Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Wizard of Oz de L. Frank Baum

Posté : 7 avril, 2017 @ 6:12 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ConteThe Wizard of Oz

Editeur : Puffin

Année de sortie : 2012 

Nombre de pages : 189

Titre en français : Le magicien d’Oz

Synopsis : Pas de synopsis à cette édition.

 

Avis : Ce livre m’a été offert par ma sœur à mon anniversaire l’année dernière, et je me suis dit qu’il était temps que je le lise !

D’abord, j’aime beaucoup la couverture, et maintenant que j’ai lu le livre, elle est pleine de symboles : la sorcière, the Wicked Witch of the West ; le cyclone, au tout début du roman ; les chaussures ! En plus, c’est un hardback, mais « pratique », parce qu’il est petit ! Avant même de commencer la lecture, j’avais un petit a priori, comme toujours avec les livres qui sont à l’origine écrits pour les enfants. Je m’attendais à ce que la petite fille héroïne soit naïve, influençable ; à ce que les aventures n’en soient pas vraiment ; à ce que les  »adjuvants » (parce que nous sommes dans un conte !) soient parfaits. Eh bien, je me suis trompée ! Un conte dans lequel le monde n’est pas idéalisé ! Un conte dans lequel je me suis retrouvé, un conte qui nous parle de nous en même temps qu’il nous raconte l’histoire de Dorothy : le lecteur reçoit une petite leçon quand il se rend compte que les personnages cherchent quelque chose qu’ils ont déjà, mais qu’ils ne sont pas conscients d’avoir, ce qui rend le conte poétique en quelque sorte. J’ai aimé l’univers, le monde d’Oz ! Beaucoup de couleurs, un peu de magie, des choses parfois absurdes ou impossibles, ce qui m’a fait penser à Alice’s Adventures in Wonderland, mais j’ai tout de même préféré The Wizard of Oz. J’ai aimé aussi l’écriture : le conte est facile à lire, et l’histoire entraîne le lecteur ! Pas de temps morts ! Bien sûr, tout n’est pas vraisemblable, mais ce n’est pas ce que l’on attend d’un conte ; et bien sûr aussi, tout va trop vite, tout est résolu trop vite, mais c’est aussi parce que c’est un conte. Donc le lecteur lui pardonne ! Mention spéciale : chapitre 20, j’ai adoré !!

Concernant les personnages, Dorothy ne m’a pas semblé être comme les héroïnes habituelles : elle n’est ni naïve, ni influençable, elle a du caractère, ce qui est vraiment agréable ! Elle reste pourtant sensible, et reste une enfant : elle n’a pas des attitudes d’adulte qui ne colleraient pas. Elle m’a aussi fait rire ! J’ai aimé son petit Toto ainsi que la plupart des autres personnages, comme The Scarecrow, touchant comme the Tin Woodman. Ils veulent quelque chose qu’ils pensent ne pas avoir, et qu’ils prouvent qu’ils ont plus que les autres au fil du livre. J’ai préféré the Cowardly Lion, parce que c’est un lion évidemment ! Lui aussi est touchant. D’autres personnages le sont beaucoup moins, comme Oz [SPOILER] je ne m’attendais pas du tout à ce qui arrive à propos de lui : qu’il soit un tel imposteur ! Cela ne collait pas du tout avec ma vision du conte de fées traditionnel, ce que j’ai aimé du coup, parce que cela m’a surpris ! [FIN DU SPOILER] ou the Wicked Witch of the West, qui, on peut le dire, n’a rien d’aimable ! Bien sûr, nous sommes dans un conte, donc la méchante est vraiment méchante, pas d’atténuation.

La fin est rapide, et l’on comprend que toute l’aventure aurait pu ne pas exister, ce qui la rend d’autant plus belle (bizarrement !), car Dorothy a eu le temps de se faire des amis, et de vivre des choses qu’elle n’aurait pas vécues dans sa vie « normale » !

 

Donc, un très beau conte que j’ai beaucoup aimé, avec une morale qui nous parle, et des personnages attachants !

