Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Three Dark Crowns, book 3: Two Dark Reigns de Kendare Blake

Posté : 16 octobre, 2018 @ 9:13 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy Two Dark Reigns

Editeur : HarperTeen 

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 447

Synopsis : Arsinoe, Mirabella, and Katharine aren’t the only queens stirring things up on Fennbirn island.

Katharine has waited her whole life to take the throne. But with the whereabouts of her sisters still unknown, the crown weighs all too heavy on her anxious head.

Hiding out on the Mainland, Arsinoe and Mirabella become haunted by visions of the legendary Blue Queen – a rare and mystical fourth-born queen who died hundreds of years earlier – and her dead, boney finger keeps pointing them back to Fennbirn.

And then there’s Jules, feeling alone but armed with new friends who tell her of a rebel army that wants to usurp the throne from Queen Katharine. The one they believe will lead the charge? Jules herself.

A queen on the throne, two on their way home, and an unexpected renegade who’s gone to ground. The crown has been won … but these queens are far from done. 

 

Avis : J’avais précommandé ce livre, mais il est arrivé bien après la date de parution ! Je l’ai choisi pour entrer dans la catégorie « Le fantôme de l’opéra » dans « Automne Frissonnant » pour le Pumpkin Autumn Challenge. Si vous n’avez pas lu les deux premiers tomes, cette chronique peut contenir des spoilers. 

Je trouvais déjà que le deuxième tome était meilleur que le premier, malgré quelques petites choses agaçantes. Celui-ci est également à la hauteur, malgré un bémol : je m’y attendais.

En effet, j’avais parié que [SPOILER] Jules allait devenir reine, ou, en tout cas, tenter de le devenir, je ne savais juste pas comment au juste. Eh bien, c’est exactement ce qui arrive dans ce tome. C’était évident, étant donné ses pouvoirs et leur puissance ! [FIN DU SPOILER] Donc, je n’ai pas vraiment été surprise de la voir tenter de s’élever à travers une rébellion contre Katharine. Mais, du coup, je trouve que cette nouvelle position rend le personnage de Jules bien moins attrayant, moins fouillé que dans les tomes précédents. Sans Joseph et Arsinoé, elle semble tellement différente de celle que le lecteur a appris à aimer !

Katharine, reine couronnée, quant à elle, est difficile à détester, comme dans les tomes précédents. C’est un personnage assez sombre (elle est tout de même habitée, ici, et dans One Dark Throne, par les esprits des sœurs mortes avant elle !), mais qui recèle une part de lumière cachée à cause de la possession dont elle fait l’objet. Elle rappelle, dans ce tome, que les gens qui l’entourent la voient sans doute encore comme la petite Katharine, alors qu’elle ne se sent plus du tout cette jeune fille ; les esprits l’ont endurcie, et ont, en quelque sorte, changé sa personnalité. Désormais reine, elle doit faire son possible pour gouverner l’île de son mieux. Mais, quand la brume se lève, que peut-elle faire pour l’arrêter ?

En effet, le gros plus de ce livre, par rapport aux autres, est l’ajout d’un acteur qui était déjà présent, mais qui est mis en avant ici : la brume créée par la Reine Bleue, Illiann, pour protéger Fennbirn. Alors que le règne de Katharine et la rébellion commencent, elle se lève, et agit très étrangement. Plusieurs hypothèses sont avancées pour l’expliquer : le fait que Katharine soit une non-morte, le fait que la rébellion soit contre nature. Elle est aussi l’occasion de plonger dans l‘histoire de l’île, afin de découvrir son passé, et notamment l’époque de la création de la brume. J’ai aimé ses incursions dans le passé, et je pense vraiment lire Queens of Fennbirn (il me permettra aussi de patienter pour la sortie du dernier tome de la série, sans doute prévue pour l’année prochaine !)

Des petits plus :

_la découverte du continent ;

_le retour de [SPOILER] Pepper ! [FIN DU SPOILER] ;

_l’évolution du personnage de Bree, que j’aime beaucoup aussi.

Les petits moins :

_la carte de l’édition représente la répartition des terres dans le passé ; mais à quoi correspondent les terres actuelles ? D’où vient Billy par rapport à Nicolas par exemple ? Ce n’est pas tout à fait clair.

La fin est intense (c’est le moins qu’on puisse dire) et assez abrupte ; j’ai très envie de lire la suite, mais je pense que j’aimerais aussi en lire plus sur les reines précédentes !

 

Donc, un très bon troisième tome, qui finit sur un assez cliffhanger, et qui permet d’en apprendre plus sur l’île et son fonctionnement. 

Only Ever Yours de Louise O’Neill

Posté : 28 août, 2018 @ 11:08 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-fiction Only Ever Yours

Editeur : Quercus (riverrun) 

Année de sortie : 2015 [2014]

Nombre de pages : 390

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : The bestselling novel about beauty, body image and betrayal.

eves are designed, not born. The School trains them to be pretty. The School trains them to be good. The School trains them to Always be Willing.

All their lives, the eves have been waiting. Now, they are ready for the outside world. companion … concubine … or chastity. Only the best will be chosen. And only the Men decide. 

 

Avis : J’ai découvert Louise O’Neill cette année, et je me suis dit qu’il ne fallait pas m’arrêter en si bon chemin !

Autant vous le dire tout de suite : ce livre est un cauchemar. Je me suis sentie mal à l’aise, quasi malade, pendant la lecture !

