit à Heidi de prier Dieu de lui accorder ce qu’elle veut, et de ne jamais oublier de le faire tous les soirs. Et voilà. Dieu exauce les vœux des différents personnages, il est la solution. Moui. Pas convaincue. 

 

Donc, un beau petit livre qui réchauffe le lecteur quand son cœur est froid !

 

 

 

La Nuit des temps de René Barjavel

Posté : 6 février, 2019 @ 2:26 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : SF La Nuit des temps

Editeur : Pocket 

Année de sortie : 1971 [1968]

Nombre de pages : 381

Synopsis : Dans un grand paysage polaire aux teintes pastel s’agitent des taches de couleurs vives, ce sont les membres d’une mission des Expéditions Polaires françaises qui font un relevé du relief sous-glaciaire. L’épaisseur de la glace atteint ici plus de mille mètres et ses couches profondes datent de 900 000 ans. Pourtant un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal provenant du niveau du sol. Aucun doute n’est possible : il y a un émetteur sous la glace !

La nouvelle éclate comme une bombe. Que vont découvrir les savants et les techniciens qui, venus du monde entier, creusent la glace à la rencontre du mystère ?

LA NUIT DES TEMPS, c’est à la fois un reportage, une épopée et un grand chant d’amour passionné. Le présent et le passé s’y mêlent, y affrontent leurs espoirs et leurs craintes et y jouent le sort du monde. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d’Elea et de Païkan les emmènent tout droit vers le grand mythe légendaire des amants bienheureux et maudits, à côté de Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, de tous ceux que même la mort n’a pas réussi à séparer. 

 

Avis : J’ai vérifié sur Livraddict : ce livre est dans ma PAL depuis début février 2014 … 5 ans pour le lire !! Abusé !!

La Nuit des temps est le premier livre de Barjavel que je lis ; j’ai aussi L’Enchanteur dans ma PAL, et une amie m’a prêté Le Grand secret. Après cette lecture, j’ai vraiment hâte de tenter d’autres livres !! 

Je peux d’abord vous dire qu’il peut se lire très rapidement : si je n’avais pas eu de travail, et si je n’avais pas voulu prendre mon temps pour lire, je l’aurais fini en un ou deux jours. L’écriture est très facile à comprendre, très entraînante, et parfois même très belle. La brièveté des chapitres aide aussi à donner un bon rythme à la lecture ! Le lecteur est transporté au Pôle Sud, où se situe l’action. Je dois avouer que je n’ai pas été charmée tout de suite : le décor n’était pas mon préféré, et certaines choses m’ont fait tiquer – un peu sexiste, et la façon de décrire les personnes de couleur était limite. J’ai essayé de dépasser ça pour apprécier pleinement l’histoire. 

Je ne sais pas exactement quand je suis tombée amoureuse, mais c’est arrivé. J’ai fini par me faire au décor, et même, par l’aimer, par apprécier sa beauté, et ce qu’il révèle. Je pouvais sentir le froid pendant la lecture : une scène en particulier m’a glacée, et m’a dégoûtée en même temps ! Concernant le temps du récit : je pense qu’on peut dire qu’on se trouve dans le futur ? C’est un peu difficile à dire, mais la technologie des personnages semble plus avancée que la nôtre, par exemple, la Traductrice !! Et, du coup, j’ai aimé le lien entre passé et futur : la civilisation passée que l’on découvre est bien plus avancée que nous, et, pourtant, bien plus « jeune ». J’ai aimé la réflexion sur la vieillesse et la jeunesse des mondes/civilisations. J’ai adoré découvrir la civilisation perdue : c’était à la fois fascinant, beau, et aussi triste. Nouvelle réflexion : les hommes ne sont pas toujours capables de voir plus grand qu’eux. Ils ne pensent qu’aux territoires, aux possessions ; ils sont capables de détruire la terre, simplement pour qu’un autre ne l’est pas. La guerre, cette idiotie. Gondawa semble idyllique : [SPOILER] pas d’idéologies, pas de religions, pas de véritable argent. Les gens, grâce à leur clé personnelle, peuvent avoir ce qu’ils veulent, quand ils le veulent. Ils ont des crédits sur leur clé, assez pour les besoins primaires, mais aussi pour le loisir ! La sexualité n’est pas une honte ou un tabou ; le travail n’est pas une corvée ; on ne peut pas avoir d’enfants accidentellement, si on ne le désire pas vraiment ; les gens vivent en harmonie avec la nature et ont tout grâce à l’énergie universelle. Les hommes et les femmes ont l’air égaux. Quel paradis … [FIN DU SPOILER] 

