Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Jacques le Fataliste de Diderot

Posté : 8 octobre, 2013 @ 5:42 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Jacques le Fataliste de Diderot dans Avis littéraires couv40297255-204x300Genre : Classique

Editeur : GF Flammarion

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 364

Synopsis : Le dialogue de Jacques et de son maître, qui voyagent en devisant, ressemble à une causerie à bâtons rompus, à une joyeuse rhapsodie sur la marche du monde : les deux hommes laissent libre cours à leurs pensées et s’entretiennent avec ceux qu’ils croisent. Mais qu’en est-il des amours de Jacques, dont il était question au début de leur conversation ? On s’impatiente de connaître leur récit, sans cesse interrompu, dilaté, retardé. De parenthèses en digressions, de ruptures en rebondissements, Diderot bâtit une œuvre romanesque à l’esthétique nouvelle, d’une prodigieuse modernité.

 

Avis : Quand j’ai vu Jacques le Fataliste, je me suis dit : « Non, pitié, pas ça ! ». J’avais déjà lu un passage et je n’avais pas aimé du tout ! En plus, la couverture n’est pas spécialement attirante. Mais on se rend vite compte de la symbolique de l’horloge : Jacques finira-t-il enfin le récit de ses amours ou nous laissera-t-il vraiment dans l’ignorance de la fin de son histoire ?

Dans cette œuvre, l’auteur joue énormément avec son lecteur. Il s’adresse à lui dès le début de manière assez peu sympathique, et il lui reproche tout le long du livre de toujours en vouloir plus, de ne pas se contenter de ce qu’il sait et de toujours poser des questions auxquelles l’auteur n’a pas de réponses. En effet, ce sont les personnages qui font l’histoire : l’auteur se dit simplement le narrateur des aventures de Jacques telles qu’elles lui sont arrivées. Il critique à de nombreuses reprises le roman, et déclare plusieurs fois que ce livre n’en est pas un, mais est belle et bien réel, que Jacques et son maître ont existé mais qu’ils ne les a pas connu en personne. Il semble à plusieurs reprises qu’il ne lit qu’un livre qu’il aurait trouvé, puisqu’il parle d’un éditeur. Cette façon d’écrire est assez déroutante pour le lecteur, qui peut avoir déjà rencontrer des auteurs qui lui parle pendant l’histoire parce qu’ils sont le narrateur de leur œuvre, mais jamais un auteur qui semble dénigrer son livre, qui l’ »insulte » et lui dit ne pas savoir la suite de ce qu’il écrit étant donné qu’il n’était pas là quand cela s’est passé.

Je dois avouer que j’ai été assez frustrée par les nombreuses ruptures du texte. Dès que Jacques commence à raconter ses amours, quelqu’un l’interrompt : son maître, l’hôtesse d’une auberge, un cortège funèbre, sa soif … On a la très nette impression qu’il ne finira jamais son histoire, que l’on ne connaitra jamais la fin. J’ai été un peu perdue parmi les nombreuses histoires racontées, mais j’ai fini par m’adapter, que ce soit aux interruptions et histoires de l’auteur ou celles des autres personnages. J’ai apprécié certaines histoires plus que d’autres ; ma préférée est sans doute celle de Mme de la Pommeraye.

Les personnages sont assez complexes : ils ont un passé, un réseau d’amis, d’ennemis et de connaissances, une série d’histoires à raconter, et une vie bien à eux. Jacques est, comme l’indique le titre, fataliste, et il ne cesse de le répéter tout le long de l’œuvre. Doit-on être de son avis ? Je ne suis pas censée me fixer là-dessus, mais je dois avouer qu’il est assez agaçant. Sa phrase fétiche est un peu le refrain du livre. Quant au maître, il semble d’abord effacé face à son valet, et, quand il semble reprendre le dessus, il n’en descend que plus bas. Il semble être tout sauf un maître pour Jacques.

J’ai apprécié la fin, même si j’avoue avoir eu peur à peu près à la troisième page avant celle-ci ! Mais, tout est bien qui finit bien, et, comme dirait Jacques, « c’était écrit là-haut ! ».