J’ai vu de nombreux lecteurs se plaindre de la ressemblance avec The Handmaid’s Tale. Ici aussi, les femmes sont contrôlées, soumises. Mais, pour moi, ces deux livres ne sont pas identiques, comme certains le disent. Chez Margaret Atwood, nous découvrons le nouveau régime/système par les yeux d’une adulte qui a connu notre monde. freida, elle, a été créée synthétiquement ; elle ne connaît de notre monde que ce que veut bien lui montrer la chaîne Nature, et ce que lui expliquent les chastity. Elle n’a aucun respect pour elle-même, parce qu’elle ne sait pas qu’elle pourrait en avoir. Elle est comme programmée, elle suit les règles de l’Ecole, même si elles ne lui semblent pas toujours justes. Only Ever Yours pourrait quasi être une suite de The Handmaid’s Tale ; mais même le monde, les termes, sont différents. Chez Margaret Atwood, les femmes ont de la valeur grâce à leur fertilité ; chez Louise O’Neill, je pense que les concubines ne sont pas censées avoir d’enfants. Elles ne sont là que pour le plaisir des hommes. Certes, les compagnes ont des certificats de fertilité ; mais c’est surtout leur apparence qui compte ; ce n’est absolument pas le cas dans The Handmaid’s Tale ! Les servantes [SPOILER] portent des enfants qu’elles donnent ensuite aux épouses ; les compagnes ont leurs propres enfants, et exclusivement des garçons. [FIN DU SPOILER] L’idée, la soumission des femmes aux hommes, est la même ; mais l’exécution, l’histoire, les personnages, la fin, en gros tout le reste est différent !

Encore une petite comparaison : j’ai d’abord lu The Surface Breaks de l’auteure – que j’ai aussi défendu quand j’ai vu qu’il était taxé d’anti-féminisme et de misandrie ! – et je trouve que freida ressemble à Gaia, sans, bien sûr, être la même. Elles sont toutes les deux incapables de lutter contre la société, de résister à l’envie de lui obéir et de se soumettre, parce que c’est plus simple, et plus sûr ; et ce, parce qu’elles sont nées dans ces sociétés sexistes. Elles ne se sentent pas le droit de s’opposer aux lois, et donc, deviennent complices. Elles peuvent donc parfois être des personnages assez agaçants. Le lecteur a envie de les secouer, de les pousser dans le droit chemin, de leur insuffler le courage nécessaire. Donc, bien sûr, il y a du girl-hate, les filles sont des garces entre elles, se jugent constamment, se comparent, se dévalorisent, s’insultent subtilement. Leurs comportements sont dictés par la société dans laquelle elles vivent. Ici, l’auteure nous avertit de ce que pourrait devenir notre monde s’il se laisse gangrener par le sexisme, les inégalités de genre, etc. C’est de la dénonciation, mais du plaisir d’écrire un livre en mode Gossip Girl ! Parfois, je ne pouvais plus supporter freida. Mais, la plupart du temps, je compatissais et je la comprenais. Qui n’était pas stupide à son âge ? Elle est coincée, et veut survivre, être acceptée. Qui ne le voulait pas à son âge ? Il est très dur de s’attacher aux autres personnages ; aucun ne relève vraiment la barre, ne sauve l’honneur [SPOILER] en tout cas, jusqu’à la fin ! [FIN DU SPOILER] megan est insupportable, peut-être la pire de toutes, mais aussi celle qui est la plus lucide, et la mieux adaptée à ce nouveau système. Elle fait ce qu’on attend d’elle, elle respecte les règles. isabel est très ambiguë, difficile à cerner. Ayant seulement le point de vue de freida, le lecteur a du mal à la comprendre. Les autres sont des suiveuses : elles obéissent à la numéro 1, cachent leur identité derrière de faux sourires, de faux rires, et des statuts MyFace. (On peut d’ailleurs trouver dans ce livre une critique de la surutilisation d’Internet, le fait qu’on y poste notre vie, comme si cela nous permettait d’exister.) chastity-ruth m’a fait penser à Dolores Ombrage ! Mais quelle horreur cette dame !! 

C’est étrange à dire, mais j’ai ressenti des sentiments contradictoires en lisant ce livre. J’étais à la fois épouvantée, horrifiée, prête à pleurer ; de l’autre, rassurée.

Horrifiée parce qu’honnêtement, la façon dont les filles se traitent entre elles et pensent dans le livre, ressemble beaucoup à ce que certaines filles font dans la vraie vie ! La grossophobie existe, comme l’homophobie. L’apparence est la priorité de certaines femmes/filles ; certaines sont éduquées pour être belle et se taire, pour obéir aux hommes. Donc, Only Ever Yours est très réaliste. J’étais triste de me dire : « J’ai déjà entendu/vu ça ». C’était quand même pire dans le livre (heureusement !) : [SPOILER] Quand megan dit qu’elle veut bien qu’un Carmichael la batte autant qu’il veut, j’avais envie de vomir !! Comment peut-elle dire ça ?! Et quand freida le répète, mécaniquement, à isabel, c’est la seule eve à réagir différemment ! Son secret est terrible ! [FIN DU SPOILER] La société éduque les filles dans la compétition, la comparaison constante, par rapport à leur apparence ; ce n’est que mis en avant ici. Les filles ne sont pas les seules à souffrir : certains garçons n’ont pas l’air franchement heureux malgré leur position apparemment avantageuse. Ils sont forcés de cacher leur personnalité afin de trouver leur place ; certains d’entre eux aussi doivent plaire. [SPOILER] Darwin est le seul à ne pas passer, comme les autres, ses Heavenly Seventy avec les futures concubines ; mais il n’est pas innocent pour autant. Il n’est pas éduqué comme freida. Ce qu’il fait à la fin … Il ne semble pas se rendre compte de ce qu’il a fait avant que le procès se tienne. [FIN DU SPOILER]

Mais je me suis aussi sentie rassurée. Nous ne vivons pas dans un monde pareil. Nous ne sommes pas obligées de vivre dans la compétition/comparaison malsaine, à surveiller notre poids, notre apparence. Nous avons le choix. Nous choisissons ce que nous portons, vêtements ou maquillage, et ce que nous ne portons pas. Notre corps nous appartient, le leur non. La postface est aussi réconfortante : « J’ai écrit Only Ever Yours comme une lettre d’amour à l’adolescente que j’étais à quinze ans. Je l’ai écrit pour toutes les femmes qui ne se sentent jamais assez bonnes. J’ai écrit ce livre pour vous montrer, à vous, la personne qui êtes en train de lire, que ce n’est pas votre faute, que ça n’a jamais été votre faute. » En effet, le roman traite aussi de la violence domestique, et cette dernière phrase y fait référence dans tout le roman.

