Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Hercule Poirot, tome 1 : La Mystérieuse affaire de Styles d’Agatha Christie

Posté : 13 avril, 2019 @ 10:46 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : PolicierLa Mystérieuse Affaire de Styles

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2014 [1920]

Nombre de pages : 223

Titre en VO : The Mysterious Affair at Styles 

Synopsis : Qui avait intérêt à assassiner la richissime Mrs Ingelthorp, maîtresse de la propriété de Styles ? Pratiquement tous ceux qui l’entouraient. Mais pourquoi Poirot protège-t-il le second mari de la victime, qui fait un coupable idéal ? Le premier roman d’Agatha Christie. 

 

Avis : Première enquête de Poirot, premier roman d’Agatha Christie, et première lecture commune avec Aurore (Instagram : Thehappycookinggirl) !

Je ne m’attendais pas à apprécier autant ma lecture ! Je n’ai pris qu’une après-midi pour lire La Mystérieuse affaire de Styles ! J’étais complètement dans l’histoire, et j’ai essayé de résoudre le mystère ; ça m’a tellement donné envie de lire plus de séries policières et de thrillers !

J’ai aimé l’ambiance : une grande maison, un drame familial, tout le monde aurait pu commettre le meurtre, et tout le monde a des secrets ! J’ai aussi aimé la complexité de l’affaire, le fait que tout le monde soit potentiellement coupable pour une raison ou pour une autre. L’autrice parvient à guider le lecteur sur une multitude de fausses pistes, à tel point qu’il ne sait plus s’il a raison de penser qu’un tel est coupable au lieu d’un autre !! J’ai adoré Poirot, mais je savais déjà que ce serait le cas, étant donné que j’ai déjà rencontré le personnage ! En revanche, Hastings m’a agacée !! Il est très condescendant, convaincu d’être la nouvelle génération de détectives, et ne cesse de rappeler que Poirot est âgé ; peut-être qu’à force, j’arriverai à en rire car, clairement, Hastings est ridicule. Mais là, ça m’a surtout énervée ! Ce qui est aussi agaçant chez lui : il envisage toutes les femmes qu’il rencontre ! Il ne cesse de parler de leur beauté, et de leur disponibilité, au cas où il voudrait se marier avec l’une d’elles ! J’espère qu’il ne sera pas le narrateur de toutes les enquêtes de Poirot !

Autre chose que j’ai adoré : la mise en abîme dès le début du roman ! J’aime quand les auteurs jouent sur les codes du genre qu’ils écrivent ! Ici, dès les premières pages, le lecteur sent bien qu’il commence un roman policier : la façon dont Hastings décrit les différents personnages sent l’enquête à plein nez ! Je trouve que ça donne encore plus de cohérence à l’histoire, puisque le livre que nous lisons est, en quelque sorte, une pièce à conviction dans l’affaire ! 

J’ai essayé de deviner qui était le meurtrier, et j’étais persuadée d’avoir raison ! Mais Agatha Christie est trop forte pour moi, et c’est ce que j’aime dans ses livres !! J’ai été surprise par la fin !! C’était intelligent, exactement comme Dix petits nègres, mon roman préféré de l’autrice ! Hâte de lire la suite !! Nous avons d’ailleurs décidé, avec Aurore, de lire une enquête de Poirot tous les deux mois ! 

 

Donc, un excellent premier tome, qui donne envie de poursuivre la série !

 

Murder on the Orient Express d’Agatha Christie

Posté : 4 janvier, 2018 @ 12:00 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

Genre : Policier Murder on the Orient Express

Editeur : HarperCollins

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 274

Titre en français : Hercule Poirot, tome 10 : Le crime de l’Orient-Express

Synopsis : ‘The murderer is with us – on the train now …’

Just after midnight, the famous Orient Express is stopped in its tracks by a snowdrift. By morning, the millionaire Simon Ratchett lies dead in his compartment, stabbed a dozen times, his door locked from the inside. One of his fellow passengers must be the murderer.

