Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

La nostalgie heureuse de Amélie Nothomb

Posté : 22 août, 2015 @ 2:56 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

La nostalgie heureuseGenre : Contemporaine, Autobiographie

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Tout ce que l’on aime devient une fiction. »

 

Avis : J’ai acheté ce livre le jour de la séance de dédicace d’Amélie Nothomb pour Pétronille, que j’ai acheté en même temps. Je trouve que cette couverture est la plus belle de toutes celles qui sont déjà sorties auparavant. Il s’en dégage une espèce de sérénité, et une beauté que je ne sais pas décrire.

Cela faisait longtemps que j’avais lu Amélie Nothomb, mais je n’avais pas oublié son écriture. Je l’aime toujours autant ! A la fois poétique, sérieuse et pleine d’humour, elle est un mélange que l’on ne rencontre pas partout, authentique et sincère. Ses mots nous font quelque chose, nous touchent ou nous indignent, dans tous les cas, ne nous laissent pas indifférents. J’ai ri parfois de la spontanéité de l’auteure face à une situation ou à une personne ! Cette autobiographie raconte le retour de l’auteure au Japon à l’occasion d’un documentaire à propos de son enfance dans ce pays, un endroit qui lui est très cher, et qu’elle n’avait pas revu depuis seize ans. Les réalisateurs en font un parcours de mémoire, initiatique ; ce parcours va provoquer chez l’auteure une nostalgie qu’elle a ressentie dès qu’elle a quitté le pays, à cinq ans, en repensant à ses souvenirs. Toute une réflexion s’installe alors dans le texte sur la mémoire, les retrouvailles, les souvenirs, la nostalgie, et la façon dont elle est appréhendée en Occident et au Japon. Clairement, Amélie Nothomb ne se sent pas Occidentale dans ce livre, mais Japonaise. Elle retrouve les lieux de son enfance transformés, et cela la blesse profondément. Dès qu’elle reconnaît quelque chose, elle semble émue comme une enfant, et les autres ne la comprennent pas, parce qu’ils ne voient rien d’exceptionnel dans ce qu’elle a retrouvé. Je me suis sentie proche d’elle à ce moment-là, parce que, souvent, quand on retrouve des petites choses liées à notre enfance, ou un détail dans un lieu qui a complètement changé, les autres ne comprennent pas l’importance de cette preuve que le passé a bien existé : ils n’y voient rien, quand, pour nous, cela signifie beaucoup. De plus, j’ai trouvé que la modestie et la simplicité d’Amélie Nothomb étaient très visibles dans ce livre. Elle est certaine que le documentaire n’aura pas lieu parce qu’il est sans importance pour France 5 ; elle est aussi horrifiée quand elle se présente comme « un écrivain célèbre ». J’ai eu l’impression qu’elle voulait juste être Amélie. 

On découvre de nouveaux aspects de la culture nippone : l’excentricité des jeunes, la force de résilience des Japonais (que l’on avait déjà vu dans Ni d’Eve ni d’Adam), ce qui a changé depuis Fukushima. L’auteure nous parle de l’explosion de la centrale à plusieurs reprises et se rend même sur les lieux. Elle évoque également le tremblement de terre de Kobé, où elle se rend pour retrouver Nishio-San. A nouveau, quelques mots japonais nous sont expliqués, et l’on comprend le titre du livre. La richesse de la langue est impressionnante, ainsi que ses nuances. Concernant la façon de raconter, j’ai trouvé que cette autobiographie était presque aussi spéciale que Métaphysique des tubes, même si ce n’était pas vraiment la même narration. L’auteure est entourée de caméras et ne peut pas laisser voir sa vie intérieure comme elle le veut ; mais au fond d’elle-même, elle est différente de ce qu’elle montre. Elle panique, ou se replie sur elle-même, elle se plonge dans son âme, où personne ne peut venir la chercher. A un moment, elle parle de vide : elle se sent vide, et je me suis rendue compte qu’à la fin de ma lecture, j’éprouvais la même sensation. C’était assez déroutant : j’étais sceptique et toute retournée à la fois. Cette lecture était comme un moment hors du temps et de l’espace, quelque part dans le vide, au milieu du silence.

