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I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Avis littéraires'

Rocaille de Pauline Sidre #plib2021

Posté : 10 septembre, 2021 @ 9:15 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FantasyRocaille

Editeur : Sillex

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 490

Synopsis : Gésill ne dort plus depuis qu’il est mort.

Assassiné puis ramené à la vie par les Funestrelles, des brigands sans scrupules qui voudraient le voir reprendre son trône, l’ancien roi Gésill n’a plus goût à rien.

Son sang vert, autrefois seule source de végétation de la Rocaille, s’est tari. Il pourrit. Seul un représentant des Magistres, ces êtres mythiques exterminés par les ancêtres de Gésill, pourrait y remédier.

Aussi, lorsque les Funestrelles, accompagnés du défunt, se mettent en quête de trouver un jeune homme qu’on dit leur dernier descendant, ils sont loin d’imaginer que leur découverte ébranlera toutes leurs certitudes. Sur la Rocaille comme sur eux-mêmes.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en ebook dans le cadre du Plib 2021 !

J’avais entendu beaucoup de bien de Rocaille : c’était le préféré de plusieurs jurés. Cela m’a poussé à le mettre dans mes cinq finalistes. J’avais vraiment hâte de le découvrir !

Malheureusement, ce roman n’était pas fait pour moi.
L’écriture est très belle. L‘univers est enchanteur – j’ai encore à l’esprit la clématite que Sénielle fait pousser autour de la rampe de l’escalier du château, je trouve cette image si poétique – et original – notamment le côté un jour/un temps mais aussi le pouvoir de la lignée régnante. L‘intrigue commence bien et promet de beaux retournements de situation.
Mais je n’ai pas ressenti d’émotion en lisant, ce qui est pour moi primordiale pendant une lecture. Je n’avais pas envie de découvrir le fin mot de l’histoire parce que je n’arrivais pas à m’accrocher aux enjeux de l’intrigue. Je ne sentais aucun attachement pour les personnages, ils ne me semblaient pas vivants sur la page. 

Donc, je suis, en fin de compte, déçue par ce roman dont j’attendais sans doute trop ! Mais je serais curieuse de lire le prochain roman de Pauline Sidre !

 

#ISBN9782490700035

Rouge de Pascaline Nolot #plib2021

Posté : 31 août, 2021 @ 11:01 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

RougeGenre : Fantasy

Editeur : Gulf Stream (Electrogène)

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 312

Synopsis : « Ce qu’il vit avant tout, c’était l’immonde coloris écarlate qui rongeait à moitié le nouveau-né ainsi que l’infâme petite boule de peau surplombant son regard. Le monstre avait engendré un autre monstre !
- Comment devons-nous l’appeler ? lui demanda la vieille femme.
Il contempla le nourrisson en pleurs avec aversion. Puis il vomit sa sentence en un mot :
- Rouge ! »

Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois-Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C’est là que survit Rouge, rejetée à cause d’une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu’il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal.
Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d’autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s’engager dans les bois afin d’y rejoindre l’inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s’en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n’est jamais revenue…

 

Avis : J’ai lu Rouge dans le cadre du Plib 2021 : il fait partie des cinq finalistes !

Dès le premier chapitre, je me suis dit que cette lecture serait intense et difficile. Je n’étais pas prête, donc je l’ai laissé de côté avant de me replonger dedans.

Quelle violence, quelle cruauté ! Mais quelle belle exécution ! La qualité d’écriture est indéniable, aussi bien au niveau du phrasé que du choix des mots. Elle n’épargne rien à Rouge ou aux lecteurs qui découvrent son histoire tout comme elle n’allège en rien l’horreur du comportement de certains personnages, notamment masculins. Pas d’excuse ici, pas de justification : les faits sont clairs et la condition de la femme est mise en lumière sans embellissement ni demi-mesure. SPOILER 1 Cela permet une dénonciation sans équivoque des violences sexuelles que vivent certains personnages. Pas de romantisation, pas d’atténuation. C’est donc difficile à lire, parfois même intenable : SPOILER 2 Mais c’est aussi ce qui fait la valeur de cette lecture : une claque en pleine figure pour que le lecteur n’oublie pas l’injustice de ces situations. 