Isolated by the storm and with a killer in their midst, detective Hercule Poirot must find the killer amongst a dozen of the dead man’s enemies, before the murderer decides to strike again …

 

Avis : J’avais très envie de relire ce livre, et quand j’ai vu qu’une nouvelle adaptation sortait au cinéma, je me suis finalement lancée !!

Comme c’était une relecture, j’avais peur de ne pas autant aimer que la première fois, notamment parce que je me souvenais de la fin. J’avais oublié les détails pour autant, et surtout, j’avais sous-estimé l’atmosphère de Murder on the Orient Express !! J’avais envie d’être dans le train avec les personnages, de réfléchir avec Hercule Poirot ; l’ambiance m’a complètement transportée, j’avais du mal à m’arrêter de lire ! – ce qui explique sans doute que j’ai fini ce livre tard dans la nuit ! C’était plus cosy qu’effrayant ; je me souviens que, la première fois, j’ai eu envie de faire ce genre de voyages, vivre dans un train comme l’Orient-Express, juste pour l’ambiance et le décor. La relecture a aussi cet avantage qu’on se rend compte des indices que l’auteur a semés au fil des pages ; je n’ai, bien sûr, pas réussi à tous les retrouver ! Je me disais parfois : « Ah, je me souviens que c’est important pour la suite », « Ah, ça explique ceci ou cela ». Malgré le fait que je connaissais la fin, j’avais envie de la redécouvrir, surtout parce que, même en la connaissant, j’avais l’impression que le crime était insoluble ! Je ne comprenais plus comment, pourquoi, et par qui !

Agatha Christie a le don d’écrire des mystères intelligents, et j’ai adoré son personnage, Hercule Poirot. Il n’a pas l’air sérieux – d’ailleurs, les autres passagers ne le prennent pas au sérieux au début -, mais il est si observateur, intelligent, et sage aussi ! Il connaît l’être humain, et ne laisse aucune possibilité de côté : tout le monde est potentiellement coupable si personne n’a été prouvé innocent. Il sait où regarder, il sait quoi prendre en compte et quoi laisser de côté ; il sait reconnaître un faux indice d’un vrai, il sait aussi s’adapter aux personnes auxquelles il parle. Le lecteur a besoin de plus de personnages comme Hercule Poirot !Les autres personnages ont tous une personnalité différente, et je n’ai pas vraiment trouvé de clichés, excepté dans le personnage de Mrs Hubbard. J’ai beaucoup aimé Mary Debenham, et son inflexibilité ; beaucoup moins Mrs Hubbard et son excentricité !

J’ai également adoré l’ironie d’Agatha Christie : elle fait dire à ses personnages que l’histoire est tellement tordue qu’on se croirait presque dans un roman ou un film policier ! Une petite mise en abîme, et une petite façon de se moquer de ces intrigues impossibles que l’on trouve parfois dans ce genre de littérature/cinéma !

J’ai adoré la fin et le choix que font les personnages. L’histoire pose la question de la justice, et de la vengeance : cette fin était, pour moi, parfaite. Le lecteur peut, par la suite, imaginer les conséquences, la police tchécoslovaque qui découvre le crime et sa solution. Je suis contente d’avoir relu ce livre, et je pense lire quelques romans d’Agatha Christie cette année !

 

Donc, un excellent mystère, de ceux dont Agatha Christie a le secret !!

 

Mysteries of Winterthurn de Joyce Carol Oates

Posté : 22 août, 2017 @ 11:51 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : Policier, Fantastique, Contemporaine Mysteries of Winterthurn

Editeur : Arena

Année de sortie :1986 

Nombre de pages : 482

Titre en français : Les Mystères de Winterthurn

Synopsis : I am happy to present here the three favourite cases of the great 19th century detective Xavier Kilgarvan. Each is, in its way, a classic – and each at the time gained notoriety for its cruel violence and brutality. There was even talk of preternatural forces emanating from the Manor.

