Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Avis littéraires'

Traité sur la tolérance de Voltaire

Posté : 14 août, 2017 @ 1:51 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Philosophie, Essai Traité sur la tolérance

Editeur : Folio (Sagesses)

Année de sortie : 2016 [1763]

Nombre de pages : 132

Synopsis : Convaincu de l’innocence de Calas exécuté en 1762, Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Le négociant huguenot était accusé du meurtre de son fils qui voulait se convertir au catholicisme.

Avec une ironie mordante et un style inimitable, l’écrivain plaide pour le respect des croyances et l’esprit de tolérance.

 

Avis : Je n’avais pas l’intention de lire ce livre, mais il est au programme de l’année à venir ; donc, pas le choix !

Etrangement, je suis le genre de personnes qui ne lient pas les livres quand ils sont réédités pour une occasion particulière. Après l’attentat contre Charlie Hebdo, tout le monde s’est rué sur Traité sur la tolérance de Voltaire ; je me suis demandée à quoi ça leur servirait. Il était trop tard. J’ai maintenant lu ce livre, et je l’ai trouvé excellent, comme Micromégas, seul autre livre que j’ai lu de Voltaire. Et je me suis demandée ce que ces gens y ont trouvé. Je doute qu’il les ait rassurés, mais je pense qu’il a pu aider ceux qui ne savaient pas quoi penser, qui se retrouvaient bouche bée devant un événement qu’ils ne comprennent pas. Il a pu les empêcher de faire l’amalgame entre terroristes et musulmans, de répondre à la violence par la violence.

Mais parlons du livre en lui-même. Voltaire a écrit ce Traité sur la tolérance à l’époque de l’Affaire Calas, modèle d’intolérance et d’injustice. En effet, Jean Calas, protestant, est accusé d’avoir assassiné son fils parce qu’il voulait se convertir au catholicisme. Sans preuves, le capitoul de Toulouse a condamné Calas à la roue. La justice a tué un innocent à cause de sa religion, parce qu’elle n’était pas la tendance dominante. Peut-on faire plus intolérant, plus injuste et plus absurde ? Même si cette affaire date de 1763, je ne peux pas m’empêcher de m’énerver en y pensant. Mais comment peut-on être aussi cruel, aussi idiot, pour tuer quelqu’un parce qu’il ne pense pas comme nous ? Dans ce cas, si quelqu’un n’aime pas mon livre préféré, je vais le tuer parce qu’il a un avis différent du mien ? Mais, revenons à Voltaire ! Ici, il s’en prend à la religion catholique principalement, montrant en quoi elle a déformé l’histoire pour se faire plaindre – notamment quand Voltaire explique les relations entre Romains et chrétiens -, reproduisant une lettre scandaleuse d’un père de l’Eglise qui demande l’exécution de millions de personnes parce qu’elles sont protestantes. Mais comment peut-on concilier les principes de la religion avec ce genre de propos ?! Voltaire nous montre comment ils y parviennent – par hypocrisie et en jouant sur les mots, ce qui est agaçant au possible !! L’auteur nous parle également de la tolérance dans d’autres pays, et notamment au Japon et en Chine. J’ai vraiment aimé découvrir leur façon de penser, ainsi que l’histoire, racontée par Voltaire. Il nous explique même comment l’intolérance ne devrait pas exister dans la religion catholique, pourquoi, et qui a le droit d’être intolérants selon le texte de sa religion ! Bien sûr, Voltaire écrit avec une bonne dose d’ironie bienvenue ! Pour autant, il reste déiste, et sa prière à Dieu, à la fin du livre, sonne comme une prière aux hommes : réveillez-vous, rendez-vous compte que, si vous croyez en Dieu, et même si vous n’y croyez pas, l’homme n’a pas été créé pour s’entretuer, pour se nuire, pour se détruire. La vie est si courte, et notre passage sur Terre, si insignifiant, qu’il est idiot de passer ce temps dans la haine. J’ai retrouvé des réflexions de Micromégas vers la fin. Un chapitre a été ajouté pour nous parler de la réhabilitation de Calas et de l’indemnisation de sa famille ; ou comment réparer une injustice quand il est déjà trop tard. Je vous avoue que je suis souvent dégoûtée en voyant ce que l’homme est capable de faire à un autre homme pour des raisons ridicules.

