Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Into the Water de Paula Hawkins

Posté : 6 décembre, 2017 @ 12:52 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ThrillerInto the Water

Editeur : Doubleday

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 353

Titre en français : Au fond de l’eau

Synopsis : ‘Julia, it’s me. I need you to call me back. Please, Julia. It’s important …’

In the last days before her death, Nel Abbott called her sister.

Jules didn’t pick up the phone, ignoring her plea for help.

Now Nel is dead. They say she jumped. And Jules has been dragged back to the one place she hoped she had escaped for good, to care for the teenage girl her sister left behind.

But Jules is afraid. So afraid. Of her long-buried memories, of the old Mill House, of knowing that Nel would never have jumped.

And most of all she’s afraid of the water, and the place they call the Drowning Pool …

With the same propulsive writing and acute understanding of human instincts that captivated millions of reader around the world in her explosive debut thriller, The Girl on the Train, Paula Hawkins delivers an urgent, satisfying read that hinges on the stories we tell about our pasts and their power to destroy the lives we live now.

 

Avis : J’avais adoré The Girl on the Train, le premier roman de l’auteur, que j’ai lu au mois d’octobre. Je n’attendais qu’une chose : qu’Into the Water réapparaisse dans la bibliothèque de ma ville pour l’emprunter !! Autant vous dire que je me suis jetée dessus, ce devait être un peu étrange !

Je suis vraiment tentée de dire qu’Into the Water est encore meilleur que The Girl on the Train ! C’est vraiment captivant, j’étais complètement emportée dans l’histoire, j’avais tellement envie de comprendre, j’avais envie d’avoir enfin la clé du mystère. Nel a-t-elle été tuée ? S’est-elle suicidée ? Qui la connaît vraiment ? Qu’est-ce que Jules cache ? Et Lena ? Et les autres personnages ? Tous ont un secret, et le lecteur meurt d’envie de les connaître !! L’auteur a un vrai don pour terminer ses chapitres sur une phrase qui donne immédiatement besoin au lecteur de lire la suite !! C’est assez frustrant quand on doit aller en cours entre temps !! La raison pour laquelle j’ai vraiment adoré Into the Water est que ce n’est pas juste un thriller de plus : l’auteur aborde un sujet important, mais parfois tabou, la violence faite aux femmes, et le sexisme inhérent de la société. Toutes les femmes sont maltraitées, d’une façon ou d’une autre ; et la façon de réagir des autres femmes, des hommes ou de la société est tellement énervante !! [SPOILER] Après avoir compris que Jules considère qu’il l’a violé, Robbie ne comprend vraiment pas ce qu’elle veut dire : il pensait vraiment lui rendre service en lui prenant sa virginité !!!!! WOOOW !!!!!!!! [FIN DU SPOILER] Certains hommes ne se rendent même pas compte qu’ils font quelque chose de mal, qu’ils sont violents ; pour eux, leur attitude est normal ! J’ai trouvé que le livre représentait bien cet aspect de la société, aspect que certains aimeraient ne pas voir. Et c’est justement là qu’il est meilleur que The Girl on the Train : je me souviens que Rachel avait une vision de la femme qui m’avait laissé perplexe, qui m’avait un peu agacé. J’ai aussi aimé la réflexion autour de l’eau, qui peut être si fascinante pour certaines personnes ! Autre chose que j’aime dans ce livre : on retrouve un « narrateur » dans lequel on ne peut pas vraiment avoir confiance, et même, des « narrateurs », puisque le livre est écrit avec de multiples points de vue - tous les personnages n’ont pas la parole, parfois le point de vue est interne, mais le point de vue n’est pas écrit à la première personne – !! J’adore ce genre de livre, j’aime avoir différentes versions de la même histoire : c’est aussi pour ça que j’adore A Song of Ice and Fire ! Tous les personnages ont l’air d’avoir quelque chose à se reprocher, ce qui, bien sûr, met le lecteur sur différentes pistes, et le laisse se perdre. Jules, qui reste le point de vue principal, m’a paru assez peu digne de confiance, pas de la même façon que Rachel, mais le lecteur ne peut pas la croire ; en effet, Lena ne parle pas de sa mère comme Jules parle de sa sœur. On dirait qu’elles n’ont pas connu la même personne, il leur manque des pièces de la vie de leur parente pour pleinement la comprendre.