En ce qui concerne les autres « personnages », si je peux les appeler de cette façon, j’ai été très contente de retrouver Rinri dans ce livre. Il est toujours aussi sympathique, et il m’a encore fait rire par sa gaucherie en français, et son comportement si différent du nôtre. Il semble vraiment être comme le décrit l’auteure : le plus gentil garçon du monde. Les réalisateurs sont présents pendant tout le livre, et dirigent le périple d’Amélie Nothomb dans son Japon natal. Je ne sais que dire sur eux. Ils sont présents et assistent aux retrouvailles sans interférer, juste en braquant leur caméra pour capturer le moment qui passe. La traductrice japonaise de l’auteure m’a fait sourire : elle a l’air très libre, et ne mâche pas ses mots, même face à un éditeur japonais qui tente de critiquer Stupeur et tremblements. Nishio-san est un « personnage » que j’avais apprécié en lisant Métaphysique des tubes, et je l’apprécie d’autant plus après ce livre. Elle aime Amélie comme sa fille, cela est visible, et l’amour que se vouent les deux femmes est palpable. Le passage de leurs retrouvailles est beau, émouvant, et leur séparation donne un petit pincement au cœur du lecteur. On se demande à ce moment-là si elles se reverront un jour.

La fin est un peu triste : fini le Japon, retour à Paris ! L’auteure montre bien ce que l’on ressent quand l’on rentre chez soi, surtout lorsque c’est à Paris, dans une ville qui finit par vous ronger. La nostalgie est toujours là, et le sera toujours, et elle invite sans doute à l’écriture.

En définitive, un très bon Amélie Nothomb, même s’il ne fait pas partie de mes préférés. Un très bon moment de lecture suspendu, qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans un univers à la fois poétique et drôle.

Hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb

Posté : 29 janvier, 2015 @ 10:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Hygiène de l'assassin Genre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 222

Synopsis : Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain, que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci. Dans ce premier roman d’une extraordinaire intensité, Amélie Nothomb manie la cruauté, le cynisme et l’ambiguïté avec un talent accompli.

 

Avis : Cela fait longtemps que je veux lire ce livre, et j’avais vraiment besoin d’une pause après ma dernière lecture : Cosmos, qui m’a vraiment laissé une très mauvaise impression, et une envie irrésistible de lire un livre que j’aimerais vraiment. Et, bien que j’aie un peu peur parfois avec les romans d’Amélie Nothomb, je sais qu’ils sont toujours exceptionnels et surprenants ! La couverture est assez mystérieuse, comme son titre : les deux prennent tout leur sens à un moment donné !

L’idée d’un livre construit exclusivement sur un dialogue m’a vraiment intrigué et donné envie de découvrir Hygiène de l’assassin. Et je peux dire que je n’ai pas été déçue ! L’histoire est simple : un écrivain à succès, prix Nobel de littérature, va bientôt mourir d’une maladie au nom imprononçable, la maladie d’Elzenveiverplatz. Pour cette raison, des tas de journalistes tentent d’obtenir une interview de ce génie condamné. Ainsi, le livre est composé de cinq parties pour les cinq entrevues que Prétextat Tach va accorder à cinq personnes. Les quatre premières sont assez courtes comparées à la dernière, puisque celle-ci fait plus de la moitié du livre. Je me suis beaucoup amusée à lire les premières : j’ai beaucoup ri aux réponses spontanées de l’écrivain, réponses qui montrent la stupidité des journalistes, qui posent tous des questions que Prétextat Tach tourne en dérision. La cruauté et l’ironie de ses réponses m’ont tellement surprise, je ne m’y attendais tellement pas, que j’ai parfois éclaté de rire (et je suis un peu passée pour une folle quand des gens m’entendaient …). Ce livre a été écrit très intelligemment. Et comme pour tous les livres d’Amélie Nothomb, j’ai adoré cette écriture. A la fois poétique, drôle, acerbe, cruelle. J’y ai un peu retrouvé Journal d’Hirondelle, mon livre préféré de l’auteure, à la fois pour la « poésie » et pour l’histoire de Prétextat. C’est un autre genre tout de même ! La dernière interview m’a moins fait rire, mais elle était plus profonde. Tout se dénoue à cet endroit. On découvre le cœur de l’histoire, surtout celui de celle de Prétextat Tach. En fait, ce livre est un de mes préférés de l’auteure, au même titre que Stupeur et tremblements, Ni d’Eve ni d’Adam, un peu moins de Journal d’Hirondelle, qui dépasse tout !

