Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Ready Player One d’Ernest Cline

Posté : 20 février, 2018 @ 11:03 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction, YA Ready Player One

Editeur : Arrow Books

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 374

Titre en français : Player one

Synopsis : THE BREAKOUT SENSATION OF THE YEAR

Imagine the WORLD AT STAKE.

An EPIC STRUGGLE between good and evil.

The GREATEST QUEST in history.

The FATE OF HUMANITY resting in your hands?

ARE YOU READY?

 

Avis : Cela fait un moment que je veux lire Ready Player One, et je me suis enfin lancée en le voyant à la BU de ma fac !

Je m’attendais à adorer ce livre ; pour autant, je ne pensais pas être autant emportée dans l’univers de l’auteur. Le monde qu’il a créé est à la fois déprimant et sensationnel ! J’ai adoré les moments passés dans l’OASIS ; si seulement notre monde était cet OASIS, dans lequel tous les mondes fictifs prennent vie ! J’ai eu l’impression qu’Ernest Cline était parvenu à mettre en forme la façon dont je vois la littérature : un univers complet de planètes différentes pour chaque œuvre, planètes sur lesquelles il suffit de se poser pour être complètement immergée dans le monde du livre. Mes précédentes lectures sont pour moi des mondes que je revisite ! Je suis parvenue à imaginer les différents sites visités par Wade dans les détails, grâce aux descriptions de l’auteur. J’ai adoré toutes les références nerd qui parcourent le livre ; les explications n’étaient pas de trop, étant donné que je ne connaissais pas tous les jeux vidéo/films mentionnés. Honnêtement, Ready Player One est un de ses livres pour lesquels on ne se pose pas la question de savoir si on aime ; pendant la lecture, on exulte tellement ce livre est fait pour nous !! Je me suis sentie dans le même état que Patrick Rothfuss dans son commentaire sur la quatrième de couverture : « Ce livre a satisfait tous les os geek de mon corps geek. J’ai eu l’impression qu’il était écrit pour moi. » J’ai aussi aimé la mise en avant de l’amitié – même s’il y a quand même aussi de l’amour – : ce livre permet de montrer que les relations virtuelles peuvent se concrétiser, et même, quelque part, qu’elles permettent d’apprécier une personne pour elle-même et non pour son apparence physique – ce qui est clairement remis en question par l’attirance physique que ressent Wade pour un autre personnage, mais passons ! Ce livre montre une vie dans laquelle virtualité/technologie et réalité sont entrelacées de manière presque inextricable et excessive ; mais, après tout, c’est la voie que nous prenons aussi avec le temps ! La seule chose qui m’a agacé dans ce livre : [SPOILER] le temps que mettent les personnages à former une équipe !! Sérieusement, c’est évidemment la seule solution pour empêcher les Sixers de remporter le concours, et eux attendent la dernière minute pour s’allier !! [FIN DU SPOILER]