 

Donc, ce livre est important, il délivre un message fort, et il est triste qu’il faille attendre un attentat pour qu’on écoute à nouveau Voltaire. Il est même triste qu’on est besoin de l’écouter : la tolérance devrait être acquise depuis le temps. Encore du chemin à faire !

The Wave de Todd Strasser

Posté : 11 août, 2017 @ 5:19 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Non-fictionThe Wave

Editeur : Laurel-Leaf

Année de sortie : 2005 [1981]

Nombre de pages : 138

Synopsis : The Wave is based on an incident that took place in a high school history class in Palo Alto, California, in 1969.

Ben Ross and his history class are about to learn a lesson they will never forget.

As they study World War II, Ben Ross’s students can’t seem to understand how the German people could have followed Hitler and the Nazis. So Mr. Ross creates an experimental movement called The Wave. What begins in a single class-room quickly gathers momentum. Before the end of the week, The Wave’s motto, « Strength Through Discipline, Strength Through Community, Strength Through Action », governs the entire school. Only two students, Laurie Saunders and David Collins, recognize The Wave for what it is and set out to stop it before it’s too late. But is history destined to repeat itself?

 

Avis : J’avais envie de lire un petit livre après The Monk, et Gaël m’a choisi The Wave !

Je connaissais le principe de l’expérience : un professeur décide de reproduire les conditions du régime totalitaire nazi dans sa classe pour montrer aux élèves que ce n’est pas si simple de dire que les Allemands devaient bien se rendre compte de ce qui arrivait dans leur pays à l’époque. Il veut leur apprendre une leçon, leur faire comprendre qu’on ne peut pas juger sans avoir vécu la situation soi-même. Evidemment, cette expérience dégénère : les élèves ne se rendent pas compte qu’ils sont pris dans un engrenage et se laissent porter par le mouvement, sans s’apercevoir des dégâts qu’ils causent alentour. Globalement, j’ai trouvé ce livre effrayant : le professeur d’histoire, Ben Ross, a fait visionner à la classe un film sur la Seconde Guerre mondiale montrant les Nazis et leur solution finale ; la semaine suivante, il commence à leur inculquer la discipline, et ils se mettent à agir comme des robots ; mais cela ne les choque absolument pas, ils sont même heureux de ce qui leur arrive. Ils ne se sont pas aperçus que le professeur menait une expérience, ni qu’ils allaient trop loin à un moment donné. Ils se mettent à se croire supérieurs, à militer pour une cause plus importante que leur seule individualité. Cela montre aussi que les intentions n’ont pas d’importance si les moyens pour parvenir aux buts sont mauvais. La transformation des élèves fait vraiment peur, ils ne ressemblent plus à ce qu’ils étaient au début du livre. Même Ben Ross se retrouve à aimer sa position de chef incontesté. Le seul problème de ce livre, problème que j’ai vu après coup, est le manque de « psychologie » si l’on peut dire. The Wave est tellement court que l’expérience est menée sans que ses conséquences, l’implication psychologique pour les élèves et le professeur, ne soient expliquées, ce que j’ai trouvé dommage en fin de compte. Le livre est plus un « compte-rendu » factuel qui nous donne les pensées de certains élèves en surface, mais ne va jamais vraiment en profondeur.

Les personnages, eux aussi, ne sont pas vraiment développés en profondeur – même si, bien sûr, dans ce genre de livres, ce n’est pas le but. La seule à comprendre que quelque chose ne va pas est Laurie, alors même qu’elle était exaspérée par sa mère qui se méfiait de la Vague. Bonne élève et populaire, elle se retrouve embrigadée, et comprend qu’elle l’est, ce qui l’éloigne des autres personnages, comme son petit ami David, qui se laisse complètement avoir. Il change même de comportement avec elle. Un personnage qui inquiète le lecteur dès que la Vague commence est Robert : marginal, il trouve enfin sa place dans un groupe, il est enfin accepté. Cela le fait complètement changer de personnalité et de comportement. Il permet une réflexion sur la façon dont les gens rejetés par la société peuvent être acceptés dans des sectes, se sentir important, et donc, finir par faire tout ce qu’on leur demande, même si cela implique de faire du mal à quelqu’un. Ben Ross, le professeur, se rend également compte que son expérience va trop loin, que lui-même a changé, qu’il aime ce qu’il fait alors qu’il ne devrait pas.