 

En définitive, un classique surprenant que j’ai finalement apprécié contrairement à l’idée que je m’en faisais. Un bon jeu entre auteur et lecteur et une très efficace mise en attente du lecteur, qui ne peut s’empêcher de vouloir connaitre la fin au plus vite !       

La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette

Posté : 29 août, 2013 @ 5:16 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette dans Avis littéraires couv47640147-177x300Genre : Classique

Editeur : GF

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 253

Synopsis : La Princesse de Clèves met en scène, à la cour du roi Henri II, un trio tragique : le duc de Nemours est épris de la Princesse de Clèves, qui l’aime en retour, mais est adorée de son époux … Par refus de s’abandonner à une passion coupable, la princesse commet l’irréparable : elle avoue tout au prince. Et cet aveu central dont dépend l’issue du drame a fait couler beaucoup d’encre, ainsi que le résume la romancière Marie Darrieussecq : « Les premiers lecteurs de Mme de Lafayette, au XVIIè siècle, le jugèrent invraisemblable : quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIIIè siècle, cet aveu, on l’a trouvé charmant. Au XIXè, immoral. Au XXè, idiot : mais qu’elle l’épouse donc, son bellâtre de cour ! Et au début du XXIè, on dit qu’il ne faut plus lire ce livre, mais c’est encore une autre histoire. »

 

Avis : La couverture montre une scène du livre que j’avais étudiée en cours et qui ne m’avait pas du tout donné envie de lire un jour le livre. J’ai fini par devoir le lire, comme d’autres livres qui ne me tentent pas. Je me disais qu’il était ridicule de lire l’histoire d’une femme amoureuse qui ne cède jamais à celui qu’elle aime à cause de son mari, qu’elle n’aime pas, et qui finalement, n’est jamais heureuse sans raison apparente.

J’ai été très surprise ! Moi qui pensais que j’allais détester cette lecture, je l’ai beaucoup appréciée !  Certes, le langage utilisé par l’auteure ne convient sans doute pas à tout le monde et certaines tournures de phrases peuvent nous paraitre étranges, mais j’ai vraiment été emportée par l’histoire ! Le livre est centré sur « l’histoire d’amour » entre la Princesse de Clèves et le duc de Nemours, mais ce n’est pas le genre d’histoire qui nous lasse rapidement : on a envie de savoir ce qu’il va arriver, on tourne les pages de plus en plus vite pour découvrir si oui ou non, la Princesse cèdera au duc. C’était un vrai plaisir de découvrir leur histoire : pas une seule fois, je ne me suis dit que c’était « gnan-gnan », ou ringard malgré mes a priori. Les seuls aspects un peu compliqués du livre, excepté le langage, sont les nombreux rapports entre les différents personnages. Il faut se souvenir de qui déteste qui, de qui est marié avec qui, de qui est amoureux de qui, etc. Il y a aussi plusieurs Reines, et elles sont parfois simplement appelées par ce nom, donc on se demande de laquelle l’auteure parle. Sinon, il y a aucune difficulté. Le livre n’est pas long et est découpé en parties (assez mal choisies je trouve, puisqu’elles coupent des dialogues) ce qui permet de se voir avancer dans la lecture.

Les personnages sont assez nombreux et leurs rapports compliqués à retenir. Il est difficile de s’attacher à eux dans la mesure où on ne les connait pas beaucoup, l’action étant centrée sur le triangle amoureux. La Cour est très intéressante, mais peu exploitée comparée à l’histoire des trois personnages principaux. On peut simplement dire qu’elle semble un lieu de débauche, de ragots et de coups bas. La Princesse de Clèves est tout de suite très attachante. Elle semble la seule femme pure et vertueuse de toute la Cour (même la Reine trompe le Roi !). Elle est très différente des autres femmes : elle est très modeste, et ne voit pas l’intérêt de plaire aux hommes. Elle ne connait pas l’amour au début du roman et nous parait toute innocente, dirigée par sa mère, Madame de Chartres. Quand elle découvre la passion, elle est très étonnée de la violence de ses sentiments. J’ai trouvé son histoire touchante et tragique : c’est non seulement la vertu qui l’empêche de céder au duc de Nemours, mais également son entourage : sa mère et son mari lui défendent clairement d’être heureuse autrement que mariée avec le Prince de Clèves, même quand celui-ci ne sera plus. Elle est l’exemple même de la femme vertueuse qui, même si elle n’aime pas son mari, lui restera fidèle jusqu’à sa mort. Je trouvais cela triste qu’elle ne connaisse jamais le bonheur, mais son explication au duc, à la fin du roman, sur la passion et le mariage, m’a paru assez convaincante. Le duc, lui aussi, est touchant dans la passion qu’il ressent pour la Princesse. Il est prêt à faire des choses que jamais il n’aurait faites pour quelqu’un (il est très romantique), mais il ne se rend pas compte de l’ampleur de ses actes sur celle qu’il aime. Dans son emportement, il est égoïste, et ne comprend pas qu’elle le fuit. Il se vante d’être aimé par la femme la plus aimable de la Cour, et il voudrait qu’elle cède à ses demandes ! Comme quoi l’amour fait perdre la tête ! Quant au Prince de Clèves, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver de la pitié pour lui … Le pauvre ! Epouser une femme qu’il adore pour découvrir qu’elle ne l’aime pas et ne l’aimera jamais parce qu’elle est amoureuse d’un autre … 

Les lieux de l’action sont très intéressants : on se perdrait entre les différents personnages et les nombreux lieux où ils se rendent. La maison de la Princesse à Coulommiers est enchanteresse : on aimerait bien se retrouver dans son magnifique jardin, à arpenter les allées de fleurs, et les domaines alentour.

La fin de l’histoire, et du triangle amoureux par la même occasion, ne m’a pas étonnée : elle était logique étant donnée la détermination de la Princesse. Et dire que toutes les autres autour d’elle auraient adoré être aimées sincèrement par deux hommes à la fois !

 

En fin de compte, un livre qui m’a vraiment surprise et que j’ai beaucoup aimé ! Un classique touchant et tragique à lire pour tous ceux que les histoires d’amour impossibles ne rebutent pas !       

 

challenge-des-100-livres-chez-bianca Classique dans Avis littéraires 

Alcools de Guillaume Apollinaire

Posté : 12 juin, 2013 @ 12:50 dans Avis littéraires | 1 commentaire »

Alcools de Guillaume Apollinaire dans Avis littéraires couv2059473-191x300Genre : Poésie, Classique

Editeur : Gallimard

Année de sortie : 1992

Nombre de pages : 190

Synopsis :« Sous le pont Mirabeau coule la Seine »… Parmi les vers que les amoureux de poésie murmurent de temps à autre, bon nombre, sans aucun doute, proviennent des pages vivifiantes d’Alcools. Ce recueil révèle la fascination d’Apollinaire pour l’esprit nouveau des premières années du XXe siècle. Il nous fait don de mots en liberté qui chantent la mélancolie des souvenirs d’amours défuntes, la magie des légendes rhénanes, la beauté mouvementée de la vie urbaine moderne. Un véritable kaléidoscope.

 

Avis : Ce recueil de poèmes ne m’inspirait pas vraiment à la base. La couverture est neutre, simple : peut-être est-ce ce qui la rend attirante.

Certains poèmes d’Alcools m’ont touché, j’ai particulièrement aimé « L’Adieu », court, concis, mais efficace, ainsi que « La Loreley » et « Le Brasier ». J’ai trouvé certains poèmes vraiment beaux, plein de douceur ou touchant dans leur tristesse. Apollinaire semble parfois nous livrer ses sentiments, nous parler de sa vie, de ses amours déçues ou perdues. Par contre, je dois avouer que je suis passée à côté d’autres poèmes. Je n’ai pas compris certains d’entre eux, je ne les ai pas appréciés autant que les autres. Son recueil est très hétérogène : il nous parle de la ville, de femmes ou de filles, puis de Nature. Les formes des poèmes varient : certains sont faits de rimes, d’autres sont complètement décousus. Apollinaire fait de nombreux rejets : il ne finit sa phrase que dans le vers suivant. C’est assez perturbant, même si cela lui permet de faire rimer ses vers. Par contre, j’ai aimé les derniers poèmes d’Alcools, ceux qui n’ont pas de titre : l’auteur met ses sentiments à nu, il semble que ces poèmes aient été écrits sur le vif, d’un coup, sans qu’il y ait réfléchi énormément. Il semble qu’il ait été inspiré.

