Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Comptines assassines de Pierre Dubois

Posté : 11 mai, 2016 @ 1:31 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Comptines assassines Conte, Thriller

Editeur : Folio

Année de sortie : 2011  

Nombre de pages : 427

Synopsis : « Il était une fois un assassin. Il était une fois une victime. Il était une fois une ville apparemment encline à favoriser leur rencontre. » Que se passerait-il si le cruel Croquemitaine ressuscitait ? Et Dracula ? Et Barbe-Bleue ? Pire encore, imaginons le Chat botté, non plus au service du marquis de Carabas, mais comme un impitoyable serial killer, obsédé par l’infirmité. Et si Blanche-Neige, « lèvres rouges comme la rose, cheveux noirs comme l’ébène, et blanche comme neige », n’était pas l’innocente que nous présentent les frères Grimm ? Après Les contes de crimes, Pierre Dubois détourne de nouveau les contes de fées. Il nous en offre une version tour à tour drôle et terrifiante, nourrie d’un vocabulaire ensorcelant où l’extrême noirceur se combine au raffinement.

 

Avis : J’ai lu il y a un mois Les contes de crimes, et j’ai adoré ! J’avais très envie de lire Comptines assassines, mais pas à la suite du premier recueil, de peur de me lasser peut-être.

Ce n’est pas le cas ! Encore une fois, j’ai adoré ces réécritures de contes que, cette fois, je connaissais (presque) tous ! J’ai retrouvé l’écriture soutenue de l’auteur, « féérisante », qui garde les caractéristiques du conte, mais dont les mots sont ceux de thrillers sanglants ! A nouveau, les contes sont rendus plus adultes, tout en conservant tout de même une part d’enfance. Et, à nouveau, on ne peut pas défaire le conte du thriller : ils sont entremêlés de façon savante, donnant un cours normal à l’histoire, un cours que le lecteur accepte de suivre. Cela donne l’impression que les contes envahissent la réalité – bien que de manière assez violente -, qu’ils sont quelque part autour de nous, et que nous ne sommes pas capables de les voir parce que nous avons perdu nos yeux d’enfants. Comme pour le premier recueil, j’ai trouvé ces réécritures très originales, une façon différente de voir les contes, de les faire relire, de les appréhender. Ces livres sont sans doute ceux que je préfère dans ce genre !

Huit contes sont réécrits ici, dont deux qui n’en sont pas vraiment. Je vais faire un bref résumé de chacun, tout en préservant la surprise et le suspens, ce serait tellement dommage de gâcher de si bonnes nouvelles ! L’auteur reprend d’abord « Le Chat botté ». J’ai eu du mal à visualiser le personnage, qui semble à la fois chat et homme, ce qui le rendait d’autant plus mystérieux ! Celui-ci ne supporte pas les infirmes et se change en criminel. La fin est excellente ! (je risque de dire cela pour toutes les nouvelles !) Puis vient « Croquemitaine ». J’ai été surprise du personnage principal de cette histoire ! Il est rongé par les démons de son passé, parmi eux, le Croquemitaine. Ici, il est question de fantômes, de meurtres (évidemment) et du moyen d’arrêter quelque chose qui ne peut pas l’être. Ensuite, « La Dame Blanche », qui tient plus de la légende urbaine que du conte, mais qui donne tout de même une histoire agréable à lire. Ici, les personnages n’ont pas de nom, et sont étrangement attachants. La fin est vraiment surprenante. Le lecteur lit ensuite « Les Musiciens de la ville de Brême », sans doute mon préféré. Il ne reprend pas un, mais la plupart des contes de fées : on y rencontre Le Petit Chaperon rouge, Blanche-Neige, Pinocchio, les trois petits cochons, le Chat botté … L’histoire est féérique et merveilleuse, le lecteur a envie d’y être … jusqu’à la fin, horriblement cruelle, abominable, mais vraiment ingénieuse. Je ne l’avais pas vu venir !

