Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Avis littéraires'

Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb

Posté : 16 octobre, 2017 @ 3:00 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Frappe-toi le coeur

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 169

Synopsis : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

 

Avis : Le dernier livre que j’avais lu d’Amélie Nothomb était un véritable coup de cœur : Cosmétique de l’ennemi, dont la fin m’a tellement surprise !! J’avais hâte de lire Frappe-toi le cœur tout en voulant le conserver le plus longtemps possible, peut-être parce que je savais que j’allais aimer, que j’allais le savourer. Voyant la date de la dédicace à Lille approcher, je me suis dit qu’il fallait quand même que je l’ai lu pour ce moment ; je me suis donc lancée !

Frappe-toi le cœur traite de plusieurs sujets précis, parfois déjà abordés par Amélie Nothomb, parfois neufs. Ici, le « thème principal » est la jalousie, mais sous une forme très particulière, puisque le personnage concerné, Marie, est jalouse de tout et de tout le monde, et veut provoquer l’envie de tous. Elle est inconsciente de cette jalousie maladive, mais elle n’en est pas moins détestable pour le lecteur : à partir d’un moment, je l’ai haï de tout mon cœur ! Un autre des thèmes principaux est la relation mère/fille, et l’impact de cette relation sur l’enfant. La question de la responsabilité d’être mère est posée, ainsi que plusieurs autres : qu’est-ce qu’être une bonne mère ? l’instinct maternel existe-t-il ? peut-on ne pas aimer son enfant, ou son parent ? peut-il exister du mépris, et même de la haine entre un parent et son enfant ? [SPOILER] Concrètement, Marie n’aurait pas dû être mère : elle est tellement jalouse de sa fille qu’elle la prive du minimum d’amour et d’affection dont un enfant a besoin pour se développer correctement. [FIN DU SPOILER] On atteint même un point dans cette relation mère/fille où on peut penser à une féminisation du complexe d’Œdipe en espèce de complexe d’Electre [SPOILER] jusqu’à la mort effective d’une des mères [FIN DU SPOILER] Quant à la place du père, elle est risible : soit il ne réagit pas du tout à la situation, soit il est complètement absent, tout en étant présent, une espèce de figure fantomatique – je sais, ça a l’air étrange dit comme ça, mais vous comprendrez quand vous lirez ! Dans aucun cas, l’enfant n’est donc vraiment aidé par son père, même s’il est aimé par lui ; il est complètement passif, et laisse sa femme agir comme elle l’entend. Vu l’absence de réaction des parents, les grands-parents prennent une place prépondérante ; ce sont eux qui apportent l’amour nécessaire à l’enfant. Autre thème important : celui de l’ambition et de la transformation qui peut s’opérer chez quelqu’un quand un changement survient. Un des personnages est prêt à tout pour parvenir à ses fins, même à trahir la seule personne qui l’a aidée – encore un peu de haine de la part du lecteur ! Enfin, un des derniers thèmes, plutôt secondaire par rapport aux autres, est la vision de la société et de la famille sur les intentions, le métier des enfants. Il est considéré comme supérieur à tout autre occupation d’enseigner à l’université : ce doit être le but de la vie de chacun, le but de la carrière de tous ; et quand un personnage dévie de ce but idéal, il est mal jugé, à la fois par sa famille et par la société, qui déplorent tous deux ce choix non-conventionnel. Encore de quoi faire grincer des dents au lecteur, quand un personnage explique, par exemple, pourquoi il est mieux d’enseigner à l’université en médecine, de faire de la recherche, plutôt que de soigner de véritables personnes. Concernant l’écriture, je l’apprécie toujours autant ! Et saluons encore une fois ce talent pour les couvertures !! Celle-ci est encore une fois très réussie ! Bien sûr, le titre est expliqué à un moment donné : j’aime toujours ces moments où le lecteur a l’impression d’avoir complètement saisi le sens du livre.