Bien sûr, le livre contient quelques figures YA, comme l’histoire d’amour, mais cela ne m’a pas dérangé, et j’ai aimé que le « héros » ne puisse pas tout faire seul, exactement comme Harry Potter ! Aussi, à côté de la construction de l’univers formidable de l’auteur, les personnages sont un peu moins développés. Wade est assez semblable aux « héros » que l’on a l’habitude de retrouver dans les romans YA. Il est déjà marqué par la pop culture à cause de la façon dont son père a voulu l’appeler, ce qui le place un peu dans la position d’« élu » ; mais rien à voir avec Harry Potter, qui est le fils survivant de résistants, ou Percy Jackson, fils d’un dieu. Wade est ordinaire, et devient extraordinaire à travers sa quête. C’est un peu aussi un roman d’apprentissage : Wade doit apprendre à vivre dans le monde réel autant que dans l’OASIS. Son parcours est fait d’obstacles, mais aussi de rencontres qui engendrent des sentiments. Ici, j’ai particulièrement aimé les personnages d’Art3mis et Aech. Art3mis est présentée, dès le début, comme le crush du héros : il ne la connaît pas, mais ses mots le touchent. Elle est brave et courageuse, et ne se laisse pas marcher sur les pieds parce que c’est une fille qui geeke autant que les garçons – voire plus ! Grâce à elle [SPOILER] et à Aech [FIN DU SPOILER], l’auteur évoque la discrimination dans le milieu du jeu vidéo : les filles sont généralement vues comme inférieures aux garçons dans ce domaine. Art3mis les remet à leur place (Team Art3mis !). Aech, quant à lui, 1) me fait rire, 2) est l’ami parfait, avec lequel le héros a tellement d’intérêts communs qu’ils pourraient être frères. Meilleur ami de Wade, il est toujours là pour lui si besoin est, que ce soit niveau argent ou logement. Bien sûr, ils ne se sont jamais rencontrés, et Wade n’a jamais demandé son aide ; mais j’ai adoré que l’auteur mette en avant une telle amitié ! [SPOILER] J’ai fini par me douter de l’identité réelle d’Aech à la fin du livre, quand les personnages vont enfin se rencontrer ; j’ai adoré que ce soit une fille, et que leur amitié ne change pas pour une question de sexe, de couleur de peau – elle est afro-américaine – ou d’orientation sexuelle – elle est homosexuelle. Le lecteur pourrait penser que ça fait beaucoup pour un seul personnage, et que l’auteur a concentré toute la diversité de son livre sur Aech – elle est aussi grosse, comme Art3mis, qui est qualifiée de Rubenesque –, mais cela ne m’a pas dérangé. [FIN DU SPOILER] Les « méchants » sont bien représentés par Sorrento, qui n’a aucun scrupule à tuer si nécessaire ; mais on ne peut pas dire qu’il fasse partie des grands villains qu’on adore détester, ou qui sont essentiellement à l’histoire, comme Voldemort ou Sauron.

Comme je vous l’ai dit plus haut, le monde de Ready Player One est aussi déprimant ; et par-là, j’entends le monde réel. Frappé par une crise énergétique et écologique, la planète est en train de mourir, et les humains, face à cette catastrophe, préfèrent se réfugier dans l’OASIS. Aussi, comme le présent n’est pas folichon, ils vouent une sorte de culte au passé, et notamment aux années 80. Cela s’explique aussi par le fait que le créateur de l’OASIS, James Halliday, est un geek, obsédé par les jeux/films/livres de son adolescence, donc, des années 80. A sa mort, il lance un défi aux utilisateurs de l’OASIS : trouver son Easter Egg afin de remporter toute sa fortune, qui s’élève à plusieurs milliards de dollars. Les personnages deviennent alors de véritables érudits concernant les années 80 : ils connaissent chaque jeu, chaque film, chaque livre par cœur, et peuvent même donner la date de parution !! La vraie « leçon » du livre, pour autant, n’est pas que la vie virtuelle est mieux ; le but n’est pas que Wade se perde dans l’OASIS, ou qu’il vive continuellement dans le passé. On peut être un vrai geek, être obsédé par Le Seigneur des anneaux, les jeux rétro et Ghostbusters, tout en sachant que la vie réelle vaut la peine d’être vécue. Ces deux « mondes » ne sont pas inconciliables. En fin de compte, la quête de Wade est multiple, et ne se déroule pas seulement dans l’OASIS, mais aussi dans le monde réel.

J’ai regardé Stranger Things il n’y a pas longtemps ; il semble que je sois d’humeur 80s en ce moment !! Je dois toujours finir la deuxième saison, mais je n’ai pas envie d’attendre la troisième – la première se terminait sur un tel cliffhanger !! La mention de Donjons et Dragons dans Ready Player One m’a d’ailleurs rappelé la série ! J’ai hâte de voir le film de Spielberg : la barre est placée très haut !!

 

Donc, un gros coup de cœur, ce qui n’était pas arrivé depuis Assassin’s Apprentice de Robin Hobb !! J’ai bien fait de revenir à la SFF cette année !!

