Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Becoming de Michelle Obama

Posté : 27 mars, 2019 @ 1:05 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Mémoires Becoming

Editeur : Audible 

Année de sortie : 2018 

Nombre de pages : 19h03 ; 426 pages pour l’édition Crown 

Titre en français : Devenir 

Synopsis : An intimate, powerful, and inspiring memoir by the former First Lady of the United States.

In a life filled with Meaning and accomplishment, Michelle Obama has emerged as one of the most iconic and compelling women of our era. As First Lady of the United States of America – the first African American to serve in that role – she helped create the most welcoming and inclusive White House in history while also establishing herself as a powerful advocate for women and girls in the United States and around the world, dramatically changing the ways that families pursue healthier and more active lives and standing with her husband as he led America through some of its most harrowing moments. Along the way, she showed us a few dance moves, crushed Carpool Karaoke, and raised two down-to-earth daughters under an unforgiving media glare.

In her memoir, a work of deep reflection and mesmerizing storytelling, Michelle Obama invites listeners into her world, chronicling the expériences that have shaped her – from her childhood on the South Side of Chicago to her years as an executive balancing the demands of motherhood and work to her time spent at the world’s most famous address. With unerring honesty and lively wit, she describes her triumphs and her disappointments, both public and private, telling her full story as she has lived it – in her own words and on her own terms. Warm, wise, and revelatory, Becoming is the deeply personal reckoning of a woman of soul and substance who has steadily defied expectations – and whose story inspires us to do the same. 

 

Avis : J’avais très envie de lire Becoming de Michelle Obama, mais le livre était si cher, que ce soit en VO ou en VF, que je me suis rabattue sur mon dernier crédit audio sur Audible !

Donc, j’ai choisi l’audio, non pas parce que j’avais envie d’écouter le livre, mais parce que c’était moins cher. Problème : le format audio n’est absolument pas fait pour moi. J’ai besoin de toujours m’occuper les mains, et je suis très facilement distraite. Donc je loupe certains passages, je ne suis pas toujours concentrée, contrairement à la lecture visuelle d’un livre papier. Je relirai donc Becoming au format papier plus tard : j’ai beaucoup de choses à commenter et à surligner !

Même s’il était compliqué pour moi de me concentrer, j’ai quand même beaucoup aimé. Michelle Obama est la narratrice de l’audiobook, donc le lecteur a l’impression d’une conversation avec elle, qu’elle lui raconte personnellement son histoire. J’ai aimé découvrir son point de vue sur pas mal de sujets : la santé, la nourriture, la politique, l’éducation ; mais aussi découvrir sa rencontre avec Barack Obama, son mari lui-même à travers ses yeux, son adolescence, sa famille à laquelle je me suis beaucoup attachée en l’espace de quelques heures d’écoute. Je trouve qu’elle raconte très bien : elle parle clairement, assez lentement pour que le lecteur comprenne, mais pas trop – je n’ai pas eu besoin d’accélérer la vitesse de l’audiobook, contrairement à celui d’Une vie, dans lequel la narratrice qui suit Simone Veil parlait beaucoup trop lentement !

L’émotion est particulièrement présente pour certains passages : rien que la mention de son grand-père qui voulait garder ses proches autour de lui m’a serré le cœur. Mais quand vient la mort de son amie, puis celle de son père, je n’ai pas pu retenir mes larmes. Je ne pensais pas que ce serait aussi bouleversant de l’écouter ! Michelle Obama m’a aussi fait rire, m’a indigné face à ce qu’elle vit avant et pendant qu’elle est First Lady. Elle est victime de racisme et de sexisme parce qu’elle est la première femme de couleur à la Maison Blanche. Son mari n’est pas épargné bien sûr : il serait Musulman simplement à cause de sa couleur de peau, il ne serait pas né aux Etats-Unis, blablabla. J’ai senti son désespoir à la fin ; il faisait écho au mien face à l’élection de Donald Trump. Au fil des heures, je me suis sentie proche d’elle, concernée par tout ce qu’elle disait – et je me maudissais de ne pas pouvoir être toujours attentive !