Puis, « Les Trois Souhaits« , que je connaissais vaguement, plutôt grâce à l’histoire d’Aladin qu’au conte de fées original. Ici, le lecteur est pris dans un dialogue entre un confesseur et un homme mystérieux qui va nous raconter son histoire, assez affreuse, qui se solde par un acte également affreux ! Vient ensuite « Barbe-Bleue« , qui vient juste après « Les Musiciens de la ville de Brême » dans mes préférences. J’aime beaucoup ce conte, et les réécritures que j’ai déjà pu en lire, comme le roman d’Amélie Nothomb, qui porte le même nom que l’histoire d’origine. C’était haletant, le suspens était palpable, j’avais envie d’aider la victime, de trouver une solution avec elle. La fin est surprenante, intelligente ! L’avant-dernier est « Le conte de Dracula« , qui lui non plus n’est pas un conte à l’origine. C’était peut-être celui que j’ai le moins apprécié : pas vraiment de magie, ni de vampire, mais la déchéance d’un être humain, et un espoir fragile. La fin est magique et désespérante. Enfin, « La vieille femme qui habitait dans un soulier« , qui reprend en réalité Alice au pays des merveilles. Cette histoire est axée sur Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, et sa façon d’inventer des histoires pour des petites filles, parmi elles Alice Liddell. C’était émouvant, beau, féérique, et l’on retrouve un personnage du recueil précédent, C. Marmaduke Perthwee, le détective spécialiste des contes de fées. C’est la plus longue nouvelle du recueil, mais elle est aussi exaltante, et parsemée de petits indices pour comprendre de quel conte il s’agit, et de pourquoi les meurtres s’enchaînent. Cela montre aussi l’importance de la nature et de la féérie dans notre vie, ce que les adultes ont tendance à oublier en grandissant, parce qu’ils écartent la magie qui les fascinait enfants.

 

Donc, encore une fois, un merveilleux recueil, qui nous embarque dans un univers des contes violent, sanglant, mais toujours féérique et merveilleux, séducteur à souhait.

Les contes de crimes de Pierre Dubois

Posté : 10 avril, 2016 @ 4:12 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Les contes de crimesGenre : Conte, Policier, Thriller

Editeur : Folio

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 295

Synopsis : Il était une fois, au temps où les princes n’épousaient plus des bergères mais se pacsaient aux bergers, des contes de fées noirs à souhait. Cendrillon est victime des pulsions sexuelles d’un prince héritier, la Belle au bois dormant, l’otage pathétique d’un époux déséquilibré. Derrière Peter Pan se cache un dangereux innocent, derrière le Petit Chaperon rouge une machiavélique enfant. Pour résoudre une série de meurtres, Blanche-Neige fait appel à un détective spécialiste des nains de jardin … Pierre Dubois se livre à une réécriture diabolique des contes ayant bercé notre enfance. Issus du mariage improbable de personnages de Grimm avec le roman policier, ces Contes de crimes font autant rire que frissonner …

 

Avis : J’avais envie de lire quelque chose d’original, et ce livre me faisait de l’œil depuis un petit moment. J’aime les réécritures de contes !!

Et cette fois, on peut dire que c’est réussi ! On reconnaît les contes, il n’y a aucun doute ; mais les personnages que l’on a aimés, les histoires que nos parents nous lisaient enfants sont complètement remises à neuf, transformées en thriller. Cela donne une sorte de version adulte des contes : ils deviennent sanglants, meurtriers. Cela peut être déstabilisant, mais c’est surtout surprenant, original. On se laisse prendre au jeu, on adhère aux choix de l’auteur, on le suit, et on se retrouve emporté dans un univers à la fois féérique et violent, fait de poudre de fée et de sang, de baguette magique et de couteau. On s’émerveille, et l’on frissonne, on frémit, mais on sourit. On ne sait pas trop à quelle époque on se trouve, ce qui situe les « contes » hors du temps ; ils sont pourtant situés spatialement, ce qui permet de mêler les deux genres représentés. Ils sont en symbiose parfaite, leur entrelacement s’explique de lui-même. Beaucoup de références sont faites aux véritables histoires, les noms de Grimm et Perrault sont mentionnés, et chaque « nouvelle » est introduite par une citation tirée du conte. Quant à l’écriture, elle peut être surprenante sur le coup : le langage est soutenu, certains mots utilisés sont des néologismes, cela peut paraître pesant ; mais cela ne fait que contribuer à rendre le livre plus féérique. On se laisse d’autant plus emporter que les mots deviennent magie, évoquent plus qu’ils ne disent ; les phrases sont ensorcelées comme les histoires.

