Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Contes des Royaumes, tome 3 : Beauté de Sarah Pinborough

Posté : 14 mai, 2015 @ 6:34 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Contes des Royaumes tome 3  Beauté Genre : Conte, Romance

Editeur : Milady

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 219

Synopsis : LA BELLE AU BOIS DORMANT, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous la forteresse cernée de ronces, le courageux prince, le fuseau ensorcelé et la douce princesse endormie qui n’attend que d’être réveillée … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de la Belle au Bois dormant, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’avais hâte de lire ce livre afin de découvrir ce que l’auteure ferait du conte de la Belle au Bois Dormant, ayant aimé ce qu’elle avait fait de Cendrillon !

Même si j’ai aimé ce livre, j’ai préféré Charme, le second tome de la série, que j’ai trouvé bien plus en nuances que celui-ci. En effet, Beauté est beaucoup plus sombre, mêlant des contes revisités auxquels l’on n’aurait sans doute jamais songé comme cela. Rien que dans les cinquante premières pages, il me semble avoir compté cinq contes revisités, dont un de mes préférés !! Certains sont très poétiques, comme celui des parents de l’héroïne, d’autres sont plus obscurs et mystérieux, comme celui de l’héroïne, qui n’est pas la princesse d’un conte, mais de deux ! Retrouver deux princesses en elle, et donc deux histoires mixées, m’a ravie ! Ce mélange est fait de façon intelligente, les éléments concordent bien, rien n’est laissé au hasard. Et quels contes … La pauvre héroïne a une vie mi-lumineuse, mi-sombre, ce qui donne des scènes très différentes : une d’elles est sans doute la raison pour laquelle je ne peux pas dire que je place Beauté à la hauteur de Charme. Une scène sexuelle particulièrement crue se cache dans le livre, et je peux dire que le lecteur ne s’y attend pas vraiment. Elle m’a paru complètement aliéner la princesse, qui se transforme en quelqu’un que l’on ne reconnaît pas (ce qui était sans doute le but, puisqu’elle n’a alors plus rien d’une princesse de conte de fées). Je pense que cette scène ne peut pas être lue par tout le monde, surtout les plus jeunes qui pourraient penser que ce ne sont que des réécritures innocentes et vaguement sexuelles parfois. Ce qui m’amène à dire que les princesses des trois tomes de cette saga m’ont semblé très difficilement comparables ! Blanche-Neige est un peu débauchée et fait un peu ce qu’elle veut avec les hommes, quand Cendrillon est innocente, même si elle se laisse aller au plaisir parfois. Cette princesse que l’on découvre reste pure dans sa débauche, ce qui semble paradoxal, mais qui n’en est pas moins vrai. Sinon, les autres contes sont savamment réécrits, notamment celui qui est lié à Petra et à sa grand-mère. En revanche, j’ai trouvé que celle de « l’oncle » de la princesse était assez soft par rapport à l’histoire originelle : il est censé être le méchant de l’histoire, et là, ce n’est pas vraiment le cas. Enfin, je dois dire que le nom du personnage principal masculin nous semble venir d’un autre conte, et même de deux autres contes … Me souvenant des liens entre Poison et Charme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire encore ici, et c’est à ce moment que l’on se rend compte que Sarah Pinborough a savamment entremêlé les intrigues de ses trois tomes, donnant une histoire riche où de nombreux contes se rencontrent et se mêlent inextricablement !