Now, of course, with the hindsight of nearly a century, we may think about the inhabitant of Winterthurn as superstitious and naïve, yet the contemporary reader would do well to withhold such judgement, and to reflect that our ancestors, though less informed than ourselves, were perhaps more sensitive in comprehending Evil – and to reflect upon whether or not Justice ever holds sway.

Mysteries of Winterthurn

Appropriating the contents and style of Victorian melodrama for her own ends, Joyce Carol Oates has written a tantalizing pathology of violence, murder, mutilation, fear and bigotry – and underscored it with the insight and intelligence of one of the most accomplished novelists of our times.

‘A tour de force of mischievous proportions … an accomplished piece of subversion … the subtleties of Joyce Carol Oates’s autocritical feminist perceptions will take their place alongside the out-front challenges of the feminist presses’ The Listener

 

Avis : Dernier tome de la Trilogie gothique de Joyce Carol Oates, enfin !! (ce « enfin » ne voulant pas dire que la trilogie est inintéressante, ou ennuyeuse, mais que les livres sont gros et que je suis heureuse d’être arrivée au bout !)

Mysteries of Winterthurn, bien qu’étant le plus court tome de la « série », est celui qui m’a donné le plus de fil à retordre. D’abord, j’ai l’impression qu’il m’a pris plus de temps que les deux premiers, alors qu’il comporte moins de pages ! Ensuite, il m’a semblé assez différent de Bellefleur et d’A Bloodsmoor Romance ; en tout cas, je n’ai pas eu la même sensation d’être dans le livre, avec les personnages, je suis restée assez à l’extérieur. Du coup, je n’ai pas eu ce petit pincement de cœur en achevant la lecture. Dans Mysteries of Winterthurn, ce qui change vraiment par rapport aux deux premiers volumes est le fait qu’est introduite l’intrigue policière. Le personnage que nous suivons, Xavier Kilgarvan, est un détective consultant, qui fait son possible pour démêler les mystères qui ont lieu dans la petite ville de Winterthurn dans laquelle il est né. On retrouve alors deux gros éléments présents dans toute la trilogie : la grande famille riche, aristocratique même, divisée de deux façons, adultes/enfants et branche riche/branche pauvre, et la critique de la société, ici, plus spécifiquement, de l’absence de justice, de l’incompétence du gouvernement, de la police, de l’hypocrisie et de la prédominance des préjugés dans une petite ville. Comme Xavier, j’étais révulsée par la réaction des habitants face au présumé coupable et au véritable coupable, par l’absurdité de la police et des décisions judiciaires !! Ici encore, est traité le sujet du féminisme : des femmes soumises, ou indépendantes, des femmes qui travaillent, qui se marient. J’ai trouvé que c’était un peu moins dominant que dans les tomes précédents. Mais aussi, peut-être – et même sans doute ! - en raison de la présence de l’intrigue policière, j’ai trouvé que les éléments gothiques passaient un peu au second plan. Certes, on se trouve dans une petite ville, et, dans la première enquête, dans un manoir, tout ce qu’il y a de plus lugubre. On retrouve aussi l’ambiance gothique, avec meurtres, forêts, brume, apparitions fantomatiques, situations étranges, malédiction ; mais ce n’était pas aussi prononcé que dans les volumes précédents. Je n’ai pas été aussi emportée par l’histoire. Aussi, certains éléments m’ont agacé, notamment l’histoire d’amour qui se poursuit de la première à la dernière partie !

Concernant les personnages, Xavier Kilgarvan est un personnage assez attachant, sujet à des maux de tête dévastateurs, et sans doute doté de pouvoirs qui lui permettent de résoudre les mystères qui se présentent à lui. Son but dans la vie est d’éradiquer le crime, de faire régner la justice, de mettre fin à cet ersatz de justice qui a lieu dans la petite ville dans laquelle il vit, faite de préjugés, de racisme et de rumeurs. Sensible, il est complètement subjugué par un personnage féminin que je n’apprécie pas du tout, Perdita, sa cousine, qui joue avec lui sans qu’il s’en rende compte – ou pire, il s’en rend compte, mais ne peut que lui pardonner tant il l’aime ! Cette histoire d’amour fait d’autant plus de Xavier un homme maudit, à la fois par la profession qu’il s’est choisie et par sa dépendance par rapport à une femme qui se fiche de lui. Comme toujours dans ces romans, même quand il s’agit de personnages « secondaires », Joyce Carol Oates a développé et à donner une personnalité à chacun de ses personnages. J’ai particulièrement apprécié Thérèse, même si sa dévotion et sa retenue la rendent un peu agaçante.

