Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Emmi et Leo, tome 2 : La Septième vague de Daniel Glattauer

Posté : 24 décembre, 2018 @ 1:05 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Romance La septième vague

Editeur : A vue d’œil 

Année de sortie : 2011 [2009]

Nombre de pages : 341

Titre en VO : Alle sieben Wellen

Synopsis : Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l’unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d’avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d’amour où l’on ne connaît pas le visage de l’autre ? Où l’on rêve de tous les possibles ? Où l’on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? « Pourquoi veux-tu me rencontrer ? » demande Leo, inquiet. « Parce que je veux que tu en finisses avec l’idée que je veux en finir » répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l’amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Leo et Emmi finiront de s’esquiver pour mieux … s’aimer ! 

 

Avis : J’ai beaucoup aimé le premier tome, Quand souffle le vent du nord, qui m’avait surpris ! Je ne suis pas une grande amatrice de romances, mais celle-ci est bien passée ! La fin est très frustrante, j’avais donc très envie de lire la suite …

… sur le moment. Et c’est ce que j’aurais dû faire. Le fait d’attendre plusieurs mois n’a pas aidé ce deuxième tome à arriver à la hauteur de son prédécesseur. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais j’ai été déçue. Plus que déçue : insensible. Je me foutais de l’histoire d’Emmi et Leo, sans doute parce que je savais comment elle allait finirLa Septième vague était pour moi moins intéressant, présentait moins de réflexions ; était, tout simplement, moins bon. La seule scène que j’ai particulièrement appréciée : celle dans laquelle Emmi [SPOILER POTENTIEL] explique à Leo, qui, visiblement, n’en était pas conscient, qu’elle n’appartient à personne, et donc, que Bernhard n’avait pas à lui donner la permission de coucher avec elle, et que lui, Leo, n’avait pas le droit de se taire et de décider à la place d’Emmi. [FIN DU SPOILER] Mais, sinon, j’ai trouvé ce tome répétitif, assez agaçant : j’avais envie qu’ils en viennent au fait !! [SPOILER] Depuis le premier tome, c’est évident : ils vont finir ensemble ! Même Emmi lance des appels à Leo, tellement évidents !! Toute l’explication de la septième vague : mais elle n’attend qu’un signe de lui, qu’une acceptation de sa part !! [FIN DU SPOILER] Rien ne m’a surprise : [SPOILER] j’avais deviné qu’Emmi avait divorcé depuis longtemps !! [FIN DU SPOILER]

En fin de compte, je pense que ce deuxième tome n’était tout simplement pas nécessaire. Plus j’y pense, et plus je me dis : tout ça pour ça ?! Le premier tome était intéressant, parce qu’il apportait pas mal de réflexions ; mais celui-ci, je ne trouve pas. C’est un peu dur, mais je l’ai trouvé inutile. L’auteur aurait pu rajouter quelque chose de satisfaisant à la fin du premier tome, et c’était suffisant.

 

Donc, un tome dispensable, assez décevant. 

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

Posté : 3 septembre, 2018 @ 12:41 dans Avis littéraires, Challenge | Pas de commentaires »

Genre : Romance, Contemporaine Quand souffle le vent du nord

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [2006]

Nombre de pages : 348

Titre en VO : Gut Gegen Nordwind

Synopsis : Un homme et une femme.

Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant …

Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux. 

 

Avis : Encore un livre que j’ai depuis longtemps dans ma PAL !

Je ne pensais pas vraiment que j’allais aimer ce livre, étant donné que c’est clairement une romance, et que ce n’est pas vraiment (pas du tout !) un genre que j’affectionne. Mais il fait partie de ces livres qui sont dans ma PAL depuis une éternité, et auxquels il faut que je donne une chance, sous peine de les laisser partir sans avoir tenté de les lire !

