Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Only Ever Yours de Louise O’Neill

Posté : 28 août, 2018 @ 11:08 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-fiction Only Ever Yours

Editeur : Quercus (riverrun) 

Année de sortie : 2015 [2014]

Nombre de pages : 390

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : The bestselling novel about beauty, body image and betrayal.

eves are designed, not born. The School trains them to be pretty. The School trains them to be good. The School trains them to Always be Willing.

All their lives, the eves have been waiting. Now, they are ready for the outside world. companion … concubine … or chastity. Only the best will be chosen. And only the Men decide. 

 

Avis : J’ai découvert Louise O’Neill cette année, et je me suis dit qu’il ne fallait pas m’arrêter en si bon chemin !

Autant vous le dire tout de suite : ce livre est un cauchemar. Je me suis sentie mal à l’aise, quasi malade, pendant la lecture !

J’ai vu de nombreux lecteurs se plaindre de la ressemblance avec The Handmaid’s Tale. Ici aussi, les femmes sont contrôlées, soumises. Mais, pour moi, ces deux livres ne sont pas identiques, comme certains le disent. Chez Margaret Atwood, nous découvrons le nouveau régime/système par les yeux d’une adulte qui a connu notre monde. freida, elle, a été créée synthétiquement ; elle ne connaît de notre monde que ce que veut bien lui montrer la chaîne Nature, et ce que lui expliquent les chastity. Elle n’a aucun respect pour elle-même, parce qu’elle ne sait pas qu’elle pourrait en avoir. Elle est comme programmée, elle suit les règles de l’Ecole, même si elles ne lui semblent pas toujours justes. Only Ever Yours pourrait quasi être une suite de The Handmaid’s Tale ; mais même le monde, les termes, sont différents. Chez Margaret Atwood, les femmes ont de la valeur grâce à leur fertilité ; chez Louise O’Neill, je pense que les concubines ne sont pas censées avoir d’enfants. Elles ne sont là que pour le plaisir des hommes. Certes, les compagnes ont des certificats de fertilité ; mais c’est surtout leur apparence qui compte ; ce n’est absolument pas le cas dans The Handmaid’s Tale ! Les servantes [SPOILER] portent des enfants qu’elles donnent ensuite aux épouses ; les compagnes ont leurs propres enfants, et exclusivement des garçons. [FIN DU SPOILER] L’idée, la soumission des femmes aux hommes, est la même ; mais l’exécution, l’histoire, les personnages, la fin, en gros tout le reste est différent !

Encore une petite comparaison : j’ai d’abord lu The Surface Breaks de l’auteure – que j’ai aussi défendu quand j’ai vu qu’il était taxé d’anti-féminisme et de misandrie ! – et je trouve que freida ressemble à Gaia, sans, bien sûr, être la même. Elles sont toutes les deux incapables de lutter contre la société, de résister à l’envie de lui obéir et de se soumettre, parce que c’est plus simple, et plus sûr ; et ce, parce qu’elles sont nées dans ces sociétés sexistes. Elles ne se sentent pas le droit de s’opposer aux lois, et donc, deviennent complices. Elles peuvent donc parfois être des personnages assez agaçants. Le lecteur a envie de les secouer, de les pousser dans le droit chemin, de leur insuffler le courage nécessaire. Donc, bien sûr, il y a du girl-hate, les filles sont des garces entre elles, se jugent constamment, se comparent, se dévalorisent, s’insultent subtilement. Leurs comportements sont dictés par la société dans laquelle elles vivent. Ici, l’auteure nous avertit de ce que pourrait devenir notre monde s’il se laisse gangrener par le sexisme, les inégalités de genre, etc. C’est de la dénonciation, mais du plaisir d’écrire un livre en mode Gossip Girl ! Parfois, je ne pouvais plus supporter freida. Mais, la plupart du temps, je compatissais et je la comprenais. Qui n’était pas stupide à son âge ? Elle est coincée, et veut survivre, être acceptée. Qui ne le voulait pas à son âge ? Il est très dur de s’attacher aux autres personnages ; aucun ne relève vraiment la barre, ne sauve l’honneur [SPOILER] en tout cas, jusqu’à la fin ! [FIN DU SPOILER] megan est insupportable, peut-être la pire de toutes, mais aussi celle qui est la plus lucide, et la mieux adaptée à ce nouveau système. Elle fait ce qu’on attend d’elle, elle respecte les règles. isabel est très ambiguë, difficile à cerner. Ayant seulement le point de vue de freida, le lecteur a du mal à la comprendre. Les autres sont des suiveuses : elles obéissent à la numéro 1, cachent leur identité derrière de faux sourires, de faux rires, et des statuts MyFace. (On peut d’ailleurs trouver dans ce livre une critique de la surutilisation d’Internet, le fait qu’on y poste notre vie, comme si cela nous permettait d’exister.) chastity-ruth m’a fait penser à Dolores Ombrage ! Mais quelle horreur cette dame !! 