Pour les personnages, j’ai adoré Diane. Elle est un peu un personnage « type » chez Amélie Nothomb : un enfant précoce, surdoué, et exceptionnellement belle. Elle est courageuse, bienveillante, pleine de bonté contrairement à sa mère. Elle lutte pour ne pas sombrer dans ce qu’elle appelle « l’abîme », fait à la fois de désespoir et de jalousie. Il est plutôt facile de s’attacher à elle ; le lecteur a envie de la soutenir tout le long du livre ! Quant à Marie, elle est détestable dès le début, par sa relation avec les autres, et notamment avec sa sœur. J’avais envie de la secouer, de lui faire prendre conscience de sa façon d’agir, et des conséquences sur les personnes autour d’elle. Un autre personnage devient aussi détestable, mais je ne peux pas vous en parler sans vous spoiler ! Vient ensuite Olivia, qui fait un peu figure de mère de substitution pour un des personnages. Elle a l’air douce, intelligente, sensible, une véritable amie-mère. Célia, quant à elle, est un personnage ambivalent : elle est victime, et, en même temps, on dirait presque qu’elle le fait exprès, qu’elle aime la situation dans laquelle elle se trouve, en tout cas au début. Quand on voit ce qu’il advient d’elle quand elle a grandi, on constate une sorte d’opinion paradoxale : [SPOILER] la fille qui n’a pas été aimée s’en est sortie, elle est devenue quelqu’un de bien, elle a un métier, une vie sociale, même si elle est tout de même traumatisée par son enfance et est un peu marginale ; l’enfant qui a été gâtée, elle, est devenue une débauchée, incapable d’élever sa fille parce qu’elle a peur d’être comme sa mère, complètement marginale, incapable de vivre dans la société. [FIN DU SPOILER] Assez effrayant, et cela donne une leçon sur la façon d’éduquer ses enfants. J’ai adoré les personnages des grands-parents : ils sont lucides, ils comprennent l’enfant et la mère, et font de leur mieux pour améliorer l’existence de la petite, tout en adoucissant la mère – ce qui, autant vous le dire, ne marche pas. J’ai aussi adoré Mariel [SPOILER] qui m’a clairement semblé être un double de Diane. [FIN DU SPOILER] Le personnage d’Elisabeth, quant à lui, permet à Diane de rester liée au monde social, de rester sociable. [SPOILER] Elle est aussi une sœur de substitution quand Diane ne peut pas se rapprocher de Célia, sa véritable sœur, complètement étouffée par l’amour de sa mère. [FIN DU SPOILER]

La fin ne m’a pas surprise, parce que je m’attendais, en quelque sorte, à ce genre de fin de la part d’Amélie Nothomb ; j’ai beaucoup aimé ! C’était logique que le roman finisse de cette façon, [SPOILER] pour achever cette espèce de complexe d’Œdipe au féminin. [FIN DU SPOILER]


Donc, un très bon roman, qui aborde différents sujets, tels la jalousie, la relation mère/fille, l’ambition, et d’autres encore. Une écriture toujours aussi agréable, et une sorte de façon de voir les moins bonnes manières d’éduquer ses enfants.

 

The Dark Tower, book 1: The Gunslinger de Stephen King

Posté : 14 octobre, 2017 @ 7:30 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy The Gunslinger

Editeur : New English Library

Année de sortie : 2003

Nombre de pages : 238

Synopsis : This newly revised and expanded edition of The Gunslinger, for which Stephen King has written a special introduction and foreword, is the mesmerising first book in his spectacular, epic Dark Tower series.

In The Gunslinger, Stephen King introduces readers to one of his most enigmatic heroes, Roland of Gilead, the last Gunslinger. He is a haunting figure, a loner, on a spellbinding journey into good and evil, in a desolate world which frighteningly echoes our own.

In his first step towards the powerful and mysterious Dark Tower, Roland encounters an alluring woman named Alice, begins a friendship with Jake, a kid from New York, and faces an agonising choice between damnation and salvation as he pursues the Man in Black.

Both grippingly realistic and eerily dreamlike, The Gunslinger leaves readers eagerly awaiting the next chapter.

And the Tower is closer …

Set in a world of extraordinary circumstances, filled with stunning visual imagery and unforgettable characters, The Dark Tower series is Stephen King’s most visionary piece of storytelling that may well be his crowning achievement.

 

Avis : The Gunslinger est le deuxième roman de Stephen King que je lis – toujours pas horreur, je me sens pas encore vraiment prête à me lancer.

 

J’avais entendu dire que le premier tome de la série de La Tour sombre de Stephen King était assez confus, que le lecteur ne comprenait pas grand-chose. A cause de cela, j’ai retardé ma lecture ; je voulais lire The Gunslinger avant la sortie du film. Puis je suis allée à la bibliothèque, et il était là, avec ses compagnons. J’ai une capacité de résistance équivalente à zéro face à des livres que je peux emprunter, donc le premier tome est revenu avec moi. Mais, même à portée de main, j’ai repoussé sa lecture ; j’étais persuadée que la série n’était de qualité qu’à partir du deuxième tome, et que la lecture du premier n’était qu’un passage obligé. Bel a priori ! Donc, je suis entrée dans le livre en traînant les pieds.

 