J’ai trouvé passionnant de découvrir de l’intérieur tout ce que son mari et elle ont fait pour les Etats-Unis. Cela donne une autre perspective, un autre point de vue par rapport à ce que l’on voit dans les médias ! J’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas, et Michelle Obama ouvre pas mal de conversations sur différents sujets.

Donc, je pense définitivement arrêter les audiobooks. Peut-être que j’en écouterai par-ci par-là, mais je ne peux pas le faire souvent. La lecture audio me prend beaucoup plus de temps que la lecture papier, et ne me permet pas d’« être » dans le livre. Dommage !

 

Donc, un très bon audiobook, qui permet d’entrer dans la vie de Michelle Obama, et au sein de la Maison Blanche.  

The Shaking Woman, Or, a History of My Nerves de Siri Hustvedt

Posté : 28 septembre, 2018 @ 9:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Psychologie, Science The Shaking Woman

Editeur : Sceptre

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 199

Titre en français : La Femme qui tremble : Une histoire de mes nerfs 

Synopsis : While speaking at a memorial event for her father, Siri Hustvedt suffered a violent seizure from the neck down. She managed to finish her talk and the paroxysms stopped, but not for good. Again and again she found herself a victim of the shudders. What had happened?

Chronicling her search for the shaking woman, Hustvedt takes the reader on a journey into contemporary psychiatry, neurology and psychoanalysis. She unearths stories and theories from the annals of medical history, literature and philosophy, and delves into her own past. In the process, she raises fundamental questions: what is the relationship between mind and body? How do we remember? What is the self?

In a seamless synthesis of personal experience and extensive research, Hustvedt conveys the often frightening mysteries of illness and the complexities of diagnosis. As engaging as it is thought-provoking, The Shaking Woman brilliantly illuminâtes the age-old dilemma of the mental and the physical, and what it means to be human. 

 

Avis : Depuis que j’ai lu The Summer Without Men (Un été sans les hommes), j’avais très envie de lire un autre livre de Siri Hustvedt ! J’ai choisi The Shaking Woman, Or, a History of My Nerves !

Comme l’indique le titre, ce livre est une non fiction, en partie les mémoires de Siri Hustvedt, en partie un essai scientifique sur les maladies mentales. L’auteure nous parle ici d’un événement qui a changé sa vie : un jour, alors qu’elle allait faire un discours en l’honneur de son père décédé, elle s’est mise à trembler de manière incontrôlable, sans que cela n’affecte sa capacité à parler. Les tremblements ont pris fin en même temps que le discours. Siri Hustvedt a donc fait des recherches sur cette « maladie », ce qui a pu la provoquer, comment la soigner : le livre est le résultat de son parcours pour élucider ce mystère. Elle mêle vie personnelle et essai sur la neurologie et sur la psychologie, avec une écriture toujours aussi agréable à lire. Elle se classe, pour moi, dans les auteurs qui peuvent écrire n’importe quoi et dont j’aimerais tout de même au moins l’écriture – donc, aux côtés de Margaret Atwood et Joyce Carol Oates ! Elle ne parle pas seulement de son cas, mais aussi d’autres maladies mentales dont elle n’est pas victime, comme la schizophrénie, la bipolarité, la dépression chronique. De nombreux sujets sont traités : il y a notamment une partie sur le rêve et la psychanalyse que j’ai trouvée très intéressante ! J’ai appris énormément de choses, et ce livre m’a clairement fait réfléchir sur pas mal de sujets, par exemple, la dualité esprit/corps, ou les capacités du cerveau. 

Seul problème, qui ne vient absolument pas du livre : j’ai choisi le mauvais moment pour le lire ! Je lis presque uniquement dans le train, donc je ne parvenais pas toujours à me concentrer pour comprendre toutes les notions abordées par l’auteure. J’ai dû relire certains passages plusieurs fois. J’aurais aussi aimé pouvoir surligner certaines phrases, écrire dans les marges ; malheureusement, ce n’était pas mon exemplaire ! Je pense donc relire ce livre (après l’avoir acheté !) histoire de prendre tout mon temps pour tout comprendre, noter des citations, annoter, me poser des questions, et lire d’autres livres sur le sujet peut-être ! Malgré cela, Siri Hustvedt se hisse peu à peu parmi mes auteures préférées ! J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres !!