J’ai aimé l’écriture ! L’édition que j’ai lue comporte un commentaire de Jeanette Winterson : « Elle [Louise O'Neill] écrit avec un scalpel ». C’est exactement ça !! Son écriture correspond à la folie, à l’incertitude, au désespoir de son personnage principal. Elle permet de faire vivre le roman au lecteur.

La fin … Je n’étais pas prête du tout ! [SPOILER] J’avais deviné l’amour que ressentaient freida et isabel l’une pour l’autre ; quelques indices parsèment le roman. C’est un véritable amour, qui n’implique pas de sexualité, qui peut être platonique, mais qui est plus fort que tous les autres sentiments présents dans l’œuvre. [FIN DU SPOILER] Je n’avais pas du tout deviné le secret d’isabel ! De plus, tout le long du livre, j’avais tellement envie que freida réussisse, ça en devenait pénible ! J’étais tellement nerveuse !!! [SPOILER] Mais après le dernier Heavenly Seventy, je me suis rendu compte que ce n’était pas de l’amour qu’elle ressentait pour Darwin. C’était un besoin. Elle voulait se sentir en sécurité, trouver sa place dans la société. C’était malsain, même si on peut parfois avoir l’impression que ce n’est pas le cas. ET ça ne se termine pas comme la majorité des romans YA !! Pas de happy ending, que ce soit pour freida ou pour isabel, et c’est tout à fait logique !! Un happy ending ne peut pas exister dans une société pareille ! C’était tellement cruel. En refermant le livre, je ressentis tellement d’amour pour isabel. Je savais qu’elle n’était pas mauvaise, malgré le point de vue de freida, mais je ne la comprenais pas pour autant. [FIN DU SPOILER] Magistrale.

J’ai l’impression de ne pas avoir tout dit, de ne pas avoir touché au cœur du sujet. C’est si cruel, si triste, et si effrayant. Un coup de cœur !

 

Donc, un excellent roman dystopique, dans la veine de The Handmaid’s Tale, qui fait réfléchir sur notre propre société. 

Three Dark Crowns, book 2: One Dark Throne de Kendare Blake

Posté : 11 juillet, 2018 @ 4:45 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : Fantasy One Dark Throne

Editeur : HarperTeen 

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 448

Titre en français : Pas encore traduit

Synopsis : In the sequel to the New York Times bestselling Three Dark Crowns, which of the three sisters will prevail?

With the shocking events of the Quickening behind them and the Ascension Year underway, war is in the air for the three queens. Katharine, once the weakest sister, is curiously stronger than ever before. Arsinoe, after discovering the truth about her powers, needs to figure out how to use this secret to her advantage. And Mirabella, the elemental sister thought to be the certain queen, faces attacks that put those closest to her in grave danger.

Time is running out, and the triplets aren’t the only ones who will benefit from a victory. Friends and foes alike are trying to force the hands of the sisters, pushing them toward an unbelievable ending.

In the riveting sequel to Kendare Blake’s Three Dark Crowns, Fennbirn’s deadliest queens must confront the last thing standing in their way of the crown: each other. 

 

Avis : J’avais très très envie de lire ce livre une fois que ma lecture de Three Dark Crowns achevée ; malheureusement, il a mis un siècle à arriver chez moi !!

Si vous n’avez pas lu Three Dark Crowns, cette chronique peut éventuellement contenir des spoilers. 

One Dark Throne est définitivement à la hauteur de mes attentes, et à la hauteur du premier tome, même si quelques petites choses m’ont agacée – mais pas au point de gâcher ma lecture, heureusement !