Concernant Le Bestiaire, les illustrations sont très particulières mais correspondent bien à l’esprit du recueil. Par contre, je n’ai pas compris pourquoi Apollinaire était centré sur Orphée, et ce que les animaux avaient à voir avec lui. Dans ce recueil, l’auteur parle de différentes choses, époques, qui semblent n’avoir rien à voir ensemble. Le cheval fait notamment référence à Pégase, le dromadaire a à voir avec une histoire portugaise mais les autres … Il faut avoir une très grande culture générale pour comprendre ces poèmes, culture que je ne semble pas posséder … Mais cela n’enlève rien à la beauté des vers.

Finalement, pour le Vitam impendere amori, j’ai apprécié les poèmes. Ils sont comme ceux qui n’ont pas de titre à la fin d’Alcools : l’auteur semble inspiré. Ces vers nous font ressentir le regret, la tristesse et la nostalgie de l’auteur.

 

En fin de compte, un recueil très divers, composé de tout type de poèmes, qui requiert une grande culture générale. Certains poèmes valent vraiment le détour !   

Lorenzaccio de Alfred de Musset

Posté : 10 juin, 2013 @ 9:26 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Lorenzaccio de Alfred de Musset dans Avis littéraires couv22166241-177x300Genre : Théâtre, Classique

Editeur : GF

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 277

Synopsis : Dans la Florence des Médicis, le jeune Lorenzo projette en secret l’assassinat de son cousin, le tyran Alexandre. Tentative désespérée de changer le cours de l’Histoire en faisant triompher la cause républicaine ? Ou œuvre d’un individu d’exception, désireux de laisser son nom à la postérité ? Sous le masque de ce personnage « glissant comme une anguille », double de Brutus l’Ancien comme de Hamlet, se laisse entrevoir, de loin en loin, le moi déchiré de l’auteur, enfant du siècle. Entre cynisme et idéalisme, débauche et héroïsme, la figure énigmatique de celui que l’on surnomme Lorenzaccio a inspiré à Musset ce chef d’œuvre du drame romantique.

 

Avis : La couverture est très symbolique : le rouge, symbole du sang, mais aussi de la révolution ; le bras tenant l’épée, reculé pour frapper ; le décor rappelant une ville Romaine (Rome ou Florence ?). On ne peut s’empêcher de penser que ce bras est celui de Lorenzo, tuant le duc tyrannique de Florence.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Lorenzo. Je le trouve courageux, avec ses rêves de liberté, de gloire et de république. Avoir abandonné sa vie, sa jeunesse, ses occasions pour devenir un débauché et atteindre un but qui, finalement, ne lui apportera rien, c’est faire bien plus que tout ce qu’auraient fait les républicains, velléitaires et hypocrites. Lorenzo est un personnage très ambigu, notamment par le fait qu’il appelle le jour de son meurtre, le jour de ses noces et qu’il semble douter du bien-fondé de son geste. Doit-il tuer le duc, qui ne lui a pas fait de mal personnellement ? Doit-il abandonner l’idée de son meurtre et supporter la tyrannie auprès de sa mère et de sa tante, Catherine ? Il hésite ainsi tout le long du livre, tout en sachant pertinemment qu’il finira par assassiner le duc. Celui-ci, d’ailleurs, est un personnage assez agaçant : lui aussi ne cesse d’hésiter entre défendre Lorenzo, qu’il semble aimer plus que comme un cousin (étant donné qu’il l’appelle mignon) et affirmer son pouvoir face au cardinal Cibo, à Sire Maurice et à Valori. Il est libertin, débauché et tyrannique, mais il ne semble pas se rendre compte des conséquences de ses actes. Le véritable détenteur du pouvoir est le cardinal Cibo, qui manipule autant le duc que la marquise Cibo, une femme forte prête à sacrifier son mariage pour la République. Les Strozzi jouent un certain rôle dans l’intrigue : Philippe nous révèle qui est vraiment Lorenzo, Pierre complote contre le pouvoir sans savoir que ce qu’il entreprend de faire sera fait par quelqu’un, et la pauvre Louise est la victime suprême de la débauche florentine.  

