Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Declaration, book 1 de Gemma Malley

Posté : 12 mai, 2016 @ 6:42 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre :The Declaration  Jeunesse, Science-Fiction

Editeur : Bloomsbury

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 301

Titre en français : La Déclaration, tome 1

Synopsis : In the year 2140, it is illegal to be Young. Children are all but extinct. The world is a better place. Longevity drugs are a fountain of youth. Sign the Declaration, agree not to have children and you too can live forever. Refuse, and you will live as an outcast. For the children born outside the law, it only gets worse – Surplus status. Not everyone thinks Longevity is a good thing, but you’d better be clear what side you’re on. Surplus Anna is about to find out what happens when you can’t decide whether you should cheat the law or cheat death.

 

Avis : Ce livre m’intriguait de par le sujet qu’il abordait, une immortalité possible et ses conséquences. Et la couverture est merveilleuse, ça ne gâche rien !

Le lecteur est ici plongé dans le futur, un futur où les gens n’ont plus le droit d’avoir des enfants, où ceux-ci ont donc disparu, en raison de la possibilité pour tous d’être désormais immortel. Cette immortalité a donc détruit la jeunesse « authentique », détruit l’humanité des personnes qui prennent désormais des pilules pour ne plus vieillir, et qui parlent de tuer les derniers enfants encore vivants, car nés hors-la-loi. En effet, le livre porte le nom de la loi que tous doivent signer pour vivre éternellement : La Déclaration. Cette loi engendre une résistance, un mouvement de défense de la vie. De plus, les enfants nés illégalement sont placés dans des centres appelés « Surplus Halls », où ils sont traités comme des sous-hommes, indignes de vivre, des « Surplus » qui polluent la surface de la terre, et qui doivent donc servir les « Legals ». Ce livre raconte plus particulièrement l’histoire d’Anna, totalement convaincue qu’elle est un « Surplus », qu’elle n’a pas le droit de vivre. J’ai aimé ce livre, mais je ne peux pas dire que ce soit un coup de cœur. Je n’ai pas réussi à m’attacher tout à fait aux personnages. De plus, j’ai trouvé l’écriture assez inégale. Quand Anna parle, il y a beaucoup de répétitions, comme quand le narrateur prend son point de vue, ce qui arrive la plupart du temps. C’était assez rébarbatif, puisque son endoctrinement lui fait toujours répéter les mêmes choses. Concernant l’atmosphère du livre, elle est assez pesante, l’action se concentrant à Grange Hall, un bâtiment froid, gris, une prison cruelle qui n’offre aucune échappatoire.

Anna est donc l’héroïne. Endoctrinée depuis qu’elle a deux ans, elle n’a aucun souvenir d’une vie autre que celle qu’elle mène à Grange Hall, et pense réellement qu’elle n’aurait pas dû venir au monde, que ses parents sont des criminels égoïstes qui ont violé la loi. Elle ne cesse de se répéter ce qu’elle croit vrai, ce qui peut paraître assez agaçant, mais qui est aussi le résultat du lavage de cerveau qu’elle a subi. Elle tente de se montrer forte quand il est facile au lecteur de voir sa faiblesse. Son passé est un mystère, et elle n’a, apparemment, aucune envie de le découvrir, contrairement au lecteur ! Peter est le personnage secondaire. Lui aussi est une énigme, et bouleverse complètement la vie d’Anna, qui veut simplement être une bonne Surplus et bien servir les Legals. Il tente de lui montrer la possibilité d’une autre vie. A travers les yeux de l’héroïne, il semble arrogant, mais ce semble être une façade ; en réalité, il est autant sujet à la peur que n’importe lequel des autres personnages, c’est simplement qu’il la gère mieux. Le lecteur rencontre d’autres personnages, dont Mrs Pincent, une femme qui déteste les Surplus et leur fait payer leur existence tous les jours de façon plus cruelle, Sheila, une petite fille convaincue qu’elle vient de l’extérieur et qui ne rend pas dans les rangs de Grange Hall, que le lecteur finit par apprécier, Charlie, une petite brute assez énervante, les professeurs, convaincus du bien fondé de La Déclaration, Mrs Sharpe, une bonne Legal qui ne ferait pas de mal à son Surplus. D’autres personnages encore arrivent par la suite, mais je vous laisse les découvrir !