Concernant les personnages : je n’ai pas su m’attacher à Simon. Du tout. Sans doute parce qu’il est, en fait, extérieur à cette histoire, qu’il n’est pas si important, et qu’il voudrait avoir de l’importance. Peut-être aussi [SPOILER] parce qu’il tombe amoureux d’Elea instantanément. Et que l’instalove … ce n’est pas mon truc. Il ne la connaît pas du tout ; il est attiré par elle physiquement, et par sa fragilité sans doute. Elle est seule au monde et a besoin d’un repère ; il a décidé que ce serait lui. [FIN DU SPOILER] En fait, il m’a agacée. Vraiment. En revanche, j’ai adoré Elea. Elle m’a touchée. Je l’ai comprise. J’ai aimé son histoire et celle de Païkan. D’ordinaire, je n’aime pas les romances ; mais ici, elle ne m’a pas dérangée, au contraire ! J’ai aimé voir leurs liens, ce qu’ils ressentent, la façon qu’ils ont de ne faire qu’un. Le mot « amour » n’est pas suffisant pour exprimer ce qu’ils ressentent. Cela nous arrive aussi, parfois : trois mots ne peuvent pas résumer tout ce que nous sommes l’un pour l’autre. Les scènes qui racontent leur histoire sont mes préférées, parce que le lecteur apprend à les connaître, mais aussi parce qu’il découvre, par la même occasion, Gondawa. J’ai aussi aimé le personnage de Coban, même si le lecteur n’apprend pas grand-chose sur lui en fin de compte. [SPOILER] Je pense que sa mort permet le triomphe de l’amour. Païkan parvient à rejoindre Elea, et ils pourraient vivre 900 000 ans après la destruction de leur civilisation ; malheureusement, elle pense que l’homme qui est près d’elle est Coban, et pas son bien-aimé. Leur mort est une tragédie digne de Roméo et Juliette ! On pourrait clairement y voir une réécriture ; mais, la romance est meilleure que celle de l’originale. En effet, pas de coup de foudre, pas de tragédie adolescente, pas d’exacerbation exagérée : ici, leur amour est sincère, et a passé l’épreuve du temps. C’est un premier amour parce qu’il n’y a que des premières amours en Gondawa. L’amour, en fin de compte, est plus important et plus fort que la connaissance et la civilisation. Je ne sais pas trop ce que j’en pense ; je comprends les deux points de vue. Et je suis aussi d’accord avec le fait qu’une vie n’est pas plus importante qu’une autre, que ce n’est pas l’intelligence qui fait toute la valeur de quelqu’un. [FIN DU SPOILER] Petite remarque concernant Hoover et Leonova : le premier est assez insupportable au début, puis j’ai appris à l’apprécier. Sa façon de se comporter me semble plus être une sorte de façade. Quant à elle, elle est la seule femme qui ne soit pas secrétaire ou femme de ménage dans le groupe de scientifiques. Impressionnant ! 

J’ai été choquée par la fin !! Je ne m’y attendais pas !! [SPOILER] Tout ce que le lecteur a lu n’a abouti à rien ! On pourrait presque se dire : « Tout ça pour ça ?! » La civilisation de Gondawa est à nouveau perdue, avec toutes ses connaissances – ou l’est-elle vraiment ? La toute dernière scène avec le fils des Vignont pourrait impliquer qu’il y a un moyen de les sauver, et leur monde et connaissances avec eux ! De plus, l’équation de Zoran a été envoyée à quelqu’un : à qui ? où est-elle ? peut-on la déchiffrer ? [FIN DU SPOILER]

 

Donc, ce fut une très bonne lecture, à la fois divertissante et pleine de réflexions ! J’ai hâte de découvrir d’autres livres de l’auteur !