Le livre comporte dix contes, dont quatre que je ne connaissais pas du tout, ou que de nom. Je ne veux pas vous gâcher la surprise de la découverte, mais je peux vous dire que l’auteur est un génie du suspens et de la surprise ! A chaque fin, le lecteur ouvre de grands yeux, il n’en revient pas d’un tel retournement de situation ! Il faut dire que la plupart des personnages sont intelligents et préparent leur coup à l’avance. J’ai été fasciné par leur ingéniosité : ils cherchent vraiment la meilleure façon de tuer, ou de survivre. D’autres personnages sont dans l’incompréhension totale, ou restent innocents alors même qu’ils sont criminels, en le voulant, ou contre leur gré. On commence avec « La Belle au bois dormant » : le synopsis dit qu’elle est « l’otage pathétique d’un époux déséquilibré ». C’est vrai, et la façon dont elle le devient est originale. On souffre pour elle, et l’espoir qu’elle s’en sorte est quasi nul. La fin est magistrale, et commencer par celle-ci présage que les autres seront aussi bonnes et aussi surprenantes ! Vient ensuite « Riquet à la houppe », que je ne connais que de nom. Cette histoire m’a déchiré le cœur ; elle est désespérante parce qu’elle nous laisse espérer tout en nous faisant comprendre au fur et à mesure que c’est peine perdue, tellement émouvante que j’ai refermé le livre avant de poursuivre, de peur de ne tomber que sur des fins de ce genre ! Je crois que c’est ma préférée, celle qui m’a le plus remuée. « Cendrillon » est moins horrible dans son genre. La jeune fille est ici aussi la cible de sa marâtre et de ses belles-sœurs, en plus difficile à supporter que dans le conte d’origine. Une certaine magie se distille, elle nous est rappelée à plusieurs reprises. Le dénouement est énervant, mais représente sans doute bien une facette du monde qui n’apparaît jamais dans les contes de fées. Je ne connaissais pas du tout « Le conte de l’amandier ». L’histoire n’est pas surprenante en elle-même : un couple s’éloigne, et l’un des deux ne supporte plus ce fossé. Le crime est horrible, et le dernier rebondissement fait froid dans le dos ! Pour « Rapunzel », j’ai trouvé l’enquête assez compliquée à mener, et je me demandais où se trouvait l’héroïne tout au long de la nouvelle, qui est, je pense, la plus longue du recueil. Je suis vraiment complètement entrée dans l’histoire. Apparaît ici C. Marmaduke Perthwee, un détective spécialisé dans les contes de fées – et non dans les nains de jardin !! – qui refera surface plus tard. J’ai beaucoup apprécié ce personnage, pour qui il est facile de se prendre d’affection. Il représente un peu la part enfantine du lecteur, il permet de la réveiller, de nous faire penser autrement. Je me suis également beaucoup attachée au personnage principal féminin, si pure et douce, qui m’a un peu fait penser à une reine des neiges sans pouvoirs. Le retournement de situation est total, je suis tombée des nues ! Encore une fois, je ne connaissais pas « Barbe de Grive », que, dans mon esprit, j’ai rapproché de « Barbe Bleue » quand j’ai compris le contenu du conte. Ici, résignation face à un égoïsme qui semble sans bornes, détresse face à une réaction excessive, dégoût face au crime. On ne peut pas se dire qu’elle l’a mérité. Quel bonheur de voir une nouvelle intitulée « Peter Pan », et quelle appréhension de voir ce que l’auteur en avait fait ! Sans doute la seconde que je préfère derrière « Riquet à la houppe ». Le synopsis parle d’un « dangereux innocent », et c’est bien le cas. Malgré l’horreur du crime, j’ai été émue par sa raison, par la tentative désespérée de comprendre pourquoi les filles partent toutes. On retrouve Perthwee, qui résout l’affaire avec brio. La fin est bouleversante : est-ce qu’ils ont cru assez fort ? Pour la dernière fois, je ne connaissais pas « Petite table couvre-toi », et pourtant, sa réécriture m’a paru hallucinante ! Encore une histoire d’amour qui tourne mal, et encore une fois, je ne peux pas me dire qu’elle l’a mérité. C’était encore plus affreux que pour « Barbe de Grive », parce que prémédité, réfléchi, élaboré de façon tellement ingénieuse que rien n’est laissé au hasard ! Pour « Le Petit Chaperon rouge », j’ai été surprise par l’aspect de la petite. Douce, pure, mais pas si innocente qu’on pourrait le penser ; en tout cas, c’est l’avis du personnage masculin qui se transforme peu à peu en loup. La fin est formidable, et un peu spoilé par le synopsis – pourquoi en disent-ils toujours trop ? Enfin, « Blanche-Neige » est une enquête palpitante que l’on mène aux côtés de Perthwee, qui se trouve dans un lieu qui lui permet d’être véritablement lui-même ; en effet, ses collègues se moquent de sa spécialité et de sa capacité à résoudre des affaires à l’aide des contes de fées. Encore des meurtres, encore des hypothèses policières qui échouent, jusqu’à ce que le détective découvre tout. La fin de l’enquête est un peu décevante, mais pas celle du conte, dans lequel, soit dit en passant, on rencontre Tiger Lily !

