Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Harry Potter à l’école de la philosophie de Marianne Chaillan

Posté : 25 janvier, 2020 @ 9:26 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai Harry Potter à l'école de la philosophie

Editeur : Ellipses

Année de sortie : 2015 [2013]

Nombre de pages : 278

Synopsis : Des dizaines sinon des centaines de millions de lecteurs aux quatre coins du monde ont voyagé dans le monde magique de Harry Potter, découvrant livre après livre et film après film, un univers merveilleux et fascinant. Mais savent-ils qu’en montant avec lui dans le « Poudlard Express » sur la voie 9 3/4, ils allaient s’ouvrir aux plus grandes thèses de la philosophie ?
Car Harry Potter ne nous fait pas seulement entrer à l’école des sorciers mais aussi à l’école platonicienne. Le sage Dumbledore se fait tour à tour stoïcien, adepte de Berkeley et maître de philosophie morale. Le fougueux Sirius Black est le porte-voix des thèses sartriennes sur la liberté humaine contre la vision déterministe du Professeur Trelawney. Lord Voldemort et ses Mangemorts, quant à eux, nous interrogent sur la philosophie de Nietzsche…
A Poudlard, on suit certes des cours de Défense contre les Forces du mal, de Métamorphose et de Sortilèges. On apprend aussi et surtout la philosophie. Le long cheminement de Harry jusqu’au combat final avec le Seigneur des Ténèbres dévoile même une philosophie de la finitude propre à l’œuvre de J. K. Rowling.
Cet ouvrage vous propose de revisiter les aventures de notre cher sorcier pour y vivre, avec un plaisir toujours renouvelè, une remarquable initiation à la philosophie.

 

Avis : Je pense que ce n’est plus un secret : depuis que j’ai lu Ainsi philosophait Amélie Nothomb, j’adore tous les livres que je lis de Marianne Chaillan. Celui-ci ne fait, évidemment, pas exception !

Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal au début, malgré une introduction toujours aussi prenante ! J’ai dû réacclimater mon cerveau à recevoir des informations qui le déroutent parfois ! Je ne comprenais pas tout – c’est ça quand on commence un tel livre tard le soir … Mais, une fois prise par le texte et les idées, j’ai ADORE ! Ce que j’aime tout particulièrement, c’est ce nouvel éclairage apporté à une série que je connais depuis l’enfance. Jamais je n’avais pensé à ce genre de théories philosophiques en lisant Harry Potter ; Marianne Chaillan déploie l’œuvre en nous y faisant voir des idées que nous n’avions pas même soupçonnées, et en nous apprenant des choses au passage ! C’était passionnant !! Et si facile à lire !!

J’ai adoré voir la dichotomie Voldemort/Harry au prisme de la mort, j’ai adoré les explications claires et les exemples tirés de la série que l’autrice nous fournit quand elle traite de théories parfois difficiles à comprendre. Surtout, j’ai adoré la deuxième partie du livre. En effet, comme dans la dernière non-fiction qu’elle a publiée, Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur, Marianne Chaillan divise son livre en deux parties : la philosophie dans Harry Potter, et la philosophie de Harry Potter. Cette dernière était fascinante ! Et aussi, très apaisante, beaucoup plus que celle développée pour Game of Thrones. J’ai maintenant très envie de relire toute la série !!

Enfin, j’ai adoré lépilogue à propos de A Casual Vacancy ! J’ai le roman dans ma PAL, mais je n’ai pas encore osé le lire. L’analyse avancée par Marianne Chaillan est fascinante, et me donne envie de sauter le pas !

 

Donc, sans surprise, une excellente non-fiction, qui se lit facilement, qui nous apprend énormément, et qui nous offre un éclairage fascinant sur Harry Potter

Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreurs de Marianne Chaillan

Posté : 20 décembre, 2019 @ 11:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Philosophie Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur

Editeur : Editions des Equateurs (Philosophie) 

