Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

La Leçon d’Eugène Ionesco

Posté : 20 avril, 2014 @ 10:04 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

La LeçonGenre : Théâtre

Editeur : Folio

Année de sortie : 1994

Nombre de pages : 131

Synopsis : La Leçon est l’une des pièces les plus jouées et les plus lues d’Eugène Ionesco. Elle commence comme une satire hilarante de l’enseignement, pour faire allusion ensuite à de savantes théories linguistiques ; le ton, alors, change : la farce se termine en tragédie lorsque le professeur tue son élève. Mais cette tragédie est, elle aussi, parodique : chacun lui donne le sens qu’il veut.

 

Avis : Je n’avais jamais lu aucune œuvre d’Eugène Ionesco avant cette pièce. J’avais déjà entendu des avis mitigés sur Rhinocéros, donc j’appréhendais un peu.

J’ai bien aimé cette pièce, même si je ne peux pas dire que j’ai adoré. Elle est très comique, et en même temps tragique. On ne peut pas vraiment la classer dans un genre défini, c’est sans doute pour cette raison que le dramaturge lui-même l’a appelé « Drame comique ». Au début, j’ai beaucoup ri : la situation est vraiment ridicule, et même absurde, et on ne peut pas s’empêcher. Mais vite, on se rend compte que quelque chose d’autre se cache derrière, même si on ne peut pas vraiment mettre de mot dessus. Quelque chose ne va pas, et on sent que ça va mal finir.

Cette pièce donne une très mauvaise image de l’éducation de l’époque (qui, paraît-il, a encore empiré), et de l’homme, qui n’a aucune patience, et ne sait pas faire d’efforts. Le professeur, au fil de la pièce, s’énerve de plus en plus, et ne se calmera qu’une fois que le pire aura été commis. La bonne cherche à le tempérer, à prévenir ce qui va arriver, mais toujours en vain. Elle ne peut rien faire contre le vice du professeur. Il s’insinue et finit par faire des dégâts.

La fin est prévisible au fur et à mesure que l’on a compris ce que le professeur « manigance ». Ses cours sont incompréhensibles, l’élève est terrassée avant même la fin de la pièce. Et l’on découvre encore pire … Tout s’explique bien sûr à la fin !

 

En définitive, une pièce agréable, absurde, à lire, je suppose, pour avoir un aperçu du théâtre moderne.

La comédie de la comédie suivie de La comédie des arts et de Poèmes à jouer de Jean Tardieu

Posté : 16 avril, 2014 @ 9:04 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

La comédie de la comédie Genre : Théâtre

Editeur : Folio

Année de sortie : 1990

Nombre de pages : 344

Synopsis : La réédition en Folio du théâtre de Jean Tardieu, commencée par La comédie du langage, se poursuit avec le présent recueil. Il est intitulé La comédie de la comédie, qui est aussi le titre de la première partie du livre. Elle comprend des parodies de certains usages désuets (les conventions bourgeoises, les « apartés », etc) ainsi que quelques fables modernes, comme Faust et Yorick. La deuxième partie, La comédie des arts, loin de prétendre se moquer de la peinture ou de la musique (on sait la fascination qu’elles exercent sur l’auteur), se borne à faire rire ou sourire – parfois avec tendresse et nostalgie – de la façon dont, parfois, on en parle. La troisième, Poèmes à jouer, est une gerbe imprévue où éclatent les dons contradictoires de Jean Tardieu, son humour et sa profondeur. Pour lui la poésie est, à la fois, la solitude et la rencontre, le livre et le théâtre. Elle passe de l’un à l’autre en ouvrant toutes les portes. Voilà pourquoi, sans doute, ces courtes pièces, variées et plaisantes, sont de plus en plus appréciées et jouées par les jeunes, en France comme ailleurs.

 

Avis : Je ne connaissais pas du tout cet auteur avant de l’étudier cette année. J’ai beaucoup aimé cette œuvre !

C’est un livre assez composite, très drôle et très sympathique. Ce n’est pas une longue pièce de théâtre, c’est un ensemble de pièces, que l’on trouve plus ou moins à son goût, auxquelles on s’intéresse plus ou moins. Certaines sont très profondes, d’autres sont très drôles, et d’autres encore sont … inqualifiables. On ne peut pas mettre d’étiquette sur cette œuvre, elle est unique.

