Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Macbeth de William Shakespeare

Posté : 29 juillet, 2017 @ 1:39 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Tragedies Genre : Classique, Théâtre

Editeur : Oxford University Press (Guild Publishing London)

Année de sortie : 1990 [1987]

Nombre de pages : 25 (c’est bien le texte intégral, mais écrit en minuscule !!)

Synopsis : Pas de synopsis pour cette édition, donc je vous mets celui de Livraddict : Le général écossais Macbeth revient du combat où il a vaillamment défendu son seigneur Duncan quand, en pleine lande, trois sorcières apparaissent et lui annoncent qu’il deviendra roi. Lorsque Duncan lui rend visite pour le récompenser de sa bravoure, Macbeth, hanté par la prédiction des sorcières et poussé par sa femme, tue son hôte et s’empare du pouvoir. En proie au remords, le couple sombre peu à peu dans la folie…

 

Avis : Cela fait très longtemps que je voulais lire Macbeth, et, je ne sais pas pourquoi, je repoussais toujours ma lecture. Puis, j’ai vu qu’un film était sorti en 2015 avec Michael Fassbender, et je me suis dit que ce serait sympa de regarder avec mon compagnon – bien sûr, pas avant d’avoir lu la pièce !

Shakespeare a un don : il parvient à me faire aimer des personnages, à me faire ressentir de la sympathie pour eux, alors qu’ils ne le méritent clairement pas quand on lit la pièce. J’étais vraiment compatissante envers Macbeth, qui se laisse consumer par l’envie, par l’ambition, poussé par sa femme à commettre des actes irréparables. Dès la prophétie des sorcières, on sent que le personnage va être tourmenté par ce qu’elles ont prédit, que la fatalité va s’acharner sur lui : il sera baron de Cawdor, puis roi. Il ne cesse d’y penser, il en parle à sa femme, et elle le pousse à forcer le destin. Pourtant, Macbeth, au début de la pièce, ne semble pas particulièrement ambitieux : il sert son roi, fait la guerre, mais ne pense pas à la royauté pour lui-même avant que les sorcières ne lui en parlent. Une fois l’idée implantée, elle fait son chemin et conduit Macbeth - ainsi que sa femme - vers le crime, puis vers les remords et la folie. Il est prêt à croire tout ce que lui prédisent les sorcières : il n’interprète pas ce qu’elles disent et se retrouve vite au pied du mur. Comme dans Othello, ce n’est pas celui qui insuffle l’idée qui fait le « sale boulot » ; ce n’est pas Iago qui tue Desdémone ou Cassio, comme ce n’est pas Lady Macbeth qui tue le roi. C’est le personnage principal qui devient criminel, et qui, pourtant, étrangement, reste « sympathique » au lecteur, parce qu’il est manipulé plus qu’il n’est criminel de son plein gré. Rien que pour ça, je ne peux pas ne pas aimer les pièces de Shakespeare !

Ce que j’aime aussi dans cette pièce – excepté le fait que c’est une tragédie – est l’ambiance, plus sombre que dans les pièces que j’ai lues précédemment. D’abord, l’histoire débute par une guerre, et donc, concrètement, par un bain de sang, qui se poursuit avec des meurtres. La pièce est aussi plus sombre à cause de – ou grâce à - la magie présente ici, une magie noire, exécutée par des sorcières qui invoquent le nom d’Hécate, déesse lunaire, protectrice parfois, mais aussi déesse de l’ombre et des morts. C’est cet aspect de la déesse qui est mis en avant ici : invoquée par les sorcières, elle chante avec elles, et les aide dans la concoction d’une sorte de potion. Lady Macbeth, elle aussi, contribue à l’ambiance plus sombre, notamment par le fait qu’elle n’écoute pas son mari quand il doute ; elle le pousse plutôt à réaliser la prophétie des sorcières, quitte à devoir tuer pour y parvenir. Elle est rattrapée par des remords, qui font surface la nuit, sous forme de crises de somnambulisme pendant lesquelles elle revit sa conversation avec Macbeth. Mais, en voulant réaliser la prédiction à tout prix, le général a oublié, momentanément, une partie de celle-ci : Banquo, l’ami du général, lui aussi, s’est vu prédire quelque chose. Autre chose de très appréciable : l’écriture, excellente, un peu difficile parfois, mais agréable.

La fin est, évidemment, tragique : les personnages ont succombé à la folie, Macbeth voit des fantômes et se barricade dans son château, persuadé d’être invincible grâce à une nouvelle prophétie. Il s’est laissé abuser, et le lecteur ressent, quand même, encore, de la sympathie pour lui à la fin.

 

Donc, une très bonne pièce, sombre et bien écrite, et dont les personnages sont appréciés, malgré leurs crimes !

Relectures #1

Posté : 29 mai, 2017 @ 12:50 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Relecture | 2 commentaires »

Coucou à tous !!

 

D’ordinaire, je ne suis pas une grande fan de relectures, mais, ces derniers jours, je ne fais que relire ! Et je me rends compte que ça fait du bien : souvent, les livres que l’on relit sont des livres que nous avons aimés, et même adorés. Je me dis qu’il faudrait vraiment que je relise plus souvent, donc je me suis fait une petite liste, que je vous donne à la fin de l’article ! Et, j’ai décidé de leur dédier un petit article pour (tenter de) leur faire honneur !