Alors, c’est vrai que Stephen King n’introduit pas du tout le monde qu’il a créé, un peu comme Terry Pratchett dans Les Annales du Disque-Monde. Le lecteur est entraîné directement dans le livre, sans explications, sans introduction des personnages, sans prémisses ; l’incipit est in medias res, ce qui crée d’emblée une certaine confusion. Confusion qui persiste, puisque les explications ne viennent jamais, et que les questions s’accumulent. On ne sait rien de l’origine de ce monde, on ne sait pas s’il s’apparente au nôtre, ce qui ne semble pas être le cas ; une sorte de magie semble présente ici, mais elle paraît un peu décalée, et peu compréhensible – même si des flashbacks permettent de comprendre certains éléments. En effet, le livre entrelace deux intrigues : le présent, Roland qui cherche à rattraper l’homme en noir – mais on ne sait pas pourquoi –, et le passé, l’enfance et l’entraînement de Roland pour devenir gunslinger. Les actions du personnage dans le présent sont assez peu compréhensibles, comme Roland lui-même d’ailleurs. Comme on ne connaît pas son passé, ses motivations, il est assez compliqué pour le lecteur de parvenir à le cerner. Les quelques chapitres traitant du passé sont intéressants, mais j’aurais quasiment préféré avoir un tome exprès sur l’apprentissage de Roland, histoire d’apprendre à le connaître, à l’apprécier. Ici, il est plutôt compliqué de s’attacher à lui, tant je l’ai trouvé détaché parfois. Dernier problème : la place des femmes. Elles ne sont montrées qu’en rapport avec les hommes, c’est-à-dire que soit elles sont mère, femme, fille, soit elles sont considérées par rapport à leur sexualité. Il y a tout de même des éléments positifs qui me donnent très envie de lire la suite ! D’abord, l’absence d’origine pour le monde créé par Stephen King est expliquée par [POTENTIEL SPOILER] l’existence de mondes parallèles [FIN DU SPOILER]. J’ai adoré cette idée, ainsi que l’expérience étrange que vit Roland [SPOILER] cette espèce de rêve/transe qui lui permet d’assister à la naissance du monde, et de comprendre que son monde n’est pas le seul. [FIN DU SPOILER] Cela me donne vraiment envie de lire le deuxième tome bientôt !! (malgré les mauvaises impressions dont j’ai parlées plus haut, notamment la question de la place de la femme). Concernant l’écriture, dans l’édition que j’ai lue, Stephen King explique qu’il a revu et corrigé son texte, et qu’il a tenté de garder l’essence tout en enlevant les éléments qui reflétaient son arrogance de l’époque. J’ai surtout trouvé que l’écriture était un peu froide, aussi froide que le personnage principal ; et peut-être est-ce elle qui le rend si détaché et presque insensible. Cela peut aussi être expliqué par l’envie de Stephen King de mêler la Fantasy et le Western, comme il était influencé par Tolkien et Clint Eastwood. On retrouve clairement ce mélange, puisque Roland ressemble à un héros de Western, que l’action se situe dans le désert, et que le monde semble fait d’une magie ancestrale, transmise père en fils.

 

Pour les personnages, comme je l’ai déjà dit, Roland est assez difficile à cerner. Il a l’air froid, mais l’on sent qu’il cache ses faiblesses, notamment une chose qui lui est arrivé à Mejis, apparemment le massacre de tous les gunslinger et de leurs proches. Il a aussi l’air insensible, mais l’on sent qu’il a dû s’endurcir pour continuer à avancer. Roland devient plus « attachant » au fil du livre, puisque la narration nous révèle des bribes de son passé et de ses sentiments. Les décisions qu’il prend m’ont paru un peu rapides, peut-être parce que le livre est assez court, et peut-être aussi parce que l’on ne comprend ses motivations qu’à la fin. En effet, ce n’est que quand il se retrouve face à l’homme en noir que l’on sait pourquoi il le poursuivait. Celui-ci est aussi, voire plus énigmatique que le personnage principal. On ne le voit que de loin, et, quand on l’approche enfin, il donne des réponses au héros, tout en lui apportant de nouvelles questions. Il semble être le « méchant » de l’histoire, mais le lecteur ne comprend qu’à la fin ce qu’il a fait ; en revanche, jamais il ne sait ce qu’il est exactement. Il semble le but du héros, mais il signe aussi la fin du livre, ce qui peut être assez décevant, étant donné que c’est assez abrupt. D’autres personnages sont plutôt en arrière-fond, ou de passage, comme Jack, qui devient clairement un enjeu dans la sorte de combat entre Roland et l’homme en noir – ce qui, étrangement, m’a semblé inutile. Pourquoi une scène pareille ? Pour briser la raison du héros ? Pour lui montrer que c’est l’homme en noir qui contrôle, qui domine ? – ; Alice, qui n’est là que pour éveiller l’intérêt sensuel du héros, ce qui m’a un peu agacé ; les habitants de Tull, assez effrayants, ou passifs ; Brown et Zoltan que Roland croise dans le désert.

 

La fin, comme je l’ai dit, donne très envie de lire la suite ! Elle explique certaines choses et pose de nouvelles questions intéressantes ; aussi, elle apporte une prophétie qui déroule déjà toute l’action de la série, et j’ai très envie de voir comment cela va se mettre en place !!

 

 

 

Donc, un tome qui introduit le monde et les personnages de manière très confuse, mais qui se rattrape avec l’existence des mondes parallèles et la fin !

 

Autumn d’Ali Smith

Posté : 12 octobre, 2017 @ 10:38 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineAutumn

Editeur : Hamish Hamilton

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 260

Synopsis : Autumn. Season of mists and mellow fruitfulness. That’s what it felt like for Keats in 1819.

