Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Rebecca de Daphné du Maurier

Posté : 9 août, 2016 @ 3:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique Rebecca

Editeur : Avon

Année de sortie :1971 

Nombre de pages : 380

Synopsis : « Last night I dreamt I went to Manderley again. » So the second Mrs. Maxim de Winter remembered the chilling events that led her down the turning drive past the beeches, white and naked, to the isolated gray stone manse on the windswept Cornish coast. With a husband she barely knew, the young bride arrived at this immense estate, only to be inexorably drawn into the life of the first Mrs. de Winter, the beautiful Rebecca, dead but never forgotten … her suite of rooms never touched, her clothes ready to be worn, her servant – the sinister Mrs. Danvers – still loyal. And as en eerie presentiment of evil tightened around her heart, the second Mrs. de Winter began her search for the real fate of Rebecca … for the secrets of Manderley.

 

Avis : [Je n'ai pas eu Internet pendant un long moment, et j'avais complètement oublié que cette chronique n'était pas publié ... Elle était écrite pourtant ! Excusez-moi pour le retard !!]

Cette fois, mon petit ami a choisi un livre au hasard pour moi : Rebecca, grâce à sa couverture rouge, qui, soit dit en passant, est plutôt belle.

Avec le résumé, et les commentaires que j’avais lus, je pensais directement arriver dans le vif du sujet, déjà me retrouver à Manderley, à chercher les petits secrets de Rebecca, et le fin mot de l’histoire à propos de ce qui lui est arrivé. Mais, en réalité, ce livre commence par la fin ! Ou en tout cas, tout est déjà fini quand le lecteur ouvre le roman. Donc, en quelque sorte, on sait déjà comment tout s’est terminé, il nous faut « juste » (haha !) découvrir la vérité sur la mystérieuse Rebecca qui hante la nouvelle Mrs. De Winter. Après cette fin anticipée, la narratrice nous raconte l’histoire depuis le début. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman à cause de cela ; j’avais envie de découvrir Manderley, et je trouvais la rencontre entre la narratrice et Maxim de Winter assez longue, même si intéressante. Enfin, Manderley … J’ai adoré l’ambiance de cette maison : ancienne, gothique, entourée de jardins mystérieux et sombres, à proximité de la mer, qui peut être un tableau enchanteur ou un décor sinistre. Et l’atmosphère oppressante, mystérieuse, qui pèse sur elle à cause de Rebecca, une femme fantôme, un souvenir persistant, celle que tous aiment et que la narratrice ne peut que craindre. Le mystère qui flotte autour de cette femme est épais, et, avec la vision de la narratrice, il est difficile pour le lecteur de se faire une véritable idée d’elle ; et pourtant, des indices sont disséminés un peu partout pour mettre sur la piste de l’obsédante Rebecca. En effet, la narratrice devient vraiment obsédée par cette femme : elle ne se sent pas chez elle dans sa propre maison, ne se sent pas maîtresse de ses domestiques, ni la femme de son mari. Rebecca est partout, dans Manderley, dans les paroles et les esprits de tous.