C’est étrange à dire, mais j’ai ressenti des sentiments contradictoires en lisant ce livre. J’étais à la fois épouvantée, horrifiée, prête à pleurer ; de l’autre, rassurée.

Horrifiée parce qu’honnêtement, la façon dont les filles se traitent entre elles et pensent dans le livre, ressemble beaucoup à ce que certaines filles font dans la vraie vie ! La grossophobie existe, comme l’homophobie. L’apparence est la priorité de certaines femmes/filles ; certaines sont éduquées pour être belle et se taire, pour obéir aux hommes. Donc, Only Ever Yours est très réaliste. J’étais triste de me dire : « J’ai déjà entendu/vu ça ». C’était quand même pire dans le livre (heureusement !) : [SPOILER] Quand megan dit qu’elle veut bien qu’un Carmichael la batte autant qu’il veut, j’avais envie de vomir !! Comment peut-elle dire ça ?! Et quand freida le répète, mécaniquement, à isabel, c’est la seule eve à réagir différemment ! Son secret est terrible ! [FIN DU SPOILER] La société éduque les filles dans la compétition, la comparaison constante, par rapport à leur apparence ; ce n’est que mis en avant ici. Les filles ne sont pas les seules à souffrir : certains garçons n’ont pas l’air franchement heureux malgré leur position apparemment avantageuse. Ils sont forcés de cacher leur personnalité afin de trouver leur place ; certains d’entre eux aussi doivent plaire. [SPOILER] Darwin est le seul à ne pas passer, comme les autres, ses Heavenly Seventy avec les futures concubines ; mais il n’est pas innocent pour autant. Il n’est pas éduqué comme freida. Ce qu’il fait à la fin … Il ne semble pas se rendre compte de ce qu’il a fait avant que le procès se tienne. [FIN DU SPOILER]

Mais je me suis aussi sentie rassurée. Nous ne vivons pas dans un monde pareil. Nous ne sommes pas obligées de vivre dans la compétition/comparaison malsaine, à surveiller notre poids, notre apparence. Nous avons le choix. Nous choisissons ce que nous portons, vêtements ou maquillage, et ce que nous ne portons pas. Notre corps nous appartient, le leur non. La postface est aussi réconfortante : « J’ai écrit Only Ever Yours comme une lettre d’amour à l’adolescente que j’étais à quinze ans. Je l’ai écrit pour toutes les femmes qui ne se sentent jamais assez bonnes. J’ai écrit ce livre pour vous montrer, à vous, la personne qui êtes en train de lire, que ce n’est pas votre faute, que ça n’a jamais été votre faute. » En effet, le roman traite aussi de la violence domestique, et cette dernière phrase y fait référence dans tout le roman.

J’ai aimé l’écriture ! L’édition que j’ai lue comporte un commentaire de Jeanette Winterson : « Elle [Louise O'Neill] écrit avec un scalpel ». C’est exactement ça !! Son écriture correspond à la folie, à l’incertitude, au désespoir de son personnage principal. Elle permet de faire vivre le roman au lecteur.

