Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Péplum d’Amélie Nothomb

Posté : 10 août, 2019 @ 4:57 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Science-fiction Péplum

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 1997 [1996]

Nombre de pages : 154

Synopsis : L’ensevelissement de Pompéi sous les cendres du Vésuve, en 79 après Jésus-Christ, a été le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues. A votre avis qui a fait le coup ?

Pour avoir deviné un des plus grands secrets du futur, la jeune romancière A.N. est enlevée pendant un bref séjour à l’hôpital, et se réveille au XXVIe siècle, face à un savant du nom de Celsius. Entre ces deux personnages que tout oppose – elle furieuse contre ce rapt, lui contre cette fille qui en sait trop – s’instaure une conversation où il sera question de la grande guerre du XXIIe siècle, du réel et du virtuel, de voyages dans le passé mais aussi d’art, de philosophie, de morale.

Science-fiction, satire, finesse psychologique d’un affrontement verbal où chacun cherche la faille de l’autre : dans ce mélange détonant on retrouve l’humour acide, l’insolence, l’éclat du style qui placent la romancière d’Hygiène de l’assassin au tout premier rang des écrivains de sa génération.

 

Avis : Ce livre est dans ma PAL depuis mai 2014 … je devrais vraiment faire une PAL spéciale « les livres les plus vieux de ma bibliothèque », histoire de les lire enfin !

Peut-être que je n’aurais pas dû lire deux livres d’Amélie Nothomb à la suite ? Ou peut-être que c’est juste ce livre qui ne m’a pas convenu ? J’adore toujours autant le style d’écriture de l’autrice, mais j’ai eu du mal à entrer dans Péplum, qui n’est qu’un long dialogue, exactement comme Hygiène de l’assassin, que j’ai adoré. Les deux personnages principaux se détestent cordialement, et donc s’envoient des remarques et des piques toutes les cinq minutes, ce qui peut être lassant – et qui ne l’était pas du tout dans le tout premier roman de l’autrice. Pour autant, ce roman a de belles qualités : son originalité – je n’ai pas envie de trop vous en dire, c’est mieux d’entrer aveugle dans les romans d’Amélie –, le fait que ce soit de la science-fiction, ce que l’autrice n’écrit jamais, quelques belles punch lines, certaines réflexions – sur le passé, le futur, notre responsabilité, l’écologie, la politique, la façon dont la narratrice, A.N. juge à la fois la beauté et l’intelligence. Mais je n’ai pas réussi à pleinement entrer dans le livre … quel dommage !


Donc, une petite déception, malgré une idée vraiment originale !

 

Attentat d’Amélie Nothomb

Posté : 9 août, 2019 @ 7:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Attentat

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013 [1997]

Nombre de pages : 153

Synopsis : La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c’était moi. A présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c’est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle.

A. N.

Epiphane Otos serait-il condamné par sa laideur à vivre exclu de la société des hommes et interdit d’amour ? Devenu la star – paradoxale – d’une agence de top models, Epiphane sera tour à tour martyr et bourreau, ambassadeur ded la monstruosité internationale … et amoureux de la divine Ethel, une jeune comédienne émue par sa hideur.

Sur un thème éternel, l’auteur d’Hygiène de l’assassin et des Catilinaires nous offre un conte cruel et drôle.

 

Avis : Cela fait plus de 5 ans que ce livre se trouve dans ma PAL … je me dis que je me garde des livres d’Amélie Nothomb parce qu’elle n’en publie qu’un par an, et que son écriture risque de me manquer si je lis tout d’un coup et que je dois attendre pour son prochain roman ; mais c’est une très mauvaise excuse, il est temps de l’admettre !

Attentat traite, comme beaucoup de livres de l’autrice, de thèmes qui sont chers : la beauté, la laideur, l’apparence en général, et l’amour. Et, comme dans Riquet à la houppe, sorti après Attentat, les extrêmes s’attirent. Epiphane Otos, l’homme le plus laid du monde, tombe amoureux d’Ethel, la femme la plus belle. Comme d’habitude, j’aime l’originalité de l’autrice, que ce soit pour l’onomastique ou pour ce qui arrive dans ses romans ; l’idée de ce métier trouvé par Epiphane est très intéressante, et permet d’approfondir la réflexion sur l’apparence, sur les attentes de la société en ce qui la concerne, mais aussi sur l’hypocrisie des hommes et leur besoin de conformisme. C’est ce que j’aime toujours dans les romans d’Amélie Nothomb : elle creuse la société, elle fait réfléchir son lecteur, toujours avec cette écriture que j’adore.