La fin est l’aboutissement de l’expérience, et c’est elle qui rend le livre effrayant. Les élèves se rendent compte de ce qu’ils sont devenus, ils se rendent compte qu’ils se sont faits manipuler sans réagir. J’imagine bien le frisson d’horreur qui a dû les parcourir tous à la vue de leur véritable chef. Petit problème aussi avec la fin : elle est tellement rapide ! On ne sait pas comment les élèves réagissent ensuite, que devient Robert, sur qui la scène se clôt, que devient Ben Ross, etc. J’ai trouvé cela dommage, mais l’impact est quand même conséquent à la vue de ses élèves qui se sont retrouvés nazis parce qu’ils voulaient servir une cause supérieure. Je pense regarder le film ; j’ai vu beaucoup de commentaires disant qu’il était meilleur que le livre !

 

Donc, un bon livre, mais qui fait plus compte-rendu que recherche approfondie, qui reste à la surface, ne va pas chercher plus loin que ce qui est arrivé, ce qui est un peu dommage. Il reste tout de même important par le message qu’il délivre.

The Monk de Matthew Lewis

Posté : 10 août, 2017 @ 11:23 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique, Classique The Monk

Editeur : Wordsworth Editions

Année de sortie : 2009 [1796]

Nombre de pages : 324

Synopsis : Prepare to be shocked. This novel, written in 1796, is a Gothic festival of sex, magic and ghastly, ghostly violence rarely seen in literature.

The Monk is remarkably modern in style and tells a breathless tale of temptation, imprisonment and betrayal. Matthew Lewis recounts the downfall of Ambrosio, the holier-than-thou monk seduced within the walls of a Madrid abbey until he heads for the utter corruption of the soul.

Meanwhile, two sets of young lovers are thwarted and the reader thrills to pursuits through the woods by bandits and is chilled by the spectre of nuns imprisoned in vermin-ridded and skeleton-crowded vaults.

Late eighteenth-century audiences were polarised in opinion as to the novel’s merits. Lord Byron and the Marquis de Sade were impressed by Lewis’s daring, while Coleridge warned parents against the suitability of The Monk for their sons or daughters describing the novel as ‘poison for youth’.

If you want a novel that still terrifies, over two hundred years after it was written, there is none finer than The Monk.

 

Avis : Toujours en pleine recherche et lecture d’œuvres gothiques, j’avais été intriguée par le synopsis de The Monk !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne suis pas déçue !! C’était une lecture intense, qui m’a fait éprouver des sentiments très différents : dégoût, agacement, tristesse. J’étais pressée d’avancer pour savoir ce qui allait arriver aux personnages ! Je pensais mettre pas mal de temps à le lire, et j’étais tellement dedans que je n’ai pas vu les pages défiler ! Comme le dit le résumé, c’est l’histoire d’un moine, et de deux couples : le premier se croit au-dessus de tous, plus vertueux que n’importe qui. Bien sûr, nous sommes dans un roman gothique, alors les amoureux vont se retrouver séparés par plusieurs obstacles ; le lecteur se demande s’ils vont finir par être réunis ou pas. En effet, contrairement à certains romans dans lesquels le lecteur sait, sans aucun doute, que les personnages vont finir ensemble, ici, rien n’est sûr. N’importe qui peut mourir, les amants peuvent être séparés, le « méchant » peut s’en sortir. Du vrai suspense quoi ! Le lecteur se retrouve aussi avec des tas d’éléments gothiques : corruption, fantômes, innocence menacée, vilain effrayant, débauche, démons, sorcières, cimetière, abbaye, château hanté, bandits – un peu de picaresque ici -, amour menacé - un peu de tragédie ici -, meurtres, sang, crimes, ambiance gothique à base de passages obscurs éclairés à la bougie, de couloirs de catacombes. On ne peut vraiment pas dire qu’on s’ennuie ! Cela donne aussi des scènes révoltantes, pendant lesquelles on a envie soit de balancer le livre, soit de tuer le personnage !