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 228

Synopsis : « Si vous pensiez que ça finirait bien, c’est que vous n’avez pas été très attentifs. » La réplique du cruel Ramsay Bolton résonne autrement depuis la conclusion de la saga au succès mondial, Game of Thrones. Comment interpréter cette fin jugée, par de nombreux fans, terriblement décevante ? Les créateurs de la série ont-ils manqué de souffle ou porté jusqu’au bout une certaine vision de l’homme ? Et si l’analyse philosophique, en nous offrant des clefs de compréhension, nous aidait à surmonter notre déception ? Eclairant cette fin douce-amère, elle permet aussi de dresser, à la manière du Hall of Faces – la galerie des visages du temple de Braavos -, un portrait définitif des merveilleux personnages qui ont peuplé la série. Héros d’une nouvelle mythologie, leurs trajectoires, riches d’enseignements, portent la leçon philosophique de cette formidable histoire de glace et de feu. De quoi Daenerys est-elle le nom ? Que nous a appris Cersei Lannister ? Quelle leçon de sagesse nous livrent Jon Snow ou Arya Stark ? Bref, à travers sa conclusion et ses personnages, il est temps d’expliciter la sagesse de Game of Thrones.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service de presse par les éditions des Equateurs, que je remercie à nouveau !!

En effet, comment ne pas remercier quand on peut lire un livre de cette qualité ?! Tout est excellent ! Mais, allons-y doucement, et commençons au commencement ! 

Ce n’est pas un secret : j’ai été profondément déçue par la saison 8 de Game of Thrones. Tellement que cette série n’est plus ma préférée. J’ai ressenti un profond malaise à la regarder, notamment l’épisode The Bells, qui est tout simplement un cauchemar. J’avais envie de pleurer, et je me demandais si je ne rêvais pas, si c’était bien réel. Révoltée, dégoûtée, triste, en colère, déçue. Globalement déçue. Alors, lire dans le résumé d’une non-fiction sur GoT que l’autrice va traiter de cette déception, pour moi, c’était assez rassurant. Parce que cela veut dire : 1) que je ne suis pas la seule dans mon cas, donc, 2) que mon opinion n’est pas illégitime et 3) que d’autres ont tenté de comprendre pourquoi une telle déception. Et après le coup de cœur monumental qu’a été pour moi Ainsi philosophait Amélie Nothomb, je me suis dit que Marianne Chaillan était la plus à même de m’aider.

Donc, quand une abonnée m’a parlé de ce livre, je me suis lancée et j’ai demandé à la maison d’édition si je pouvais le recevoir en service de presse. Quelle joie de les voir accepter, et de recevoir très rapidement ce livre ! J’avais envie de le commencer tout de suite, mais j’avais aussi envie de le faire durer un peu : j’ai avalé Ainsi philosophait Amélie Nothomb en une journée, et je sentais que Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur allait subir le même sort ! Spoiler : j’avais raison ! Finalement, après plusieurs jours sans coups de cœur, et un roman en cours qui ne m’attire pas, je me suis décidée à le commencer !

Comme je l’ai dit plus haut, ce livre est EXCELLENT ! Tout est bon sincèrement ! L’autrice part de son expérience personnelle pour nous expliquer pourquoi elle a décidé d’écrire ce livre : sa déception, sa frustration, sa colère face à la saison 8, sentiments partagés par des milliers de fans à travers le monde. Après réflexion, elle s’est dit que les scénaristes ne pouvaient pas simplement massacrer leur série de cette façon, et a tenté de comprendre le message de GoT, la philosophie DE Game of Thrones, comme elle le dit, et plus la philosophie DANS Game of Thrones, comme c’était le cas dans son premier essai sur la série, Game of Thrones : une métaphysique des meurtres - que j’ai encore plus envie de lire maintenant que j’ai fini ce livre !! Les analyses philosophiques sont claires, sensées, expliquées de façon à ce que le lecteur comprenne bien où l’autrice veut en venir : j’ai appris énormément de choses, et ce livre permet d’offrir un nouvel éclairage à la série, éclairage qui permet de comprendre ce qui passe facilement pour incohérent. Bon, il reste tout de même quelque chose d’incompréhensible, [SPOILER] et j’ai aimé retrouver mes mots dans la bouche de Marianne Chaillan : un des personnages est bien mort avant sa mort physique, parce qu’il est méconnaissable à partir de ce moment ! [FIN DU SPOILER] J’ai adoré les nombreuses références et la façon de présenter les choses de l’autrice : comme avec Ainsi philosophait Amélie Nothomb - mais en un peu moins prégnant – on retrouve un ton qui invite le lecteur à entrer dans « l’histoire » que nous raconte Marianne Chaillan. La deuxième partie, le « Hall of faces », est introduite de telle façon que le lecteur a l’impression de se promener dans une pièce en compagnie de l’autrice ! A ce moment-là, chaque personnage important est passé au crible, afin de déterminer quelle est la leçon qu’il nous apprend en particulier. La première partie, elle, se concentre sur les leçons de la série en général : c’est très pessimiste, mais ce n’est pas étonnant ! L’autrice reprend des citations de G.R.R. Martin, mais aussi des personnages, pour appuyer son propos. Elle rapproche ces leçons de théories philosophiques, comme celles de Kant, Nietzsche, Spinoza, et d’autres encore ; elle fait même des personnages les « candidats » des philosophes, ceux pour qui ils auraient « voté » ! Pour ne rien gâcher, j’adore l’écriture de l’autrice : c’est fluide à lire, ce peut aussi être poétique, surtout l’introduction et la conclusion ! On ressent toute l’émotion de l’autrice face à cette série, émotion partagée à cent pour cent ! Au fil de la lecture, j’ai aussi cru comprendre que, certes, la déception s’est atténuée, mais elle est toujours présente en fond, malgré un amour sincère pour la série, et pour ce qu’elle apporte.