J’aime toujours les personnagesArsinoe est toujours ma sœur préférée, et pas seulement parce qu’elle vit chez les naturalistes. Elle est plus simple, plus abordable que ses sœurs, mais aussi courageuse, et prête à tout pour survivre, même à utiliser une magie interdite sur l’île. Je m’identifie bien plus à elle qu’à Katharine ou Mirabella. Les propos de cette dernière l’ont fait réfléchir ; elle commence à remettre en question tout ce qui lui a été appris pendant son enfance. Sa romance est plus simple et plus saine que celle des deux autres également – et c’est un point non négligeable !! J’aime toujours autant Jules, même si, ici, au fil des pages, elle paraît différente. Blessée par l’acte de Joseph, elle s’endurcit, et devient plus rude[SPOILER] cela peut aussi être dû à son « war gift » ![FIN DU SPOILER] Sa puissance ne fait que se décupler, malgré les cicatrices laissées par l’attaque supposée de Katharine. [SPOILER] Depuis le début de la série, je me demande si elle n’est pas destinée à être plus que simplement la gardienne d’Arsinoe, si ce n’est pas elle qui est destinée à devenir reine tant elle est puissante, bien plus que les trois sœurs ! Le synopsis du troisième tome me laisse penser que je n’ai pas tout à fait tort ! De plus, la malédiction qui la frappe la rend encore plus puissante et exceptionnelle ; elle ne peut pas demeurer un « personnage secondaire », elle devient plus importante ![FIN DU SPOILER] J’adore toujours Camden, évidemment ! Je me suis réconciliée avec Mirabella : après tout, elle ne savait pas que Joseph n’était pas libre, et elle souffre elle aussi du fait qu’elle l’ait partagé, pendant un temps, avec Jules. Elle est plutôt un personnage qu’on admire pour son courage, pour sa force et sa détermination. Pour autant, elle est tellement persuadée, depuis toute petite, d’être la reine élue, qu’elle ne pense pas même pouvoir perdre contre ses sœurs ; cela lui confère une sorte d’aura, mais aussi une forme de naïveté, notamment à la fin. Comme d’habitude, j’adore le fait que les animaux ait une certaine place dans le livre : quand il leur arrive quelque chose, ça me fait quasi plus de peine que pour les humains !! Je me suis (un peu) réconciliée avec Joseph. Je le détestais tellement dans le premier tome !! [SPOILER] C’est surtout grâce à sa mort, à la fin du livre ; j’étais aux bords des larmes ! Je ne sais pas si c’est plus pour lui ou plus pour Jules, qui le perd définitivement … (ou encore, pour la réaction de Camden …) [FIN DU SPOILER] Sa rédemption lui vient de son honnêteté et de son courage, puisqu’il affronte ses erreurs et sa faiblesse. Cela n’aurait quand même dû jamais arriver, évidemment, et il est difficile de lui pardonner ; mais à partir du moment où Jules ne lui en veut plus, je ne vois pas comment je continuerai à le haïr avec la même force. J’adore toujours Billy ! Il est le seul garçon sain dans toute cette histoire, c’est dingue !! Et fidèle, heureusement ! Il est mignon, et capable de tout pour protéger Arsinoe, même si cela doit le mettre en danger. En revanche, Nicolas est juste insupportable, et j’ai vu en lui exactement ce qu’un autre personnage, [SPOILER] Pietyr [FIN DU SPOILER] voit. Il est pervers et a clairement soif de sang, c’est malsain ! Katharine ne voit pas du tout cet aspect de lui, ou fait peut-être semblant de ne pas le voir, ou d’apprécier. Elle a beaucoup changé par rapport au personnage que l’on rencontre dans le premier tome ; c’est expliqué (un peu trop tard à mon goût) à la fin du livre. Vu son attitude ici, la majorité des lecteurs finit sans doute par la détester ; j’ai eu énormément de mal à ressentir de la haine pour elle pour ma part. Elle a échappé à la mort, et quelque chose d’étrange s’est passé en elle ; elle n’est plus la même, mais, je suis sûre qu’il reste quelque chose de l’ancienne Katharine. De plus, si elle n’est pas empoisonneuse, quel est son don ? [SPOILER] Etant donné qu’elle utilise énormément les flèches et les couteaux, et qu’elle vise avec une précision affolante, je me suis demandé si elle n’était pas « war-gifted », comme Jules ; mais rien n’a encore été dit sur son véritable don. [FIN DU SPOILER] Son changement de comportement apporte un nouveau mystère au sein de l’histoire : que cache vraiment Fennbirn ?

L’année de l’Ascension est assez cruelle [SPOILER] mais l’on comprend bien, à la fin, que ce n’est pas Katharine qui a tenté d’empoisonner ses sœurs, mais William Chatworth, histoire que tout soit terminé plus rapidement, et que son fils épouse la reine couronnée ! [FIN DU SPOILER] et pleine d’action ! Le lecteur et les personnages se rendent aux quatre coins de l’île pour finir à Indrid Down pour le grand final ! L’intrigue évolue comme je pensais qu’elle le ferait : [SPOILER] il était évident qu’Arsinoe et Mirabella allait finir par s’unir contre Katharine ; mais le fait que les reines mortes précédemment la possèdent la rend aussi moins haïssable. Elle n’agit pas de son propre chef, elle est guidée dans ses actions par l’amertume des anciennes perdantes. Elle pourrait donc, une fois libérée, s’unir à ses sœurs. [FIN DU SPOILER] La romance est réaliste, et ne m’a pas agacée (alléluia). Elle est aussi nécessaire, étant donné que les héroïnes sont reines et auront besoin d’un roi-consort pour leur couronnement. J’ai adoré l’amitié entre certains personnages, [SPOILER] notamment celle qui se forme entre Mirabella et Billy ; je l’ai trouvée touchante [FIN DU SPOILER], mais elle était plutôt mise à l’écart dans ce tome par rapport à ce que j’ai ressenti dans Three Dark Crowns. Evidemment, Jules est toujours prête à se sacrifier pour Arsinoe, et inversement ; mais l’intrigue est plus concentrée sur ce qui leur arrive personnellement, et ce n’est pas liée à l’amitié. Il me semble que l’on voit aussi moins Bree et Elizabeth ; pas la peine d’évoquer Katharine, qui n’a tout simplement pas d’amis. Les réflexions sociales sont toujours présentes dans l’œuvre, notamment le sexisme avec certains personnages masculins, comme Nicolas et William, ou le « girl-hate« , étant donné que les sœurs doivent s’entretuer pour régner et, avant cela, humilier les autres le plus possible. Mais elles me semblent moins mises en avant, en tout cas, en ce qui concerne la dernière ; je ne peux pas dire la même chose du sexisme vu l’importance que prennent soudain certains personnages vers la fin !

Les petites choses qui m’ont agacée :

_[SPOILER] Mirabella qui propose à Billy de devenir son roi-consort juste après la mort supposée d’Arsinoe. C’est tellement peu réaliste : trop rapide, trop formel. Elle aurait pu garder sa secret, ou juste lui en parler pour plus tard, quand elle sera, effectivement, reine ! [FIN DU SPOILER]

_le secret de Katharine. Honnêtement, quoi qu’il se soit passé dans ce trou, elle l’aurait raconté à Natalia, parce qu’il est clair qu’elle est différente, que cela se voit, et qu’elle ne peut pas cacher la vérité sur ses pouvoirs à une femme qu’elle considère comme sa mère. En tout cas, c’est comme cela que je vois son personnage. Elle n’a personne à qui se confier, donc il me semble logique qu’elle lui parle. De plus, le livre est écrit à la troisième personne, donc l’information peut être retenue un moment, mais pas tout le bouquin !! Bon, cela donne un petit mystère en plus, mais ça m’agaçait tellement de ne pas savoir, et que l’on me rappelle assez souvent que je ne sais pas !