H(A)PPY de Nicola Barker

Posté : 9 février, 2018 @ 10:15 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction H(A)PPY

Editeur : William Heinemann

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 282

Titre en français : Pas encore traduit

Synopsis : Imagine a perfect world where everything is known, where everything is open, where there can be no doubt, no hatred, no poverty, no greed. Imagine a System which both nurturs and protects. A Community which nourishes and sustains. An infinite world. A world without sickness, without death. A world without God. A world without fear.

Could you … might you be happy there?

H(A)PPY is a post-post-apocalyptic Alice in Wonderland, a story which tells itself and then consumes itself. It’s a place where language glows, where words buzz and sparkle and finally implode. It’s a novel which twists and writhes with all the terrifying precision of a tiny fish in an Escher litograph – a book where the mere telling of a story is the end of certainty.

It is another imaginative tour de force from one of our most audacious and ambitious novelists; a writer The Guardian declares ‘a genius’.

 

Avis : Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec H(A)PPY ; je n’avais jamais lu de livres de Nicola Barker, ni de réécriture dystopique d’Alice au pays des merveilles !

Honnêtement, c’est le livre le plus bizarre que j’ai jamais lu, et un des plus déroutants ! Mais il est aussi touchant à sa manière : le lecteur se place du côté de Mira A, il veut qu’elle réussisse, malgré le fait que son espèce de rébellion la fait souffrir, la coupe de tout ce qu’elle a connu, de tout ce qu’elle tenait pour certain. Je suis sûre que je n’ai pas tout compris, mais j’ai l’impression que c’est normal, et cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. H(A)PPY est vraiment unique en son genre, complètement à part, très original ! Et ce, d’abord grâce à son format : différentes couleurs d’encre sont utilisées tout le long de l’œuvre pour signifier différentes choses. Différentes polices d’écriture apparaissent aussi. C’est grâce à cette façon d’écrire / de raconter que l’histoire se dit elle-même, puis disparaît. On dirait presque que le personnage n’est parfois qu’un prétexte, qu’un canal pour que l’histoire soit connue. Cela peut aussi représenter une métaphore du travail de l’écrivain, ou de l’inspiration : l’auteur n’est qu’un canal à travers lequel le roman, le poème, la nouvelle, le récit nous parvient.

D’un côté, j’ai appris beaucoup de choses, notamment : sur le Paraguay, dont je ne connaissais que la localisation sur une carte, on apprend quelques éléments historiques passionnants, mais qui indignent aussi le lecteur – cela m’a donné envie de me renseigner ! ; et à propos d’Agustín Barrios, un guitariste paraguayen dont je ne savais absolument rien ! D’un autre, H(A)PPY montre au lecteur un monde sans passé, ou plutôt, qui a peur du passé, qui veut le renier, et les conséquences de cette façon de penser. Cette œuvre est dense, étrange, et absorbe le lecteur. Elle traite aussi de musique – Mira A est musicienne et voit la musique et les instruments différemment des autres personnes autour d’elle –, de doubles – un thème que j’aime beaucoup ! –, de lavage de cerveau et de rébellion, d’humains modifiés par la technologie, d’une société qui essaie de contrôler tout pour tout le monde. Cela traite de la liberté et du bonheur. Pourrions-nous, vraiment, être heureux dans ce genre de monde ?

Je ne peux pas vraiment parler des personnages ; comme je l’ai dit plus haut, ce ne sont pas eux qui sont importants mais l’histoire racontée grâce à eux. On ne sait pas grand-chose de Mira A, à part qu’elle fait partie des Young. On ne connaît pas son âge, on ne sait même pas si Mira A est son vrai nom, ce qui paraît peu probable. Le lecteur ne sait pas non plus si l’histoire qu’elle raconte est sa propre histoire, ou celle d’une autre – elle-même se pose la question à un moment donné. Les autres personnages sont assez difficiles à cerner : est-ce qu’ils mentent, est-ce qu’ils sont du côté de Mira A ? Veulent-ils l’aider ou la piéger ?

La fin est une bonne clôture pour l’histoire, et elle laisse imaginer ce qui arrive ensuite. En revanche, je n’ai pas vu l’aspect Alice au pays des merveilles !