J’allais dire, « Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, c’est », mais, en fait, j’ai tout aimé dans ce livre ! Il est écrit dans le synopsis que The Monk est moderne dans son style ; honnêtement, on ne dirait pas que le texte a été écrit en 1796. Il se lit très bien, sans difficultés particulières. J’ai aimé le fait que le narrateur fasse des commentaires, s’adresse à nous, comme pour nous prévenir de ne pas nous attendre à un miracle pour certains personnages. Le lecteur sent qu’il est dans une autre époque avec les traditions et la place de la femme, avec l’importance de la religion, mais, sans cela, on pourrait presque penser à un roman moderne. Surtout, l’auteur met en avant le ridicule et l’hypocrisie de l’Eglise et de la religion ! On trouve ici une critique de la vie monastique, qui éteint les qualités et n’apprend pas la vie aux novices, ce qui donne des êtres orgueilleux comme Ambrosio ; de plus, Agnes, par exemple, ne veut pas de cette vie, qu’elle considère comme austère et ennuyeuse, comme c’est le cas pour d’autres personnages ! Certains autres, que l’on suit, sont opposés à la vie monastique, à la superstition, ou à la religion en général : c’est le cas d’Elvira, qui mange de la viande le vendredi, ce que sa logeuse considère comme un blasphème. De manière générale, les personnages dévots comme Jacintha sont tournés en ridicule. De plus, l’hypocrisie des religieux est mise en avant ; c’est même le thème principal de l’œuvre. Ambrosio s’est considéré comme l’homme le plus vertueux, incorruptible et au-dessus de tous les hommes, pour qui les portes du Paradis sont déjà ouvertes et qui a déjà sa place près de Dieu. Et c’est cette haute opinion de lui-même, ainsi que sa réputation, qui font de lui cet être hypocrite. Il se cache derrière l’apparence, et commet ses forfaits en tentant de se rassurer, en se disant qu’il a encore le temps de se repentir ! Hypocrisie aussi dans le couvent de St Clare : la mère supérieure est tout simplement odieuse, et se cache derrière la religion pour être cruelle. Les valeurs de la religion, la pitié, la clémence, l’indulgence, sont des principes oubliés par Ambrosio et la mère supérieure ; c’est pourquoi ils se retrouveront dans des situations où les autres personnages ne feront pas preuve de pitié pour eux. Autre manière de critiquer la religion : les « gentils », qui prient, qui sont purs et innocents, qui se sont placés sous la protection d’un saint, ne sont absolument pas aidés par le dit-saint. Au contraire, ils semblent complètement abandonnés ; le narrateur dit souvent que l’un des personnages est né sous une mauvaise étoile, et que personne ne peut le sauver. Concernant la condition de la femme, comme presque tous les romans gothiques et les romans de l’époque, évidemment, elles ne sont pas libres, n’ont pas le droit de vote, n’ont rien à dire, et doivent obéir à leurs parents. Ici, j’ai trouvé que l’auteur les défendait – parfois – plutôt qu’il ne les incriminait. Je me suis d’abord dit que c’était un peu misogyne [SPOILER] parce qu’Ambrosio est « séduit » par une femme, même si, en fait, il est aussi responsable qu’elle, c’est juste qu’il est lâche et préfère rejeter la faute sur elle. Mais, en fait, on apprend à la fin que Matilda n’était pas une vraie femme, mais un démon envoyé par Satan pour corrompre Ambrosio. Donc, ce n’est pas la femme qui séduit, mais le démon sous la forme d’une femme. Il y a une nuance : si la femme séduit, elle est responsable, et on se retrouve dans un livre misogyne. Si c’est un démon sous la forme d’une femme, Satan connaît juste la faiblesse d’Ambrosio, et s’en sert. Etant donné que l’homosexualité est interdite par l’Eglise, et que son livre est déjà très scandaleux à l’époque, le démon ne peut que prendre la forme d’une femme. [FIN DU SPOILER] Pour les autres femmes : Antonia ne sait absolument rien de la sexualité, et la situation dans laquelle elle se trouve peut faire penser que l’auteur déplore ce manque d’éducation chez les filles. Agnes, elle, est soumise à ses parents, objet de la jalousie de sa tante, puis soumise à l’ordre de St. Clare. Malgré sa « faute », on sent qu’elle n’est pas considérée comme une femme perdue, mais qu’elle est, au contraire, mise en avant par le narrateur comme étant forte. Quant à Elvira, enfin, elle est un peu dans le même cas qu’Agnes : abandonnée par sa famille, sans alliés, elle doit protéger sa fille du monde, et le fait comme elle peut, même si c’est une erreur.