_l’attirance de Katharine pour Nicolas. Cela me paraît un peu incohérent avec son nouveau personnage ; mais, comme je le disais, elle est seule, donc il peut servir d’échappatoire. Et je ne peux pas le supporter !! 

_le fait qu’Arsinoe garde son secret. Je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas révélé à tout le monde ; ce serait tellement plus simple ! Bon, du coup, cela enlèverait pas mal de scènes de rebondissement, mais quand même ! Sans doute le secret est-il gardé pour raison politique ; mais j’aurais adoré le voir éclater et voir l’impact de la bombe sur toute l’île ! C’est ce à quoi je m’attendais après la fin du premier tome !

_une des décisions les plus énervantes du livre : [SPOILER] le fait qu’Elizabeth choisisse de devenir une prêtresse, et abandonne, pour cela, Pepper !!!! SERIEUX ?!!! Et quand elle annonce ça à Mirabella et Bree, zéro réaction de leur côté, si ce n’est un léger énervement qu’Elizabeth ne les ait pas averties avant ! Quelqu’un pense à Pepper ou ?!! [FIN DU SPOILER]

Enfin, la mort fait son entrée dans la série, et quelle entrée !! L’auteure n’a pas peur de tuer des personnages importants ! [SPOILER]J’ai eu du mal à lire la mort de Natalia jusqu’au bout – et le détail de son cou à la fin … Si injuste, et si peu cohérent avec son personnage … On se serait attendu à quelque chose de grandiose, elle-même le pense quand elle se rend compte qu’elle va mourir ! J’étais vraiment triste, et je me suis rendue compte que je l’appréciais en fin de compte. J’ai ressenti à peu près la même chose pour Joseph – le fait qu’il ne réponde plus aux baisers de Jules à un moment donné … Mais je n’ai pas ressenti grand-chose à la mort de Nicolas, malgré l’horreur de ce qui lui arrive. Il aurait fait un roi terrible ! Son attitude était sexiste et autoritaire envers Katharine, qui est au-dessus de lui dans la hiérarchie. Mais il est vrai que sa mort est affreuse, et qu’elle alimente le mystère autour de Katharine ! [FIN DU SPOILER] 

J’ai vraiment hâte de lire Two Dark Reigns qui sort le 4 septembre !! Je n’ai pas trop longtemps à attendre, heureusement, et je peux toujours lire Queens of Fennbirn entre temps !

 

Donc, un deuxième tome à la hauteur, bourré d’actions ; je ne suis pas toujours d’accord avec les décisions des personnages, mais ce n’est pas pour autant que je ne les apprécie pas. Hâte de lire la suite ! 

The Surface Breaks de Louise O’Neill

Posté : 8 juillet, 2018 @ 1:41 dans Avis littéraires | 6 commentaires »

Genre : Fantasy, YAThe Surface Breaks

Editeur : Scholastic

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 309

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : The days of my childhood kept turning over; dissolving like sea foam on the crest of the waves. I have been counting them; the days and the nights, the weeks, the months, the years.

I have been waiting for this day. 

Deep beneath the cold, stormy sea, Gaia is a mermaid who dreams of Freedom from her controlling father. On her first swim to the surface, she is drawn towards a human boy. Gaia longs to join his carefree world, but how much will she have to sacrifice? What will it take for the little mermaid to find her voice?

Hans Christian Andersen’s world-famous fairy tale is reimagined Through a searing feminist lens by one of our most talented writers.

This is a book with the darkest of undercurrents, full of rage and rallying cries: storytelling at is most spellbinding. 

 

Avis : Enfin, je prends le temps de rédiger cette chronique !! Salomé, de la chaîne Kiss the Librarian, adore cette auteure et m’a donné envie de la découvrir !

J’ai entendu/lu tellement d’avis négatifs que j’ai fini par me demander si j’allais vraiment aimer ce livre ! En fin de compte, je comprends certaines critiques, mais il y en a d’autres qui me laissent penser que ces lecteurs et moi n’avons pas lu le même roman !!

Commençons, pour une fois, par les personnagesGaia est l’avatar de la petite sirène d’Andersen : comme la jeune fille d’origine, elle veut voir le monde des hommes, et tombe amoureuse de celui qu’elle sauve d’un naufrage. Gaia est à la fois très énervante et très touchante : l’agacement est sans doute surtout provoqué par le fait que c’est une adolescente, donc elle pense que personne n’a vécu ce qu’elle vit, et que personne ne souffre comme elle souffre. Cela la pousse à faire n’importe quoi, ce dont elle se rend compte trop tard, évidemment ! Elle est tellement naïve ; mais qui ne l’était pas à son âge ? Elle est aussi complètement conditionnée par son père ; elle a adopté sa vision des femmes, tout en comprenant bien que quelque chose ne va pas, mais sans pouvoir réagir. Elle obéit, comme une fille/femme doit le faire, selon le roi de la mer. Je l’ai beaucoup aimé, et je la soutenais : j’avais envie de la voir se rebeller, la voir comprendre le monde autour d’elle, que ce soit celui de la mer ou celui des humains ! Malheureusement, étant donné son éducation, elle est complice du sexisme et de la misogynie ambiants [SPOILER] comme lorsqu’elle ne sauve pas Viola et préfère sauver Oliver parce qu’il est beau. Elle dit pourtant que Viola est féroce, pleine de vie, mais elle la regarde couler sans arrière-pensée ; peut-être parce qu’elle la considère déjà comme un obstacle entre Oliver et elle ; ou quand elle n’intervient pas alors qu’elle sait très bien que Rupert est sur le point de violer Ling, et qu’elle se rend compte que c’est ce que Zale voulait lui faire quand il s’introduisait dans sa chambre ! [FIN DU SPOILER] Difficile de lui pardonner ça, même si elle s’en veut par la suite.