Concernant les personnages, j’ai à la fois apprécié et détesté Prétextat Tach. Apprécié parce qu’il m’a fait rire. Détesté parce qu’il est franchement détestable : misogyne, raciste, pédant, arrogant, imbu de lui-même et j’en passe. Il pense que ce qu’il dit est parole d’évangile, que personne peut ne pas être d’accord avec lui. Il est cruel, et fait plier tous ceux qui croisent son chemin. Je n’ai pas trop réussi à l’imaginer physiquement : il a l’air assez affreux, vu comment il est décrit et comment il se décrit lui-même. Quant aux quatre premiers journalistes, ils sont aussi bêtes les uns que les autres. Ils se font avoir comme des bleus par l’intelligence de l’écrivain qui les balade comme jamais ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas ri d’aussi bon cœur ! Enfin, j’ai apprécié la dernière journaliste, le dernier personnage présent dans le livre. Il est facile de s’identifier à elle parce qu’il est fort probable qu’on pense à peu près comme elle, si pas complètement comme elle ! Elle veut simplement démasquer le grand écrivain, découvrir ce qu’il cache depuis plus de soixante ans. Et je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à cette histoire. La première partie du livre nous met un peu sur une mauvaise piste ; on ne s’attend pas à ce que la deuxième partie va nous offrir, ce qui rend le livre d’autant plus surprenant et intelligent. Après avoir détendu le lecteur, l’auteure lui présente une histoire qui le happe, qui le fascine et le révulse à la fois. Et c’est aussi ce que j’adore chez Amélie Nothomb !

Ce livre m’a aussi fait réfléchir sur la lecture et, notamment celle des auteurs à succès. Prétextat Tach donne une définition effrayante du lecteur, et je me suis posée la question de savoir si je ressemblais à cela, ou si j’étais de l’autre genre, si rare selon lui. Puis, je me suis rendue compte que je faisais tout pour lire attentivement, et même vivre mes livres. Et je ne pense pas que la lecture puisse être catégorisée de cette façon, aussi radicalement. Chacun a sa manière de lire, et il me semble que le texte peut vivre seul : il échappe à son auteur une fois qu’il est publié, c’est la raison pour laquelle il peut parfois être très mal interprété … De plus, quand un auteur à succès sort un livre, celui-ci est forcément génial. On ne remet pas en cause la valeur de ce qu’il écrit, c’est forcément bon. Ce livre semble dire qu’il faudrait parfois remettre en cause ce qui est dit. Ce qui est écrit n’est pas forcément bon parce qu’il porte le nom d’un auteur célèbre. C’est le texte qu’il faut juger, pas l’auteur. En tout cas, c’est ce à quoi ce livre m’a fait penser …

Quant à la fin, elle est assez surprenante ! Je m’attendais à ce qui est révélé, avec toutes les allusions successives (c’est tout de même assez choquant), mais je ne m’attendais pas du tout à l’action finale ! C’était très bien imaginé, et assez logique en fin de compte.

 

En définitive, un excellent livre, à l’histoire simple, mais très intelligent et bourré d’humour, et à l’écriture à la fois cruelle et poétique, ironique et cruelle. Une de mes œuvres préférées d’Amélie Nothomb !

Le voyage d’hiver de Amélie Nothomb

Posté : 30 août, 2014 @ 1:21 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le voyage d'hiverGenre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 118

Synopsis : Il n’y a pas d’échec amoureux. Zoïle est tombé éperdument amoureux de la douce Astrolabe, mais la jeune femme consacre tout son temps à Aliénor, une romancière géniale quoique légèrement attardée. Par dépit, il décide de détourner un avion et de l’envoyer percuter la tour Eiffel. A moins que …

 

Avis : Les dernières livres que j’ai lus de cette auteure ne m’ont pas vraiment séduite. Le titre de celui-ci m’a semblé très poétique, je me suis dit que j’allais tenter. Le synopsis m’a intrigué.