Concernant les personnages, on peut difficilement ne pas à la fois s’attacher à l’héroïne et la trouver affreusement repoussante. C’est l’aspect double de sa vie qui donne cet effet. Elle est douce et pure, mais aussi odieuse et cruelle. Elle vit doublement, ce qui la rend difficile à comprendre pour les autres personnages, quand cela ne leur pèse pas. Le lecteur ne découvre la double nature de la princesse que tardivement, et cela peut faire un choc ! Cette héroïne est plus complexe que les premières et plus touchante en même temps. On retrouve bien les deux princesses qu’elle incarne, mais aussi un personnage de plus auquel on ne s’attendait pas. Quant au personnage principal masculin, il est facile de s’attacher à lui puisqu’il semble au lecteur qu’il le connaît déjà. Courageux et très peu enclin à prendre part aux affaires de la Cour, il y est tout de même entraîné quand le roi lui demande son aide pour son fils, le prince. Celui-ci est un peu un anti-héros : un peu lâche, et un peu égoïste, il colle bien à l’image que l’on a de lui depuis le début de la saga … En réalité, le lecteur découvre que ces deux personnages masculins ressemblent fortement à ceux qu’il avait découverts dans les premiers tomes, ce qui peut le rendre confus. Petra est, quant à elle, une jeune fille attachante, brave, qui ressemble à une petite héroïne de conte de fées … sauf qu’elle n’est pas petite et est même bien plus âgée que la fillette de son conte originel. Elle est revisitée comme les princesses, et trouvera aussi un amant. Celui-ci est également issu d’un conte, le même que celui de la princesse, mais il était facile de s’en rendre compte dès le début. Son histoire elle aussi est différente de l’originale, mais cela ne gâche rien, puisque tout s’imbrique parfaitement, et tout est cohérent. L’oncle de la princesse, comme je le disais, est censé être un méchant dans son conte originel. Il le redeviendra sans doute dans les temps qui suivent l’histoire du tome, mais ce n’est pas le cas pendant la lecture ; il est même un peu celui qui trouve la solution au problème qui se pose aux personnages. J’ai eu de la pitié pour ce personnage, qui a vécu cent ans, et a perdu tout ceux qu’ils aiment.

J’ai trouvé que ce tome était également différent des autres en ce qui concerne ce qui arrive finalement à la princesse. On ne peut pas vraiment dire que ce soit un happy end parfait ! Elle m’a fait de la peine, la pauvre … On découvre également, dans ce tome, toute la stratégie narrative de l’auteure, ce que j’ai trouvé très ingénieux. On en découvre plus sur certains personnages, on comprend leur histoire et leur passé, pourquoi ils agissent comme ils agissent. On découvre également ce qui fait la continuité de la saga qui pourrait paraître ne pas en avoir à première vue : surtout le rattachement de la fin du second tome avec la fin de celui-ci !

La fin n’était pas vraiment prévisible, mais elle est inévitable. Tout est fini, les nœuds sont dénoués, le puzzle de la saga se met en place, et le lecteur comprend la plénitude des trois histoires qu’il a lues. Sans le dernier tome, la série n’est pas complète. Chaque tome est nécessaire pour tout comprendre.

 

En définitive, c’était une histoire très ingénieuse, que j’ai eu plaisir à découvrir, et que je recommande à ceux qui n’ont pas peur de voir leurs contes d’enfant complètement revisités !

Contes des Royaumes, tome 2 : Charme de Sarah Pinborough

Posté : 2 mai, 2015 @ 11:46 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Contes des Royaumes tome 2  CharmeGenre : Romance, Conte

Editeur : Milady (Fantasy)

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 255

Synopsis : CENDRILLON, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous les horribles belles-sœurs, le carrosse magique, le bal enchanté, la pantoufle de verre et l’éternel amour né au premier regard … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Cendrillon, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’avais lu le premier tome de cette série en août 2014, et j’étais ressortie de ma lecture un peu mitigée. Je n’avais pas trop aimé la réécriture de Blanche-Neige, surtout que je n’aimais déjà pas cette princesse avant ! J’ai donc eu un peu d’appréhension en commençant ce second tome.