 

C’est donc un superbe recueil, entre crime et féerie, qui nous emporte dans un pays des contes remanié, effrayant, mais toujours aussi magique.

Inferno de Dan Brown

Posté : 21 janvier, 2016 @ 7:37 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

InfernoGenre : Thriller

Editeur : Corgi Books

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 620

Synopsis : ‘Seek and ye shall find.’ Florence : Harvard symbologist Robert Langdon awakes in a hospital bed with no recollection of where he is or how he got there. Nor can he explain the origin of the macabre object that is found hidden in his belongings. A threat to his life will propel him and a young doctor, Sienna Brooks, into a breakneck chase across the city. Only Langdon’s knowledge of the hidden passageways and ancient secrets that lie behind its historic façade can save them from the clutches of their unknown pursuers. With only a few lines from Dante’s Inferno to guide them, they must decipher a sequence of codes buried deep within some of the Renaissance’s most celebrated artworks to find the answers to a puzzle which may, or may not, help them save the world from a terrifying threat …

 

Avis : J’ai lu tous les livres de la saga sur Robert Langdon, et j’ai toujours préféré le premier, Anges et démons, qui situe l’action en Italie. Ce tome était parfait, et Inferno s’en rapproche sans le dépasser !

Dire que j’ai beaucoup aimé ne suffit pas vraiment : l’auteur, comme avec son aventure à Rome, a réussi à me captiver, à me faire croire à son histoire. Je suis entrée dans le livre avec les personnages, j’ai été tenue en haleine par l’intrigue, par la course poursuite de Robert Langdon – tant qu’à un moment, il m’a même empêché de dormir ! Langdon est lancé dans une véritable chasse au « trésor » – même si ce qu’il recherche n’a rien d’un trésor ! -, mais aussi dans une traque sans merci, une traque à laquelle il veut échapper à tout prix pour sauver sa vie – et le monde par la même occasion. Mais ce tome n’est pas que ça : c’est aussi un guide qui nous permet de visiter les villes que les personnages parcourent. Nous visitons ainsi les lieux emblématiques de Florence, de Venise, mais aussi d’une autre ville un peu surprise, que je ne m’attendais pas à trouver ici – en réalité, lorsque Langdon parle d’un lieu très éloigné de l’Italie, je m’attendais à tout sauf à ce pays, qui ne me paraît pas si loin comparé au « bout du monde » qu’il évoque. Cela peut agacer certains lecteurs parce que, c’est vrai, les descriptions des monuments ou des œuvres d’art freinent le récit, ralentissent l’action, mais je trouve que ce sont de petites mines d’informations, des façons d’apprendre différentes. Je n’ai jamais lu La Divine Comédie, et ce livre m’a donné encore plus envie de m’y mettre ; je n’avais jamais vu La Carte de l’Enfer de Botticelli, ni les illustrations de Gustave Doré, que je connaissais très peu : j’ai fait de très belles découvertes grâce à Inferno. Le lecteur n’apprend pas seulement sur les lettres et les arts : la science est également présente dans ce livre, puisqu’elle est la menace principale qui pèse sur le monde. J’ai également appris pas mal de choses à ce sujet, même si je ne sais pas si tout est vraiment réel, ou déjà existant de nos jours. J’ai eu l’impression de lire de la science-fiction, tout en me rendant compte que, vu les recherches d’aujourd’hui, ce n’est plus vraiment de la science-fiction. Comme je l’ai dit plus haut, Inferno est aussi centré sur La Divine Comédie, reprenant plusieurs chants, citations précises, mais aussi des éléments de la vie de Dante lui-même. C’est un peu un périple dirigé à la fois par le poète et le fanatique qui s’est servi de son œuvre pour réaliser la sienne. Seul petit bémol : des répétitions, parce que les personnages racontent la même chose à plusieurs autres, ou parce que certaines citations sont répétées plusieurs fois, ce qui peut être lourd parfois.