The Penguin Complete Tales and Poems of Edgar Allan Poe

Posté : 28 octobre, 2016 @ 11:27 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Intégrale Poe Genre : Poésie, Conte

Editeur : Penguin

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 1026

Synopsis : Edgar Allan Poe wrote some of the first as well as the finest stories of dark and macabre mystery ever to blacken a page with ink. His tales of terror and suspense continue to leave readers the world over wide-eyed and shivering with fright, unable to put down a book their clenched fingers so tighly grasp.

This is the ultimate Poe collection, featuring every story and poem he wrote. It probes the depths of the human psyche. It will chill and enthral. But above all it is story after story that you will never, ever forget.

No matter how hard you try.

 

Avis : Je devais lire l’œuvre de Poe pour mon mémoire, donc j’ai décidé de tout lire, sans exception, pour ne rien louper d’intéressant !

J’ai eu du mal, mais je suis venue à bout des 1026 pages du livre !! J’ai dû m’arrêter un moment : même si Poe écrit très bien et que ce qu’il raconte est intéressant, il est difficile de ne pas lire autre chose à côté pour se détendre ! En effet, on ne peut pas dire que Poe soit la lecture la plus relax qui soit, surtout en VO ; la typographie de l’édition n’aide pas – elle est vraiment très petite – et le choix de l’ordre des nouvelles non plus ! En effet, l’éditeur a choisi de placer en premier « The Unparalleled Adventure of One Hans Pfaall », l’histoire d’un homme qui part en ballon dans le but d’atteindre la lune. Et je dois vous dire que je n’aime pas du tout les nouvelles de Poe qui racontent des voyages … Je les trouve longues – à la fois par le nombre de pages, et par l’impression donnée par la lecture -, difficiles à suivre parce qu’elles ne m’intéressent pas. Je préfère de beaucoup les nouvelles horrifiques, qui se trouvent majoritairement au milieu du livre – pratique quand ce sont celles-là qui sont le plus susceptibles d’être utiles pour le mémoire haha ! Je ne vais pas vous parler de chaque nouvelle, de chaque poème : l’avis n’en finirait pas ! Je pense plutôt vous parler de mes préférées, pour vous montrer que, malgré les points négatifs soulevés plus haut, Poe est un écrivain que j’aime beaucoup, qui me transporte dans ses histoires, et dont l’écriture, parfois difficile à comprendre, est excellente.

Je vais d’abord vous parler de « The Murders in the Rue Morgue », une nouvelle aussi longue que la première dont j’ai parlé, mais qui ne m’a pas paru longue justement parce qu’elle était fascinante. D’abord, l’action se déroule à Paris, et le personnage principal n’est pas vraiment le narrateur, mais son compagnon, un Français, Auguste Dupin, qui va tenter de résoudre une enquête insoluble et impossible à comprendre. Les meurtres perpétrés sont affreux, vraiment horribles, et le détective suit peu à peu les indices que la police n’a pas su voir, ou n’a pas jugé bon de prendre en compte. J’ai aimé suivre cette enquête, malgré la bizarrerie apparente de Dupin et ses lubies. La résolution devient logique une fois qu’on l’a sous les yeux. La nouvelle suivante ressemble à celle-ci, « The Mystery of Marie Roget », et j’ai aussi beaucoup aimé : elle est elle aussi une nouvelle un peu policière, où un mystère insoluble est peu à peu cerné par Dupin – même si, ici, la résolution n’arrive pas vraiment.