Ce mois-ci, j’ai relu quatre livres, mais je ne vais parler que de trois d’entre eux : Les Miscellanées de Mr. Schott de Ben Schott, Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott de Ben Schott et Othello de William Shakespeare. 

 

Commençons par le premier :

Genre : Dictionnaire Les miscellanées de Mr Schott

Editeur : Allia

Année de sortie : 2014 

Nombre de pages : 154

Synopsis : Impossibles à lire d’une traite mais impossibles à refermer, Les Miscellanées de Mr. Schott sont une collection unique de petits riens* essentiels.

Quel autre livre peut s’enorgueillir d’un index où se côtoient l’Enfer de Dante et l’entretien du linge ; le caviar et les ° Celsius ; le concours de l’Eurovision et la fauconnerie ; π, Pimpanicaille et les plaies d’Egypte ?

Où trouveriez-vous ailleurs, en ouvrant une seule page, le nom des scores de golf, l’échelle de piquant des piments, l’histoire de l’impôt britannique sur les chapeaux, les longueurs de lacets et le drapeau de la Guadeloupe ?

Ou, sinon dans les Miscellanées de Mr. Schott, pourriez-vous trouver des informations sûres concernant le chat de John Lennon, le fournisseur officiel de cornemuses d’Elisabeth II, les travaux d’Hercule, ou encore les méthodes des homicides élucidés par Miss Marple ?

Les Miscellanées de Mr. Schott sont un livre comme il n’en existe aucun autre : divertissant, imprévisible, et pour tout dire indispensable.

*RIEN : pron. indéf., n. m. & adv.Etym. du latin rem, accusatif de res « chose ».

UN RIEN : une chose sans importance, insignifiante, futile. - Syn. amusette, bagatelle, baliverne, bricole, broutille, détail, pointille, tête d’épingle, vétille.

 

Avis : Honnêtement, je ne pensais pas relire ce livre, je voulais simplement le feuilleter. J’avais adoré ma première lecture, j’avais adoré apprendre tout un tas de choses très diverses. Tout ne m’avait pas intéressé, mais j’avais tout de même lu chaque article. Et finalement, après avoir relu quelques articles, je me suis dit que j’allais noter tous les articles qui m’intéressaient, qui pouvaient m’être utiles, voire, indispensables, maintenant que ces informations sont à portée de main. J’ai passé, à nouveau, un excellent moment, et je voulais partager mes articles préférés avec vous, soit parce qu’ils sont insolites, soit parce qu’ils sont très intéressants :

  • les arcanes majeurs du Tarot -  j’ai toujours été fascinée par ces cartes qui semblent prédire l’avenir.
  • les sept collines de Rome – je n’arrive jamais à toutes les retenir !
  • les pierres de naissance – j’aime me dire que notre vie est parfois influencée par des choses que l’on ne contrôle pas du tout.
  • « Swift et la vieillesse » – ces articles m’ont fait rire : il semble décrire la plupart des personnes âgées, et je me suis dit qu’il serait intelligent de suivre ces règles une fois arrivée au seuil de la vieillesse (ou pas !)
  • les divinités de diverses cultures – j’adore la mythologie !
  • l’histoire du Père Noël et de Coca-Cola – on en parle beaucoup, mais on ne connaît pas forcément la vraie histoire !
  • les différents styles artistiques – je n’arrive pas à les retenir, et que je trouve fascinante l’évolution de l’art.
  • les cercles de l’Enfer de Dante – un bon petit rappel !
  • la psyché selon Freud – ou la troisième chute de l’homme, qui ne contrôle pas même son « moi » !
  • les planètes du système solaire – gravité, dimension, satellites, anneaux.
  • les neuf Muses – que je connais aussi, mais, encore une fois, j’adore la mythologie !
  • les paradoxes d’Oscar Wilde – ou comment critiquer l’homme et la société et les faire rire tous deux en même temps !

Bien sûr, ce n’est ici qu’un échantillon de ce que vous pouvez trouver dans ce livre. De nombreux types d’articles sont présents : scientifiques, historiques, littéraires, culinaires, inclassables. Mes préférés ne seront peut-être pas les vôtres ! En tout cas, j’espère vous avoir donné envie de le feuilleter (puis d’être tellement absorbés que vous finissez par le lire !)

 

Le suivant est du même type, et du même auteur :

Genre : DictionnaireLes Miscellanées culinaires

Editeur : Allia

Année de sortie : 2007 

Nombre de pages : 154

Synopsis : Quelque part entre un livre de recettes, une carte des vins, un guide des manières de table et une histoire de l’alimentation, il y a Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott.

Aucun autre guide gastronomique ne vous dira quel est le goût d’une punaise d’eau géante, comment Hemingway composait ses Martini, pourquoi les asperges parfument votre urine, et quelle est la manière la plus sensée de commander du pop-corn au cinéma.