Je dois d’abord dire que j’ai bien aimé ce livre. J’aimais déjà le conte de Cendrillon plus que celui de Blanche-Neige, donc ça aide un peu; mais j’ai aussi préféré ce que l’auteure a fait de cette histoire. On retrouve les grands moments de l’histoire de la jeune fille, avec la pantoufle de verre (qui n’en ai pas vraiment une, et heureusement en réalité !), la marâtre, les belles-sœurs, le prince, le bal … Mais tous ces éléments sont complètement redécouverts par le lecteur. L’histoire originale n’est pas du tout comme l’histoire que l’on lit dans ce livre : les événements sont différents, plus proches de la réalité si l’on peut dire, et l’on se rend compte que d’autres contes se mêlent à celui-ci. De plus, les scènes de sexe qui se sont immiscées dans Poison sont très différentes dans Charme, et les deux princesses, Cendrillon et Blanche-Neige, sont difficilement comparables. La seconde a un peu l’air d’une sauvageonne face à la première, qui reste assez soft, et tournée vers l’amour. C’est cela qu’elle recherche, et qu’elle désespère de trouver. L’intrigue autour de la fée marraine (qui a bien changé depuis notre enfance !!) et de son valet est très intéressante, puisqu’elle nous fait étrangement penser à un autre conte …

Concernant les personnages, j’ai eu un peu de mal avec Cendrillon au début. Elle ressemblait plus à une gamine qui fait un caprice qu’a une jeune fille désespérée parce que sa marâtre la bat. Mais je me suis peu à peu attachée au personnage. Le pacte qu’elle a passé la force à suivre un chemin qu’elle regrette d’avoir emprunté, mais duquel elle ne peut plus dévier. Elle est assez courageuse, dans le sens où elle veut tout faire pour réparer ses erreurs. Je l’ai trouvé beaucoup plus « innocente » que Blanche-Neige, qui était plus libre et plus sauvage que la jeune fille que l’on découvre ici. En réalité, c’est une petite fille qui rêve de château et de prince sans connaître la réalité qui se cache derrière les apparences. J’ai apprécié le personnage du valet, qui tente d’aider la jeune fille dans sa quête, mais est aussi assez dur avec elle parfois, tentant de lui ouvrir les yeux. Il m’a un peu fait penser à Aspen dans La Sélection, excepté que je n’appréciais pas du tout ce personnage, et que la situation n’est pas du tout la même ! Le prince est beau (bien sûr c’est un prince !), et il pourrait tomber dans la caricature si on le voyait que par les yeux de Cendrillon. Mais, l’auteure réécrit aussi la vision du prince charmant, qui ne l’est plus autant. Il est mystérieux et secret, ce qui intrigue le lecteur. Il agit également sur un coup de tête, ensorcelé par la magie de la fée marraine. En lisant ce livre, je me suis dit que les princes des Contes des Royaumes étaient à la fois malmenés et manipulateurs ! Le personnage de la fée marraine est très différent de ce qu’il était dans le conte originel, et je l’ai d’autant plus aimé que j’y ai retrouvé un autre personnage dès que je l’ai découverte ! Les belles-sœurs de Cendrillon sont également très différentes des originelles ; je me suis assez attachée à Rose, la plaignant vraiment parfois ! La marâtre aussi n’est pas identique à celle que l’on découvrait dans Cendrillon. Son histoire est plus complexe que l’originelle.

En réalité, la touche d’enchantement des contes qui fait qu’un personnage est « gentil » et l’autre « méchant », ne se trouve pas dans ce livre. Comme le monde réel est plus complexe, l’histoire l’est aussi. Ce n’est plus un conte de fées, les personnages ne sont pas voués au mal ou au bien, mais plongent un peu dans les deux univers pour se composer de façon plus complète. Cette réécriture nous montre que les contes ne sont que des contes, qu’ils font rêver, mais que ce n’est pas ce qui se passe vraiment dans la vie, que c’est bien plus complexe, mais que ce n’en est pas moins beau parfois. La vie n’est pas plus terne parce qu’il n’y a pas de princes et de diamants partout, ce n’est pas cela qui compte, et ce livre peut le rappeler au lecteur. L’amour est finalement très présent dans ce tome, et je ne m’y attendais pas vraiment.