Viennent ensuite les contes que je préfère parmi tous ceux du livre : « The Black Cat », « The Fall of the House Usher » (numéro 1 !), « The Pit and the Pendulum », « The Masque of the Red Death » et « The Oval Portrait ». La première parle – comme le titre l’indique ! – d’un chat noir et de son propriétaire. La violence ici montrée par l’auteur est abject, le lecteur est horrifié et révulsé ; la fin est une belle façon de montrer qu’on est toujours puni pour ce qu’on fait ! La seconde est ma favorite ! J’adore le suspense, l’atmosphère lugubre, le manoir tout fissuré qui n’augure rien de bon, les jumeaux qui semblent en connexion l’un avec l’autre, le lien aussi entre Madeline et la maison elle-même. Cette nouvelle me donne toujours des frissons !! Vraiment l’histoire parfaite à lire pour Halloween ! « The Pit and the Pendulum », quant à elle, m’a transporté avec le personnage principal : celui-ci doit subir le châtiment de l’Inquisition et doit mourir soit par la fosse, soit par le pendule. Quels frissons d’horreur m’ont parcouru pendant la lecture !! J’attendais l’effusion de sang ou la mort lente avec anxiété, tout comme le prisonnier, à deux doigts de sombrer dans la folie ! La fin m’a surprise !! Puis, « The Masque of the Red Death ». Ici, l’atmosphère fait énormément : ces chambres de couleur, cette ambiance de fête orientale, cette ombre qui pèse peu à peu sur les invités. La nouvelle m’a fait penser au Décaméron de Boccace (que je n’ai pas encore lu, mais qu’il me tarde de découvrir !) Enfin, « The Oval Portrait » : le pouvoir de l’art sur la vie, un peu comme dans The Picture of Dorian Gray, l’hésitation du personnage entre hallucination, folie et horreur, le portrait comme reflet parfait de la vie. J’ai également aimé « William Wilson », en raison du traitement du sujet du double, et de l’incompréhension du personnage face à une sorte de schizophrénie qu’il ne comprend pas. Dans la plupart des autres nouvelles, on peut noter l’humour de l’auteur, sa façon de se moquer des journalistes par exemple.

Après les contes vient le seul roman d’Edgar Allan Poe : Narrative of A. Gordon Pym. Encore un récit de voyage, mais, cette fois, j’ai tout de même réussi à apprécier certains passages. A. Gordon Pym a toujours voulu voyager et s’embarque dans un bateau clandestinement : il va alors vivre des aventures plus affreuses les unes que les autres, et perdre à peu près tout. Un passage m’a vraiment dégoûté, lorsque quatre personnages se trouvent sur ce qu’il reste du bateau et décident de manger l’un d’entre eux ! Le cannibalisme, je ne peux vraiment pas ! Surtout que, par la suite, le lecteur comprend qu’il aurait pu être évité !! Le récit est incomplet : la fin est abrupte, et le lecteur ne comprend pas vraiment où tout cela mène. Viennent ensuite les essais poétiques de Poe, très intéressants, sur la scansion, sur les rimes et les rythmes, sur la façon de bien écrire de la poésie.

Enfin, les poèmes ! Je n’avais jamais lu ceux de Poe et les ai vraiment trouvés magnifiques. « The Raven », dont j’entendais beaucoup parler, m’a enchanté, ainsi que les poèmes amoureux. J’ai retrouvé l’angoisse des contes, l’horreur parfois, la  »peur » de la mort, l’amour impossible ou contrarié. La musique des mots m’a charmé.

 

Donc, une lecture difficile, mais enrichissante. J’ai aimé découvrir l’œuvre de Poe et pense relire certains passages qui m’ont enchanté ou horrifié.

The Bell Jar de Sylvia Plath

Posté : 9 juin, 2016 @ 5:26 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

The Bell Jar Genre : Contemporaine

Editeur : Harper Collins

Année de sortie :1996 

Nombre de pages : 273

Titre en français : La cloche de détresse

Synopsis : The Bell Jar is a classic of American literature, with over two million copies sold in this country. This extraordinary work chronicles the crack-up of Esther Greenwood: brilliant, beautiful, enormously talented, successful – but slowly going under, and maybe for the last time. Step by careful step, Sylvia Plath takes us with Esther through a painful month in New-York as a contest-winning junior editor on a magazine, her increasingly strained relationship with her mother and the boy she dated in college, and eventually, devastatingly, into the madness itself. The reader is drawn into her breakdown with such intensity that her insanity becomes completely read and even rational, as probable and accessible an experience as going to the movies. Such deep penetration into the dark and harrowing corners of the psyche is rare in any novel. It points to the fact that The Bell Jar is largely autobiographical work about Plath’s own summer of 1953, when she was a guest editor at Mademoiselle and went through a breakdown. It reveals so much about the sources of Sylvia Plath’s own tragedy that its publication was considered a landmark in literature. This special twenty-fifth anniversary edition includes a new foreword by Frances McCullough, who was the Harper & Row editor for the original editor for the original edition, about the untold story of The Bell Jar‘s first American publication.

 

Avis : Ce livre m’a été prêté il y a un moment par une amie, il était temps que je m’y plonge !

