Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

1984 de George Orwell

Posté : 6 août, 2015 @ 7:05 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

1984Genre : Science-Fiction

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 311

Synopsis : Winston Smith works for the Ministry of Truth in London, chief city of Airstrip One. Big Brother stares out from every poster, the Thought Police uncover every act of betrayal. When Winston finds love with Julia, he discovers that life does not have to be dull and deadening, and awakens to new possibilities. Despite the police helicopters that hover and circle overhead, Winston and Julia begin to question the Party: they are drawn towards conspiracy. Yet Big Brother will not tolerate dissent – even in the mind. For those with original thoughts they invented Room 101 …

 

Avis : J’ai lu ce livre en lecture avec La Librosphère !

J’aimais déjà bien la couverture, tout en symboles, et je trouvais qu’elle reflétait bien l’esprit du livre : la surveillance permanente et totale de tout individu. En plus, j’aime les éditions Penguin !

Ce livre est frappant, c’est un coup de poignard dans le cœur, l’auteur le tourne dans la plaie. C’est un cauchemar en mots. J’ai trouvé ça tellement effrayant que l’on n’ose pas se l’imaginer dans la vraie vie. Le monde de 1984 est un monde où il est interdit de penser comme on le veut. Il existe une police de la pensée : rien que cette idée est incroyable, il est vraiment difficile de s’imaginer que quelqu’un puisse contrôler nos pensées : nous sommes libres, et ne pouvons pas empêcher nos pensées de dériver. De plus, le passé et l’Histoire sont réécrits, les individus n’ont plus de souvenirs propres. Et personne ne doit se souvenir de la vérité, de la réalité, aucune preuve tangible n’existe. J’ai trouvé l’idée de pouvoir faire ce que l’on veut de l’Histoire effrayante. Je sais que les vainqueurs de guerres la réécrivent souvent à leur avantage, mais le peuple le sait et, parfois connaît la vérité. Ici, les individus doivent être ignorants, c’est-à-dire qu’ils doivent instantanément oublier ce que l’on veut qu’ils oublient : ils ne peuvent plus s’en souvenir, cela leur est impossible, et j’ai trouvé ça horrifiant ! C’est comme si l’on nous disait : tu vas oublier que la Seconde Guerre mondiale a eu lieu, et qu’on l’oubliait aussi facilement que la plupart des personnages du livre ! Ce livre est très lié à l’histoire des totalitarismes. Les explications sur le pouvoir et la guerre sont impressionnantes et font froid dans le dos. On voit bien que le système est réfléchi, et c’est ce qui est le plus effrayant. J’ai été choquée par la vision politique du monde (les petits doivent rester petits et le resteront toujours ; le pouvoir est à rechercher pour lui-même), et par le Newspeak. Le dictionnaire est entièrement revu ; rien que l’idée est hallucinante ! De plus, les relations entre les individus sont contrôlées elles aussi : l’on ne peut pas s’aimer, et la famille est détruite par la suspicion, la séparation, l’envie. L’amour n’existe plus, et le plaisir non plus : personne ne doit en éprouver, et surtout pas les femmes pendant l’amour. Parfois, j’ai eu envie de secouer les personnages pour leur ouvrir les yeux, de faire quelque chose qui anéantirait Big Brother ; mais l’on se rend vite compte que la rébellion est très compliquée.

J’ai eu un peu de mal avec le début du livre, je n’arrivais pas à faire une lecture bien suivie pour m’imprégner du monde du livre. Mais, arrivée au milieu, j’étais lancée. J’ai voulu m’arrêter un peu à la partie II pour reprendre ensuite la partie III, mais j’en ai été incapable. C’était tellement prenant, j’avais tellement envie de savoir ce qui allait arriver à Winston, même si j’imaginais le pire ! La fin de la deuxième partie est vraiment difficile, j’ai eu les larmes aux yeux. C’est la fin d’une époque, la fin de quelque chose, rien ne sera plus pareil ensuite, et la troisième partie le confirme.