J’aurais envie de vous détailler ici tout ce que j’ai appris, tout ce qui m’a intéressée ou émue ; mais je vais vous laisser lire le livre ! Marianne Chaillan le dit bien mieux que moi !

En fin de compte, Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur m’a permis de me réconcilier avec cette série, et de mieux la comprendre. J’ai maintenant envie, non de revoir la saison 8, je pense que ça n’arrivera jamais, mais de relire la série ; j’avais tenté de la recommencer mais la déception était si grande que je n’arrivais pas à apprécier ! J’ai également hâte de tenir ENFIN entre mes mains le sixième tome d’A Song of Ice and Fire – en 2020 ? *prière* 

 

Donc, un excellent essai philosophique, qui donne envie de se replonger dans la série, mais également de lire toutes les œuvres de l’autrice ! Quel talent ! 

Ainsi philosophait Amélie Nothomb de Marianne Chaillan

Posté : 1 mai, 2019 @ 2:28 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Philosophie Ainsi philosophait Amélie Nothomb

Editeur : Albin Michel 

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 203

Synopsis : Amélie Nothomb, morte? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu’une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu’une identité posthume est attribuée à chacun au terme d’une cérémonie. L’un ira au paradis des cinéastes et l’autre au paradis des boulangers, par exemple. L’éternité est moins longue lorsqu’on échange autour d’une passion commune… Amélie s’attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Sutpeur! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche! S’agit-il d’une erreur? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu’à Sartre.

Ecrit « à la manière » d’Amélie Nothomb, ce contre philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l’œuvre de la romancière mondialement célèbre.

 

Avis : Je ne connaissais pas l’existence de ce livre avant d’entendre Amélie Nothomb en parler dans une vidéo ! Je me suis dit que le concept était très intéressant, et je me suis empressée de demander un service presse à la maison d’édition, qui a gentiment accepté de m’envoyer Ainsi philosophait Amélie Nothomb !

Je dois d’abord l’avouer : je suis « fan » d’Amélie Nothomb ; j’ai lu la majorité de ses livres, et la plupart m’ont beaucoup plu ! C’est une écrivaine accessible, gentille, et ouverte d’esprit ! Je n’adore pas toutes ses œuvres, mais celles que j’adore se trouvent assez haut dans le classement de mes livres préférés, notamment Journal d’Hirondelle, Biographie de la faim et Hygiène de l’assassin. Je trouve qu’Amélie a une imagination très fertile, décalée ; rien ne ressemble à un de ses romans ! Elle écrit très bien, d’une manière que je considère souvent comme poétique ; elle apprend des choses à son lecteur et le fait toujours réfléchir ! Ses œuvres sont intelligentes ! Donc, l’idée d’un livre qui ferait le lien entre elle et certains philosophes : autant vous dire que j’étais emballée !!