Concernant la narratrice, dont on ne connaît pas le nom, je dois dire qu’elle m’a parfois un peu agacée, peut-être parce que je comprenais ses réactions et que j’aurais sans doute ressenti de la même façon. Amoureuse folle, elle est persuadée que Rebecca est une femme parfaite que personne ne peut oublier, et qu’elle n’est pas à sa hauteur. Effacée, elle veut à la fois savoir comment était cette femme, et ne pas savoir, l’oublier, la faire disparaître de sa vie, alors même qu’elle est déjà morte. Effrayée par sa nouvelle vie, elle n’ose pas prendre sa place, n’ose pas donner d’ordres et faire valoir ses droits. J’ai compris la plupart de ses réactions, ainsi que ses réflexions sur la mémoire, le temps, l’amour. J’ai fini par m’attacher à ce personnage, très rêveur, qui imagine beaucoup de choses qui ne se réalisent pas la majeure partie du temps, mais qui prend aussi beaucoup de résolutions qui tombent en poussière une fois devant le fait accompli. Elle est l’opposée de Maxim de Winter, son mari, un homme aussi mystérieux que son ex-femme, mystère que le lecteur met sur le compte de son désespoir causé par la perte de Rebecca. Son attitude peut changer très rapidement, sans raison apparente, et il peut sembler réagir de façon excessive. Tout s’éclaire à la fin, le lecteur comprend le personnage qui restait jusque-là assez hermétique ; cette fin permet aussi de s’attacher à Maxim, qui restait assez antipathique. Vient ensuite Mrs. Danvers, que l’on voit venir de loin, le mal incarné pense le lecteur. Elle est elle aussi mystérieuse au début, même s’il est déjà possible de sentir son animosité face à la narratrice, et de la comprendre comme une première rencontre difficile après la mort de la maîtresse. Mais sa fidélité va si loin qu’elle est prête à faire souffrir tous les vivants autour d’elle pour rester loyale à Rebecca. Elle est effrayante, mais aussi étrangement touchante par moments, peut-être grâce à la personnalité de la narratrice, qui tente quand même de voir en elle quelqu’un d’humain. Evidemment, Rebecca est omniprésente. Je ne veux pas en dire trop sur elle, je ne veux pas spoiler quoi que ce soit. Elle est, évidemment, superbe, merveilleuse, charmante, agréable avec tous, et adulée de tous. [SPOILER] quel choc de comprendre qui elle est vraiment ! [fin du spoil]. D’autres personnages sont présents ici comme Favell, peut-être le macho par excellence, en tout cas un homme sans gêne et dégoûtant, Frith, que j’ai apprécié, peut-être pour son côté solennel parfois réconfortant, Robert, qui travaille aux côtés de Frith et qui lui aussi est plutôt sympathique, Clarice, la jeune femme de chambre par excellence, agréable et légère, Colonel Julyan, un homme qui a des principes et qui veut rendre justice sans entacher la réputation de qui que ce soit, Mrs. Van Hooper, au combien énervante, et qui, comme pratiquement tous les personnages, n’a rien compris au caractère de Maxim et à ce qui est vraiment arrivé.

Ce livre montre bien l’impact d’un mensonge sur une relation, et, finalement, ses conséquences désastreuses sur la vie de tous. Je n’ai pas pu m’empêcher d’être agacée : quand on aime quelqu’un à ce point, qu’on vit avec cette personne, qu’on partage sa vie, et qu’on veut finir celle-ci avec elle, comment mentir, comment cacher une chose aussi importante aussi longtemps ? La vie de tous les personnages aurait pu être différente, meilleure peut-être ! Quel gâchis ! Ce roman nous enseigne ainsi une leçon de plus à ce propos. Une autre leçon : [SPOILER] ne jamais se laisser avoir par l’apparence des gens, on ne les connaît jamais vraiment, encore moins s’ils paraissent parfaits !

Le fin mot de l’histoire m’a vraiment surprise, je ne m’y attendais vraiment pas ! La toute fin, quant à elle, m’a bouleversée et déçue. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais j’aurais tellement voulu que cela se passe autrement ! J’aime tellement Manderley … Et pourtant, au début, je savais déjà ce qui allait se passer ! C’est dire le choc !

 

Donc, une très bonne lecture, une atmosphère pesante dans un lieu magique, un dénouement qui m’a laissé bouche bée, et une belle leçon sur le mensonge et l’apparence !

 

Sense and Sensibility de Jane Austen

Posté : 4 juillet, 2016 @ 8:18 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique, RomanceJane Austen

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 1996

Nombre de pages : 1336

Titre en français : Raison et sentiment

Synopsis : Enduringly popular, treasured and enjoyed, the seven great novels of Jane Austen. Few novelists have conveyed the subtleties and nuances of their own social milieu with the wit and insight of Jane Austen. Through her vivacious and spirited héroïnes and their circle, she paints vivid portraits of English middle-class life as the eighteenth century came to a close. Each of the novels is a love story and a story about marriage – marriage for love, for financial security, for social status. But they are not mere romances; ironic, comic and wise, they are masterly studies of the society Jane Austen observed. The seven novels contained in this volume cover the literary career of one of England’s finest prose stylists of any century.

 

Avis : J’ai fait la découverte de Jane Austen en mai, avec la lecture de Pride and Prejudice. J’avais hâte de renouveler l’expérience, et j’ai choisi Sense and Sensibility.