Winston est un homme différent des autres. Il sait ce qu’il doit penser, mais n’arrive pas à s’y forcer, et méprise ceux qui y parviennent. La vie réglée qu’on lui propose ne lui convient plus. Il se tourne vers la rébellion, vers une quête de la vérité, de l’espoir d’un autre monde. Pourtant, Winston est très naïf, cela se voit lorsque l’on arrive à la fin. Il n’est pas capable de haine contre celui contre qui il devrait l’éprouver. Il est ordinaire dans sa rébellion, il m’a fait de la peine. Il est tellement conscient des défauts de ce monde, il pourrait faire quelque chose pour lui en se tournant vers les bonnes personnes ! Julia, quant à elle, semble la parfaite partisane de Big Brother la première fois que nous la rencontrons. Puis, le lecteur la découvre vraiment. Elle est étrange, mais on ne peut pas la juger car elle vit dans un monde étrange, où tous les bons sentiments sont détruits, où le sexe est une mauvaise chose, où le plaisir est banni : on ne sait pas nous-mêmes comment nous serions. C’est une femme qui veut vivre, qui veut ressentir du plaisir, et on peut la comprendre. Elle ne veut rien avoir à faire avec la politique ou l’idéologie du monde dans lequel elle vit ; elle s’arrange pour faire ce qu’on lui dit de faire, mais elle reste libre comme elle le peut. O’Brien est un personnage en qui l’on a confiance parce que Winston a une confiance aveugle en lui. L’on fait une découverte sur lui qui est un véritable choc ! Mr. Charrington est attachant, il fait partie d’une autre époque, comme s’il était le dernier fragment d’un monde oublié. Ce que l’on découvre sur lui est également un choc complètement inattendu ! L’on croise d’autres personnages dans le livre, comme les Parsons, les voisins de Winston, une mère exténuée par ses enfants, et un père bienpensant, bien comme il faut, des membres du Parti, des prisonniers, mais aussi Big Brother que l’on ne rencontre jamais vraiment, et Goldstein, l’ennemi juré !

Il y a évidemment énormément de réflexion dans ce livre. Il nous semble impossible de vivre dans un monde pareil, et pourtant, j’ai vu des échos avec l’actualité. La télévision ressemble un peu à du lavage de cerveau, les gens qui pensent différemment des autres sont vus comme des fous, il faut bien penser comme tout le monde, on nous présente un monde parfait, plein de libertés, mais je ne trouve pas qu’il le soit, et la liberté peut mener à des excès hallucinants. Si l’on tolère tout, on tolère l’intolérance, et donc l’on n’est pas tolérants. Il existe encore des tabous, et certaines choses sont surexposées par les médias. Le déni existe aussi dans notre société. Heureusement, dans notre société, rien n’est au niveau de celle de 1984, mais l’œuvre laisse voir le pire du système.

La fin est à la fois inattendue et prévisible. Cette fois, le lecteur ressent un choc et un désespoir énormes ! L’horreur atteint des sommets. Et l’on ne peut pas s’empêcher de penser à ce que l’on aurait fait à la place du personnage … C’est très dérangeant !

 

En définitive, une œuvre grandiose, dérangeante, qui nous fait réfléchir, impossible à fermer, et qui marque le lecteur !

Les Fourmis, tome 1 de Bernard Werber

Posté : 12 juin, 2015 @ 11:25 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Les FourmisGenre : Science-Fiction

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 306

Synopsis : Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d’individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards, et qui a ses villes, sa hiérarchie, ses colonies, son langage, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires … Ses armes aussi. Terriblement destructrices. Lorsqu’il entre dans la cave de la maison léguée par un vieil oncle entomologiste, Jonathan Wells est loin de se douter qu’il va à leur rencontre. A sa suite, nous allons découvrir le monde fascinant de ces « infraterrestres », au fil d’un thriller unique en son genre, où le suspense et le mystère reposent à chaque page sur les données scientifiques les plus rigoureuses.