Rouge est également une réécriture légère du « Petit Chaperon rouge ». La plupart des personnages sont faciles à repérer, ce qui ne veut pas dire que leur rôle colle à celui qu’ils avaient dans le conte d’origine. J’ai aimé que ce soit une adaptation plutôt libre tout en prenant plaisir à reconnaître certains éléments connus.

Quant aux personnages, je ne veux pas trop en dire, histoire de ne rien gâcher pour qui que ce soit, mais sachez que très peu sont sympathiques. J’ai compati à la souffrance de Rouge, jeune fille qui n’a rien demandé à personne et qui grandit sans amour, sans soutien, convaincue qu’elle incarne le mal, qu’elle est dangereuse. La violence à laquelle elle fait face piétine le cœur du lecteur tout en lui faisant bouillir le sang ! SPOILER 3

SPOILER 4

J’ai été très surprise par la finSPOILER 5

 

Donc, un excellent roman, très dur à lire à cause de scènes parfois insoutenables, mais qui, par-là même, dénonce à merveille les violences sexuelles que subissent les femmes. 

 

TW : viol, tentative de viol, humiliations publiques.

 

SPOILER 1 Que ce soit Rouge, honnie pour son apparence physique ; sa mère, violée par un homme qui la considère comme autant responsable de l’adultère que lui ; la Grand-Mère, enfermée dans son rêve de beauté éternelle : toutes ces femmes représentent un sujet sensible dans notre société. Rouge m’a semblé, plusieurs fois, ressembler aux sorcières brûlées sur le bûcher à cause de leur potentiel lien avec le Diable. Ces femmes n’entrent plus dans la norme, elles se dirigent donc inexorablement vers la marginalisation et la mort. 

SPOILER 2 le viol de la mère, raconté plusieurs fois, est insupportable ! Surtout une fois que l’on comprend qui est son agresseur et l’attitude qu’il adopte ensuite ! 

SPOILER 3 J’ai fini par haïr à peu près tous les personnages masculins. Gauvain porte le nom d’un chevalier mais n’a rien de chevaleresque ; il abandonne femme et enfant parce qu’il a peur d’elles et finit par mourir parce qu’il refuse l’aide de celle qu’il aurait dû protéger au lieu de la livrer en pâture au village tout entier. Liénor se montre lâche – même si c’est expliqué à la fin et qu’il est le seul personnage masculin qui est « sauvé » – sans doute parce que ce n’est pas un personnage masculin, justement ! Chasseur que personne ne peut s’empêcher d’exécrer une fois qu’il a montré qui il était vraiment – à vomir. Mais le pire reste le Père François. Oh, le Père François. Combien je l’ai haï. De toutes mes forces. Il devenait intolérable de le voir apparaître dans une scène, de l’avoir apprécier avant, quand le lecteur pensait qu’il protégeait Rouge. Juste, affreux.

SPOILER 4 J’ai également aimé la représentation de la magie, la façon dont elle était exécutée, la façon dont elle s’apprend également. Elle n’est pas acquise mais demande des efforts, du temps et ne fonctionne pas toujours parfaitement. Quant au lien de Rouge avec les loups, je l’ai trouvé très touchant. J’ai aimé l’explication de la présence-absence de Lisiane grâce à l’œil du loup qui accompagne Rouge. C’était émouvant de comprendre qu’elle l’avait marqué tout en n’étant plus là, qu’elle lui avait laissé quelque chose d’elle avant de partir.

SPOILER 5 Le prénom de Liénor m’avait interpelé, je le trouvais original ; mais je n’avais pas du tout deviné que c’était pour Aliénor, ce qui paraît pourtant logique. J’avais pensé à ce prénom sans faire le lien ! Cette révélation explique l’attitude d’Elaine et rend l’amitié entre Rouge et Liénor encore plus touchante.

#ISBN9782354887858

La Princesse au visage de nuit de David Bry #plib2021

Posté : 20 août, 2021 @ 5:36 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FantastiqueLa Princesse au visage de nuit

Editeur : Editions de l’Homme sans Nom

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 280

Synopsis : Dans les bois vit la princesse au visage de nuit ; ses yeux sont des étoiles et ses cheveux l’obscur.

