Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Ce qui nous lie de Samantha Bailly

Posté : 23 juin, 2015 @ 2:38 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Ce qui nous lie Genre : Romance, Fantastique

Editeur : Milady (Grande Romance)

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 282

Synopsis : Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu’elle a appris à dissimuler … et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie « normale », celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore. Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l’open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n’arrive pas à percevoir les liens … 

 

Avis : J’ai acheté ce livre sur un coup de tête, et j’avais très envie de le lire ; mais j’ai laissé traîner un peu. Je me suis donc enfin décidée !

Je ne m’attendais à rien de spécial, donc je n’avais pas d’a priori. Et je pense que ça a sauvé ma lecture. J’ai vu de nombreux avis négatifs parce que les lecteurs attendaient quelque chose de précis. J’ai passé un bon moment avec ce livre, je me suis laissée porter par l’écriture de Samantha Bailly qui, soit dit en passant, me semble bien refléter celle d’une nouvelle génération d’écrivains en herbe. C’est une écriture sincère, authentique, qui ne cherche pas ses mots, claire, et qui peut parfois embarrasser le lecteur : je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je me suis parfois sentie gênée face aux mots employés, à l’expression. De plus, c’est un livre écrit à la première personne narrative, ce qui plonge le lecteur dans l’histoire directement : j’aime beaucoup être immergée dans les livres sans préparation, même si c’est souvent assez déroutant. Autre chose : même si certains n’ont pas du tout aimé les sauts dans le temps effectués par le personnage, je dois dire que ça a ajouté quelque chose à ma lecture. J’ai aimé ces ellipses, même si elles anticipaient beaucoup sur les événements. Je trouve qu’elles donnaient encore plus envie de savoir ce qui s’est passé entre deux. Bon, c’était aussi assez frustrant, mais les pièces du puzzle s’emboîtent finalement. Ensuite, c’est vrai qu’il y a une romance, mais l’histoire ne m’a pas paru centré dessus, et je préfère ça ! Je n’aime pas trop les histoires à fond sur la romance, où la fille est une gourde, et se fait avoir à tous les coups parce qu’elle n’est pas lucide, ne fait pas assez attention. Je trouve ça très énervant ! Ici, ce n’est pas vraiment le cas, heureusement ! J’ai trouvé que l’intrigue se concentrait sur le combat intérieur qui bouleverse Alice. Elle tente de comprendre, elle veut tout contrôler, ce qui est assez énervant parfois. Enfin, l’on se retrouve ici dans une ambiance de bureau assez agréable à première vue, où tout le monde doit se tutoyer, où tout le monde est censé bien s’entendre, mais où certaines tensions sont bien palpables.

Je me suis un peu attachée au personnage d’Alice : son histoire m’a fait mal au cœur, elle a vécu des choses difficiles qui la hantent encore et l’empêche de vivre pleinement sa vie. Je ne peux pas dire qu’elle ressemble aux héroïnes habituelles des romances, elle est au contraire plutôt atypique. Elle est très lucide, et tente de ne pas se laisser aller. Elle a une carapace épaisse, elle s’est endurcie, et ne veut laisser personne pénétrer dans son cercle privé. Je l’ai parfois trouvé un peu énervante : grâce à son don, elle pense connaître les gens, et les jugent dès le premier regard. Elle est perspicace, elle sait de quoi elle parle, mais elle ne sait pas se détendre. C’est une héroïne très tourmentée, qui partage ses pensées avec le lecteur. J’ai eu des sensations assez mitigées par rapport à ce personnage. Je l’ai aimé à la fin. Concernant Raphaël, il est le type même du gars mystérieux que l’on ne rencontre que dans les romans. Il résiste au don de l’héroïne, il m’a fait penser à Bella dans Twilight, qui résiste au don d’Edward, ce qui intrigue les deux personnages et les rapprochent. Il est aussi le type même de celui qui aime courir les filles et ne supporte pas qu’une d’entre elles ne succombe pas à son charme. Il est agaçant pour Alice et pour le lecteur, il semble arrogant, mais se révèle tout de même à elle peu à peu, la laisse pénétrer ses défenses. Son comportement vers la fin du livre est assez incompréhensible si l’on n’a pas tous les éléments, que l’on découvre à la fin. Quant aux autres personnages, il est très facile de s’attacher à certains d’entre eux au fur à et mesure qu’Alice les voit différemment et s’attache aussi à eux : Shamin, une jeune femme qui semble rigide et inaccessible, mais qui s’avère différente en réalité ; Romain, le petit stagiaire qui ne sait pas draguer, qui est la risée de ses collègues mais qui reste charmant dans sa maladresse ; Sébastien, le coureur de jupons qui, à première vue, peut indigner le lecteur par sa façon de traiter les femmes, mais qui lui aussi s’avère différent et se révèle peu à peu à Alice comme un personnage attachant ; John, l’ami d’enfance, le pilier, qu’Alice aime tendrement ; Tim, l’ex copain, le salaud qui a un peu tout déclenché ; la grand-mère d’Alice, si attachante et douce.