D’abord, je ne savais pas que c’était un roman épistolaire, et j’adore ça ! Evidemment, le risque est que ce soit mal écrit ou que ça ne sonne pas authentique ; j’ai aimé l’écriture, et c’était naturel. Donc, ça partait plutôt bien ! D’ailleurs, ce roman est traduit de l’allemand, et cela ne se sent pas ! L’histoire est assez originale (en tout cas, je n’ai jamais rencontré ce genre d’histoires avant, mais peut-être est-ce parce que je ne m’intéresse pas à ce genre ?) : Emmi envoie un mail à Leo par erreur. De là va découler une longue conversation qui va les mener vers une relation faite de mots, d’illusions, d’images mentales. J’adore l’idée de ce pouvoir des mots, de la suggestion, de l’imagination. Et j’ai trouvé que les réflexions, que ce soit sur l’amour naissant, sur le mariage, ou sur la sexualité, étaient pertinentes, sonnaient parfois très justes !

Passons aux personnages. Leo et Emmi sont tous les deux soit très agaçants, soit très attachants. Ils sont sarcastiques, ironiques, méchants, revanchards ; mais aussi mignons, sensuels, adorables, désespérés. Leurs réactions sont parfois insupportables : Leo sur le mariage, ou Emmi sur la sexualité. Ils n’ont peut-être toujours tort, mais ils semblent tellement arrogants, ou centrés sur eux-mêmes dans ces moments-là ! Le lecteur est témoin de la naissance de leurs sentiments respectifs, et se prend au jeu. Les clichés sont repris, l’auteur joue avec eux, les démantèle ou les met en avant. J’ai aimé les moments où les deux personnages se disputent : ça donne de très bonnes reparties, et des mots tellement blessants ! C’est le sel de leur relation, mais aussi le fil sur lequel ils marchent ; qu’ils aillent trop loin, et plus personne ne se trouve au bout du clavier !

Seul problème : cela devient répétitif à un moment donné, juste avant une évolution bienvenue. Et les dates ne sont pas mentionnées, il n’y a que « Trois minutes plus tard », « Deux jours plus tard ». Il est assez difficile au lecteur de se repérer avec une telle chronologie.

La fin !!!! Je me suis rendue compte que j’avais aimé ce roman quand il s’est abruptement fini, et que j’en voulais plus ! Tant de frustration !!! [SPOILER] Pas de rencontre, et, je dois l’avouer, à la fin, j’avais envie qu’il se passe quelque chose entre eux !! [FIN DU SPOILER] Je vais aller chercher le deuxième tome bientôt, j’ai très envie de connaître la suite, puisqu’elle existe !!

 

Donc, une romance plutôt originale, qui joue avec la modernité, qui fait réfléchir le lecteur, et qui le frustre énormément ! 

 

 

Pumpkin Autumn Challenge

Charlotte Collins de Jennifer Becton

Posté : 12 janvier, 2018 @ 12:45 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Romance Charlotte Collins

Editeur : Milady (Pemberley)

Année de sortie : 2013 [2010]

Nombre de pages : 366 

Synopsis : Certains personnages secondaires méritent une seconde chance …

Dans Orgueil et préjugés, Elizabeth fait un mariage d’amour avec Mr. Darcy alors que Charlotte fait le choix de la raison en s’unissant au mielleux révérend Collins. Un mariage qui, à défaut de lui révéler l’amour, lui vaut une situation confortable.

Lorsque son mari meurt, Charlotte est délivrée de ses pénibles sermons. Elle accepte alors de chaperonner sa petite sœur dans l’espoir de lui éviter une union malheureuse. Les deux sœurs sont courtisées par des gentlemen américains peu soucieux des convenances. Alors que sa réputation est mise à mal par un libertin, et qu’elle se débat contre la calomnie, Charlotte qui n’a jamais cru au mariage d’amour va devoir reconsidérer son point de vue …  

 

Avis : Un petit livre cosy qui m’a surprise, non par l’originalité de son intrigue, mais par le plaisir que j’ai pris à le lire ! 

Je ne suis pas une grande fan de romances, excepté quand elles se trouvent dans les classiques ; j’ai l’impression qu’elles sont alors plus authentiques. Dans les romans contemporains, ça me semble surjoué ou artificiel ; et je déteste l’instalove, que l’on retrouve dans beaucoup de romances !! Donc je reste le plus loin possible de ce genre ! Mais, ma cousine m’a proposé de me prêter Charlotte Collins ; je lui ai fais confiance, je l’ai pris – mais ce livre a patienté au moins deux ans pour que je daigne le lire !! (SHAME !)

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé Charlotte Collins ! Elle peut paraître stricte, et même austère, mais elle essaie simplement d’obéir aux convenances, puisqu’elle sait que sa réputation en dépend . Elle est complètement soumise à la société, et au regard des autres. Cela peut agacer le lecteur, mais c’est aussi compréhensible : elle pense à sa situation, à celle de sa sœur, à sa famille. En lisant son histoire, je me suis dit que Jennifer Becton avait eu raison de reprendre ce personnage secondaire pour en faire une héroïne : elle mérite quand même mieux que son mariage avec le révérend Collins dans Orgueil et préjugés. J’ai aimé la voir évoluer, se remettre en question, reconsidérer ce qu’elle jugeait inébranlable. Les seules choses agaçantes : [SPOILER] quand elle se demande si Mr. Edgington et Mr. Basford l’aiment, ou sa façon de réagir comme une jeune fille débutante quand elle est courtisée, alors qu’elle est maintenant une femme mature. [FIN DU SPOILER] J’ai aussi aimé le personnage de Maria, même si elle est plutôt agaçante – notamment à cause de sa jeunesse et de son manque de maturité. Elle est plutôt naïve, et n’écoute pas vraiment sa sœur. Elle aussi finit par évoluer, heureusement ! 

J’ai aussi aimé l’atmosphère d’une ville anglaise à l’époque victorienne, avec les bals et les réceptions, les dîners et les voyages en calèche ; c’est aussi ce que j’aime dans certains classiques ! L’auteure nous propose aussi des réflexions sur la femme, son statut à l’époque, et la façon dont elle était traitée ou considérée. Elle nous montre différents types de femmes à l’époque : celles qui ne peuvent plus se permettre de vivre comme des ladies, comme Mrs Eff, celles qui s’en sortent grâce à une pension, comme Mrs Collins, celles qui sont toujours mariées, celles qui cherchent un mari – et leurs critères de sélection ! Elle évoque aussi l’absurdité des conventions et du quand-dira-t-on à travers le personnage de Mr. Basford, que j’ai beaucoup apprécié également !

Bien sûr, ce livre a ses défauts. L’intrigue n’est pas très originale, tout est prévisible, et même, je peux le dire : on peut lire ce genre d’histoire dans n’importe quelle romance. [SPOILER] L’héroïne déteste le personnage masculin, c’est un tel mufle ! Mais, BIEN SUR, en réalité, c’est un gentleman, et il est tombé fou amoureux de l’héroïne, et elle tombe folle amoureuse de lui mais n’ose pas se l’avouer, et ne cesse de lui chercher des défauts alors qu’elle ne fait que penser à lui. Et ils finissent par se marier et par être très heureux. Et il y a aussi ce fameux triangle amoureux que je ne peux plus supporter. L’héroïne se retrouve entre deux hommes, peut-être pour laisser une espèce de suspense au lecteur, pour savoir qui elle va choisir, même si, ici, c’est évident depuis le début ! Cet autre homme semble être un gentleman mais BIEN SUR, en réalité, c’est lui le mufle, il veut faire chanter l’héroïne et la met dans une position de faiblesse, position qui va permettre à l’autre personnage masculin de jouer le grand sauveur ! Et, bien sûr, la sœur de l’héroïne semble filer le parfait amour avec un homme d’honneur qui, en fait, est un voyou qui s’enfuit avec une autre femme, ce qui permet à la sœur d’épouser l’homme qui lui était destiné depuis le début ! [FIN DU SPOILER] Ce peut être ennuyeux – si on ne lit que ça, sans doute – mais je pense que ce genre de livres convient parfaitement après deux livres plus intenses, qui brisent complètement le cœur du lecteur, comme The Haunting of Hill House et Mrs de Winter. Ce livre était sûr, je savais que je n’allais pas me retrouver anéantie, que ce livre serait satisfaisant.

J’ai lu l’avis d’autres lecteurs ; certains déplorent qu’il n’y ait pas plus de références à Jane Austen. On peut apercevoir Elizabeth et Mr. Darcy, mais, le but n’était pas de reprendre ces personnages, mais de donner à Charlotte sa propre histoire. Evidemment, la référence à Jane Austen est d’abord dans ce choix ; j’aurais trouvé artificiel de rajouter d’autres personnages que l’on trouve dans d’autres œuvres, ou même dans Orgueil et préjugés : le livre est ainsi inspiré de Jane Austen, mais reste une œuvre à part entière. De plus, [SPOILER] je trouve que l’intrigue est très similaire à celle d’Orgueil et préjugés : Charlotte réagit avec Mr. Basford exactement comme Elizabeth a réagi avec Mr. Darcy ; elle est très fière de ses principes, reste campée sur ses positions (l’orgueil) et est bourrée de préjugés par rapport aux Américains, à leurs manières, à leur façon de vivre, etc. La fin est aussi exactement la même ! Mr. Basford ressemble pas mal à Mr. Darcy, en plus effronté, moins guindé, ce qui le rend d’autant plus agréable ! [FIN DU SPOILER]

 

Donc, une très bonne Austenerie, qui nous fait découvrir un personnage secondaire plus en profondeur, qui lui permet d’avoir une autre vie, et qui permet aussi une petite immersion dans le monde de l’époque.

La Vendetta d’Honoré de Balzac

Posté : 18 août, 2017 @ 11:56 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Drame, Romance

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2015 [1830]

Nombre de pages : 93

Synopsis : La Vendetta, histoire d’un amour contrarié et tragique, est un peu une version « corse » de Roméo et Juliette.

Cette nouvelle, publiée en 1830, présente la singularité d’être un des premiers écrits signé Balzac. Elle inaugure les « Scènes de la vie privée » de La Comédie humaine. Elle marque également l’intérêt que l’écrivain accorde aux liens familiaux et aux unions ratées. Le rôle de l’amour paternel, toujours présent dans son œuvre, et qu’il exploite ici avec beaucoup de brio, sert de révélateur pour dévoiler les non-dits de la nature humaine.

 

Avis : Petit livre à lire pour les cours !

Je n’ai pas beaucoup de Balzac, juste La Fille aux yeux d’or pour les cours, et Le Colonel Chabert. En voyant le résumé, je me suis dit que ce n’était pas très original, et que le lecteur connaissait déjà la fin. Mais programme oblige, je l’ai tout de même lu ! Eh bien je ne regrette pas du tout !! D’abord, La Vendetta se lit très vite, étant donné que la nouvelle ne fait que 93 pages ! Ensuite, c’est vrai que le lecteur connaît déjà l’histoire : deux familles rivales, les enfants de ces familles sont amoureux, mais leur amour est impossible, et a toutes les chances de mal finir. Rien d’original, surtout qu’on voit le problème arriver de très loin – dès le début pratiquement – , et pourtant, on se laisse quand même emporter. Et ce qui nous permet d’aimer, malgré la familiarité avec l’histoire, c’est l’écriture. Tellement tellement belle ! Elle rend la nouvelle authentique, poignante, elle provoqué l’émotion. S’ajoute aussi les réflexions sur l’amour – une comparaison entre l’amour et la mer qui sonne tellement juste ! -, la famille, et notamment sur l’amour parental, un amour parfois exclusif qui empêche les parents de laisser partir leurs enfants. 

Seul point négatif : les personnages sont très stéréotypés ! Ginevra est une belle jeune fille, Louis est un beau jeune homme ; l’un est riche, l’autre est pauvre ; la jeune fille est hors du commun, indépendante et sauvage parce qu’elle est italienne, et le jeune homme est courageux et sensible. Très classiques, et très prévisibles. Les parents aussi le sont : Bartholoméo est possessif, il ne veut pas donner sa fille en mariage, et encore moins à Louis ; Elisa, la mère, est très effacée, soumise à son mari, contrairement à sa fille, qui ose lui répondre et le braver.

La fin est prévisible, et pourtant, elle reste touchante. Encore une fois, tout aurait pu être évité facilement, si les personnages n’avaient pas été si orgueilleux ! C’est ce qui fait toute la tragédie de l’histoire, et c’est aussi ce qui est un peu agaçant parfois !

 

Donc, une très bonne nouvelle, peu originale, mais très bien écrite, qui touche le lecteur malgré sa familiarité avec l’histoire.  

Sense and Sensibility de Jane Austen

Posté : 4 juillet, 2016 @ 8:18 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique, RomanceJane Austen

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 1996

Nombre de pages : 1336

Titre en français : Raison et sentiment

Synopsis : Enduringly popular, treasured and enjoyed, the seven great novels of Jane Austen. Few novelists have conveyed the subtleties and nuances of their own social milieu with the wit and insight of Jane Austen. Through her vivacious and spirited héroïnes and their circle, she paints vivid portraits of English middle-class life as the eighteenth century came to a close. Each of the novels is a love story and a story about marriage – marriage for love, for financial security, for social status. But they are not mere romances; ironic, comic and wise, they are masterly studies of the society Jane Austen observed. The seven novels contained in this volume cover the literary career of one of England’s finest prose stylists of any century.

 

Avis : J’ai fait la découverte de Jane Austen en mai, avec la lecture de Pride and Prejudice. J’avais hâte de renouveler l’expérience, et j’ai choisi Sense and Sensibility.

Contrairement à P&P, je n’ai pas eu de mal à entrer dans l’histoire : je sais que l’installation de l’intrigue doit se faire, même si elle peut paraître longue, ou si elle ne donne pas tout de suite envie de plonger dans le livre. Cette fois, cela ne m’a pas gêné. En revanche, j’ai eu peur de me lasser de cette histoire, au cas où elle ressemblerait à celle que j’avais déjà lue, ainsi que des personnages, que j’allais forcément comparer avec Elizabeth, Jane ou Mary. C’était vraiment méconnaître le talent de l’auteure ! Certes, l’action des deux romans se situent en Angleterre, dans une société bourgeoise et impliquent des histoires d’amour et de mariage, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont identiques ! En effet, les intrigues n’ont pas grand-chose à voir, excepté l’importance de l’amour et du mariage, ainsi que le rôle de la famille et de la société. Si j’ai aimé dès le début, le livre n’a pas eu le même impact que Pride and Prejudice, même s’il est vrai qu’il m’a fait passé par beaucoup d’émotions, notamment la colère et la tristesse face à la situation des protagonistes. Ici encore, même s’il n’y a pas d’action dans le sens de celle qu’on trouve dans les romans d’aventure ou fantastiques, celle-ci réside dans les rebondissements amoureux, les coups bas, le soutien de la famille ou d’amis ; cela bouleverse autant le lecteur que par des scènes d’action pure. L’amour est évidemment central dans ce livre : il est ressenti par tous les personnages à des degrés différents ; certains sont consumés par la passion quand d’autres sont raisonnables à l’excès, se contiennent tant que leurs proches finissent par penser qu’ils ne ressentent rien. Comme pour ma précédente lecture, il n’y a pas de caricature amoureuse, ou alors, elle est révélée par l’auteure en tant que telle : cela fait du bien de lire une histoire d’amour authentique où l’héroïne ne court pas après l’amour, et où elle ne tombe pas invariablement dans les bras d’un éphèbe ténébreux qu’elle seule peut comprendre (non non, je ne ressens aucune hostilité envers les histoires d’amour surfaites haha !). Encore une fois, l’intrigue est assez mystérieuse, dans le sens où le lecteur ne comprend pas tout ce qui se passe, n’a pas toutes les cartes en mains pour démêler les nœuds savamment noués par l’auteure : les rebondissements existent par manque de compréhension de la part des personnages et du lecteur. Concernant l’environnement familial, encore une fois, je me suis sentie bien, comme dans un cocon, tant la famille Dashwood est agréable. On sent la protection et l’amour qui en émane, le lien particulier qui lie les sœurs entre elles. La promiscuité de la famille ne l’empêche pas d’être joyeuse et avenante. Concernant les lieux, j’ai été moins frappée que dans Pride and Prejudice, ils m’ont semblé avoir moins d’importance, mais j’ai tout de même beaucoup aimé me promener avec les sœurs. L’écriture est toujours aussi excellente, j’adore l’ironie que l’on perçoit dans le ton du narrateur, c’est vraiment agréable !