Dans La comédie de la comédie, l’auteur prend certains aspects du théâtre, et fait une pièce dessus, par exemple, une sur les monologues, ou une sur les apartés. Cette dernière est vraiment drôle dans la mesure où les personnages parlent pour ne rien dire, clairement ! Tout ce qui compte, ce sont les apartés, toutes les choses sérieuses sont dites à cet endroit. Certaines pièces sont très profondes, comme « Une consultation ». Quant à La comédie des arts, c’est la partie que j’ai le moins aimée. C’était drôle, mais j’ai quand même préféré le reste. On peut dire que l’auteur se moque de ceux qui voient certaines choses dans l’art, mais, c’est vrai qu’il ne se moque pas de l’art en lui-même. Cette partie m’a semblé très intéressante : elle donne des noms d’œuvres, elle montre comment certaines personnes voient l’art et nous donne une autre façon de l’apprécier. Enfin, les Poèmes à jouer sont la partie que j’ai préférée. Certains sont vraiment très profonds et donnent à réfléchir ; seuls le premier et le dernier ne m’ont rien fait ressentir à cause des indications scéniques (en réalité, si l’on ne prend que les répliques du dernier, il est super !).

Il est difficile de dire quelque chose de plus. On sait que ce sont des pièces avec les indications scéniques, et on peut se les imaginer sur scène, même si ce serait mieux de les voir. Mais, il faut avoir lu les Poèmes à jouer par exemple, pour comprendre la profondeur de l’auteur.

 

En définitive, une œuvre très intéressante que j’ai beaucoup aimé ! Si les livres de Jean Tardieu sont toutes comme ça, je veux bien toutes les lire.  

Ubu roi d’Alfred Jarry

Posté : 14 avril, 2014 @ 5:58 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Ubu roi Genre : Théâtre

Editeur : Folio

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 140

Synopsis : Le personnage d’Ubu, né d’une pièce créée par des lycéens, est devenu le symbole universel de l’absurdité du pouvoir, du despotisme, de la cruauté. Jarry en montre le ridicule, lui oppose l’arme que les faibles gardent face aux tyrans, la formidable liberté intérieure que donne le rire. Le sens du comique et de l’humour change le tyran en marionnette, en ballon gonflé d’air.

 

Avis : Je n’ai jamais été attirée par cette œuvre, et j’avoue l’avoir lue parce que j’y étais obligée. Ni la couverture ni la quatrième de couverture ne me tentait.

Pas de vers dans cette pièce, comme on peut s’y attendre, étant donné que c’est une œuvre moderne, et que ce n’est pas une tragédie à proprement parler. Certains mots sont des néologismes, mais on peut facilement savoir ce qu’ils veulent dire, d’autres restent assez flous ; seules les notes à la fin de l’œuvre permettent de comprendre. Les personnages sont nombreux, mais facilement à distinguer les uns des autres. Apparemment, ils ont presque tous une origine historique : la pièce se passe en Pologne, le roi s’appelle Venceslas et deux de ses fils sont Ladislas et Boleslas ; des personnages du même nom ont effectivement existé. On peut dire la même chose pour Jean Sobieski, le capitaine Bordure, Stanislas Leczinski. Sans les notes, je n’aurai absolument pas compris la référence. La pièce est découpée en cinq actes qui rapportent tous un événement du règne d’Ubu.

L’histoire est vraiment loufoque : le père Ubu vit en Pologne, et la mère Ubu lui donne l’idée de tuer le roi pour s’emparer du pouvoir. Il l’écoute, se retrouve roi et fait toutes sortes de choses qu’un roi ne fait pas quand il est au pouvoir, sous peine de devenir un tyran, et ici, clairement, un monstre. Aucune morale, aucune cohérence dans les actions : Ubu fait ce que bon lui semble, et se fiche complètement de ce que les autres personnages peuvent penser ou lui conseiller. On sent que cela ne pourra pas durer comme cela ! Il va même jusqu’à gérer les finances seul, et à aller recueillir les impôts dans les maisons des paysans ! J’ai eu du mal à m’imaginer la fin mais, en la lisant, je me suis dit qu’elle était assez logique : la pièce est très comique, on l’imagine mal différente.