 

Donc, un livre riche sur un sujet passionnant. L’auteure réussit à mêler sa vie et ses recherches et capte parfaitement son lecteur !! 

Une vie de Simone Veil

Posté : 4 août, 2018 @ 4:50 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Mémoires Une vie

Editeur : Audible 

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 283 soit 487 minutes 

Synopsis : Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.

 

Avis : J’ai reçu l’audiobook d’Une vie de la partie d’Audible, que je remercie encore !

C’est la première fois que je termine un audiobook ; j’ai aussi commencé La magie du rangement (un chapitre) et Harry Potter and the Philosopher’s Stone (narrateur formidable, aux trois quarts écoutés). Il est assez difficile pour moi d’écouter plutôt que de lire : je suis quelqu’un de visuel, et j’ai besoin de voir les mots sur la page. Une fois que j’ai su lire, petite, je ne voulais plus qu’on me lise des histoires, je préférais le faire moi-même. Encore aujourd’hui, je n’aime pas qu’on me lise quelque chose. Je voulais tout de même tester l’audiobook, étant donné que je le vois un peu partout. C’était une nouvelle expérience intéressante, mais je pense que je relirai quand même le livre en format papier un jour !

Les deux premiers chapitres sont lus par Simone Veil elle-même, et c’est le gros point fort de cet audiobook. C’était tellement émouvant : c’est comme si elle me parlait d’entre les morts pour me raconter le début de sa vie. J’avais l’impression de quelque chose de privé, d’intime, je me sentais proche d’elle. L’avantage aussi est que l’auteure parle très vite – comme moi. Je le mentionne parce que Marie-Dominique Bayle parle moins plus lentement, et j’ai dû augmenter la vitesse de l’audiobook pour que cela me convienne. Quand cette dernière prend le relais, je me suis dit que cela allait un peu réduire l’intérêt du livre pour moi : ce ne fut pas le cas. Sa voix est agréable à écouter. Elle sait être dramatique quand il faut, elle sait aussi prendre un ton enjoué. J’aurais préféré un livre narré seulement par l’auteure, mais la nouvelle narratrice n’a pas gâché l’écoute pour autant.

J’ai été bouleversée par la partie sur la déportation et sur Auschwitz ; quand l’angoisse montait pour l’auteure, elle montait aussi pour moi. Comparé à cela, la deuxième partie sur sa vie politique est plus calme et paisible – même si, en réalité, elle ne l’est pas du tout ! – mais aussi moins frappante. Ce n’est pas pour autant qu’elle n’a pas déclenché en moi une indignation sourde : comment, après la Seconde Guerre mondiale et les mouvements féministes, comment Simone Veil peut-elle être confrontée à un sexisme et à un antisémitisme qui m’ont donné envie de vomir ?!! Encore aujourd’hui, ces deux aberrations existent, et c’est incompréhensible pour moi. J’ai apprécié de découvrir les difficultés d’une figure politique au sein d’un gouvernement. En effet, ce n’est pas du tout la vision que donnent les médias, ce n’est pas ce que voit l’opinion publique. J’ai aimé découvrir son opinion sur certaines personnes, par exemple, Nicolas Sarkozy, François Mitterand ou Jacques Chirac. Elle nous offre une image plus intime, mais aussi plus vraie, sans doute, de ces hommes que l’on ne connaît que sous la casquette de président.

