Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Blonde de Joyce Carol Oates

Posté : 6 décembre, 2018 @ 5:49 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineBlonde

Editeur : Le Livre de Poche 

Année de sortie : 2012 [2000]

Nombre de pages : 1110

Titre en VO : Blonde

Synopsis : Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l’intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n’entend que les vibrations ronronnantes de l’air conditionné. Ou bien … est-ce qu’elle entend une radio là ? La maison est de type espagnol, c’est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausse brique, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d’une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte. 

De la main de la Mort, j’acceptais ce cadeau. Je savais ce que c’était, je crois. Et de la part de qui c’était. En voyant le nom et l’adresse, j’ai ri et j’ai signé sans hésiter

 

Avis : Cela fait une éternité que je « dois » lire Blonde ; il est dans ma PAL depuis août 2012 ! Et c’est enfin chose faite !

Qu’est-ce que ce livre est cruel … Si vous cherchez un livre pour vous remonter le moral, je vous déconseille fortement celui-là ! Mais, commençons par le commencement !

Joyce Carol Oates nous prévient dès le début, dans une note d’auteur, qu’elle n’écrit pas une biographie de Marilyn Monroe, mais un roman tiré de sa vie, une sorte de biographie romancéefictionnalisée. Elle s’inspire donc de faits réels, mais prend, d’une certaine manière, le point de vue de Norma Jeane, se met à sa place parfois, imagine ce qu’elle a dû ressentir, comment les choses se sont déroulées exactement. L’auteure a condensé la vie de Norma pour en faire un roman, comme elle l’a fait pour elle-même quand elle a écrit The Lost Landscape (Paradis Perdu). Donc, elle ne mentionne pas toutes ses familles d’accueil, tous ses amants, ou toutes ses tentatives de suicide, mais conserve ceux qui lui paraissent le plus symbolique. Cela peut ajouter à la confusion que le lecteur ressent lors de la lecture, une impression de flou, parce qu’il se rend compte, à un moment donné, qu’il y a plus dans la vie de Norma que ce qu’il est en train de lire. Malgré mes connaissances préalables - j’ai déjà lu une biographie de Marilyn Monroe, écrite par Sandro Cassati -, et la longueur du livre, qui peut être vraiment impressionnante, je ne me suis pas ennuyée du tout !!

Comme toujours, j’ai aimé l’écriture de Joyce Carol Oates ; malheureusement, j’ai lu Blonde en français. J’ai donc perdu quelque chose du style de l’auteure, si particulier ; par exemple, son écriture est très dense, et cela a dû compliquer la traduction. Comment rendre les ing, les phrases interminables, les phrases nominales, certaines expressions ? A la lecture, cela ne fait pas naturel pour moi ; mais c’est sans doute parce que j’ai lu l’auteure en VO. Je relirai donc Blonde en anglais, quand j’en serai capable ! Malgré tout, la confusion doit se sentir dans les deux langues, et n’est pas qu’un résultat de la traduction. Elle est due au narrateur, qui ajoute des informations au fil du récit, mais surtout à Norma Jeane. Sa propre confusion imprègne le récit, et il est parfois difficile de savoir qui parle, quand, où. Pour autant, j’ai adoré ce narrateur peu fiable (unreliable narrator en anglais), et Norma Jeane comme personnage peu fiable elle aussi. Le lecteur ne sait pas toujours ce qu’il se passe, ou n’est pas au courant de tout ; puis, plus tard, dans un chapitre ultérieur, la scène est éclairée d’une façon différente, et la réalité – mais, est-ce vraiment elle ? – est révélée. De plus, la folie apparaît doucement, et prend de plus en plus de place, notamment dans les souvenirs du personnage principal. Le lecteur doute donc, tout le long de l’œuvre, de la réalité de ce qui lui est raconté !

Différents « sujets » sont mentionnés dans le livre – avec 1110 pages, on peut s’en douter ! Commençons par Hollywood, et la carrière d’acteur dans les années 40-60. A l’époque, c’est un monde cruel – je dis à l’époque mais, qui sait si ce n’est pas la même chose aujourd’hui ! Etant donné que Norma Jeane était une beauté blonde, elle était considérée comme une fille stupide, disposée ; autant appelé un chat un chat : une salope. Elle était méprisée, insultée, et très peu estimée : pas mal de personnes voyaient en elle une mauvaise actrice adepte de la promotion canapé. Pour autant, beaucoup la voulait dans leur film. Joyce Carol Oates dévoile ainsi la face cachée d’Hollywood, celle qu’on préfère oublier quand on voit des photos ou qu’on regarde des films montrant des personnages saines et souriantes. Mais ce n’est pas tout ! J’adore la façon qu’a eu l’auteure d’intégrer le cinéma à son processus d’écriture. En effet, il est omniprésent dans la narration elle-même. Certaines scènes sont décrites de manière cinématographique ; peut-être est-ce une façon de mettre en avant le fait que Norma Jeane voit sa vie à travers l’objectif d’une caméra ? Dans tous les cas, cela instaure une ambiance particulière. Ce peut aussi être une manière, pour Joyce Carol Oates, de nous rappeler, dans une sorte de mise en abîme, que son livre est une fiction, même si elle raconte la vie d’une personne réelle. La religion est également un des « thèmes » abordés. Tout d’abord, la mère de Norma ne peut pas la supporter ; puis elle est « enseignée » à la petite fille par le Dr. Mittelstadt. C’est une grande part de la vie de la jeune femme : elle guide en partie ses choix, ses intentions, et ses décisions. Mais, à partir d’un moment, sa place semble remise en question, et elle est victime de la confusion ambiante.