 

Les Belles Endormies de Yasunari Kawabata

Posté : 1 février, 2019 @ 11:46 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Les Belles Endormies

Editeur : Le Livre de Poche 

Année de sortie : 2005 [1961]

Nombre de pages : 125

Titre en VO : Nemureru Bijo 

Synopsis : Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu’il franchit le seuil des Belles Endormies ? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal de plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d’adolescentes endormies sous l’effet de puissants narcotiques.

Pour Eguchi, ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de sa jeunesse, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait ? au seuil de la mort, à la douceur de l’enfance et au pardon de ses fautes. 

 

Avis : Cela fait presque trois ans que ce livre est dans ma PAL : comme il est tout petit, je me suis dit qu’il fallait que je me lance !

Alors … après avoir refermé Les Belles Endormies, je ne savais pas trop quoi penser. J’ai ressenti un malaise du début à la fin, pour une raison très simple : un vieil homme dort avec des filles nues endormies, qui ne peuvent se réveiller parce qu’elles sont droguées. Euh … d’accord. Bon. Au lieu de dormir, pendant ces nuits passées avec de belles jeunes filles qui sentent l’enfance – haha … – il s’imagine ce que peuvent leur faire les autres « clients », les autres vieillards, ce qu’ils veulent leur faire mais qu’ils ne sont plus capables de faire, et lui s’imagine ce que LUI-MEME pourrait leur faire, ce qu’il a envie de leur faire, pour violer les règles de la maison, pour se venger de son impuissance grandissante. Ah, et il se demande aussi si elles sont vierges, tout en admettant qu’elles sont des prostituées et que, donc, non, elles ne le sont pas. Mais elles ont l’air de l’être blablabla. Un peu de colère en moi ici. Mais passons. L’intrigue, en plus de l’étrangeté d’origine de l’idée, était lente – on peut se douter qu’avec un résumé de la sorte, ce n’est pas action sur action, que ce n’est pas trépidant ! C’est plus contemplatif ; cela ne me dérange pas du tout, j’aime aussi ce genre de livres. Mais, ici, sans doute à cause de la situation dans laquelle se trouve Eguchi quand il réfléchit à son passé, tout avait un goût dérangeant

Pour autant, les réflexions sur la vieillesse étaient « belles » et assez tristes. Eguchi veut se convaincre qu’il n’est pas un vieillard, qu’il n’est pas comme les autres « clients », qu’il peut encore faire des choses avec une femme, alors qu’eux ne le peuvent plus. En gros, il explique qu’il n’a pas besoin d’aller chez les Belles Endormies, mais qu’il le fait pour se préparer. Je me suis finalement posé une question : la vie se résume-t-elle donc au sexe ? Juste au sexe ? Parce que c’est l’impression que donne Eguchi. Certes, il apprécie la beauté de ces femmes sans défense – rien que d’écrire ça, mon poil se hérisse ! – mais il revient toujours à ce qu’il pourrait leur faire, à ce qu’il a fait à d’autres femmes. Ces filles inconnues lui permettent de « revivre » son passé amoureux, de revoir les femmes de sa vie. Parfois, la narration est ambiguë : Eguchi vérifie que les filles sont vierges. Mais comment ? Et certaines scènes laissent entendre qu’il a commencé à faire quelque chose, mais qu’il renonce en cours de route. 

Une petite chose qui m’a agacée : les nombreuses répétitions. Même s’il dort avec des femmes différentes, et se souvient de femmes différentes, on retrouve les mêmes réflexions et la même absence d’action (qui présage sans doute de la future impuissance sexuelle d’Eguchi) : [SPOILER] les vieillards sont des pervers, et ces jeunes femmes ne peuvent rien contre eux, mais elles sont là pour l’argent de toute façon, donc allez, on a le droit de faire ce qu’on veut, mais non, parce que ce sont des vierges, et peut-être qu’il pourrait quand même se venger en les tuant, mais non. [FIN DU SPOILER] On retrouve le même vocabulaire, parfois même les mêmes phrases, ou des rappels, alors que le livre est si court qu’il n’en a pas besoin ! Je suppose que l’auteur a écrit Les Belles Endormies de cette façon, et que ce n’est pas à cause de la traduction ; pour autant, je pense qu’on perd tout de même un peu de la « poésie » de Kawabata. Autre petite remarque : je me suis souvent sentie somnolente pendant la lecture, sans doute à cause du décor ou de la situation ; c’était étrange !  