La fin de chaque enquête est « atypique » : [SPOILER] en effet, contrairement à la plupart des romans policiers, ici, la justice ne triomphe pas ! Soit le coupable est lavé de tout soupçon alors qu’on sait qu’il est coupable !, soit on découvre une autre affaire sous la première, soit le coupable meurt sans que justice ait été rendue. Dans tous les cas, c’est assez frustrant ! [FIN DU SPOILER] Mon enquête « préférée » – si je peux employer ce mot – est la première, car elle possède le plus d’éléments gothiques, et que sa fin m’a laissée bouche bée !

 

Donc, un très bon roman, entre policier et fantastique ; mais je préfère tout de même Bellefleur et A Bloodsmoor Romance, bien plus gothique à mon sens.

Millénium, tome 3 : La reine dans le palais des courants d’air de Stieg Larsson

Posté : 10 juin, 2017 @ 9:12 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

La reine dans le palais des courants d'airGenre : Policier

Editeur : Actes Sud

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 711

Synopsis : Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s’ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d’une série rapidement devenue culte.

Le lecteur du deuxième tome l’espérait, son rêve est exaucé : Lisbeth n’est pas morte. Ce n’est cependant pas une raison pour crier victoire : Lisbeth, très mal en point, va rester coincée des semaines à l’hôpital, dans l’incapacité physique de bouger et d’agir. Coincée, elle l’est d’autant plus que pèsent sur elle diverses accusations qui la font placer en isolement par la police. Un ennui de taille : son père, qui la hait et qu’elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu’elle …

Il n’existe, par ailleurs, aucune raison pour que cessent les activités souterraines de quelques renégats de la Säpo, la police de sûreté. Pour rester cachés, ces gens de l’ombre auront sans doute intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui savent.

Côté forces du bien, on peut compter sur Mikael Blomkvist, qui, d’une part, aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et, d’autre part, commence à concocter un beau scoop sur des secrets d’Etat qui pourraient, par la même occasion, blanchir à jamais Lisbeth. Mikael peut certainement compter sur l’aide d’Armanskij, reste à savoir s’il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédactrice en chef d’une publication concurrente.

 

Avis : Après la lecture du second tome, difficile de ne pas immédiatement lire le troisième !! Comme je le disais, cette fin est tout simplement impossible !! Donc, je n’ai pas du tout résisté, et je me suis lancée dans La reine dans le palais des courants d’air !

Encore une fois, mention spéciale pour la couverture, que je trouve très représentative de la série : sombre, très sombre. Plus sombre encore dans ce tome que dans les précédents. En effet, dans La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, le lecteur découvrait dans les détails la machination montée contre Lisbeth ; mais ici, il découvre aussi l’organisation derrière cette machination. Et c’est assez effrayant d’imaginer que ce soit possible dans un pays démocratique. Cela pousse à réfléchir au fait qu’on ne sait jamais tout des secrets d’un Etat. Et quand ça va trop loin, certains sont prêts à tout pour quand même tenter de rattraper le coup, au risque de devoir assassiner, humilier ou détruire la vie d’innocents. Mais, les « gentils » (je n’aime pas employer des mots trop simples, mais je ne sais trop comment les définir) ont un plan eux aussi ! Et le lecteur, à 100% avec eux, sursaute à chaque revirement, voudrait presque être dans le livre pour les prévenir ! Donc, encore une fois, le suspense est bien présent, le lecteur est tenu en haleine ! Après avoir appris le passé de Lisbeth, le lecteur est très attaché à elle, et c’est grâce à cet attachement que le livre est si addictif, encore une fois ! Il veut absolument qu’elle s’en sorte, et il veut voir comment. Bien sûr, il peut s’attendre à ce que tout capote (nous sommes dans une série noire après tout), mais il espère tout de même ! Ce tome est le plus gros de la série, et c’est celui que j’ai lu le plus rapidement : c’est pour dire à quel point il est dur de le poser, difficile de se détacher de l’histoire et d’attendre pour découvrir comment tout se termine ! Encore une fois, Lisbeth fait tout l’intérêt du livre, parce que c’est elle qui permet les réflexions que le lecteur y découvre : comme dans le tome précédent, on retrouve les préjugés, la violence faite aux femmes, leur condition dans la société, la façon dont certains hommes les perçoivent, mais aussi l’injustice. La situation de Lisbeth est tellement injuste que le lecteur ne peut que se ranger de son côté, même s’il ne l’apprécie pas plus que ça. Et le plan du groupe qui l’aide ne peut qu’être jouissif s’il réussit !!