Bien sûr, un autre sujet important : la sexualité. Marilyn Monroe est considérée, encore aujourd’hui, comme un sex symbol. Elle est censée avoir eu un nombre presque incalculable d’amants, et était parfois qualifiée de nymphomane. Bien sûr, il y a des scènes sexuelles, et la mention des amants de Norma, ou de ce qu’elle a dû faire – ce qu’on l’a forcé à faire parfois/souvent – ; mais elle n’est pas du tout présentée comme une nympho. J’en viens ainsi au personnage de Norma Jeane alias Marilyn Monroe. Oates fait le portrait d’une femme fragile, réservée, timide, qui bégaye, et n’est pas consciente de sa beauté, ou des désirs des hommes (au début, en tout cas). Elle rêve d’amour, et interprète le désir comme de l’amour, jusqu’à la toute fin ! Elle veut être mère de tout son cœur ; c’est si intense que ça en devient douloureux pour le lecteur ! C’est comme si elle voulait conjurer une malédiction lancée par sa mère ; et le seul moyen, c’est d’avoir, à son tour, un enfant. De plus, pour elle, jouer n’est pas juste un travail : c’est toute sa vie. Tout le long du livre, le lecteur a l’impression qu’elle est schizophrène : Marilyn n’est pas Norma Jeane, elle n’est que son Amie Magique, quelqu’un qu’elle adore et déteste. Les rôles qu’elle joue, les femmes qu’elle incarne, ne sont que des parties d’elle, mais pas tout à fait elle. Norma les contient, mais elles ne la résument pas en retour. Peut-être est-ce une façon de montrer que la « folie », une part de « folie », était déjà présente chez elle depuis le début, et qu’elle fut ensuite renforcée par l’usage de nombreux médicaments. Personnellement, elle m’a fait mal au cœur tout le long, malgré le narrateur peu fiable qui nous raconte son histoire. Elle semble naïve, manipulée par tout le monde, tout le temps. C’est vraiment douloureux à lire à force, parce que je me suis beaucoup attachée à elle. Elle est dépeinte comme une jeune fille douce, gentille, qui sera peu à peu détruite par ses démons, et par les personnes qui l’entourent. Parfois, je savais ce qui allait arriver, mais ce n’est pas pour autant que c’était plus facile.

D’autres personnes réelles se trouvent, évidemment, dans le texte, mais ne sont pas nommées : Joe DiMaggio, Arthur Miller, Ava Gardner, John Fitzgerald Kennedy. Cela s’ajoute aux descriptions cinématographiques : nous sommes dans un film, et ces gens sont représentés par leur fonction dramatique. Ils n’ont pas de personnalité propre – ou nous le supposons, étant donné comment ils sont appelés – et sont nommés, pour la plupart, grâce à leur travail : Actrice, Ex-Sportif, Dramaturge. Certains personnages (soient-ils réels ou non) sont très difficiles à apprécier, surtout à cause de leur violence. C’est un autre thème important dans le roman. Marilyn/Norma est l’objet de différents types de violence : sexuelle, mais aussi sociale et physique. Elle est, la plupart du temps, infligée par d’autres, beaucoup moins par elle. Elle est violée (même si c’est assez vague parfois, et rendu clair plus tard), elle est battue par un de ses maris, elle est vendue (par différentes personnes …), elle est pauvre (même si elle ramène des millions au Studio). Et, tout le long, elle dit ne pas être amère – mais comment peut-elle ne pas l’être ? Et cette violence n’est pas sporadique : elle est CONSTANTE, du début à la fin ! Et c’est aussi la raison pour laquelle ce livre est difficile à lire parfois. Parce que le lecteur aimerait que cela s’arrête, que quelqu’un, dans le livre, réagisse, et cela n’arrive jamais.