Et je n’ai pas été déçue ! Tout d’abord, j’ai adoré que ce livre soit en fait de la non-fiction déguisée en fiction. Pour ne pas brusquer le lecteur, pour ne pas lui faire lire un essai, Marianne Chaillan décide de reprendre la manière d’écrire d’Amélie Nothomb. Et on peut dire que c’est une réussite ! J’ai adoré cette histoire, ce cadre ! Amélie, personnage du roman, se trouve au paradis, assignée à celui des philosophes au lieu de celui des auteurs de littérature. Elle fait appel et, à son procès prennent part dix grands philosophes, qui vont analyser dix de ses livres. La lecture est fluide, rapide, et tout est compréhensible ! En effet, on pourrait penser qu’étant donné qu’on touche à la philosophie, les concepts sont compliqués, et donc que l’on ne comprend pas toutes les idées. Mais Marianne Chaillan, après avoir employé certaines notions, fait expliquer à ses philosophes leurs idées avec des exemples faciles à comprendre. Elle fait donc exactement ce que fait Amélie Nothomb sans s’en rendre compte : elles rendent toutes deux la philosophie accessible, l’une par la fiction ou la non-fiction – selon ses œuvres –, l’autre par une analyse poussée et qui fait parfois écho au ressenti des lecteurs. En effet, à la lecture de certains passages, je me suis rendu compte que j’avais compris certaines idées philosophiques en lisant l’œuvre de l’écrivaine, sans pour autant être capable de mettre des mots clairs et précis sur ce que j’avais ressenti. D’autres fois, Marianne Chaillan apporte un éclairage tout à fait nouveau sur les œuvres, je pense notamment au Fait du Prince, que je n’avais pas du tout lu de cette façon ! Et quelle joie de voir certains de mes livres préférés être analysés !

Je trouve également l’idée de ce livre excellente car, il faut l’avouer, Amélie Nothomb est souvent décriée, que ce soit par certains universitaires ou par certains lecteurs – parfois sans que ceux-ci l’aient lu d’ailleurs ! Marianne Chaillan montre ici que l’écrivaine a beau écrire quatre romans par an et n’en publier qu’un, celui-ci est riche d’idées, souvent original, et fait réfléchir pour qui gratte un peu la surface. Voir de grands philosophes expliquer à quel point ils ont apprécié leur lecture d’Amélie Nothomb, la nommer leur successeur, la reconnaître comme une des leurs, les voir dire « lisez tel roman pour comprendre mon idée » : comme c’était satisfaisant ! Pour autant, le procès de l’écrivaine ressemble plus à un éloge qu’à une défense contre les critiques, ce que j’ai également énormément apprécié ! Les analyses de Marianne Chaillan ne sont pas forcées, et on sent son amour à la fois pour l’œuvre d’Amélie et pour les philosophes que l’on rencontre. Ainsi philosophait Amélie Nothomb donne donc autant envie de relire les œuvres de l’écrivaine que de lire les œuvres des philosophes !! 

La fin est digne d’un roman d’Amélie ! La chute est inattendue, surprenante ! Et cette mise en abîme : j’adore !! 

Petit plus : j’ai adoré les jeux de l’autrice, du genre, reprendre le début des Catilinaires de Cicéron en écrivant « Jusqu’à quand abuseras-tu de ma patience Sartre ? Jusqu’à quand ta fureur nous poursuivra-t-elle ? » Ou voir de petites références littéraires/culturelles par-ci par-là ! Elle a aussi apporté de petites touches d’humour bienvenues !

Attention : pour ceux qui n’auraient pas lu les œuvres analysées, l’autrice spoile la fin. Je fais la remarque pour ceux que ça pourrait gêner. Je vous conseille donc de lire d’abord les livres d’Amélie, puis de vous plonger dans celui de Marianne Chaillan ! 

 

Donc, j’ai adoré ce voyage au pays des philosophes ! Tout était bon : l’écriture, l’histoire-cadre, les idées ! A lire, que vous soyez fan d’Amélie ou non ! 

 

Candide de Voltaire

Posté : 2 avril, 2019 @ 7:41 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Philosophie, Conte Candide

Editeur : Hachette 

Année de sortie : 1976 [1759]

Nombre de pages : 178

Synopsis : Pas de résumé à l’arrière de cette édition.

Résumé sur Livraddict : 

Candide, le fils supposé de la soeur du baron de Thunder-Ten-Tronckh, vit dans l’innocence d’une jeunesse protégée par l’enseignement de son précepeteur, Pangloss. Pour ce dernier tout est au mieux. Dans ce paradis, le jeune homme découvre l’amour en la personne de Cunégonde, la fille du baron. Les jeunes se font surprendre dans une position accablante et Candide est chassé, à grands coups de pieds dans le derrière. Notre héros se trouve de la sorte propulsé dans le récit.

 

Avis : J’ai entendu tout un tas de choses sur Candide : que c’était génial et que c’était nul notamment !