 

Avis : J’avais commencé ce livre il y a cinq ans, et l’avais arrêté brutalement. J’en avais gardé un souvenir confus, et me souvenais que je suivais une fourmi à la recherche de quelque chose dans une forêt. C’était donc assez vague ! Je m’y suis remise pour enfin découvrir le premier roman de Bernard Werber, mais aussi cette folle histoire de fourmis !

Je peux déjà dire que c’est une histoire unique en son genre. Je n’ai jamais vu d’autres romans qui traitent des fourmis, ou de la comparaison entre l’intelligence d’un insecte ou d’un animal et celle de l’homme. C’est à la fois étrange, surréaliste, et logique : l’auteur nous explique que l’on parle ici des deux grandes civilisations de la Terre, l’une géante comparée à l’autre, minuscule, deux civilisations qui ne se sont jamais vraiment rencontrées, et qui cohabitent en s’ignorant relativement, ignorant du même coup leurs avancées respectives dans la politique, ou la technologie. Celles-ci m’ont paru au centre de l’intrigue liée aux fourmis : le lecteur suit plusieurs d’entre elles et découvre des prouesses qui semblent inconcevables pour un si petit insecte ! Leur intelligence nous est clairement prouvée ici. De plus, le lecteur change complètement de point de vue dans ce livre, puisque, la plupart du temps, ce sont les fourmis les personnages principaux de l’œuvre ! La vie est très différente vue d’en bas, et très effrayante aussi : la moindre goutte d’eau peut tuer, une plaque noire ou des boules roses le peuvent aussi. Certains obstacles semblent insurmontables pour les êtres minuscules qui se trouvent en face d’eux, et pourtant, ils les bravent ! Est-ce du courage, un besoin de conquête, ou une insatiable soif de savoir ? Egalement, l’on découvre beaucoup de choses sur les fourmis en elles-mêmes : comment elles communiquent, leur mode de vie, leur façon de voir les choses, leurs « sentiments ».  De plus, dans ce livre, la politique intervient, ce qui peut sembler étrange pour parler de fourmis : des tensions sont présentes dans la fourmilière, Bel-o-kan, des « complots » ont l’air de se fomenter, des reines tentent de cacher des choses à leurs sujets. Le lecteur se trouve aux côtés de cinq fourmis pour percer les secrets de l’arme secrète, mais aussi des fourmis à l’odeur de roches, et des galeries qui ne sont pas censées exister. Aussi, l’homme a une certaine place dans le livre, puisqu’il fait partie de la comparaison. Le lecteur découvre Jonathan Wells et sa famille. Ils ont l’air normaux, Jonathan a perdu son emploi, le couple a un petit garçon et vient d’hériter d’une maison. Quel lien peut-il bien y avoir entre lui et les fourmis ? Tout va se passer dans la demeure dont le jeune homme a hérité. Le suspense est palpable en ce qui concerne ce qui lui arrive, puisque le lecteur ne le comprend tout simplement pas ! C’est une énigme qu’il aimerait élucider, et il lui tarde d’envoyer d’autres personnages explorer l’endroit où les premiers se perdent.