Comme d’habitude, après avoir lu le synopsis il y a très longtemps, je l’avais complètement oublié. En prenant ce livre, je ne m’attendais donc pas à ce que je m’apprêtais à lire. Au début, j’ai été choquée par la ressemblance entre l’héroïne et moi : mêmes doutes, mêmes questions, même parcours. Et au fur et à mesure du livre, je me suis dit que j’avais de la chance d’avoir évolué différemment d’elle, et surtout, d’avoir rencontré la bonne personne, contrairement à elle ! Esther vit une période difficile de sa vie : elle se sent seule, elle ne sait pas ce qu’elle va devenir, et elle se demande à quoi servent toutes ses bonnes notes. Après avoir gagné un mois à New-York grâce à un concours dans un magazine, elle se rend compte qu’elle ne profite pas de la vie comme elle devrait, qu’elle ne s’amuse pas ; elle pense passer à côté de quelque chose, ce qui la déprime, et la pousse à se forcer à sortir. Mais rien ne lui permet de se sentir mieux. Cette descente aux enfers est dérangeante du début à la fin, et m’a complètement retournée. L’écriture est très bonne, poétique parfois, moderne.

Esther Greenwood est l’héroïne du roman. Excellente élève, amoureuse d’un jeune homme, puis tellement déçue par lui qu’elle finit par être complètement indifférente, elle se rend peu à peu compte qu’elle n’est pas heureuse. Persuadée de pouvoir y parvenir si elle est comme tout le monde, elle tente de faire ce qu’ils font : elle sort, tente de perdre sa virginité, boit. Elle essaie aussi de savoir ce qu’elle veut devenir une fois ses études terminées. J’ai beaucoup aimé l’image du figuier dont chaque fruit représente un choix de vie ; elle ne parvient pas à choisir et craint qu’il ne finisse par être trop tard. Il m’a semblé voir de nombreux points communs avec elle : sa difficulté à dire non, son absence de repartie, qui ne lui vient que quand il est trop tard, son amour de la littérature, son envie de devenir écrivain. Peu à peu, sa vie lui devient insupportable et la fait basculer dans la folie et l’envie de suicide. Il est facile de s’attacher à elle, le lecteur voudrait qu’elle trouve le bonheur, qu’elle se sente mieux. D’autres personnages rencontrent l’héroïne, comme Doreen, une fille un peu délurée, qui tente de « débaucher » Esther, qui sort avec elle, Betsy, une jeune fille pour qui tout semble bien aller, avec qui Esther a une relation ambivalente, Buddy Willard, un jeune homme qui croit en la science, pas du tout en la littérature, la mère de l’héroïne, dépassée par ce qui arrive à sa fille, et la société en général, qui oppresse la jeune fille, société faite de jugements, de commérages, de lâcheté et de conformisme.

A la (re)lecture du synopsis, je me suis rendue compte que l’on considérait le roman comme autobiographique : Sylvia Plath aurait vécu un été similaire en 1953. Cela m’a secouée encore un peu plus. Je n’ai pas lu The Bell Jar avec l’idée d’une autobiographie, mais bien comme un roman. Je savais que l’auteure s’était suicidée, mais je ne me suis pas doutée (alors que ç’aurait peut-être dû sembler évident) qu’elle avait dû se servir de son expérience, de ce qu’elle ressentait, pour écrire son roman. J’ai également lu que l’auteure et sa famille voulait que le livre soit publié après sa mort, et sous un nom d’emprunt. Ce ne fut pas le cas et, bien que je n’ai pas encore lu la préface de Frances McCullough, j’ai l’impression qu’elle va tenter de justifier ce choix. Je la lirai donc plus tard.

La fin laisse un espoir, mais aussi une touche obscure. J’ai eu du mal à sortir du livre, et je pense que je vais encore me souvenir longtemps de lui.

 

Donc, un roman qui touche en plein cœur en nous montrant la chute d’une jeune fille et l’écriture d’une poétesse.