Pour le côté fantastique, en fait, je me rends compte que je l’ai peu à peu oublié. Le don d’Alice est intégré à sa vie, il est tout à fait normal pour elle. Elle le découvre un jour, et nous raconte comment il apparaît, puis comment il ne la lâche plus, ses recherches pour comprendre. Mais, finalement, ce n’est pas ce qui compte le plus : ce qui compte, c’est comment Alice voit les gens, son intuition un peu, même si son don l’aide quand même beaucoup. J’ai trouvé que ce roman était plus psychologique que fantastique en fait, mais ce n’est pas un mauvais point.

La fin n’est pas prévisible, mais pas si surprenante au vu du personnage d’Alice et de son évolution. Elle a changé, mais elle reste égale à elle-même : indépendante et lucide.

 

En définitive, un bon roman, plus psychologique que fantastique, qui nous montre le combat d’une jeune femme pour enfin accepter de vivre, et ne plus fuir face aux autres. Ce livre me donne envie de lire d’autres livres de Samantha Bailly !

The Selection, book 4: The Heir de Kiera Cass

Posté : 27 mai, 2015 @ 2:27 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

The Selection book 4  The Heir Genre : Jeunesse, Romance

Editeur : HarperTeen

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 342

Synopsis : Twenty years ago, America Singer entered the Selection – and she and Prince Maxon have lived happily ever after. Princess Eadlyn has always found her parents’ story romantic, but it’s not what she wants for herself. Unfortunately, Eadlyn can’t escape the path laid out for her … including her very own Selection. Eadlyn doesn’t expect to find love among the Selection’s thirty-five eligible guys. But as the competition begins, new possibilities may just capture her heart – and prove that finding her own happily ever after isn’t as impossible as she’s always thought.

 

Avis : J’avais adoré le premier cycle de la trilogie La Sélection, et j’avais hâte de lire ce dernier tome, même si j’avais un peu peur de ne pas du tout accrocher … Comme toujours, le livre arbore une superbe couverture, une robe à se damner …

Mais en fait, j’ai adoré retrouver l’univers de La Sélection ! Arpenter à nouveau le palais, découvrir comment l’histoire d’Illeá a évolué après le couronnement de Maxon et America, mais aussi comment les personnages des tomes précédents ont changé étaient un réel plaisir ! On commence ce livre en découvrant son personnage principal : Eadlyn Shreave, l’aînée de Maxon et America, jumelle d’Ahren. Et dès le début, on découvre l’humour pince-sans-rire de la jeune fille, et son avis sur le fait qu’elle sera la prochaine souveraine d’Illeá. Elle va se retrouver face à la Sélection sans trop savoir quoi en faire, et, comme le montre le synopsis, ce n’était pas ce qu’elle voulait, parce qu’elle ne désire pas se marier aussi jeune (tout comme Maxon et America à l’époque, elle a dix-huit ans), et même peut-être ne pas se marier du tout, ce qui est peu conventionnel pour un souverain. Etant donné que le livre est écrit avec son point de vue à la première personne, on partage ses peurs, ses émotions, ses doutes, mais aussi ses joies. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant est le fait qu’avec ce tome, nous avons le point de vue de celle qui dirige la Sélection : comparé aux tomes précédents, on est de l’autre côté du miroir, du côté de celle qui va éliminer des candidats, qui va découvrir la complexité de la différence entre tomber amoureuse et simplement s’attacher à quelqu’un. De plus, être de ce côté de la Sélection donne un peu plus de « suspense » à l’intrigue, si je peux dire ! En effet, en lisant les premiers volumes de La Sélection, on peut dire que la fin est un peu évidente, vu le point de vue narratif … Ici, c’est vraiment différent, puisqu’Eadlyn a vraiment le choix, contrairement à America. Et puis, cela nous permet d’imaginer un peu ce que devait ressentir Maxon ! De plus, la Sélection d’Eadlyn, comme celle de son père, n’est pas de tout repos, puisqu’il se passe tout un tas d’incidents divers auxquels l’on pouvait s’attendre. Cela donne du piment à la lecture, qui n’est pas celle d’une romance ordinaire. Enfin, la politique est toujours présente dans ce tome, comme dans les tomes précédents, et elle a une assez bonne place dans l’histoire. Le monde créé par l’auteur est donc toujours aussi complet, et ne se concentre pas exclusivement sur la Sélection et les déboires amoureux d’une jeune fille.