Contrairement à P&P, je n’ai pas eu de mal à entrer dans l’histoire : je sais que l’installation de l’intrigue doit se faire, même si elle peut paraître longue, ou si elle ne donne pas tout de suite envie de plonger dans le livre. Cette fois, cela ne m’a pas gêné. En revanche, j’ai eu peur de me lasser de cette histoire, au cas où elle ressemblerait à celle que j’avais déjà lue, ainsi que des personnages, que j’allais forcément comparer avec Elizabeth, Jane ou Mary. C’était vraiment méconnaître le talent de l’auteure ! Certes, l’action des deux romans se situent en Angleterre, dans une société bourgeoise et impliquent des histoires d’amour et de mariage, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont identiques ! En effet, les intrigues n’ont pas grand-chose à voir, excepté l’importance de l’amour et du mariage, ainsi que le rôle de la famille et de la société. Si j’ai aimé dès le début, le livre n’a pas eu le même impact que Pride and Prejudice, même s’il est vrai qu’il m’a fait passé par beaucoup d’émotions, notamment la colère et la tristesse face à la situation des protagonistes. Ici encore, même s’il n’y a pas d’action dans le sens de celle qu’on trouve dans les romans d’aventure ou fantastiques, celle-ci réside dans les rebondissements amoureux, les coups bas, le soutien de la famille ou d’amis ; cela bouleverse autant le lecteur que par des scènes d’action pure. L’amour est évidemment central dans ce livre : il est ressenti par tous les personnages à des degrés différents ; certains sont consumés par la passion quand d’autres sont raisonnables à l’excès, se contiennent tant que leurs proches finissent par penser qu’ils ne ressentent rien. Comme pour ma précédente lecture, il n’y a pas de caricature amoureuse, ou alors, elle est révélée par l’auteure en tant que telle : cela fait du bien de lire une histoire d’amour authentique où l’héroïne ne court pas après l’amour, et où elle ne tombe pas invariablement dans les bras d’un éphèbe ténébreux qu’elle seule peut comprendre (non non, je ne ressens aucune hostilité envers les histoires d’amour surfaites haha !). Encore une fois, l’intrigue est assez mystérieuse, dans le sens où le lecteur ne comprend pas tout ce qui se passe, n’a pas toutes les cartes en mains pour démêler les nœuds savamment noués par l’auteure : les rebondissements existent par manque de compréhension de la part des personnages et du lecteur. Concernant l’environnement familial, encore une fois, je me suis sentie bien, comme dans un cocon, tant la famille Dashwood est agréable. On sent la protection et l’amour qui en émane, le lien particulier qui lie les sœurs entre elles. La promiscuité de la famille ne l’empêche pas d’être joyeuse et avenante. Concernant les lieux, j’ai été moins frappée que dans Pride and Prejudice, ils m’ont semblé avoir moins d’importance, mais j’ai tout de même beaucoup aimé me promener avec les sœurs. L’écriture est toujours aussi excellente, j’adore l’ironie que l’on perçoit dans le ton du narrateur, c’est vraiment agréable !

Elinor Dashwood est le personnage principal ici. Ainée de la famille, elle semble faire tout ce qui est en son pouvoir pour prendre un peu du fardeau des autres sur elle, pour les soulager de leurs souffrances, sans pour autant leur donner un peu du sien en partage. Si Elinor souffre, c’est en silence, et seul le lecteur est mis au courant et compatit. La raison gouverne complètement le personnage : elle est capable de voir celui qu’elle aime lui échapper sans montrer son désespoir quand elle le rencontre, ou quand on lui parle de lui. J’ai beaucoup aimé ce personnage, j’ai compris sa façon de prendre sur elle, et je n’ai pas pu m’empêcher de trouver cela courageux, même si Elinor n’en est pas consciente. Marianne, quant à elle, est tout le contraire de sa sœur. Tout le monde sait ce qu’elle ressent, elle est incapable de cacher ses sentiments, qu’elle souffre, qu’elle soit heureuse ou dédaigneuse. Malgré cet aspect de sa personnalité qui peut paraître agaçant à certains lecteurs, je l’ai également beaucoup aimé. Ce qu’elle vit est horrible, capable de briser une vie. Elle m’a vraiment fait mal au cœur, presque autant qu’Elinor. Concentrée sur elle-même, elle ne voit pas ce qui se passe autour d’elle, et ne cesse de s’apitoyer sur son propre sort. On a parfois envie que sa grande sœur la secoue : il faut vivre et ne pas perdre de temps pour des gens qui n’en valent pas la peine ! Le titre fait évidemment référence aux deux sœurs et à leurs réactions opposées face à ce qui leur arrive. J’ai eu du mal  à apprécier Edward, d’abord à cause du regard que Marianne porte sur lui, puis avec ce que l’on apprend de sa situation ; j’ai ressenti exactement l’opposé pour Willoughby, que j’ai apprécié, malgré son air arrogant. Colonel Brandon est très touchant, j’ai beaucoup aimé son personnage, qui mérite vraiment le bonheur après ce qu’il a vécu. J’ai également aimé Mrs Dashwood, la mère de la famille, qui m’a un peu fait penser à Mrs Bennet par le fait qu’elle pousse ses filles vers des hommes sans réfléchir et sans se rendre compte que ce n’est peut-être pas une bonne idée ! Margaret est plutôt effacée, mais a l’air de prendre exemple sur Marianne plutôt que sur Elinor. J’ai également aimé le personnage de Mrs Jennings, qui semble simple et joviale, bien qu’une vraie commère ! Il existe également dans ce livre des personnages qui font ressentir au lecteur des sentiments comme l’indignation, le dégoût, la colère, une envie de leur taper dessus ! C’est le cas de Lucy Steele, arrogante et cruelle, méchante de façon pernicieuse, et contre qui Elinor ne peut absolument rien faire, Mrs John Dashwood, qui se croit supérieure à ses belles-sœurs, les traite avec mépris et condescendance et a un tel pouvoir sur son mari qu’elle lui fait faire des choses aberrantes, ce mari, John Dashwood, qui prend des décisions hallucinantes en s’appuyant sur le bon sens (l’avarice surtout) de sa femme, et qui m’a dégoûté par son discours malheureux à des gens plus pauvres que lui et qui ne se plaignent pas !! Mrs Ferrars est également ahurissante : tant de bêtise en une même personne, doublée de cruauté et d’hypocrisie … Le lecteur rencontre également les Palmers, les Middletons et autres …