Les personnages sont très étranges, et complètement absurdes pour la majorité. Ubu est très influençable, sa femme le dicte un peu comme elle veut au début de la pièce, mais il devient clairement incontrôlable par la suite. Il est dans l’excès le plus total. C’est un tyran, un monstre, un homme qui n’est absolument pas fait pour gouverner. Ses décisions sont prises selon son bon vouloir, et non pour le bien de qui que ce soit, si ce n’est le sien. Il semble toujours bien s’en sortir, les autres prennent à sa place. La mère Ubu, elle, rêve de couronne, et pousse son mari à la prise de pouvoir. On peut dire que cela se retourne un peu contre elle. Elle se rend compte que son mari va trop loin, le prévient, mais ne peut rien faire contre lui. La famille royale est très vite évincée. Bougrelas est l’image du prince combattant pour l’honneur de sa famille. Le capitaine Bordure est un homme très versatile, les autres personnages sont un peu plus effacés : certains sont bêtes, d’autres se rebellent contre Ubu, et reviennent finalement vers lui.

Les descriptions de ce que fait Ubu à ceux qui le dérangent sont assez comiques : des néologismes sont utilisés, on imagine mal la scène tellement c’est absurde, certaines choses sont clairement impossibles. J’ai ri à certains passages.

 

En définitive, une pièce absurde pleine de choses étranges. Je ne peux pas dire que j’ai vraiment aimé. Décidément, les comédies ne sont pas faites pour moi !

Hernani de Victor Hugo

Posté : 13 avril, 2014 @ 2:25 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Hernani Genre : Théâtre

Editeur : Librio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 143

Synopsis : « Je suis une force qui ! / Agent aveugle et sourd de mystères funèbres ! » Bien qu’il soit voué à la vengeance, bien qu’elle soit promise au duc Gomez, Hernani et doña Sol s’aiment. L’intensité de cette passion déchire le cœur du héros. Parce que le père du roi d’Espagne a jadis tué le sien, Hernani s’est juré d’exécuter son fils, don Carlos. Unis et désunis par la même femme, les trois hommes devront choisir entre l’honneur et l’amour. Avec ses personnages excessifs, ses intrigues multiples, son mélange de grotesque et de sublime, Hernani signe l’acte de naissance du théâtre romantique. 

 

Avis : J’aime beaucoup les œuvres de Victor Hugo, bien qu’il m’en reste un certain nombre à lire. En étudiant le théâtre, il a bien fallu que je lise Hernani !

Le style est assez différent de celui des tragédies classiques que je viens de lire. Les vers, pour être complets, sont à raccrocher au vers suivant. Dès le début, les répliques des différents personnages s’enchâssent pour faire un vers entier. De ce fait, on ne se rend pas tout de suite compte des rimes. Une autre différence avec le théâtre classique : cette pièce comporte de nombreuses didascalies, de nombreuses indications de décors, de costumes, etc. C’est beaucoup plus facile d’imaginer les personnages, leurs déplacements sur scène, leur ton, leurs expressions, leurs gestes.

L’histoire promettait déjà d’être tragique, et la citation choisie dans le synopsis n’annonçait rien de bon. Un homme conduit par la vengeance, une femme promise à un vieillard amoureuse d’un bandit, un roi qui se prend pour le roi du monde : les personnages, comme l’annonce la quatrième de couverture, sont bien excessifs, presque caricaturaux. Il est vrai que la pièce opère un étrange mélange entre le grotesque et le sublime, le comique et le tragique. Certaines scènes font pouffer, d’autres frissonner pour les personnages. Et, comme dans les tragédies classiques, on s’imagine que le happy end est possible … Ce qui est vraiment tragique et sublime à la fois, ce sont surtout les longues répliques ou les monologues d’Hernani. On comprend, grâce à cela, tout ce qui le pousse à agir et tout ce qu’il ne contrôle pas. Il semble, comme dans les tragédies antiques et classiques, poussé par des forces auxquelles il ne peut pas échapper. Et parmi ces forces se trouvent l’honneur : il ne peut pas vivre déshonoré, il se doit se respecter ses promesses. Pourtant, j’ai trouvé une légère incohérence dans l’histoire : il jure de tuer le nouveau roi, il ne respecte pas cette promesse, mais il se sent obligé d’obéir à celle qu’il a fait au duc Gomez ; dans le cas contraire, il serait déshonoré et ne saurait vivre comme cela.