Et, c’est aussi un gros point positif pour moi dans ce livre : l’auteur est parvenu à créer un personnage ambivalent, une femme que le lecteur ne parvient pas à cerner, Nel Abbott, la femme retrouvée dans the Drowning Pool. Il ne peut pas l’aimer, il ne peut pas la détester, il ne la comprend pas ; les différents points de vue à son sujet sont contradictoires. Nel est dangereuse, Nel est gentille, c’est une bonne mère, c’est une mauvaise mère, c’est une bonne amie, elle est irresponsable, etc. J’aime vraiment ce genre de personnages : ils permettent de montrer combien on est perçu différemment selon nos actions, et selon les personnes qui nous jugent. Pour le livre qu’elle écrivait, Nel est considérée à la fois comme une « muckracker » et comme une femme qui veut juste révéler la vérité. Tous les autres personnages sont aussi ambivalents : par exemple, Jules. Elle semble détester sa soeur, l’aimer en même temps, ne pas pouvoir lui pardonner quelque chose de particulièrement cruel. [SPOILER] Mais une fois que l’on comprend qu’en réalité, elle se trompait sur Nel, il est difficile de pleinement l’apprécier. Elle a ruiné la vie de sa sœur, alors qu’elle pensait que c’était elle qui avait ruiné la sienne. Le manque de communication a détruit leur relation, et leur vie en général. Tout n’est que malentendu entre elles ! [FIN DU SPOILER] J’ai apprécié le personnage de Jules, même s’il était clair qu’il lui manquait quelque chose pour comprendre sa sœur. Elle est hantée par le souvenir de Nel, par le regret de ne pas l’avoir revue avant sa mort, par le besoin de la venger, si elle a été tuée. J’ai aussi aimé le personnage de Lena, clairement incomprise par la majorité des personnages, excepté Nickie, qui reconnaît en elle la même force que celle de sa mère, la même dangerosité, quelque chose qui peut la conduire à sa perte. Mature, elle est persuadée que sa mère s’est suicidée. Mais, comme tous les autres personnages, elle semble avoir un mobile pour le meurtre de sa mère, et sa tante a peur d’elle. Le lecteur s’attache à d’autres personnages qui semblent gentils, comme Sean Townsend, qui enquête sur la mort de Nel, ou Erin Morgan, enquêtrice victime du sexisme ambiant. En revanche, un personnage que je n’ai pas supporté : Patrick Townsend. Il fait faire quelque chose à son fils à un moment donné, j’avais envie d’entrer dans le livre et de lui faire la même chose !!  Et encore de la violence envers les animaux !! [SPOILER] Bien sûr, cette violence finit par se diriger vers les autres humains, et notamment sur les plus faibles, femme et enfant, qui ne peuvent pas se défendre. Ah, ce personnage me dégoûte tellement !!!! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi aimé le personnage de Nickie, incomprise et rejetée, victime elle aussi du sexisme ambiant.

La fin !!!!! L’auteur emboîte toutes les pièces du puzzle, tout est clair, et le lecteur applaudit à tant d’ingéniosité. [SPOILER] C’est aussi triste parce que Sean, qui s’est vu complètement lavé le cerveau par son père, reproduit les mêmes actes que lui … Une sorte de perpétuation du mal, alors que tout le monde ne cesse de dire que Sean est quelqu’un de bien, un homme gentil. [FIN DU SPOILER] Hâte de lire le prochain livre de l’auteur !!

 

Donc, un excellent thriller, un des meilleurs que j’ai lus !

The Girl on the Train de Paula Hawkins

Posté : 4 octobre, 2017 @ 10:26 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ThrillerThe Girl on the Train

Editeur : Doubleday

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 316

Titre en français : La fille du train

Synopsis : To everyone else in this carriage I must look normal; I’m doing exactly what they do: commuting to work, making appointments, ticking things off lists.

Just goes to show.

EVERY DAY THE SAME

Rachel catches the same commuter train every morning. She knows it will wait at the same signal each time, overlooking a row of back gardens.