How about Autumn 2016?

Daniel is a century old. Elisabeth, born in 1984, has her eye on the future. The United Kingdom is in pieces, divided by a historic once-in-a-generation summer.

Love is won, love is lost. Hope is hand in hand with hopelessness. The seasons roll round, as ever.

Ali Smith’s new novel is a meditation on a world growing ever more bordered and exclusive, on what richness and worth are, on what harvest means. This first in as seasonal quartet casts an eye over our own time. Who are we? What are we made of? Shakespearean jeu d’esprit, Keatsian melancholy, the sheer bright energy of 1960s Pop art: the centuries cast their eyes over our own history-making.

Here’s where we’re living. Here’s time at its most contemporaneous and its most cyclic.

From the imagination of the peerless Ali Smith comes a shape-shifting series, wide-ranging in timescale and light-footed through histories, and a story about ageing and time and love and stories themselves.

Here comes Autumn.

 

Avis : Dernièrement, je me suis fixée un petit objectif de dernière minute : je voudrais lire cinq auteures bien particulières avant la fin de l’année. Ces auteures sont Ali Smith, Angela Carter, Jeanette Winterson, Margaret Atwood et Jen Campbell. J’ai déjà lu au moins une œuvre de deux d’entre elles cette année, et Autumn me permet d’en découvrir une troisième ! Reste donc Angela Carter et Jeanette Winterson !

Je savais qu’Autumn traitait de l’actualité de l’automne 2016, c’est-à-dire le Brexit, la façon de traiter les migrants, la façon dont le monde est parti en vrille petit à petit jusqu’à ce que ce soit devenu assez énorme pour qu’on ouvre brutalement les yeux. Mais je ne pensais pas que cela allait me toucher à ce point, que j’allais ressentir tout ce panel d’émotions ! D’abord, de la confusion. Le début m’a semblé très bizarre et, sachant que j’ai toujours un peu de mal à entrer dans un livre, je me suis dit que ça partait mal. Mais le lecteur comprend vite pourquoi cette scène est étrange ; elle en devient touchante par la suite. Puis, de la compassion quand Elisabeth se retrouve face à une administration qui se fiche d’elle, et qui lui oppose des barrières ridicules. Chacun a ressenti cette colère sourde face à un administrateur qui vous met des bâtons dans les roues pour des raisons complètement absurdes. Il y a tellement mieux à faire que d’attendre des heures pour finalement se voir envoyer sur les roses ! Puis est venu un mélange d’indignation et de tristesse face à l’actualité : le rejet des migrants, l’essor du racisme, la situation précaire de ceux qui vivent en Angleterre mais qui ne sont pas Anglais quand le Royaume-Uni décide de sortir de l’Union Européenne. Elisabeth vit l’événement à l’intérieur du pays, et le lecteur est complètement impliqué dans le livre ; il se sent concerné, soit parce qu’il a vécu l’événement au Royaume-Uni même, soit parce que, même en ne vivant pas là-bas, il a été affecté par ce qui est arrivé. Il se rend compte que le pays est complètement divisé, que les gens deviennent un peu fous, qu’ils décident de montrer leur opinion sur les murs de la ville, que la ville elle-même prend des mesures qui font se dresser les cheveux sur la tête. Tristesse aussi face à l’histoire des personnages, Elisabeth et Daniel : le temps et l’amour perdus, les regrets. J’ai adoré la relation entre eux, j’ai adoré la façon qu’a Daniel d’éduquer Elisabeth, de lui permettre d’appréhender le monde différemment, de lui faire découvrir le pouvoir de l’imagination, de lui faire comprendre que ce n’est pas tant la vérité qui compte dans une histoire, mais l’histoire même, l’effet qu’elle a, ce qu’elle peut nous dire, l’importance qu’elle prend pour nous, la distorsion que l’on peut mener sur une histoire fictive pour en faire ce qu’on veut, juste parce qu’on peut le faire. Et, alors, de la joie. En un sens, ce livre m’a réconfortée. C’est comme si j’étais enveloppée dans du coton, entre deux périodes de tristesse. C’est rassurant de se dire qu’un livre pareil existe dans le monde qu’il décrit. L’écriture est vraiment belle, poétique, même si très particulière, et même si elle rend un peu le lecteur confus quand il n’est pas habitué. J’ai retenu de nombreuses citations magnifiques, et parfois même, des chapitres entiers qui m’ont fait chaud au cœur, tout en étant tristes en même temps – soit exactement l’effet qu’a l’automne sur moi ! Ce livre représente parfaitement l’automne, tout en faisant de la saison le décor de l’histoire. Autumn m’a aussi permis de découvrir Pauline Boty que je ne connaissais absolument pas, ainsi que de plonger un peu dans les années 60. Dernière chose : certains passages sont des rêves, mais le lecteur ne s’en rend compte que quand ils sont finis, ce qui peut le rendre confus, tout en apportant une certaine magie au livre.