Le sujet de l’immortalité est assez polémique. Beaucoup en rêvent, mais peu pensent aux conséquences : distinctions sociales, vieillissement de la population, lois inhumaines (ne plus avoir d’enfant, et même tuer ceux qui naissent parce qu’ils n’ont pas le droit de vivre). Ici, elles sont montrées sous leur aspect le plus négatif : le monde n’est plus du tout humain, les gens ne se battent plus pour les causes qui leur sont chères parce qu’ils n’ont plus aucune raison de s’inquiéter de quoi que ce soit. La mort n’existe pas, mais l’amour ne semble pas non plus être présent, ce qui fait disparaître tout l’intérêt de la vie. Une fois que l’on a tout vu, tout fait, à quoi bon vivre ? Que faire de plus ? Les problèmes que cela apporte sont plus nombreux que les avantages : la planète dépérit, plus d’enfants, trop de rationalité et de cruauté, plus de rêves et de liberté. Le monde devient froid, et c’est effrayant. 

La fin est bonne, même si je n’ai pas éprouvé l’émotion qu’elle était censée susciter. Elle est aussi surprenante, le voile étant levé sur les passés d’Anna et Peter. Mais, je pense que je ne lirai pas la suite immédiatement.

 

Donc, un bon premier tome qui promet une bonne série, et qui pose la question des conséquences de l’immortalité que tant rêvent d’obtenir.

The Lunar Chronicles, book 1 : Cinder de Marissa Meyer

Posté : 25 avril, 2016 @ 12:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

CInderGenre : Science-Fiction, Jeunesse

Editeur : Puffin Books

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 387

Synopsis : A forbidden romance.A deadly plague.Earth’s fate hinges on one girl . . .CINDER, a gifted mechanic in New Beijing, is also a cyborg. She’s reviled by her stepmother and blamed for her stepsister’s sudden illness. But when her life becomes entwined with the handsome Prince Kai’s, she finds herself at the centre of a violent struggle between the desires of an evil queen – and a dangerous temptation. Cinder is caught between duty and freedom, loyalty and betrayal. Now she must uncover secrets about her mysterious past in order to protect Earth’s future.This is not the fairytale you remember. But it’s one you won’t forget.

 

Avis : Cela faisait longtemps que ce livre attendait dans ma PAL – la suite y est aussi d’ailleurs, il ne me manque plus que Winter et les hors-séries pour finir la saga ! Je me suis lancée en lecture commune avec ma petite sœur ! (voici le lien de sa chronique : http://emistories.unblog.fr/2016/04/29/chronique-cinder-tome-1-des-chroniques-lunaires-marissa-meyer/comment-page-1/#comment-40 )

Et je dois dire que je regrette de ne pas avoir lu ce livre plus tôt ! J’ai lu pas mal de réécritures de contes pour l’instant, et tout comme les autres, celle-ci était vraiment originale ! (la preuve : ils ne se ressemblent absolument pas !) L’auteur a gardé certains traits du conte, les grandes lignes peut-être, certaines phrases en tête de parties (quatre ici) ainsi que l’intrigue de base ; mais l’histoire étant transposée dans une dystopie, beaucoup de choses changent, ce qui donne une tout autre image à ce que l’on connaît déjà. L’univers futuriste « rénove » complètement la vision que l’on peut avoir de Cendrillon, étant donné que le lecteur découvre que la Lune est habitée, que la Terre se découpe en royaumes, empires et gouvernements fédérés, et qu’il est possible de sauver la vie des humains en leur greffant des membres robotiques qui altèrent leur manière de vivre de façon significative ! Aussi, ici, pas d’idéalisation ni de manichéisme comme dans le conte, ce qui lui enlève son côté enfantin, ou trop facile, même si certains contes sont assez cruels à l’origine. Cendrillon est repris, mais également, d’une certaine façon, Blanche-Neige, sans doute en anticipation de la suite. Autre chose : le livre, à partir d’un certain moment, n’est que rebondissements à la chaîne, et je dois dire que j’ai vraiment été tenue en haleine jusqu’à la fin ! J’avais envie de savoir ce qui allait arriver : résultat, je sautais des pages pour lire un peu plus loin, pour savoir ce qui allait arriver ! Aussi, presque au centre du livre se trouve une épidémie qui décime la population, et que les scientifiques tentent d’endiguer sans succès ; cela promet du suspense, de la peur, des doutes, et de la tristesse. Evidemment, Cendrillon comporte une histoire d’amour, qui est bien présente ici, sans être agaçante, et sans prendre toute la place, ce que j’adore ! En effet, elle est très fortement liée à l’univers et à la politique en place, qui peuvent alors se déployer sans être gênés : ils sont ainsi le centre du livre ! Concernant l’écriture, je l’ai trouvée agréable ; l’auteure a une petite habitude : faire jurer ses personnages en leur faisant dire « Stars ! », ce qui m’a amusée.

Cinder est bien sûr l’héroïne de ce tome. Et on peut dire qu’elle ne colle pas du tout à l’image habituelle de la princesse dans les contes. D’abord, elle est mécanicienne, ce qui ne la rend absolument pas glamour comme ses belles-sœurs peuvent l’être. Ensuite, comme le suggère la couverture (très jolie d’ailleurs !), elle est cyborg, ce qui est très mal vu sur Terre. Et le narrateur nous fait comprendre, par-dessus le marché, qu’elle ne se trouve ni belle ni attirante. Soumise à une loi injuste, elle tente de se défendre au mieux dans un monde où elle n’est pas la bienvenue. Tourmentée par sa belle-mère et une de ses belles-sœurs, elle est le larbin de la maison, la souillon qui n’a aucune chance d’aller au bal au vu de son allure, mais aussi au vu de ce qu’elle est. Après son opération pour en faire une cyborg, elle a perdu la mémoire : son passé avant ses onze ans a disparu. Aussi, Cinder rêve de liberté, et se retrouve, à la place, embarquée dans une histoire dont elle ne comprend la portée qu’à la fin, quand le lecteur l’a deviné depuis longtemps ! Ses problèmes commencent avec sa rencontre avec le prince Kai, dont elle se fichait éperdument ; une fois rencontré, il bouleverse un peu sa vie en lui demandant de réparer un de ses robots tomber en panne. On peut dire que ce personnage est le type du prince charmant : beau, gentil, courageux face à l’adversité, déterminé dans ses choix. Et pourtant, ce n’est pas une caricature, ce qui le rend plus attachant que la plupart des princes que l’on peut rencontrer dans des romans Young Adult. Notamment, la décision qu’il prend à la fin est fracassante pour le conte ! Peony, la gentille belle-sœur de Cinder, est adorable ! Il est extrêmement facile de s’attacher à elle, et difficile de ne pas compatir quand elle souffre. Elle fait de son mieux pour aider l’héroïne contre sa propre mère et sa sœur, qui déteste leur fardeau cyborg de toutes leurs forces. Iko est elle aussi incroyablement attachante ! Robot-assistante de Cinder, elle la suit partout, et son humour décalé provoque des situations embarrassantes pour les autres personnages, drôles pour le lecteur. J’ai presque envie d’avoir la même à la maison ! D’autres personnages sont bien moins attachants, comme Adri, la belle-mère de Cinder, qui fait tout son possible pour lui nuire, même le pire ; Pearl, sa seconde belle-sœur, dans la même lignée que sa mère ; et, évidemment, Levana, la reine de Luna, qui s’avère être la parfaite méchante reine des contes de fées, même si je pense que le personnage est plus développé dans Fairest, son histoire personnelle. D’autres personnages font leur apparition, notamment le Docteur Erland, qui va aider Cinder à en découvrir un peu plus sur elle et son passé ; Torin, le conseiller de Kai, en apparence assez strict et austère, mais qui cache une vraie affection pour Kai.

La fin est très très prévisible, étant donné que des indices sont disséminés partout ! Mais, malgré ce manque de surprise, elle n’en reste pas moins excitante. Elle donne envie de lire la suite pour découvrir ce qu’il adviendra des personnages !

 

Donc, un très bon roman Young Adult, qui mélange bien l’univers des contes et la science-fiction, pour une saga qui promet d’être palpitante !

Flowers for Algernon de Daniel Keyes

Posté : 16 février, 2016 @ 12:44 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Flowers for AlgernonGenre : Science-fiction

Editeur : Orion Books

Année de sortie : 2002

Nombre de pages : 216

Synopsis : Charlie Gordon, IQ 68, is a floor sweeper, and the gentle butt of everyone’s jokes, until an experiment in the enhancement of human intelligence turns him into a Genius. [SPOILER] But then Algernon, the mouse whose triumphal experimental transformation preceded his, fades and dies, and Charlie has to face the possibility that his salvation was only temporary.

 

Avis : Cela faisait un moment que je voulais lire ce livre, et l’occasion m’a été donnée de le faire par une de mes professeurs.

D’abord, je trouve que le synopsis en dit beaucoup trop ! Il gâche dès le début une des surprises du livre : un problème potentiel dans la formule du professeur Nemur. J’étais un peu déçue par cette façon de révéler l’histoire dès le début ! Le suspense est gâché, c’est vraiment dommage ! C’est aussi une façon de prévenir le lecteur de l’émotion qu’il va ressentir tout le long du livre. En effet, c’est très difficile de ne pas se sentir impliqué, tout d’abord avec la méthode d’écriture. Charlie écrit des rapports pour voir l’évolution de ses progrès, et cela donne l’impression qu’il parle au lecteur, que c’est à lui qu’il écrit. L’attachement au personnage est ainsi immédiat, et l’on a envie que ses souhaits se réalisent, on a presque envie de l’aider nous aussi. Autre chose concernant l’écriture : l’auteur nous plonge vraiment dans son livre en nous montrant l’évolution de l’écriture de Charlie ; cela participe à l’émotion que l’on ressent, puisqu’elle montre les progrès du personnage. J’ai eu l’impression, en réalité, que tout contribuait à rendre l’histoire touchante, émouvante, à travers tous les aspects possibles : de l’amour, de l’espoir, de la cruauté, de la naïveté, de l’innocence, puis la perte, le désarroi, les regrets, le manque de temps. Combien de fois les larmes me sont-elles montées aux yeux ?

Comme je le disais, l’attachement à Charlie Gordon est immédiat. Retardé, mais motivé à devenir plus intelligent, il apprend à lire et à écrire, et décide de faire des tests afin de subir une opération pour améliorer son niveau d’intelligence, son QI. Il veut simplement être comme les autres, qu’il voit comme des génies, des êtres supérieurs à lui. Il est profondément gentil, et rit avec les autres de ses bêtises, ne se rendant pas compte qu’en réalité, il se moque de lui. Au fur et à mesure de ses progrès, le lecteur se rend compte que le caractère de Charlie change lui aussi ; il devient tout à fait différent de l’homme que l’on a d’abord rencontré. J’ai trouvé que c’était assez difficile à lire : il se transforme en quelqu’un d’autre, il semble parfois oublier qui il était, grâce à qui il est plus intelligent, et se prend pour quelqu’un de meilleur que les autres parce qu’il est passé par deux stades extrêmes, le retardement et le génie. J’ai eu de la peine pour le personnage tant on finit par ne plus le reconnaître ! A travers ses yeux, on rencontre d’autres personnages : Algernon, la souris savante, à laquelle il finit par s’identifier ; Miss Kinnian, une enseignante qui aide les personnes retardées à apprendre à lire et à écrire, courageuse, patiente, que j’ai beaucoup apprécié, et qui m’a également fait mal au cœur ; Professeur Nemur, qui se prend un peu pour le docteur Frankenstein, qui m’a un peu énervé, et un peu apitoyé, un scientifique qui se prend pour Dieu alors qu’il n’a pas mesuré toutes les conséquences de ses actes ; Docteur Strauss, que j’ai beaucoup aimé, il tente de calmer à la fois le Pr. Nemur et Charlie, et de faire ouvrir les yeux à ce dernier quand il se rend compte qu’il a profondément changé ; Burt, petit laborantin sympathique ; Fay, voisine délurée et artiste, qui va permettre à Charlie, en ne lui révélant rien, de vivre un peu une parenthèse ; Matt, Rose et Norma, la famille de Charlie : j’ai beaucoup aimé le père, qui m’a semblé véritablement aimer son fils, et tenter de le protéger face à sa mère, hystérique, qui veut absolument que Charlie soit normal. La dernière, la fille, m’a dégouté dès le début avec sa façon de traiter son frère, mais une petite surprise nous attend à son sujet (on ne la voit qu’à travers les yeux de Charlie, qui ne peut pas être objectif) ; enfin, ses amis, Mr. Donner, Gimpy, Freddy, Joe Carp, des hommes qui se croient supérieurs à lui parce qu’il est retardé, et donc, leur procure un sentiment de toute puissance (petit rachat à la fin, mais j’ai eu l’impression d’une hypocrisie).

La science est le thème central du livre, et plus précisément, la façon dont elle peut améliorer l’homme, ici, son intelligence. J’ai eu l’impression de lire une version moderne de Frankenstein : le professeur se croit capable de changer le monde, de donner la vie à une créature – car c’est comme cela que Charlie est considéré par le scientifique – et celle-ci doit lui être redevable pour son salut. De nombreuses fois dans le livre, le personnage principal nous explique qu’il était déjà un être humain avant l’opération, quand il était retardé, qu’il n’a pas été créé par le Pr. Nemur, qui, lui, le considère un peu comme Algernon, comme un animal de laboratoire qu’il a rendu humain, comme si quelqu’un de retardé ne l’était pas déjà. C’est aussi pour cette raison que Charlie change : il veut prouver qu’il a toujours été un homme, qu’il a un passé, un futur. La question du bonheur est également centrale : Charlie veut être intelligent pour être comme les autres, et pense que cela le rendra plus heureux parce qu’il pourra avoir des amis et parler de tout un tas de choses avec de nouvelles personnes. Mais l’opération ne le rend pas heureux : elle lui ouvre les yeux sur un nouveau monde, un monde cruel, où on ne rit pas avec, mais de lui. En effet, il se rend compte de la réelle réaction des gens face à son retardement : celle de ses « amis », mais aussi de sa famille, ce qui m’a sans doute le plus choqué. Il a été manipulé, on s’est servi de lui sans qu’il s’en soit rendu compte. En réalité, il semblait bien plus heureux avant l’opération qu’après. Cela pousse ainsi le lecteur à réfléchir : est-ce que, si nos vœux s’exauçaient, nous serions plus heureux ? Est-ce que le bonheur n’est pas déjà là ? Est-ce que l’on n’a pas déjà tout ce qu’il nous faut ? Surtout, est-ce que l’intelligence fait le bonheur ? L’hypocrisie du système scientifique et politique est également montré ici, lorsque Charlie est devenu un génie. Il se rend alors compte que l’on met des hommes que l’on pense être des génies sur des piédestaux, alors que ce sont des hommes ordinaires qui jouent avec les apparences. Il se rend compte qu’il en sait plus que les spécialistes sur leur propre domaine de recherches, s’inquiète et s’énerve de voir qu’en réalité, ils ne savent pas grand-chose de ce dont ils parlent. Cette hypocrisie est compensée par Burt, qui signale que les véritables génies travaillent dans d’autres domaines, comme l’armement. Enfin, la littérature a une place dans ce livre, puisque la soif de connaissance de Charlie le pousse à lire tous les livres qui lui tombent sous la main, et notamment « Dostoïevski, Flaubert, Dickens, Hemingway, Faulkner ».

La fin est triste, comme on peut s’y attendre. On a presque envie d’entrer dans le livre pour protéger Charlie nous-mêmes. Les dernières phrases m’ont achevé …

 

En définitive, un excellent roman de science-fiction, que je conseille à tous, même à ceux qui n’aiment pas ça ! Un coup de cœur !

Le Cycle des Dieux, tome 1 : Nous les Dieux de Bernard Werber

Posté : 4 septembre, 2015 @ 8:40 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Nous les Dieux Genre : Science-Fiction

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 468

Synopsis : Et vous, que feriez-vous à la place de Dieu ?

 

Avis :J’avais hâte de lire cette série, elle m’intriguait, tout la couverture que je trouve très belle !

Un sans faute pour l’histoire, que j’ai trouvé très intéressante, prenante, captivante. Je me suis rendue compte à certains moments que j’étais vraiment dedans, que je voulais savoir ce qui venait ensuite, si la situation périlleuse des personnages s’arrangeait ! J’ai adoré l’idée d’entrer dans le monde des dieux et de le découvrir à travers les yeux d’un élève. On découvre la mythologie autrement, de l’intérieur, et c’est vraiment exquis pour ceux qui aiment ça ! On est dans la peau du personnage principal, et on visite Aeden, on rencontre ses habitants, on se trouve face à ses dangers. Et je me suis parfois prise à imaginer que cela pourrait exister, et rien que cette pensée était exaltante. L’idée de cours de dieux est assez drôle, j’ai aimé ce concept d’apprendre à devenir un bon dieu. Le suspense est clairement présent, que ce soit pour savoir ce qui va arriver aux « expériences » des élèves, ou aux apprentis dieux eux-mêmes : ils enfreignent les lois divines, et explorent un territoire où les dangers se cachent les uns derrière les autres. Ce livre est à la fois un moyen pour revoir sa mythologie, pour relire des bouts de L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, mais aussi pour revoir l’histoire de la vie et de l’Humanité. C’est vraiment passionnant de voir comment l’on passe du végétal, à l’animal, à l’humain. Aussi, on se rend compte que la vie ne peut être sans violence, et que la morale pèse peu face à elle. Si on peut désirer un monde moral sans violence aujourd’hui, c’est parce que l’on a atteint un niveau de conscience supérieur. Ainsi, on assiste à l’évolution de la vie et de l’homme, à l’éveil de sa conscience, à la façon dont les dieux interviennent, directement ou indirectement. Les dieux font des expériences qu’ils appellent des jeux, et j’ai trouvé ça assez perturbant comme idée : et si nos dieux (si nous en avons) jouaient avec nous ? Mais, petit bémol qui, à force, m’a un peu agacée : l’écriture de l’auteur. Pourtant, je ne me souvenais pas avoir été gênée par elle lors de mes précédentes lectures. Ce n’est pas que c’est mal écrit, c’est quelque chose dans la façon de raconter qui m’énerve.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à part aux humains. On retrouve ici Michael Pinson, déjà le héros des Thanatonautes et de L’Empire des Anges. Il est gentil, et spirituel, comme le dit son ami Raoul Razorback, mais je n’ai pas réussi à éprouver une réelle sympathie pour lui. Comme c’est lui le narrateur, c’est lui qui m’agaçait. Certaines de ses remarques ne sont pas assez naturelles quand on les lit. Il est l’un des élèves dieux, et se pose tout un tas de questions sur le nouveau monde dans lequel il a atterri. Parfois, sa façon de se sortir de situations difficiles m’a semblé trop facile : il est clair que quelque chose ne tourne pas rond autour de lui, sauf que c’est trop flagrant. Les thanatonautes sont aussi présents sur l’île : Raoul RazorbackEdmond WellsMarilyn MonroeFreddy Meyer. Je n’ai pas non plus réussi à m’attacher à eux : Raoul me semble faux ; Edmond, trop gentil et pacifique ; Freddy est un peu trop effacé. Je n’apprécie que Marilyn, et la véritable vedette y est grandement pour quelque chose ! Les dieux de l’Olympe sont également présents dans ce livre, et leurs caractéristiques m’ont semblé mises en avant à l’excès. Ce sont des caricatures d’eux-mêmes ! Arès, par exemple, est un gros bourrin qui ne pense qu’à tuer, ou à faire des stratégies afin d’être le plus fort. Aphrodite est une déesse qui aime séduire, et qui charme tous les élèves de façon différente. Athéna ne fait que parler de justice, et Atlas (Titan) ne fait que se plaindre de sa punition divine. J’ai été un peu déçue par cet aspect des dieux, mais j’ai tout de même été ravie de les trouver dans ce livre ! Des célébrités sont également présentes dans ce livre : chanteurs, philosophes, acteurs, inventeurs, peintres, ils sont nombreux à être parvenus en Aeden. Mais, encore une fois, certains m’ont paru caricaturé, comme Edith Piaf, qui ne semble penser qu’à chanter. J’ai tout de même trouvé sympa de trouver quelques vedettes dans le livre ! Enfin, on retrouve ici des chimères : sirènes, centaures, chérubins, Léviathan, ou espèce de Cerbère. Cela fait partie de la mythologie, et j’ai aimé l’idée de les intégrer en Aeden. Ce serait sans doute moins « drôle » sans eux !

La fin donne très envie de lire la suite car la petite équipe de personnages que nous suivons parvient à une étape bien particulière. C’est très frustrant pour le lecteur de s’arrêter là !

 

En définitive, un bon livre de science-fiction sur la mythologie, même s’il ne fait pas partie de mes préférés.

Les Bourgeons du mal de Kevin Iacobellis

Posté : 13 août, 2015 @ 11:56 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Les bourgeons du mal Genre : Science-Fiction

Editeur : Bookelis

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 99

Synopsis : 2072. L’armée américaine plante un arbre dont l’envergure devient rapidement gigantesque. Robby, Benjamin et Justine, des amis de longue date, sont amenés à étudier l’arbre de plus près et l’écosystème qu’il engendre. Lorsque soudainement, des monstres sanguinaires éclosent des bourgeons formés par cet arbre. Ces monstres se préparent à détruire l’humanité. Nos amis, au côté de l’armée, doivent faire face à cette menace d’une importance capitale. La situation se retourne lorsque Robby apprend qu’il a peut-être imaginé cette histoire. Cette invasion n’est-elle pas simplement le fruit de son imagination? Nos amis sont peut-être réellement en danger …

 

Avis :L’auteur m’a envoyé ce livre il y a un long moment maintenant, et j’avoue que je l’avais un peu oublié. Je l’ai repris hier pour enfin le finir !

En lisant le synopsis, on constate déjà que l’auteur a une imagination débordante, et que son livre promet de l’action. Mais, peu à peu, l’histoire part un peu dans tous les sens, et même un peu trop. Cela rend le lecteur trop confus pour qu’il apprécie pleinement sa lecture. L’idée est originale, mais elle devient vite trop chargée, elle est noyée sous les événements successifs. Le lecteur finit par être complètement perdu, il ne sait pas lui-même distinguer la « réalité » et la « fiction » du livre, et cela lui donne un sentiment de confusion et de frustration : il ne comprend rien à ce qui arrive. Je n’ai pas trouvé cela agréable du tout : j’aime être surprise par mes lectures, mais là, trop de couches d’événements et de narration se superposaient. Cela a fini par m’agacer. L’action est inattendue parfois, surprenante, mais elle est amenée trop abruptement pour être agréable au lecteur. De plus, à un moment donné, l’histoire bascule complètement, et c’est d’autant plus difficile à comprendre pour le lecteur. Les derniers chapitres sont surréalistes, et je n’ai pas du tout accroché. L’écriture, quant à elle, me semble être à revoir, non par son style, mais par sa correction : certaines erreurs sont énormes, comme « pertinemment bien », ou d’autres expressions sont mal utilisées. Parfois, dans le même paragraphe, des événements surviennent, mais ils ne sont pas cohérents les uns par rapport aux autres ; ou le narrateur répète la même chose, mais différemment. Egalement, un vocabulaire vulgaire est employé sans qu’il soit approprié : il est utilisé de façon inattendu, et cela peut gêner le lecteur, surtout qu’un autre vocabulaire, plus pointu, est utilisé parfois. Enfin, le point de vue change pendant l’histoire : le lecteur est censé être en point de vue interne mais à la troisième personne du singulier, mais l’auteur utilise parfois « nous » et « nos amis », il s’implique, ce qui est assez étrange vu le premier point de vue adopté. Sans doute, l’histoire est trop courte pour déployer complètement son potentiel. Tout arrive trop vite, ou avec des explications trop rapides. 

Les personnages sont assez difficiles à cerner. Robby m’a paru un peu naïf, mais aussi complètement perdu dans son histoire, comme le lecteur. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, et celui qui lit a du mal à le suivre. Il ne sait pas quoi faire pour améliorer sa situation, n’a personne en qui avoir confiance, et se retrouve finalement seul pour affronter la menace qui pèse sur l’Humanité. Il m’a un peu fait penser aux films catastrophes où le héros est le dernier homme sur Terre, ou au moins le seul à pouvoir la sauver. Je n’ai pas accroché à cet aspect du personnage. De plus, ses émotions ne nous sont pas du tout communiqué, j’ai trouvé impossible de m’attacher à lui. Les autres personnages sont les amis de Robby, Benjamin, Justine, Sternon, Emily, Elise et François. Je n’ai pas réussi à les apprécier car ils sont une des raisons pour laquelle le lecteur et le personnage principal sont confus. J’ai eu plus de mal à les cerner. Quant aux créatures, elles m’ont un peu fait penser à des pokémons : ce sont des mélanges d’animaux improbables. J’ai aussi pensé à la mythologie grecque, mais en beaucoup moins cohérent.

La fin est inattendue, et explique peut-être la confusion qui règne dans tout le livre : j’ai tout de même trouvé que c’était trop. Dans le dernier chapitre, l’histoire est entièrement résumée, ce qui ajoute à la répétition qui se trouve déjà dans le livre.

 

En définitive, je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre. L’écriture est à revoir, l’idée est originale, mais l’imagination doit être canalisée pour donner quelque chose de cohérent.

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