Et la fin … elle m’a laissée dubitative. Est-ce une sorte de vengeance ? et qui est véritablement puni ? Que doit-on en conclure ? [SPOILER] Eguchi va-t-il sérieusement se recoucher tranquillement à côté de l’autre fille comme si de rien n’était ?!! [FIN DU SPOILER] J’ai eu l’impression d’être jeté hors d’une maison en plein débat. Perturbant ! 

 

Donc, un livre que je ne peux pas dire avoir aimé, qui m’a mise mal à l’aise, et que je ne relirai sans doute pas !

 

Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande de Pauline Alphen

Posté : 31 janvier, 2019 @ 2:06 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy/SF Salicande

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [2009]

Nombre de pages : 568

Synopsis : En l’an IX de l’ère du Dragon, selon le nouveau calendrier, je veux consigner ici les bribes de connaissance dont je dispose concernant ce qu’il est coutume d’appeler « les Temps d’Avant ». Déjà, les hommes et les femmes de Salicande ne se souviennent de rien. Déjà, presque rien ne reste de ce qui fut à bien des égards l’âge de la brillance et du raffinement, de l’abondance et de l’inventivité. C’est désormais l’âge de la superficialité et de l’égoïsme. Or, voilà que se lèvent les Eveilleurs. Ils sauront voyager entre les dimensions parallèles qui sont autant de réalités dérobées. Et le monde redeviendra plus vaste, plus fabuleux, plus riche de sensations, de couleurs, d’êtres. 

Chroniques des Temps d’Avant

par Bahir Borges

 

Avis : J’ai entendu parler de cette série il y a longtemps, puis elle est apparue sur la chaîne de Salomé. J’ai trouvé le premier tome à la bibliothèque, donc je me suis lancée !

J’ai déjà beaucoup aimé le début : 

« Le Vrai Lecteur écrit le livre en le lisant.

 

Le Vrai Lecteur est à la fois l’auteur,

 

les personnages et l’histoire.

 

Le Vrai Lecteur est le livre. »

Sans rien savoir de l’histoire, j’étais déjà charmée ! C’est à peu près ce que je pense de la place du lecteur dans la littérature et dans la conception de l’œuvre : sans lui, le livre n’est jamais vraiment, puisqu’il reste lettre morte. L’univers m’a également charmée : un monde post-apocalyptique dans lequel les hommes vivent sans technologie. J’aurais aimé en savoir encore plus sur la Peste verte et sur la chute du XXIIe siècle ; je pense que les tomes suivants sont là pour ça ! Le peu que nous apprend Salicande était déjà passionnant ! Mention spéciale aux séances d’Unir !! J’ai l’impression que tous les livres que je lis me poussent à tenter la méditation, le yoga, ou une activité de ce genre !! J’aime aussi la place de la « magie » dans l’univers, le fait qu’il y ait des créatures fantastiques ! Le peuple humain se divise apparemment en plusieurs branches qui ont suivi des chemins différents. Ce mélange entre « dystopie » et Fantasy m’a bien plu ! M’ont plu également les nombreuses références littéraires qui parcourent le texte !! Clarys, l’héroïne, est une lectrice avide qui a déjà rencontré pas mal de personnages comme Harry Potter, Aragorn, Lyra ! J’ai aimé les voir apparaître, et servir à donner des leçons à la petite fille ! J’ai aussi aimé l’écriture : un peu poétique, très prenante ! Le seul « problème » que j’ai eu avec ce livre : j’ai trouvé qu’il était un peu trop long ! Et, après avoir lu la fin, j’ai peut-être une idée de la raison pour laquelle c’est si long : [SPOILER] ces bons moments passés avec les personnages ne se reproduiront pas dans les tomes suivants !! Pour moi, là, presque tous les personnages sont morts !!!! ça me paraît extrême, donc je pense qu’ils ne le sont pas vraiment, mais quand même !! J’ai été choquée par cette fin !! [FIN DU SPOILER] 