La ténacité de Simone Veil, son courage, sa détermination, sont des exemples, pas seulement pour les femmes, mais pour tous. Malgré les obstacles, elle est parvenue à changer les choses. Quand son mari lui a proposé de rester à la maison parce qu’ils avaient des enfants en bas âge, elle a refusé ; la phrase qu’elle écrit m’a transpercé le coeur parce que, sans doute, je ne l’avais jamais entendu : «  »Il faut non seulement travailler, mais avoir un vrai métier. » Aussi, lorsque, beaucoup plus tard, mon mari s’est aventuré à me suggérer que l’éducation de nos enfants pourrait peut-être me dispenser de travailler, ai-je fermement écarté cette hypothèse. » Elle parle de l’indépendance de la femme, du fait qu’elle doit travailler ; elle déplore aussi le fait que le travail ne soit plus considéré que comme une corvée. Son combat pour les conditions de vie dans les prisons m’a forcée à revoir mon jugement ; quant à celui qu’elle a mené pour l’IVG, cela la rend chère à toutes les femmes. Elle a permis une telle avancée dans notre pays grâce à cela ! J’ai d’ailleurs été contente de constater que son discours se trouvait dans l’audiobook. En l’écoutant, je me suis demandée si elle n’avait pas dû y introduire certaines réserves à cause des personnes auxquelles elle s’adressait ; personnellement, je ne pense pas que les femmes qui se font avorter pensent à la natalité de leur pays quand elles envisagent l’IVG. L’important est qu’elle soit parvenue à faire passer cette loi ! 

Dans la partie concernant la Shoah, de nombreuses références sont citées, que ce soient des livres, des films ou des documentaires. Elle met certaines œuvres en perspective, rappelant qu’elles ne sont pas réalistes : c’est le cas de La vie est belle, La liste de Schindler ou Le choix de Sophie. Je trouve qu’il est intéressant d’avoir son point de vue sur ces livres, étant donné qu’elle a vécu cette part d’Histoire ; elle est donc plus apte à les juger que nous. Je les lirai tout de même, mais en gardant à l’esprit le fait que ce sont des comptes-rendus fictifs, et, finalement, assez éloignés de la vérité

 

Petit aparté sur l‘application Audible qui, je trouve, est très bien faite : on peut, comme je l’ai dit plus haut, modifier la vitesse du livre, mais aussi programmer la fin de l’écoute (dix minutes, une heure, la fin du chapitre, etc), voir les chapitres lus, le temps d’écoute en une journée, un mois, le temps qu’il reste à écouter pour finir le livre. On peut mettre des marque-pages, avance/reculer de trente secondes si on a loupé quelque chose, le mettre en mode voiture (je ne l’ai pas encore testé, mais je pense que ça peut le faire s’il est posé sur un kit fait exprès). La bibliothèque (que j’ai parcouru parce que j’ai encore un crédit audio haha) est riche, tellement qu’il est vraiment difficile pour moi de choisir. Vous pouvez tenter pour un mois : c’est gratuit sans obligation d’achats par la suite !  

 

Donc, une très bonne expérience, même si je ne pense pas me mettre vraiment à l’audiobook. Une fois de temps en temps, pourquoi pas ? Mais je sais que seuls certains bien spécifiques me conviendront ! Ici, c’était parfait, grâce à la voix de l’auteure elle-même, grâce à l’émotion, grâce au fait que je me sentais impliquée dans l’écoute et dans la vie de Simone Veil. 

Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir

Posté : 16 juillet, 2018 @ 4:41 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Mémoires d'une jeune fille rangée Genre : Mémoires 

Editeur : Folio 

Année de sortie : 2017 [1958]

Nombre de pages : 473

Synopsis : « Je rêvais d’être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m’assurerait une immortalité qui compenserait l’éternité perdue ; il n’y avait plus de Dieu pour m’aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l’humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? Je m’intéressais à la fois à moi et aux autres ; j’acceptais mon « incarnation » mais je ne voulais pas renoncer à l’universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s’étaient développées en moi au cours de ces quinze années. » 

 

Avis : J’ai lu ce livre pour l’agrégation, mais il était déjà dans ma wish-list depuis longtemps !