Comme je l’ai dit, on suit surtout des fourmis : 103 683e, 56e, 387e, 801e, 4 000e. C’est un peu étrange de désigner des personnages par des numéros, mais les fourmis n’ont pas de noms, à part les reines, comme Belo-kiu-kiuni. Ce sont des noms étranges, que l’on peut avoir du mal à retenir s’ils apparaissent peu souvent. Dans tous les cas, ces personnages miniatures sont aussi complexes que ceux d’un roman « lambda », et même peut-être plus, puisqu’il nous est difficile de les comprendre tout à fait. Ils ne communiquent que par odeurs et contacts antennaires, ce qui reste incompréhensible pour nous, parce que nous ne pouvons pas vivre de cette façon. Comme l’explique L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu (que j’ai retrouvée ici avec grand plaisir !), les hommes ne peuvent appréhender les contacts olfactifs, ce qui montre la difficulté de la communication entre les deux espèces. Pourtant, cela n’empêche pas le lecteur de les considérer comme de véritables personnages, des personnages qui le transportent dans un monde totalement nouveau alors même qu’il se trouve sous nos pieds. Dans ce livre, l’on se sent vraiment proches de la nature puisque l’on est immergé dedans, complètement plongé dans un univers étranger, inconnu. Je ne sais pas si l’on peut vraiment appliquer des adjectifs humains pour qualifier les fourmis, mais elles m’ont semblé très courageuses, ingénieuses, intelligentes (évidemment, le livre traite de cela !), mais aussi, elles vivent en collectivité. Il est rare qu’une fourmi vive seule : quand elle part en expédition, elle revient toujours vers sa fourmilière une fois sa mission achevée. Contrairement aux autres animaux, dans ce livre, elles n’ont pas l’air complètement déterminées par l’instinct animal, elles influent sur ce qui leur arrive et peuvent prendre des décisions qui les sauveront ou les perdront. Concernant les humains, Jonathan et sa famille sont une famille typique, normale, à qui il va arriver quelque chose d’exceptionnel. L’on ne s’attache pas forcément à eux, parce que l’on est surtout concentrés sur les fourmis. A la fin, je les ai franchement plaints ! Je ne pourrais pas vivre de cette façon !

Se trouve dans ce livre une réflexion sur l’univers qui nous entoure directement, mais sur l’univers qui pourrait nous entourer, un univers plus grand que nous, où les humains pourraient être des fourmis. C’est effrayant de l’imaginer car le monde des fourmis est fait de dangers constants : elles sont toujours sur le qui-vive, elles peuvent toujours se faire tuer sans comprendre pourquoi ni comment. Leur vie ne tient qu’à un fil, bien plus que la nôtre ! Les insectes plus gros qu’elles deviennent de véritables prédateurs : le passage de l’araignée est parlant, et la façon de désigner les lézards dans le glossaire est significative ! Tout est plus grand et plus effrayant dans leur monde, et c’est terrifiant de se dire que nous pourrions vivre la même chose !

La fin est, pour moi, divisée en deux parties. Les mondes des fourmis et des humains se retrouvent dans les deux cas. Pour la première partie, j’ai trouvé ça fascinant. L’on se demande comment c’est possible, et c’est à ce moment-là qu’il faut se rappeler que c’est de la science-fiction. C’est très bien imaginé et l’on a presque envie de croire que c’est vrai ! La seconde partie est affreuse ! Après nous avoir fait voir les fourmis d’une autre façon, après nous les avoir fait respecter, l’auteur utilise deux personnages humains pour nous montrer la fragilité de la vie fourmi. La dernière scène donne envie de savoir ce qui va arriver dans les tomes suivants !!

 

En définitive, un vrai bon livre de science-fiction, qui nous fait voir le monde autrement, mais aussi les fourmis, que l’on ne peut plus regarder comme de vulgaires insectes minuscules ; il nous fait aussi réfléchir sur l’univers, et nous donne envie de lire la suite des aventures des fourmis ! Je le conseille rien que pour avoir un autre éclairage sur le monde, et pouvoir penser différemment.

Frankenstein de Mary Shelley

Posté : 25 mars, 2015 @ 4:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Frankenstein Genre : Classique, Science-Fiction

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 1992

Nombre de pages : 215

Synopsis : Mary Shelley’s fable of the new Prometheus is the only Gothic novel that still reaches a wide and appreciative audience. A brilliant synthesis of contemporary philosophy, literary influences and personal vision, Frankenstein was a bestseller but not a great critical success when it first appeared in 1818. Frankenstein’s presumptuous act of creation, although begun with the best of intentions, is doomed to failure, for man cannot hope to penetrate the secrets of nature. In recounting this chilling tragedy, Mary Shelley demonstrates both the corruption of an innocent creature by an immoral society and the dangers of playing God with science. For this newly revised edition of Frankenstein, Maurice Hindle has made many editorial additions. These include a collation of the texts of 1818 and 1831 and the reprinting of Dr John Polidori’s ‘The Vampyre’, making this companion tale to Frankenstein available for the first time. His masterly Introduction places this extraordinary novel in its historical and literary context.