Je ne peux pas dire que Candide est nul, mais je ne pense pas non plus que c’est génial : c’est plus une question de goût. Donc, je ne déteste pas Candide, mais je ne l’adore pas non plus ! Je reconnais sa valeur littéraire, j’ai aimé les satires/critiques sociales et religieuses, j’ai aimé reconnaître les tropes de certains genres comme le conte de fées. Je suis d’accord avec certaines idées suggérées dans le livre : la guerre est absurde, et chaque camp se persuade qu’il est légitime, notamment grâce à la religion. Tout ne peut pas rester théorique, et on ne peut être toujours candide, ou optimiste à l’excès. Ainsi, tous les personnages sont tournés en ridicule, et notamment Pangloss et Candide. Ils refusent de reconnaître que tout ne va pas bien dans leur monde, et en subissent les conséquences. Le seul que l’on pourrait considérer comme épargné par le ridicule est Martin : certains le voient comme une figure du narrateur ou même de l’auteur dans l’œuvre !

L’écriture est très bonne – c’est Voltaire, comment pourrait-il en être autrement ? – et c’est l’un des rares auteurs qui injecte de l’humour dans ces œuvres !! J’ai ri au début de ma lecture, puis je me suis peu à peu lassée. Malgré l’ironie qu’utilise l’auteur, l’horreur de la guerre, par exemple, au début du conte, est assez difficile à digérer.

Même la fin, qui paraît « redorer » les personnages, en quelque sorte, n’est pas parvenue à me faire oublier le ridicule qui les a frappés tout le long de l’œuvre !

 

Donc, une bonne lecture, mais rapidement lassante.

 

La Guerre de la terre et des hommes, tome 1 de Pascal Bacqué

Posté : 12 septembre, 2018 @ 7:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Philosophie, Historique La Guerre de la terre et des hommes

Editeur : Massot littérature 

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 440

Synopsis : Mon édition ne comporte pas de synopsis, mais des commentaires de lecteurs. Je vous mets donc le synopsis que j’ai trouvé sur Internet, et les commentaires ! 

S’il n’y avait pas eu « l’objet de plus », tout aurait été plus simple : il ne se serait jamais rien passé. Mais depuis qu’il est apparu, les hommes n’ont pas eu de repos.

Churchill, Mai 1945. Son dîner avec Tolkien et Lord Bute, le grand compositeur. Le monde est au bord d’une nouvelle mue. Comme toujours, c’est dans la tourbe que les hommes sont redéfinis. Cette tourbe, c’est eux.
Décembre 999 : L’empereur Otton et le pape Sylvestre rendent visite à Harr, père d’Elias et d’Hermann. Pourquoi cette visite du pouvoir à l’Intelligence ? C’est un secret honteux. L’Histoire en procédera.
Entre les deux récits parallèles, ce livre est notre saga épique. Celle de la quête, par Mulligan et Bute, par Churchill et Tolkien, du sens et du vivant menacé.
Un étrange et véridique bilan de notre monde occidental, au moment de sa suspension angoissée au dessus du néant : avant la peur de l’avenir, affronter celle du passé.

« Lorsque j’ai découvert le texte de Pascal Bacqué, j’ai tout de suite eu le sentiment d’être devant un livre exceptionnel, devant l’ambition d’expliquer la face cachée du monde. De raconter le combat de la tourbe fondamentale et du bâton de la connaissance, seul capable, peut-être, de s’opposer au pouvoir du mal. Je pense que La Guerre de la terre et des hommes est un livre qui fera date non seulement dans l’histoire de la littérature mais également dans l’histoire tout court. »

Jean-Claude Fasquelle, ancien PDG des Editions Grasset & Fasquelle

« J’aime qu’un auteur ait aujourd’hui une ambition folle avec le monde, et vienne avec un livre-monstre. J’aime qu’il réanime la poétique et la langue française par un mythe, qui prend Tolkien comme un point d’appui. J’aime me trouver ici en compagnie de Churchill et de Jean Genet, de Georges Bataille, de Walter Benjamin …

J’aime l’idée que depuis l’aube de l’Histoire, quelque chose de notre avenir se joue dans la tension entre la Tourbe primitive et soixante-dix descendants de Noé, dépositaires du bâton de Moïse … J’aime ce mélange vertigineux, talmudique, d’érudition et d’humour facétieux. Bienvenue dans cette Arche de Bacqué ! »

François Samuelson, agent littéraire

« Ici se déroule le Roman de l’Histoire. Il faut le prendre au pied de la lettre, car sa lettre est esprit. Pascal Bacqué en est le scribe facétieux. Je veux dire : réfractaire. D’autant qu’il reprend le flambeau de James Joyce. »

Paul Audi, philosophe et écrivain

« La Guerre de la terre et des hommes est une œuvre inclassable, aussi limpide que prolifique, traversée par un souffle puissant qui bouscule les siècles. »

Antoine Mercier, France Culture 

 

Avis : Le livre m’a été envoyé par l’éditeur, que je remercie encore !