Plus je lis Dan Brown, plus j’apprécie le personnage de Robert Langdon. Il est à la fois rassurant et courageux, sûr de lui mais capable de se remettre en question, intelligent et cultivé. Ses aventures sont toujours un peu tarabiscotées, il est toujours engagé dans des histoires hallucinantes, mais il reste fidèle à lui-même. Ici, c’est un peu différent : quand il se réveille dans un lit d’hôpital, il ne se souvient de rien de ce qui a pu lui arriver, il ne sait pas où il se trouve, ni qui sont les personnes autour de lui. Il a perdu des jours de sa vie, et se sent perdu lui aussi. Sa mémoire, si exceptionnelle ordinairement, lui fait défaut, malgré le fait qu’il parvienne tout de même à déchiffrer les codes qui s’offrent à lui. C’est un gentleman, un homme old-school, il n’est pas mystique, mais la grandeur de l’art le transperce et le touche tout particulièrement. Comme dans toutes ses aventures, il est secondé par une femme : ici, par Sienna Brooks, une séduisante médecin, au cerveau supérieur à la moyenne, capable de beaucoup de choses, très douée dans de nombreux domaines, et à qui le lecteur s’attache facilement. Elle est forte, on lui fait confiance, même si, au fond, comme Langdon, on ne la connaît pas. C’est un personnage à multi facettes, que l’on découvre au fur et à mesure. Elle est fragile, même si elle se cache derrière des apparences, d’où son talent pour le déguisement et le théâtre. J’ai été choquée par ce que l’on apprend finalement sur elle, comment s’y attendre ? Elizabeth Sinskey est elle aussi une femme très séduisante, mais bien plus âgée que Sienna. C’est sa beauté qui frappe Langdon, alors même qu’il ne la voit qu’en rêve. Peu à peu, on apprend qui elle est, et on l’apprécie elle aussi. C’est aussi le pouvoir de l’auteur : nous faire aimer ses personnages. Je ne peux pas vous dire grand-chose d’elle sans spoiler quelque chose, donc je vais juste vous dire qu’elle est importante dans l’histoire, qu’elle est même au centre, et joue un rôle prépondérant ! Un autre personnage est très important dans le livre, le « méchant » de l’histoire, celui qui menace le monde. Je ne vous dis pas son nom car il est dit tardivement, donc je vous laisse la « surprise ». Il est terriblement intelligent et a pris conscience d’un danger majeur pour l’homme qu’il va tenter de résoudre à sa façon, terrifiante et d’ampleur mondiale. Il semble arrogant, se sent supérieur, il est charismatique et a facilement de l’influence sur des gens facilement impressionnables. Une autre facette de lui est révélé à la fin, ce qui le restaure légèrement à nos yeux, et le montre tel qu’il est : un homme désespéré que personne n’a voulu écouter, et qui a sombré dans la folie. D’autres personnages se trouvent dans le livre, mais ils ont moins d’importance que les quatre présentés ci-dessus : le « provost » (prévôt je suppose), dirigeant d’une organisation privée, secrète, et qui va peu à peu sombrer en même temps que le monde ; l’agent Brüder, chef d’un escadron de soldats qui traque Langdon ; Vayentha, engagée pour éliminer Langdon, que l’on pourrait détester si l’on n’avait pas son point de vue à un moment donné ; et pas mal d’autres, comme les amis de Langdon dans les villes où il se rend, le personnel dans les musées qu’il visite, comme Maria.