 

Avis : Cela fait un bon moment que je veux lire ce livre, un classique de la littérature anglaise de science-fiction. Je la place souvent près de Dracula et de Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde. Et je pense que, dans mon top livre, j’ai raison.

Tout comme dans ces deux livres, j’ai trouvé tout ce que j’aime dans Frankenstein : à la fois de l’horreur et de la fantasy, mais on peut ici ajouter du lyrisme et un certain romantisme également. La façon de raconter l’histoire est intéressante : Frankenstein raconte son histoire à Walton, le capitaine d’un navire pris dans les glaces. Cela permet vraiment au lecteur d’entrer dans le livre, et de vivre ce qui est raconté puisque l’on a l’impression que c’est à nous que Frankenstein parle directement, avec ses apostrophes et ses allusions à son présent. L’histoire est, évidemment, terrifiante, mais elle l’est encore plus aujourd’hui, me semble-t-il, avec les avancées de la science. J’ai un peu vu, dans le monstre de Frankenstein, les robots que l’on crée de nos jours, et qui pourraient un jour échapper à leur créateur. C’est assez impressionnant de s’imaginer dans la situation présentée par l’œuvre. Et, avec la façon dont le livre est écrit, on s’identifie facilement aux personnages.

En ce qui les concerne, ils sont assez ambivalents. On peut ressentir de la sympathie pour Frankenstein, qui va tout perdre, et qui va, par là même, nous faire de la peine. Mais l’on en ressent aussi pour le monstre : malgré ses crimes, il est touchant par sa bonté naturelle, par son amour de la race humaine, de la nature, de la vie en général. On peut s’imaginer à sa place tout comme à celle de Frankenstein. En même temps, c’est assez étrange d’apprécier le « méchant » de l’histoire : le monstre est très repoussant par ses actes, par sa haine et la revanche qu’il veut prendre sur son créateur, qui lui aussi, nous indigne : s’il avait pris ses responsabilités, peut-être que l’histoire aurait été différente. Après tout, les créations sont comme des enfants qu’il faut éduquer et aider, qu’il faut couver pour leur faire prendre leur envol petit à petit, et non les laisser dans la nature, livrés à eux-mêmes. Les autres personnages sont aussi attachants. Tout d’abord, Elizabeth et le père de Frankenstein, vus par les yeux de ce dernier. La première est comme une petite fleur qui s’épanouit sous les yeux du personnage principal, qui l’aime sincèrement. Le second semble émouvant et simple, aimant avec ses enfants. Il est également facile de s’attacher au petit William, qui n’apparaît pas beaucoup dans le livre. L’on ne peut que ressentir une tristesse immense quand l’on découvre son destin. On s’attache aussi à Félix, Agatha et leur père, De Lacey, même si ceux-ci sont présents pendant un court passage. Ils ont tout de même une place prépondérante dans la vie du monstre, et l’on s’y attache à travers lui. Clerval et Walton sont également des personnages que l’on apprécie. Ce sont deux amis de Frankenstein très différents l’un de l’autre. Le premier incarne la joie et l’amitié pure et dure, dans le sens où il pourrait faire n’importe quoi pour son ami. Le dernier prend la place du lecteur pendant la majeure partie du récit, donc l’identification avec lui est très forte. Il reçoit l’histoire que nous-mêmes nous recevons.

On peut lire et interpréter l’œuvre de différentes façons : parfois celles-ci sont données dans le synopsis. Par exemple, le fait que l’homme veuille devenir créateur, veuille créer la vie et donc prendre la place de Dieu sur Terre. La punition divine est fatale à celui qui désire donner la vie autrement que naturellement : tel peut être le message. Mais on peut également voir dans le monstre l’homme lui-même, corrompu par sa propre société, corrompu par les autres hommes, un homme qui était bon à la base et qui se pervertit au contact des autres. Le livre peut donc donner une vision très noire de l’Humanité, très pessimiste, qui m’a un peu fait penser à Rousseau, dans sa théorie de l’homme naturel, et de l’homme culturel. On peut également simplement lire le livre comme une histoire d’horreur, sans aucune métaphore. Enfin, ce livre fait réfléchir sur le fait de créer et la responsabilité du créateur envers la créature, comme je le disais à propos du monstre.