La fin est un soulagement, un vrai plaisir, le lecteur exulte … et a envie, encore une fois, de lire une suite !!

 

Donc, un excellent roman, fait d’amour (authentique) et de souffrance (contenue ou exprimée) qui mérite vraiment d’être lu !

Pride and Prejudice de Jane Austen

Posté : 15 avril, 2016 @ 2:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Pride and PrejudiceGenre : Classique

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 1996

Nombre de pages : 1336

Synopsis : Enduringly popular, treasured and enjoyed, the seven great novels of Jane Austen. Few novelists have conveyed the subtleties and nuances of their own social milieu with the wit and insight of Jane Austen. Through her vivacious and spirited héroïnes and their circle, she paints vivid portraits of English middle-class life as the eighteenth century came to a close. Each of the novels is a love story and a story about marriage – marriage for love, for financial security, for social status. But they are not mere romances; ironic, comic and wise, they are masterly studies of the society Jane Austen observed. The seven novels contained in this volume cover the literary career of one of England’s finest prose stylists of any century.

 

Avis : J’avais envie de lire un roman de Jane Austen depuis longtemps, et je me suis dit que commencer par Pride and Prejudice n’était pas mal !

J’ai eu peur d’avoir du mal au début, je ne suis pas entrée tout de suite dans l’histoire. J’ai pris le temps de me faire à l’atmosphère, à la famille que l’on rencontre, aux lieux. Et au fur et à mesure, comme Elizabeth, par glissement, et sans vraiment m’en rendre compte, je me suis laissée absorber, j’ai été complètement emportée, c’était comme si j’étais dans le livre, et j’avais hâte de connaître la fin !! Même s’il n’y a pas d’action à proprement parler – dans le sens, comme on l’entend quand on parle d’aventures ou de film d’action – le roman est parcouru de rebondissements, et je me demandais toujours comment la situation allait évoluer, et surtout, être intégrée par les personnages. Même si à peu près tout le monde sait comment l’histoire finit entre Elizabeth et Darcy, c’est tellement plus intéressant de comprendre comment on passe peu à peu d’un sentiment extrême à un autre. L’évolution que le lecteur perçoit chez la jeune femme n’a rien de caricaturale, ou de prévisible. Dans ce sens, j’ai trouvé que c’était un roman d’amour assez différent de ceux que l’on peut lire d’habitude : les sentiments ne sont pas évidents, il n’y a pas de coup de foudre, ni de changement de personnalité profond pour plaire à l’autre. C’est la compréhension de l’autre qui fait que l’on change de point de vue, mais cela n’altère pas la nature profonde, ou le caractère des personnages. En réalité, j’ai eu l’impression de plonger dans la création d’histoires d’amour particulières, tout en découvrant une famille de l’époque. Celle des Bennet est assez spéciale, dans le sens où elle se croit polie, courtoise et supérieure, quand elle est, en réalité, plutôt ridicule, exagérée, et qu’elle ne respecte pas vraiment la bienséance et les conventions. En plus de ses sentiments envers plusieurs autres personnages, Elizabeth ouvre également les yeux sur le comportement de sa famille, qui l’a toujours gênée, et dont elle prend la pleine mesure. Pourtant, à la lecture du roman, j’ai eu envie d’avoir autant de sœurs qu’Elizabeth, et surtout de pouvoir partager une telle complicité avec Jane. Autre élément que j’ai aimé dans le livre : la visite de Pemberley, et les lieux où vivent les personnages globalement : cela fait rêver, on a envie nous aussi de vivre dans des endroits pareils. Concernant l’écriture, elle est excellente, agréable à lire, et je n’ai pas eu de grosses difficultés à comprendre, excepté quand je n’avais pas le vocabulaire nécessaire, et même à ce moment-là, le contexte laissait entendre ce que le mot voulait dire.