La fin est prévisible en partie, notamment en ce qui concerne directement Cendrillon. C’était évident, et c’est bien comme cela. Mais en ce qui concerne les autres personnages, et notamment le prince et Rose, j’ai été assez surprise. C’est vraiment une réécriture complète et une redécouverte totale. Enfin, en ce qui concerne le secret du prince, je pense qu’il était facile de s’en douter, et que ce n’est pas vraiment une surprise. En revanche, l’épilogue, lui, m’a étonnée ! C’était très original, mais aussi très actuel, et j’ai vraiment apprécié ce côté décalé que cela apporte aux contes ! Enfin, la fin de ce second tome amorce le dernier volume, qui promet encore son lot de surprises !

 

En définitive, un livre intéressant, qui réécrit vraiment complètement le conte de notre enfance, et qui nous plonge dans un monde plus réaliste, mais aussi plein de surprises ! J’ai préféré ce second tome au premier, et je pense bientôt lire la suite pour voir ce que Sarah Pinborough a fait d’Aurore, la Belle au Bois Dormant !

Tornade de Jennifer Brown

Posté : 1 mai, 2015 @ 8:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

TornadeGenre : Jeunesse

Editeur : Albin Michel (Wiz)

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 281

Synopsis : C’est un jour comme un autre pour Jersey. Sa mère et sa fantasque petite sœur Marine partent pour le cours de danse. Encore à elle la corvée de préparer le dîner. Quand sa vie bascule en quelques secondes : une tornade d’une violence exceptionnelle dévaste tout sur son passage, les maisons, les arbres, les routes, les gens. C’est une vision de cauchemar, des voisins blessés et traumatisés errent dans la rue jonchée de gravats et de débris. Réfugiée au sous-sol, Jersey a beau appeler et appeler encore sur le portable de sa mère, impossible de la joindre …

 

Avis : Je remercie d’abord les éditions Albin Michel de m’avoir envoyé ce livre afin que je puisse le découvrir !

J’avais quelques doutes à propos de ce livre en lisant le synopsis, parce que je n’aime pas trop ce genre d’histoires. Je m’attendais donc à un avis plutôt mitigé, ce qui n’est pas le cas en réalité !

Dès le prologue, le lecteur plonge dans la vie de Jersey et de sa petite sœur, Marine, qui adore danser le swing de la côte Est, il est happé par les mots que l’auteur emploie pour parler de leur relation et de leur vie en général. Et dès le début, j’ai su que ce serait un roman fort, qui me marquerait. En fait, le fait que la base du livre soit une tornade donne au livre une atmosphère très oppressante, et le lecteur peut avoir beaucoup de mal à imaginer ce qui peut arriver à l’héroïne. J’ai ressenti une instabilité et un déséquilibre dans ma lecture que je n’avais jamais ressenti à ce point avant. Comme Jersey, j’ai été complètement perdu dans ce livre, je ne savais pas à quoi m’attendre, rien n’était prévisible, et j’ai découvert l’intrigue peu à peu, avec surprise parfois. J’ai souvent été choquée par ce que je lisais, par les réactions que je lisais. Je ne m’attendais tellement pas à ce genre de choses après une telle catastrophe ! J’ai ressenti un malaise qui allait crescendo avec le parcours de Jersey. De plus, elle nous parle de sa vie avant la tornade, et cela m’a complètement bouleversée. J’ai été touchée par ses souvenirs, par son bonheur passé, en contraste avec sa vie actuelle. J’ai parfois été émue aux larmes, en me retenant toujours parce que les événements qui venaient ensuite demandaient du « sang-froid » si je peux dire. L’histoire de Jersey est très triste, mais aussi très révoltante. Les personnes qui se trouvent autour d’elle font des choses que l’on ne comprend pas (ou en tout cas, que je n’ai pas compris). Rien que ce qui se passe pendant la tornade n’est pas compréhensible. Comment perdre autant de choses d’un coup ? Comment se lever un matin dans une maison, et se réveiller le lendemain au milieu des ruines ? C’est aussi en lisant ce genre de livres que l’on se rend un peu compte de ce qu’une personne qui vit ce genre de catastrophe naturelle peut ressentir, même si ce n’est pas tout à fait ça bien sûr. Ensuite, avec une catastrophe naturelle, il y a forcément des disparitions, et des morts, donc il fallait aussi s’attendre à cela dans ce livre. C’est toujours un choc, même si on sait que cela doit arriver.