La fin … Je n’étais pas prête du tout ! [SPOILER] J’avais deviné l’amour que ressentaient freida et isabel l’une pour l’autre ; quelques indices parsèment le roman. C’est un véritable amour, qui n’implique pas de sexualité, qui peut être platonique, mais qui est plus fort que tous les autres sentiments présents dans l’œuvre. [FIN DU SPOILER] Je n’avais pas du tout deviné le secret d’isabel ! De plus, tout le long du livre, j’avais tellement envie que freida réussisse, ça en devenait pénible ! J’étais tellement nerveuse !!! [SPOILER] Mais après le dernier Heavenly Seventy, je me suis rendu compte que ce n’était pas de l’amour qu’elle ressentait pour Darwin. C’était un besoin. Elle voulait se sentir en sécurité, trouver sa place dans la société. C’était malsain, même si on peut parfois avoir l’impression que ce n’est pas le cas. ET ça ne se termine pas comme la majorité des romans YA !! Pas de happy ending, que ce soit pour freida ou pour isabel, et c’est tout à fait logique !! Un happy ending ne peut pas exister dans une société pareille ! C’était tellement cruel. En refermant le livre, je ressentis tellement d’amour pour isabel. Je savais qu’elle n’était pas mauvaise, malgré le point de vue de freida, mais je ne la comprenais pas pour autant. [FIN DU SPOILER] Magistrale.

J’ai l’impression de ne pas avoir tout dit, de ne pas avoir touché au cœur du sujet. C’est si cruel, si triste, et si effrayant. Un coup de cœur !

 

Donc, un excellent roman dystopique, dans la veine de The Handmaid’s Tale, qui fait réfléchir sur notre propre société. 

Library Wars, tome 1 : Conflits de Hiro Arikawa

Posté : 10 août, 2018 @ 2:05 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : SFLibrary Wars 1

Editeur : Glénat (roman) 

Année de sortie : 2010 [2006]

Nombre de pages : 220

Titre en japonais : Toshokan Senso 

Synopsis : « Nous, bibliothécaires, unirons toutes nos forces pour défendre la liberté des bibliothèques chaque fois qu’elle sera violée. »

Japon, année 2019. Alors que le comité d’amélioration des médias censure de plus en plus d’ouvrages jugés compromettantes, les bibliothèques se sont organisées pour favoriser l’accès à tous les écrits.

Nouvelle arrivée dans le corps des bibliothécaires, Iku rêve de retrouver celui qui sauva son livre fétiche de la censure, alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente. Mais la quête de son « prince » risque de rencontrer de nombreuses difficultés.

Surtout quand on sait que les principales qualités de Iku sont sa franchise, son impulsivité et … sa naïveté. 

 

Avis : Cette série m’a été conseillée par Gaby ! Et il faut croire qu’elle me connaît bien parce que j’ai vraiment beaucoup aimé !

J’ai adoré l’idée de bibliothèques obligées de former une armée pour défendre les livres et les droits des lecteurs ! Elles doivent agir contre la censure, et se retrouvent attaquées par une association qui fait respecter la loi d’Amélioration des Médias, mais aussi par des individus qui considèrent la fiction comme dangereuse. Cela permet d’ouvrir le débat sur la littérature, le fait que ce n’est pas la faute des livres si les lecteurs s’en servent pour faire n’importe quoi ; mais aussi le fait qu’ils sont importants, et que chacun a droit de les consulter librement. Une partie de la réflexion concerne les enfants et les livres qu’ils ont ou non le droit de lire, si leur accès doit être restreint ou non. Cette censure va très loin, étant donné qu’elle nécessite l’usage d’armes à feu : les rappels d’événements historiques, comme la tragédie d’Hino, laisse imaginer comme tout pourrait dégénérer. J’ai aimé découvrir l’organisation des bibliothèques et de leur armée, les différents grades, leurs droits et leurs devoirs. Mais j’aurais aimé plus de détails sur certains éléments. J’ai trouvé que le livre était un peu court pour tout dire ; après, c’est une série, j’en saurais sans doute plus par la suite !