Il y a quelques années (trois ans il me semble !), j’ai lu Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Il est temps que je le relise, parce que je n’ai pas pris de notes, et que je ne m’en souviens pas dans les détails ; mais ce dont je me souviens, c’est de l’importance que ce livre a eu pour moi à l’époque. Il a réveillé en moi un féminisme encore à moitié dormant. Je pensais le retrouver dans Mémoires d’une jeune fille rangée, et je dois avouer que j’ai été déçue, sur le coup, de constater que ce n’était pas le cas. Ce livre est plus une partie d’autobiographie qu’un mémoire pour moi ; il débute avec la naissance de Simone de Beauvoir et s’achève sur l’obtention de son agrégation, après avoir raconté son enfance et son adolescence jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte. On peut y trouver quelques réflexions sociales et féministes, des ébauches de ce qui deviendra l’œuvre de l’auteure ; mais ce n’est pas le centre du livre. L’auteure évoque la Première Guerre mondiale, mais ne donne pas d’avis dessus, et ne s’y attarde pas. Elle signale, au contraire, qu’à l’époque, les idées qui seront les siennes n’ont pas encore mûries en elle, qu’elle n’y pense pas du tout pour certaines, parce qu’elle est concentrée sur sa vie intérieure. En effet, Mémoires d’une jeune fille rangée nous raconte plutôt l’éveil de Simone de Beauvoir, son passage d’enfant à adulte, son évolution spirituelle, mais aussi physique. Ce pourrait être qualifié de roman d’apprentissage si c’était de la fiction : l’auteure s’ouvre à la philosophie, à la littérature, et découvre des théories et des idéologies qui deviendront les siennes ou contre lesquelles elle se battra par la suite. Le livre évoque aussi ses amis, ses études, sa famille, sa perception du monde à l’époque : pour elle, enfant, il n’y a pas de différence entre garçon et fille. Elle ne se sent pas inférieure et n’est pas rabaissée ; c’est par la suite qu’elle comprend que les filles ne peuvent pas « s’amuser » comme les garçons, et qu’elles doivent être mariées vierges. Toute son adolescence, Simone de Beauvoir ne comprend pas la raison de ces différences, et désapprouve fortement les mœurs légères des garçons, notamment à cause de son éducation catholique. Dieu est un guide pour elle, jusqu’à ce qu’elle tombe en désaccord avec lui ; malgré tout, elle reste empêtrée dans des préjugés et des tabous religieux qui l’empêchent de vivre pleinement, et notamment, de développer sa sexualité, ou même de parler de cela autour d’elle. Cela explique sa pudibonderie, et le fait qu’elle juge sans cesse, tout et tout le monde. Il était, en fin de compte, très intéressant de découvrir la jeune fille qu’était la femme que l’on pense connaître, l’adolescente derrière l’image que l’on a forgée de Simone de Beauvoir. 

Ma déception initiale s’est vite dissipée quand je me suis rendu compte que la Simone du livre et moi avions pas mal de points communs. Je me suis fortement identifiée à elle, et j’ai retrouvé mes problèmes dans les siens. C’était assez réconfortant de voir qu’une femme comme elle était passée par les mêmes étapes/épreuves que moi ! (J’arrête de parler de moi maintenant !) L’auteure nous parle beaucoup ici de ses tourments d’adolescente ; tout se fait par cycles répétitifs, entre désespoir et euphorie. Ces cycles sont aussi visibles dans ce qu’elle pense d’elle : tantôt arrogante, tantôt perdue, elle semble fragile. Le moindre événement peut tout remettre en question. La jeune Simone de Beauvoir veut également trouver le sens de sa vie, un but à atteindre ; elle veut servir à quelque chose, accomplir de grandes choses. Elle nous parle de son amour de la littérature, des auteurs qu’elle lit, de ce qu’ils lui apportent ; mais aussi de ses amis. J’ai adoré Zaza : leur amitié semble un peu guindée, étant donné qu’elles se vouvoient, mais la jeune fille tient une place très importante dans la vie de Simone de Beauvoir. Bien que sa présence soit hachée parfois, elle est là du moment de la rencontre à la fin. Je cherchais aussi le moment où l’auteure allait rencontrer Jean-Paul Sartre : de loin, il semble visiblement très snob !