Dans quel autre livre de cuisine apprendrez-vous à troquer des fèves de cacao avec les indiens Nahuas, à lire dans les feuilles de thé, à faire des ronds de fumée, à porter un toast en finnois, à cuisiner un Œuf Monstre ?

Où, sinon dans Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott, pourriez-vous découvrir ce que George Orwell pensait de la nourriture en conserve, pourquoi Zeus dormait sur un lit de safran, combien il existe de couleurs de Smarties, et quels sont les arcanes de la cérémonie japonaise du thé ?

Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott donneront autant de nourriture à votre esprit que d’esprit à votre nourriture – que vous soyez un glouton, un goinfre, un goulu, un gourmand, un gourmet, un gastronome ou un gastrolâtre [voir pages 16 et 103].  

 

Avis : Cette fois, je ne me suis pas illusionnée en me disant que je n’allais faire que le feuilleter : j’ai directement pris mon carnet pour noter les articles que je préfère, ou ceux qui peuvent m’être utiles. Encore une fois, j’ai adoré : diversité, apprentissage, rires. Cette fois, j’ai aussi ressenti du dégoût parfois, par exemple pour l’article sur le fait de manger du cheval. Je n’en mange pas, je considère que cet animal est censé être libre, et n’a rien à faire dans une assiette. J’ai aussi, à nouveau, réfléchi sur le régime végétarien : j’ai réduit ma consommation de viande, mais je ne me sens pas encore d’arrêter complètement. Encore une fois, un petit échantillon de mes articles préférés !  

  • des citations sur le petit-déjeuner – il est toujours agréable de lire les réflexions de grands noms sur des éléments du quotidien.
  • les réflexions de Samuel Johnson sur la cuisine et la boisson – encore de la réflexion, et des rires parfois !
  • dîner seul – une citation de Thomas Walker.
  • « Quelques pommes remarquables » – mythes, contes, anecdotes.
  • la symbolique du gâteau de mariage – je ne connaissais pas du tout cette symbolique, et j’ai trouvé intéressant de la connaître.
  • la manœuvre de Heimlich – qui peut sauver des vies !
  • l’ail – sa symbolique, les superstitions autour de lui.
  • la cérémonie du thé au Japon – tellement fascinant !
  • le suicide de Vatel – je n’en revenais pas en lisant la première fois, et je n’en reviens toujours pas maintenant !
  • les fruits et légumes de saison – parce que je ne sais jamais quand manger quoi.
  • grossesse et alimentation – important à savoir quand même !
  • les antidotes contre la gueule de bois – j’ai ri !
  • des végétariens célèbres – intéressant à savoir !
  • les régimes végétariens – je me dis que certains sont impossibles !
  • le sel – comme pour les pommes et l’ail !

Encore une fois, peut-être que mes préférés ne seront pas les vôtres ! Certains articles sont aussi sur les vins, donnent des recettes, des mesures, sont historiques ou scientifiques. Petite remarque : ce livre risque de vous donner faim !! J’espère, encore une fois, vous avoir donné envie de le lire !

 

Enfin, dernière relecture de ce mois, fini juste avant l’écriture de cet article – c’est d’ailleurs ce livre qui m’a poussé à le rédiger – : Othello !

Genre : Classique, ThéâtreOthello

Editeur : Bloomsbury (Arden Shakespeare)

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : (réel) 217

Synopsis : The Arden Shakespeare is the established scholarly edition of Shakespeare’s plays. Now in its third series, Arden offers the best in contemporary scholarship. Each volume guides you to a deeper understanding and appreciation of Shakespeare’s work.

This edition of Othello provides:

  • A clear  and authoritative text, edited to the highest standards of scholarship,
  • Detailed notes and commentary on the same page as the text,
  • A full, illustrated introduction to the play’s historical, cultural and performance contexts,
  • An in-depth survey of critical approches to the play,
  • A full index to the introduction and notes,
  • A select bibliography of references and further reading.

With a wealth of helpful and incisive commentary, The Arden Shakespeare is the finest edition of Shakespeare you can find.

 

Avis : J’ai dû acheter cette édition pour la prépa’, et je dois dire que je la trouve très bien faite ! J’ai aussi dû lire cette pièce pour la première fois pour la prépa’, et c’est sans doute pour cette raison que je ne l’ai pas apprécié au maximum dès le début. Pourtant, depuis que je l’ai lue, cette pièce est restée avec moi, et je me suis dit qu’il était temps de la relire !

Cette fois, comme pour les autres livres, j’ai noté les citations qui me touchaient le plus, et j’ai marqué les passages-indices où l’on comprend déjà comment tout finira : la (fausse) prophétie de Brabantio, certaines phrases de Iago, la prise de conscience de Desdémone, la chute d’Othello. Bien sûr, le thème principal de la pièce est connu : la jalousie. Le lecteur peut penser qu’elle ne touche qu’Othello, mais c’est faux : celui qui est le plus rongé par ce sentiment dès le début est Iago. Il faut noter, d’ailleurs, qu’il est un des meilleurs « villains » de la littérature ! On le déteste de tout notre cœur, et, même temps, on comprend comme il en est arrivé là. Iago fait subir à Othello ce qu’il a, en fait, lui-même subi, ce que je n’avais pas compris à la première lecture. Et Cassio n’est pas si sympathique que cela, cf. sa façon de narguer Iago, et sa manière de traiter Bianca.