C’est encore une fois une histoire assez spéciale. Rien que les prénoms le sont (je n’avais jamais entendu parler de Zoïle avant de lire ce livre, et je voyais l’astrolabe comme un instrument en astronomie …). C’est toujours intéressant d’apprendre d’où viennent les prénoms (je serais moins bête quand j’irais me coucher ce soir). L’amour tient une place importante ici, c’est même le centre de cette histoire, mais on ne peut pas dire que ça réussisse aux personnages. Ici, c’est surtout un amour qui fait souffrir, un amour impossible en quelque sorte, qui mène l’un des personnages à faire quelque chose d’insensé. La douleur de l’impossibilité d’être avec quelqu’un que l’on aime est bien retranscrite ici, mais l’est également le fait d’être en trop : comment l’on se sent quand on l’est, mais aussi quand on ne l’est pas, qu’on fait partie de ceux qui se sentent à leur place. La haine est également un des thèmes principaux, car l’acte que Zoïle veut commettre, c’est sa haine qui le lui commande. J’ai retrouvé un peu plus de poésie ici que dans les deux derniers livres que j’ai lus de l’auteure, mais ce n’est toujours pas le coup de cœur de Journal d’Hirondelle et Stupeur et tremblements. J’espère retrouver un jour un coup de cœur pareil pour ses livres : il me manque seulement La nostalgie heureuse (qui a l’air excellent !) et le tout dernier, Pétronille, dont j’aime beaucoup la couverture. La façon in medias res de commencer le livre m’a plu, et l’histoire est ensuite racontée sous forme de souvenirs par Zoïle, déjà à l’aéroport. J’ai aimé la petite histoire de la tour Eiffel, encore quelque chose que j’ai appris ici !

Les personnages sont toujours aussi étranges. Zoïle n’est pas comme son homonyme, mais il réagit de façon étrange à l’opposition qu’il rencontre chez Astrolabe et Aliénor. Il est excessif dans son envie de faire comprendre à Astrolabe qu’il l’aime. Il tente de faire avancer leur « relation », mais il sent que c’est voué à l’échec, et décide de lui faire payer, et de le faire payer à l’Humanité toute entière. Son acte ultime est désespéré, on peut le dire. Astrolabe, quant à elle, est un personnage dévoué, fidèle, loyal, qui a mis sa vie entre parenthèses pour quelqu’un d’autre, quelqu’un qu’elle semble admirer. Et sa vie semble trop remplie d’elle pour pouvoir accueillir une personne supplémentaire. C’est un personnage qui ne vit pas, tout comme Aliénor d’ailleurs. Elle est la plus étrange de l’histoire. C’est un personnage qui nous est rendu à la fois antipathique par Zoïle et sympathique par le fait que ce n’est pas sa faute si elle est comme elle est. Astrolabe l’adore, et elle ne semble même pas en être consciente. Elle semble vivre dans un monde parallèle fait d’écriture, de nourriture, et de ce qu’il y a dans sa tête et que l’on ne peut deviner. Ces trois personnages forment un triangle fragile, dont l’un sera forcément exclu à un moment donné. Leur cohabitation semble impossible.

La fin est assez frustrante, dans le sens où ce n’en est pas vraiment une. On peut tout imaginer, une fin heureuse comme une malheureuse, c’est au choix du lecteur. Je ne suis pas fan des livres de ce genre, même si j’avoue que, parfois, cela fait plaisir que l’auteur laisse le lecteur choisir la fin qu’il désire, le laisse imaginer ce qui a pu arriver aux personnages du livre, mais je ne pourrais pas lire que des œuvres qui se terminent comme cela ! Je me souviens encore de Et après de Guillaume Musso, livre qui n’a pas de fin : on la devine, mais l’on n’a aucun détail. C’est un peu cela ici, mais il n’y a pas d’indice de ce que Zoïle a fait.

 

En définitive, un bon livre, que je ne place pas parmi mes préférés mais qui vaut le coup.