Concernant les personnages, j’ai rarement détesté un protagoniste autant que je déteste Ambrosio. Il est l’incarnation de la lâcheté, tout ce qui peut exister de mauvais en l’homme. Quand il commet un crime, c’est la faute de la victime, souvent une femme, parce qu’elle la séduit, parce qu’elle était trop belle pour qu’il résiste ; mais, bien sûr, lui n’en porte pas la responsabilité ! Il a été manipulé enfin ! Cette hypocrisie m’a sidérée pendant tout le livre. Il se cache derrière son habit monastique, il se cache derrière sa vertu, derrière son innocence, mais c’est lui le criminel, et non ses victimes !! Il tente de se convaincre que Dieu est miséricordieux et qu’après avoir expié ses péchés, il trouvera sa place au Paradis ; je l’ai écrit plusieurs fois dans le livre : Ambrosio est un idiot et un égoïste. Il ne pense qu’à lui-même ; c’était même déjà le cas quand il était un « bon » moine ! Il ne faisait les choses que par orgueil, pour que les autres l’admirent, et pas pour respecter les principes de la religion. Et ses ouailles qui se prosternent à ses pieds … Bouh ! Cet homme est affreux ! On peut désespérer de l’Humanité en voyant un être pareil ! Le lecteur rencontre aussi Lorenzo, ou l’opposé, en quelque sorte, d’Ambrosio. Loin de la vie monastique, Lorenzo lui est même opposé. Quand il apprend que sa sœur a décidé de devenir nonne, il veut tout faire pour l’en empêcher. Il ne comprend pas qu’elle s’enferme dans un couvent alors qu’elle est si vive. Lorenzo est, aussi, le stéréotype du personnage noble : héritier, courageux, il ne croit pas à la superstition et reste dubitatif face aux pratiques des religieux. Un personnage que l’on veut voir réussir ! Vient ensuite Antonia, ou l’ange, la fille tout innocente et pure, à qui sa mère n’a pas appris comment sont les hommes, ce qu’ils veulent, ce qu’est le sexe. Elle ne connaît absolument rien des vices, et elle lit une Bible tronquée des histoires les plus horribles, ou qui pourraient la corrompre – oui parce que le narrateur nous dit que la Bible peut corrompre la jeunesse ! Evidemment, on se dit tout de suite qu’elle est dans de sales draps, avant même que le roman commence vraiment. Elle est l’héroïne – et la victime – gothique par excellence. Quant à Agnes, elle est moins naïve et innocente qu’Antonia. J’ai vraiment ressenti de la compassion pour elle. Elle est plus « réaliste » - de nos jours – qu’Antonia, ce qui m’a permis de me sentir plus proche d’elle. Raymond est un peu comme Lorenzo, en moins fort et moins résistant.

J’ai failli être déçue par la fin ! [SPOILER] Après la mort d’Antonia, les proches de Lorenzo veulent absolument lui faire oublier la jeune fille et veulent le pousser dans les bras de Virginia. Cela m’a agacé, comme si l’amour de Lorenzo était facilement à oublier, comme si Antonia n’avait aucune importance. Heureusement, Lorenzo ne cède pas - en tout cas, pas immédiatement ! [FIN DU SPOILER] La toute fin apporte une révélation : le lecteur reste bouche bée, il ne se demande d’où ça sort, comment c’est possible, et il se souvient des indices ! J’ai aimé la petite ironie du sort ! [SPOILER] Tant j’ai détesté Ambrosio, j’étais heureuse qu’il soit puni et, surtout, qu’il se soit mis dans cette situation désespérée alors qu’il était sauvé ! Imbécile ! [FIN DU SPOILER]

 

Donc, un excellent roman, intense, violent, qui m’a transporté, et qui devient un coup de cœur !  