L’écriture était très bonne, et l’auteure se laisse parfois aller à des descriptions poétiques de la nature. Elle nous donne son point de vue sur le mariage, la maternité, l’amour, le couple. Enfin, il était drôle de la voir passer l’agrégation alors que je dois, justement, lire cette œuvre pour le concours – je ne sais pas si ça me fera autant rire une fois que je serai devant ma copie !

 

Donc, un début d’autobiographie qui permet de découvrir une jeune femme en devenir, qui s’éveille intellectuellement mais aussi physiquement. 

How To Be a Woman de Caitlin Moran

Posté : 7 juin, 2018 @ 7:17 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai How To Be a Woman

Editeur : Ebury Press

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 312

Titre en français : Comment peut-on (encore) être une femme ?

Synopsis : « It’s a good time to be a woman: we have the vote and the Pill, and we haven’t been burnt as witches since 1727. However, a few nagging questions do remain …

Why are we supposed to get Brazilians? Should we use Botox? Do men secretly hate us? And why does everyone ask you when you’re going to have a baby? »

Part memoir, part rant, Caitlin Moran answers the questions that every modern woman is asking. 

 

Avis : J’avais vu ce livre un peu partout, mais c’est Salomé de la chaîne Kissthelibrarian qui m’a vraiment donné envie de le lire !

J’avais entendu dire que How To Be a Woman était drôle et féministe, et j’avoue que je n’ai jamais lu d’œuvre féministe qui soit drôle ! Je me suis dit que ça valait le coup d’essayer, et j’ai ADORE ! Alors, certes, je ne suis pas d’accord sur tout ce que Caitlin Moran écrit, mais je me suis sentie vraiment bien de lire un livre de la sorte, un livre qui explique pourquoi la femme est encore le jouet de la société, pourquoi et comment elle est encore définie par elle, pourquoi elle ne parvient pas vraiment à se faire respecter, et comment tout cela fonctionne. On peut se dire que l’auteure n’est pas une spécialiste, mais elle est une femme, et parle de son expérience en tant que femme, ce qui enrichit considérablement le livre pour moi ! Elle explique ce qu’est véritablement le féminisme, au cas où certains l’auraient oublié ou ne le savent pas. Beaucoup de femmes ne se sentent pas féministes, ou pensent ne pas pouvoir l’être parce qu’elles ne correspondent pas aux autres féministes, ou à l’image que celles-ci renvoient. Pourtant, le concept d’origine est simple, et même les hommes peuvent correspondre : c’est vouloir l’égalité homme/femme. Ce n’est pas de la misandrie, la haine des hommes.  

Son humour m’a parfois pris par surprise ; il apparaît souvent après quelque chose de plutôt sérieux, ou une explication. Je me suis retrouvée à glousser et même à éclater de rire ! Elle démolit chaque préjugé sur la femme : elle est douce et élégante, elle veut forcément des enfants, elle ne regarde pas de porno, ou elle a les mêmes désirs que les hommes, etc ; et explique pourquoi ce n’est pas important d’entrer dans les normes. Elle parle aussi de certaines expériences dans lesquelles je me suis retrouvée ; j’avais le sentiment que ce livre était vraiment écrit pour moi ! Caitlin Moran aborde des sujets polémiques, ou assez lourds, comme l’avortement, ou la chirurgie esthétique ; elle ne prend pas de pincettes, appelle un chat un chat, et ne fait pas semblant en donnant sa véritable opinion sur la question. Ce franc-parler peut sans doute choquer, mais j’ai trouvé qu’il était plutôt rafraîchissant. Pas d’hypocrisie au moins ! Elle évoque aussi la honte dans certaines situations, le fait qu’une femme ne puisse pas parler de tout ce qu’elle vit ou de ses sentiments sous peine d’être mal vue. 

 

Donc, un essai-mémoire coup de cœur, qui rappelle l’essentiel du féminisme, et qui fait rire autant qu’il fait réfléchir ! 

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