Ayant déjà parcouru les décombres laissés par une tornade, je me suis d’autant plus identifiée à Jersey, j’ai vraiment ressenti ce qu’elle ressentait, son remords, ses regrets, sa tristesse, son désespoir, mais aussi sa colère. Elle m’a parfois fait pitié, notamment là où elle va après la tornade. Le lecteur peut avoir très envie de défendre l’héroïne à certains moments. Elle est courageuse, mais elle n’a pas le choix de l’être ; si elle ne l’est pas, elle est foutue, on peut le dire. Elle est d’abord seule, mais même quand elle retrouve quelqu’un, elle semble toujours l’être. Cette catastrophe la change complètement, elle devient une autre personne, et découvre tout un tas d’informations sur sa famille, et sur ceux qu’elle pensait connaître. D’autres personnages m’ont touchée dans ce livre, et notamment la petite Marine. Elle est tellement adorable vue par les yeux de sa sœur ! Elle m’a fait penser à ma propre petite sœur, même si je ne pense pas avoir été comme Jersey avec elle. Ce que l’héroïne nous fait découvrir d’elle à travers ses souvenirs, et à travers quelque chose que j’ai trouvé très émouvant – mais je vous laisse la surprise ! – m’a vraiment touchée. Le personnage de la mère de Jersey est assez ambivalent : la jeune fille aime profondément sa mère, la met sous globe si l’on peut dire, mais elle découvre tout un tas de choses sur elle qui la plonge dans l’incertitude la plus complète. La connaît-elle ? Doit-elle croire ceux qui lui parlent d’elle ? D’autres personnages apparaissent dans ce livre, notamment Ronnie, que je n’ai pas vraiment apprécié, et je pense que les autres lecteurs peuvent comprendre pourquoi ; Kolby, très important pour Jersey, que je n’ai pas pu m’empêcher d’apprécier et je pense qu’il voulait vraiment aider l’héroïne et se montrer courageux ; Dani, dont on ne sait pas grand-chose, et qui m’a laissé une impression assez mitigée ; Jane, dont on ne sait pas grand-chose non plus, mais pour qui on s’inquiète comme l’héroïne ; Clay et sa famille, je pense que cela se passe de commentaires, même si Terry est différente ; Patty et Barry, que j’ai beaucoup aimé, courageux et touchants, qui cherchent vraiment à aider.

Le lecteur peut découvrir dans ce livre à quel point il ne profite pas de la vie tant qu’il le peut. Jersey s’en rend compte, elle, et le lecteur se retrouve en face de cette claque qu’est, ici, une catastrophe naturelle. C’est affolant, oppressant, difficile à imaginer, et nos cœurs se serrent quand on se retrouve dans la peau de Jersey. Ce livre donne vraiment envie de vivre notre vie à fond, et de ne surtout pas avoir de regrets, jamais, ne pas se dire que l’on a dit ceci à untel, et qu’il a disparu avant qu’on puisse s’en excuser, ou lui dire qu’on l’aime.

J’ai trouvé la fin à la fois inattendue, et je me suis dit : « Enfin ! ». A ce moment-là, je ne me suis plus retenue de pleurer ! L’on comprend en lisant cette partie que ce livre est vraiment un parcours difficile à la fois pour l’héroïne et les autres personnages, mais aussi pour les lecteurs, qui ne peuvent rien faire pour Jersey, une jeune fille à laquelle ils s’attachent facilement. Je ne regrette vraiment pas cette lecture, même si elle était éprouvante, et je trouve même qu’elle fait partie des meilleures que j’ai eu l’occasion de faire.

 

En définitive, un coup de cœur encore une fois, même si c’est une lecture qui demande des nerfs et qui se révèle vraiment éprouvante !