Concernant les personnages, je les ai appréciés au fil des pages, mais pas dès le début. En effet, Iku et Dojo m’agaçaient un peu ; je me suis habituée à leur façon d’être, et j’ai fini par les aimer. Il faut dire que je ne suis pas une grande fan des relations haine-amour ; mais j’ai fini par vraiment avoir envie qu’une histoire d’amour se forme ! A la fin, j’avais envie de les voir ensemble et j’aimais l’ambiance de groupe : j’avais envie de continuer à les suivre pour en faire partie. Comme je l’ai dit, j’ai eu un peu de mal avec Iku : elle est irresponsable, bruyante, spontanée, et tellement naïïïïïïïve !! Elle ne comprend rien à ce qu’il se passe autour d’elle, même quand ce sont des événements énormes ; elle ne comprend pas le vrai but de l’institution dans laquelle elle est entrée, ni les personnages, ni ce qu’ils ressentent ! Elle ne fait aucun effort pour apprendre tout ce qu’il faut pour être un bon agent du GIB, alors qu’elle est la première femme intégrée !!! Elle est vraiment agaçante à certains moments ! Mais elle est aussi un bon personnage féminin dans le sens où elle permet une sorte de réflexion limite féministe : les femmes peuvent intégrer le GIB, elles peuvent avoir la force physique nécessaire, elles peuvent être au même niveau, voir meilleures que les hommes dans certains domaines. J’ai aimé que l’auteure ne fasse pas d’Iku un être surpuissant qui dépasse tout le monde partout : elle a des difficultés, elle doit travailler dur, c’est ce qui fait sa valeur, et c’est ce qui lui permet d’intégrer le corps d’élite de l’armée. Malgré ses défauts, Iku est tout de même capable de se remettre en question, que ce soit au niveau de sa manière de voir les choses, ou au niveau de ce qu’elle fait, comment elle réagit ; mais elle est trop arrogante/fière pour l’admettre devant les autres personnages. J’espère qu’elle va grandir dans le deuxième tome ! Je me suis quand même beaucoup attachée à elle ici ; elle mérite quand même quelques baffes ! On peut considérer que Shibasaki les distribue pour le lecteur : elle peut paraître dure avec elle, parce qu’elle est très franche, et ne prend pas de gants ; mais elle a raison dans tout ce qu’elle lui dit. Elle est un peu l’amie parfaite, celle qui dit ce qui ne va pas, quitte à blesser temporairement, quitte à forcer l’autre à se reprendre en mains. Elle est aussi assez drôle, et son métier m’intéresse tellement !! J’ai aussi apprécié Komaki, qui est un peu la Shibasaki de Dojo. Ce personnage m’a un peu agacé au début, parce qu’il est exactement comme Iku : excessif. Son attitude est problématique ; j’avais l’impression qu’il n’agissait comme ça que pour le côté romance. Son personnage en devenait incohérent ; mais, la fin explique tout, donc il est à moitié pardonné !

Comme je l’ai dit, j’ai aimé la romance naissante, même si je ne suis pas une grande fan de ce trope en général. Elle prend beaucoup de place, mais ne m’a pas dérangé ; j’ai, au contraire, envie de voir ce qui en résultera ! Pour autant, elle peut paraître stéréotypée. Elle ne prend pas pour autant le pas sur la construction du monde et l’action. Cette dernière est bien décrite, même si j’aurais aimé plus de détails, notamment pendant la bataille finale ! J’ai été amusée de constater que le futur de la série est 2019, étant donné que cette date paraît maintenant très proche ! Library Wars m’a rappelé que je n’avais toujours pas lu Fahrenheit 451 ; il serait temps ! 

Mon seul vrai problèmel’écriture. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas non plus très bon. Peut-être que c’est à cause de la traduction, puisqu’on perd toujours quelque chose.

 

Donc, un bon premier tome, mais j’attends encore mieux pour la suite, en tout cas, au niveau des personnages ! L’idée de bibliothèques armées est excellente ! Je tenterai aussi le manga ! 

Station Eleven d’Emily St. John Mandel

Posté : 14 juin, 2018 @ 2:57 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : SFStation Eleven

Editeur : Picador 

Année de sortie : 2015 [2014]

Nombre de pages : 333

Titre en français : Station Eleven 

Synopsis : What was lost in the collapse: almost everything, almost everyone, but there is still such beauty. 

One Snowy night in Toronto famous actor Arthur Leander dies on stage whilst performing the role of a lifetime. That same evening a deadly virus touches down in North America. The world will never be the same again.

Twenty years later Kirsten, an actress in the Travelling Symphony, performs Shakespeare in the settlements that have grown up since the collapse. But then her newly hopeful world is threatened.