Musset dénonce ici, à travers l’histoire de Lorenzo de Médicis, la société de son époque, qui confisqua la révolution aux républicains. Il y a beaucoup d’allusions aux années 1830 disséminées dans le récit. Certains personnages correspondent à des gens de son époque. On retrouve également des allusions à la république : le bonnet phrygien, les pavés, les barricades ; et même des critiques d’intellectuels de l’époque comme Victor Hugo, accusé de défendre tour à tour la monarchie et la République.

 

En définitive, une pièce complète, facile à comprendre, et qui nous montre deux histoires à la fois : celle de Lorenzo de Médicis, en Italie, et celle de la Révolution avortée de Juillet 1830 en France.   

L’écume des jours de Boris Vian

Posté : 8 avril, 2013 @ 8:02 dans Avis littéraires | 6 commentaires »

L'écume des jours de Boris Vian dans Avis littéraires 51ifi5xzmjl._sl500_aa300_Genre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 335

Synopsis : Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant. Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre-culte depuis plus de soixante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir. Seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains …

 

Avis : J’avais un très mauvais à-priori sur cet auteur : le seul livre que j’avais lu était J’irai cracher sur vos tombes et je pense que j’étais trop jeune pour le lire (il m’a traumatisé !). Cette année, en littérature, on nous a conseillé de lire L’écume des jours. Je me suis dit que c’était l’occasion de tenter de nouveau une de ses œuvres.

Je l’ai trouvé assez spécial, je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de romans mais, contrairement à d’autres livres que j’ai pu lire de ce genre, j’ai aimé celui-ci. Je me suis attachée à certains personnages, déplorée l’attitude d’autres ; en ai encouragée certains et me suis attristée pour d’autres. Je n’ai pas ressenti de grandes émotions mais j’ai beaucoup souri en lisant certaines phrases, soupiré pour d’autres. J’y ai trouvé quelques citations marquantes comme « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est celui de chacun. ». Tout est dit en finesse, sans vulgarité, beaucoup de choses sont sous-entendues.

Ce roman ressemble à la vie, en un peu plus surréaliste. Il y a beaucoup de métaphores que l’on peut interpréter à sa guise et assez de critiques (comiques ou sérieuses ?). J’ai aimé les nombreux jeux de langue et les néologismes. C’est aussi une belle histoire d’amour. Les deux personnages principaux sont très amoureux l’un de l’autre, ça se voit, ça se sent et ça nous fait rêver. D’autres histoires d’amour parsèment le roman dont celle de Chick et Alise, bien différente de celle de Colin et Chloé !

On découvre vite que, comme le dit le synopsis, c’est « à la fois comique et poignant, heureux et tragique ». On sait qu’il se passera quelque chose de « grave », qui gâchera tout. J’ai trouvé très poétique l’idée du nénuphar, que l’on retrouve avec Chloé et avec Colin. Le rétrécissement des pièces de la maison, la perte de l’argent économisé, ainsi que la perte de la lumière montre bien la déchéance des personnages qui, pourtant, ne sont pour rien dans cette descente aux Enfers. J’ai aimé la petite souris, que je me suis efforcée d’imaginer comme la décrivait l’auteur, dans son physique et dans ses gestes. L’obsession de Chick pour Sartre pourrait être une critique de l’auteur sur les gens qui s’attachent à des personnes qu’ils ne connaissent pas et qui collectionnent des choses sans importance comparées à ce qu’il perde mais aussi une critique de Sartre lui-même.

La fin est assez triste, on pourrait presque parler de tragédie. Contrairement à d’autres romans, on sait ce qu’il adviendra du personnage principal, ce qui nous épargne la frustration. C’est un roman achevé, qui ne laisse aucun suspense.

 

En définitive, un roman que j’ai beaucoup aimé et qui rattrape le traumatisme du premier Boris Vian lu. Une fresque réaliste et une belle histoire d’amour : à lire.      

 

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