D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan

Posté : 8 août, 2017 @ 12:38 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineD'après une histoire vraie

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2017 [2015]

Nombre de pages : 380

Synopsis : « Encore aujourd’hui, il m’est difficile d’expliquer comment notre relation s’est développée si rapidement, et de quelle manière L. a pu, en l’espace de quelques mois, occuper une place dans ma vie. L. exerçait sur moi une véritable fascination. L. m’étonnait, m’amusait, m’intriguait. M’intimidait. [...] L. exerçait sur moi une douce emprise, intime et troublante, dont j’ignorais la cause et la portée. »

 

Avis : J’ai été intriguée par ce livre après l’avoir vu sur la chaîne Youtube Little Book Owl, puis, dans la bibliothèque de ma sœur. Je me suis laissée tenter !

Voici un livre intelligent !! D’abord, ce titre, qui donne l’impression au lecteur qu’il va lire quelque chose de réel, une autofiction ; puis, ces théories sur la littérature, sur la question de savoir si l’écrivain doit écrire à partir du réel, ou à partir de son imagination, ce qu’attend le lecteur, la question de la supériorité du réel sur la fiction, ou inversement, mais aussi la question de l’après la publication d’un certain livre qui a eu un succès inattendu ; ensuite, la multiplication de données réelles, comme les photos, les noms d’écrivains que l’on connaît, la narratrice qui s’appelle Delphine, comme l’auteur. Tout concourt pour faire croire au lecteur qu’il lit une autobiographie. Et pourtant … [SPOILER POTENTIEL] Au fil de la lecture, le lecteur se demande si la narratrice est tout à fait fiable. [FIN DU SPOILER] Autre élément intelligent : le fait que, dès le début, Delphine fait en sorte d’éveiller la méfiance du lecteur vis-à-vis de L.. Il sait qu’elle est la cause d’une période difficile dans la vie de l’auteur/narratrice, donc il ne cesse de s’attendre à ce qu’elle fasse quelque chose d’affreux. Il voit les signaux d’alarme que l’auteur a laissés passer la première fois, et qu’elle relève au fil du livre. En effet, au moment où les événements se sont passés, Delphine apparaît au lecteur comme quelqu’un de très naïf, ou qui refuse d’ouvrir les yeux sur le comportement de L.. Cette façon de procéder suscite le suspense : le lecteur sait que la supercherie va finir par être découverte, et que L. va passer à l’action. J’ai aimé les nombreuses références littéraires, ainsi que l’écriture de Delphine de Vigan, que je découvre pour la première fois. La seule chose qui m’empêche de faire de ce livre un coup de cœur est un petit manque d’émotion

Concernant les personnages, comme je l’ai dit, Delphine apparaît comme une narratrice un peu naïve, qui se laisse amadouer par L., et qui finit par se rendre compte de la situation dans laquelle elle se trouve seulement quand il est trop tard. Ecrivain, elle est en panne d’inspiration après la publication de Rien ne s’oppose à la nuit, un livre sur sa mère. Elle est aussi harcelée, visiblement par un membre de sa famille, à cause de cette œuvre. Dans sa détresse, elle rencontre L., qui apparaît comme une personne de confiance, comme quelqu’un qui va pouvoir la soutenir. Mais, très vite, son comportement est étrange. Elle envahit la vie de Delphine. [SPOILER] Elle finit par vivre avec elle, et par lui être indispensable. Ce qui m’a surtout intrigué, c’est la façon de la nommer : L., cela peut vouloir dire « elle », la femme que la narratrice veut être, et ne parvient pas à être, une femme sophistiquée, sûre d’elle, qui va finir par remplacer la Delphine qu’elle est. De ce point de vue, je pense que L. est le double de Delphine, que celle-ci est en fait schizophrène, ce qui est confirmé par la façon dont elle se comporte à un certain moment – quand elle tombe dans l’escalier par exemple -, le fait que L. ne rencontre personne parmi les proches de Delphine, que les confidences de L. sont tirées de livres que Delphine a lus, et, surtout, la fin, quand Delphine signe FIN exactement comme L. le faisait pour ses biographies, avec une petite étoile !!! J’avais envisagé ce scénario dès que j’ai vu que L. n’était désignée que par cette lettre, et qu’elle ne rencontrait ni François ni les enfants de la narratrice. [FIN DU SPOILER] D’autres personnages apparaissent comme François, le compagnon de Delphine, chargée de lire des livres et de les juger, Louise et Paul, les jumeaux de la narratrice, qui prennent leur envol. [SPOILER] Ma théorie de la schizophrénie est renforcée par ce départ : quand ils quittent le nid, Delphine se retrouve seule, et doit compenser cette absence. C’est un choc, une sorte de traumatisme, qui lui fait créer L..  [FIN DU SPOILER]