Moby Dick de Herman Melville

Posté : 28 septembre, 2015 @ 11:05 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Moby DickGenre : Classique, Aventure

Editeur : Everyman

Année de sortie : 1996

Nombre de pages : 478

Synopsis : The epic tale of Captain Ahab’s hunt for the white whale. Moby-Dick, the white whale: emblem of nature yet unnaturally pale, tender and violent, god and demon, an enigma to which Ahab is bound by ropes of vengeful obsession. The Pequod: whaler out of Nantucket, with its polyglot world crew bound upon a voyage for spermwhale, a ship of the damned driven by its ungodly captain to the edge of the void. Ishmael: named for a Biblicat outcast, narrator, masthead philosopher, sole survivor.

 

Avis : J’ai appris à la rentrée que j’allais étudier Moby Dick cette année, et qu’il fallait donc que je suspende mes autres lectures pour m’y mettre au plus vite ! La couverture montre bien le sujet du livre : la traque d’une baleine bien particulière par un capitaine obsédé par elle.

Je m’attendais vraiment à lire un roman d’aventures, avec beaucoup d’action ; ce n’est pas du tout ça ! Il y a très peu d’action : les seules qui apparaissent sont les scènes de chasse, et elles sont assez horribles. Peu de dialogues également : c’est surtout le narrateur qui nous décrit la vie sur le bateau, et qui nous fait part de ses pensées, de ce qu’il voit chez les autres personnages. Parfois, j’ai eu l’impression de lire un documentaire sur la baleine, ou sur sa chasse, tant certains chapitres ressemblent à des traités sur, par exemple, la tête de la baleine, ou sa représentation picturale, ou sur les plats qu’on peut tirer de sa viande, ou ce pour quoi chaque partie est utilisée. Ces chapitres sont de vraies digressions dans la narration, des écarts, et parfois, le lecteur ne sait plus vraiment où il en est : cela rend le livre un peu décousu. Surtout, il peut ne pas voir l’importance de ses passages qui, parfois, ne semblent pas en avoir : il a l’impression que le narrateur donne trop de détails, et il ne sait pas à quoi ils servent. De plus, la vie sur la baleinière est décrite avec énormément de détails elle aussi, tellement que là encore, le lecteur peut se retrouver perdu. Je dois avouer que ma lecture a été fastidieuse, très pénible parfois, mais que je ne regrette pas de l’avoir lu pour autant. Sans doute le fait de devoir le lire sous la contrainte et dans un temps imposé m’a gênée. Je pense que je le relirai plus tard pour avoir un nouveau point de vue, et peut-être, une meilleure compréhension.

Derrière l’histoire de cette chasse pourtant se trouve une vraie réflexion, une profondeur, grâce aux nombreuses références littéraires que le lecteur peut y trouver, mais aussi grâce aux références religieuses et surtout bibliques, omniprésentes dans le  texte. Par exemple, Jonas et le fait qu’il ait été avalé par une baleine est mentionné plusieurs fois, et même approfondi à un moment donné. L’ange Gabriel apparaît, le Christ est évoqué implicitement. Un des personnages, le capitaine Achab, pense réaliser l’œuvre de Dieu, pense agir selon ce que Dieu veut, puis semble se prendre pour lui : le vocabulaire religieux et les mentions sont très présentes dans son discours.