Un thème important est abordé dans ce livre, excepté la littérature et les arts : la surpopulation mondiale. C’est à cela que celui qui menace le monde veut s’opposer de façon définitive et effrayante. La solution qu’il propose est radicale et horrible, elle n’est pas acceptable, même si le problème est bien réel. Et les personnages sont poussés à chercher des solutions. Langdon se sent responsable, même à sa petite échelle. Les hommes ne se sentent capables de rien faire, donc ils ne font rien. Par cet aspect, je peux dire que ce livre m’a effrayé. Je dois dire que je n’ai jamais pris la mesure du problème avant de le lire. Je ne veux pas devenir parano pour autant : Langdon et Sienna sont des personnages, et des êtres à part dans le monde créé par l’auteur, ils sont donc hors-normes, et peuvent faire des choses que nous ne pouvons pas faire seuls. Le gouvernement, ou des associations influentes sont derrière eux, et l’histoire sonne un peu surréaliste pour nous. Un jour, on se retrouvera peut-être devant le fait accompli pourtant …

Autre chose dans ce livre : le Consortium. Cela peut sembler naïf de ne jamais avoir penser qu’une telle organisation puisse exister, mais on ne vit pas dans le même monde, clairement ! Un protocole aussi strict est fait pour préserver l’association, mais c’est assez effrayant de se dire qu’ils ne savent peut-être pas ce que leurs clients font. On se rend compte ici de l’influence d’une organisation de cette ampleur, mais aussi des ficelles secrètes qui sont tirées chaque jour dans le monde. Tout cela semble énorme, et pourtant, pourquoi pas ?

La fin est une bombe : révélation sur révélation, tentative de sauver le monde, surprise après surprise. Je pensais savoir comment tout allait finir, et je me suis trompée du tout au tout ! Je ne m’attendais absolument pas à ça ! Encore une fois, on se rend compte que les gens ne sont pas tout noir ou tout blanc ; leurs actions sont guidées, soit par leur désespoir, soit par d’autres personnes qui les ont manipulées.

 

En définitive, un excellent thriller, riche en suspense, en surprises et en découvertes, mais aussi qui montre aux yeux des lecteurs un problème mondial effrayant.

Un petit jouet mécanique de Marie Neuser

Posté : 10 octobre, 2015 @ 9:35 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Un petit jouet mécaniqueGenre : Thriller

Editeur : Pocket

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 180

Synopsis : Il ne faut jamais revenir au temps maudit de son enfance. En ouvrant la maison d’Acquargento, désertée vingt ans plus tôt, c’est tout l’été de ses 16 ans qui brûle la mémoire d’Anna : l’aridité du soleil corse, l’omniprésente menace des guêpes, l’indifférence des parents, l’ennui moite de l’adolescence … et l’arrivée surprise d’Hélène, sa cagole de sœur aînée, bébé au bras, plus égoïste et méchante que jamais. Plus dangereuse surtout. Cet été-là, Anna en était convaincue, Hélène jouait avec la vie de sa propre fille. Paranoïa, jalousie de petite sœur ou pressentiment d’un drame annoncé ?

 

Avis : Ce livre m’a été prêté par une amie, et je n’ai pas eu droit de lire le synopsis avant de le lire, ce qui fait que je suis entrée dans l’histoire sans a priori, sans indices, sans repères. Et ce n’était pas plus mal.

On entre ici dans la vie d’Anna, une jeune femme qui retourne sur le lieu de son enfance avec son mari et son fils. Et l’on comprend tout de suite que cette enfance a été difficile. On y replonge tout de suite après la découverte de l’héroïne, et on la rencontre à seize ans, adolescente rebelle enfermée dans un petit village de Corse qu’elle semble détester, obligée de suivre ses parents dans leur délire, et de subir, cette année-là, la présence de sa sœur Hélène, qui l’est seulement parce qu’on le lui a dit. Heureusement pour elle, cette dernière arrive avec sa fille, la petite Léa, un angelot tombé du ciel, qui va découvrir sa tante et ses grands-parents pour la première fois. Dans la vie artistique, tourmentée, gothique d’Anna, elle ne semble pas avoir sa place, et pourtant, elle va tout bouleverser. Le lieu où se trouve l’action, un village qui semble perdu au fin fond de la Corse, semble très mystérieux : c’est le lieu rêvé pour un thriller : tout est sujet à intrigue, à risque, à complot. Et, alors que je pensais que ce n’en était pas un au début, il s’instille peu à peu dans l’histoire, et c’est ce que j’ai adoré dans ce livre : le thriller n’est pas évident, mais donné au lecteur goutte à goutte, par l’héroïne qui se pose des questions, qui n’a aucune preuve, mais dont les méninges tournent à plein régime. Ceci est aussi possible grâce à l’écriture, que j’ai trouvé vraiment excellente ! Elle est à la fois adaptée au personnage d’Anna, et recherchée. Elle est très claire, très fluide, elle permet de très vite entrer dans l’histoire, et de l’apprécier d’autant plus. Surtout, elle joue un rôle déterminant à la fin : elle porte tout le choc de la révélation ! Aussi, l’auteure a décidé d’employer la deuxième personne du pluriel, ce qui donne clairement l’impression au lecteur que le livre lui est directement adressé, ce qui ne fait que le plonger encore plus dans l’intrigue. Il est vraiment impliqué, il est apostrophé, et vit l’histoire d’Anna pleinement. L’émotion est décuplée grâce à cette technique narrative.