Elizabeth Bennet est l’héroïne du roman ; son caractère est plutôt bien trempé, et quand elle n’aime pas quelqu’un, elle parvient à le faire comprendre sans être impolie ou grossière. Cadette de la famille, elle adore sa grande sœur, qu’elle considère un peu comme un ange, mais qu’elle trouve parfois trop naïve. Elle sait voir l’hypocrisie chez les autres, leurs mauvaises intentions, et elle ne supporte pas la fierté et les préjugés : tout ce qu’elle voit en Mr. Darcy. Je me suis beaucoup attachée à elle, je partageais la plupart de ses remarques, et j’avais très envie qu’elle trouve enfin le bonheur ! Darcy, quant à lui, évolue beaucoup dans l’esprit du lecteur, car on le voit surtout à travers les yeux de l’héroïne. Il semble à première vue hautain, fait des remarques méprisantes, ne daigne ni converser ni danser avec qui que ce soit parce qu’il semble se penser supérieur aux habitants d’Hertfordshire. Puis, après un certain passage, on commence à le voir tout à fait différemment. La façade tombe, et on découvre vraiment le personnage, ce qui change tout ; et on peut comprendre la honte qu’Elizabeth ressent après tout ce qu’elle a pensé et dit de lui. Finalement, Darcy n’est pas le prince charmant, mais c’est un homme bien, qui a été mal jugé et dont on reconnaît la bonne nature. J’ai également beaucoup aimé le personnage de Jane : ainée de la famille, elle est douce, incapable de penser du mal de qui que ce soit, un véritable ange. Elle voit toujours le bon côté de tout le monde, même quand la personne concernée est tout à fait mauvaise, ou que ses actions parlent d’elles-mêmes. Amoureuse, elle tente pourtant de se contenir, ce qui, à la surprise du lecteur, lui porte préjudice. Les autres sœurs Bennet sont assez différentes des deux premières : Mary est assez réservée et passe son temps avec les livres, elle est plus moralisatrice que toutes ses autres sœurs ; Kitty semble plutôt chercher le plaisir, notamment à travers les bals et la fréquentation d’officier, elle se laisse entraîner par Lydia, la plus jeune sœur, frivole et libre, qui ne connaît pas de lois, que sa mère laisse tout faire, et que son père méprise. Leur éducation laisse à désirer, dans le sens où elles sont libres de faire ce que bon leur semble sans avoir à étudier, ou à faire quoi que ce soit d’intellectuel ou de rationnel. En parlant des parents, Mrs Bennet m’a semblé insupportable. Elle est superficielle, ne comprend pas l’ampleur de certains événements, tend à voir les choses du bon côté quand c’est en sa faveur uniquement, est impolie, excessive, énervante !! J’ai préféré Mr Bennet, même s’il n’est pas non plus un parent parfait. Il est plutôt intellectuel, méprise la plupart de ses filles, se moque un peu – beaucoup parfois – de sa femme, et n’est pas très sociable. Contrairement à ses filles, qui veulent sortir et participer à des bals, il ne semble avoir aucun goût pour cela. Le lecteur rencontre également d’autres personnages dans ce roman, comme Wickham, qu’il encense d’abord avant de le comprendre vraiment ; Mr Bingley, un jeune homme jovial et attachant, qui semble être tout le contraire de Darcy ; Miss Bingley, assez détestable, méprisante et qui se sent clairement supérieure aux familles qu’elle rencontre ; les Gardiner, que j’ai beaucoup aimé, qui sont les metteurs en scène de ce qui finit par arriver ; Mr Collins, au combien ridicule et énervant ! ; Charlotte Lucas, amie d’Elizabeth, que l’on apprécie, et avec qui l’on finit par compatir !