 

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Contes des Royaumes, tome 1 : Poison de Sarah Pinborough

Posté : 14 août, 2014 @ 11:58 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Contes des Royaumes, tome 1  PoisonGenre : Romance, Conte

Editeur : Milady

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 222

Synopsis : Blanche-Neige, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous l’innocente et belle princesse, la méchante reine impardonnable, le valeureux prince, la pomme empoisonnée et le baiser d’amour sincère … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Blanche-Neige, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’ai été intriguée par cette idée de revisiter les contes. Je me suis demandée ce que cela pouvait donner. La couverture est très belle, mais je ne lis plus les livres juste pour leur couverture depuis longtemps. Ce n’est pas parce que l’extérieur est beau que l’intérieur l’est aussi.

Je n’ai jamais aimé Blanche-Neige. Pourtant, j’aime les contes, mais, celui-là ne passait pas à cause du personnage. Et je dois dire qu’il ne passe toujours pas. Même après avoir lu ce livre, mon avis n’a pas changé. L’histoire est classique depuis le temps : la nouvelle reine déteste sa belle-fille parce qu’elle est plus belle qu’elle, parce qu’elle est heureuse et qu’elle, même en étant reine, ne l’est pas. Elle décide donc de se débarrasser d’elle. Ici, c’est un peu plus complexe, et heureusement ! L’intrigue est plus recherchée, les personnages ne sont pas tout noir ou tout blanc, et le conte a été adapté à notre époque si on peut dire. L’histoire a été complètement réécrite, et des scènes de sexe se sont immiscées dans le conte pour enfants que l’on connaît. Cela ne m’a pas vraiment dérangé, mais j’ai eu du mal à faire coller cette image à celle que j’avais déjà (et je pense que ce sera encore pire que des princesses que j’apprécie, comme Cendrillon et la Belle au Bois Dormant !). Surtout, le livre commence avec l’une d’elles, et je me suis dit que, si c’était comme cela tout le long, je n’allais pas du tout aimer (heureusement, ce n’est pas le cas !). Comme nous connaissons tous déjà le conte, on peut se dire que l’on sait déjà ce qu’il va se passer : c’est là que l’auteure nous surprend en changeant le cours de l’histoire ! La sorcière qui donne la pomme à Blanche-Neige n’est plus celle qu’elle était, le prince est assez étrange, les nains ont bien changé (et surtout, leurs noms ont été changé ! Sacrilège !) et la « méchante reine » n’est pas vraiment une méchante reine. Parfois, l’histoire m’a semblé un peu incohérente : je n’ai pas compris les revirements de la reine, et le comportement de la princesse, qui n’est pas vraiment conforme à la description que l’on fait d’elle. Enfin, j’ai aimé les quelques allusions à d’autres contes.