Donc les personnages sont excessifs : doña Sol est une femme passionnée, amoureuse d’Hernani. Elle ne peut et ne veut rien faire contre cet amour. Elle semble construire sa vie autour de lui : si elle le perdait, elle ne serait plus, on le comprend tout le long de l’histoire, quand elle s’arrange pour toujours avoir un poignard à portée de main. Don Gomez est le grand opposant de l’histoire, même s’il jouera quelques instants le rôle d’adjuvant. Il est celui qui ne se rend pas compte de ce qu’il fait, il ne se rend pas compte qu’il complique tout et qu’il apporte le malheur autour de lui. C’est ce personnage qui décidera du dénouement de la pièce. Don Carlos, le roi Charles Quint, est un personnage assez étrange. Il veut d’abord tout posséder, tout obtenir, mais il change brusquement d’attitude lorsqu’il se trouve dans le tombeau de Charlemagne. Il veut devenir un grand empereur et se rend sans doute des responsabilités qui lui incomberont. D’autres personnages, surtout les proches du roi, profitent de ses actes pour avoir des titres.

La fin est prévisible, même si on aimerait qu’elle soit différente. On ne peut s’empêcher de se dire que c’est vraiment dommage, que ça aurait pu se passer différemment. Mais peut-être la pièce aurait perdu de sa superbe si elle avait eu une autre fin.

 

En définitive, une très belle pièce, qu’il faut avoir lu si l’on aime le théâtre et la littérature !

La double inconstance suivi d’Arlequin poli par l’amour de Marivaux

Posté : 5 avril, 2014 @ 9:03 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

La double inconstanceGenre : Théâtre

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 1995

Nombre de pages : 136

Synopsis : Arlequin et Silvia, jeunes villageois, sont amoureux l’un de l’autre. Mais le Prince aime Silvia et, pour la conquérir, doit détourner d’elle Arlequin. Il charge donc Flaminia, une grande dame de la cour, de séduire le jeune homme.
En 1723, La Double Inconstance voit ainsi se défaire le couple d’Arlequin et de Silvia qui, trois ans plus tôt, dans Arlequin poli par l’amour, avait su résister aux intrigues d’une puissante Fée qui s’était éprise du jeune homme. La seconde comédie serait-elle donc la suite pessimiste et désabusée de la première ? Sans doute non. Il y avait une sorte de vérité dans l’amour d’Arlequin et de Silvia au début de La Double Inconstance : ils en ont découvert une autre à la fin. Car comme toujours chez Marivaux, au-delà des masques et des feintes, il s’agit pour chacun de mieux comprendre ce qu’il est.

 

Avis : Je n’aime vraiment pas la comédie, j’ai lu assez de Molière pour m’en rendre compte ! En commençant ce livre, je ne savais pas que c’en était une. Je m’en suis rendue compte rapidement. Et finalement, j’ai préféré cette œuvre à tous les Molière que j’ai lus !

Lest deux histoires sont simples : Arlequin est amoureux de Silvia, Silvia est amoureuse d’Arlequin, et le Prince a enlevé la jeune fille parce qu’il l’a vue une ou deux fois et qu’il en est tombé instantanément amoureux. Elle se lamente de ne pas voir son amant, il se lamente d’avoir été séparé de son amante. Le Prince est au désespoir quand une des femmes proches de lui, Flaminia, dit pouvoir faire en sorte de les séparer. Ainsi, le stratagème est raconté tout le long de la pièce, et c’est vrai que c’est assez comique dans la mesure où Arlequin et Silvia ne se rendent compte de rien. Le fait, également, que Silvia tombe sous le charme du Prince sans le connaître est assez drôle : elle le croit autre et lui parle du Prince de façon assez désinvolte. De plus, Flaminia utilise l’amour-propre des personnages pour les séparer, ce qui marche assez bien. On voit bien ici que cette sorte d’amour vainc les petites amourettes assez facilement. Dans la deuxième, Arlequin a été enlevé par la fée, qui cherche à le séduire. Mais il rencontre Silvia, dont il tombe amoureux sur le champ.

Les personnages sont drôles, mais on ne peut pas dire qu’ils soient attachants. Arlequin fait l’imbécile, trouve des prétextes pour faire rire, Silvia passe assez facilement de son amant à son futur mari, Flaminia est une très bonne manipulatrice, Trivelin est souvent ridiculisé. Dans la deuxième pièce, il existe aussi un stratagème, et cette fois, c’est la fée qui est ridiculisée. Les personnages principaux sont les mêmes que dans La double inconstance. Les sentiments entre les personnages viennent très facilement, étant donné que tout est caricaturé.

J’ai trouvé cette pièce assez longue, j’avais hâte que ça se termine. De toutes les comédies que j’ai lues, on va dire que c’est l’une de celles que j’apprécie le plus. Je n’ai pas beaucoup ri, mais je suppose que c’est parce que je n’étais pas vraiment dedans.

 

En définitive, une bonne comédie, intéressante, qui montre bien les travers des hommes.

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