Pour autant, Attentat ne fait pas partie de mes préférés de l’autrice. Il m’a parfois semblé un peu long, encore plus avec cette fin très abrupte qui ne m’a pas convaincue. On peut, évidemment, avoir pitié d’Epiphane mais, [SPOILER] d’une certaine façon, Ethel a raison : Epiphane l’aime uniquement pour son physique, et un peu pour sa gentillesse, mais pas du tout pour une sorte de grâce qu’elle cacherait en elle. Il n’est pas capable de défendre son amour quand elle l’accuse de ne l’aimer que pour son apparence. Lui aussi tombe alors dans les travers de la société qu’il dénonce du début à la fin du livre. C’est sans doute la raison qui le pousse à agir comme il le fait à la fin, un acte facile, et qui colle bien avec son espèce de folie. [FIN DU SPOILER] Certains passages antérieurs m’avaient aussi mise mal à l’aise, notamment celui du taureau. C’était sans doute le but, mais cela m’a détachée du livre.

 

Donc, un bon roman, mais qui ne m’a pas entièrement convaincue.

 

Tuer le père d’Amélie Nothomb

Posté : 26 avril, 2019 @ 2:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineTuer le père

Editeur : France Loisirs (Piment)

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 151

Synopsis : Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. 

 

Avis : Cela faisait un moment que j’avais lu un roman d’Amélie Nothomb !

Je suis contente d’avoir retrouvé son écriture et, en même temps, je n’ai pas été séduite par Tuer le père. Même le style manquait de quelque chose pour être aussi bon que d’habitude. J’y ai trouvé quelques réflexions intéressantes, mais pas autant que dans d’autres de ces romans. Pour être honnête, je pense que ce livre a souffert de la comparaison avec d’autres œuvres que j’ai lues de l’autrice !

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, et je ne me suis pas intéressé à l’histoire. Le sujet était assez inhabituel pour moi, mais je n’ai pas réussi à le trouver attrayant. J’ai pourtant appris certaines choses, par exemple, sur le Burning Man que je ne connaissais pas du tout !

La réflexion centrale sur le complexe d’Œdipe est intéressante, notamment parce qu’elle [SPOILER] ne le reprend pas de manière habituelle. Ici, ce n’est pas tant le fils qui veut tuer le père que le père qui veut garder son fils. [FIN DU SPOILER] La folie prend une place de plus en plus grande dans le roman, ce qui peut être troublant. Je ne suis pas une grande fan de la fin.

En revanche, un trope que j’ai beaucoup aimé dans ce livre : le fait que l’autrice se mette en scène en incluant, dans son roman, un personnage qui s’appelle Amélie Nothomb ! J’adore les mises en abîme et les jeux de ce genre !

 

Donc, pas le meilleur d’Amélie Nothomb, mais il se lit !

 

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

Posté : 23 août, 2018 @ 1:22 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Les prénoms épicènes

Editeur : Albin Michel 

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 155

Synopsis : « La personne qui aime est toujours la plus forte. » 

 

Avis : Comme vous le savez peut-être maintenant, je suis une grande fan d’Amélie Nothomb : je lis chacun de ses romans. Les Prénoms épicènes m’a été offert à la sortie du livre ; j’ai voulu faire une pause dans ma lecture obligatoire. Le choix était évident !

J’ai retrouvé ce que j’aime dans les romans de l’auteure : de la poésie, de la surprise, des prénoms étranges, et des événements bizarres ! Pour autant, les deux premiers aspects étaient moins prononcés que d’habitude, ce que je regrette un peu. J’ai aussi eu l’impression, parfois, que l’auteure expliquait des choses sans que ce soit nécessaire. Pour autant, l’écriture est toujours aussi bonne ! L’histoire tourne autour d’Epicène et de sa mère Dominique. On rencontre la première dès sa naissance et, comme tous les enfants chez Amélie, elle est éveillée, très intelligente, et comprend rapidement certaines choses que les adultes autour d’elle préfèrent se cacher. J’adore cet élément : les enfants ne sont pas présentés comme des idiots, des moitiés d’êtres, des humains incomplets mais, au contraire, comme parfois plus compréhensifs et intelligents que leurs parents ! On la suit ensuite pendant son adolescence jusqu’à l’âge adulte. Difficile de ne pas s’attacher à elle ; elle est d’ailleurs sans doute la seule à laquelle je me sois vraiment attachée ! Elle est touchante, certaines de ses pensées m’ont fait rire ; sa situation est aussi tragique. Quant à Dominique, elle m’a d’abord agacée. [SPOILER] elle se laisse trop facilement approchée par un homme qu’elle ne connaît pas du tout, se laisse séduire par un achat exorbitant, se laisse complètement faire par ce mari insupportable, qu’elle idolâtre presque, et qui ne considère que pour son apparence. Il ose quand même dire, à la fin, qu’elle n’existe pas ! Oh ! [FIN DU SPOILER] J’ai fini par l’apprécier parce que j’ai détesté Claude. Amélie Nothomb a un don pour créer des personnages tellement détestables qu’on les tuerait bien nous-mêmes : c’est le cas ici pour cet individu ! Entre arrogance et cruauté, il est d’une mesquinerie !!