Première impression à l’ouverture du livre : « Mais qu’est-ce que je suis en train de lire ? Dans quoi je m’embarque ? » Nous sommes clairement en présence d’un ovni, une œuvre inclassable, et, en fin de compte, accès difficile d’accès. Je n’ai pas tout compris, j’en suis sûre, même si j’ai bien compris l’idée principale, le fil rouge, le « message » du texte. Ce roman nous présente une sorte d’histoire alternative pour nous faire comprendre la lutte entre la tourbe primitive dont sont issus les hommes, et le bâton de la connaissance, possédé par Hermann. J’ai tenté de prendre l’intrigue au sens philosophique, sans quoi le livre n’a pas de sens, et paraît complètement loufoque – il a tout de même l’air fou, même de ce point de vue ! Les trois personnages principaux sont Churchill, Tolkien et Bute ; il faut ajouter Mulligan et Hermann, ainsi que des personnages vivants à des siècles antérieurs, et qui permettent de comprendre la situation de 1945. Bien sûr, la Seconde Guerre mondiale, vu l’année, a une certaine importance, tout comme la Fantasy de Tolkien : l’histoire du Seigneur des anneaux prend une couleur mythique, puis historique, et l’auteur passe pour un visionnaire qui a compris l’histoire fondamentale, la lutte éternelle.

J’ai été conquise par la première partie, notamment quand j’ai compris le « message ». L’écriture est très bonne, et le narrateur joue avec le lecteur ; il lui laisse entendre qu’il est un personnage de l’histoire, mais qu’il ne peut pas encore révéler qui exactement. La deuxième partie m’a bien moins attirée ; le côté religieux m’a détachée du livre. Je suis tout à fait pour le côté spirituel, la recherche de quelque chose de plus chez l’homme, la question de l’esprit ; mais je ne pense pas que la religion soit le seul chemin. C’est celui que prend Fabrizio, même s’il n’est pas tout à fait convaincu. La troisième partie revient aux trois personnages, mais je n’ai pas retrouvé l’entrain de la première partie. Le fait de ne pas tout comprendre m’a un peu lassée, comme la répétition constante liée à « l’objet de plus ». La fin est énigmatique, je suis intriguée par la suite ; mais aurais-je la force de lire un deuxième tome aussi obscur que le premier ?

Bémol de taille pour moi : aucune femme qui tienne un rôle important. On pourrait dire que c’est aussi le cas chez Tolkien ; mais je n’oublie pas Galadriel, Arwen et Eowyn. Toutes sont différentes : Galadriel est mythique, une elfe-reine-déesse, qui convoite le pouvoir, mais y résiste. Arwen est amoureuse d’un homme, amour interdit par son père et les règles de vie elfique et humaine. Elle les brave sans regrets. Eowyn est une femme guerrière, capable de prendre les armes pour protéger son peuple, aussi vaillante que les hommes, et, surtout, capable de tuer celui qu’aucun homme n’est parvenu à abattre. Chez Pascal Bacqué, pas de femme, excepté les épouses de Churchill et Tolkien qui ont un rôle minime. Juste une femme mythique, réceptacle de l’amour, esclave des hommes, une femme démone au nom de sainte. J’aurais aimé avoir au moins un personnage féminin important, ne pas me retrouver seulement face à des hommes assez arrogants, que ce soit Churchill ou Benjamin. Certains tiennent des propos aberrants, que ce soit sur l’intelligence ou sur les femmes elles-mêmes ! Dommage ! Cela donne l’impression que le terme « hommes » du titre ne se rapporte pas au genre humain, mais bien à l’être de sexe masculin. 

 

Donc, un livre métaphorique sans aucun doute intéressant, et qui fait réfléchir, mais difficile d’accès, assez obscur, et sans aucun personnage féminin important ! 

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