If civilization was lost, what would you preserve? And how far would you go to protect it? 

 

Avis : Je voulais lire Station Eleven depuis longtemps ; il est enfin arrivé à la bibliothèque de ma ville !

Autant vous prévenir tout de suite : mon avis va être bourré de contradictions. Ce livre a provoqué chez moi des réactions à l’opposé l’une de l’autre, c’est bizarre d’en parler, et c’était tout aussi bizarre de le vivre !

Mais, commençons par le début ! La première scène m’a tout de suite accrochée ; je l’ai trouvé prenante, et j’ai tout de suite aimé l’ambiance et le décor – et il faut dire que King Lear est ma pièce préférée de Shakespeare ! Je suis entrée immédiatement dans l’histoire, ce qui, comme vous le savez, est assez compliqué pour moi ; j’ai toujours du mal avec l’incipit, et il me faut normalement un peu de temps pour m’adapter au livre. Ici, aucun problème donc, un début parfait !Puis, au fil des pages, j’ai commencé à m’ennuyer. J’ai trouvé que c’était trop long, je voulais suivre certains personnages et pas d’autres, je voulais comprendre comment ils étaient tous liés – c’est ce qui m’a poussé à poursuivre la lecture d’ailleurs ! La seconde moitié du livre est meilleure pour moi : j’étais plus investie, certaines scènes et certains personnages m’ont émue, et le véritable message du livre (en tout cas, c’est comme ça que je le vois) m’a frappée.

En fait, j’ai ressenti tout un tas de choses contradictoires avec ce livre ! Parfois, je n’étais pas d’accord avec les personnages, surtout Kirsten ; mais c’était surtout parce que j’avais tellement peur de ce potentiel scénario. Il m’angoissait vraiment, parce que, il faut l’avouer, Station Eleven est TELLEMENT REALISTE que c’en est effrayant. Il m’a plus fait peur que tous les livres de zombie que j’aurais pu lire, honnêtement. Puis, mes sentiments ont changé dans la seconde partie. The Traveling Symphony et ensuite [SPOILER] l’aéroport [FIN DU SPOILER] étaient de nouvelles maisons/familles/homes confortables, des communautés soudées, réconfortantes. Je me suis sentie rassurée par la façon dont la majorité des personnages réagissent. Station Eleven m’a rappelé de vivre pleinement, d’apprécier ce que j’ai, de ne pas déplorer ce que je n’ai pas, de profiter, parce que ce n’est pas définitivement acquis. Il m’a aussi redonné espoir en l’humanité – difficile parfois ! En fait, ce livre était à la fois un tazer et une couverture

Station Eleven permet aussi de découvrir l’envers du décor de la célébrité. Mes parties préférées étaient celles où l’on suivait Arthur et ses proches. C’est là que j’ai trouvé la majorité des citations que j’ai réécrites, là que j’ai été émue, parce que cela concernait notre monde actuel, et non le futur post-apocalyptique – il me faisait tellement peur, que j’essayais de ne pas trop me soucier de ces parties ; je relirai peut-être le livre pour les apprécier pleinement ! J’ai aussi aimé l’importance de l’art dans ce livre, le fait qu’il permettait aux gens de survivre, de continuer à avancer, et qu’il apporte de la joie là où il est présent. Pour autant, je suis d’accord avec la clarinettiste[SPOILER] Shakespeare, comme survivre, n’est pas assez. Vivre une telle chose, cela doit permettre aux gens d’écrire leurs propres histoires, et de jouer d’autres pièces. Shakespeare et Beethoven, c’est quand même super réduit après tout ! [FIN DU SPOILER] Et maintenant, je veux un livre Dr. Eleven !! C’était génial d’imaginer les illustrations, ce serait encore mieux de les voir en vrai dans un livre !! J’ai adoré l’histoire parallèle et même les intrigues parallèles ! En effet, concernant les personnages, j’ai préféré Miranda et Clark à Kirsten, ce qui peut paraître étrange. Je me suis plus attachée à eux, même si, bien sûr, j’ai quand même ressenti une forte empathie pour la jeune fille, et même pour tous les personnages en général – difficile de ne pas le faire ! Même pour un de ceux qui ne semblent pas attirer beaucoup de sympathie, je n’ai pas pu m’en empêcher ! Enfin, l’aspect religieux est assez perturbant : [SPOILER] le lecteur voit clairement que Tyler manque d’une véritable éducation de ce côté-là, et c’est la raison pour laquelle il devient le prophète, un personnage dangereux et effrayant. Je ne dis pas qu’il n’a pas du tout d’éducation, bien sûr, mais sa mère lui dit des choses alors qu’il est enfant, et il n’a pas le recul nécessaire pour mettre en perspective sa vision de Dieu et du destin. Il n’a pas une foi normale, parce que sa mère l’a endoctriné et encouragé sur la voie qu’il a choisie. [FIN DU SPOILER] 