Autre petit bémol : j’avais deviné assez rapidement ce qui allait arriver [SPOILER] en tout cas, qui était qui, qui tenait quel rôle, et pourquoi Claude était obsédé par Mme Cléry [FIN DU SPOILER]. Comme d’habitude, dans ses romans, l’auteure aborde différents sujets, ici la relation mère-fille, comme dans son précédent roman, Frappe-toi le cœur, mais ici de manière différente, la relation père-fille, l’amitié, qui est de l’amour au même titre que l’amour amoureux, et qui peut détruire une vie aussi facilement qu’une rupture, l’hérédité, la ressemblance parent/enfant, la question du paraître et de l’être, et d’autres thèmes encore. J’ai aimé les références érudites cachées dans l’œuvre, comme le fait que la professeure de latin s’appelle Mme Caracala par exemple !

La fin est jubilatoire, comme souvent chez Amélie Nothomb !

 

Donc, un bon roman, même s’il ne fait pas partie des meilleurs ! 

Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb

Posté : 16 octobre, 2017 @ 3:00 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Genre : Contemporaine Frappe-toi le coeur

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 169

Synopsis : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

 

Avis : Le dernier livre que j’avais lu d’Amélie Nothomb était un véritable coup de cœur : Cosmétique de l’ennemi, dont la fin m’a tellement surprise !! J’avais hâte de lire Frappe-toi le cœur tout en voulant le conserver le plus longtemps possible, peut-être parce que je savais que j’allais aimer, que j’allais le savourer. Voyant la date de la dédicace à Lille approcher, je me suis dit qu’il fallait quand même que je l’ai lu pour ce moment ; je me suis donc lancée !

Frappe-toi le cœur traite de plusieurs sujets précis, parfois déjà abordés par Amélie Nothomb, parfois neufs. Ici, le « thème principal » est la jalousie, mais sous une forme très particulière, puisque le personnage concerné, Marie, est jalouse de tout et de tout le monde, et veut provoquer l’envie de tous. Elle est inconsciente de cette jalousie maladive, mais elle n’en est pas moins détestable pour le lecteur : à partir d’un moment, je l’ai haï de tout mon cœur ! Un autre des thèmes principaux est la relation mère/fille, et l’impact de cette relation sur l’enfant. La question de la responsabilité d’être mère est posée, ainsi que plusieurs autres : qu’est-ce qu’être une bonne mère ? l’instinct maternel existe-t-il ? peut-on ne pas aimer son enfant, ou son parent ? peut-il exister du mépris, et même de la haine entre un parent et son enfant ? [SPOILER] Concrètement, Marie n’aurait pas dû être mère : elle est tellement jalouse de sa fille qu’elle la prive du minimum d’amour et d’affection dont un enfant a besoin pour se développer correctement. [FIN DU SPOILER] On atteint même un point dans cette relation mère/fille où on peut penser à une féminisation du complexe d’Œdipe en espèce de complexe d’Electre [SPOILER] jusqu’à la mort effective d’une des mères [FIN DU SPOILER] Quant à la place du père, elle est risible : soit il ne réagit pas du tout à la situation, soit il est complètement absent, tout en étant présent, une espèce de figure fantomatique – je sais, ça a l’air étrange dit comme ça, mais vous comprendrez quand vous lirez ! Dans aucun cas, l’enfant n’est donc vraiment aidé par son père, même s’il est aimé par lui ; il est complètement passif, et laisse sa femme agir comme elle l’entend. Vu l’absence de réaction des parents, les grands-parents prennent une place prépondérante ; ce sont eux qui apportent l’amour nécessaire à l’enfant. Autre thème important : celui de l’ambition et de la transformation qui peut s’opérer chez quelqu’un quand un changement survient. Un des personnages est prêt à tout pour parvenir à ses fins, même à trahir la seule personne qui l’a aidée – encore un peu de haine de la part du lecteur ! Enfin, un des derniers thèmes, plutôt secondaire par rapport aux autres, est la vision de la société et de la famille sur les intentions, le métier des enfants. Il est considéré comme supérieur à tout autre occupation d’enseigner à l’université : ce doit être le but de la vie de chacun, le but de la carrière de tous ; et quand un personnage dévie de ce but idéal, il est mal jugé, à la fois par sa famille et par la société, qui déplorent tous deux ce choix non-conventionnel. Encore de quoi faire grincer des dents au lecteur, quand un personnage explique, par exemple, pourquoi il est mieux d’enseigner à l’université en médecine, de faire de la recherche, plutôt que de soigner de véritables personnes. Concernant l’écriture, je l’apprécie toujours autant ! Et saluons encore une fois ce talent pour les couvertures !! Celle-ci est encore une fois très réussie ! Bien sûr, le titre est expliqué à un moment donné : j’aime toujours ces moments où le lecteur a l’impression d’avoir complètement saisi le sens du livre.