 

Donc, un livre déroutant, mais qui fait réfléchir.

 

Shatter Me, book 3 : Ignite Me de Tahereh Mafi

Posté : 16 janvier, 2018 @ 9:41 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Ignite Me Genre : Science-Fiction, YA

Editeur : Harper

Année de sortie : 2015 [2014]

Nombre de pages : 408

Titre en français : Insaisissable, tome 3 : Ne m’abandonne pas

Synopsis : THE FATE OF OMEGA POINT IS UNKNOWN.

Everyone Juliette cares about may be dead. Now Juliette is the only one standing in the Reestablishment’s way. But to take them down, as well as Anderson, the man that nearly killed her, Juliette needs the help of the one person she never thought she could trust: Warner. And as they work together, Juliette will discover that everything she thought she knew – about Warner, her abilities, and even Adam – was wrong.

 

Avis : Je devais finir cette série en 2017, mais le deuxième tome m’avait tellement déçue que je n’avais pas eu envie de lire Ignite Me tout de suite.

Eh oui, Juliette m’avait tellement agacée à geindre non stop sur sa situation ! Elle a complètement ruiné le côté super-héros de l’histoire, qui était censé se développer dans Unravel Me en ne cessant de se plaindre, et en se retrouvant au centre d’un triangle amoureux très douteux – il faut dire que je déteste de plus en plus les triangles amoureux ! J’attendais cet élément de la série avec impatience !! Et là, je commence Ignite Me et ENFIN, ENFIIIIIIIIIN, Juliette se réveille, elle réagit ! Cela lui a quand même pris trois tomes, mais elle a évolué !! Elle se ressaisit enfin et se rend compte que son pouvoir n’est pas forcément une malédiction ! J’étais tellement contente, j’avais attendu ce changement d’attitude tout le long du deuxième tome !! Peut-être était-ce un peu tard de ne la faire réagir que dans ce volume, mais, étant donné que la série est rallongée, je pourrais en lire plus à propos de la Juliette badass !! 

Bien sûr, tout se dénoue ici : le lecteur (et Juliette) comprend la raison de ce triangle amoureux, ses causes – ce qui le rend plus plausible que dans le deuxième tome -, pourquoi elle ressent telle chose pour Adam et telle chose pour Warner, pourquoi elle ne comprend pas ce qui lui arrive. C’est vrai qu’elle a été enfermée pendant longtemps, et qu’elle ne pouvait toucher personne à cause de son pouvoir, donc le fait de pouvoir toucher quelqu’un la rend complètement euphorique ; mais elle reste parfois un peu agaçante, et j’ai levé les yeux au ciel quand elle cherche à mentir sur ses sentiments, et même à se mentir à elle-même ! Pourquoi les héroïnes YA font-elles toujours ça ? Heureusement, la romance prend moins de place ici, et on se concentre plus sur l’action ! Juliette se rend compte que la Terre ne tourne pas autour d’elle, et qu’elle doit réagir si elle veut le monde change ; elle laisse donc un peu tomber la romance et se concentre sur la « politique » si on peut dire ! [SPOILER] J’ai aimé enfin voir d’autres personnages, et assister à des petites séances d’entraînement, même si elles ne concernent que Juliette ; j’ai aussi aimé voir l’évolution de ses pouvoirs, et le fait qu’elle commence par échouer est plutôt cohérent, elle ne maîtrise pas tout tout de suite ! [FIN DU SPOILER] Une chose étrange avec ce tome : je n’ai pas réussi à apprécier pleinement l’écriture de Tahereh Mafi; comme je l’avais fait dans le premier tome, Shatter Me, sans doute parce que j’avais un a priori sur ce livre, et que je pensais que je n’allais pas aimer. Je suis donc un peu passée à côté, même si certaines phrases restent belles – peut-être ai-je trop été agacée par Juliette dans le deuxième tome pour apprécier de me retrouver encore dans ses pensées, avec ses métaphores et ses phrases imagées. J’étais aussi plus concentrée sur l’action !