La question du racisme est difficile à cerner : d’un côté, à l’époque, les personnes de couleur ne sont pas bien vues par la société ; mais, de l’autre, le fait que Shakespeare fasse d’Othello un héros tragique, qu’il lui donne un statut militaire et politique, qu’il montre à quel point c’est un homme bon avant la manipulation de Iago, qu’il montre à quel point il est complimenté par tous élève Othello : il est l’égal des « Blancs » de la tragédie, il n’a rien à leur envier et tout à leur apprendre.

Aussi, en étudiant la pièce, une question a été soulevée à propos de Desdémone : est-elle soumise complètement à son mari ou se défend-t-elle ? Je pense qu’elle se défend, et même, qu’elle est, en quelque sorte, influencée par ce que lui dit Emilia, qui semble avoir parfaitement compris les relations homme/femme à l’époque. La femme de Iago m’a fait penser à du féminisme avant l’heure : elle évoque la misogynie des hommes, leur façon de jeter les femmes quand ils en sont lassés, et demande pourquoi les femmes ne feraient pas la même chose. Je pense vraiment que Desdémone est consciente, avant même qu’il lui annonce véritablement, des intentions de son mari, et qu’elle tente tout pour le dissuader, excepté, justement, agir comme une débauchée – ce dont elle est accusée. Ce qui lui arrive est profondément injuste, et elle en a conscience également – tout comme la situation et la position des femmes est injuste à l’époque. De plus, concernant Emilia, sa relation avec Iago, son mari, est assez ambiguë : elle semble vouloir le défier quand elle parle à sa maîtresse, mais, en réalité, elle fait ce qu’il lui demande, comme si elle voulait lui plaire. Sa rébellion n’en est vraiment une qu’à la fin !

J’ai beaucoup plus apprécié l’écriture de Shakespeare avec cette relecture – j’ai l’impression d’avoir vraiment progressé en anglais depuis la première lecture ! Je n’ai que très peu de difficultés à comprendre, ce qui m’a permis d’apprécier la musique des mots, ou les expressions, les images utilisées par l’auteur – même quand celles-ci sont vulgaires, notamment dans la bouche de Iago. Quelques citations :

- « My story being done

    She gave me a world of signs » Othello

-  Brabantio

_ »Look to her, Moor, if thou hast eyes to see:

    She has deceived her father, and may thee.  

Othello

_My life upon her faith. »

- « Our bodies are gardens, to the which our wills are gardeners. » Iago

- [SPOILER si vous ne connaissez pas la fin de la pièce]

« I kissed thee ere I killed thee: no way but this,

Killing myself, to die upon a kiss. » Othello (avec ce magnifique chiasme des verbes kiss/kill kill/kiss !)

[FIN DU SPOILER]

Cette pièce fait réfléchir, et je la conseillerai à tous les jaloux maladifs (et même aux petits jaloux en fait) : ce livre va vous guérir de votre jalousie ! Ce sentiment fait tant de mal à tous les personnages dans cette pièce ! Et à noter que cette relecture a fait d’Othello un coup de cœur !

 

C’est tout pour les relectures de ce mois-ci !! Je vous avais parlé d’une liste ; la voici :

  • Le Liseur de Bernhard Schlink
  • Anna Karénine de Léon Tolstoï
  • Roméo & Juliet de Shakespeare
  • King Lear de Shakespeare
  • Hamlet de Shakespeare
  • A Midsummer Night’s Dream de Shakespeare
  • Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzche (je pense que je l’ai lu trop jeune, je n’ai pas tout compris !)
  • L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder
  • Un roman français de Frédéric Beigbeder
  • La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu
  • Un petit jouet mécanique de Marie Neuser
  • Jane Eyre de Charlotte Brontë
  • Wuthering Heights d’Emily Brontë
  • The Graveyard Book de Neil Gaiman
  • Harry Potter and the Deathly Hallows de J. K. Rowling
  • La saga Twilight de Stephenie Meyer (j’ai tellement aimé plus jeune, je veux voir ce que ça donne maintenant !)
  • The Host de Stephenie Meyer
  • The Book Thief de Markus Zusak

C’est déjà pas mal, et je suis sûre que j’en oublie ! Dites-moi quels livres vous voulez relire, ou ceux que vous relisez régulièrement ! 

 

A bientôt, je vous souhaite à tous de bonnes lectures !!

Harry Potter and the Cursed Child de J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne

Posté : 23 octobre, 2016 @ 10:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

Harry Potter and the Cursed Child Genre : Théâtre, Fantastique

Editeur : Little, Brown and Company

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 330

Titre en français : Harry Potter et l’enfant maudit

Synopsis : The eighth story. Nineteen years later.