J’ai aussi particulièrement aimé le fait que ce livre nous parle aussi de nous, de notre société, et des risques que l’on fait encourir à la planète à force de l’exploiter. Il ne traite pas seulement de sa destruction, de l’extinction de multiples espèces, et de la nécessité de partir en la laissant exsangue ; il traite aussi des relations humaines, de la virtualité, de notre obsession pour les nouvelles technologies, au point de ne plus pouvoir nous en passer. A Salicande, personne n’a de téléphone, d’ordinateur ou d’électricité, et personne n’en meurt. Au contraire, les gens sont invités à se rapprocher de la nature, à vivre en harmonie avec elle, parce qu’ils ont besoin d’elle pour vivre, et ils en ont conscience ! En revanche, la condition de la femme s’est visiblement détériorée – d’où un discours de Chandra sur la maternité !  

Concernant les personnages, j’ai aimé Clarys, l’héroïne. Elle est touchante, fragile malgré la force qu’elle affiche pour se protéger. Elle m’a fait rire avec ses PP : j’étais comme ça plus jeune, et, parfois, je fais des rechutes !! Jad est attachant lui aussi ! Il est beaucoup plus posé que sa jumelle, et j’ai aimé leur complémentarité. [SPOILER] J’ai adoré la scène où il libère les bonsaïs ! [FIN DU SPOILER] Globalement, j’aime tous les personnages : Blaise, qui veut passer pour un mentor à la Gandalf, mais qui n’a visiblement pas encore le style ; Ugh, qui est un love interest, mais que je trouve adorable ; Eben, qui souffre de la disparition de sa femme et qui est, au début du livre, incapable de s’ouvrir à ses enfants ; Chandra et son discours sur les mères que j’ai ADORE ! ; Bahir et sa famille, qui permettent aux enfants de trouver une deuxième famille en quelque sorte. Je les ai particulièrement aimés ; la scène de fin qui les concerne … Bouuuuuh ! 

Mais, cette fin, sérieusement !! Je n’ai même pas le tome 2 sous la main !! Rah !! 

 

Donc, un bon premier tome, un peu long, mais qui s’achève sur une belle bombe qui donne très envie de lire la suite !

Le Mythe de la virilité : Un piège pour les deux sexes d’Olivia Gazalé

Posté : 25 janvier, 2019 @ 8:49 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai Le Mythe de la virilité

Editeur : Robert Laffont

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 413

Synopsis : Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.

Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l’homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé l’infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le « pédéraste » …). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l’oppression de l’homme par l’homme.

Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause. La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l’homme, en voulant y enfermer la femme, s’est tendu à lui-même.

En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l’ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l’appétit de conquête et l’instinct guerrier, il a justifié et organisé l’asservissement des femmes, mais il s’est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l’impuissance et à honnir l’effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Le devoir de virilité est un fardeau, et « devenir un homme » un processus extrêmement coûteux.

Si la virilité est aujourd’hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s’en alarmer, mais s’en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n’est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l’avenir du féminisme. 

 

Avis : Je veux lire ce livre depuis sa sortie ! Quand j’ai vu que la bibliothèque de ma fac l’avait, j’en ai profité ! 