La fin m’a soufflée !! Quelque part, je m’en doutais, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était très bien exécuté !! [SPOILER POTENTIEL] Cela m’a fait penser à Cosmétique de l’ennemi, ou Les Catilinaires d’Amélie Nothomb ! [FIN DU SPOILER]

 

Donc, une excellente découverte, tout en mystères et en réflexions !

The Tales of Beedle the Bard de J. K. Rowling

Posté : 5 août, 2017 @ 3:39 dans Avis littéraires | 5 commentaires »

Genre : Conte, FantastiqueThe Tales of Beedle the Bard

Editeur : Bloomsbury

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 105

Synopsis : The Tales of Beedle the Bard contains five richly diverse fairy tales, each with its own magical character, that will variously bring delight, laughter and the thrill of mortal peril.

Additional notes for each story penned by Professor Albus Dumbledore will be enjoyed by Muggles and wizards alike, as the Professor muses on the morals illuminated by the tales, and reveals snippets of information about life at Hogwarts.

A uniquely magical volume, with illustrations by the author, J. K. Rowling, that will be treasured for years to come.

 

Avis : Envie d’une lecture un peu plus légère après A Bloodsmoor Romance !

J’ai beaucoup aimé les contes, qui permettent de rendre le monde de J. K. Rowling encore plus vivant ; on peut vraiment se dire, comme avec Fantastic Beasts and Where to Find Them, que cet univers existe réellement quelque part, tant il est riche et bien développé. Chacun de ces contes donne une leçon aux petits sorciers, comme aux Moldus : personne ne peut être invulnérable, personne n’échappe à la mort, la magie ne résout pas tous les problèmes. Il est aussi possible ici de voir que les humains, qu’ils soient sorciers ou non, sont attirés par le pouvoir, par le fait d’être supérieur aux autres ; ces contes permettent de leur (nous) rappeler que c’est inutile de vivre de cette façon, que cela ne rend pas heureux. J’ai adoré les illustrations, elles m’ont vraiment charmée ; dommage qu’elles ne soient pas plus nombreuses !

Mais, ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est le contenu des commentaires de Dumbledore ! Je ne pensais pas qu’il parlerait d’Histoire, et j’ai adoré ça ! On découvre des choses sur Poudlard, sur le monde de la magie, un petit rappel aussi des lois magiques ; c’était très intéressant. Bien sûr, on connaît un peu déjà le commentaire sur le conte des « Trois frères », donc j’ai particulièrement apprécié de découvrir d’autres contes, et donc d’autres aspects de l’univers magique. J’ai aimé que Dumbledore nous parle de la censure de ces contes par des sorciers qui sont anti-Moldus, notamment par la famille Malfoy ! Ces contes nous rappellent que l’univers du monde des sorciers est calqué sur le nôtre, et que la discrimination des sorciers envers les Moldus est exactement la même que la nôtre envers ceux dont nous nous moquons, ou que nous considérons comme inférieurs à nous, pour quelque raison que ce soit.

 

Donc, un petit livre qui permet de s’immerger à nouveau dans le monde des sorciers, qui le rend plus vivant, plus proche de nous encore !

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