Enfin, nous arrivons à la mort de Marilyn. Il y a une théorie à ce propos : elle aurait été assassinée parce qu’elle avait une relation avec Kennedy. [SPOILER] Je pense que c’est plus probable qu’une overdose, et il semblerait que Joyce Carol Oates soit du même avis. A un moment donné, un personnage, le Tireur d’élite, apparaît, et revient de plus en plus souvent au fil du roman, jusqu’à la fin. Ce procédé est très intéressant parce qu’en un sens, cela justifie la paranoïa de Marilyn : elle était suivie, et sera tuée dans son sommeil par quelqu’un envoyé par le gouvernement, par son Prince supposé, ou par ses proches. [FIN DU SPOILER] 

 

Donc, un livre très difficile à lire, une belle claque, que je relirai sans aucun doute en VO. Un portrait de femme blessée par la vie, par les autres, et qui, pourtant, brille encore aujourd’hui. 

The Faith of a Writer: Life, Craft, Art de Joyce Carol Oates

Posté : 13 novembre, 2017 @ 8:39 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai The Faith of a Writer

Editeur : Ecco

Année de sortie : 2004 [2003]

Nombre de pages : 155

Titre en français : La Foi d’un écrivain aux Editions Philippe Rey

Synopsis : Joyce Carol Oates is an artist ideally suited to answer essential questions about what makes a story striking, a novel come alive, a writer an artist as well as a craftsman. In The Faith of a Writer she provides valuable lessons on how language, ideas, and experience are assembled to create art. Discussing those subjects most important to the narrative craft, Oates touches on topics such as inspiration, memory, self-criticism, and « the unique power of the unconscious ». On a more personal note, she pays homage to those she calls her « significant predecessors », and discusses the importance of reading in the life of a writer. Oates also speaks of childhood inspirations, offers advice to young writers, and discusses the wildly varying states of mind of a writer at work.

 

Avis : Encore Oates, eh oui !! J’ai choisi trois de ses non-fictions pour Nonfiction November, et voici le deuxième que je termine !

C’est sans doute le livre d’Oates que j’ai le moins aimé parmi ceux que j’ai lus. The Faith of a Writer est une collection d’essais sur différents sujets ; certains articles sont plus intéressants que d’autres, certains sont déjà présents dans d’autres non-fictions, notamment dans le mémoire que je viens de lire, The Lost Landscape. On retrouve des choses que j’avais déjà lues, ce que j’ai d’abord trouvé dommage – mais ce n’est pas la faute de l’auteur, ce livre est paru avant The Lost Landscape ! Mais ce n’est pas la raison principale pour laquelle j’ai moins aimé ce livre. D’abord, l’auteur ne parle pas de son art de l’écriture, mais de celui d’autres écrivains, et je pensais qu’elle parlerait d’elle ici. Elle évoque sa façon de voir l’écriture, notamment en rapprochant lecture et écriture, ce que j’ai apprécié ; mais elle parle surtout des techniques d’autres écrivains, et ce d’une manière qui s’apparente un peu à celle du catalogue. Les auteurs sont présentés les uns à la suite des autres, sans lien apparent entre leurs différentes techniques, et j’ai trouvé cela dommage. Cela faisait un peu scolaire, et un peu long, à force. Il était tout de même intéressant de découvrir différemment ces écrivains et leurs œuvres. Les articles que j’ai préférés sont ceux sur la course, et son rapport à l’écriture pour Oates, ainsi que l’interview qu’elle a donnée sur Blonde, dans laquelle elle parle de la façon dont elle voit cette œuvre. C’était enrichissant, et cela m’a encore plus donné envie de la lire !! – elle attend quand même depuis de nombreuses années sur mes étagères ! J’ai aussi aimé son tout dernier article, qui évoque la question du double, comme si l’écrivain et elle étaient deux personnes différentes, comme si elle ne se reconnaissait pas vraiment dans Joyce Carol Oates. Mais, globalement tout de même un peu déçue.

 

Donc, une non-fiction que j’ai moins aimé par rapport aux autres livres d’Oates, mais tout de même intéressant et instructif.

The Lost Landscape: A Writer’s Coming of Age de Joyce Carol Oates

Posté : 5 novembre, 2017 @ 6:19 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Mémoire The Lost Landscape

Editeur : Fourth Estate

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 353

Titre en français : Paysage Perdu, publié aux éditions Philippe Rey

Synopsis : A momentous memoir of childhood and adolescence from one of the world’s finest and most beloved writers.

In The Lost Landscape, Joyce Carol Oates vividly re-creates the early years of her life in New York State, powerfully evoking the romance of childhood and the way it colours everything that comes afterwards. From her first friendships to her first experiences with death, The Lost Landscape is an arresting account of the ways in which Oates’s life and writing were shaped by early childhood and a tough rural upbringing.

In this candid and moving recounting of her early years, Oates explores the world through the eyes of her younger self and reveals her nascent experiences of wanting to tell stories about the world and the people she meets. Oates renders her memories and emotions with exquisite precision – to transport the reader to the lost landscape of the writer’s past but also to the lost landscapes of our own earliest, and most essential, lives.