Depuis toute petite, je n’aime pas Blanche-Neige, et je me suis dit que ce livre me la ferait peut-être apprécier. Eh bien, je me suis trompée. Je ne l’aime toujours pas, même si je ne la déteste pas, et je pense que c’est en grande partie pour cela que je n’ai pas vraiment aimé ce livre. Le personnage de la princesse m’a semblé un peu incohérent, et surtout faux. Elle est décrite comme pure, sauvage, indomptable, pleine de vie. Je suis d’accord pour les derniers adjectifs, il n’y a pas de doute, mais pour le premier … Elle ne l’est pas tant que ça. Elle semble naïve, elle ne réfléchit pas beaucoup (et même, à la fin, pas du tout), elle est surtout tournée vers la nature. Elle pense toujours du bien de tout le monde et c’est ce qui la mène à sa perte. Le personnage du prince, quant à lui, est entouré de mystères. Beaucoup de questions sans réponses se posent à son sujet. Où était-il avant de trouver Blanche-Neige ? Qu’a-t-il fait ? Que peut-on penser de ce que la reine dit de lui ? En lisant la fin, je me suis dit que j’aurais dû m’en douter. Le prince est focalisé sur l’apparence : ce qu’il aime chez la princesse, c’est sa beauté. En gros, elle doit sourire, resplendir, se taire et ne surtout pas paraître plus forte que son mari. Le prince doit être le centre de l’attention, et sa femme doit lui être soumise. Contre toute attente, j’ai aimé le personnage de la reine. Le prénom qui lui a été donné m’a fait rire : elle ne m’a pas semblé si maléfique que ça. J’ai aimé le fait qu’elle soit entre deux, qu’elle ne soit pas la méchante belle-mère qui finira par anéantir sa beauté pour détruire celle de sa belle-fille, que le personnage soit complètement revisité. Elle m’a parfois touché, et je me suis surprise à l’apprécier plus que Blanche-Neige, qui est quand même l’héroïne … Quant aux nains, j’ai été un peu déçue par leur changement de prénoms (je sais, c’est un peu ridicule, mais que voulez-vous ?). Enfin, le chasseur … Je ne sais pas si c’est un fantasme commun, mais j’ai trouvé les scènes le concernant un peu trop … semblables ! Il m’a semblé que c’était une caricature plus qu’un véritable personnage, et que son rôle était purement sexuel. Il n’apporte pas grand-chose, si ce n’est plus de questions auxquelles nous n’avons pas de réponses.

La fin m’a fait un petit choc, je me suis dit que c’était une super idée de la part de l’auteure ! Et en même temps, si le livre se finit là-dessus, il manque une vraie fin. Des tas de questions n’ont pas trouvé de réponse, on ne sait pas ce qui arrive à Blanche-Neige finalement, ni à la reine. J’espère en savoir plus dans la suite de la saga, mais comme chaque tome parle d’un conte différent, j’en doute …

 

En définitive, un livre sympathique, mais qui n’a pas réussi à me faire aimer Blanche-Neige, et qui pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. Le conte est vraiment revisité, mais je ne peux pas dire que j’ai adoré cette version. Introduire du sexe dans une histoire que l’on connaît depuis l’enfance, cela m’a semblé un peu étrange. Je lirai tout de même la suite quand l’occasion se présentera.

The Hunger Games, tome 3 : Mockingjay de Suzanne Collins

Posté : 1 juillet, 2014 @ 7:45 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Hunger Games 3Genre : Jeunesse, Science-Fiction

Editeur : Scholastic

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 455

Synopsis : « If we burn you burn with us ». Katniss Everdeen has survived the Hunger Games twice. But she’s still not safe. A revolution is unfolding, and everyone, it seems, has had a hand in the carefully laid plans – everyone except Katniss. And yet she must play the most vital part in the final battle. Katniss must become their Mockingjay – the symbol of rebellion – no matter what the personal cost.

 

Avis : Impossible de ne pas lire le dernier tome de la saga immédiatement après le deuxième tome !

On est vraiment curieux de savoir ce qu’il est advenu de Katniss, mais aussi des autres personnages, et surtout de Peeta, capturé par le Capitol à la fin de Catching Fire. Ce tome est très différent des deux premiers. Tout d’abord, une partie de l’action se passe dans un lieu que l’on ne connait pas du tout, un lieu entièrement nouveau, dont même Katniss ne connaissait pas l’existence. On le découvre peu à peu à travers les yeux et les pensées de Katniss : froid, terne, où la vie est très différente de celle des districts et du Capitol, mais où il est difficile d’imaginer quelqu’un d’heureux. Puis, l’action n’est pas la même : pas d’arène à proprement parler dans ce tome, pas de Hunger Games, pas de « tributes », ni de Cornucopia. Les personnages sont jetés dans une guerre contre le Capitol. Il n’est plus question du vainqueur d’un jeu, mais de l’avenir de tout Panem. Mais surtout, l’histoire est centrée sur les décisions de Katniss, et ses difficultés à se relever de tout ce que le Capitol lui fait subir. Ce tome est vraiment psychologique, noir : il traite de la façon dont le Capitol va réduire en cendres « the girl on fire ». Je ne pense vraiment qu’il puisse être qualifié de jeunesse, et, encore une fois, la catégorie Young Adults anglo-saxonne est bien plus adaptée. On passe dans ce livre par un tas d’émotions négatives, et très peu de positives. Je me suis souvent sentie oppressée, mal à l’aise, et même dégoutée par certaines scènes sanglantes. Peut-être que je suis trop sensible, mais j’ai vraiment trouvé certains passages un peu gores ! (dixit la fille qui déteste les films d’horreur  …) Ce tome produit donc toujours un effet d’oppression et d’injustice envers ce qui arrive à Katniss, mais ici, le malaise est accentué, et on souffre avec les personnages …