Anna est l’héroïne de ce livre : lorsqu’on la rencontre, c’est une femme mariée, mère, qui nous est présentée par un narrateur omniscient. Mais très vite, le narrateur nous raconte son passé, et le lecteur s’identifie complètement à elle. Il entre dans son histoire, et partage toutes ses émotions, lui donnant toujours raison, voulant la défendre face à d’autres personnages qui semblent la juger insignifiante, ou en tout cas, la considérer comme une enfant qui ne peut pas avoir de pensées importantes, et dont la vie est très simple comparée à celle d’un adulte. Le lecteur voit le monde intérieur d’Anna, ses pensées les plus intimes, sa tristesse, sa détresse, son impression de passer à côté de quelque chose dans la vie. Mais surtout, le lecteur découvre les pensées de la jeune fille sur ses parents, sur sa sœur, et sa petite fille, Léa, qui prend une importance considérable. Peu à peu, elle a des soupçons, mène l’enquête discrètement et avec les moyens du bord. Elle y met tant de cœur, que le lecteur est incapable de ne pas la croire, et tente d’assembler les pièces du puzzle qu’elle a sous les yeux. Elle est très intelligente, très réfléchie, mais c’est aussi une adolescente qui a des désirs de son âge, et j’ai aimé que l’auteur n’oublie pas cela. Les parents de la jeune fille m’ont vraiment agacé. Ils semblent se ficher complètement de leur fille, ne prennent rien en compte en ce qui la concerne, et surtout, ne prennent jamais au sérieux ce qu’elle dit. Rosa ne pense qu’à s’échapper de sa vie, à fuir les responsabilités, et à planter ses fleurs qui ne vont pas du tout ensemble dans son jardin ; Giles boit, râle, fait des travaux, et dort. Aucun des deux ne semble lucide, et encore moins capable de comprendre ce qui est en train d’avoir lieu dans leur havre de paix. Hélène est jugée par le lecteur à travers les yeux d’Anna, mais il n’aurait pu s’empêcher de penser comme elle, même avec un point de vue omniscient. Elle est superficielle, agaçante, et ne pense qu’à elle-même. La vision qu’elle donne d’une mère fait froid dans le dos ; comment peut-on avoir des enfants pour s’en occuper de cette façon ?! La petite Léa est merveilleuse, un petit rayon de soleil, attachante, mignonne comme tout. Sa situation m’a serré le cœur à de nombreuses reprises, et j’ai totalement adhéré à la façon de voir d’Anna à son sujet. Elle est le centre de l’intrigue, son commencement et sa chute. Apparaît également le personnage d’un jeune homme qui réveille les désirs d’Anna, mystérieux et prometteur, quelqu’un qui pourrait bien l’écouter (ou se révéler être une déception de plus !)

La fin est un vrai choc ! C’est très rapide, très abrupte, et je ne m’y attendais pas ! Une vraie surprise, et un vrai bouleversement !

 

En définitive, un très bon thriller, presque un coup de cœur, que je recommande très fortement, et qui me fait découvrir une nouvelle auteure qui promet de belles futures lectures !