 

Donc, même si Station Eleven n’est pas un coup de cœur, c’est un livre que je recommande fortement, parce qu’il est important pour moi.  

The Expanse, book 1: Leviathan Wakes de James S. A. Corey

Posté : 12 juin, 2018 @ 2:02 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : SF Leviathan Wakes

Editeur : Orbit

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 561

Titre en français : The Expanse, tome 1 : L’éveil du léviathan 

Synopsis : Humanity has colonised the solar system – Mars, the Moon, the Asteroid Belt and beyond – but the stars are still out of our reach.

Jim Holden is an officer on an ice miner making runs from the rings of Saturn to the mining stations of the Belt. When he and his crew stumble upon a derelict ship, the Scopuli, they find themselves in possession of a secret they never wanted. A secret that someone is willing to kill for – and kill on a scale unfathomable to Jim and his crew. War is brewing in the system, unless Jim can find out who left the ship and why.

Detective Miller is looking for a girl. One girl in a system of billions, but her parents have money and money talks. When the trail leads him to the Scopuli and rebel sympathiser Holden, he realises that this girl may hold the key to everything.

Holden and Miller must thread the needle between the Earth government, the Outer Planet revolutionaries, and secretive corporations – and the odds are against them. But out in the Belt, the rules are different, and one small ship can change the fate of the universe. 

 

Avis : Cette série m’a été recommandée par Gaby que je remercie encore !!! 

Leviathan Wakeest mon premier roman space opera, donc je n’ai pas vraiment de point de comparaison possible niveau littérature. Je ne peux pas dire où il se place niveau qualité, s’il est comparable aux grands classiques du genre ; je ne peux que vous donner mon avis (pas tout à fait) objectif ! Ce qui est sûr, c’est que je lirai d’autres livres de ce genre avec plaisir !

Ici, le lecteur se voit offrir un beau mélange de trois genres différents : la SF, l’horreur, et l’enquête policière. Bien sûr, tout est mêlé, mais je voulais vous parler de chacun d’entre eux séparément. Le prologue parvient, en même temps, à présenter ces trois genres, ce qui m’a permis d’entrer directement dans le livre ! Il est pourtant rare qu’un incipit me captive et me fasse aimer le roman dès le début ! J’ai donc été emportée, avec l’envie de dévorer l’histoire ; mais j’ai décroché à un moment donné. Peut-être à cause des quelques défauts du roman ? Peut-être parce qu’il manquait quelque chose ? Je ne sais pas trop ; mais j’espère que ça ne se réitérera pas avec le deuxième tome !  