 

Avis : J’ai lu quelques romans de Joyce Carol Oates, et, comme Nonfiction November commence, je me suis dit que ce pouvait être intéressant de me tourner vers ces œuvres de non-fiction. Et je me suis aussi dit que, peut-être, cela pouvait m’aider pour le mémoire. Et puis, j’avais envie de découvrir autre chose d’elle, parce que je deviens clairement obsédée par son œuvre !

Difficile de décrire mon expérience de lecture ici ; à la fin, je me sentais vide, comme si le livre m’avait absorbée, puis recrachée. J’ai du mal à commencer, parce que je sais que je ne vais pas tout à fait rendre justice à The Lost Landscape. Mais j’ai envie de tenter. Ici, Joyce Carol Oates raconte – ou plutôt réinvente, comme elle le dit elle-même – son enfance et son adolescence à la ferme de ses grands-parents, des immigrés hongrois qui ne parlent pas, ou peu, anglais. Par la suite, elle nous parle aussi de son passage à l’université, et sa vie avec son mari ; donc, le mémoire déborde sur sa vie d’adulte. J’ai l’impression qu’avec ce livre, il est possible de découvrir de nombreux thèmes souvent présents dans les romans – que j’ai lus – de l’auteur. La violence est présente dans la vie de l’auteur dès son plus jeune âge, pas à cause des personnes avec lesquelles elle vit, mais dans la famille qu’elle n’a pas connue, son grand-père biologique, tué dans un bar ; mais aussi, à cause de son voisinage, notamment avec la famille Judd. Elle se poursuit par la suite, quand elle vit à Chicago avec son mari pendant les émeutes des années 1960 notamment ; ici arrive également le racisme, déjà présent pendant la période à l’université, côte à côte avec le sexisme – le passage de la soutenance m’a tellement exaspérée ! Mais le « thème » principal du mémoire reste l’enfance, et notamment ce que l’auteur appelle la « romance » de l’enfance : son amour pour ses parents, Fred et Carolina Oates. Grâce à eux, elle est capable d’analyser la mentalité de l’Amérique à l’époque : l’homme doit toujours être prêt au combat, il ne doit jamais reculer, doit toujours faire preuve de force, ne jamais paraître faible, et donc, ne jamais pleurer ; la femme, quant à elle, n’est pas vraiment écouter, un peu effacée, un peu à l’écart. La religion est également évoquée ici : elle donne lieu à quelques réflexions très intéressantes. D’autres sujets sont abordés : l’inceste, le suicide, l’amitié – comme je me suis reconnue dans ces passages ! –, l’amour – j’ai été touchée par la sensibilité de l’auteur quand elle parle de son mari, le fait qu’elle ne veuille pas en parler, parce qu’il n’y a pas de mots pour décrire son amour ; l’amour qu’elle porte à sa sœur est également très touchant, et tellement triste … -, la solitude - et surtout la différence entre aloneness et loneliness -, la santé ainsi que l’argent aussi, notamment quand l’auteur raconte la période de l’université : les élèves ne pouvaient pas échouer, sans quoi ils ne pouvaient pas poursuivre leurs études ; ils devaient réussir, parce qu’ils payaient l’université, et parce que l’échec n’était tout simplement pas une option. L’argent est également évoqué parce que l’auteur vivait dans un milieu relativement pauvre, très loin de l’univers de ses amies de lycée ou de fac. Ce mémoire provoque donc différents types d’émotions chez le lecteur : indignation, tristesse, joie. C’est sans doute la raison pour laquelle je me sentais vide à la fin : j’ai eu l’impression d’accompagner l’auteur tout le long du livre, d’avoir ressenti tout ce qu’elle a vécu, jusqu’à la fin. Il sera difficile de concurrencer The Lost Landscape : c’était tellement intense, tellement intéressant !

En fait, je me suis sentie en phase avec l’auteur, je me suis reconnue dans pas mal de situations, ainsi que dans pas mal de réflexions. Je ressentais la même chose qu’elle, ses idées étaient en accord avec les miennes. J’ai même eu l’impression que l’auteur était capable d’exprimer des choses que je ne savais pas dire moi-même, ce qui est un sentiment formidable pendant une lecture, comme une révélation : on se comprend grâce à l’auteur, grâce à son expérience, qui résonne avec la nôtre. C’était tout le contraire quand j’ai lu M Train de Patti Smith ; j’ai comparé mes lectures, étant donné que ce sont deux mémoires. The Lost Landscape est pour moi parfait, il me correspond, il m’apprend des choses sur moi, sur les autres, sur la société américaine de l’époque (un peu d’histoire en quelque sorte) ; je n’étais pas du tout sur la même longueur d’ondes que l’auteur de M Train, ce qui m’a profondément déçue, puisque je me souvenais encore vivement de ma lecture de Just Kids. Petit point sur l’écriture de Joyce Carol Oates : je l’adore dans les romans de l’auteur, et c’est toujours le cas dans ses non-fictions ! On retrouve plusieurs réflexions sur l’écriture de soi, parsemées dans le livre, ainsi que sur le regard de l’écrivain sur la vie. La postface explique également les choix de l’auteur concernant les noms utilisés, les passages sautés, ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas, ce qu’elle met en valeur, et ce qu’elle laisse un peu de côté. Elle explique qu’on ne peut écrire sur soi sans réinventer en partie sa vie : cela rend le livre d’autant plus authentique pour moi.  

