Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Le Fait du prince d’Amélie Nothomb

Posté : 19 juin, 2014 @ 7:21 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le Fait du princeGenre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 144

Synopsis : Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.

 

Avis :J’aime beaucoup les quelques livres que j’ai déjà lus d’Amélie Nothomb. L’étrangeté de certains m’a plu et j’aime leur ambiance, bien qu’elle soit parfois pesante. Le Fait du prince est le premier qui m’a intriguée, d’abord de par sa couverture : je la trouve vraiment belle et énigmatique (mais j’avoue, après lecture, ne pas vraiment avoir trouvé le lien avec l’histoire).

Comme presque toujours, chez Amélie Nothomb, le synopsis ne nous apporte presque (et même aucune !) information sur l’intrigue du livre. L’on peut juste penser qu’il sera question de champagne, et sans doute de luxe. Mais rien ne peut nous préparer à l’histoire imaginée par l’auteure. Elle m’a semblé étrange, un peu surréaliste et complètement loufoque, mais j’ai quand même accroché. C’est vrai que nous aussi, parfois, nous aimerions faire comme le personnage principal. Mais l’on n’ose jamais, on se dit que c’est impossible, et puis, on laisserait toutes nos attaches derrière nous : lui n’en a pas, et peut faire ce qu’il veut. Je ne pense pas que je pourrais vraiment vivre comme cela. Et, il faut se poser certaines questions : comment les autres peuvent-ils ne se rendre compte de rien ? Comment la jeune femme peut-elle laisser faire cela ? Et pourquoi personne ne réagit ? L’histoire peut donc paraître incohérente, au moins inconcevable, mais elle peut aussi faire rêver, et imaginer la vie autrement. J’ai retrouvé le style de l’auteure, style que j’adore, mais la poésie qui le caractérise n’était pas très présente, comparé aux autres livres que j’ai pu lire. D’habitude, je relève des tas de citations ; beaucoup moins cette fois. Le sujet n’y prêtait peut-être pas. De ce fait, il ne fait pas partie de mes livres préférés de cette auteure : par exemple, je ne le trouve pas à la hauteur de Journal d’Hirondelle ou Stupeur et tremblements. Mais c’était tout de même une lecture agréable.

Les personnages sont assez énigmatiques, si je puis dire. Le « héros » du livre est un homme, que l’on suit puisque l’œuvre est écrite à la première personne. On se pose les mêmes questions que lui, questions qui, d’ailleurs, restent souvent sans réponse. Il ne sait absolument pas ce qu’il doit faire et se laisse aller à vivre une vie d’oisiveté, ponctuée de champagne et de conversations de sourds avec une jeune femme qu’il ne connaît pas. Ce personnage peut être un anti-héros : il n’agit pas, ne fait rien, s’enlise dans la paresse et son peignoir éponge, et il savoure cette vie dont, apparemment, il n’a jamais osé rêver. Le personnage féminin, quant à elle, est très mystérieux. On ne sait pratiquement rien d’elle, pas même son prénom. Elle passe ses journées à faire des choses que l’on devine plus qu’elle ne les révèle au héros, et elle semble mener une vie très particulière. Cela ne la dérange pas qu’un inconnu loge chez elle, ni que son mari ne soit pas rentré depuis une semaine. Elle ne s’inquiète de rien, et préfère boire du champagne en compagnie d’un homme qui, apparemment, s’intéresse à elle, ce que personne n’a jamais fait. Décrite par le héros, elle semble parfaite, mais garde tout son mystère, malgré les questions que l’on peut se poser sur elle. Les autres personnages sont très effacés, on ne sait pas grand-chose d’eux. Ils ne sont pas creusés, et seuls les personnages principaux ont une véritable identité (ironie !) dans le livre.

La fin est très frustrante, dans la mesure où elle ne nous fournit aucune réponse ! On peut dire que les personnages font ce qui est le mieux pour eux (qu’est-ce qu’ils pouvaient faire d’autre ?), mais tant de questions restent en suspens ! Cela m’a tout de même moins dérangée que dans certains autres livres, où les questions et leurs réponses semblaient essentielles.