She’s even started to feel like she knows the people who live in one of the houses. ‘Jess and Jason’, she calls them. Their life – as she sees it – is perfect. If only Rachel could be that happy.

UNTIL TODAY

And then she sees something shocking. It’s only a minute until the train moves on, but it’s enough.

Now everything’s changed. Now Rachel has a chance to become a part of the lives she’s only watched from afar.

Now they’ll see: she’s much more that just the girl on the train …

 

Avis : J’avais entendu des avis assez mitigés à propos de ce livre, et, en le voyant à la bibliothèque de ma ville, je n’ai pas résisté !

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un thriller, et encore moins un aussi bien mené ! L’histoire est celle de Rachel qui prend le train tous les jours pour Londres, qui regarde la vie de Jess et Jason de la fenêtre et qui, un jour, voit quelque chose qui la choque, et qui va changer sa vie, ainsi que celle des autres personnages. D’abord, j’ai été un peu déçue par l’élément déclencheur, je m’attendais à quelque chose de plus gros ; mais, considérant l’état de Rachel au moment où elle voit la scène, il est normal qu’elle réagit de façon excessive. Pour elle, ce couple qu’elle regarde tous les jours représente le bonheur qu’elle n’a plus, une vie idéale et rangée, confortable, en sécurité, dans l’amour, une vie qu’elle a perdue. Rachel décide de réagir, afin de conserver l’image parfaite de cette vie ; le lecteur a l’impression que, si elle ne fait rien, c’est comme si elle reperdait tout à nouveau, comme si elle faisait une projection, comme si elle voyait sa situation s’appliquer à quelqu’un d’autre. Déjà là, on se rend compte que le livre n’est pas qu’un thriller fun et détente, facile à lire. C’est un roman psychologique, dans lequel le lecteur assiste (au présent et en flashback) à la chute de Rachel, à sa tentative pénible de remonter la pente. Face à la vacuité de sa vie, Rachel décide de se mêler des affaires des autres, elle décide d’entrer dans la vie de ces gens qu’elle ne connaît pas, dont elle a imaginé jusqu’aux noms. Je ne vous en dis pas plus, mais plus l’intrigue avance, et plus le lecteur se rend compte de l’intelligence de l’auteur, de sa façon d’intriquer les différents fils de l’histoire. En effet, la narration est divisée entre trois femmes : Rachel, Anna (la femme de l’ex-mari de Rachel) et Megan (Jess). Le lecteur voit facilement les liens qui unissent ces femmes, un de ces liens étant la soirée du samedi 13 juillet 2013, le jour où l’une d’elles disparaît. Qui l’a enlevé ? Est-elle morte ? Qui avait un mobile ? Le suspense est palpable jusqu’à la fin, puisque le lecteur ne parvient pas à fixer sa suspicion sur un seul personnage : tous pourraient être impliqués, tous agissent comme des tueurs, des psychopathes, des fous. L’écriture est agréable, j’ai trouvé de nombreuses réflexions intéressantes. Les pages se tournent vite, et, à un moment donné, il est tout simplement impossible d’arrêter de lire, tant il est urgent de comprendre tout le mécanisme de l’intrigue ! J’ai aimé l’utilisation du train, l’exploitation du fait qu’en voyageant ainsi, on voit des petits bouts de vie qu’on imagine sans jamais y entrer, des petits tas de vêtements, des expressions, des gestes. J’ai lu une partie du livre dans le train justement ! Seul bémol, mais j’ai l’impression que c’est expliqué à la fin : la vision des femmes de Rachel et Anna. Rachel parle d’elles comme ayant deux valeurs : leur apparence et leur capacité à avoir des enfants. Sexisme, quand tu nous tiens ! Je veux bien qu’elle soit désespérée, mais là ! Et Anna, quant à elle, ne supporte pas très bien la vie de mère, puisqu’elle s’y sent à la fois bien et enfermée, incapable d’être une femme maintenant qu’elle est mère.