It was always difficult being Harry Potter and it isn’t much easier now that he is an overworked employee of the Ministry of Magic, a husband and father of three school-age children. While Harry grapples with a past that refuses to stay where it belongs, his youngest son Albus must struggle with the weight of a family legacy he never wanted. As past and present fuse ominously, both father and son learn the uncomfortable truth: sometimes, darkness comes from unexpected places.

Based on an original new story by J. K. Rowling, John Tiffany and Jack Thorne, Harry Potter and the Cursed Child is a new play by Jack Thorne. It is the eighth Harry Potter story and the first to be officially presented on stage. This Special Rehearsal Edition of the script bring the continued journey of Harry Potter and his friends and family to readers everywhere, immediately following the play’s world premiere in London’s West End on 30 July 2016. The stage production of Harry Potter and the Cursed Child is produced by Sonia Friedman Productions, Colin Callender and Harry Potter Theatrical Productions.

 

Avis : J’étais très impatiente de lire ce livre, et j’ai enfin pris le temps de le faire !! (depuis juillet/août, il était temps !)

Malgré les nombreux avis négatifs que j’ai lus, vus ou entendus, je dois avouer que j’ai adoré, et ce, pour de nombreuses raisons : les retrouvailles avec le monde des sorciers, toujours aussi magique et dans lequel j’aime toujours autant me perdre ; les retrouvailles avec des personnages connus, grandis donc forcément différents, mais cette différence reste cohérente, la plupart reste égale à eux-mêmes ; le voyage dans le temps (j’adore cette idée !) et ses conséquences : on est ce qu’on est parce qu’il nous est arrivé des choses bonnes ou mauvaises, même si ce n’est pas toujours évident, cela ne sert donc à rien de vouloir changer le passé ! (j’entends si souvent des gens en parler et refaire leur vie en « si » !) ; les nouveaux personnages que j’ai aimé découvrir, ainsi qu’une amitié surprenante que j’ai adoré ! ; l’humour présent malgré la gravité de la situation parfois, notamment avec les personnages de Ron et Scorpius ; les voyages dans le temps permettent de voir le monde des sorciers différemment, dans des versions alternatives horribles, mais qui permettent un passage avec un personnage mort !! ; des passages émouvants, avec le personnage dont j’ai parlé au-dessus, mais aussi disséminés dans le texte, des moments qui arrachent le cœur parce que c’est dur, mais qui le font fondre parce que c’est beau ou tellement triste. Comme dans tous les autres tomes d’Harry Potter, celui-ci comporte deux éléments principaux : l’amitié et l’amour. Ce sont toujours des thèmes majeurs ici. Enfin, les voyages dans le temps permettent de revivre des scènes des anciens livres, ou d’en découvrir qui ne s’y trouvent pas, des scènes passées très importantes. Cela aboutit à une sorte de fusion entre passé et présent. Est-ce que j’ai déjà dit que j’aimais les voyages dans le temps ?!!

Concernant les personnages, Albus Severus Potter est le personnage principal. Différent du reste de la famille Potter, il a du mal à s’y faire une place, et sa réaction est assez extrême. Sa relation avec Harry est sans doute la plus difficile. C’est un personnage tourmenté, proie facile pour les influences néfastes, et qui ne comprend pas du tout son père, le dénigre, et le rejette comme il peut. Vient ensuite Scorpius Malefoy [si vous voulez la surprise à propos de ce personnage, passez au suivant !!], qui m’a réconcilié avec ce nom honni ! J’ai adoré ce personnage ! Toujours gai malgré les ragots qui courent sur lui et la situation dans laquelle il se trouve, il est adorable, plein d’humour, et très différent de ce qu’on aurait pu attendre. Puis, évidemment, Harry Potter ! Il est égal à lui-même, il doute toujours autant, il est toujours aussi dégoûté par les sacrifices des autres pour qu’il vive et parvienne à sauver le monde des sorciers, ce qu’il est, d’ailleurs, toujours prêt à faire tout en restant modeste. Il est peut-être plus dur que le Harry ado, ce qui est normal, puisqu’il est père. Son sens de l’amitié et de l’amour est toujours aussi énorme, même s’il a des difficultés avec Albus. Quant à Ginny Potter, elle est, elle aussi, égale à elle-même : un caractère fort, déterminée, elle ne supporte pas qu’on touche à sa famille et à ses amis. Ron Weasley est celui qui apporte une touche décalée à l’histoire grâce à son humour qui fait rire parce qu’il n’est pas drôle justement. Fou amoureux d’Hermione, il est une bouffée d’air frais quand tout est trop sérieux ou grave. Et vient mon personnage préféré : Hermione Granger-Weasley. J’adore comment son personnage a évolué ici !! Son job lui va à ravir – honnêtement, je ne l’imaginais pas autrement ! – et ses versions alternatives sont aussi d’enfer que sa version « réelle » ! Sa force et son sérieux sont compensés par son amour, sans parler de son intelligence. Draco Malefoy est également présent, mais lui aussi très différent de ce qu’on a pu voir de lui dans les autres tomes – même s’il reste tout de même Draco ! Il est agréable de le voir de cette façon, sensible ; il montre enfin des émotions que l’on a pu vaguement percevoir dans le septième tome. D’autres personnages se trouvent dans le livre, comme Rose Weasley, qui a le même caractère que sa mère, James Potter, un garçon modèle, Lily Potter, un peu effacée parce qu’elle n’est pas encore en âge d’aller à Hogwarts, Minerva McGonagall, que j’ai adoré retrouver ici et qui, elle aussi, ne change pas par rapport aux autres tomes, Delphi Diggori, un personnage ambivalent. J’ai aimé aussi la mention de Neville Longbottom, mais j’ai trouvé dommage qu’il ne soit pas présent dans la pièce, tout comme Luna Lovegood.