Malheureusement, comme pour le tome précédent, je n’ai pas pu faire de ce livre un coup de cœur à cause de la langue. Toujours aussi maladroite, parfois de mauvaise qualité, toujours des erreurs d’expression, ou des phrases qui semblent sorties de nulle part : c’est tellement dommage. J’ai tiqué sur plusieurs fautes, je m’y suis attardée, cela m’a déçue ! Et, encore une fois aussi, un synopsis qui en dit beaucoup trop mais, heureusement, qui prévient les lecteurs qui ne voudraient pas trop en savoir !

Concernant les personnages, je ne vais pas encore vous parler de Lisbeth pendant des heures : je la trouve forte, formidable, toujours une de mes héroïnes préférées en littérature ! Marginale, certes, mais c’est ce qui fait que le lecteur la respecte, l’admire, et veut qu’elle s’en sorte ! Toujours Super Blomkvist, qui joue les justiciers – difficile en fait de dire « jouer », étant donné qu’il tente vraiment de rétablir la situation ! Toujours aussi sûr de lui, casse-cou, capable de tout pour aider ses proches. Etrangement encore plus attachant ici que dans les tomes précédents, sans doute parce que le danger rôde autour de lui, et que le lecteur le voit aussi bien que les personnages. Le lecteur retrouve aussi Erika Berger, elle aussi plus attachante ici ; Christer Malm, Malou Eriksson et Henry Cortez de la rédaction de Millénium, attachants même si les personnages ne sont pas énormément développés par rapport aux principaux ; Annika Gianini, la sœur de Mikael, très professionnelle, et que le lecteur finit par adorer à la fin ; des nouveaux apparaissent, surtout du mauvais côté de la barrière ! Tous ont une raison d’agir, et ne sont pas présentés de manière manichéenne : ils expliquent leurs motivations, même si celles-ci ne convainquent pas le lecteur !

La fin ! Je ne veux surtout pas vous spoiler ! [SPOILER] C’était jouissif de les voir tous tomber un par un, de voir justice être faite, de voir Lisbeth enfin libre ! C’est une excellente fin à la trilogie d’origine ! [FIN DU SPOILER] Je lirai avec plaisir la suite écrite par David Lagercrantz !

 

Donc, un excellent dernier tome qui clôt parfaitement la série ; vraiment dommage pour la langue !!

Millénium, tome 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

Posté : 5 juin, 2017 @ 5:45 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Policier Millénium 2

Editeur : Babel noir

Année de sortie : 2012 [2006]

Nombre de pages : 792

Synopsis : Tandis que Lisbeth Salander coule des jours supposément tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, plus célèbre et pugnace que jamais, s’apprête à publier dans Millénium un dossier aux allures de brûlot sur un trafic de prostituées dans pays de l’Est impliquant des personnes haut placées. A son grand désarroi, Mikael n’a plus de nouvelles de Lisbeth depuis des mois, mais il la voit une nuit dans les rues de Stockholm échapper de justesse à une agression.