 

Donc, un excellent mémoire, qui nous en apprend beaucoup à la fois sur l’auteur, sur la société et sur nous-mêmes. Evidemment un coup de cœur, que je relirai sans doute.

 

Mysteries of Winterthurn de Joyce Carol Oates

Posté : 22 août, 2017 @ 11:51 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : Policier, Fantastique, Contemporaine Mysteries of Winterthurn

Editeur : Arena

Année de sortie :1986 

Nombre de pages : 482

Titre en français : Les Mystères de Winterthurn

Synopsis : I am happy to present here the three favourite cases of the great 19th century detective Xavier Kilgarvan. Each is, in its way, a classic – and each at the time gained notoriety for its cruel violence and brutality. There was even talk of preternatural forces emanating from the Manor.

Now, of course, with the hindsight of nearly a century, we may think about the inhabitant of Winterthurn as superstitious and naïve, yet the contemporary reader would do well to withhold such judgement, and to reflect that our ancestors, though less informed than ourselves, were perhaps more sensitive in comprehending Evil – and to reflect upon whether or not Justice ever holds sway.

Mysteries of Winterthurn

Appropriating the contents and style of Victorian melodrama for her own ends, Joyce Carol Oates has written a tantalizing pathology of violence, murder, mutilation, fear and bigotry – and underscored it with the insight and intelligence of one of the most accomplished novelists of our times.

‘A tour de force of mischievous proportions … an accomplished piece of subversion … the subtleties of Joyce Carol Oates’s autocritical feminist perceptions will take their place alongside the out-front challenges of the feminist presses’ The Listener

 

Avis : Dernier tome de la Trilogie gothique de Joyce Carol Oates, enfin !! (ce « enfin » ne voulant pas dire que la trilogie est inintéressante, ou ennuyeuse, mais que les livres sont gros et que je suis heureuse d’être arrivée au bout !)

Mysteries of Winterthurn, bien qu’étant le plus court tome de la « série », est celui qui m’a donné le plus de fil à retordre. D’abord, j’ai l’impression qu’il m’a pris plus de temps que les deux premiers, alors qu’il comporte moins de pages ! Ensuite, il m’a semblé assez différent de Bellefleur et d’A Bloodsmoor Romance ; en tout cas, je n’ai pas eu la même sensation d’être dans le livre, avec les personnages, je suis restée assez à l’extérieur. Du coup, je n’ai pas eu ce petit pincement de cœur en achevant la lecture. Dans Mysteries of Winterthurn, ce qui change vraiment par rapport aux deux premiers volumes est le fait qu’est introduite l’intrigue policière. Le personnage que nous suivons, Xavier Kilgarvan, est un détective consultant, qui fait son possible pour démêler les mystères qui ont lieu dans la petite ville de Winterthurn dans laquelle il est né. On retrouve alors deux gros éléments présents dans toute la trilogie : la grande famille riche, aristocratique même, divisée de deux façons, adultes/enfants et branche riche/branche pauvre, et la critique de la société, ici, plus spécifiquement, de l’absence de justice, de l’incompétence du gouvernement, de la police, de l’hypocrisie et de la prédominance des préjugés dans une petite ville. Comme Xavier, j’étais révulsée par la réaction des habitants face au présumé coupable et au véritable coupable, par l’absurdité de la police et des décisions judiciaires !! Ici encore, est traité le sujet du féminisme : des femmes soumises, ou indépendantes, des femmes qui travaillent, qui se marient. J’ai trouvé que c’était un peu moins dominant que dans les tomes précédents. Mais aussi, peut-être – et même sans doute ! - en raison de la présence de l’intrigue policière, j’ai trouvé que les éléments gothiques passaient un peu au second plan. Certes, on se trouve dans une petite ville, et, dans la première enquête, dans un manoir, tout ce qu’il y a de plus lugubre. On retrouve aussi l’ambiance gothique, avec meurtres, forêts, brume, apparitions fantomatiques, situations étranges, malédiction ; mais ce n’était pas aussi prononcé que dans les volumes précédents. Je n’ai pas été aussi emportée par l’histoire. Aussi, certains éléments m’ont agacé, notamment l’histoire d’amour qui se poursuit de la première à la dernière partie !