La fin est à la fois prévisible et inattendue : prévisible pour ce qui arrive à Frankenstein ; inattendue pour la réaction du monstre. En fait, on aurait pu s’y attendre aussi avec du recul.

 

En définitive, un livre passionnant, haletant, terrifiant, qui fait réfléchir. C’est une de mes œuvres favorites.

 

Challenge des 100 livres à lire au moins une fois

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley

Posté : 15 mars, 2015 @ 1:33 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le meilleur des mondes Genre : Science-Fiction, Classique

Editeur : Pocket

Année de sortie : 1977

Nombre de pages : 285

Synopsis : Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’oeuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps.
Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes… Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.

 

Avis  :  Ce livre m’intriguait depuis un moment, et j’avais décidé de le commencer pendant les grandes vacances d’été, en août.

Alors, grande question : pourquoi est-ce que je ne le finis que maintenant ? Et bien, jusqu’au chapitre 10, je n’ai pas du tout accroché à l’histoire. Je n’aimais pas du tout le monde que l’auteur nous décrivait, et j’ai fini par arrêter ma lecture en Septembre. Je ne l’ai reprise que récemment (il y a trois jours je crois), en me disant qu’il fallait tout de même que je le finisse, que la fin était peut-être mieux !

En commençant, je ne sais pas exactement à quoi je m’attendais. J’aime la science-fiction, les mondes dystopiques, les références historiques. Et pourtant, j’ai vraiment eu énormément de mal à apprécier ma lecture. Le monde créé par l’auteur est effrayant : cinq classes de personnes, et, dans les plus basses « castes« , des copies conformes, des « jumeaux » qui viennent du même embryon. Aucun lien ne rattache les individus, si l’on peut parler d’individus ! Aucun ne pense par lui-même, tous sont embrigadés depuis leur naissance par la propagande du Grand Ford. Ils ont des pratiques très étranges, très loin de nos mœurs et de nos habitudes. La division par castes permet la division du travail. Les loisirs sont également très étranges si on pense au Cinéma Sentant, au soma ou autres. Les références sont claires : Bernard Marx et Lenina sont les personnages principaux, et Shakespeare représente la civilisation et la liberté. Et ce monde ne m’a pas du tout attiré. Je n’ai vraiment pas réussi à entrer dans ce livre. Et même quand l’on ne se trouve plus dans le Londres « civilisé » et que l’on est dans un monde sauvage, je n’ai toujours pas apprécié ma lecture.

Quand j’ai repris ma lecture, je m’attendais à ne pas aimer, comme le début. Mais j’ai été assez surprise. En fait, j’ai l’impression que je me suis arrêtée au moment où l’histoire prend vraiment du relief, ou alors mon état d’esprit a nettement changé depuis mon début de lecture. J’ai eu un autre point de vue sur le texte. D’abord, j’ai remarqué qu’il était un peu mal traduit … Ensuite, j’ai vu John d’une autre façon. Il représente l’homme, l’individu, celui qui n’a pas été conditionné et qui arrive dans ce meilleur des mondes. John peut être le lecteur, il est facile de s’identifier à lui. Il cite de très nombreuses fois Shakespeare, et tente de faire ouvrir les yeux à ceux qui sont autour de lui, mais qui, manifestement, n’appartiennent pas à son monde. Ce personnage devient phare, et guide la suite du récit.