Le titre est vite compris à la lecture du livre : il s’applique à plusieurs personnages. D’abord, à Darcy : c’est la façon dont Elizabeth le voit ; puis à elle-même, qui se rend compte qu’elle est sujette à ce dont elle accuse les autres. A peu près tous les personnages sont victimes de leur fierté ou de préjugés, ce qui entraîne des situations telles celle d’Elizabeth, ou des réactions comme celles de Mrs Bennet.

La fin fait plaisir à lire, et donne envie d’une suite !!

 

En définitive, un excellent roman que je ne m’attendais pas à autant aimer, qui ne montre pas un amour inconditionnel et évident, mais des sentiments qui évoluent peu à peu. Un vrai régal !!

1984 de George Orwell

Posté : 6 août, 2015 @ 7:05 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

1984Genre : Science-Fiction

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 311

Synopsis : Winston Smith works for the Ministry of Truth in London, chief city of Airstrip One. Big Brother stares out from every poster, the Thought Police uncover every act of betrayal. When Winston finds love with Julia, he discovers that life does not have to be dull and deadening, and awakens to new possibilities. Despite the police helicopters that hover and circle overhead, Winston and Julia begin to question the Party: they are drawn towards conspiracy. Yet Big Brother will not tolerate dissent – even in the mind. For those with original thoughts they invented Room 101 …

 

Avis : J’ai lu ce livre en lecture avec La Librosphère !

J’aimais déjà bien la couverture, tout en symboles, et je trouvais qu’elle reflétait bien l’esprit du livre : la surveillance permanente et totale de tout individu. En plus, j’aime les éditions Penguin !

Ce livre est frappant, c’est un coup de poignard dans le cœur, l’auteur le tourne dans la plaie. C’est un cauchemar en mots. J’ai trouvé ça tellement effrayant que l’on n’ose pas se l’imaginer dans la vraie vie. Le monde de 1984 est un monde où il est interdit de penser comme on le veut. Il existe une police de la pensée : rien que cette idée est incroyable, il est vraiment difficile de s’imaginer que quelqu’un puisse contrôler nos pensées : nous sommes libres, et ne pouvons pas empêcher nos pensées de dériver. De plus, le passé et l’Histoire sont réécrits, les individus n’ont plus de souvenirs propres. Et personne ne doit se souvenir de la vérité, de la réalité, aucune preuve tangible n’existe. J’ai trouvé l’idée de pouvoir faire ce que l’on veut de l’Histoire effrayante. Je sais que les vainqueurs de guerres la réécrivent souvent à leur avantage, mais le peuple le sait et, parfois connaît la vérité. Ici, les individus doivent être ignorants, c’est-à-dire qu’ils doivent instantanément oublier ce que l’on veut qu’ils oublient : ils ne peuvent plus s’en souvenir, cela leur est impossible, et j’ai trouvé ça horrifiant ! C’est comme si l’on nous disait : tu vas oublier que la Seconde Guerre mondiale a eu lieu, et qu’on l’oubliait aussi facilement que la plupart des personnages du livre ! Ce livre est très lié à l’histoire des totalitarismes. Les explications sur le pouvoir et la guerre sont impressionnantes et font froid dans le dos. On voit bien que le système est réfléchi, et c’est ce qui est le plus effrayant. J’ai été choquée par la vision politique du monde (les petits doivent rester petits et le resteront toujours ; le pouvoir est à rechercher pour lui-même), et par le Newspeak. Le dictionnaire est entièrement revu ; rien que l’idée est hallucinante ! De plus, les relations entre les individus sont contrôlées elles aussi : l’on ne peut pas s’aimer, et la famille est détruite par la suspicion, la séparation, l’envie. L’amour n’existe plus, et le plaisir non plus : personne ne doit en éprouver, et surtout pas les femmes pendant l’amour. Parfois, j’ai eu envie de secouer les personnages pour leur ouvrir les yeux, de faire quelque chose qui anéantirait Big Brother ; mais l’on se rend vite compte que la rébellion est très compliquée.