La fin est à la fois impressionnante et calme (pour la toute dernière scène), pleine d’émotions elle aussi. Elle promet un changement de situation, le laisse entrevoir. Petite remarque en plus : je n’ai pas du tout été gênée par le format de la pièce de théâtre qui, apparemment, n’a pas convenu à tout le monde. Au contraire, il permet au lecteur d’imaginer tout ce qui n’est pas écrit, il lui laisse un large champ de création. Les décors et les didascalies aident tout de même pour ceux qui ont besoin d’un appui en plus du dialogue. La pièce doit être superbe à voir jouer, ça donne envie !!!

 

Donc, j’ai adoré ! Rien ne m’a gêné, et le monde des sorciers reste pour moi un univers merveilleux ! D’ailleurs, il nous reste encore beaucoup de choses à y découvrir ! J’aimerais beaucoup un nouveau livre, peut-être un roman cette fois, sur le passé, les guerres du monde des sorciers, l’époque des Maraudeurs ou la vie de Tom Jedusor, ou de Dumbledore. J. K. Rowling, m’entends-tu ? :D

 

Le soulier de satin de Paul Claudel

Posté : 3 mai, 2016 @ 1:47 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre :Le soulier de satin  Théâtre

Editeur : Folio

Année de sortie :1982 

Nombre de pages : 501

Synopsis : Dona Prouhèze : Qu’ai-je voulu que te donner la joie ! ne rien garder ! être entièrement cette suavité ! cesser d’être moi-même pour que tu aies tout ! Là où il y a le plus de joie, comment croire que je suis absente ? là où il y a le plus de joie, c’est là qu’il y a le plus de Prouhèze ! Je veux être avec toi dans le principe ! Je veux épouser ta cause ! je veux apprendre avec Dieu à ne rien réserver, à être cette chose toute bonne et toute donnée qui ne réserve rien et à qui l’on prend tout ! Prends, Rodrigue, prends, mon cœur, prends, mon amour, prends ce Dieu qui me remplit !

 

Avis : J’avais eu un oral sur le début de cette pièce, et depuis, je me disais que ce serait sympa de la lire en entier ; j’avais aimé le texte, il m’avait donné envie d’en découvrir plus !

Je n’avais pas fait attention à la taille du livre quand je l’ai d’abord vu sur Livraddict, mais, pour une pièce de théâtre, 501 pages, c’est assez conséquent et inhabituel ! De plus, la typographie de cette édition est assez serrée et petite, ce qui ne facilite pas la lecture. J’ai tenté de me laisser entraîner par l’histoire, mais cela n’a pas tout à fait fonctionné. Ma lecture a été longue, plutôt difficile comparée à d’autres pièces, sans doute en raison de la façon d’écrire de l’auteur, et par l’action assez étrange de la pièce : des notions abstraites sont évoquées, et les personnages, notamment Dona Prouhèze, parle de façon assez obscure, comme lors d’une réplique sur son absence/présence, sur sa promesse impossible à tenir, sur son envie de rester, mais son obligation de partir. Tout est compliqué, et comme le dit Saint Denys d’Athènes dans la pièce, « l’homme sait bien qu’il n’a pas été fait pour être heureux », d’où une vision assez pessimiste de la vie et de l’amour. En effet, l’histoire principale est celle de Dona Prouhèze et de Don Rodrigue : ils ne se sont vus qu’une seule fois, ils sont tombés sous le charme l’un de l’autre, mais la jeune femme est mariée. Ils deviennent alors amants maudits : incapables de se retrouver, jamais libres de s’aimer, ils peuvent faire penser à l’amour que l’on prête au soleil et à la lune. S’ils rejoignent, ils restent séparés, et jamais ne se touchent. Se greffent à cette intrigue d’autres branches qui finissent par se croiser : celle de Don Pélage, mari de Dona Prouhèze, celle de Don Camille, celle de Marie Sept-Epées, celle du Roi. Les personnages sont parfois désignés par des dénominations différentes, ce qui peut troubler le lecteur. Aussi, la pièce se déroule sur un temps très long, même si on ne sait pas exactement combien : elle est divisée en quatre journées prises à quatre époques. A la fin, Don Rodrigue est un vieil homme, quand, lors de la première journée, il devait avoir 20 ans. Les lieux également changent à l’intérieur même de la « journée » : l’Afrique, l’Amérique, l’Espagne. Autre chose : le texte joue avec les codes du théâtre, notamment avec un décor que l’auteur veut « baclé, incohérent et improvisé » ; il est ainsi assez difficile d’imaginer ce que la pièce peut donner une fois montée. Le jeu se fait également avec certains « personnages », qui sont présents pour faire avancer la pièce en rappelant que c’est une œuvre de fiction et en évoquant les spectateurs dans la salle. Cela plante donc une histoire que l’on sait artificielle, qui prend donc toute une dimension abstraite plutôt que concrète. Autre sorte de jeu : l’absurdité parfois des situations dans lesquels se trouvent les  »héros ». Enfin, ce que j’ai particulièrement aimé dans la pièce : les personnages finissent par sortir du déni, ou n’y entrent même pas. En effet, ils ne se mentent pas à eux-mêmes en prétendant qu’ils ne sont pas amoureux, ou qu’ils le sont de leur conjoint, ou qu’ils peuvent gagner une bataille. Ils sont ancrés dans une réalité pessimiste, une réalité qui leur fait dire la vérité, qu’elle blesse eux-mêmes ou les autres.