Les personnages sont assez caricaturaux, au vu de leur embrigadement. Bernard Marx est le type même de l’homme qui veut la gloire et qui n’agit pas comme les autres : c’est un Alpha, les êtres qui se rapprochent le plus de nous si je peux dire. Il tente, tout le long du livre, de séduire Lenina, qui a, comme tout le monde, des façons de faire assez étranges. Dans la partie que je viens de finir, il devient vraiment ridicule, et même lâche. Lenina, quant à elle, est vraiment le type même de la femme embrigadée : le sexe n’est pas tabou dans cette société, donc il ne l’est pas du tout pour elle. Elle est complètement à côté de la plaque en ce qui concerne l’amour, qu’elle ne peut pas connaître normalement. Mais, vers la fin, il se passe quelque chose en elle, et je dois dire qu’elle m’a un peu fait pitié. Après tout, ce n’est pas de sa faute si elle est comme elle est. John devient un des personnages principaux, et la fin est vraiment centrée sur lui. C’est le marginal de l’histoire, il n’est pas fait pour ce monde, ni pour cette société. Il représente vraiment l’individu tel que nous le connaissons. D’autres personnages apparaissent dans ce livre, comme Helmholtz ou sa Forderie Mustapha Menier qui, vers la fin, nous montre l’envers du décor de la société du Meilleur des mondes.

Ce livre est évidemment un moyen pour l’auteur de faire passer un message fort. Il veut faire ouvrir les yeux sur le totalitarisme qui commence à régner sur l’Europe à l’époque. Il veut montrer un monde « parfait », où les individus n’en seraient plus, où ils seraient tous formatés/embrigadés pour suivre la marche. C’est effrayant, et on ne peut que tout faire pour que cela n’arrive jamais.

La fin n’est pas surprenante si l’on prend un peu de recul : il était évident que cela ne pouvait pas se passer autrement. C’est vraiment une fin très triste, même si l’on n’est pas attaché aux personnages. D’un autre côté, les chapitres qui concernent Helmholtz et Bernard, et surtout en ce qui concerne le premier personnage, et ce que Menier dit de ce l’endroit où celui-ci est envoyé. Cela donne un petit espoir, mais pas grand-chose, au vu de l’état des grandes villes.

 

En définitive, un livre que j’ai commencé par ne pas aimer du tout, puis qui m’a intéressé sans être un livre que j’aime. Une première partie longue et fastidieuse, mais une seconde qui donne du relief à l’histoire. 

 

Challenge des 100 livres à lire au moins une fois

The Hunger Games, tome 3 : Mockingjay de Suzanne Collins

Posté : 1 juillet, 2014 @ 7:45 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Hunger Games 3Genre : Jeunesse, Science-Fiction

Editeur : Scholastic

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 455

Synopsis : « If we burn you burn with us ». Katniss Everdeen has survived the Hunger Games twice. But she’s still not safe. A revolution is unfolding, and everyone, it seems, has had a hand in the carefully laid plans – everyone except Katniss. And yet she must play the most vital part in the final battle. Katniss must become their Mockingjay – the symbol of rebellion – no matter what the personal cost.

 

Avis : Impossible de ne pas lire le dernier tome de la saga immédiatement après le deuxième tome !

On est vraiment curieux de savoir ce qu’il est advenu de Katniss, mais aussi des autres personnages, et surtout de Peeta, capturé par le Capitol à la fin de Catching Fire. Ce tome est très différent des deux premiers. Tout d’abord, une partie de l’action se passe dans un lieu que l’on ne connait pas du tout, un lieu entièrement nouveau, dont même Katniss ne connaissait pas l’existence. On le découvre peu à peu à travers les yeux et les pensées de Katniss : froid, terne, où la vie est très différente de celle des districts et du Capitol, mais où il est difficile d’imaginer quelqu’un d’heureux. Puis, l’action n’est pas la même : pas d’arène à proprement parler dans ce tome, pas de Hunger Games, pas de « tributes », ni de Cornucopia. Les personnages sont jetés dans une guerre contre le Capitol. Il n’est plus question du vainqueur d’un jeu, mais de l’avenir de tout Panem. Mais surtout, l’histoire est centrée sur les décisions de Katniss, et ses difficultés à se relever de tout ce que le Capitol lui fait subir. Ce tome est vraiment psychologique, noir : il traite de la façon dont le Capitol va réduire en cendres « the girl on fire ». Je ne pense vraiment qu’il puisse être qualifié de jeunesse, et, encore une fois, la catégorie Young Adults anglo-saxonne est bien plus adaptée. On passe dans ce livre par un tas d’émotions négatives, et très peu de positives. Je me suis souvent sentie oppressée, mal à l’aise, et même dégoutée par certaines scènes sanglantes. Peut-être que je suis trop sensible, mais j’ai vraiment trouvé certains passages un peu gores ! (dixit la fille qui déteste les films d’horreur  …) Ce tome produit donc toujours un effet d’oppression et d’injustice envers ce qui arrive à Katniss, mais ici, le malaise est accentué, et on souffre avec les personnages …