Concernant les personnages, Xavier Kilgarvan est un personnage assez attachant, sujet à des maux de tête dévastateurs, et sans doute doté de pouvoirs qui lui permettent de résoudre les mystères qui se présentent à lui. Son but dans la vie est d’éradiquer le crime, de faire régner la justice, de mettre fin à cet ersatz de justice qui a lieu dans la petite ville dans laquelle il vit, faite de préjugés, de racisme et de rumeurs. Sensible, il est complètement subjugué par un personnage féminin que je n’apprécie pas du tout, Perdita, sa cousine, qui joue avec lui sans qu’il s’en rende compte – ou pire, il s’en rend compte, mais ne peut que lui pardonner tant il l’aime ! Cette histoire d’amour fait d’autant plus de Xavier un homme maudit, à la fois par la profession qu’il s’est choisie et par sa dépendance par rapport à une femme qui se fiche de lui. Comme toujours dans ces romans, même quand il s’agit de personnages « secondaires », Joyce Carol Oates a développé et à donner une personnalité à chacun de ses personnages. J’ai particulièrement apprécié Thérèse, même si sa dévotion et sa retenue la rendent un peu agaçante.

La fin de chaque enquête est « atypique » : [SPOILER] en effet, contrairement à la plupart des romans policiers, ici, la justice ne triomphe pas ! Soit le coupable est lavé de tout soupçon alors qu’on sait qu’il est coupable !, soit on découvre une autre affaire sous la première, soit le coupable meurt sans que justice ait été rendue. Dans tous les cas, c’est assez frustrant ! [FIN DU SPOILER] Mon enquête « préférée » – si je peux employer ce mot – est la première, car elle possède le plus d’éléments gothiques, et que sa fin m’a laissée bouche bée !

 

Donc, un très bon roman, entre policier et fantastique ; mais je préfère tout de même Bellefleur et A Bloodsmoor Romance, bien plus gothique à mon sens.

A Bloodsmoor Romance de Joyce Carol Oates

Posté : 4 août, 2017 @ 11:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : Drame, Fantastique A Bloodsmoor Romance

Editeur : Ecco

Année de sortie : 2013 [1982]

Nombre de pages : 752

Titre en français : La légende de Bloodsmoor

Synopsis : Finally returned to print, Joyce Carol Oates’s lost classic, the satirical, often surreal, and beautifully plotted Gothic romance that follows the exploits of the audacious Zinn sisters, whose nineteenth-century pursuit of adventurous lives turns a lens on contemporary American culture.

When their sister is plucked from the shores of the Bloodsmoor River by an eerie black-silk hot air balloon that sails in through a clear blue sky, the lives of the already extraordinary Zinn sisters are radically altered. The monstruous tragedy splinters the family, who must not only grapple with the mysteriosu and shameful loss of of their sister and daughter but also seek their way forward in the dawn of a new era – one that includes time machines, the spirit world, and the quest for women’s independence.

Breathlessly narrated in the Victorian style by an unnamed narrator who is herself shocked and disgusted by the Zinn sisters’ sexuality, impulsivity, and rude rejection of the mores of the time, the novel is a delicious filigree of literary conventions, « a novel of manners » in the tradition of Austen, Dickens and Alcott, which Oates turns on its head. Years ahead of its time, A Bloodsmoor Romance touches on murder and mayhem, ghosts and abductions, substance abuse and gender identity, women’s suffrage, the American sprititualist movement, and sexual aberration, as the Zinn sisters come into contact with some of the nineteenth century’s greatest characters, from Mark Twain to Oscar Wilde.

Pure Oates in its mordant wit, biting assessment of the American landscape, and virtuosic transformation of a literary genre we thought we knew, A Bloodsmoor Romance is a compelling, hilarious, and magical antiromance, a Little Women wickedly recast for the present day.

 

Avis :Encore un pavé, encore un livre parfait !

Je poursuis ma lecture des œuvres de Joyce Carol Oates pour le mémoire, même si je lis d’autres livres entre les différents tomes, histoire de ne pas lire la même chose tout le temps. A Bloodsmoor Romance est le second tome de la Trilogie gothique de l’auteur, et je dois dire que c’est une série assez spéciale. En effet, quand on voit « série », on se dit qu’on suit les mêmes personnages sur plusieurs tomes ; eh bien, pas chez Oates. Ici, on découvre des personnages complètement inédits, qui n’ont rien à voir avec la famille Bellefleur du premier tome. La seule continuité que l’on trouve : le clan familial, la réécriture gothique, et la division au sein de la famille. C’est assez troublant ; en fait, ces romans peuvent se lire complètement indépendamment les uns des autres, et je pense que le troisième tome n’est pas une exception puisque le sujet est carrément complètement différent des deux premiers tomes !