Les personnages principaux sont Dona Prouhèze et Don Rodrigue. La première est déjà mariée, mais aime éperdument le jeune homme, jusqu’à lui offrir son âme et à causer la mort d’autres personnages impliqués malgré eux dans leur histoire. Elle semble très pieuse – la religion est assez présente dans le texte, et souvent à travers elle. C’est sans doute le personnage qui parle le plus obscurément dans la pièce. Elle est faite de paradoxes et de contradictions, soumise à une loi contre laquelle elle ne peut rien. Quant à Rodrigue, lui aussi aime profondément Dona Prouhèze, mais il semble plus effacé dans leur relation. C’est elle qui agit, quand lui est plus passif, et attend. Il passe par de nombreux statuts avant la fin de la pièce : il semble être lui aussi le jouet de la loi, mais cette fois, plutôt de celle du Roi d’Espagne, qui le jette et le reprend à sa guise. L’amour de ces deux personnages semble impossible pour plusieurs raisons : la situation sociale, la guerre, la religion. Le lecteur rencontre également dans cette œuvre Dona Musique, qui semble très influençable, et à qui l’on ne sait pas vraiment ce qui arrive finalement, Don Pélage, marie de Dona Prouhèze, qui refuse évidemment que sa femme revoit un jour Rodrigue, et qui tente de la protéger de son mieux de la tentation, Don Camille, un « prétendant » de l’héroïne, qui tente de la séduire quand elle est complètement hermétique à ses avances, mariée et amoureuse de deux autres hommes, le Roi, qui se joue de ses sujets, les prend à sa guise, leur fait faire ce qu’il veut, et ne s’émeut pas lorsque l’un d’eux meurt, Marie Sept-Epées, une jeune femme espiègle qui tient à la fois de son père et de sa mère, et qui semble réaliser une union impossible. D’autres personnages plus secondaires se trouvent dans la pièce, comme des pêcheurs, deux actrices, le père jésuite, dont la harangue m’avait donné envie de lire le texte entier.

La fin conclut bien la pièce, dans la mesure où le lecteur peut deviner ce qui arrive à la plupart des personnages auquel il s’est éventuellement attachés – même si je dois dire que c’est assez difficile, et qu’on ne peut pas vraiment parler d’attachement.

 

Donc, une bonne pièce, plutôt difficile à lire, qui joue avec les codes du théâtre de façon plaisante, mais expose une histoire plutôt compliquée à suivre.

Iphigénie de Racine, suivi de Iphigénie à Aulis d’Euripide

Posté : 29 décembre, 2015 @ 7:52 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

IphigénieGenre : Théâtre, Classique

Editeur : Pocket

Année de sortie :2013 

Nombre de pages : 132

Synopsis : 1674. L’helléniste Racine prépare son Iphigénie afin de montrer à la Cour, et « aux siècles à venir » dit-il, comment on écrit une tragédie grecque en français. Dans la rade d’Aulis, un calme plat immobilise la flotte des princes grecs en route pour le siège de Troie. Consulté, le devin Calchas annonce à Agamemnon, leur chef tout-puissant, que les vents ne se lèveront qu’au prix du sacrifice de sa fille Iphigénie. Agamemnon y consent. On fait venir la jeune femme, en lui faisant croire qu’elle va épouser son prétendant Achille. A sa joie de courte durée, succède la résignation. Elle est prête à offrir sa vie pour sa patrie. Mais c’est compter sans l’inconstance des dieux …

 

Avis : Une pièce que je vais prochainement étudier et que j’avais envie de découvrir !