Au niveau SF/space opera, comme je vous l’ai dit, je n’ai pas de points de comparaison littéraires ; j’en ai au niveau cinématographique. En effet, Leviathan Wakes m’a fait penser à Alien. Evidemment, les intrigues sont tout à fait différentes ; mais on se retrouve quand même, au début du roman, sur un vaisseau condamné à cause d’une invasion extraterrestre. On apprend à connaître l’équipage, on s’attache à lui – en tout cas, à certains membres au moins ! J’ai eu un peu de mal avec Holden : il est un peu stéréotypé mais, surtout, il se plaint pas mal, et le côté romance de son histoire m’a laissé bouche bée. Autant dire que je ne l’apprécie pas vraiment ! En revanche, j’aime beaucoup Naomi, sans doute parce que c’est la seule femme à bord ! Elle est respectée, et même admirable, tout en étant présentée comme libre et féroce. J’apprécie Alex, un peu plus effacé par rapport aux autres, et Amos, qui m’a bien fait rire parfois ! ça s’arrête là pour les ressemblances au niveau SF. En effet, l’équipage n’est pas directement confronté à l’alien – il ne se trouve pas dans leur vaisseau et ne tente pas vraiment de les tuer ; et Leviathan Wakes propose au lecteur un contexte politique intéressant. La Terre a colonisé Mars et la ceinture d’astéroïdes. Les humains se trouvent un peu partout, et un racisme d’un genre nouveau a vu le jour. Ceux qui vivent dans la ceinture sont considérés comme inférieurs par les Terriens et les Martiens, ce qui provoque une tension qui ne demande qu’un petit coup de pouce pour se changer en guerre. Quelques scènes sont donc des batailles spatiales ; dans ces moments-là, j’ai aimé le rythme et la façon dont le lecteur vit l’action. Evidemment, j’ai aussi aimé ce côté politique (gros point positif quand il y a ce genre d’intrigue dans un roman !!), ainsi que le côté réalisme scientifique. Le monde créé par les auteurs n’est pas un monde magique dans lequel la loi de la gravité ne s’applique plus ; même des événements exceptionnels sont expliqués grâce à la science. Pour autant, j’ai parfois trouvé que c’était un peu technique, notamment sur le vaisseau, et j’avais un peu de mal. J’ai aussi eu un peu de mal à imaginer certaines scènes ou certains décors. Je pense que ça ira mieux avec la série TV ! 

Niveau horreur, là encore, j’ai pensé à Alien, même si c’est tout de même très différent. En effet, l’origine de l’alien n’est pas la même, et la façon dont il prolifère est – je ne pensais pas dire ou écrire ça un jour – encore pire que celle de l’hôte extraterrestre que combat Ellen Ripley ! C’est gore – je ne sais pas si je serai capable de voir ça à l’écran, mais on va quand même tester ! -, l’idée est affreuse, et j’ai eu un peu de mal avec le twist à la fin. Avec du recul, j’y crois un peu plus, mais à la lecture, j’étais assez sceptique, et ça n’a pas trop fonctionné pour moi. Clairement, cet alien n’est pas tout à fait intelligent [SPOILER] puisqu’il est programmé ; il parvient à s’adapter à l’homme, mais c’est surtout son hôte qui dirige, et pas l’alien lui-même [FIN DU SPOILER], mais il est définitivement effrayant !

Enfin, niveau enquête policière ! J’ai aimé cette recherche d’une personne disparue, et l’impact que cette disparition a sur l’un des personnages ; j’ai aussi aimé que cela prenne de l’ampleur, que les pistes conduisent en fait à quelque chose d’énorme ! Miller, l’enquêteur, est très stéréotypé, mais cela ne m’a, bizarrement, pas tellement dérangée ; j’ai juste eu un peu de mal à m’attacher à lui en particulier, et les moments émotion ne m’ont rien fait ressentir. Cette enquête permet de donner une certaine dynamique au roman, ce qui était agréable ! Elle permet aussi d’entrer à l’intérieur de la sécurité de la Station Ceres, mais aussi de comprendre comment fonctionne la justice dans la Ceinture. La fin du roman, et de l’enquête, m’ont laissé avec un avis un peu mitigé. D’un côté, je l’ai trouvé belle ; de l’autre, un peu tiré par les cheveux. J’espère encore mieux du prochain tome, Caliban’s War ! Je suis sûre que cette série peut devenir bien meilleure, ce qui ne veut pas dire que ce premier tome est mauvais !

 

Donc, un bon premier tome, avec quelques défauts, mais qui donne envie de poursuivre ! 

The Illuminae Files, book 3: Obsidio d’Amie Kaufman et Jay Kristoff

Posté : 14 avril, 2018 @ 1:00 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : SF, YA  Obsidio

Editeur : Knopf

Année de sortie : 2018 

Nombre de pages : 615

Titre en français : Les dossier Illuminae, tome 3 : Obsidio (pas encore sorti, et pas de date précise pour le moment)

Synopsis : Asha Grant came to Kerenza to escape her past. Too bad he just caught up with her.