Parlant de complices de la misogynie, j’ai lu quelque part qu’il y avait beaucoup de vacheries entre filles, en mode Gossip Girl, mais sous la mer. Evidemment : c’est la façon dont ont été éduquées les femmes et les sirènes, dans la compétition et la comparaison constantes. C’est une façon de mettre en avant ce problème d’éducation ! Donc, il y a de la haine entre sœurs, de la haine entre filles, mais l’auteure ne les met pas en avant parce que ça lui plaît : cela doit se trouver dans le livre parce que ça existe, et c’est ici dénoncé. Cela ne veut pas dire non plus que nous sommes dans le monde des Bisounours et que toutes les femmes doivent obligatoirement s’aimer : Gaia n’aime pas Eleanor, mais elle la comprend tout de même. Cela signifie plutôt que, quand on aime une femme, une sœur, une amie, la haine ou la compétition malsaine ne doivent pas exister. En tout cas, c’est ce que cela met en avant pour moi !

J’ai aussi lu quelque part que ce livre était misandre, c’est-à-dire, qu’il mettait en avant une haine des hommes, à l’inverse de la misogynie, qui est la haine des femmes (j’emploie le mot « haine » parce qu’étymologiquement, c’est ce que signifie la racine miso-). Je ne suis pas du tout d’accord. C’est vrai que certains personnages masculins sont clairement dépeints comme des crétins (pour rester polie !) ; mais ils ne le sont pas tous ! Gaia est simplement tombée amoureuse du mauvais garçon, et s’en rend compte trop tard. [SPOILER] Il semble aussi que sa mère soit tombée amoureuse d’un homme bien, Alexander. En tout cas, c’est plutôt positivement qu’il est présenté.[FIN DU SPOILER] En même temps, Gaia essaie de se mentir à elle-même : elle voit les défauts d’Oliver, et les écarte comme s’ils n’avaient aucune importance. Donc, la faute n’est pas seulement celle du jeune homme ; elle ne réagit pas non plus, parce qu’elle sait qu’elle a fait une erreur, et ne veut pas l’admettre. [SPOILER] Si on regarde bien, il est évident qu’Oliver est toujours amoureux de Viola, et que Gaia n’a aucune chance. Ce n’est pas son apparence qui l’intéresse ; il ne va pas profiter d’elle, et s’excuse quand il tente de l’embrasser, même si c’est ce qu’elle veut. Il couche avec Flora parce qu’elle ressemble à Viola, et parce qu’il peut apprendre à la connaître vraiment, contrairement à Gaia, qui n’a plus de voix. Il ne comprend manifestement pas que Gaia est amoureuse de lui, étant donné qu’il la considère plus comme une sœur. Gaia confesse également qu’elle aurait préféré tomber amoureuse de George, un des meilleurs personnages du livre ! Mais Louise O’Neill a décidé de rester fidèle au conte d’origine, donc la jeune fille ne peut pas tomber sur le prince charmant ! [FIN DU SPOILER] Donc, je ne pense pas que ce livre soit misandre : George et Oliver ne sont pas parfaits, mais ils ne sont pas non plus des monstres haineux qui veulent détruire les femmes. Des personnages de ce type se trouvent dans le roman, et sont insupportables, comme on peut s’y attendre. Eux pensent que les femmes existent pour leur plaisir uniquement. Rupert semble être un pro du viol. Le roi des mers considère ses filles comme des objets de décoration qui l’honorent, qui doivent lui obéir, et qu’il peut vendre au plus offrant. Contrairement à Rupert et à Zale, le roi des mers est [SPOILER] effrayé par les femmes et leurs pouvoirs. Il est véritablement misogyne dans le sens où il déteste les femmes, et veut les rabaisser, les remettre à leur place, parce qu’il sait qu’elles peuvent être dangereuses. Je pense qu’il sait qu’elles ne sont pas inférieures, mais il veut qu’elles le soient. [FIN DU SPOILER] Zale est peut-être le pire (difficile de choisir haha) : il ne connaît pas l’amour (comme les deux autres), et veut la plus belle chose pour lui seul (oui, « chose » voulant dire ici « épouse »). Il se fiche qu’elle soit bien plus jeune que lui, ou qu’il ait semé la zizanie entre elle et ses sœurs en choisissant l’une, puis l’autre, comme des meubles. Et alors ses « non » … Il doit sans doute entendre oui à la place … Mais ce n’est pas pour autant que le livre est misandre : ce type d’homme existe, il ne faut pas se mentir. Quant aux Salkas ou Rusalkas, certes, elles demandent justice pour ce qu’elles ont vécu ; mais ce sont avant tout des figures de vengeance. Elles pourraient correspondre aux Furies romaines ou aux Erinyes grecques, chargées de tourmenter les coupables de crimes familiaux ; sauf qu’ici, elles se vengent des crimes contre les femmes. Elles peuvent aussi être associées aux Sirènes de L’Odyssée, qui tuent les marins en les noyant après les avoir attirés grâce à leurs chants. 