Le Sabotage Amoureux de Amélie Nothomb

Posté : 23 août, 2014 @ 5:00 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le sabotage amoureuxGenre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 124

Synopsis : Saviez-vous qu’un pays communiste, c’est un pays où il y a des ventilateurs ? Qu’un vélo est en réalité un cheval ? Vous l’apprendrez, et bien d’autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d’amour authentique. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d’un cheval qui est un vélo …

 

Avis : D’habitude, j’adore les livres d’Amélie Nothomb : étranges, poétiques, spéciaux. J’aime son univers et son esprit un peu décalé. Je me suis dit que j’allais encore passer un bon moment avec ce livre.

Mais cette fois, je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire et à apprécier ce que je lisais. Il n’était pas du tout comme les autres livres de l’auteure que j’ai lus, il manquait quelque chose que j’avais adoré dans les autres. Il n’y avait, tout d’abord, pas autant de poésie : je retiens souvent beaucoup de citations ; ici, une seule. Le style était pourtant toujours le même. Dans ce livre, l’auteure utilise quelques mots compliqués, que je ne me souviens pas avoir vu dans les autres. J’ai eu l’impression d’une pédanterie, ça m’a gêné. Ce n’en est sans doute pas, et j’ai appris de nouveaux mots en plus ! J’ai également eu du mal à entrer dans le livre dès les premières lignes : j’étais complètement larguée, et ça ne m’a pas donné envie de lire le livre, et donc de prendre plaisir à le découvrir.

L’histoire raconte une nouvelle partie de l’enfance de l’auteure (on peut dire qu’il est à lire juste après Métaphysique des tubes) qui a pour toile de fond la Chine communiste des années 1970. Il fait une boucle : le début est l’arrivée en Chine de la famille belge ; la fin, leur départ pour les Etats-Unis. Amélie Nothomb parlera du pays pendant deux-trois paragraphes, mais, de toute évidence, elle n’aime pas ce pays, elle n’a aucune sympathie pour lui. Il y a un contraste frappant avec le Japon, adoré, adulé, tendrement aimé. La Chine est l’arrière-plan sordide de l’histoire, voilà tout. Le rapport entre le titre et l’histoire est découvert dans la deuxième partie du livre : personnellement, je ne m’attendais pas du tout à ça. En réalité, je ne pensais pas que le livre parlerait de cet aspect de la vie de la narratrice à son âge. Je pensais que le titre concernait la Chine, et je me suis complètement trompée. Peut-être est-ce aussi pour cela que je n’ai pas beaucoup aimé, parce que j’attendais autre chose.

Concernant les personnages, on peut dire que l’auteure/narratrice est toujours aussi spéciale. C’est vraiment une enfant atypique, qui n’a pas les mêmes centres d’intérêt que les autres, qui ne pense pas comme eux, qui juge tout et tout le monde selon elle, et elle seule. Je peux dire que j’ai retrouvé l’enfant arrogante de Métaphysique des tubes. Elle change un peu parce qu’elle découvre l’amour, mais pas tant que ça. Sa vision des hommes, des femmes et des petites filles m’a fait rire. Elena, le personnage secondaire de ce livre, est une peste cinq étoiles. Je sais que certains enfants sont cruels, et elle en fait clairement partie. La narratrice est son jouet, et quand on pense qu’elle est sincère, on hausse le sourcil en se demandant si c’est vrai ou prétendu. On ne peut pas dire qu’il y ait d’autres personnages : tous les autres sont très effacés et vus par les yeux de la narratrice, qui les juge pratiquement tous : les adultes, par exemple, ne sont pas individualisés, ils sont tous les mêmes, ils font les mêmes choses, et constituent un groupe indivisible.  

Des thèmes particuliers sont abordés ici. Tout d’abord, l’amour enfantin. C’est un amour particulier, sans doute incompris même par la narratrice. On dirait bien un coup de foudre : l’amour est là en une seconde. Mais ce n’est pas réciproque, et la souffrance liée à l’amour est donc aussi présentée ici. Le second thème important ici est la guerre et les jeux enfantins. Je dois dire que j’ai été assez dégoutée par certaines scènes : je pense que ça ne me serait jamais venu à l’idée étant petite.

 

En définitive, sans doute le livre d’Amélie Nothomb que j’ai le moins aimé. Je continuerai tout de même à lire cette auteure avec plaisir.

 

Le Fait du prince d’Amélie Nothomb

Posté : 19 juin, 2014 @ 7:21 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le Fait du princeGenre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 144

Synopsis : Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.