Quand les deux journalistes qui enquêtaient pour Millénium sont assassinés, Lisbeth, suspectée, se retrouve traquée par la police et les médias. Mikael sait ce qu’il lui doit, et compte bien payer sa dette.

Mêlant femmes violentées, crapules avides et sombres salopards, l’intrigue trépidante de ce deuxième volet permet enfin d’éclairer le passé de l’une des héroïnes les plus originales et les plus fascinantes de l’histoire du polar, la cultissime Lisbeth.

 

Avis : J’ai lu le premier tome de la série, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, il y a longtemps, mais j’en gardais un bon souvenir …

… alors quand mon tirage au sort est tombé sur La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, j’étais plutôt contente d’enfin poursuivre après (je viens de vérifier) 5 ans !!

Il y a tant à dire sur ce livre … D’abord, du point de vue matériel, j’aime bien les couvertures de la série (et de la maison d’édition en général). L’association rouge/noir annonce tout de suite ici une histoire sombre. J’aime aussi que Lisbeth soit représentée sur chaque couverture ! Dans ce deuxième tome, on comprend qu’elle est, en quelque sorte, la véritable héroïne de la série – en tout cas, on se concentre beaucoup sur elle ici, ce qui est un des aspects positifs du livre ! La suivre était génial ; l’auteur nous donne des bribes de sa façon de penser, de sa façon de voir le monde. D’autres aspects positifs : l’histoire, qui, comme je l’ai dit, concerne plutôt Lisbeth, même si, évidemment, Mikael est impliqué ; la découverte du passé de Lisbeth, enfin !! Le lecteur avait eu un petit aperçu à la fin du premier tome il me semble, et à la fin des films Millénium, mais aucune explication ! Enfin, tout est expliqué ! Autre aspect positif, le suspense : le lecteur ne sait pas ce qui va arriver aux personnages, et certaines scènes m’ont vraiment scotchée !! Je me demandais vraiment s’ils allaient s’en sortir, comment cela allait finir ! Du coup, dernier point positif : l’addictivité. Il est très dur de poser ce livre, et très frustrant de ne pas pouvoir le livre d’une traite. Tant de mystères donnent envie de SAVOIR !!

Passons aux mauvais côtés : ce livre est assez long, 792 pages, et j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de répétitions et beaucoup de scènes inutiles. Certes, elles ajoutent au « réalisme » de l’histoire, mais il y en a peut-être trop. Par exemple, je n’ai pas compris l’intérêt des premières scènes de Lisbeth, et de l’histoire dans laquelle elle est embarquée. Second bémol : la qualité de la langue. Le lecteur sent la traduction dans la maladresse des phrases, ou se retrouve avec des phrases mal construites. Mais dans le corps même du texte, il est possible de trouver des choses bizarres : des phrases qui se suivent et qui n’ont rien à voir, des fins de paragraphes qui tombent à plat. C’est vraiment dommage, car ces problèmes m’empêchent de faire de ce livre un coup de cœur ! Dernier bémol : le synopsis, qui en dit encore beaucoup trop !!