Concernant les personnages, Rachel fait partie de ce genre de narrateurs que j’adore : ceux en qui on ne peut pas avoir confiance. En effet, alcoolique notoire et incapable de se souvenir de ce qu’elle a fait dans ces moments où elle est ivre morte, Rachel titube au bord de la folie. Le lecteur ne sait pas s’il ne peut la croire ou s’il doit réagir comme les policiers, en la considérant comme un témoin non digne de confiance. Au fil du texte, il s’attache à elle, la prend en pitié, aimerait qu’elle se relève définitivement, et finit par véritablement croire qu’elle sait quelque chose sur la soirée du 13 juillet. Le malheur de Rachel est dévastateur : ayant tout perdu, elle ne parvient pas à reprendre sa vie en mains, et préfère regarder la belle vie des autres à distance. Incapable de faire le deuil de son mariage, elle ne cesse de vouloir renouer avec son ex-mari, de regarder la maison dans laquelle elle a vécu, dans laquelle elle se sentait bien. Le lecteur remarque aussi peu à peu qu’elle ne cesse de se mentir, et que quelque chose ne va pas chez elle, comme elle-même le remarque à plusieurs reprises. J’ai fini par comprendre, ce qui n’a fait que renforcer ma sympathie pour elle. Anna, quant à elle, m’a d’abord agacée comme jamais. Etrangement, je me suis rendue compte que je me rangeais aux côtés de Rachel contre elle, la voleuse de mari, celle qui a peur d’une femme qui ne peut absolument rien contre elle. Ses réflexions me semblaient superficielles, et sa façon de dire qu’elle appréciait d’être une maîtresse m’ont donné envie de la gifler. Elle n’a aucune compassion, elle semble même contente de ce qu’elle a fait. Elle m’a aussi agacée par sa paranoïa constante. On comprend mieux son personnage à la fin, elle est (un peu) pardonnée. Megan, la dernière narratrice, est une femme qui cache un secret tellement lourd que, même après des années, elle ne parvient pas à en dormir la nuit, il la hante et l’empêche de vivre dans le présent, auprès de son mari Scott. De loin, elle a l’air indépendante, libre, heureuse ; mais ce n’est qu’une façade. Sa vie est aussi misérable que celle de Rachel ; elle a tout pour être heureuse, mais ne peut jamais l’être. Elle veut fuir, partir, mais se demande si, une fois arrivée ailleurs, elle ne voudra pas recommencer, indéfiniment, jusqu’au point de départ. Il manque quelque chose à sa vie, et elle ne comprend pas quoi. Deux personnages masculins se détachent ici : Scott et Tom. Scott est le mari de Megan. Du train, il a l’air tendre, attentionné, passionné, amoureux : parfait. Mais, une fois que l’on entre dans la vie de Megan, il est clair qu’il est un peu trop jaloux et invasif. Quant à Tom, il semble lui aussi l’homme parfait ; si parfait qu’il tente même d’aider son ex-femme alcoolique à remonter la pente, malgré la désapprobation de sa femme. Kamal est également un personnage masculin important, puisqu’il est un des deux suspects principaux du lecteur, de la police, et de Rachel !

La fin était EXCELLENTE ! Tout est expliqué, le lecteur comprend les personnages, tout s’imbrique parfaitement. Je dois dire que j’avais eu un doute au début du roman, mais l’auteur est parvenue à me prendre avec les multiples suspects. [SPOILER] Rachel, Anna et Megan ont été complètement manipulés par le même homme, celui qui, en fait, fait le lien entre elles toutes. Rachel n’est pas folle ; elle a été manipulée pendant des années pour lui faire croire qu’elle l’était, qu’elle était violente, qu’elle faisait peur, qu’elle était dangereuse, alors que c’était son compagnon qui la battait quand elle était dans un état second. Anna, elle, s’est aussi fait laver le cerveau, et sa réaction à la fin est tellement tardive qu’on se demande si elle va finir par réagir ! Megan, elle, a prononcé les mauvais mots au mauvais moment, et dans le mauvais endroit … [FIN DU SPOILER] The Girl on the Train m’a donné envie de lire d’autres livres de Paula Hawkins, en espérant qu’ils seront aussi bons !

 

Donc, un excellent thriller psychologique, qui fait tourner le lecteur (et les personnages) en bourrique, pour s’achever avec une fin magistrale !