J’ai eu un peu de mal avec le début du livre, je n’arrivais pas à faire une lecture bien suivie pour m’imprégner du monde du livre. Mais, arrivée au milieu, j’étais lancée. J’ai voulu m’arrêter un peu à la partie II pour reprendre ensuite la partie III, mais j’en ai été incapable. C’était tellement prenant, j’avais tellement envie de savoir ce qui allait arriver à Winston, même si j’imaginais le pire ! La fin de la deuxième partie est vraiment difficile, j’ai eu les larmes aux yeux. C’est la fin d’une époque, la fin de quelque chose, rien ne sera plus pareil ensuite, et la troisième partie le confirme.

Winston est un homme différent des autres. Il sait ce qu’il doit penser, mais n’arrive pas à s’y forcer, et méprise ceux qui y parviennent. La vie réglée qu’on lui propose ne lui convient plus. Il se tourne vers la rébellion, vers une quête de la vérité, de l’espoir d’un autre monde. Pourtant, Winston est très naïf, cela se voit lorsque l’on arrive à la fin. Il n’est pas capable de haine contre celui contre qui il devrait l’éprouver. Il est ordinaire dans sa rébellion, il m’a fait de la peine. Il est tellement conscient des défauts de ce monde, il pourrait faire quelque chose pour lui en se tournant vers les bonnes personnes ! Julia, quant à elle, semble la parfaite partisane de Big Brother la première fois que nous la rencontrons. Puis, le lecteur la découvre vraiment. Elle est étrange, mais on ne peut pas la juger car elle vit dans un monde étrange, où tous les bons sentiments sont détruits, où le sexe est une mauvaise chose, où le plaisir est banni : on ne sait pas nous-mêmes comment nous serions. C’est une femme qui veut vivre, qui veut ressentir du plaisir, et on peut la comprendre. Elle ne veut rien avoir à faire avec la politique ou l’idéologie du monde dans lequel elle vit ; elle s’arrange pour faire ce qu’on lui dit de faire, mais elle reste libre comme elle le peut. O’Brien est un personnage en qui l’on a confiance parce que Winston a une confiance aveugle en lui. L’on fait une découverte sur lui qui est un véritable choc ! Mr. Charrington est attachant, il fait partie d’une autre époque, comme s’il était le dernier fragment d’un monde oublié. Ce que l’on découvre sur lui est également un choc complètement inattendu ! L’on croise d’autres personnages dans le livre, comme les Parsons, les voisins de Winston, une mère exténuée par ses enfants, et un père bienpensant, bien comme il faut, des membres du Parti, des prisonniers, mais aussi Big Brother que l’on ne rencontre jamais vraiment, et Goldstein, l’ennemi juré !

Il y a évidemment énormément de réflexion dans ce livre. Il nous semble impossible de vivre dans un monde pareil, et pourtant, j’ai vu des échos avec l’actualité. La télévision ressemble un peu à du lavage de cerveau, les gens qui pensent différemment des autres sont vus comme des fous, il faut bien penser comme tout le monde, on nous présente un monde parfait, plein de libertés, mais je ne trouve pas qu’il le soit, et la liberté peut mener à des excès hallucinants. Si l’on tolère tout, on tolère l’intolérance, et donc l’on n’est pas tolérants. Il existe encore des tabous, et certaines choses sont surexposées par les médias. Le déni existe aussi dans notre société. Heureusement, dans notre société, rien n’est au niveau de celle de 1984, mais l’œuvre laisse voir le pire du système.

La fin est à la fois inattendue et prévisible. Cette fois, le lecteur ressent un choc et un désespoir énormes ! L’horreur atteint des sommets. Et l’on ne peut pas s’empêcher de penser à ce que l’on aurait fait à la place du personnage … C’est très dérangeant !

 

En définitive, une œuvre grandiose, dérangeante, qui nous fait réfléchir, impossible à fermer, et qui marque le lecteur !

Les Chroniques de Narnia, tome 4 : Le Prince Caspian de C. S. Lewis

Posté : 4 juin, 2015 @ 6:42 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Les Chroniques de Narnia tome 4  Le Prince CaspianGenre : Jeunesse, Fantasy

Editeur : Folio

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 236

Synopsis : Peter, Susan, Edmund et Lucy sont de retour dans le monde merveilleux de Narnia. Mais si pour eux une seule année s’est écoulée, dans leur ancien royaume, des siècles ont passé. Le terrible roi Miraz a pris le pouvoir et le pays tout entier est désolé. Seul le prince Caspian peut rétablir l’harmonie. Les enfants parviendront-ils à le retrouver ?

 

Avis : J’ai lu les trois premiers tomes de la saga, j’ai eu un avis mitigé sur eux, mais j’avais vraiment envie de continuer la lecture de la série !