Je suis toujours aussi attachée à Katniss, bien que l’on découvre une nouvelle facette de ce personnage dans ce tome. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, et cela se comprend. L’on a du mal à se souvenir qu’elle n’a que 17 ans après tout ce qu’elle a déjà vécu ! Les premiers chapitres nous la montrent vraiment souffrante, et il est clair qu’elle restera paralysée toute sa vie par ce qui lui est arrivé. Mais elle se retrouve peu à peu, même tout semble jouer contre elle. Il semble qu’elle est à chaque instant au bord de la rupture, mais qu’elle est toujours aussi courageuse et prête à se sacrifier pour ceux qu’elle aime. Elle se jette la pierre à la moindre occasion, se sent coupable de tout ce qui arrive, mais ne se rend pas vraiment compte de ce que tout cela signifie en réalité : une révolution, la fin du Capitol, la liberté. Je ne vais rien dire concernant Peeta pour laisser toute la surprise, mais c’est un des éléments les plus tristes du livre (ce qui ne veut pas forcément dire qu’il est mort !). Je n’apprécie toujours pas Gale, et encore moins à la fin ! Haymitch, quant à lui, semble être le seul à être entièrement du côté de Katniss. Il la soutient, quoi qu’elle dise, et tente de l’aider du mieux qu’il peut, même s’il ne le montre pas toujours. Finnick est de plus en plus sympathique et touchant, on s’attache vraiment à lui au fil des pages. La famille de Katniss garde une place importante et Prim est marquante. Elle grandit, et Katniss s’en rend compte peu à peu. De nouveaux personnages apparaissent dans ce tome, et l’on ne sait pas vraiment quoi penser d’eux. Dans le district 13, le Président Coin est un peu étrange, et on ne sait vraiment pas se faire une opinion sur elle. Ce n’est qu’à la fin que l’on comprend qui elle est vraiment. Boggs semble effacé mais devient peu à peu un personnage important. Enfin, beaucoup (trop !) de personnages meurent dans ce tome, et surtout des personnages que l’on aimait vraiment. Mon cœur s’est serré de nombreuses fois à la lecture de certains passages vraiment éprouvants de morts particulièrement horribles et inattendues …

La fin est vraiment triste, comme celle de Divergente, mais ici, on ne pouvait pas du tout s’y attendre ! L’épilogue apporte de l’espoir, mais, cela ne parvient pas vraiment à compenser … L’idée des personnages à la fin est très émouvante : il ne faut pas oublier, et c’est leur façon de ne pas le faire.

Ce que j’ai définitivement aimé dans cette série, c’est le fait qu’il y ait une « histoire d’amour », mais qu’elle ne soit pas vraiment au centre de l’intrigue. Le monde créé par l’auteur est vraiment complexe, l’on pourrait presque s’imaginer qu’il est réel. Et surtout, à chaque fin de chapitre, quelque chose d’inattendu, de choquant, ou d’horrible arrive, et cela donne envie de continuer à lire. On veut tourner les pages plus vite qu’on ne peut lire, et c’est ce genre de livres, tellement passionnant qu’ils nous restent longtemps en mémoire, que j’aime. Avec Divergente, Harry Potter et Eragon, c’est la meilleure série jeunesse que j’ai lu.

 

En définitive, le tome final d’une excellente série, que je suis très contente d’avoir lu en VO, et que je pense relire !

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