Asha survived BeiTech’s initial assault and has been working undercover with the hopelessly outmatched resistance ever since. That, and figuring out what to do with the secret she’s stashed in the crawlspace. The last thing she expected to worry about was her ex-boyfriend, but Rhys Lindstrom just landed planetside, and he’s looking finer than ever in his new BeiTech uniform. Is he her way out – or a guarantee she never gets off this frozen rock alive?

But Asha’s not the only one with problems. Her cousin Kady’s ragtag band of survivors are headed for Kerenza – without enough oxygen to last the journey. Oh, and there might be an insurrection brewing. But when have little things like that ever stopped the Illuminae Group?

Too bad tome isn’t on their side. With BeiTech hurrying to repair their damaged jump gate, and a mass extermination planned for the Kerenza civilians, only a miracle could save them now. And everyone knows that miracles are just statistical probabilities … right?

 

Avis : J’attendais ce dernier tome de la série avec impatience, j’avais très envie de découvrir comment tout se terminait !

Attention : SPOILERS pour les deux premiers tomes si vous ne les avez pas lus !

Un rapide tour d’horizon avant de vous parler d’Obsidio. J’ai adoré Illuminae, c’était vraiment une lecture fun, originale, notamment grâce au format très différent des romans habituels. J’ai beaucoup aimé Gemina, même si j’ai trouvé que c’était parfois un peu tiré par les cheveux  – notamment avec le paradoxe Gemina qui permet de faire ressusciter un personnage en gros ! – mais c’était toujours un bon moment ! Je ne dis pas qu’Obsidio n’est pas un bon livre, mais certaines tropes que l’on retrouve ENCORE m’ont agacée, parce qu’elles sont déjà présentes dans les deux premiers volumes. J’étais fatiguée de les voir encore !

D’abord les points positifs : il y a de l’action – c’est indéniable ! –, des surprises et des rebondissements de situation. C’est génial aussi de revoir tous les personnages dans le même livre cette fois ! Et j’aime toujours le format différent de cette série. J’ai aimé découvrir comment les dossiers ont été formés, et l’identité des analystes, ceux qui écrivent les rapports en visionnant les vidéos de surveillance ou autres.

MAIS ! Plusieurs problèmes m’ont empêchée d’apprécier pleinement ma lecture – à ma grande frustration ! D’abord, la romance : elle prend pas mal de place, et concerne deux nouveaux personnages. Le problème, c’est qu’elle suit EXACTEMENT le même schéma que dans les tomes précédents avec les deux premières relations amoureuses. Puis, les rebondissements : ils sont énormes, certes, mais je les ai vus venir à des kilomètres, alors même que j’espérais me tromper et être surprise ! A un moment, je me disais « Ah oui, là je ne m’y attendais pas ! » et puis, nouveau twist : c’était exactement ce que j’avais anticipé … Ensuite, la façon dont les personnages parlent ne fait pas du tout authentique, et sonne un peu cliché et exagéré. Surtout à cause des jurons qui sont constamment cachés par un patch noir. Pourquoi ne pas les écrire, franchement ? C’est agaçant à force de voir ces patchs partout ! En plus, le lecteur ne sait pas quel est le juron, et donc la phrase a parfois peu de sens. Et ce n’est pas fini ! Autre problème : le drame/mélodrame. Insupportable. Je sais que les personnages sont dans une situation terrible, mais, franchement, je ne pouvais pas dans ce livre. Et pourquoi ? PARCE QUE JE SAVAIS COMMENT CA ALLAIT FINIR !! Et donc le drama n’avait pas lieu d’être ! Et c’est ce qui m’a le plus agacée ! La fin !! J’ai été déçue. [SPOILER] Quand il semblait que tout le monde allait mourir, je me suis dit : « Oui, voilà, c’est la vraie fin ; cela ne peut pas toujours être une happy ending, ce ne serait pas réaliste ». Et, encore un twist, BOOM. Tout le monde ressuscite en quelque sorte, et chaque couple est formé, et tous les héros sont vivants. [FIN DU SPOILER] Je l’ai vu venir aussi, et c’est pour ça que je n’ai pas su apprécier ma lecture. 

 

Donc, j’aurais vraiment aimé aimer ce livre, mais cette fin n’était pas faite pour moi, et ça me rend triste ! 

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