Le Symbole Perdu de Dan Brown

Posté : 30 juillet, 2014 @ 2:43 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Le Symbole PerduGenre : Thriller

Editeur : JC Lattès

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 595

Synopsis : Après les secrets du Vatican et de la pyramide du Louvre, Dan Brown nous dévoile la face cachée de Washington et les mystères du Capitole. Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué d’urgence par son ami Peter Solomon, philanthrope et maçon de haut grade, pour une conférence à donner le soir même. En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une macabre découverte. Ce sera le premier indice d’une quête haletante, des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie. Une aventure où s’affrontent les traditions ésotériques et la formidable intelligence de Robert Langdon.

 

Avis : J’ai déjà lu Anges & Démons et Da Vinci Code, et j’avais vraiment aimé ! Je préférais le premier, et je me demandais ce que donnait le dernier de la saga (qui ne l’est plus maintenant avec Inferno).

J’ai eu du mal à commencer, j’ai trouvé le début un peu long, mais je suis finalement entrée dans l’histoire, et j’ai beaucoup aimé. On ne se rend pas compte que toute l’action du livre se passe en une soirée parce qu’il arrive beaucoup de choses à la suite, et cela paraît énorme à réaliser en si peu de temps. En même temps, cela donne envie de continuer à lire, d’arriver tout de suite à l’action suivante. Dan Brown a le don de finir ses chapitres avec une petite phrase qui laisse sous-entendre beaucoup, et qui nous pousse à poursuivre la lecture pour éclaircir le mystère. Ce dernier mot qualifie bien ce livre : l’énigmatique, l’obscur, le caché, est au centre de cet ouvrage. On est surpris de découvrir, ou de redécouvrir, des œuvres citées : l’auteur nous les fait voir d’une façon très différente de la manière dont nous les regardons habituellement. L’on y voit des choses que l’on ne voit pas si l’on n’y pense pas. Et, une fois pointés, ces détails donnent une nouvelle dimension à l’œuvre. Ce que j’aime particulièrement avec les livres de Dan Brown, c’est ça, voir l’œuvre autrement, l’aborder différemment, avoir un nouveau regard, regard que l’on n’aurait pas eu sans la réflexion de l’auteur à son sujet. De plus, j’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas, et j’ai été surprise souvent par ce que j’apprenais, que ce soit sur la religion, sur la franc-maçonnerie ou sur la science. Je me suis même demandée si certaines choses mentionnées dans le livre existaient réellement (j’ai fait des recherches et, oui, ça existe …). J’ai vraiment trouvé l’étude sur la franc-maçonnerie captivante, et je pense faire des recherches dessus, histoire d’en savoir plus. Je m’intéresse beaucoup à la symbolique des œuvres ou des bâtiments, et je dois reconnaître que les romans de Dan Brown sont des mines d’or pour cela !

Robert Langdon est toujours le même : professeur de symbologie à Harvard, il est toujours entraîné dans des histoires très étranges par des amis qui demandent son aide, et à qui il arrive des choses souvent assez horribles. Ici, son ami Peter Solomon lui demande son aide, et Robert Langdon est encore une fois lancé sur la trace de quelque chose à déchiffrer, à décoder, pour sauver l’humanité et les personnes qu’il aime. Ce personnage est assez réaliste, assez facilement imaginable, et il me semble qu’il ressemble assez à une caricature, comme dans les premiers livres, avec toujours les mêmes vêtements. Il est, évidemment, très intelligent, et semble être un être d’exception pour tous ceux qui l’entourent. Les autres personnages sont eux aussi assez recherchés, notamment Peter Solomon, sa sœur, Katherine, et surtout Mal’akh. Ce dernier est vraiment le « méchant » de l’histoire, le fou furieux qui veut quelque chose qui, apparemment, n’existe pas. Mais son profil se complexifie au fur et à mesure de l’histoire, et la révélation finale sur son identité est explosive ! C’est un personnage étrange et perdu, pour lequel je n’ai pas réussi à éprouver de la compassion.

La fin est, comme pour les livres précédents, une révélation pour Robert Langdon. Et en refermant le livre, on se pose autant de questions que pendant la lecture, sur des tas de choses différentes. Cela donne envie de se cultiver, et de lire plus souvent des livres de ce genre. J’ai hâte de lire Inferno !

 

En définitive, un livre captivant, très intéressant, qui nous livre des secrets passionnants, mais on ne sait pas réellement si tout est vrai, et l’on se pose beaucoup de questions à la fin.

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