Je tue les enfants français dans les jardins … de Marie Neuser

Posté : 28 juillet, 2017 @ 2:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Je tue les enfants français dans les jardins Genre : Thriller

Editeur : Pocket

Année de sortie : 2014 [2011]

Nombre de pages : 152

Synopsis : Lisa, jeune professeur d’italien, se rend chaque jour au collège comme on va à la guerre, avec, en guise d’armée ennemie, les élèves. Au fond de la classe, les garçons se disputent le rôle de commandant en chef en rivalisant d’insultes et de menaces. Du côté des filles, ce n’est guère plus apaisé : comment faire comprendre à une gamine de douze ans qu’elle ne doit pas se prostituer, même pour se payer des vêtements de marque ?

Seule solution pour survivre sur ce champ de bataille où règne la loi du plus fort, se forger une carapace, en attendant son heure … l’heure de la contre-attaque.

 

Avis : J’avais adoré Un petit jouet mécanique de la même auteur, et j’avais vraiment hâte de découvrir son premier roman !

Je tiens d’abord à préciser que je voudrais être prof ; c’est-à-dire que j’ai exactement les mêmes rêves que Lisa, exactement les mêmes attentes, les mêmes espoirs, et les mêmes agacements quand j’entends parler du métier de prof. C’est facile de critiquer quand on ne vit pas la même chose. C’est facile de parler quand on ne sait pas de quoi on parle. Ce livre est une véritable claque en pleine figure, histoire de réveiller un peu tout le monde, ceux qui rêvent et ceux qui critiquent. Lisa vit un cauchemar et, pourtant, elle s’accroche à son rêve, à son espoir qu’un jour, elle pourra enseigner à des êtres intelligents qui l’écouteront un tant soit peu. J’ai lu des avis qui disaient : « Je ne comprends pas Lisa ; si elle vit un tel enfer, pourquoi elle ne part pas, pourquoi elle ne change pas de métier ? » Et laisser tomber son rêve ? Laisser tomber sa dignité ? Et pour faire quel métier ? Elle est coincée, à la fois par fierté, parce qu’elle veut réussir, et par obligation, parce qu’elle ne peut rien faire d’autre. Ce livre montre aussi une « réalité » que tout le monde connaît : la difficulté d’enseigner à des enfants qui ne veulent pas apprendre, qui n’ont aucun respect pour les adultes. Et pourtant, on trouve encore le moyen de critiquer les profs parce qu’ils ont des vacances, et qu’ils n’ont rien à faire, concrètement : c’est vrai que c’est très facile de gérer une classe et d’apprendre des choses dont les élèves se fichent éperdument ! On aime beaucoup parler des avantages du métier, mais pas de ses « inconvénients ». C’est ici ce que fait Marie Neuser, et elle ne mâche pas ses mots !! Elle refuse de croire à l’hypocrisie de la société qui dénigre toute responsabilité individuelle aux élèves : s’ils sont méchants et irrespectueux, c’est pour une raison sociale, ce n’est pas de leur faute, ils ne comprennent pas. Alors, en plus de les excuser, on les fait passer pour des imbéciles sans cerveaux ! Elle évoque les profs qui ont abandonné leurs rêves, et qui se retrouvent à accepter de donner du coloriage à des élèves de seize ans – sur ce point, je m’interroge sur le synopsis : Lisa ne cesse de répéter qu’ils ont seize ans, et là, on nous dit qu’ils ont douze ans ! Il me semble qu’en troisième, on n’a plus douze ans ! J’ai aimé l’écriture, acerbe et sophistiquée, de Marie Neuser, qui n’hésite pas à parler de certains élèves comme de « sculptures en merde », et qui nous cite Baudelaire à la première phrase de son roman : « Mes ailes de géante m’empêchent de marcher. »