Je pourrais faire une chronique claire et simple de ce livre en quelques mots : « Lisez-le, ce livre est génial ! ». Mais je vais quand même tenter d’argumenter, histoire que vous sachiez à quoi vous attendre. La première moitié du livre traite des femmes, du fait qu’elles ont été opprimées par l’homme et son mythe de la virilité, comment c’est arrivé. La seconde se focalise sur les hommes et la manière dont ils se sont auto-piégés à cause de ce même mythe, mais aussi comment, pendant des siècles, certains hommes ont été opprimés – elle inclut aussi une partie sur le féminisme et la théorie du genre. J’ai appris énormément de choses, mais je me suis aussi rendu compte que je pensais savoir d’autres choses, alors que non, en fait, j’étais à côté de la plaque. Très bonne rééducation donc ! L’auteure traite le sujet de manière plutôt chronologique : elle commence avant l’Antiquité, histoire de nous montrer comment les femmes étaient traitées avant. Puis, c’est la Chute, dans la mythologie, dans la religion, et donc la société qui la reflète. La femme est considérée comme inférieure, inutile, faible, et est traitée en circonstance. Tout est abordé : la sexualité, la fécondité, le mariage ; mais aussi la prostitution. Et là, je dois dire que l’auteure a utilisé des arguments qui ont réussi à me convaincre. J’ai toujours été gênée par la vente du corps des femmes ; mais la façon dont elle l’expose nous fait comprendre qu’encore une fois, ce sont nos préjugés qui parlent. J’ai apprécié qu’une grosse partie du livre soit consacrée aux hommes eux-mêmes, et j’ai appris encore plus de choses à leur propos que dans les parties concernant les femmes ! On oublie souvent qu’elles ne sont pas les seules à subir le calvaire de la virilité. En gros, tout tourne autour de leur phallus, et de la façon dont ils l’utilisent. La partie sur les pédérastes grecs … quel coup pour mon amour de l’Antiquité ! 

Je dois avouer, j’ai adoré ce livre, mais il m’a mise dans une rage … Je n’ai jamais compris la supposé infériorité des femmes, ni comment nous en étions arrivés là. Ce livre me donne une réponse qui me met en colère autant qu’elle satisfait mon envie de savoir. La société actuelle évolue, heureusement, mais il reste des préjugés ancrés, un sexisme ordinaire difficile à combattre parce que tellement intériorisé qu’il est difficile à voir. Il se trouve partout, dans notre façon de parler, de penser, de percevoir les situations et les gens, de désigner les choses. Ce n’est pas la faute des femmes ou des hommes actuels ; on ne peut pas endiguer ou oublier des siècles d’éducation genrée : « ce n’est pas féminin », « une fille ne doit pas faire ça », mais aussi « un garçon ne porte pas de rose », « un garçon ne fait pas ça », « ce n’est pas viril ». Ne parlons même pas des insultes suprêmes, comme les appelle l’auteure. Mais il est possible de faire en sorte que les générations futures soient moins affectées. Evidemment, quand on parle de la révolution féminine, on ne doit pas oublier qu’elle n’a pas lieu partout, malheureusement. Dans certaines régions du monde, les femmes sont toujours traitées comme des inférieures. Rien que le terme « excision » m’a donné envie de balancer le livre à travers la pièce … j’ai vraiment eu du mal à lire cette partie ! Quant à la partie sur ceux qui étaient considérés comme des « sous-hommes » … C’est triste de se dire que ce genre de préjugés est encore plus résistant que ceux sur les femmes … 

En fait, tout est à revoir. Le sexisme ordinaire nous tire vers le bas, et permet à certains antiféministes de montrer que les femmes sont inférieures, en font trop, etc. Quant au féminisme radical, il éloigne certaines femmes du féminisme à cause de sa stigmatisation de la sexualité, et de son idéal pro-supériorité féminine. Nous avons donc encore du chemin à faire, mais ce serait quand même mieux de le faire tous ensemble, sans laisser personne de côté, ce que rappelle la partie LGBTQYA+. Il fallait que la communauté soit intégrée au livre, sans quoi il aurait manqué quelque chose.

 

P. S. : alors, oui, c’est écrit par une femme, mais je ne pense pas que son sexe l’empêche de traiter convenable le sujet. Elle s’appuie sur de nombreux autres auteurs, et donne toutes ses références. Et fait aussi une remarque à propos du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir en rappelant, à juste titre, que, même si son livre n’est pas objectif, il permet de faire un grand pas vers la compréhension de la femme et de sa situation. (faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs !)

 

Conclusion : à lire pour tous, de tout sexe, de tout genre. TOUS ! Ce livre permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là : c’est l’origine de tout changement, non ? 

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