Le synopsis de cette édition est un peu trop complet à mon goût : il dit tout, ce que je trouve dommage. Mais cela n’empêche pas de savourer l’œuvre de Racine. Il reprend ici le mythe d’Iphigénie, fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, qui doit être sacrifiée à la déesse Artémis pour permettre à la flotte grecque de partir en mer attaquer Troie. Racine a déjà repris des histoires mythologiques, comme celle d’Andromaque, ou de Britannicus, mais, cette fois, il s’appuie également sur une œuvre antérieure : Iphigénie à Aulis d’Euripide, présente juste après la tragédie du dramaturge français. C’est donc un double livre, si on peut parler de cette façon, qui nous offre deux œuvres complémentaires. Tout d’abord, l’Iphigénie de Racine : la façon de présenter les actes et les scènes est agréable, ainsi que la manière de mettre en place les répliques. L’écriture de l’auteur est sublime, comme on peut s’y attendre, et ses vers sonnent parfaitement. Quant à Iphigénie à Aulis, la typographie est beaucoup plus serrée, ce qui rebute un peu le lecteur, et ce qui est un peu gênant pour le changement de réplique. On sent également que l’on a affaire à une traduction, les tragédies grecques étant écrites d’une certaine manière. Les paroles des personnages semblent moins naturelles, et les stasimons coupent l’action de la pièce. Les deux œuvres ont des fins différentes ; je ne connaissais moi-même pas la même avant de les lire. Celle de Racine est originale, et fait intervenir un personnage qui, me semble-t-il, a été inventé par l’auteur : Eriphile. Une partie de la tragédie se concentre sur elle, et elle participe à son dénouement.

Iphigénie ne change pas entre les deux œuvres : jeune fille qui adore son père, et qui est aimée par lui, elle est douce et courageuse, et la haine ne semble pas pouvoir se trouver dans son cœur. Elle est pure et raisonnable. La seule différence est peut-être l’enthousiasme que dépeint Euripide : la jeune fille se voit comme sauveteur de la Grèce, comme la seule à pouvoir permettre la guerre contre Troie et la réparation des torts d’Hélène. Le lecteur s’attache facilement à Iphigénie, et prend pitié de sa situation : elle ira bien vers l’autel, mais pas comme épouse d’Achille. Agamemnon, à la fois roi et père, se voit déchiré entre ces deux rôles qu’il lui faut jouer. La décision qu’il prend semble inadmissible, comment peut-on tuer sa fille pour aller faire la guerre ? Mais pour les Grecs, c’est un moindre mal : qu’est-ce qu’une fille face à des milliers d’êtres ? De plus, il faut venger Ménélas, qui s’est vu voler son épouse. Agamemnon ne semble donc pas pouvoir trouver d’issue : entre le déshonneur et le crime, c’est le second qu’il choisit. Son cœur parle pourtant, et il ne peut se résoudre à accepter sans broncher le commandement des dieux. Il tente ainsi de les braver dans la pièce de Racine. Loin d’être froid et insensible, c’est la malédiction des Atrides qui pèse sur ses épaules, et dont il ne peut se débarrasser. Il semble aussi porter le poids de sa noblesse, qu’il doit prouver. Clytemnestre, quant à elle, passe de mère heureuse de marier sa fille à femme désespérée qui perd son enfant. Cela annonce les prémisses de sa trahison envers son mari, qu’elle finira par détester. Achille est également présent : il est pris comme prétexte pour attirer Iphigénie à Aulis. Il m’a semblé plus passionné chez Racine que chez Euripide, où il est plus sage et mesuré. Eriphile, personnage apparemment inventé, porte une grande partie de la tragédie. Elément perturbateur et déclencheur, elle joue également un grand rôle à la fin de la pièce. Esclave et désespérée, elle suscite la pitié du lecteur : elle ne sait pas qui sont ses parents, et se voit éprise d’un homme qu’elle n’aurait jamais dû aimer. La fatalité s’acharne sur elle, et les dieux en font leur jouet, autant que les autres personnages. Ménélas n’apparaît que dans la pièce d’Euripide, et son changement d’attitude à l’égard de son frère et de sa nièce ne semble pas cohérent, vu sa rapidité. Il passe pour un frère indigne, puis pour un frère qui se sacrifie, et qui renonce, quand ce n’est plus possible. Ulysse joue ce rôle dans la pièce de Racine : il tente de convaincre Agamemnon avant de compatir à sa douleur.

Il m’a semblé que cette pièce traitait, à travers la fatalité qui touche Agamemnon, du sort qui peut s’abattre sur n’importe qui à n’importe quel moment. Le roi a beau être tout-puissant, a beau tout avoir, il doit renoncer à quelque chose, il doit souffrir et détruire pour obtenir ce qu’il veut. Cela montre un autre aspect de la royauté, derrière les richesses et le bonheur qu’on leur prête. Il faut soumis à des devoirs qui les oppressent, même si leurs droits sont supérieurs à ceux de leurs sujets. Ils sont menacés par le déshonneur à chaque pas, par l’opprobre, par la colère du peuple, qui peut se soulever pour les renverser. Leur sort n’est pas enviable, ils sont torturés psychologiquement, ce qui les pousse vers la folie.  

La fin des deux œuvres tend à réduire la tragédie, même si quelqu’un meurt tout de même, et que de nombreuses morts suivent dans l’histoire de la famille des Atrides. C’était assez original par rapport aux autres tragédies où de nombreux personnages succombent par folie, amour, ou colère divine.

Petit plus dans cette édition : un dossier dans lequel se trouve toute l’histoire des Atrides, avant et après l’histoire racontée dans la pièce. Un vrai plaisir !

 

En définitive, une très bonne tragédie, différente des autres, et qui nous raconte l’histoire d’Iphigénie.

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