Concernant les personnages : Ishmael, le narrateur, est censé être le personnage principal, puisque c’est lui qui raconte ce qu’il a vu sur le Pequod. Au début du roman, il nous parle de lui et de son besoin de partir en mer, de sa rencontre avec Queequeg, de leur amitié, puis de leur enrôlement sur un bateau. Et à partir d’un moment, j’ai trouvé qu’Ishmael était complètement effacé : il se fond dans le décor du bateau et devient un simple spectateur de ce qui arrive. De plus, grâce à mes cours, je me suis aussi rendue compte qu’il n’était pas cohérent. Il est à la fois une première personne et un narrateur omniscient, un peu comme un dieu qui voit tout alors qu’il ne se trouve pas sur place. Pourtant, Ishmael est bien un homme. Dans tous les cas, ce personnage permet bien l’immersion du lecteur dans la vie sur la baleinière. Le capitaine Achab (Ahab en anglais) m’a semblé être le vrai personnage principal. Il est borné, têtu, certain d’être investi d’une mission et de devoir débarrasser le monde du monstre qu’est Moby Dick. Il est très dur, avec les autres et avec lui-même, il ne ménage personne pour parvenir à ses fins. Il est vraiment obsédé par le personnage éponyme, parce que celui-ci lui a arraché une jambe lors de leur rencontre, et que le capitaine y a vu une provocation. Le couple que les deux personnages forme est assez spécial : on ne sait pas qui est vraiment le « méchant », et qui est le « gentil », chacun faisant du mal à l’autre. Achab est dans une logique de destruction : lors de sa rencontre avec Moby Dick, l’un des deux mourra, les deux ne peuvent pas cohabiter. Ainsi, Moby Dick est le colosse des mers, la terreur des baleiniers, le roi dont on entend parler dans tout le livre, mais qui ne fait son apparition que très très tardivement, pour son grand final. Le lecteur se rend vite compte que ce n’est pas une baleine comme les autres : d’abord, c’est un cachalot mâle, il a un nom, et a causé des naufrages de baleiniers qui ont tenté de le tuer ; mais il a aussi l’air d’avoir une intelligence particulière, de ne pas être qu’un cachalot, qu’un animal. Derrière Moby Dick, le lecteur trouve beaucoup de références, comme derrière les baleines en général. Dans ses petits traités sur l’animal, le narrateur l’encense, nous montre son intelligence, sa vivacité et son côté pacifique, mais aussi son immensité, sa puissance, sa monstruosité. Moby Dick semble avoir deux facettes : un animal majestueux, puissant, magnifique, et un monstre terrifiant, gigantesque, qui peut détruire un bateau en deux coups de queue ; mais jamais il ne peut être dit de Moby Dick que c’est une petite baleine sans défense face aux hommes ! Il représente la force de la nature, la force divine dans la mer. Le lecteur rencontre d’autres personnages dans le roman comme Queequeg le harponneur, ami du narrateur, cannibale, adorateur de Yojo ; Starbuck, Stubb et Flask, les seconds du capitaine Achab, si on peut les appeler comme ça : le premier est assez pessimiste et prudent, il désapprouve le projet d’Achab, le second plus dans l’humour constant, même s’il devient noir, et le dernier est un peu effacé face aux deux autres, qui passent toujours avant lui ; Tashtego et Dagoo, les deux autres harponneurs du bateau ; les autres marins de l’équipage, mais aussi ceux d’autres bateaux rencontrés en chemin : chaque rencontre est l’occasion d’une histoire de laquelle, parfois, une morale ressort ; l’une d’elles montre l’obsession délirante d’Achab pour Moby Dick.

Les scènes de chasse à la baleine sont des scènes de tuerie qui m’ont fait frissonner, et que j’ai eu du mal à lire sans avoir de haut-le-cœur. C’est très violent, et très sanglant : la baleine n’a aucune chance, même si elle est dangereuse. Parfois, elle tue l’équipage du canot qui la poursuit, mais c’est plus par maladresse ou par défense que par agression. La description de la « flurry » de l’animal est ce qu’il y a de plus horrible il me semble. Le narrateur, à chaque scène de ce genre, montre la tristesse du spectacle, mais aussi la condamnation de ceux qui tuent des êtres pacifiques, créatures de Dieu.

J’ai lu Moby Dick en VO; certains termes et expressions (même les noms des personnages) ne peuvent pas être rendus en français, parce qu’il n’existe pas d’équivalent, ou parce que le jeu de mots n’est pas possible. Je pense que l’anglais a ajouté de la difficulté à la lecture, notamment pour le vocabulaire technique de la baleinière, que je ne maîtrise déjà pas en français ! L’ancien anglais est aussi utilisé, ce qui ne facilite pas la compréhension. Je le conseille quand même en VO pour ceux qui ont l’habitude d’en lire !

La fin est évidente, mais très rapide, peut-être un peu trop. C’est très soudain, et même si le lecteur s’y attend, il peut être un peu déçu. L’épilogue ne m’a pas paru cohérent concernant Ishmael, et la façon dont il s’en sort m’a paru très ironique ! Je me suis sentie un peu vide, un peu triste, après ma lecture, je me suis dit : « c’est fini, voilà ». Comme ma lecture a été assez difficile, je ne m’attendais pas à me sentir comme ça ! C’est un peu une épopée qu’il faut vraiment avoir envie de lire pour la finir !