Pour les personnages, je dois dire que Lisbeth Salander est une de mes préférées dans toute la littérature ! Elle est complètement décalée, originale, par rapport aux héroïnes habituelles ! Soit disant psychotique, le lecteur SAIT que Lisbeth a des problèmes sociaux, qu’elle n’est pas comme tout le monde, mais c’est justement ça qui fait sa force, et qui la rend sympathique au lecteur. Et même, celui-ci la respecte et l’admire. Comme le disent la plupart des autres personnages qui la connaissent, elle a un sens moral exceptionnel, différent de celui de la société, mais sans aucun doute bien plus juste. Elle ne supporte ni l’injustice, ni les machos ; la façon dont elle est présentée par ceux qui ne la connaissent pas tout le long du livre m’a énervée comme rarement !! Préjugés, insultes, railleries : aucun ne la comprend, ni même ne cherche à la comprendre. En ayant vu son dossier médical, ils sont persuadés qu’elle est folle sans remettre le médecin en question. Cela m’a rappelé l’expérience de Milgram sur la soumission à l’autorité : parce qu’un médecin « renommé » leur affirme qu’elle est timbrée et doit être enfermée, ils acceptent son jugement sans broncher ! Par la suite, ils se posent des questions, mais il leur faut du temps pour laisser à Lisbeth le bénéfice du doute ! Les raccourcis faits entre satanistes, lesbiennes, putes, et folles m’ont profondément agacée – référence notamment à Hans Faste et aux michetons interrogés par Dag et Mikael dans leur enquête sur le trafic de femmes ! Mais revenons à Lisbeth ! Peut-être que, physiquement, elle n’est pas du tout impressionnante, mais c’est clairement une femme endurcie, capable, indépendante, qui prend des décisions claires et rapides. Elle est plus intelligente que la moyenne – je n’ai rien compris aux équations qu’elle s’amuse à résoudre ! Donc, comme pour le premier tome, coup de œuvre pour elle ! Bien sûr, on retrouve aussi Mikael Blomkvist, le journaliste fouineur que tout le monde déteste – sauf ses amis et le lecteur ! Encore une fois, il veut établir la vérité sur les agissements de personnes haut placées qui se pensent intouchables, et qui, donc, se permettent des choses abominables. Ici, l’auteur nous parle du trafic de femmes, ainsi que sur le fait que l’on ne sait jamais tout de ce qui arrive, et nous ouvre les yeux – si ce n’était pas déjà le cas – sur la corruption qui a cours dans la société, et même, dans les milieux qui sont censés protéger ses femmes : la justice, la police, l’Etat. Blomkvist, avec l’aide de Dag Svensson et Mia Bergman, veut tous les dénoncer. Encore une fois, le journaliste est une forte tête, qui menace et veut parvenir à ses fins, malgré le danger auquel il s’expose. J’ai trouvé que l’expression de Lisbeth, « Super Blomkvist », lui allait vraiment bien ! D’autres personnages apparaissent, plus ou moins sympathiques : Erika Berger, rédactrice de Millénium, femme forte et libre ; Nils Bjurman, toujours aussi concordant avec son magnifique tatouage ! ; Jan Bublanski, inspecteur chargé officiellement de résoudre l’enquête ; Sonja Modig, seule femme flic dans l’équipe, confrontée au machisme, à la misogynie dans sa profession. Je ne peux pas vraiment parler des autres sans spoiler certains éléments de l’histoire, donc, je me tais, mais sachez que les « méchants » sont vraiment abominables !

Le livre ouvre plusieurs réflexions, certaines dont j’ai déjà parlées comme les préjugés misogynes et le trafic des femmes. Erika Berger représente un autre aspect de la femme, la condition féminine me semblant être un des thèmes principaux de ce livre. La rédactrice de Millénium a une éthique de vie qui peut paraître aux individus « lambdas » être scandaleuse. En effet, elle n’est pas fidèle à son mari, celui-ci le sait, et cela ne le dérange absolument pas. Elle rêve même d’un ménage à trois qu’elle sait, pourtant, impossible. Face aux deux premières façons d’aborder la femme, Erika Berger correspond à la liberté, à une femme indépendante qui a choisi un mode de vie, et qui se fiche éperdument de ce qu’on peut penser d’elle. Le lecteur peut commencer par avoir des préjugés la concernant, puis il finit par se dire qu’elle vit comme elle le souhaite, et que cela s’applique non seulement dans la littérature, mais aussi dans la vie de tous les jours. Tant de gens sont bourrés de préjugés, et tentent de faire culpabiliser untel, ou l’insultent parce qu’il a choisi une vie différente. Qu’est-ce que ça m’agace … Chacun fait ce qu’il veut, concentrons-nous sur nos vies, et ne jugeons pas sans savoir !

La fin est scandaleuse !! Elle est tellement frustrante !! Mais comment peut-on finir un livre de cette façon ?!! Elle force le lecteur à lire la suite IMMEDIATEMENT !!

 

Donc, un très bon deuxième tome, à la hauteur du premier, malgré quelques défauts. Hâte de lire la suite !!

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