Concernant les personnages, j’ai adoré Elisabeth et Daniel. On les suit à différents moments de leur vie, on les voit évoluer, on comprend leur situation actuelle. Le lecteur rencontre d’abord Elisabeth adulte, puis, petite fille. Adulte, elle est professeur d’histoire de l’art et semble en difficulté, puisqu’elle est retournée vivre chez sa mère et ne peut rien faire sans un nouveau passeport qu’elle ne parvient pas à obtenir. Petite fille, on la suit alors qu’elle noue une relation extraordinaire avec son voisin Daniel, alors déjà âgé de 80 ans. Eduquée par une mère qu’elle méprise, et qui ne semble pas bien s’occuper d’elle, elle a une vision très réduite du monde ; mais l’on sent déjà dans sa façon de réfléchir que, mise sur la bonne voie, elle peut avoir une plus grande ouverture d’esprit. Elisabeth est une femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui défend ses idées, même si cela veut dire qu’elle aura des ennuis, une femme qui ne comprend pas comment le monde a pu en arriver là où il se trouve, comment il peut toujours être aussi raciste et sexiste alors qu’il est censé avoir progressé. Il est facile de s’identifier à elle grâce à cela. Quant à Daniel, c’est officiellement un de mes nouveaux personnages préférés. Il est du genre qui vous touche en plein cœur, vous rend triste et joyeux, vous fait voir le monde en couleur alors que lui-même est entouré de gris. J’avais parfois envie de le prendre dans mes bras tant il me brisait le cœur. C’est quand le lecteur et Elisabeth sont sur le point de le perdre qu’ils se rendent compte de sa valeur, de l’impossibilité de vivre sans lui, de l’importance qu’il a pris. D’autres personnages se trouvent au second plan, comme la mère d’Elisabeth, sur laquelle notre regard change au fil du livre. D’autres n’apparaissent qu’une seule fois, et représentent plutôt une institution qu’un individu : un policier qui refuse de laisser Elisabeth marcher à un endroit précis de la ville, un professeur qui refuse de la laisser travailler sur un sujet qu’il méprise parce qu’il considère que l’artiste choisi est médiocre, pour ne pas dire sans aucune valeur, un fonctionnaire de la poste qui cherche la raison pour laquelle il pourrait refuser d’envoyer sa demande de passeport.

La fin est douce, elle fait sourire, et donne tellement envie d’une suite !! Je ne sais pas si l’on retrouve les mêmes personnages dans Winter, mais j’espère vraiment que c’est le cas !! De toute façon, je retrouverai l’écriture et la poésie de l’auteur.

 

Donc, une excellente première impression sur Ali Smith, même si ce n’est peut-être pas la meilleure façon de commencer à lire son œuvre. Une histoire douce, mais aussi triste, car ancrée dans une actualité dérangeante et violente.

Melmoth the Wanderer de Charles Maturin

Posté : 11 octobre, 2017 @ 12:59 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : Classique, Fantastique Melmoth the Wanderer

Editeur : Oxford (World’s Classics)

Année de sortie : 1998 [1820]

Nombre de pages : 542

Synopsis : ‘How hollow and dismal is the sound of the blast! – It chills me though the night is sultry! – and those trees, they cast their shadows over my soul! Oh, is this like a bridal night?’

Written by an eccentric Anglican curate in Dublin, Melmoth the Wanderer (1820) brought the Gothic novel to a new pitch of claustrophobic intensity, surpassing the quiet tremors of Ann Radcliffe’s romances in its reckless accumulation of cruelties and blasphemies. Its tormented villain, a Faustian transgressor desperately seeking a victim to release him from his fatal bargan with the devil, was regarded by Balzac as one of the great outcasts of modern literature. Intended partly as an attack on Roman Catholiscism, Maturin’s intriguing novel teeters giddily over abysses of sacrilege and raving paranoia, in moments of delirious panic worthy of Godwin or Poe.

 

Avis : Encore un roman gothique traditionnel pour continuer à explorer ce genre !