Je trouve que ce livre n’a pas vraiment de lien avec le tome précédent, excepté le fait que nous nous trouvons toujours à Narnia ! Il a plutôt un lien avec le deuxième tome, même si, chronologiquement, les livres sont dans le bon ordre ! J’ai donc compris pourquoi les films ne suivaient pas du tout l’ordre des livres ! Mais je n’ai pas trouvé cela gênant pour autant, je me suis simplement demandée à quoi servait le troisième tome, mais je pense qu’on le découvre plus tard. On retrouve, dans ce volume, les personnages que l’on aime et que, pour la plupart, l’on a découverts dans les films : Peter, Susan, Edmund et Lucy. Ceux-ci entreprennent, pendant la majeure partie du livre, un voyage pour rejoindre Caspian. J’ai trouvé cela assez long, et j’avoue m’être parfois ennuyée … Il n’y a pas énormément d’actions : en réalité, il n’y a qu’une seule bataille qui n’en est pas vraiment une, et qui se passe très rapidement. Il n’y a pas non de véritable suspense, comme l’on pouvait s’y attendre ! De plus, le lecteur sent dans l’écriture que les livres sont destinés à des enfants. Des illustrations parcourent le tome, comme les premiers, ce que j’ai trouvé assez intéressant; en revanche, je n’aime pas du tout la typographie du livre qui m’a encore plus fait peiner dans ma lecture. Encore une fois, les passages qui m’ont le plus marqués sont ceux où Aslan apparaît. De plus, on peut trouver plusieurs mentions à la religion (chrétienne et païenne) dans le livre, avec la notion de fils d’Adam et fille d’Eve, mais aussi avec le symbole du lion qui appelle les créatures « mes enfants », et qui ne semble être qu’amour. Bacchus fait également une apparition !

Concernant les personnages, ils incarnent des valeurs différentes, et à cause de cela, sont un peu caricaturaux. Par exemple, Susan, qui incarne ici la rabat-joie de service qui râle tout le temps, mais qui s’excuse et reconnaît son erreur quand elle a la vérité sous le nez. J’aimais ce personnage dans le film, mais elle m’a vraiment agacée dans le livre ! Vient ensuite Lucy, qu’au contraire de Susan, je n’aime pas du tout dans le film, mais que j’ai apprécié ici. Bien sûr, c’est une petite fille, donc elle a des réactions de petite fille. Elle est un peu naïve, mais aussi douce et généreuse. Elle m’a semblé être un peu le personnage principal ici, plus que ses frères et sa sœur. Peter incarne clairement le courage et la bravoure, notamment dans la scène de « bataille ». Il est le roi parfait, même lorsqu’il doute, ce que ne montre pas vraiment le film. Edmund m’a semblé un peu effacé, mais très intelligent et très humble dans ce livre, pas du tout comme dans le deuxième tome. Quant à Caspian, le nouveau personnage de la série, il est timide et peu sûr de lui, bien qu’il soit le prochain roi de Narnia. L’on découvre son histoire, depuis son enfance, jusqu’au moment où il rejoint les Narniens, et j’ai trouvé que ce passage pouvait être intéressant pour celui qui n’a pas vu le film. Aslan apparaît également dans ce livre, et je dois dire que c’est mon personnage préféré. J’aime les scènes dans lesquelles il est présent plus que les autres, même si je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. Trompillon, le nain rouge, est également un des personnages importants de ce livre : dubitatif, il reconnaît quand il se trompe, et est assez sympathique. D’autres personnages se croisent dans le livre, comme le Docteur Cornélius, qui m’a un peu fait penser à Albus Dumbledore, Miraz, le « méchant » de l’histoire, que j’ai trouvé plus nuancé dans le film, les Telmarins, les Narniens

La fin, j’imagine, peut être un peu surprenante pour ceux qui n’ont pas vu le film, mais elle est très rapide pour ceux qui l’ont vu ! En réalité, j’ai préféré le film au livre, ce qui est très rare ! Je trouve qu’il a su exploiter les sous-entendus de l’ouvrage pour créer des scènes qui en étaient absentes et pour donner un intérêt supplémentaire à l’histoire, comme le passage de la Sorcière, ou l’histoire entre Susan et Caspian. J’ai donc été un peu déçue finalement …

 

En définitive, une série phare, mais une petite déception. Un livre qui comporte des passages longs, une écriture et des personnages enfantins, mais qui reste tout de même agréable à lire !

 

Challenge des 100 livres à lire au moins une fois

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