Hugo, enfant violenté par ses parents, s’est enfui avec ses amis dans la forêt, à la recherche de la princesse au visage de nuit, qui exaucerait les vœux des enfants malheureux… Il est ressorti du bois seul et sans souvenirs, et a été placé dans une famille d’accueil.

Vingt ans plus tard, alors qu’il a tout fait pour oublier son enfance, Hugo apprend la mort de ses parents. Mais, de retour dans le village de son enfance, il découvre que ses parents auraient été assassinés, et d’étranges événements se produisent. La petite voiture de son enfance réapparaît comme par magie. De mystérieuses lueurs brillent dans les bois. Les orages soufflent des prénoms dans le vent.

 

Avis : J’ai reçu ce livre pour le Plib 2020 ; j’avais déjà entendu parler de l’auteur mais je n’avais rien lu de lui.

J’avais entendu beaucoup de bien de La Princesse au visage de nuit et je ne suis pas surprise qu’il soit finaliste cette année : c’est une lecture intense, touchante et marquante.

L’intrigue donne déjà le ton : Hugo, vingt ans après la disparition de ses amis, revient dans son village natal où ses parents viennent de mourir, parents qui le maltraitaient. Entre la souffrance d’Hugo, celle des autres personnages, la réaction inconcevable des adultes, la violence qui se multiplie et se déplie au fil des pages, qui se découvre et qui révulse le lecteur, continuer à lire n’est pas toujours facile tant l’émotion nous étreint parfois. On aimerait entrer dans le livre pour réconforter, pour se faire justicier. On assiste parfois à des scènes difficilement soutenables, on prend connaissance de faits impardonnables. Ce n’est clairement pas une lecture de tout repos ! L’ambiance est parfois oppressante, parfois envoûtante : les images utilisées pour mettre en place l’atmosphère fantastique sont enchanteresses SPOILER 1

J’ai également beaucoup aimé la fin qui m’a émue aux larmes. SPOILER 2 Jusqu’à elle, le lecteur doute des éléments surnaturels présentés dans le roman, ce que j’ai adoré !

Le seul bémol que j’ai trouvé peut-être serait le fait que, parce que les personnages tournent en rond dans leur enquête, une partie du roman semble un peu longue. Mais cela ne suffit pas pour gâcher une telle lecture !

 

Donc, un excellent roman qui me donne envie de découvrir d’autres œuvres de cet auteur !

 

SPOILER 1 que ce soit les lucioles ou les enfants qui deviennent des animaux en enfilant les oripeaux. La nature les protège et les guide comme elle peut, j’ai trouvé cela beau. 

SPOILER 2 Je me doutais un peu qu’une partie d’Hugo enfant était passée de l’autre côté et que c’était lui qui avait tué ses parents. J’ai trouvé leur rencontre très émouvante. 

 

#ISBN9782918541721

Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle

Posté : 23 juillet, 2021 @ 11:55 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Lettre à celle qui lit mes romances érotiquesGenre : Essai, Sociologie

Editeur : Les Echappés

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 130

Synopsis : « L’homme est blanc, dominant, riche, musclé, performant sexuellement et pénétrant. La femme est blanche aussi, pauvre, pénétrée, elle attend qu’un homme la comble sexuellement (et si possible la comble aussi de cadeaux). »

Les romances érotiques se suivent et se ressemblent : la femme et l’homme répondent à des stéréotypes étriqués, leurs interactions sont autant simplistes que convenues et le désir féminin doit se cantonner à quelques clichés hyper réducteurs.

Quant aux maisons d’édition friandes de ce genre littéraire, qui séduit de plus en plus de lectrices, elles empruntent à la production industrielle ses méthodes et ses cadences. Saviez-vous que chaque personnage doit avoir une blessure secrète ? Qu’il y a des tapis en poils de bête sur lesquels il ne fait pas bon faire l’amour ? Que six jours peuvent suffire à écrire une romance ? Ou encore que chaque personnage a une « fiche » consignée sur un tableau Excel ?…

Camille Emmanuelle, qui a écrit sous pseudo une douzaine de romances érotiques, nous ouvre les portes de ce genre littéraire qui, à force de favoriser une sexualité normalisée, devient un obstacle à une réelle libération sexuelle de la femme. Avec la verve qui la caractérise, elle dénonce l’éternelle comédie qu’on veut, encore, faire jouer à l’homme et à la femme.