 

En définitive, un livre étrange, complètement loufoque et irréaliste, qui peut faire rêver mais, surtout, qui nous fait passer un bon petit moment, même s’il ne fait pas partie de mes préférés. 

Métaphysique des tubes de Amélie Nothomb

Posté : 18 août, 2013 @ 9:15 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Métaphysique des tubes de Amélie Nothomb dans Avis littéraires couv66127896-185x300Genre : Autobiographie, Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 157

Synopsis : Parce qu’elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles – déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l’ont surnommée la Plante. L’intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c’est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n’est pas éternelle, même au pays du Soleil levant … Avec cette « autobiographie de zéro à trois ans », Amélie Nothomb nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais.

 

Avis : J’ai déjà lu des Amélie Nothomb et les ai toujours trouvés supers, même si spéciaux. Ce livre est la troisième autobiographie de l’auteure que je lis.

Le début est assez étrange, il faut plusieurs pages pour comprendre de quoi l’on parle si on ne lit pas le synopsis avant. Ici, pas de ton enfantin ni de langage d’enfant (excepté pour l’apouarium). C’est l’auteure adulte qui nous raconte son histoire à la première personne, mais au passé. Elle ne cherche pas à nous la raconter comme si c’était l’enfant qui parlait, mais bien comme un témoignage, pour nous montrer comment était son enfance.

J’ai été impressionnée par les détails (nombreux et très précis !) et la mémoire de l’auteure. On peut se demander si ce n’est pas enjolivé (elle en parle à un moment, en disant qu’elle n’a aucun moyen de prouver qu’elle parle de quelque chose de réel). Mais j’ai fait le choix de croire en ce qu’elle racontait et je ne le regrette pas.

Ce livre nous donne un florilège de sentiments. Tout d’abord, de l’indignation envers les parents de la petite, mais également envers l’attitude des Japonais. Même si c’est leur façon de vivre, je dois avouer que j’ai été choquée ! Ensuite, un sentiment d’étrangeté par rapport au bébé qui parle comme un adulte et qui sait déjà tant de choses à deux ans et demi ! Elle parvient à cacher à ses parents qu’elle sait parler ! De la tristesse pour la Plante, un bébé qui ne réagit pas, qui ne vit pas … Et enfin, de l’émerveillement pour le Japon, un pays magnifique où j’adorerais aller ! Tout le long du livre, on partage les sentiments du bébé et de l’auteure une fois adulte.

La dernière phrase est assez étrange : elle sous-entend que la vie de l’auteure se résume à cette période de sa vie, que le reste ne compte pas, ne vaut rien. On pourrait penser que cette époque l’a tellement marqué qu’elle la représente toute entière sans qu’il n’y ai rien à ajouter.

 

Finalement, un livre un peu étrange, mais intriguant, comme tous les livres de cette auteure. C’est un plaisir de lire ses œuvres ! Je les lirai avec plaisir.  

Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb

Posté : 15 janvier, 2013 @ 8:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Ni d'Eve ni d'Adam d'Amélie Nothomb dans Avis littéraires couv26752747-183x300Genre : Contemporaine, Autobiographie

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 183

Synopsis :  Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Eve ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier.

 

Avis : Comme d’habitude, c’est un style particulier que j’adore. Stupeur et tremblements m’avait ravi : je suis autant charmée par Ni d’Eve ni d’Adam.

C’est une façon différente de découvrir le Japon, comparé au précédent « volet » : c’est toujours culturel mais on découvre aussi un peu de littérature avec Mishima et Takeshi, les paysages avec le Mont Fuji, et, cette fois encore, différentes traditions et habitudes des Japonais comme pour le passage sur les enfants de cinq ans ou sur les amoureux. J’ai adoré le passage du Mont Fuji, cela m’a encore plus donné envie de voyager et de découvrir ce pays.