Concernant les personnages, j’ai eu peur de trouver Eadlyn agaçante, comme de nombreux lecteurs. Il est vrai qu’au début, j’ai compris leur réaction. Elle paraît parfois arrogante, se croit plus puissante et plus importante que tous, mais je trouve qu’on ne peut pas vraiment lui en vouloir : elle a été éduquée pour être la nouvelle reine d’Illeá, et pour cela, elle a endurci son caractère, elle s’est refermée sur elle-même, et elle s’est forgée une personnalité froide et antipathique. Mais au fond, elle s’empêche simplement de s’attacher à qui que ce soit, à part sa famille. Elle rêve de liberté, mais son futur « job » même l’empêche d’être libre. Elle découvre le désir et l’attachement à quelqu’un sans le vouloir, et on peut dire qu’elle veut tout faire pour s’empêcher de ressentir quoi que ce soit pour un des candidats de la Sélection. Elle évolue aussi beaucoup dans ce tome, puisqu’elle se raisonne, et que d’autres le font aussi : les remarques de ses frères surtout peuvent parfois donner l’impression d’être cruelles, mais elles tentent seulement de la remettre à sa place : même si elle est reine, elle ne doit pas considérer les autres comme des inférieurs, et elle semble peu à peu le comprendre. Finalement, je me suis attachée à elle, et je me suis parfois imaginé à sa place : comment réagirions-nous à une Sélection ? Elle m’a parfois fait mal au cœur car beaucoup de choses reposent sur elle, même si elle est très jeune et qu’elle doit assumer son rôle sans faillir. On retrouve, bien sûr, dans ce tome, Maxon et America, à notre grand bonheur ! J’ai vu de nombreux commentaires qui regrettaient le fait qu’ils ne soient pas au centre de l’action, mais cela me semble logique : la Sélection ne les concerne plus directement, et le livre est centré sur leur fille, un nouveau personnage à découvrir et à apprécier ! On sait désormais qu’ils sont heureux, qu’ils ont des enfants, et qu’ils s’aiment toujours autant. Quelques allusions sont faites à propos de « leur » propre Sélection, donc aux tomes précédents, ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur. Les deux personnages ont énormément évolué (évidemment !) même s’ils se taquinent et s’aiment toujours passionnément. Maxon, devenu roi, a beaucoup plus de responsabilités, et semble vraiment avoir changé la vie de ses sujets, ce à quoi le lecteur s’attendait en terminant le premier cycle. Il est plus attachant que dans les premiers tomes. Quant à America, elle m’a fait penser à la mère de Maxon : elle semble une reine parfaite, belle, aimante et aimée, une mère exemplaire et douce qui fait tout pour ses enfants, et qui comprend les difficultés qu’a sa fille à affronter la Sélection, puisqu’elle aussi était réticente ! On retrouve ses traits de caractère chez sa fille, même si elle est tout de même plus posée que sa mère à l’époque ! America est donc encore plus attachante que dans le cycle qui la concernait, et c’est un véritable plaisir de la découvrir telle qu’elle est devenue après son mariage avec le prince. On retrouve aussi Aspen, qui se trouve vraiment au second plan du livre, ainsi que Lucy, Marlee, et May. J’ai aimé les retrouver, et je n’ai pas non plus regretté qu’ils soient en retrait. On découvre aussi de nouveaux personnages : Ahren, le jumeau d’Eadlyn, que j’ai beaucoup apprécié (j’ai toujours rêvé d’avoir un jumeau …), la relation qu’il entretient avec sa sœur est fusionnelle, même s’ils ne sont pas d’accord sur tous les sujets ; Kaden et Osten, les frères cadets d’Eadlyn, attachants eux aussi, même s’ils ne sont pas des personnages prépondérants ; les Sélectionnés, et surtout deux d’entre eux, que le lecteur ne peut qu’apprécier, ou trouver charmants à travers les yeux de la jeune princesse. Le premier est clairement un casse-cou, et on pouvait penser que jamais Eadlyn et lui ne se rapprocheraient ; le second est maladroit, ce qui fait tout son charme, et semble vraiment amoureux de la princesse. Erik, même s’il ne fait pas partie de la Sélection, est également un personnage attachant, un peu timide et modeste, ce qui ne fait que le rendre plus estimable.