Concernant les personnages, je me suis, évidemment, beaucoup identifiée à Lisa. Quand elle se décrit étudiante, j’ai eu l’impression de me voir, et cela m’a mise mal à l’aise, parce que je ne veux absolument pas me retrouver dans les situations qu’elle décrit ! Jeune professeur, elle est au bord de l’amertume, au bord de l’abandon : seule sa dignité et son espoir pour l’avenir l’empêchent d’abandonner. Courageuse, elle est la seule qui met en avant les non-dits, qui se met en danger pour que justice soit faite, qui veut remettre de l’ordre et rendre leur dignité à ceux qui l’ont perdue ! Elle est secondée par Pierre, son compagnon. Joyeux, il travaille en librairie, et ne peut que constater la déchéance progressive de Lisa. Il est un pilier pour elle, le seul peut-être, parce qu’elle le retrouve tous les soirs, et qu’elle se sent en sécurité auprès de lui. Les élèves sont l’incarnation des délinquants que l’on retrouve un peu partout, et qui veulent semer la terreur pour montrer qu’ils ont de l’importance, qu’on doit les respecter, eux, sans qu’ils respectent quiconque. Les membres de l’admiration et certains autres professeurs sont tellement agaçants dans leur médiocrité et leur faiblesse !! A vomir.

La fin est évidente ! Impossible que le livre se termine d’une autre manière ! [SPOILER] Bizarrement, on se sent aussi joyeux que Lisa, et on ne se sent pas mal pour autant, exactement comme elle ! [FIN DU SPOILER] 

 

Donc, un excellent petit roman, fort, bien écrit, et que tout le monde devrait lire pour parler, enfin, de quelque chose en sachant de quoi ils parlent !

Gone Girl de Gillian Flynn

Posté : 6 février, 2017 @ 3:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Thriller Gone Girl

Editeur : Phoenix

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 463

Titre en français : Les Apparences

Synopsis : Who are you? What have we done to each other?

These are the questions Nick Dunne finds himself asking on the morning of his fifth wedding anniversary, when his wife Amy suddenly disappears. The police suspect Nick. Amy’s friends reveal that she was afraid of him, that she kept secrets from him. He swears it isn’t true. A police examination of his computer shows strange searches. He says they weren’t made by him. And then there are the persistent calls on his mobile phone.

So what did happen to Nick’s beautiful wife?

 

Avis : J’ai beaucoup entendu parler de ce livre, et une amie sur Instagram m’a poussé à enfin le lire !

Le livre est divisé en trois parties, dont je ne peux pas vous donner les noms sans tout vous spoiler. La première m’a paru assez longue, surtout parce que je pensais avoir compris l’histoire, et donc l’explication et la fin. Je me suis même demandée pourquoi tant de gens aimaient ce livre, qui ne me paraissait alors ne rien avoir de particulier. Et quand commence la deuxième partie … On comprend que l’auteur nous a mené en bateau tout le long ! Quel retournement de situation ! Je ne m’y attendais pas du tout, et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai aimé ce livre. Une autre raison est sans doute l’intelligence dans la planification de tout ce qui arrive : ç’en devient même effrayant ! Concernant l’écriture, nous avons le point de vue des deux personnages !rincipaux, Nick et Amy, ce qui nous fait voir l’histoire à travers leurs yeux, une histoire très différente pour l’un et pour l’autre. J’ai aimé avoir ces deux versions : on comprend qu’ils se connaissent parfaitement, et c’est bien là le problème, car cela veut dire qu’ils connaissent les forces et les faiblesses de l’autre, sa façon de penser et de réagir. J’ai aussi aimé les réflexions sur les relations homme/femme, même si elles me semblent très généralisées – mais c’est le personnage qui veut ça, son état d’esprit, sa façon de penser. Il n’y a qu’une raison pour laquelle je n’ai pas adoré ce livre : la folie qui se dégage d’un personnage, qui m’a fasciné et gêné à la fois. Mention spéciale pour la couverture, que j’aime beaucoup !