Je suis toujours aussi attachée à Katniss, bien que l’on découvre une nouvelle facette de ce personnage dans ce tome. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, et cela se comprend. L’on a du mal à se souvenir qu’elle n’a que 17 ans après tout ce qu’elle a déjà vécu ! Les premiers chapitres nous la montrent vraiment souffrante, et il est clair qu’elle restera paralysée toute sa vie par ce qui lui est arrivé. Mais elle se retrouve peu à peu, même tout semble jouer contre elle. Il semble qu’elle est à chaque instant au bord de la rupture, mais qu’elle est toujours aussi courageuse et prête à se sacrifier pour ceux qu’elle aime. Elle se jette la pierre à la moindre occasion, se sent coupable de tout ce qui arrive, mais ne se rend pas vraiment compte de ce que tout cela signifie en réalité : une révolution, la fin du Capitol, la liberté. Je ne vais rien dire concernant Peeta pour laisser toute la surprise, mais c’est un des éléments les plus tristes du livre (ce qui ne veut pas forcément dire qu’il est mort !). Je n’apprécie toujours pas Gale, et encore moins à la fin ! Haymitch, quant à lui, semble être le seul à être entièrement du côté de Katniss. Il la soutient, quoi qu’elle dise, et tente de l’aider du mieux qu’il peut, même s’il ne le montre pas toujours. Finnick est de plus en plus sympathique et touchant, on s’attache vraiment à lui au fil des pages. La famille de Katniss garde une place importante et Prim est marquante. Elle grandit, et Katniss s’en rend compte peu à peu. De nouveaux personnages apparaissent dans ce tome, et l’on ne sait pas vraiment quoi penser d’eux. Dans le district 13, le Président Coin est un peu étrange, et on ne sait vraiment pas se faire une opinion sur elle. Ce n’est qu’à la fin que l’on comprend qui elle est vraiment. Boggs semble effacé mais devient peu à peu un personnage important. Enfin, beaucoup (trop !) de personnages meurent dans ce tome, et surtout des personnages que l’on aimait vraiment. Mon cœur s’est serré de nombreuses fois à la lecture de certains passages vraiment éprouvants de morts particulièrement horribles et inattendues …

La fin est vraiment triste, comme celle de Divergente, mais ici, on ne pouvait pas du tout s’y attendre ! L’épilogue apporte de l’espoir, mais, cela ne parvient pas vraiment à compenser … L’idée des personnages à la fin est très émouvante : il ne faut pas oublier, et c’est leur façon de ne pas le faire.

Ce que j’ai définitivement aimé dans cette série, c’est le fait qu’il y ait une « histoire d’amour », mais qu’elle ne soit pas vraiment au centre de l’intrigue. Le monde créé par l’auteur est vraiment complexe, l’on pourrait presque s’imaginer qu’il est réel. Et surtout, à chaque fin de chapitre, quelque chose d’inattendu, de choquant, ou d’horrible arrive, et cela donne envie de continuer à lire. On veut tourner les pages plus vite qu’on ne peut lire, et c’est ce genre de livres, tellement passionnant qu’ils nous restent longtemps en mémoire, que j’aime. Avec Divergente, Harry Potter et Eragon, c’est la meilleure série jeunesse que j’ai lu.

 

En définitive, le tome final d’une excellente série, que je suis très contente d’avoir lu en VO, et que je pense relire !

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