The Surface Breaks traite donc de misogynie et de sexisme, ainsi que du viol ; mais aussi de l’éducation que nous donnons aux garçons et aux filles. Oliver est persuadé qu’il a toujours raison, et qu’une fille est honorée quand il lui adresse la parole. Il pense aussi que sa mère est une garce (le terme est bitch dans le roman), que c’est à cause d’elle si son père est devenu « fou ». Il est horrible, mais le pire est qu’il ne s’en rend pas compte : c’est normal pour lui. Cela ne veut pas dire que tous les garçons sont comme lui ; et Oliver n’est franchement pas le pire ! Il est un exemple, un personnage, et non un prétexte à généralisation ! Il ne mérite pas de mourir, ou de souffrir, ou quoi que ce soit du genre ; ce n’est pas sa faute si la petite sirène est tombée amoureuse de lui. Il ne sait même pas qu’elle l’aime ! Son vrai défaut est de considérer les femmes comme inférieures, et que ce soit normal. Concernant l’éducation des filles : qu’est-ce que c’est paradoxal !! Quand elles sont enfants, la vie leur est présentée comme un conte de fées dans lequel elles vont rencontrer un prince charmant qui les aimera éternellement. La grand-mère de Gaia racontait, à elle et à ses sœurs, des histoires de véritable amour éternel. Donc, elle a rêvé de cet amour parfait, du garçon parfait, du Prince Charmant. Et, quand elles grandissent, il leur faut comprendre que ces contes sont simplement des histoires, que ce n’était pas réel, que ça n’existe pas, que la majorité des hommes ne sont pas des princes charmants, qu’elles ne trouveront pas toutes l’amour, et qu’étant des princesses, elles ne choisiront pas leur mari. Elles ne sont pas préparées à la « vraie vie », donc elles semblent fragiles et inférieures aux garçons qui, eux, n’ont jamais rêvé d’amour. Elles sont naïves, et on se moque d’elles. Evidemment, on leur dit qu’elles doivent faire attention à leur apparence pour plaire ; les garçons, eux, se fichent de prendre soin de leur apparence !

J’ai aimé découvrir les deux mondes, sous la mer, et à la surface. Ils se ressemblent beaucoup : les femmes sont, pour la plupart, méprisées, et les hommes dominent le monde. Mais les femmes commencent à prendre un peu de pouvoir, petit à petit. Eleanor est un bon exemple pour la surface, même si elle est regardée de haut par ses associés masculins, qui lui expliquent, par exemple, des choses qu’elle sait déjà, puisqu’elle est directrice de son entreprise ! Ceto est l’exemple pour la mer : puissante et effrayante, elle est réputée impitoyable. [SPOILER] C’est parce qu’elle est plus puissante que son frère, le roi des mers, qu’elle a dû quitter le palais ; il avait visiblement peur d’elle, et elle a préféré garder sa liberté plutôt que de se soumettre à lui. Il semble qu’elle ait une vie formidable ; mais elle a été contrainte de quitter sa famille, ses amis, pour vivre à l’écart de tout le monde, entourée de Salkas, décrite comme la Sorcière des mers, comme une mauvaise femme, comme une tueuse. Elle est un symbole pour le roi : elle lui permet de traumatiser les bébés-sirènes afin de les forcer à lui obéir. Elle ne semble pas particulièrement heureuse de sa situation sociale ; mais elle reconnaît qu’elle est plus libre qu’aucune autre sirène. [FIN DU SPOILER] J’ai adoré sa manière de rééduquer Gaia, même si c’est très rapide, et d’un coup, en quelques répliques seulement – ça ne semble pas très naturel du coup. Au moins, elle lui permet de voir les choses autrement, et la force à réfléchir !

J’ai adoré les discussions et les réflexions sociales du roman : je trouve que la réécriture du conte s’y prête parfaitement ! J’ai réécrit de nombreuses citations, que ce soit sur les femmes, les hommes, les relations entre eux, la façon dont la société veut qu’ils soient ou qu’ils agissent. Les femmes ne peuvent pas être fortes, les hommes ne peuvent pas pleurer, par exemple. L’histoire n’était pas un prétexte ; elle permettait, au contraire, d’illustrer les idées mises en avant par l’auteur, et d’aborder certains sujets, comme ceux dont j’ai parlés précédemment, mais aussi le poids et l’homosexualité. Contrairement à ce que j’ai lu, il n’y a pas de « fat-shame » ou d’homophobie, loin de là ! La société que présente l’auteure est une société qui refuse que les femmes soient autre chose que minces, et qui rejette l’homosexualité ; mais jamais l’auteure ne fait comprendre qu’elle approuve, jamais elle ne laisse entendre que c’est normal, au contraire !

Concernant la réécriture en elle-même, on peut dire qu’elle est très bien faite. La plupart des éléments du conte sont repris : un père autoritaire qui déteste les humains, une mère absente, un désir de liberté et de découvrir ce monde interdit pour l’héroïne, la naïveté de celle-ci, la collection d’objets humains ramassés dans les épaves, le naufrage, la sorcière, le sort, la voix, etc. Etant donné que c’est mon conte préféré, j’ai adoré chercher les ressemblances et les différences dans le roman !! 

J’ai aimé la fin, étant donné que, [SPOILER] enfin, Gaia se rebelle ! La petite sirène d’origine ne pouvait pas le faire, et serait sans doute devenue une Salka, non pas parce qu’elle le pouvait et parce qu’elle le voulait, mais plutôt parce qu’elle n’avait pas d’autre choix. [FIN DU SPOILER] Je me souviens de mon choc en lisant le conte d’origine ; je n’ai pas été aussi choquée ici, et je pense qu’un élément [SPOILER] les pouvoirs de Gaia, et le fait qu’elle tue son père avec [FIN DU SPOILER] n’était pas réaliste : le développement est beaucoup trop rapide, et cela vient un peu de nulle part. [SPOILER] D’accord, Ceto vient de lui dire que les femmes avaient des pouvoirs, et qu’elles les avaient perdus à cause de la domination des hommes ; mais comment Gaia peut-elle les invoquer et les utiliser aussi rapidement et avec autant d’efficacité ? [FIN DU SPOILER] C’était tout de même une très bonne fin, qui rebooste, sans aucun doute !

Un bémol ne me permet pas de faire de ce livre un coup de cœur : les nombreuses répétitions, que ce soit à propos de l’intrigue ou de certains sujets !