Comme le premier, ce tome m’a donné un peu de fil à retordre : le livre est gros, long, et possède, plus que Bellefleur, des périodes de creux. En effet, comme dans le volume précédent, l’auteur développe absolument tous ses personnages, ce qui rend le livre complexe et dense, mais ce qui donne aussi des passages un peu longs, soit parce qu’on n’apprécie pas ce personnage, soit parce qu’on veut passer directement à l’action dans le présent – parce que les histoires des personnages sont souvent des flashbacks, ou des explications a posteriori. Bien sûr, j’adore le fait que le lecteur se voit offrir l’opportunité de découvrir la vie de tous ; c’est, pour moi, un des gros points forts des œuvres de l’auteur. Mais, certains personnages m’intéressant moins, j’ai eu des petits moments creux pendant la lecture. Cela ne la gâche pourtant absolument pas !! En effet, A Bloodsmoor Romance, comme Bellefleur, est le genre de livres dans lequel je me sens bien, chez moi, comme Bleak House, ou The BFG – rien à voir !! C’est assez étrange, étant donné le nombre d’événements affreux qui arrivent, mais je veux dire que j’adore les livres qui suivent des familles à travers plusieurs générations, et dans lesquels il se passe des choses intéressantes. Aussi, j’ai adoré le fait que le narrateur est un personnage lié à la famille Kiddemaster/Zinn ; problème : on ne sait pas qui c’est !! C’est une femme, c’est sûr, mais laquelle ? Selon les indices qu’elle nous donne, je pense qu’il y a moyen de découvrir son identité. Elle fait souvent des commentaires sur ce qu’elle raconte, surtout sur la religion et la morale douteuse des sœurs Zinn. Et j’en viens à ce qui m’a particulièrement agacée dans ce livre – mais c’est fait exprès ici, bien sûr – : la misogynie constante de l’époque (environ 1850-1899), la façon dont la femme est traitée, et la façon dont elle se laisse faire ! Rah, le nombre de fois où je me suis énervée toute seule contre une phrase ou un personnage !! Déjà, la narratrice est le genre de femmes convaincues qu’elle doit être soumise à l’homme et à Dieu ; donc, elle ne cesse de « réprimander » les Zinn pour ce qu’elles font. Etant donné que le roman est une sorte de réécriture de Little Women de Louisa May Alcott, avec un petit mélange de Jane Austen et de Charles Dickens, je comprends bien que la narratrice, pour être un personnage féminin « réaliste » de l’époque, doit être comme ça ; mais c’est tellement énervant !! Bien sûr, comme Joyce Carol Oates est plutôt une auteur féministe, et qu’elle dénonce la condition féminine, on se retrouve avec plusieurs femmes rebelles dans ce livre : certaines sont « domptées » – ce qui m’a agacée aussi ! – et d’autres campent sur leurs positions. Le lecteur se retrouve donc avec des femmes qui sont offertes en mariage, comme de la viande à un animal, et qui n’ont, bien sûr, pas leur mot à dire, que ce soit sur le mari, ou sur le traitement qu’elles se voient offrir une fois mariées. J’ai adoré la rébellion de certaines femmes ! Ce thème de la condition féminine entraîne de nombreuses réflexions, notamment, donc, sur le mariage ; sur l’identité sexuelle aussi, puisque l’homosexualité est vue comme contre-nature à l’époque ; sur les droits des femmes, notamment à la fin ; sur leur sexualité – en fait, elles ne savent absolument rien de leur corps et de celui des hommes, elles ne savent pas comment on fait des enfants, elles ne savent pas ce qui se passent pendant « l’acte de l’union », elles ne savent RIEN ! – ; sur leur liberté, inexistante si elles veulent être des dames de la bonne société. A partir du moment où une femme veut faire quelque chose de sa vie, excepté avoir des enfants et contenter son mari, elle est immorale, et rejetée par la société – ou, en tout cas, par la « bonne » société, et par sa famille, évidemment ! J’ai adoré l’introduction, dans ce livre, du spiritualisme, avec les médiums, les fantômes, les esprits, et des séances assez effrayantes ! J’ai remarqué aussi qu’il y avait toujours un animal de compagnie particulier dans les deux romans – ici, un singe ! Bien sûr, comme c’est une réécriture de roman gothique, on retrouve beaucoup de thèmes qui appartiennent au genre : esprits, fantômes, malédiction, événements inexplicables, enlèvements, influence démoniaque, religion, ambiance lugubre, morts suspectes ou sanglantes, ou atroces. S’y ajoutent critique de la société, racisme – encore une scène de lynchage ici -, lutte de classes, division de la famille. En effet, exactement comme dans Bellefleur, la famille finit par se diviser en deux parties : les adultes d’un côté, dignes, qui portent le nom Kiddemaster ou Zinn avec fierté, et qui tentent d’en faire un nom irréprochable ; et les enfants, qui veulent voler de leurs propres ailes et se fichent de devoir faire honneur à leur nom ! Évidemment, l’écriture est toujours aussi excellente, même si l’auteur fait toujours des parenthèses gigantesques – je pense m’y être habituée, je l’ai moins remarqué que dans Bellefleur. Moins d’émotion par rapport au premier tome, mais elle est toujours présente quand même !