 

En définitive, c’est un livre que je n’ai lu ni pour le plaisir, ni avec plaisir, mais je pense le relire plus tard pour en avoir une autre vision car c’est un grand chef-d’œuvre de la littérature américaine, et j’ai l’impression d’être un peu passée à côté !

The Crucible de Arthur Miller

Posté : 29 juin, 2015 @ 11:45 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

The CrucibleGenre : Théâtre

Editeur : Penguin Plays

Année de sortie : 1976

Nombre de pages : 152

Synopsis : A classic of the American theater – Arthur Miller’s tense, ingeniously multilayered drama of principle and paranoia. The place is Salem, Massachusetts, in 1692, an enclave of rigid piety huddled on the edge of a wilderness. Its inhabitants believe unquestioningly in their own sanctity. But in Arthur Miller’s edgy masterpiece, that very belief will have poisonous consequences when a vengeful teenager accuses a rival of witchcraft – and then those accusations multiply to consume the entire village. First produced in 1953, at a time when America was convulsed by a new epidemic of witchhunting, The Crucible brilliantly explores the threshold between individual guilt and mass hysteria, personal spite and collective evil. It is a play that is not only relentlessly suspenseful and vastly moving but that compels readers to fathom their hearts and consciences in ways that only the greatest theater ever can.

 

Avis : Je voulais lire cette pièce (elle était dans ma Wish-List), mais sans hâte, ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Il m’a été prêté (je ne me suis même pas rendue compte tout de suite que je connaissais ce livre), et j’ai tout de suite adoré la couverture. Elle porte mes couleurs, et je la trouve à la fois très sobre et esthétique. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans cette lecture.

Le lecteur se trouve donc à Salem en 1692. C’est évidemment une histoire de sorcières (le village est célèbre pour cela), à une période où des tas de gens sont exécutés pour sorcellerie, avec des preuves tellement minces qu’elles font peine à voir. On découvre ici une nouvelle facette de l’histoire, ce qui l’a motivé, comment elle aurait pu se passer. Le lecteur se rend vite compte de l’ignorance des juges, et de leur avidité à vouloir absolument condamner un maximum de personnes pour sorcellerie au nom de Dieu, comme si le fait de les juger coupables leur ouvrait la voie du Paradis. Ils se prennent pour des sauveurs, mais on ne les voit que comme des exécuteurs, des tortionnaires injustes qui se laissent avoir par des gamines. Les preuves sont inexistantes, mensongères ou invisibles, les victimes sont clairement innocentes, ce qui indigne d’autant plus le lecteur. Elles sont bonnes, et n’ont rien à voir avec le Diable. Les accusateurs sont clairement mus par la vengeance ou la peur. C’est révoltant de voir une telle perversité et une telle persévérance dans le mensonge (pour faire souffrir ou par peur de perdre la face) : même quand ils sont découverts, ils arrivent encore à se sortir d’affaire et à faire payer d’autres à leur place. Les juges préfèrent tuer un innocent que de se rendre compte qu’ils ont commis une erreur judiciaire impardonnable. De plus, au début de la pièce, les personnages nous sont présentés : cela semble être un prétexte pour écrire de mini essais sur la religion, et sur son rapport avec la politique. L’opinion de l’auteur est clairement donnée, et l’on se rend vite compte que c’est une espèce de critique de la société de son temps. Ce qu’il dit est entré en écho avec ce que je pense, et je me suis tout de suite dit que j’allais aimer cette pièce. Ces petits essais lui apportent encore plus de réflexion. De plus, elle plonge le lecteur dans un suspense digne d’un policier : jusqu’à la fin, il ne peut pas savoir ce qui va se passer, ce qui va arriver aux personnages. Enfin, l’écriture est très agréable à lire et donne une lecture fluide malgré quelques mots non compris en VO.