 

Donc, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre : il traite de sujets lourds, de l’inégalité entre les sexes, de sexisme, de misogynie, de viol, mais aussi d’éducation, ce qui peut nous permettre de changer le monde. La réécriture est fidèle ! Je lirai d’autres livres de Louise O’Neill avec plaisir !! 

Wonder Woman: Warbringer de Leigh Bardugo

Posté : 30 juin, 2018 @ 11:18 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique Wonder Woman

Editeur : Random House 

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 364

Titre en français : Wonder Woman : Warbringer 

Synopsis : DAUGHTER OF IMMORTALS

DAUGHTER OF DEATH

THEIR FRIENDSHIP WILL CHANGE THE WORLD

Princess Diana longs to prove herself to her legendary warrior sisters. But when the Opportunity finally comes, she throws away her chance at Glory and breaks Amazon law – risking exile – to save a mortal. Diana will soon learn that she’s rescued no ordinary girl …

Alia Keralis just wants to escape her overprotective brother with a semester at sea. When a bomb detonates aboard her ship, she is forced to confront a horrible truth: Alia is a Warbringer – a direct descendant of the infamous Helen of Troy, fated to bring about an age of bloodshed and misery.

Together, Diana and Alia will face an army of enemies – mortal and divine – determined to either destroy or possess the Warbringer. If they are to have any hope of saving both their worlds, they will have to stand side by side against the tide of war. 

 

Avis : Ce livre m’a été offert pour Noël par ma sœur, et je me suis enfin décidé à le lire en lecture commune avec Salomé de la chaîne Kiss the Librarian ! Je vous conseille fortement d’aller faire un tour sur sa page YouTube, vous trouverez plein de vidéos sympas, et de nouveaux livres à lire !!

D’abord, je dois vous dire que j’étais sûre d’adorer ce livre. Je suis une grande fan de Wonder Woman et de mythologie (grecque et autres), donc pour moi, Wonder Woman: Warbringer ne pouvait que me plaire. Et pourtant … Je n’ai pas détesté, mais je n’ai pas adoré. Certains aspects m’ont déçue. Mais commençons par le positif !!

Je suis contente d’avoir découvert l’écriture de Leigh Bardugo. J’aimerais lire sa trilogie Grisha et, pourquoi pas, Six of Crows ensuite ; je sais que sa façon d’écrire me plaît. J’ai aimé l’histoire, surtout grâce à la relation entre Diana et Alia, ce qu’elle apporte au livre, comment elle influence les événements. J’ai aimé commencer sur l’île de Themiscyra, puis partir pour le monde des hommes, voir les réactions d’une Amazone face à quelque chose de tout à fait inconnu. J’ai aussi aimé l’aspect ajouté par Leigh Bardugo, à savoir le statut de Warbringer, sa lignée, ce que le terme implique. Je me suis attachée à certains personnages, comme Diana, bien sûr, mais aussi Alia et, surtout, Nim. Elles étaient tout à fait complémentaires et formaient un trio de choc ! Cela va sans dire que j’ai adoré l’aspect mythologie, comme le fait de « réhabiliter » Hélène et voir les Amazones !! Ce serment était magnifique !! « Sister in battle, I am shield and blade to you » : ça m’a donné des frissons !! Inclure les dieux et quelques informations sur les histoires mythologiques était également une bonne idée : j’ai aimé apprendre de nouvelles choses ! J’ai, enfin, aussi aimé les réflexions qui parcourent le livre, sur la famille, ou la façon dont les filles/femmes sont traitées. 

Mais, les points négatifs ont un peu douché mon enthousiasme. D’abord, l’intrigue est très prévisible (sauf un twist que je n’ai pas vraiment vu venir, même si j’avais des doutes ; en y réfléchissant, c’était logique !), et la romance est tout à fait inutile !!! Mais pourquoi, POURQUOI faut-il toujours une romance dans la YA ?!! Sérieux ?!! Serait-il possible d’avoir une héroïne YA SANS copain/crush/amoureux/mec autour d’elle ?!! Ce trope m’agace de plus en plus, et me dissuade de lire de la YA plus souvent ! Surtout que, franchement, ils se connaissent depuis si peu de temps !! L’amitié entre les sexes, ça existe aussi !! Deuxième problème : [SPOILER] il existe un problème avec la mort dans certains livres YA. Quand les personnages meurent, logiquement, ils ne peuvent pas revenir à la vie. Bien sûr, je suis très contente que Nim, Théo et Diana ne soient pas vraiment morts, et Diana se voit apporter l’aide de déesses, mais c’est trop facile : dans ce cas-là, dès qu’un personnage meurt, l’auteur peut le ressusciter quelques pages plus loin ! Cela arrive aussi dans la série Illuminae : à force, le lecteur ne croit plus à la mort des personnages, et ne parvient donc pas à apprécier pleinement sa lecture. La mort fait partie de la vie, et il me semble que les auteurs YA tendent à tourner autour d’elle sans lui permettre de toucher leurs personnages principaux. C’est un peu une version édulcorée de la vie, et c’est dommage. Rien à voir avec George R. R. Martin ou, en général, les auteurs de Fantasy, qui tuent leurs personnages de manière réaliste. C’est là que le lecteur ressent vraiment des émotions, c’est là qu’il pleure ![FIN DU SPOILER] Du coup, je me dis que j’apprécierai bien plus un roman sur Wonder Woman, mais adulte cette fois !! Enfin, j’ai vu un commentaire qui regrettait l’écart de ce livre avec la véritable histoire de Diana ; en y réfléchissant, c’est vrai qu’il aurait été bien de retrouver les origines de l’héroïne. Mais j’ai tout de même aimé l’histoire inventée par Leigh Bardugo ; on va dire que ça change ! 

 

Donc, un bon livre, mais pas inoubliable, et pas aussi agréable que je l’aurais voulu. J’ai tout de même aimé revoir ma mythologie, et découvrir une nouvelle Diana ! 

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