A nouveau, on peut facilement s’identifier à l’auteure. Elle nous montre une vie que nous pourrions avoir, une personnalité particulière. Elle n’est pas bourgeoise, hors d’atteinte, comme certains écrivains le sont peut-être. Elle ne cherche pas à se montrer supérieure à ses lecteurs. Cette proximité nous la rend sympathique, de même que son humour. A plusieurs reprises, je me suis mise à rire en m’imaginant les situations, les expressions de visages, le ton, quand Rinri parle français par exemple.

L’histoire d’amour que nous raconte l’auteure est vraiment à part, ce n’est pas une romance comme toutes les autres. C’était réellement une belle histoire, que tous aimeraient vivre je pense. Les deux amoureux sont vraiment complices, il n’y a aucune méchanceté, aucune violence, juste de l’amour, de la tendresse. J’ai trouvé cela touchant.

Les quelques pages avant la fin étaient assez tristes. L’amour de l’un entrave la liberté de l’autre. Je comprends un peu l’auteure avec sa peur de l’engagement, même si je ne partage pas son avis. J’ai trouvé assez amusante la métaphore qu’elle utilise pour décrire les gens qui veulent rester libres.

La fin est touchante. C’est une belle histoire d’amour qui se finit de façon originale, comme elle l’a été tout le long de l’œuvre. La réaction de l’auteure et son explication est émouvante.

Beaucoup écrivent et aimeraient un jour, dans leurs rêves les plus fous, être publié. L’expérience de l’auteure redonne de l’espoir et nourrit ce rêve.

 

J’ai passé un très bon moment. Chaque nouveau livre d’Amélie Nothomb est une excellente découverte.

Journal d’Hirondelle d’Amélie Nothomb

Posté : 14 janvier, 2013 @ 8:06 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Journal d'Hirondelle d'Amélie Nothomb dans Avis littéraires couv24768019-181x300Genre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 92

Synopsis : C’est une histoire d’amour dont les épisodes ont été mélangés par un fou.

 

Avis : Je trouve vraiment qu’Amélie Nothomb a une plume spéciale. Elle réussit toujours à m’emporter dans ses histoires et, à chaque fois, c’est un succès ! J’aime beaucoup sa façon de commencer ses livres : on entre directement dans l’action, sans présentation de personnages (on ne connait même pas le nom du « héros » !) et sans lenteurs.

Le titre du roman m’a intrigué. Je me suis tout de suite demandé ce qui allait arriver au personnage principal. En réalité, c’était impossible de le deviner et je trouve cela assez ingénieux. Quand on lit Amélie Nothomb, on ne sait pas de quoi le livre va parler, qu’est ce qu’il va s’y passer. Et ici, le synopsis ne nous aide vraiment pas ! Un livre de cette auteure est toujours une surprise et j’aime beaucoup ça !

L’étrangeté de l’histoire ne m’a pas choqué, même si le personnage principal est très porté sur le sexe. Il faut une bonne imagination pour se mettre à la place de personnes dans son genre. Il n’est pas évident de raisonner comme un tueur pervers, qui aime vraiment ça et qui y prend vraiment du plaisir ! Malgré le personnage, on retrouve un peu de l’auteure, lorsqu’elle parle du journal et de l’histoire d’amour qui suit : ses métaphores, sa poésie … 

J’ai adoré l’idée qu’il tombe amoureux d’une fille qu’il n’a vu qu’une seule fois : le jour où il l’a tué. A travers son étrange amour, on s’attache à la jeune fille sans la connaitre, et on regrette sa mort comme lui la regrette. C’est très romantique puisqu’elle semble continuer à vivre à travers lui, elle le hante en ne l’ayant regardé dans les yeux qu’une seule fois : c’est elle qui, par sa mort, lui permet de revivre.

L’idée de l’hirondelle est très poétique et très romantique. Donner un nom à quelqu’un que l’on aime et que l’on ne connait pas, je trouve ça vraiment touchant. Il n’y a vraiment qu’Amélie Nothomb pour faire d’un tueur pervers un romantique !

J’ai trouvé la fin très frustrante : pourquoi les Russes recherchaient le journal ? Qu’y avait-il de particulier dedans ? J’aurais aimé avoir quelques réponses supplémentaires.