A force de lire des romans gothiques, on pourrait croire que j’en ai assez, que c’est toujours la même chose, qu’ils se ressemblent tous. Et pourtant non ! Certes, on retrouve quand même certains éléments, qui sont devenus des stéréotypes au fil du temps, comme les endroits en ruine, les héroïnes harcelées par des « villains » cruels, qui ne cherchent qu’à les mener à leur perte, la malédiction qui touche une famille ou un individu en particulier, la critique de la religion – pas dans tous les romans gothiques, mais dans celui-ci oui, critique du catholicisme -, la critique de la société, ou d’un aspect en particulier de la société, les manifestations fantomatiques, les pactes avec le diable – qui ne sont pas présents dans toutes les œuvres gothiques non plus ! -, la présence du sang et de scènes d’horreur, la question de l’inceste, etc. Toujours une petite touche d’amour aussi ! Mais tous ces romans ont aussi une particularité qui les rend excellents et uniques ! Melmoth the Wanderer ne fait pas exception à la règle ! Le roman reprend la plupart des stéréotypes du gothique, mais ajoute, par exemple, une critique de la guerre, de son inutilité et de son absurdité, et, surtout, il fait de son héros, Melmoth, un « villain » que le lecteur ne parvient pas à haïr ! En effet, par exemple, dans The Monk, j’ai détesté Ambrosio de tout mon cœur à cause de sa lâcheté notamment ; ici, on ne peut pas dire que Melmoth est lâche, et même s’il est cruel et tente de séduire le plus de victimes possibles, il reste étrangement touchant. Le lecteur n’apprend jamais la raison pour laquelle il se trouve dans cette situation, mais il ne peut s’empêcher d’avoir pitié de lui. Concernant la question de la religion, il est possible, cette fois, de rapprocher Melmoth et The Monk : en effet, les deux livres critiquent le système monastique, son hypocrisie, sa cruauté, sa brutalité, son absurdité, son manque de tolérance. Elle est parfois ridiculisée par certains de ses représentants, comme Fra José, et par ses pratiquants, comme Donna Clara. L’Inquisition est présente dans Melmoth, ce qui donne une scène proche de celle impliquant Agnes, punie par la mère abbesse. L’écriture est excellente, elle fait une grande partie de la valeur du livre, puisqu’elle donne envie de recopier de nombreuses citations qui parlent directement au lecteur. Ce qui m’empêche de faire de ce livre un coup de cœur est le fait que je ne m’attendais pas à lire des histoires enchâssées. En effet, je pensais lire la vie de Melmoth, et non celle de toutes ses victimes ! Bien sûr, c’est une façon pour l’auteur de nous faire découvrir le « héros » à travers ses actions, ce qui est ingénieux ; mais cela fait du récit un jeu de matriochkas complexe. On ne sait plus parfois qui raconte quoi à qui, qui a vécu quoi, à quelle époque on se trouve : tout ce que l’on sait, c’est que le lien entre toutes les histoires est Melmoth lui-même. Au début du roman, quand Melmoth (pas l’homme errant, son descendant) rencontre un Espagnol qui commence à lui raconter sa vie, je me suis dit que cela devenait long, et qu’il était temps de revenir à l’histoire principale. Je me suis vite rendue compte que c’était l’histoire principale ! Je me suis fait à la façon de raconter, mais mon temps d’adaptation m’a empêché de pleinement apprécier ma lecture ! De plus, qui dit « récits enchâssés » dit « plusieurs incipits », et j’ai souvent du mal à entrer dans un livre, il faut vraiment que ce soit fait d’une façon particulière pour que je sois dedans dès le début. Les histoires que j’ai préférées sont celles d’Immalee et d’Elinor, d’une tristesse … Dernier bémol : le synopsis en dit beaucoup trop et ne laisse pas au lecteur le plaisir de découvrir le mystère qui entoure Melmoth !

Pour les personnages, comme je le disais, Melmoth est étrangement touchant et impossible à détester. Certes, il fait des choses horribles, il corrompt autant que possible, il tente de détruire l’innocence et la pureté des autres personnages, mais, d’un autre côté, il semble le faire parfois à contrecœur. Il semble plus écœuré de la vie, de la religion et de la pseudo-bonté des hommes que content de corrompre. En effet, dans ce livre, on peut trouver une réflexion sur le fait que les hommes ne sont pas bons, et que ce sont eux qui attirent le mal à eux, ou qui le font, sous couvert d’innocence, de religion, pour la richesse, etc. La plupart des personnages se transforment en monstres sous l’effet de la misère : c’est le cas de la veuve Sandal, ou d’Aliaga. Melmoth ne fait que profiter du mauvais côté de ces hommes pour prospérer. En fait, au fil du livre, j’ai presque eu l’impression qu’il se tournait à chaque fois vers les mauvaises personnes à corrompre, comme s’il voulait échouer. Au lieu de tenter Immalee, pourquoi ne pas tenter Aliaga ? Au lieu de tenter Elinor, pourquoi ne pas se tourner vers la veuve Sandal ? Il ne tente que ceux qui sont dans la misère ou l’ignorance, alors que ceux qui vivent dans l’opulence semblent plus facilement corruptibles. [SPOILER] La solution est sans doute qu’aucune personne déjà malveillante ne voudrait échanger sa place avec Melmoth ; seule une personne pure et innocente pourrait le faire, et toutes refusent. [FIN DU SPOILER] Melmoth erre donc à travers le monde et le temps, en quête de victimes, toutes plus misérables les unes que les autres. La première est Stanton, un homme dont Melmoth (descendant) trouve le journal dans la maison de son oncle. Puis vient Monçada, l’Espagnol qui raconte sa vie, et celle des autres victimes de Melmoth, à son successeur. Son histoire permet déjà la critique de la religion, et notamment du système monastique. Vient ensuite Immalee, jeune fille innocente et ignorante, mais qui a le caractère des héroïnes gothiques : bien qu’elle soit amoureuse et dévouée, elle a du caractère, et ne se laisse pas faire. Elle est touchante quand elle découvre le monde des hommes, et met le lecteur face à l’absurdité de la religion, de la guerre, de nos comportements en général. Puis c’est au tour de Walberg, dont l’histoire est racontée par Melmoth à Aliaga (encore un récit enchâssé !). Walberg, ou ce que la misère et l’espoir peuvent faire subir à un homme. Enfin, vient Elinor, qui m’a brisé le cœur. Son histoire est celle que j’ai préférée, tant elle est bien écrite, et tant elle est triste !