Pour les personnages, j’ai adoré Diane. Elle est un peu un personnage « type » chez Amélie Nothomb : un enfant précoce, surdoué, et exceptionnellement belle. Elle est courageuse, bienveillante, pleine de bonté contrairement à sa mère. Elle lutte pour ne pas sombrer dans ce qu’elle appelle « l’abîme », fait à la fois de désespoir et de jalousie. Il est plutôt facile de s’attacher à elle ; le lecteur a envie de la soutenir tout le long du livre ! Quant à Marie, elle est détestable dès le début, par sa relation avec les autres, et notamment avec sa sœur. J’avais envie de la secouer, de lui faire prendre conscience de sa façon d’agir, et des conséquences sur les personnes autour d’elle. Un autre personnage devient aussi détestable, mais je ne peux pas vous en parler sans vous spoiler ! Vient ensuite Olivia, qui fait un peu figure de mère de substitution pour un des personnages. Elle a l’air douce, intelligente, sensible, une véritable amie-mère. Célia, quant à elle, est un personnage ambivalent : elle est victime, et, en même temps, on dirait presque qu’elle le fait exprès, qu’elle aime la situation dans laquelle elle se trouve, en tout cas au début. Quand on voit ce qu’il advient d’elle quand elle a grandi, on constate une sorte d’opinion paradoxale : [SPOILER] la fille qui n’a pas été aimée s’en est sortie, elle est devenue quelqu’un de bien, elle a un métier, une vie sociale, même si elle est tout de même traumatisée par son enfance et est un peu marginale ; l’enfant qui a été gâtée, elle, est devenue une débauchée, incapable d’élever sa fille parce qu’elle a peur d’être comme sa mère, complètement marginale, incapable de vivre dans la société. [FIN DU SPOILER] Assez effrayant, et cela donne une leçon sur la façon d’éduquer ses enfants. J’ai adoré les personnages des grands-parents : ils sont lucides, ils comprennent l’enfant et la mère, et font de leur mieux pour améliorer l’existence de la petite, tout en adoucissant la mère – ce qui, autant vous le dire, ne marche pas. J’ai aussi adoré Mariel [SPOILER] qui m’a clairement semblé être un double de Diane. [FIN DU SPOILER] Le personnage d’Elisabeth, quant à lui, permet à Diane de rester liée au monde social, de rester sociable. [SPOILER] Elle est aussi une sœur de substitution quand Diane ne peut pas se rapprocher de Célia, sa véritable sœur, complètement étouffée par l’amour de sa mère. [FIN DU SPOILER]

La fin ne m’a pas surprise, parce que je m’attendais, en quelque sorte, à ce genre de fin de la part d’Amélie Nothomb ; j’ai beaucoup aimé ! C’était logique que le roman finisse de cette façon, [SPOILER] pour achever cette espèce de complexe d’Œdipe au féminin. [FIN DU SPOILER]


Donc, un très bon roman, qui aborde différents sujets, tels la jalousie, la relation mère/fille, l’ambition, et d’autres encore. Une écriture toujours aussi agréable, et une sorte de façon de voir les moins bonnes manières d’éduquer ses enfants.

 

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