Je dois dire que mon intérêt pour La Sélection me surprend parce que je n’aime pas trop les romances. Les histoires Arlequin, du genre je t’aime / moi non plus ne m’intéressent pas. Et pourtant, cette série me passionne, sans doute parce que d’autres intrigues gravitent autour de la romance, mais aussi parce que le contexte n’est pas le même que dans les romances ordinaires. L’on se trouve dans un château, donc à la Cour, et j’ai toujours trouvé ce genre de lieu romantique à souhait, même si ce n’était pas vraiment le cas à l’époque. De plus, en lisant une romance ordinaire, il est très facile deviner la fin : le héros et l’héroïne finissent ensemble, s’aiment à la folie, ont beaucoup d’enfants, etc. Ici, le fait que l’on ait le point de vue de celle qui va choisir son mari parmi les Sélectionnés donne un autre tour à l’histoire. Le lecteur peut imaginer plusieurs fins possibles, toutes prévisibles bien sûr, mais au moins, il n’y en a pas qu’une que l’on a deviné dès le début !

La fin est épouvantable !! Comment peut-on finir un livre de cette façon, surtout en sachant que le tome suivant ne sortira pas avant un très long moment ?! L’attente va être difficile à supporter ! Cette fin donne immédiatement envie de connaître la suite puisqu’un des personnages est en danger, qu’un autre est parti, mais aussi parce que la vision de la Sélection d’Eadlyn change. J’ai vraiment hâte de lire le tome suivant !!

 

En définitive, une très bonne suite, qui donne une autre vision de la Sélection, avec de nouveaux personnages aussi attachants que les précédents, des événements qui donnent du piment à l’intrigue, et une fin qui ne donne qu’une envie : bondir sur la suite !

Contes des Royaumes, tome 3 : Beauté de Sarah Pinborough

Posté : 14 mai, 2015 @ 6:34 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Contes des Royaumes tome 3  Beauté Genre : Conte, Romance

Editeur : Milady

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 219

Synopsis : LA BELLE AU BOIS DORMANT, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous la forteresse cernée de ronces, le courageux prince, le fuseau ensorcelé et la douce princesse endormie qui n’attend que d’être réveillée … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de la Belle au Bois dormant, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’avais hâte de lire ce livre afin de découvrir ce que l’auteure ferait du conte de la Belle au Bois Dormant, ayant aimé ce qu’elle avait fait de Cendrillon !