J’ai aimé découvrir Warner, le vrai Warner s’entend ! J’avoue que je ne comprenais pas l’attrait de Juliette pour lui – elle était clairement en train de tomber amoureuse de lui dans le deuxième tome, alors qu’il était censé être un monstre. Encore, qu’il l’attire physiquement, mais qu’elle éprouve des sentiments pour un gars qui a essayé de l’utiliser ? Elle tentait de se dire qu’elle le détestait – et je le détestais avec elle – mais elle tombait quand même dans ses bras dès qu’il l’a touchée. Je ne comprenais pas le triangle amoureux, que je trouvais absurde, parce que ce personnage était tout simplement détestable, qu’il ne pouvait pas être pardonné. Je n’aime pas non plus le personnage d’Adam : dans le deuxième tome, il me paraissait assez faible, et tirait Juliette vers le bas. Il était aussi assez geignard, comme elle : j’avais l’impression qu’ils s’entraînaient l’un l’autre dans le malheur. Donc, vraiment, niveau garçons, j’avais envie que Juliette n’en choisisse aucun ! Mais, [SPOILER] après avoir découvert la vérité sur Warner, je dois dire que j’apprécie le personnage ! Bon, c’est peut-être un peu facile de tout résoudre de cette façon, mais ça reste cohérent, et ça permet aussi, surtout, de montrer à quel point [FIN DU SPOILER] Juliette se trompait sur absolument tout : Warner, Adam, ses sentiments, son pouvoir. Elle se complaisait tellement dans son malheur qu’elle n’a pas tenté de pousser son pouvoir, de l’explorer. Comme elle ne s’est jamais acceptée, elle n’a fait que subir, que rester passive, alors qu’elle aurait pu agir. Elle était convaincue que, si elle agissait, elle allait faire souffrir, que ce serait mauvais et méchant ; elle s’est donc enfermée dans une illusion de gentillesse et de fragilité, alors qu’elle est bien plus forte et plus résistante, elle est devenue quelqu’un d’autre qu’elle-même, pour faire croire aux autres qu’elle était inoffensive.

Cette fin. Sérieusement, si le quatrième tome n’était pas déjà annoncé, j’aurais été tellement déçue !! [SPOILER] Je voulais la grande guerre, celle que j’ai attendu tout le livre en m’inquiétant de voir les pages défiler ! Je n’ai eu qu’une petite bataille, et une mort un peu trop facile. [FIN DU SPOILER] Un peu trop rapide et facile peut-être. Et la fin est clairement ouverte ; ça ne me dérange pas toujours mais, là, j’en voulais plus ! J’ai tellement hâte de lire le prochain tome, Restore Me !! J’espère qu’il y aura de l’action !!

 

Donc, un bon livre, dans lequel Juliette change enfin, qui se concentre bien plus sur l’action, mais une fin trop facile et trop rapide, sauvée par la sortie prochaine du quatrième tome !

Poor Things d’Alasdair Gray

Posté : 14 janvier, 2018 @ 7:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction Poor Things

Editeur : Penguin Books

Année de sortie : 1993 [1992]

Nombre de pages : 317

Titre en français : Pauvres créatures

Synopsis : What strange secret made beautiful, tempestuous Bella Baxter irresistible to the poor medical student Archie McCandless? Was it her queer origin in the home of monstrous Godwin Baxter, the genius whose voice could perforate eardrums? This story of love and scientific daring storms through Victorian operating theatres, continental Casinos and a Parisian brothel to an happu end in a decent, old-fashioned Scottish marriage.

 

Avis : Poor Things est un des livres que je voulais lire pour le mémoire ; même si je ne l’étudierai sans doute pas, j’avais très envie de le découvrir.