Concernant les personnages, le premier à apparaître est Parris, un homme d’église. Il est assez énervant : il ne peut s’empêcher de parler pour sauver sa peau, lui dont la fille pourrait être accusée d’être une sorcière. Il se cache donc derrière le procès pour la sauver, son nom et son honneur avec. Proctor, quant à lui, est un homme qui a ses faiblesses, mais qui ne veut pas que les autres en pâtissent à sa place. Il est responsable, et préfère se dénoncer que de voir souffrir des innocents. De plus, il semble être la base de cette histoire, puisqu’il est directement impliqué dans la vengeance d’Abigail. Celle-ci est une jeune fille qui veut se venger du village en accusant ceux qui l’ont insultée d’être des sorcières et sorciers. J’ai eu un peu pitié d’elle au début, pendant un petit moment, puis j’ai ressenti un grand dégoût pour elle. C’est le genre de personnage qui révulse ou fascine le lecteur. Ce n’est qu’une gamine qui se rend bien compte des conséquences de ses actes, et qui plonge Salem dans une période meurtrière où chacun peut être soupçonné de frayer avec le Diable si elle décide de mentionner son nom. Elle entraîne avec elle ses amies, qui ne semblent pas oser la défier, excepté Mary Warren. Cette jeune fille semble facile influençable et manipulable, faible face aux autres personnages. Elle connaît la vérité, et le lecteur aimerait qu’elle s’affirme pour la déclamer au grand jour. L’âge des jeunes filles (dans les 17 ans) montre aussi l’inconstance des ados qui pensent qu’ils peuvent dire ce qu’ils veulent et faire ce qu’ils veulent, que si c’est pour se venger, la personne l’a bien mérité. Elles font preuve d’une immaturité et d’une malveillance sans nom. Le juge Danforth, quant à lui, ne veut pas perdre la face : il trouve donc un ensemble de stratagèmes pour prouver que les jeunes filles ne mentent pas, qu’il ne s’est pas fait duper. Même si les habitants lui prouvent qu’il a tort et qu’il risque d’exécuter des innocents, il trouve des preuves invisibles ou mensongères pour montrer qu’il y a sorcellerie. Le révérend Hale est un personnage sympathique venu aider Salem avec son histoire de sorcières. Il ne connaît pas les habitants, et a donc un regard plutôt objectif sur la situation. Il se retrouve pourtant à endosser le mauvais rôle et, quand il s’en rend compte, il est déjà trop tard. Il fait ensuite tout pour tout arranger. Le lecteur croise d’autres personnages dans cette pièce, comme Elizabeth, une femme qui respire la douceur et la bonté, Rebecca, qui semble un ange à en croire les descriptions des autres habitants, Giles Corey, malheureux fermier dont la troisième femme est accusée de sorcellerie et qui connaîtra un destin tragique, Francis Nurse, qui prône que sa femme est une sainte, qui apporte des preuves, mais qui n’est pas même écouté, les autres jeunes filles qui suivent Abigail, Betty, Ruth, Mercy, etc, qui m’ont paru beaucoup plus ressembler à des sorcières que les femmes dont elles parlent.

La scène 2 de l’acte 2 a été supprimée par l’auteur ; dans cette édition, elle se trouve à la fin du livre. C’est un dialogue entre Proctor et Abigail où le lecteur se rend compte que la jeune fille, soit pense vraiment qu’elle agit selon Dieu, soit veut absolument convaincre Proctor du bien-fondé de ce qu’elle fait. Elle pense même qu’il est d’accord avec elle. Sa vengeance n’est en réalité vraiment dirigée que vers une seule personne, et les autres en pâtissent parce qu’ils l’ont insulté après ce qu’elle a fait avant la pièce.

Dieu est évidemment très important dans cette pièce, mais l’on se rend compte aussi des horreurs que l’on peut faire en son nom. Le fanatisme des jeunes filles, leurs mensonges mènent à la destruction et à la mort d’innocents. Elles disent agir pour la religion, elles disent être des saintes, et les juges les croient en fermant les yeux sur la vérité et la réalité. Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver un écho de cette situation de mensonge religieux dans l’actualité.

La fin n’est pas vraiment une surprise, même si elle est très triste et révoltante. Il semble évident que le personnage concerné ne pouvait pas agir autrement, par honneur, mais aussi pour ses amis qui vont mourir. Ainsi, à la fin, les morts se sont enchaînées, mais le triomphe est partagé entre les deux camps : ceux des menteurs qui gagnent, quoi qu’il arrive, et ceux des innocents qui perdent la vie en gagnant le Paradis.

 

C’est donc une excellente pièce, que je relirais sans doute, qui nous transporte à Salem et nous fait réfléchir sur la religion et les hommes.

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