Concernant les personnages, comme je l’ai dit, Oates les développe tous à un moment donné, ce que je trouve génial, et ce qui rend le livre complexe et dense. Ils sont très nombreux, et ont tous une personnalité bien à eux. Je commence par Deirdre. Orpheline, elle a été adoptée par les Zinn, mais ne s’intègre pas dans la famille. C’est alors, encore une fois, qu’on se rend compte qu’il y a toujours plusieurs versions à une histoire, puisque cette non-intégration est vue du point de vue des sœurs Zinn, puis, de celui de Deirdre, et on comprend qu’elle n’ait pas réussi à se faire une place !! Deirdre est sans doute ma préférée. Mélancolique, elle est l’héroïne gothique par excellence, mais pas du genre naïve qui se laisse abuser par un homme, ou qui succombe au charme d’un séducteur qui en fait est un vampire. Tourmentée depuis l’enfance, elle a un lien avec le monde des esprits. Solitaire, elle n’a pas une vie facile, et le lecteur se rend vite compte qu’elle n’est pas comme les autres femmes : elle n’est pas attirée par la réputation ou par la société. Elle suit simplement son destin, ou ce qu’elle pense être son destin. Ses quatre demi-sœurs sont très différentes les unes des autres : Constance Philippa, l’aînée, très grande, déviante dans le sens où elle n’aime pas les mêmes choses que les autres filles, un peu rebelle dans l’âme, Octavia, très croyante, dévouée à tout le monde, sauf à elle-même, généreuse, une sainte, un ange, toujours là pour tout le monde, très sensible, la seule fille Zinn qui soit conforme à l’idée que sa famille se fait d’une bonne fille, Malvinia, celle que j’ai moins appréciée, cruelle, artificielle, séductrice, manipulatrice, méchante, égoïste, elle ne peut qu’à elle-même et veut toujours se mettre en avant, Samantha, intellectuelle, qui se fiche des bals et des « trucs de filles », qui ne pense qu’à son travail d’assistante auprès de son père, dans son atelier, ma préférée des sœurs, parce que celle à laquelle j’arrivais le plus à m’identifier. Le père, John Quincy Zinn, est inventeur, et je dois dire que mon avis sur lui a beaucoup évolué au fil du livre. Ses filles l’adorent, sa belle-famille le méprise ; j’ai commencé par l’apprécier, puis son comportement m’a exaspéré. Il se fiche de la vie autour de lui, il ne pense qu’à ses inventions, et néglige complètement sa vie de famille. L’auteur nous le présente comme l’inventeur d’un tas de choses qui existent encore aujourd’hui, dont une qui me l’a fait détester un petit moment ! Sa femme, Prudence, est assez difficile à cerner finalement. On la découvre jeune fille, et on ne comprend pas comme elle a fait pour devenir telle qu’elle est dans le présent, comme si le mariage l’avait transformée en une femme qu’elle n’est pas. D’autres personnages se trouvent dans le livre, comme Edwina, ou l’incarnation des préjugés [SPOILER] une femme que tout le monde méjuge en fait, ce qui est révélé à la fin !! [FIN DU SPOILER], Godfrey Kiddemaster, le père de Prudence, assez revêche, et persuadé qu’une malédiction poursuit sa famille, petit Godfrey, sur lequel j’ai une théorie [SPOILER] Je suis sûre que c’est lui qui a tué sa petite sœur, comme je suis sûre que, ce qu’il fait, il le fait exprès, que ce ne sont pas des incidents, que ce n’est pas du tout un petit ange innocent, et que, s’il n’était pas mort, il aurait fini par tuer aussi son petit frère !! D’ailleurs, pour l’épisode du puits, je suis sûre qu’il a voulu tuer Pip intentionnellement !! Donc, une petite peinture de la cruauté enfantine, en plus de celle de Malvinia ! [FIN DU SPOILER]

La fin … Joyce Carol Oates a un don pour écrire des fins qui laissent le lecteur bouche bée. C’est explosif : un énorme secret est révélé, auquel je ne m’attendais pas – contrairement à la majorité des événements qui arrivent au cours du livre, et auxquels je m’attendais, bizarrement -, et qui concerne quelqu’un que l’on ne soupçonne pas ! En refermant le livre, comme pour Bellefleur, j’ai eu envie d’y retourner, de retrouver les personnages, de vivre encore un peu avec eux. De plus, une question reste en suspens, comme dans le premier tome, à savoir, la vie après ce qui est arrivé à la fin ! 

 

Donc, un excellent livre, encore une fois, bourré d’éléments gothiques, qui suit une famille dans sa descente aux enfers !

12
 

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