 

Avis :J’aime beaucoup les quelques livres que j’ai déjà lus d’Amélie Nothomb. L’étrangeté de certains m’a plu et j’aime leur ambiance, bien qu’elle soit parfois pesante. Le Fait du prince est le premier qui m’a intriguée, d’abord de par sa couverture : je la trouve vraiment belle et énigmatique (mais j’avoue, après lecture, ne pas vraiment avoir trouvé le lien avec l’histoire).

Comme presque toujours, chez Amélie Nothomb, le synopsis ne nous apporte presque (et même aucune !) information sur l’intrigue du livre. L’on peut juste penser qu’il sera question de champagne, et sans doute de luxe. Mais rien ne peut nous préparer à l’histoire imaginée par l’auteure. Elle m’a semblé étrange, un peu surréaliste et complètement loufoque, mais j’ai quand même accroché. C’est vrai que nous aussi, parfois, nous aimerions faire comme le personnage principal. Mais l’on n’ose jamais, on se dit que c’est impossible, et puis, on laisserait toutes nos attaches derrière nous : lui n’en a pas, et peut faire ce qu’il veut. Je ne pense pas que je pourrais vraiment vivre comme cela. Et, il faut se poser certaines questions : comment les autres peuvent-ils ne se rendre compte de rien ? Comment la jeune femme peut-elle laisser faire cela ? Et pourquoi personne ne réagit ? L’histoire peut donc paraître incohérente, au moins inconcevable, mais elle peut aussi faire rêver, et imaginer la vie autrement. J’ai retrouvé le style de l’auteure, style que j’adore, mais la poésie qui le caractérise n’était pas très présente, comparé aux autres livres que j’ai pu lire. D’habitude, je relève des tas de citations ; beaucoup moins cette fois. Le sujet n’y prêtait peut-être pas. De ce fait, il ne fait pas partie de mes livres préférés de cette auteure : par exemple, je ne le trouve pas à la hauteur de Journal d’Hirondelle ou Stupeur et tremblements. Mais c’était tout de même une lecture agréable.

Les personnages sont assez énigmatiques, si je puis dire. Le « héros » du livre est un homme, que l’on suit puisque l’œuvre est écrite à la première personne. On se pose les mêmes questions que lui, questions qui, d’ailleurs, restent souvent sans réponse. Il ne sait absolument pas ce qu’il doit faire et se laisse aller à vivre une vie d’oisiveté, ponctuée de champagne et de conversations de sourds avec une jeune femme qu’il ne connaît pas. Ce personnage peut être un anti-héros : il n’agit pas, ne fait rien, s’enlise dans la paresse et son peignoir éponge, et il savoure cette vie dont, apparemment, il n’a jamais osé rêver. Le personnage féminin, quant à elle, est très mystérieux. On ne sait pratiquement rien d’elle, pas même son prénom. Elle passe ses journées à faire des choses que l’on devine plus qu’elle ne les révèle au héros, et elle semble mener une vie très particulière. Cela ne la dérange pas qu’un inconnu loge chez elle, ni que son mari ne soit pas rentré depuis une semaine. Elle ne s’inquiète de rien, et préfère boire du champagne en compagnie d’un homme qui, apparemment, s’intéresse à elle, ce que personne n’a jamais fait. Décrite par le héros, elle semble parfaite, mais garde tout son mystère, malgré les questions que l’on peut se poser sur elle. Les autres personnages sont très effacés, on ne sait pas grand-chose d’eux. Ils ne sont pas creusés, et seuls les personnages principaux ont une véritable identité (ironie !) dans le livre.

La fin est très frustrante, dans la mesure où elle ne nous fournit aucune réponse ! On peut dire que les personnages font ce qui est le mieux pour eux (qu’est-ce qu’ils pouvaient faire d’autre ?), mais tant de questions restent en suspens ! Cela m’a tout de même moins dérangée que dans certains autres livres, où les questions et leurs réponses semblaient essentielles.

 

En définitive, un livre étrange, complètement loufoque et irréaliste, qui peut faire rêver mais, surtout, qui nous fait passer un bon petit moment, même s’il ne fait pas partie de mes préférés. 

12345
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes