Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Soif d’Amélie Nothomb

Posté : 8 janvier, 2020 @ 2:39 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineSoif

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

 

Avis : Je n’arrêtais pas de croiser ce livre depuis sa publication, et je ne l’avais toujours ni acheté ni lu. J’ai enfin sauté le pas !

J’avais entendu pas mal de critiques négatives sur ce livre ; mais, comme d’habitude quand Amélie Nothomb sort un nouveau roman. J’ai toujours envie de me faire ma propre opinion ; mais je dois avouer qu’entendre parler de Jésus m’a un peu rebutée sur le coup. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai mis tant de temps à le lire ! Pourtant, je sais que l’autrice ne pourrait pas écrire un bouquin vraiment religieux. En fin de compte, j’ai ouvert Soif sans attente particulière, en me laissant guider. Je pense que c’est la meilleure façon pour moi de me faire surprendre par un livre, et de l’apprécier, voire de l’adorer. Parce que j’ai adoré ma lecture.

Dès, les premières lignes, j’ai retrouvé l’écriture que j’aime tant, le ton que j’aime, le style que j’aime. Et j’ai été surprise – alors que je n’aurais pas dû l’être, c’est plutôt commun chez l’autrice – de constater que Soif était écrit à la première personne, ce qui fait que nous sommes dans la tête de Jésus. Ceux qui ne savent absolument rien de lui ne le reconnaîtront que lorsque son nom apparaît pour la première fois, page 21. Pour les autres, ils auront peut-être un doute au début : « Tiens, ça me dit quelque chose les Mariés de Cana … » Dans tous les cas, c’est assez surprenant et original de se retrouver dans la tête de ce personnage. Et malgré l’appréhension, je me suis rapidement laissé porter par les paroles, les réflexions de Jésus. J’ai souffert avec lui, j’ai pensé avec lui, et je me suis échouée à la fin du roman, en tournant la dernière page, le cœur gros. Amélie Nothomb est parvenue à écrire un livre sur Jésus qui n’est pas vraiment religieux, un livre qui nous fait réfléchir, un beau livre touchant qui m’a secouée. Je me suis armée de mon crayon pour souligner, écrire, annoter Soif : tant de belles citations à retenir, de vérité parfois.

Jésus est davantage un homme que le fils de « Dieu », même s’il parle parfois à son père. L’autrice reprend à la fois des éléments du mythe et des faits historiques, tout en faisant de l’homme un personnage « réaliste ». Egal à lui-même, il rappelle qu’il faut aimer son prochain, tout en montrant en quoi lui-même a failli. Soif est à la fois un éloge de l’amour et une prise de conscience que Jésus et « Dieu » s’y sont très mal pris. J’ai adoré qu’il réfléchisse lui-même sur la religion, sur son « père », sur la rédemption qu’il est censé apporter à l’humanité. J’ai adoré que Marie-Madeleine soit présente, la façon dont est représentée Marie, celle dont est présenté Judas.

Evidemment, le lecteur lit toute la passion du Christ, des passages assez douloureux à lire, que ce soit le chemin à parcourir avec la croix sur le dos, la rencontre de sa mère sur le chemin, la crucifixion, la présence de Madeleine, la mort … Et, comme dans tous les romans d’Amélie Nothomb, le titre finit par prendre tout son sens à un moment du roman : [SPOILER] Jésus refuse de boire avant de partir pour être exécuté. Il ressent donc la brûlure de la soif sur la croix ; juste avant, alors qu’il est dans sa cellule, il explique ce qu’est la soif, ce qu’elle représente, ses réflexions sur elle, le fait qu’elle permette de se sentir vivant, et que l’étancher est un tel plaisir après une longue exposition aux affres de la soif. Cela m’a fait penser aux réflexions sur la faim dans Biographie de la faim. La soif, elle, ne peut jamais être étanchée complètement, il n’y a pas de verbe équivalent à « rassasier » pour elle. Elle n’est jamais satisfaite. Cela permet à Jésus de supporter la douleur, car la soif est plus grande, et aussi de connaître un dernier moment de bonheur quand le soldat lui donne à boire avec une éponge. [FIN DU SPOILER] 

Mais, ce qui m’a particulièrement conquise dans ce livre, c’est sa fin. Cette vision de la mort était si paisible, si apaisante … J’avais envie de serrer l’autrice dans mes bras tant ses mots me faisaient du bien. Je ne peux pas tellement vous en dire plus, ce deviendrait trop personnel. Je ne peux que vous recommander de lire Soif

 

Donc, sans doute un de mes préférés d’Amélie Nothomb, ou, en tout cas, un de ceux qui m’ont le plus touchée. 

Péplum d’Amélie Nothomb

Posté : 10 août, 2019 @ 4:57 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Science-fiction Péplum

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 1997 [1996]

Nombre de pages : 154

Synopsis : L’ensevelissement de Pompéi sous les cendres du Vésuve, en 79 après Jésus-Christ, a été le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues. A votre avis qui a fait le coup ?

Pour avoir deviné un des plus grands secrets du futur, la jeune romancière A.N. est enlevée pendant un bref séjour à l’hôpital, et se réveille au XXVIe siècle, face à un savant du nom de Celsius. Entre ces deux personnages que tout oppose – elle furieuse contre ce rapt, lui contre cette fille qui en sait trop – s’instaure une conversation où il sera question de la grande guerre du XXIIe siècle, du réel et du virtuel, de voyages dans le passé mais aussi d’art, de philosophie, de morale.

Science-fiction, satire, finesse psychologique d’un affrontement verbal où chacun cherche la faille de l’autre : dans ce mélange détonant on retrouve l’humour acide, l’insolence, l’éclat du style qui placent la romancière d’Hygiène de l’assassin au tout premier rang des écrivains de sa génération.

 

Avis : Ce livre est dans ma PAL depuis mai 2014 … je devrais vraiment faire une PAL spéciale « les livres les plus vieux de ma bibliothèque », histoire de les lire enfin !

Peut-être que je n’aurais pas dû lire deux livres d’Amélie Nothomb à la suite ? Ou peut-être que c’est juste ce livre qui ne m’a pas convenu ? J’adore toujours autant le style d’écriture de l’autrice, mais j’ai eu du mal à entrer dans Péplum, qui n’est qu’un long dialogue, exactement comme Hygiène de l’assassin, que j’ai adoré. Les deux personnages principaux se détestent cordialement, et donc s’envoient des remarques et des piques toutes les cinq minutes, ce qui peut être lassant – et qui ne l’était pas du tout dans le tout premier roman de l’autrice. Pour autant, ce roman a de belles qualités : son originalité – je n’ai pas envie de trop vous en dire, c’est mieux d’entrer aveugle dans les romans d’Amélie –, le fait que ce soit de la science-fiction, ce que l’autrice n’écrit jamais, quelques belles punch lines, certaines réflexions – sur le passé, le futur, notre responsabilité, l’écologie, la politique, la façon dont la narratrice, A.N. juge à la fois la beauté et l’intelligence. Mais je n’ai pas réussi à pleinement entrer dans le livre … quel dommage !


Donc, une petite déception, malgré une idée vraiment originale !

 

Attentat d’Amélie Nothomb

Posté : 9 août, 2019 @ 7:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Attentat

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013 [1997]

Nombre de pages : 153

Synopsis : La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c’était moi. A présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c’est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle.

A. N.

Epiphane Otos serait-il condamné par sa laideur à vivre exclu de la société des hommes et interdit d’amour ? Devenu la star – paradoxale – d’une agence de top models, Epiphane sera tour à tour martyr et bourreau, ambassadeur ded la monstruosité internationale … et amoureux de la divine Ethel, une jeune comédienne émue par sa hideur.

Sur un thème éternel, l’auteur d’Hygiène de l’assassin et des Catilinaires nous offre un conte cruel et drôle.

 

Avis : Cela fait plus de 5 ans que ce livre se trouve dans ma PAL … je me dis que je me garde des livres d’Amélie Nothomb parce qu’elle n’en publie qu’un par an, et que son écriture risque de me manquer si je lis tout d’un coup et que je dois attendre pour son prochain roman ; mais c’est une très mauvaise excuse, il est temps de l’admettre !

Attentat traite, comme beaucoup de livres de l’autrice, de thèmes qui sont chers : la beauté, la laideur, l’apparence en général, et l’amour. Et, comme dans Riquet à la houppe, sorti après Attentat, les extrêmes s’attirent. Epiphane Otos, l’homme le plus laid du monde, tombe amoureux d’Ethel, la femme la plus belle. Comme d’habitude, j’aime l’originalité de l’autrice, que ce soit pour l’onomastique ou pour ce qui arrive dans ses romans ; l’idée de ce métier trouvé par Epiphane est très intéressante, et permet d’approfondir la réflexion sur l’apparence, sur les attentes de la société en ce qui la concerne, mais aussi sur l’hypocrisie des hommes et leur besoin de conformisme. C’est ce que j’aime toujours dans les romans d’Amélie Nothomb : elle creuse la société, elle fait réfléchir son lecteur, toujours avec cette écriture que j’adore.

Pour autant, Attentat ne fait pas partie de mes préférés de l’autrice. Il m’a parfois semblé un peu long, encore plus avec cette fin très abrupte qui ne m’a pas convaincue. On peut, évidemment, avoir pitié d’Epiphane mais, [SPOILER] d’une certaine façon, Ethel a raison : Epiphane l’aime uniquement pour son physique, et un peu pour sa gentillesse, mais pas du tout pour une sorte de grâce qu’elle cacherait en elle. Il n’est pas capable de défendre son amour quand elle l’accuse de ne l’aimer que pour son apparence. Lui aussi tombe alors dans les travers de la société qu’il dénonce du début à la fin du livre. C’est sans doute la raison qui le pousse à agir comme il le fait à la fin, un acte facile, et qui colle bien avec son espèce de folie. [FIN DU SPOILER] Certains passages antérieurs m’avaient aussi mise mal à l’aise, notamment celui du taureau. C’était sans doute le but, mais cela m’a détachée du livre.

 

Donc, un bon roman, mais qui ne m’a pas entièrement convaincue.

 

Tuer le père d’Amélie Nothomb

Posté : 26 avril, 2019 @ 2:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineTuer le père

Editeur : France Loisirs (Piment)

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 151

Synopsis : Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. 

 

Avis : Cela faisait un moment que j’avais lu un roman d’Amélie Nothomb !

Je suis contente d’avoir retrouvé son écriture et, en même temps, je n’ai pas été séduite par Tuer le père. Même le style manquait de quelque chose pour être aussi bon que d’habitude. J’y ai trouvé quelques réflexions intéressantes, mais pas autant que dans d’autres de ces romans. Pour être honnête, je pense que ce livre a souffert de la comparaison avec d’autres œuvres que j’ai lues de l’autrice !

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, et je ne me suis pas intéressé à l’histoire. Le sujet était assez inhabituel pour moi, mais je n’ai pas réussi à le trouver attrayant. J’ai pourtant appris certaines choses, par exemple, sur le Burning Man que je ne connaissais pas du tout !

La réflexion centrale sur le complexe d’Œdipe est intéressante, notamment parce qu’elle [SPOILER] ne le reprend pas de manière habituelle. Ici, ce n’est pas tant le fils qui veut tuer le père que le père qui veut garder son fils. [FIN DU SPOILER] La folie prend une place de plus en plus grande dans le roman, ce qui peut être troublant. Je ne suis pas une grande fan de la fin.

En revanche, un trope que j’ai beaucoup aimé dans ce livre : le fait que l’autrice se mette en scène en incluant, dans son roman, un personnage qui s’appelle Amélie Nothomb ! J’adore les mises en abîme et les jeux de ce genre !

 

Donc, pas le meilleur d’Amélie Nothomb, mais il se lit !

 

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

Posté : 23 août, 2018 @ 1:22 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Les prénoms épicènes

Editeur : Albin Michel 

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 155

Synopsis : « La personne qui aime est toujours la plus forte. » 

 

Avis : Comme vous le savez peut-être maintenant, je suis une grande fan d’Amélie Nothomb : je lis chacun de ses romans. Les Prénoms épicènes m’a été offert à la sortie du livre ; j’ai voulu faire une pause dans ma lecture obligatoire. Le choix était évident !

J’ai retrouvé ce que j’aime dans les romans de l’auteure : de la poésie, de la surprise, des prénoms étranges, et des événements bizarres ! Pour autant, les deux premiers aspects étaient moins prononcés que d’habitude, ce que je regrette un peu. J’ai aussi eu l’impression, parfois, que l’auteure expliquait des choses sans que ce soit nécessaire. Pour autant, l’écriture est toujours aussi bonne ! L’histoire tourne autour d’Epicène et de sa mère Dominique. On rencontre la première dès sa naissance et, comme tous les enfants chez Amélie, elle est éveillée, très intelligente, et comprend rapidement certaines choses que les adultes autour d’elle préfèrent se cacher. J’adore cet élément : les enfants ne sont pas présentés comme des idiots, des moitiés d’êtres, des humains incomplets mais, au contraire, comme parfois plus compréhensifs et intelligents que leurs parents ! On la suit ensuite pendant son adolescence jusqu’à l’âge adulte. Difficile de ne pas s’attacher à elle ; elle est d’ailleurs sans doute la seule à laquelle je me sois vraiment attachée ! Elle est touchante, certaines de ses pensées m’ont fait rire ; sa situation est aussi tragique. Quant à Dominique, elle m’a d’abord agacée. [SPOILER] elle se laisse trop facilement approchée par un homme qu’elle ne connaît pas du tout, se laisse séduire par un achat exorbitant, se laisse complètement faire par ce mari insupportable, qu’elle idolâtre presque, et qui ne considère que pour son apparence. Il ose quand même dire, à la fin, qu’elle n’existe pas ! Oh ! [FIN DU SPOILER] J’ai fini par l’apprécier parce que j’ai détesté Claude. Amélie Nothomb a un don pour créer des personnages tellement détestables qu’on les tuerait bien nous-mêmes : c’est le cas ici pour cet individu ! Entre arrogance et cruauté, il est d’une mesquinerie !!

Autre petit bémol : j’avais deviné assez rapidement ce qui allait arriver [SPOILER] en tout cas, qui était qui, qui tenait quel rôle, et pourquoi Claude était obsédé par Mme Cléry [FIN DU SPOILER]. Comme d’habitude, dans ses romans, l’auteure aborde différents sujets, ici la relation mère-fille, comme dans son précédent roman, Frappe-toi le cœur, mais ici de manière différente, la relation père-fille, l’amitié, qui est de l’amour au même titre que l’amour amoureux, et qui peut détruire une vie aussi facilement qu’une rupture, l’hérédité, la ressemblance parent/enfant, la question du paraître et de l’être, et d’autres thèmes encore. J’ai aimé les références érudites cachées dans l’œuvre, comme le fait que la professeure de latin s’appelle Mme Caracala par exemple !

La fin est jubilatoire, comme souvent chez Amélie Nothomb !

 

Donc, un bon roman, même s’il ne fait pas partie des meilleurs ! 

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