Même si j’ai aimé ce livre, j’ai préféré Charme, le second tome de la série, que j’ai trouvé bien plus en nuances que celui-ci. En effet, Beauté est beaucoup plus sombre, mêlant des contes revisités auxquels l’on n’aurait sans doute jamais songé comme cela. Rien que dans les cinquante premières pages, il me semble avoir compté cinq contes revisités, dont un de mes préférés !! Certains sont très poétiques, comme celui des parents de l’héroïne, d’autres sont plus obscurs et mystérieux, comme celui de l’héroïne, qui n’est pas la princesse d’un conte, mais de deux ! Retrouver deux princesses en elle, et donc deux histoires mixées, m’a ravie ! Ce mélange est fait de façon intelligente, les éléments concordent bien, rien n’est laissé au hasard. Et quels contes … La pauvre héroïne a une vie mi-lumineuse, mi-sombre, ce qui donne des scènes très différentes : une d’elles est sans doute la raison pour laquelle je ne peux pas dire que je place Beauté à la hauteur de Charme. Une scène sexuelle particulièrement crue se cache dans le livre, et je peux dire que le lecteur ne s’y attend pas vraiment. Elle m’a paru complètement aliéner la princesse, qui se transforme en quelqu’un que l’on ne reconnaît pas (ce qui était sans doute le but, puisqu’elle n’a alors plus rien d’une princesse de conte de fées). Je pense que cette scène ne peut pas être lue par tout le monde, surtout les plus jeunes qui pourraient penser que ce ne sont que des réécritures innocentes et vaguement sexuelles parfois. Ce qui m’amène à dire que les princesses des trois tomes de cette saga m’ont semblé très difficilement comparables ! Blanche-Neige est un peu débauchée et fait un peu ce qu’elle veut avec les hommes, quand Cendrillon est innocente, même si elle se laisse aller au plaisir parfois. Cette princesse que l’on découvre reste pure dans sa débauche, ce qui semble paradoxal, mais qui n’en est pas moins vrai. Sinon, les autres contes sont savamment réécrits, notamment celui qui est lié à Petra et à sa grand-mère. En revanche, j’ai trouvé que celle de « l’oncle » de la princesse était assez soft par rapport à l’histoire originelle : il est censé être le méchant de l’histoire, et là, ce n’est pas vraiment le cas. Enfin, je dois dire que le nom du personnage principal masculin nous semble venir d’un autre conte, et même de deux autres contes … Me souvenant des liens entre Poison et Charme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire encore ici, et c’est à ce moment que l’on se rend compte que Sarah Pinborough a savamment entremêlé les intrigues de ses trois tomes, donnant une histoire riche où de nombreux contes se rencontrent et se mêlent inextricablement !

Concernant les personnages, on peut difficilement ne pas à la fois s’attacher à l’héroïne et la trouver affreusement repoussante. C’est l’aspect double de sa vie qui donne cet effet. Elle est douce et pure, mais aussi odieuse et cruelle. Elle vit doublement, ce qui la rend difficile à comprendre pour les autres personnages, quand cela ne leur pèse pas. Le lecteur ne découvre la double nature de la princesse que tardivement, et cela peut faire un choc ! Cette héroïne est plus complexe que les premières et plus touchante en même temps. On retrouve bien les deux princesses qu’elle incarne, mais aussi un personnage de plus auquel on ne s’attendait pas. Quant au personnage principal masculin, il est facile de s’attacher à lui puisqu’il semble au lecteur qu’il le connaît déjà. Courageux et très peu enclin à prendre part aux affaires de la Cour, il y est tout de même entraîné quand le roi lui demande son aide pour son fils, le prince. Celui-ci est un peu un anti-héros : un peu lâche, et un peu égoïste, il colle bien à l’image que l’on a de lui depuis le début de la saga … En réalité, le lecteur découvre que ces deux personnages masculins ressemblent fortement à ceux qu’il avait découverts dans les premiers tomes, ce qui peut le rendre confus. Petra est, quant à elle, une jeune fille attachante, brave, qui ressemble à une petite héroïne de conte de fées … sauf qu’elle n’est pas petite et est même bien plus âgée que la fillette de son conte originel. Elle est revisitée comme les princesses, et trouvera aussi un amant. Celui-ci est également issu d’un conte, le même que celui de la princesse, mais il était facile de s’en rendre compte dès le début. Son histoire elle aussi est différente de l’originale, mais cela ne gâche rien, puisque tout s’imbrique parfaitement, et tout est cohérent. L’oncle de la princesse, comme je le disais, est censé être un méchant dans son conte originel. Il le redeviendra sans doute dans les temps qui suivent l’histoire du tome, mais ce n’est pas le cas pendant la lecture ; il est même un peu celui qui trouve la solution au problème qui se pose aux personnages. J’ai eu de la pitié pour ce personnage, qui a vécu cent ans, et a perdu tout ceux qu’ils aiment.

J’ai trouvé que ce tome était également différent des autres en ce qui concerne ce qui arrive finalement à la princesse. On ne peut pas vraiment dire que ce soit un happy end parfait ! Elle m’a fait de la peine, la pauvre … On découvre également, dans ce tome, toute la stratégie narrative de l’auteure, ce que j’ai trouvé très ingénieux. On en découvre plus sur certains personnages, on comprend leur histoire et leur passé, pourquoi ils agissent comme ils agissent. On découvre également ce qui fait la continuité de la saga qui pourrait paraître ne pas en avoir à première vue : surtout le rattachement de la fin du second tome avec la fin de celui-ci !

La fin n’était pas vraiment prévisible, mais elle est inévitable. Tout est fini, les nœuds sont dénoués, le puzzle de la saga se met en place, et le lecteur comprend la plénitude des trois histoires qu’il a lues. Sans le dernier tome, la série n’est pas complète. Chaque tome est nécessaire pour tout comprendre.

 

En définitive, c’était une histoire très ingénieuse, que j’ai eu plaisir à découvrir, et que je recommande à ceux qui n’ont pas peur de voir leurs contes d’enfant complètement revisités !

Contes des Royaumes, tome 2 : Charme de Sarah Pinborough

Posté : 2 mai, 2015 @ 11:46 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Contes des Royaumes tome 2  CharmeGenre : Romance, Conte

Editeur : Milady (Fantasy)

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 255

Synopsis : CENDRILLON, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous les horribles belles-sœurs, le carrosse magique, le bal enchanté, la pantoufle de verre et l’éternel amour né au premier regard … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Cendrillon, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’avais lu le premier tome de cette série en août 2014, et j’étais ressortie de ma lecture un peu mitigée. Je n’avais pas trop aimé la réécriture de Blanche-Neige, surtout que je n’aimais déjà pas cette princesse avant ! J’ai donc eu un peu d’appréhension en commençant ce second tome.

Je dois d’abord dire que j’ai bien aimé ce livre. J’aimais déjà le conte de Cendrillon plus que celui de Blanche-Neige, donc ça aide un peu; mais j’ai aussi préféré ce que l’auteure a fait de cette histoire. On retrouve les grands moments de l’histoire de la jeune fille, avec la pantoufle de verre (qui n’en ai pas vraiment une, et heureusement en réalité !), la marâtre, les belles-sœurs, le prince, le bal … Mais tous ces éléments sont complètement redécouverts par le lecteur. L’histoire originale n’est pas du tout comme l’histoire que l’on lit dans ce livre : les événements sont différents, plus proches de la réalité si l’on peut dire, et l’on se rend compte que d’autres contes se mêlent à celui-ci. De plus, les scènes de sexe qui se sont immiscées dans Poison sont très différentes dans Charme, et les deux princesses, Cendrillon et Blanche-Neige, sont difficilement comparables. La seconde a un peu l’air d’une sauvageonne face à la première, qui reste assez soft, et tournée vers l’amour. C’est cela qu’elle recherche, et qu’elle désespère de trouver. L’intrigue autour de la fée marraine (qui a bien changé depuis notre enfance !!) et de son valet est très intéressante, puisqu’elle nous fait étrangement penser à un autre conte …

Concernant les personnages, j’ai eu un peu de mal avec Cendrillon au début. Elle ressemblait plus à une gamine qui fait un caprice qu’a une jeune fille désespérée parce que sa marâtre la bat. Mais je me suis peu à peu attachée au personnage. Le pacte qu’elle a passé la force à suivre un chemin qu’elle regrette d’avoir emprunté, mais duquel elle ne peut plus dévier. Elle est assez courageuse, dans le sens où elle veut tout faire pour réparer ses erreurs. Je l’ai trouvé beaucoup plus « innocente » que Blanche-Neige, qui était plus libre et plus sauvage que la jeune fille que l’on découvre ici. En réalité, c’est une petite fille qui rêve de château et de prince sans connaître la réalité qui se cache derrière les apparences. J’ai apprécié le personnage du valet, qui tente d’aider la jeune fille dans sa quête, mais est aussi assez dur avec elle parfois, tentant de lui ouvrir les yeux. Il m’a un peu fait penser à Aspen dans La Sélection, excepté que je n’appréciais pas du tout ce personnage, et que la situation n’est pas du tout la même ! Le prince est beau (bien sûr c’est un prince !), et il pourrait tomber dans la caricature si on le voyait que par les yeux de Cendrillon. Mais, l’auteure réécrit aussi la vision du prince charmant, qui ne l’est plus autant. Il est mystérieux et secret, ce qui intrigue le lecteur. Il agit également sur un coup de tête, ensorcelé par la magie de la fée marraine. En lisant ce livre, je me suis dit que les princes des Contes des Royaumes étaient à la fois malmenés et manipulateurs ! Le personnage de la fée marraine est très différent de ce qu’il était dans le conte originel, et je l’ai d’autant plus aimé que j’y ai retrouvé un autre personnage dès que je l’ai découverte ! Les belles-sœurs de Cendrillon sont également très différentes des originelles ; je me suis assez attachée à Rose, la plaignant vraiment parfois ! La marâtre aussi n’est pas identique à celle que l’on découvrait dans Cendrillon. Son histoire est plus complexe que l’originelle.

En réalité, la touche d’enchantement des contes qui fait qu’un personnage est « gentil » et l’autre « méchant », ne se trouve pas dans ce livre. Comme le monde réel est plus complexe, l’histoire l’est aussi. Ce n’est plus un conte de fées, les personnages ne sont pas voués au mal ou au bien, mais plongent un peu dans les deux univers pour se composer de façon plus complète. Cette réécriture nous montre que les contes ne sont que des contes, qu’ils font rêver, mais que ce n’est pas ce qui se passe vraiment dans la vie, que c’est bien plus complexe, mais que ce n’en est pas moins beau parfois. La vie n’est pas plus terne parce qu’il n’y a pas de princes et de diamants partout, ce n’est pas cela qui compte, et ce livre peut le rappeler au lecteur. L’amour est finalement très présent dans ce tome, et je ne m’y attendais pas vraiment.

La fin est prévisible en partie, notamment en ce qui concerne directement Cendrillon. C’était évident, et c’est bien comme cela. Mais en ce qui concerne les autres personnages, et notamment le prince et Rose, j’ai été assez surprise. C’est vraiment une réécriture complète et une redécouverte totale. Enfin, en ce qui concerne le secret du prince, je pense qu’il était facile de s’en douter, et que ce n’est pas vraiment une surprise. En revanche, l’épilogue, lui, m’a étonnée ! C’était très original, mais aussi très actuel, et j’ai vraiment apprécié ce côté décalé que cela apporte aux contes ! Enfin, la fin de ce second tome amorce le dernier volume, qui promet encore son lot de surprises !

 

En définitive, un livre intéressant, qui réécrit vraiment complètement le conte de notre enfance, et qui nous plonge dans un monde plus réaliste, mais aussi plein de surprises ! J’ai préféré ce second tome au premier, et je pense bientôt lire la suite pour voir ce que Sarah Pinborough a fait d’Aurore, la Belle au Bois Dormant !

Contes des Royaumes, tome 1 : Poison de Sarah Pinborough

Posté : 14 août, 2014 @ 11:58 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Contes des Royaumes, tome 1  PoisonGenre : Romance, Conte

Editeur : Milady

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 222

Synopsis : Blanche-Neige, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous l’innocente et belle princesse, la méchante reine impardonnable, le valeureux prince, la pomme empoisonnée et le baiser d’amour sincère … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Blanche-Neige, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’ai été intriguée par cette idée de revisiter les contes. Je me suis demandée ce que cela pouvait donner. La couverture est très belle, mais je ne lis plus les livres juste pour leur couverture depuis longtemps. Ce n’est pas parce que l’extérieur est beau que l’intérieur l’est aussi.

Je n’ai jamais aimé Blanche-Neige. Pourtant, j’aime les contes, mais, celui-là ne passait pas à cause du personnage. Et je dois dire qu’il ne passe toujours pas. Même après avoir lu ce livre, mon avis n’a pas changé. L’histoire est classique depuis le temps : la nouvelle reine déteste sa belle-fille parce qu’elle est plus belle qu’elle, parce qu’elle est heureuse et qu’elle, même en étant reine, ne l’est pas. Elle décide donc de se débarrasser d’elle. Ici, c’est un peu plus complexe, et heureusement ! L’intrigue est plus recherchée, les personnages ne sont pas tout noir ou tout blanc, et le conte a été adapté à notre époque si on peut dire. L’histoire a été complètement réécrite, et des scènes de sexe se sont immiscées dans le conte pour enfants que l’on connaît. Cela ne m’a pas vraiment dérangé, mais j’ai eu du mal à faire coller cette image à celle que j’avais déjà (et je pense que ce sera encore pire que des princesses que j’apprécie, comme Cendrillon et la Belle au Bois Dormant !). Surtout, le livre commence avec l’une d’elles, et je me suis dit que, si c’était comme cela tout le long, je n’allais pas du tout aimer (heureusement, ce n’est pas le cas !). Comme nous connaissons tous déjà le conte, on peut se dire que l’on sait déjà ce qu’il va se passer : c’est là que l’auteure nous surprend en changeant le cours de l’histoire ! La sorcière qui donne la pomme à Blanche-Neige n’est plus celle qu’elle était, le prince est assez étrange, les nains ont bien changé (et surtout, leurs noms ont été changé ! Sacrilège !) et la « méchante reine » n’est pas vraiment une méchante reine. Parfois, l’histoire m’a semblé un peu incohérente : je n’ai pas compris les revirements de la reine, et le comportement de la princesse, qui n’est pas vraiment conforme à la description que l’on fait d’elle. Enfin, j’ai aimé les quelques allusions à d’autres contes.

Depuis toute petite, je n’aime pas Blanche-Neige, et je me suis dit que ce livre me la ferait peut-être apprécier. Eh bien, je me suis trompée. Je ne l’aime toujours pas, même si je ne la déteste pas, et je pense que c’est en grande partie pour cela que je n’ai pas vraiment aimé ce livre. Le personnage de la princesse m’a semblé un peu incohérent, et surtout faux. Elle est décrite comme pure, sauvage, indomptable, pleine de vie. Je suis d’accord pour les derniers adjectifs, il n’y a pas de doute, mais pour le premier … Elle ne l’est pas tant que ça. Elle semble naïve, elle ne réfléchit pas beaucoup (et même, à la fin, pas du tout), elle est surtout tournée vers la nature. Elle pense toujours du bien de tout le monde et c’est ce qui la mène à sa perte. Le personnage du prince, quant à lui, est entouré de mystères. Beaucoup de questions sans réponses se posent à son sujet. Où était-il avant de trouver Blanche-Neige ? Qu’a-t-il fait ? Que peut-on penser de ce que la reine dit de lui ? En lisant la fin, je me suis dit que j’aurais dû m’en douter. Le prince est focalisé sur l’apparence : ce qu’il aime chez la princesse, c’est sa beauté. En gros, elle doit sourire, resplendir, se taire et ne surtout pas paraître plus forte que son mari. Le prince doit être le centre de l’attention, et sa femme doit lui être soumise. Contre toute attente, j’ai aimé le personnage de la reine. Le prénom qui lui a été donné m’a fait rire : elle ne m’a pas semblé si maléfique que ça. J’ai aimé le fait qu’elle soit entre deux, qu’elle ne soit pas la méchante belle-mère qui finira par anéantir sa beauté pour détruire celle de sa belle-fille, que le personnage soit complètement revisité. Elle m’a parfois touché, et je me suis surprise à l’apprécier plus que Blanche-Neige, qui est quand même l’héroïne … Quant aux nains, j’ai été un peu déçue par leur changement de prénoms (je sais, c’est un peu ridicule, mais que voulez-vous ?). Enfin, le chasseur … Je ne sais pas si c’est un fantasme commun, mais j’ai trouvé les scènes le concernant un peu trop … semblables ! Il m’a semblé que c’était une caricature plus qu’un véritable personnage, et que son rôle était purement sexuel. Il n’apporte pas grand-chose, si ce n’est plus de questions auxquelles nous n’avons pas de réponses.

La fin m’a fait un petit choc, je me suis dit que c’était une super idée de la part de l’auteure ! Et en même temps, si le livre se finit là-dessus, il manque une vraie fin. Des tas de questions n’ont pas trouvé de réponse, on ne sait pas ce qui arrive à Blanche-Neige finalement, ni à la reine. J’espère en savoir plus dans la suite de la saga, mais comme chaque tome parle d’un conte différent, j’en doute …

 

En définitive, un livre sympathique, mais qui n’a pas réussi à me faire aimer Blanche-Neige, et qui pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. Le conte est vraiment revisité, mais je ne peux pas dire que j’ai adoré cette version. Introduire du sexe dans une histoire que l’on connaît depuis l’enfance, cela m’a semblé un peu étrange. Je lirai tout de même la suite quand l’occasion se présentera.

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