Le livre s’achève sur la fin de l’histoire d’Immalee, et, bien sûr, sur celle de Melmoth ! J’ai été un peu déçue par les dernières pages, je m’attendais à quelque chose de plus … pas spectaculaire, mais plus important, compte tenu de l’ampleur du roman !

 

Donc, un très bon roman gothique, à l’écriture excellente, aux histoires enchâssées captivantes, qui critiquent à la fois le catholicisme et la société de l’époque, son absurdité, sa cruauté et son manque de tolérance qui mènent à des situations catastrophiques qui permettent l’intervention de Melmoth.

The Girl on the Train de Paula Hawkins

Posté : 4 octobre, 2017 @ 10:26 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ThrillerThe Girl on the Train

Editeur : Doubleday

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 316

Synopsis : To everyone else in this carriage I must look normal; I’m doing exactly what they do: commuting to work, making appointments, ticking things off lists.

Just goes to show.

EVERY DAY THE SAME

Rachel catches the same commuter train every morning. She knows it will wait at the same signal each time, overlooking a row of back gardens.

She’s even started to feel like she knows the people who live in one of the houses. ‘Jess and Jason’, she calls them. Their life – as she sees it – is perfect. If only Rachel could be that happy.

UNTIL TODAY

And then she sees something shocking. It’s only a minute until the train moves on, but it’s enough.

Now everything’s changed. Now Rachel has a chance to become a part of the lives she’s only watched from afar.

Now they’ll see: she’s much more that just the girl on the train …

 

Avis : J’avais entendu des avis assez mitigés à propos de ce livre, et, en le voyant à la bibliothèque de ma ville, je n’ai pas résisté !

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un thriller, et encore moins un aussi bien mené ! L’histoire est celle de Rachel qui prend le train tous les jours pour Londres, qui regarde la vie de Jess et Jason de la fenêtre et qui, un jour, voit quelque chose qui la choque, et qui va changer sa vie, ainsi que celle des autres personnages. D’abord, j’ai été un peu déçue par l’élément déclencheur, je m’attendais à quelque chose de plus gros ; mais, considérant l’état de Rachel au moment où elle voit la scène, il est normal qu’elle réagit de façon excessive. Pour elle, ce couple qu’elle regarde tous les jours représente le bonheur qu’elle n’a plus, une vie idéale et rangée, confortable, en sécurité, dans l’amour, une vie qu’elle a perdue. Rachel décide de réagir, afin de conserver l’image parfaite de cette vie ; le lecteur a l’impression que, si elle ne fait rien, c’est comme si elle reperdait tout à nouveau, comme si elle faisait une projection, comme si elle voyait sa situation s’appliquer à quelqu’un d’autre. Déjà là, on se rend compte que le livre n’est pas qu’un thriller fun et détente, facile à lire. C’est un roman psychologique, dans lequel le lecteur assiste (au présent et en flashback) à la chute de Rachel, à sa tentative pénible de remonter la pente. Face à la vacuité de sa vie, Rachel décide de se mêler des affaires des autres, elle décide d’entrer dans la vie de ces gens qu’elle ne connaît pas, dont elle a imaginé jusqu’aux noms. Je ne vous en dis pas plus, mais plus l’intrigue avance, et plus le lecteur se rend compte de l’intelligence de l’auteur, de sa façon d’intriquer les différents fils de l’histoire. En effet, la narration est divisée entre trois femmes : Rachel, Anna (la femme de l’ex-mari de Rachel) et Megan (Jess). Le lecteur voit facilement les liens qui unissent ces femmes, un de ces liens étant la soirée du samedi 13 juillet 2013, le jour où l’une d’elles disparaît. Qui l’a enlevé ? Est-elle morte ? Qui avait un mobile ? Le suspense est palpable jusqu’à la fin, puisque le lecteur ne parvient pas à fixer sa suspicion sur un seul personnage : tous pourraient être impliqués, tous agissent comme des tueurs, des psychopathes, des fous. L’écriture est agréable, j’ai trouvé de nombreuses réflexions intéressantes. Les pages se tournent vite, et, à un moment donné, il est tout simplement impossible d’arrêter de lire, tant il est urgent de comprendre tout le mécanisme de l’intrigue ! J’ai aimé l’utilisation du train, l’exploitation du fait qu’en voyageant ainsi, on voit des petits bouts de vie qu’on imagine sans jamais y entrer, des petits tas de vêtements, des expressions, des gestes. J’ai lu une partie du livre dans le train justement ! Seul bémol, mais j’ai l’impression que c’est expliqué à la fin : la vision des femmes de Rachel et Anna. Rachel parle d’elles comme ayant deux valeurs : leur apparence et leur capacité à avoir des enfants. Sexisme, quand tu nous tiens ! Je veux bien qu’elle soit désespérée, mais là ! Et Anna, quant à elle, ne supporte pas très bien la vie de mère, puisqu’elle s’y sent à la fois bien et enfermée, incapable d’être une femme maintenant qu’elle est mère.