J’ai entendu parler de ce livre sur la chaîne de Jen Campbell ; elle ne cessait de le recommander en disant qu’il était formidable et le présentait comme une réécriture de Frankenstein. Je me suis alors rendue compte que je n’en avais jamais lue ! Tout d’abord, j’ai aimé le format original de ce livre ; en effet, ici, l’auteur, Alasdair Gray, veut nous faire croire que l’histoire qu’il nous raconte est réellement arrivée, et ce, dès son introduction. Suit une espèce d’autobiographie/biographie écrite par Archibald McCandless, très incomplète puisqu’elle ne nous raconte qu’un tout petit bout de l’histoire. A la fin se trouve une lettre de sa femme, qui nous donne une autre version de l’histoire. Enfin, le livre s’achève sur les notes critiques et historiques d’Alasdair Gray, qui tente une dernière fois de prouver que tout est bien arrivé. J’ai aimé ce procédé et ces multiples versions de l’histoire : le lecteur choisit ce qui lui semble le plus « probable », sachant que l’auteur penche sur la version d’Archibald, semble-t-il. 

Bien sûr, une telle réécriture implique des réflexions sur la science, sur la capacité de l’homme à se prendre pour Dieu, mais aussi sur le fait que l’homme est capable de créer des hommes sans avoir besoin de la procréation. [SPOILER] J’ai d’ailleurs adoré le jeu sur l’onomastique : le « créateur » s’appelle Godwin Baxter, et Bella/Victoria l’appelle God. Plusieurs interprétations ici : soit Godwin, étant donné qu’il est un être très particulier – il ressemble plus au monstre de Frankenstein que Bella, est capable de faire des choses extraordinaires, des espèces de miracles, soit l’homme, grâce aux avancées de la science, devient véritablement capable de créer, ou de sauver, des humains alors qu’ils sont morts depuis longtemps (ici, sept jours). [FIN DU SPOILER] Ici, la médecine n’est plus seulement vue comme une science, mais comme un art, qui demande à son praticien de traiter son patient comme un être vivant, qui ressent les choses, et pas comme quelque chose de mort.  

Pourtant, j’ai eu du mal à entrer dans ce livre ; en effet, je n’appréciais pas vraiment les deux personnages masculins, Godwin Baxter et Archibald McCandless, et leurs raisonnements. Puis est arrivée Bella, et elle m’a fait adorer ce livre ! J’ai adoré sa vision du monde, son innocence et son indignation, j’ai adoré les réflexions qu’elle apporte au livre sur la femme et la société : ce livre est, du coup, très féministe, et [SPOILER] fait peut-être même ici de la femme un être supérieur parce que douée de la sensibilité d’un humain mais complètement désengagée des conventions et des convenances, une femme qui revient à l’humain d’origine, un être bon et sensible, qui ne comprend plus le monde autour de lui. [FIN DU SPOILER] Je me suis reconnue dans son désespoir face à la cruauté, à l’injustice et au sexisme. Elle n’a pas de place dans ce monde et [SPOILER] quand elle essaie de changer quelque chose, elle est ridiculisée, insultée, méprisée parce qu’elle est une femme et qu’elle apporte quelque chose de nouveau ! [FIN DU SPOILER] J’ai adoré qu’elle montre la femme différemment, libre, complètement indépendante ; étant donné qu’elle est une femme-enfant, elle se fiche totalement des conventions parce qu’elle n’a pas reçu une éducation normée ; elle agit comme bon lui semble, tout en apprenant, au fil du temps, de ses erreurs – un vrai petit guide d’éducation haha ! Elle est rafraîchissante ! Aucun homme ne peut la restreindre, ou la contraindre, par quelque moyen que ce soit. [SPOILER] Quand le lecteur apprend finalement toute son histoire, et qu’elle se retrouve en face de son mari, j’avais envie de le frapper à l’entendre parler des femmes de la sorte ! On peut dire « sexisme de l’époque oblige », certains hommes ne se comportaient pas de cette manière, heureusement ! [FIN DU SPOILER] C’est elle qui m’a permis d’apprécier Godwin Baxter, cette espèce d’ours gentil, ce géant qui n’est pas pris au sérieux à cause de son apparence.  

J’ai adoré, et j’ai détesté ce livre parce qu’encore une fois, la réalité sociale est placée devant les yeux du lecteur, et cela devient insupportable : cette hypocrisie, cette méchanceté, cette mesquinerie, cette cruauté, et notre impuissance. La fin, [SPOILER] qui nous permet de connaître la vie de Bella/Victoria après la mort d’Archibald et Godwin [FIN DU SPOILER] est triste, parce que, finalement, rien n’a changé, malgré les actions des personnages.

 

Donc, un excellent roman gothique, qui nous parle aussi de science, de société, et de la femme.

 

The Lunar Chronicles, book 3,5: Fairest de Marissa Meyer

Posté : 27 novembre, 2017 @ 9:54 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : SF Fairest

Editeur : Feiwel and Friends

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 222

Titre en français : Les Chroniques lunaires, tome 3,5 : Levana

Synopsis : Pas de synopsis à mon édition ; globalement, le livre raconte l’histoire de Levana, comment elle est devenue reine.

 

Avis : Une petite lecture commune avec ma sœur (sa chronique) ! J’avais très envie de poursuivre ma lecture de The Lunar Chronicles, même si j’avais moins apprécié Cress ; j’avais même commandé Wires & Nerves pour lire « la suite » de la série !

Je ne pensais pas qu’il était nécessaire de lire Fairest pour comprendre toute l’histoire ; mais l’origine de la méchanceté de Levana me semble indispensable, ou, en tout cas, intéressante à connaître. Comment comprendre ce personnage affreux sans ce livre ? Honnêtement, je ne pensais pas qu’il serait aussi horrible, cruel, à la fois à cause du personnage de Levana, mais aussi à cause de ce qui lui arrive. Malgré tout, l’auteur ne tente jamais de nous la faire aimer, et heureusement ; le lecteur ne peut que ressentir de la pitié pour elle [SPOILER] ce qui est assez horrible aussi, puisque Levana n’obtient jamais ce qu’elle veut : être aimé, ni par l’homme qu’elle aime, ni par le lecteur qui la découvre, et encore moins par les membres de sa famille. [FIN DU SPOILER] Fairest commence par une sorte de souvenir, qui nous laisse comprendre ce qui est arrivé à Levana, sans nous le raconter vraiment – l’épisode ne viendra que vers la fin. Et quel choc !! Le lecteur, pendant toute la lecture, se retrouve sur Luna, et découvre cette société, très différente de la nôtre, et pourtant, facilement imaginable. Ce monde est malsain, tout y est faux, que ce soient les émotions ou les apparences. L’amour n’existe pas, le mariage ne veut rien dire : les parents de Levana ne s’aiment pas, l’amour familial n’existe pas, même entre sœurs. Et c’est justement le problème de Levana : elle veut de l’amour, et elle n’en trouve pas. Jusqu’au jour où il est en face d’elle … mais pas dirigé vers elle. En quête d’amour, la jeune fille devient jalouse, et même détestable. [SPOILER] Elle n’a aucun scrupule, à la mort de la femme d’Evret Hayle, à le séduire, alors qu’il n’est veuf que depuis quelques minutes !! [FIN DU SPOILER] Une partie du caractère de Levana lui vient donc de son éducation, ce qui implique qu’elle aurait éventuellement pu être différente, si elle avait été élevée correctement. Mais il faut ensuite avouer qu’elle est vraiment mauvaise.  

En effet, Levana est un personnage complexe, mais toujours penchée vers le mauvais côté. Désillusionnée, moquée, jalouse, désespérée, fatiguée et blessée de vivre dans un monde où elle est l’éternel vilain petit canard, elle décide de devenir le cygne, quoi que cela implique. C’est alors qu’elle devient la Levana que le lecteur connaît déjà dans la série. L’auteur est parvenu à créer un affreux « villain » parfaitement réaliste, avec une histoire cohérente. L’un des problèmes de Levena est qu’elle n’a pas les bons exemples, mais surtout, pas les bons principes. Elle pense savoir ce qu’est l’amour, mais il est clair que ce n’est pas le cas. Elle rêve de situations dans lesquelles elle ne se retrouve jamais, parce qu’elle ne permet pas aux autres de la connaître, parce qu’elle veut toujours le contrôle, et surtout, parce qu’elle doit toujours paraître. Elle rêve aussi d’un amour réciproque, et s’imagine le trouver, ce qui est assez embarrassant pour le lecteur, qui la prend en pitié encore une fois. Son désespoir est poignant, mais ce qu’elle fait empêche de la plaindre pleinement. [SPOILER] Levana est clairement l’avatar de la méchante reine dans « Blanche-Neige » : elle se marie avec le père de Winter – quelle surprise de découvrir ses parents, d’ailleurs, même si je m’en doutais un peu à la lecture ! -, devient donc la belle-mère de la petite fille, qu’elle déteste, comme la méchante reine d’origine, parce que son père l’aime, mais aussi parce qu’elle va devenir plus belle qu’elle par la suite. La seule qu’elle ne fait pas, c’est tuer la mère de Winter ; mais elle aurait été prête à le faire si elle avait mis plus de temps à mourir ! En effet, elle était trop belle, et gardait le cœur de celui qu’elle aime. [FIN DU SPOILER] Et c’est l’un des autres problèmes de Levana : la beauté. Parce qu’elle a eu un problème dans son enfance, [SPOILER] sa sœur Channary l’a défiguré – le choc de lire cette histoire !! On comprend vraiment mieux le côté fou et désespéré de Levana après ça ! [FIN DU SPOILER] Levana veut être la reine la plus belle qui ait régné sur Luna, mais aussi la plus efficace. Elle veut constamment plus de pouvoir, ce qui la pousse à commettre des actes qu’elle regrette, mais dont elle étouffe la culpabilité en se disant que c’était nécessaire pour Luna ! Elle justifie le meurtre pour sa propre ascension en prenant le prétexte qu’elle est la meilleure reine possible pour son peuple !! Elle pense sincèrement à lui, et veut le meilleur pour lui, même si cela implique de réduire la Terre à néant. ; mais ses justifications sonnent très faux ! Par le fait qu’elle semble d’abord penser à Luna avant elle-même, elle est complètement différente de Channary, sa sœur ainée, dix fois plus folle et cruelle que Levana ! Ce personnage est tout simplement un cauchemar incarné : sans pitié, ignorante et sans aucune ambition autre que s’amuser, c’est une mauvaise reine, et une sœur déplorable. Son plaisir est d’humilier sa cadette depuis l’enfance, et personne n’ose rien lui dire, étant donné qu’elle fait partie de la famille royale, et même qu’elle est princesse, puis reine. Un des personnages les plus détestables qu’il m’ait été donné de rencontrer !! On rencontre d’autres personnages, comme Evret, qui paie sa gentillesse chèrement, Winter, petite, qui semble douce mais aussi méfiante envers Levana, Sybil Mira, déjà affreuse, et déjà sur la même longueur d’ondes que Levana, Selene, qu’il est étrange de découvrir ici, surtout en lisant le fameux passage !! Cress est également brièvement mentionnée.

La fin m’a laissée sans voix : [SPOILER] je ne pensais vraiment pas qu’elle était capable d’aller jusqu’à tuer le seul être pour qui elle ait jamais ressenti quoi que ce soit, le seul qui lui ait montré de l’affection, même si ce n’était pas vraiment de l’amour !! [FIN DU SPOILER] Je pensais que cela devait arriver au cours de la lecture, mais je me suis aussi dit que c’était trop, qu’elle n’en serait pas capable. Le lecteur comprend alors pourquoi elle est si dure dans la série. Cette fin est aussi affreuse que le reste du livre. Je suis tout de même contente d’avoir découvert l’histoire de Levana ; ce livre est vraiment bon, bien écrit, et il n’y a pas d’incohérence avec la suite de la saga. Encore une fois, heureusement que l’auteur n’a pas tenté de nous faire apprécier son personnage ; cela aurait complètement gâché le livre ! Elle ne peut pas même être un personnage que l’on apprécie de détester pour moi.

 

Donc, un très bon livre, intéressant, qui place le lecteur dans la tête d’un des méchants les plus réalistes de la littérature.

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