En vous parlant de ces personnages, j’ai peur de vous spoiler, donc, je vais vous mettre des petits indicateurs pour que vous ne lisiez pas tout ! D’abord Nick : dans la première partie, j’ai commencé par éprouver de la compassion pour lui, puis je l’ai détesté, et enfin, j’ai eu pitié de lui. Ses moments de parole sont ambigus : il répète qu’il n’a pas tué sa femme, et en même temps, il ment, il dit des choses contradictoires, il pense du mal d’Amy. [SPOILER] En réalité, il est faible, complètement impuissant face à sa femme qui contrôle tout et qu’il ne sait pas satisfaire. J’ai trouvé cela un peu décevant de la part de son personnage : en fait, il était l’homme parfait, puis il a arrêté de faire des efforts pour conquérir sa femme chaque jour ; sauf qu’elle n’était pas celle qu’il croyait. [FIN DU SPOILER] Amy, quant à elle, apparaît, dans la première partie, comme une femme qui a peur, que son mari effraye, une femme qui ne sait pas trop ce qu’elle doit penser, et qui se laisse faire. On comprend qu’elle réagisse à un moment donné ! [SPOILER] Mais, en réalité, elle n’est pas du tout traumatisée par son mari, juste déçue ; tellement déçue, qu’elle décide de lui donner une leçon qu’il n’oubliera jamais ! En fait, Amy est complètement folle, persuadée que le monde doit tourner autour d’elle, et, surtout, que Nick est à elle, et à elle exclusivement. Elle a tout planifié pour qu’il ne s’en sorte pas, prête à tout pour qu’il finisse par être condamné, même à mourir elle-même ! [FIN DU SPOILER] Desi, quant à lui, est un personnage assez effrayant, persuadé qu’il fait le bien. Les parents d’Amy m’ont agacé [SPOILER] c’est tout de même leur faute si Amy est comme elle est ! [FIN DU SPOILER] J’ai aimé le personnage de Go, prête à tout pour aider son frère, même si l’accusation et le comportement de Nick la dégoûtent.

La fin est assez désespérante. [SPOILER] Nick n’a pas su s’en sortir, Amy contrôle toute sa vie [FIN DU SPOILER] La dernière phrase prononcée par Nick est glaçante pour Amy, et j’ai trouvé que c’était une bonne leçon, malgré sa faiblesse ! On peut aussi imaginer, avec la dernière phrase d’Amy, que tout va recommencer …

 

Donc, un bon thriller, qui m’a effrayé par la folie d’un des personnages, un auteur qui sait où placer le suspense et les phrases choc, dont l’écriture est agréable. Je lirai d’autres livres de Gillian Flynn !

The Martian d’Andy Weir

Posté : 27 juillet, 2016 @ 4:24 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

The Martian Genre : Science-fiction, Thriller

Editeur : Crown Publishers

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 369

Titre en français : Seul sur Mars

Synopsis : A mission to Mars. A freak accident. One man’s struggle to survive. Six days ago, astronaut Mark Watney became one of the first people to walk on Mars. Now he’s sure he’ll be the first person to die there. After a dust storm nearly kills him and forces his crew to evacuate the planet while thinking him dead, Mark finds himself stranded on Mars’ surface, completely alone, with no way to signal Earth that he’s alive. And even if he could get word out, his supplies would be gone years before a rescue could arrive. Chances are, though, Mark won’t have time to starve to death. The damaged machinery, unforgiving environment, or plain-old « human error » are much more likely to kill him first. But Mark’s not ready to quit. Armed with nothing but his ingenuity and his engineering skills – and a gallows sense of humor that proves to be his greatest source of strength – he embarks on a dogged quest to stay alive, using his botany expertise to grow food and even hatching a mad plan to contact NASA back on Earth. As he overcomes one seemingly insurmountable obstacle after the next, Mark begins to let himself believe he might make it off the planet alive. But Mars has plenty of surprises in store for him yet. Grounded in real, present-day science from the first page to the last, yet propelled by a brilliantly ingenious plot that surprises the reader again and again, The Martian is truly remarkable thriller: an impossible-to-put-down suspense novel that manages to read like a real-life survival tale.

 

Avis : Je voyais et j’entendais parler de ce livre partout, dans des commentaires très positifs qui vantaient l’humour du personnage. J’ai fini par me lancer ! 