 

Avis : Je ne sais pas à quoi je m’attendais en lisant ce livre, mais pas à ça.

Je ne m’attendais pas à avoir un tel aperçu du monde de l’édition. Je me doute que, parfois, les éditeurs demandent des choses précises ; mais l’expérience de l’autrice est révoltante. Non seulement les lectrices ne doivent pas trop réfléchir, mais leurs lectures perpétuent un modèle relationnel nocif à la fois pour elles et pour les partenaires qu’elles auraient. Par la répétition constante des mêmes procédés, ces livres fixent une notion stéréotypée qui ne représente pas la diversité des individus et des relations qu’ils peuvent avoir. 

Tout ceci nous est dévoilé avec un ton que j’ai adoré, à la fois excédé et très drôle. Le livre est écrit à la deuxième personne du singulier ce qui nous implique directement. C’est évidemment très féministe : l’autrice questionne l’intérêt pour les éditeurs de publier ce genre de romans, mais elle évoque aussi le fait qu’elle ait participé à cette entreprise en sachant ce qu’elle faisait, comment elle vivait d’y participer et comment elle résistait dans l’ombre !

 

Donc, un petit coup de cœur que je recommande à tous !

Un si beau siècle : la poésie contre les écrans d’Olivier Frébourg

Posté : 30 juin, 2021 @ 7:36 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : EssaiUn si beau siècle

Éditeur : Éditions des Équateurs

Année de sortie : 2021

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Quand le monde est trop bruyant, je recours à la poésie. Elle ralentit le cours torrentiel du temps. Un petit gramme de stances ou de sonnets est moins toxique que le Prozac. Le ravage de la beauté est un incendie contemporain. Le paysage abrasé, détruit. L’installation de la laideur. Là où la beauté disparaît, la contemplation et le silence s’effacent, la vie se réduit. »

 

Avis : Je remercie les Editions des Equateurs pour m’avoir envoyé ce service presse !

Le titre de ce livre m’a tout de suite attirée ; j’étais un peu plus sceptique à propos du sous-titre. J’avais un peu peur que ce soit un pamphlet extrême qui diabolise les écrans et Internet dans leur globalité.

Eh bien, c’était malheureusement exactement cela.

J’étais parfois d’accord avec certaines idées : le rappel de la beauté de la poésie, le fait que ce soit un art qui permet de se ressourcer, qui inspire, qui permet de rêver et de penser autrement. De plus, l’auteur cite de nombreux poèmes au cours de son « essai » : j’ai eu envie de replonger dans les recueils de Baudelaire, d’Apollinaire, ou de découvrir de nouveaux poètes.

Mais, en réalité, on peut difficilement appeler ce livre un essai. L’auteur ne fait que donner son avis sur un sujet qu’il ne maîtrise pas du tout. Aucune donnée, aucun fait, aucune source – excepté pour une ou deux citations et les vers repris. Je m’attendais davantage à un essai centré sur des études sérieuses, et non simplement l’opinion élitiste d’un homme qui fait des réseaux sociaux et des écrans les démons de notre temps. Entre généralisation, platitudes et centralisation autour des hommes blancs, ce livre est le plus désagréable que j’ai eu à lire cette année et ma seule déception chez les Editions des Equateurs jusqu’à maintenant.

J’ai l’impression que l’auteur est nostalgique d’un temps qui n’a jamais existé : un temps où tout le monde lisait de la poésie et s’en trouvait élevé. J’adore la poésie ; c’est sans doute le genre littéraire que je préfère, même si ce n’est pas celui que je lis le plus souvent. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de mépriser ceux qui n’en lisent pas, qui ne l’apprécient pas, qui n’y plongent pas pour échapper au monde. Il ne me viendrait pas non plus à l’idée de mépriser les personnes qui utilisent les écrans, peu importe leur degré d’utilisation. Il ne me viendrait pas à l’idée d’hurler au scandale parce que la jeunesse ne se révolte plus – ce qui est faux. Et comment peut-on encore glorifier la guerre et les héros mythologiques dans leurs attributs guerriers ? Ces valeurs ne sont pas les miennes.

 

Donc, une énorme déception et même un coup de gueule. Une belle dose de mépris de la part d’un auteur qui ne semble pas partager la vie des personnes qu’il méprise.

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