Concernant les personnages, Rachel fait partie de ce genre de narrateurs que j’adore : ceux en qui on ne peut pas avoir confiance. En effet, alcoolique notoire et incapable de se souvenir de ce qu’elle a fait dans ces moments où elle est ivre morte, Rachel titube au bord de la folie. Le lecteur ne sait pas s’il ne peut la croire ou s’il doit réagir comme les policiers, en la considérant comme un témoin non digne de confiance. Au fil du texte, il s’attache à elle, la prend en pitié, aimerait qu’elle se relève définitivement, et finit par véritablement croire qu’elle sait quelque chose sur la soirée du 13 juillet. Le malheur de Rachel est dévastateur : ayant tout perdu, elle ne parvient pas à reprendre sa vie en mains, et préfère regarder la belle vie des autres à distance. Incapable de faire le deuil de son mariage, elle ne cesse de vouloir renouer avec son ex-mari, de regarder la maison dans laquelle elle a vécu, dans laquelle elle se sentait bien. Le lecteur remarque aussi peu à peu qu’elle ne cesse de se mentir, et que quelque chose ne va pas chez elle, comme elle-même le remarque à plusieurs reprises. J’ai fini par comprendre, ce qui n’a fait que renforcer ma sympathie pour elle. Anna, quant à elle, m’a d’abord agacée comme jamais. Etrangement, je me suis rendue compte que je me rangeais aux côtés de Rachel contre elle, la voleuse de mari, celle qui a peur d’une femme qui ne peut absolument rien contre elle. Ses réflexions me semblaient superficielles, et sa façon de dire qu’elle appréciait d’être une maîtresse m’ont donné envie de la gifler. Elle n’a aucune compassion, elle semble même contente de ce qu’elle a fait. Elle m’a aussi agacée par sa paranoïa constante. On comprend mieux son personnage à la fin, elle est (un peu) pardonnée. Megan, la dernière narratrice, est une femme qui cache un secret tellement lourd que, même après des années, elle ne parvient pas à en dormir la nuit, il la hante et l’empêche de vivre dans le présent, auprès de son mari Scott. De loin, elle a l’air indépendante, libre, heureuse ; mais ce n’est qu’une façade. Sa vie est aussi misérable que celle de Rachel ; elle a tout pour être heureuse, mais ne peut jamais l’être. Elle veut fuir, partir, mais se demande si, une fois arrivée ailleurs, elle ne voudra pas recommencer, indéfiniment, jusqu’au point de départ. Il manque quelque chose à sa vie, et elle ne comprend pas quoi. Deux personnages masculins se détachent ici : Scott et Tom. Scott est le mari de Megan. Du train, il a l’air tendre, attentionné, passionné, amoureux : parfait. Mais, une fois que l’on entre dans la vie de Megan, il est clair qu’il est un peu trop jaloux et invasif. Quant à Tom, il semble lui aussi l’homme parfait ; si parfait qu’il tente même d’aider son ex-femme alcoolique à remonter la pente, malgré la désapprobation de sa femme. Kamal est également un personnage masculin important, puisqu’il est un des deux suspects principaux du lecteur, de la police, et de Rachel !

La fin était EXCELLENTE ! Tout est expliqué, le lecteur comprend les personnages, tout s’imbrique parfaitement. Je dois dire que j’avais eu un doute au début du roman, mais l’auteur est parvenue à me prendre avec les multiples suspects. [SPOILER] Rachel, Anna et Megan ont été complètement manipulés par le même homme, celui qui, en fait, fait le lien entre elles toutes. Rachel n’est pas folle ; elle a été manipulée pendant des années pour lui faire croire qu’elle l’était, qu’elle était violente, qu’elle faisait peur, qu’elle était dangereuse, alors que c’était son compagnon qui la battait quand elle était dans un état second. Anna, elle, s’est aussi fait laver le cerveau, et sa réaction à la fin est tellement tardive qu’on se demande si elle va finir par réagir ! Megan, elle, a prononcé les mauvais mots au mauvais moment, et dans le mauvais endroit … [FIN DU SPOILER] The Girl on the Train m’a donné envie de lire d’autres livres de Paula Hawkins, en espérant qu’ils seront aussi bons !

 

Donc, un excellent thriller psychologique, qui fait tourner le lecteur (et les personnages) en bourrique, pour s’achever avec une fin magistrale !

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