Elinor Dashwood est le personnage principal ici. Ainée de la famille, elle semble faire tout ce qui est en son pouvoir pour prendre un peu du fardeau des autres sur elle, pour les soulager de leurs souffrances, sans pour autant leur donner un peu du sien en partage. Si Elinor souffre, c’est en silence, et seul le lecteur est mis au courant et compatit. La raison gouverne complètement le personnage : elle est capable de voir celui qu’elle aime lui échapper sans montrer son désespoir quand elle le rencontre, ou quand on lui parle de lui. J’ai beaucoup aimé ce personnage, j’ai compris sa façon de prendre sur elle, et je n’ai pas pu m’empêcher de trouver cela courageux, même si Elinor n’en est pas consciente. Marianne, quant à elle, est tout le contraire de sa sœur. Tout le monde sait ce qu’elle ressent, elle est incapable de cacher ses sentiments, qu’elle souffre, qu’elle soit heureuse ou dédaigneuse. Malgré cet aspect de sa personnalité qui peut paraître agaçant à certains lecteurs, je l’ai également beaucoup aimé. Ce qu’elle vit est horrible, capable de briser une vie. Elle m’a vraiment fait mal au cœur, presque autant qu’Elinor. Concentrée sur elle-même, elle ne voit pas ce qui se passe autour d’elle, et ne cesse de s’apitoyer sur son propre sort. On a parfois envie que sa grande sœur la secoue : il faut vivre et ne pas perdre de temps pour des gens qui n’en valent pas la peine ! Le titre fait évidemment référence aux deux sœurs et à leurs réactions opposées face à ce qui leur arrive. J’ai eu du mal  à apprécier Edward, d’abord à cause du regard que Marianne porte sur lui, puis avec ce que l’on apprend de sa situation ; j’ai ressenti exactement l’opposé pour Willoughby, que j’ai apprécié, malgré son air arrogant. Colonel Brandon est très touchant, j’ai beaucoup aimé son personnage, qui mérite vraiment le bonheur après ce qu’il a vécu. J’ai également aimé Mrs Dashwood, la mère de la famille, qui m’a un peu fait penser à Mrs Bennet par le fait qu’elle pousse ses filles vers des hommes sans réfléchir et sans se rendre compte que ce n’est peut-être pas une bonne idée ! Margaret est plutôt effacée, mais a l’air de prendre exemple sur Marianne plutôt que sur Elinor. J’ai également aimé le personnage de Mrs Jennings, qui semble simple et joviale, bien qu’une vraie commère ! Il existe également dans ce livre des personnages qui font ressentir au lecteur des sentiments comme l’indignation, le dégoût, la colère, une envie de leur taper dessus ! C’est le cas de Lucy Steele, arrogante et cruelle, méchante de façon pernicieuse, et contre qui Elinor ne peut absolument rien faire, Mrs John Dashwood, qui se croit supérieure à ses belles-sœurs, les traite avec mépris et condescendance et a un tel pouvoir sur son mari qu’elle lui fait faire des choses aberrantes, ce mari, John Dashwood, qui prend des décisions hallucinantes en s’appuyant sur le bon sens (l’avarice surtout) de sa femme, et qui m’a dégoûté par son discours malheureux à des gens plus pauvres que lui et qui ne se plaignent pas !! Mrs Ferrars est également ahurissante : tant de bêtise en une même personne, doublée de cruauté et d’hypocrisie … Le lecteur rencontre également les Palmers, les Middletons et autres …

La fin est un soulagement, un vrai plaisir, le lecteur exulte … et a envie, encore une fois, de lire une suite !!

 

Donc, un excellent roman, fait d’amour (authentique) et de souffrance (contenue ou exprimée) qui mérite vraiment d’être lu !

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