C’est étrange à dire, mais j’avais envie d’aimer ce livre : les personnes qui l’avaient lu avaient l’air si enthousiastes à propos du roman que je me suis dit qu’il était aussi fait pour moi. Peut-être que j’en attendais trop : j’ai un avis un peu mitigé. Je m’attendais à de l’intensité tout le long du livre, à des aventures trépidantes, à un récit captivant. Certes, à un moment donné, le lecteur est absorbé par le roman, il veut savoir ce qui va arriver à Mark, et celui-ci vit effectivement des (més)aventures ahurissantes parfois. Il y a un côté « réaliste » dans les techniques qu’il utilise pour survivre, le lecteur a vraiment l’impression que l’histoire est vraiment arrivée ; cela fait aussi comprendre à ceux qui ne s’y connaissent pas ce qui peut arriver à un astronaute, le fait qu’il soit obligé de vivre des années dans l’espace, loin de la Terre, la solitude. Malheureusement, je n’ai pas compris toutes les techniques de Mark ; la description de ses problèmes et de ce qu’il devait faire pour réparer quelque chose, ou pour obtenir autre chose, était assez longue, peut-être trop, cela m’a semblé ralentir le récit et laisser l’esprit du lecteur dériver doucement vers autre chose. J’avais du mal à garder le fil de ce qui se passait, de ce que Mark faisait, de ce que cela impliquait. En contrepartie, j’ai apprécié le fait que le héros explique en peu de mots ce qu’il fait, avec des termes simples (noyés malheureusement dans les manœuvres plus compliquées). Le livre montre le point de vue de plusieurs personnes : celui de Mark, drôle mais complexe, celui de plusieurs personnes sur la Terre (principalement des dialogues, ce qui est agréable), celui des membres de l’équipage. Partout, l’humour est présent : il cache les situations désespérées, il aide à supporter ce qui semble insupportable, il détend l’atmosphère. Mais je n’ai pas éclaté de rire comme certaines personnes en le lisant ; j’ai beaucoup souri, mais j’étais toujours un peu inquiète, ou peut-être, un peu consciente de comment tout allait finir. L’écriture est agréable, légère, excepté concernant les éléments scientifiques, qui m’ont, finalement, un peu gâché la lecture. Petit plus : la couverture est merveilleuse !! Je n’aime pas la couleur orange, mais celle-ci est tout de même formidable !

Mark Watney, le héros de The Martian, est un homme drôle, plein de ressources, capable de survivre sur Mars et de garder en même temps sa bonne humeur. C’est véritablement un des personnages les plus drôles qu’il m’ait été donné de « rencontrer » ! Seul sur Mars, il se permet de nommer les dunes, les cratères, de nouvelles unités de mesures, de se proclamer roi de la planète, de laisser son imagination dériver, faisant rire le lecteur. Celui-ci peut sentir des petits sursauts de désespoir chez son héros, sa solitude, sans aucun humain à qui parler, et son envie débordante de vivre ! Ce personnage donne de l’espoir, de la motivation, il nous montre que la vie continue, même dans les situations les plus désespérées. Un Robinson Crusoé doublé d’un MacGyver, comme le disent d’autres avis : je trouve que cela résume bien la position de Mark. Le lecteur rencontre également de nombreux autres personnages : Venkat Kapoor, le directeur des opérations sur Mars, qui prend l’histoire très à cœur, tente tout pour sauver Mark. Il est assez attachant, le lecteur est souvent de son avis, et comprend qu’il est lui aussi dans une position délicate ; les membres de l’équipage d’Ares 3, profondément attristés d’avoir dû abandonné Mark, ils tentent de se remettre du choc, de plaisanter de situations graves (une d’ailleurs m’a choqué, je n’y aurais absolument pas pensé !) ; Annie, dont le langage est bien fleuri, et à qui son métier va parfaitement ! ; Teddy, qui a peut-être la place la moins agréable, avec ses pochettes bleu et rouge ; d’autres membres de la NASA, comme Bruce, Mindy, Rich. J’ai aimé les membres d’équipage, leur bonne humeur et leur envie de bien faire.

La fin est très prévisible, ce qui m’a peut-être aussi empêché de vraiment apprécier le livre. C’était tellement évident que le suspense et le dramatique de l’histoire sont un peu annihilés. C’est vraiment dommage. En revanche, le livre fait vraiment film, et je pense que, peut-être, je préférerai l’adaptation (pour une fois !). Peut-être que voir les techniques et manœuvres de survie m’aidera à mieux apprécier ce qui se passe.

 

Donc, une très bonne lecture, malgré la difficulté de compréhension des techniques de survie, et une fin trop prévisible. Hâte de voir le film !

 

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