En définitive, un roman différent de ceux que j’ai lu de la même auteure pour le moment, mais qui est aussi excellent. L’un de mes livres préférés ! 

Antéchrista d’Amélie Nothomb

Posté : 1 janvier, 2013 @ 10:56 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Antéchrista d'Amélie Nothomb  dans Avis littéraires couv33159011-192x300Genre : Contemporaine

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2003

Nombre de pages : 160

Synopsis : « J’avais seize ans. Je ne possédais rien, ni biens matériels, ni confort spirituel. Je n’avais pas d’ami, pas d’amour, je n’avais rien vécu. Je n’avais pas d’idée, je n’étais pas sûre d’avoir une âme. Mon corps, c’était tout ce que j’avais. »

 

Avis : Ce deuxième livre d’Amélie Nothomb m’a, comme le premier, été conseillé. Je n’étais pas convaincue par le synopsis : j’avais eu des échos de livres qui traitaient de ce sujet : certains les jugeaient difficiles à lire car trop cruels. Il est vrai que le début dans la chambre ne présage rien de bon. Cette scène m’a un peu mise mal à l’aise. Je me suis mise à la place de Blanche, dans cette situation, et je me suis dit que jamais je n’aurais réagi comme ça. En réalité, il est assez dur de se mettre dans la peau de la jeune fille, parce que beaucoup n’ont jamais éprouvé ce qu’elle ressent, et n’ont jamais vécu ce qu’elle a vécu, à savoir sa solitude absolue. Les sentiments qu’elle a par la suite, tous les auraient sûrement eu, mais ses premières réactions sont celles de quelqu’un de trop isolé. Personnellement, je ne pense pas que j’aurais agi comme elle. Elle ne se défend jamais : il y a très peu de personnes qui réagirait de cette façon.

Malgré cette difficulté d’identification, on compatit facilement aux problèmes de Blanche et on déteste Christa, qui porte très bien son surnom d’Antéchrista. Il est intéressant de découvrir deux facettes aussi différentes chez une personne jugée charismatique ; c’est presque de la schizophrénie tellement elle ment bien et tellement elle va loin dans ses mensonges. Concernant Blanche : elle correspond au stéréotype de l’adolescente tourmentée, qui n’a jamais connu l’amour dans aucun domaine et cherche son identité. Christa ne peut l’approcher que parce qu’elle est malheureuse. Le pire dans tout ça, c’est qu’il existe effectivement des gens comme elle, trop seule et trop facilement manipulable, la victime parfaite, ainsi que des gens comme Christa, d’apparence trop bonne et finalement de vraies pestes manipulatrices, qui savent tourner toutes les situations à leur avantage et se faire aimer de tous malgré leur véritable nature.

J’aime beaucoup les débuts d’Amélie Nothomb : on entre tout de suite dans l’histoire, le livre n’a aucune longueur, il n’y a pas d’attente pour plonger dans le monde imaginé par l’auteur. Dans certains autres livres, il faut parfois attendre une centaine de pages pour que l’action commence ! Les situations in medias res sont beaucoup mieux. Il est vrai que parfois, on a du mal parce qu’on ne connait pas les personnages (on apprend le nom de famille de l’héroïne bien après le début !), ni les lieux, ni ce qu’il s’est passé avant, mais, grâce à cela, je trouve que l’on se plonge plus facilement dans l’histoire et que, finalement, les informations que l’on n’a pas ne sont pas si importantes que ça. Bien sûr, tout cela n’est vrai qu’avec certains livres comme celui-ci ; ce début ne convient pas à tous les types d’histoires.

Je trouve vraiment la fin tragique. C’est vraiment horrible d’être à ce point influencé par quelqu’un malgré soi. En fin de compte, Christa gagne quand même … Cette fin me donne envie d’imaginer la suite. Je me demande si Blanche a réussi à s’en sortir, ou si elle a repris contact avec Christa. A bien y réfléchir, cette fin est assez frustrante !


Un très bon deuxième livre. Je prendrais sans doute plaisir à lire les suivants.

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