Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Woman in Black de Susan Hill

Posté : 19 décembre, 2017 @ 5:13 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Horreur The Woman in Black

Editeur : Vintage Classics

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 207

Titre en français : La dame en noir

Synopsis : ‘I did not believe in ghosts’

Few attend Mrs Alice Drablow’s funeral, and not one blood relative amongst them. There are undertakers with shovels, a local official who would rather be anywhere else, and one Mr. Arthur Kipps, solicitor from London. He is to spend the night in Eel Marsh House, the place where the old recluse died amidst a sinking swamp, a blinding fog and a baleful mystery about which the townsfolk refuse to speak.

Young Mr. Kipps expects a boring evening alone sorting out paperwork and searching for Mrs Drablow’s will. But when the high tide pens him in, what he finds – or rather what finds him – is something else entirely.

 

Avis : J’ai un petit tas de livres gothiques à lire « en urgence » pour le mémoire, alors voici ma première lecture !

Je n’avais pas regardé les notes de ce livre avant de le lire, mais je constate qu’elles sont assez basses comparées à celle que je lui ai mise : c’est un nouveau coup de cœur ! Le mois de décembre est vraiment un très bon mois, si l’on excepte deux livres ! J’ai été complètement transportée par The Woman in Black ! J’étais avec le narrateur dans la maison lugubre d’Alice Drablow, j’essayais de comprendre avec lui le mystère qui entoure la maison ! Bon, c’est vrai, il est assez facile à deviner, mais ce n’est pas le principal intérêt du livre : ce qui fait de ce roman un chef-d’œuvre pour moi, c’est l’ambiance pesante que l’auteur parvient à faire régner en un peu plus de 200 pages ! C’est sombre, c’est étrange, de cette étrangeté familière que Freud a appelé « l’Inquiétante Etrangeté » : ce qui fait peur au narrateur, c’est de se retrouver face à des bruits familiers qui seraient anodins à la lumière du jour. Ce sont les circonstances qui font que le personnage est terrifié, et que le lecteur frissonne avec lui : la nuit, une atmosphère lugubre, pendant une tempête, avec le marécage non loin, les cris d’un enfant – ou est-ce que c’est juste un effet du vent ? -, et une présence dans la maison. L’explication du mystère est très triste, et correspond à une sorte de secret que les habitants de Crythin Gifford ne veulent pas révéler à Arthur Kipps, le narrateur. Quand un enfant est impliqué, c’est toujours une histoire qui va briser le cœur du lecteur, tout en lui mettant la chair de poule. J’ai trouvé des ressemblances entre The Woman in Black et deux autres de mes romans préférés : Bleak House, notamment avec la brume qui entoure Londres, mais aussi la demeure d’Alice Drablow, et Dracula, avec le personnage du clerc de notaire qui part pour un voyage vers l’inconnu, et qui se retrouve face à quelque chose de surnaturel et de malveillant. Enfin, j’ai aimé la façon dont l’histoire est racontée ! Le narrateur commence un soir de Noël, alors que ses beaux-enfants lui demandent une histoire de fantômes. Incapable de la raconter, il se rend compte que, pour s’en débarrasser définitivement, il doit l’écrire, d’où le livre que l’on tient entre les mains ! J’aime ce procédé de mise en abîme !

Ainsi, Arthur Kipps, le narrateur, ressemble-t-il fortement à Jonathan Harker. Rationnel, il ne croit pas aux fantômes et aux superstitions, et trouve ridicules les peurs liées à la maison Drablow des habitants de la petite ville dans laquelle il se retrouve. Persuadé d’avoir raison, il écarte leurs avertissements d’un geste de la main et décide d’affronter la maison, et son occupant. J’ai beaucoup aimé Arthur, qui évolue au fil de l’histoire. J’ai trouvé qu’il passait par les mêmes états que Jonathan dans le château de Dracula : d’abord le déni, il tente de se convaincre qu’il a dû mal voir : puis le bord de la folie, il ne comprend pas comment c’est possible, et il est terrifié ; enfin, l’affrontement, il veut comprendre et, en quelque sorte, remettre le fantôme à sa place. Il passe par une dernière phase [SPOILER] celle de la fuite, puisqu’il sent qu’il va devenir fou ou mourir s’il retourne à Eel Marsh House ! [FIN DU SPOILER] La dame en noir, quant à elle, fait un très bon fantôme !! Elle est effrayante au possible, ne prononce pas une parole, mais son expression suffit à glacer de terreur le narrateur et le lecteur. Une fois que l’on comprend qui elle est, une aura de tristesse encore plus pesante l’entoure. [SPOILER] Elle n’est là que pour se venger de la mort de son fils, en tuant les enfants d’autres personnes, et notamment de ceux qui la voient. Elle a donc une mort aussi triste que sa vie ! [FIN DU SPOILER] D’autres personnages apparaissent comme Mr. Daily, agréable mais mystérieux, qui, comme tous les autres habitants, en sait plus qu’il n’en dit, Keckwick, assez étrange lui aussi, très taciturne, Stella, que l’on ne voit pas beaucoup, mais qui semble rayonnante de vie, et qui est l’équivalent de Mina pour Jonathan, sa seule raison de rester en vie, sain d’esprit. Petite mention spéciale pour Spider, que j’ai beaucoup aimé, qui apporte du réconfort au narrateur comme au lecteur !

La fin est AFFREUSE !! Je m’en doutais, mais je tentais de me convaincre que ça ne pouvait pas arriver ! De plus, [SPOILER] il semblerait que raconter son histoire est drainé le narrateur de ses forces ; le lecteur peut deviner qu’il va mourir juste après avoir fini d’écrire ! [FIN DU SPOILER] On sent toute la difficulté de raconter dans la façon abrupte dont l’histoire se termine.

 

Donc, j’ai adoré The Woman in Black, un nouveau préféré, une histoire de fantômes « efficace » en un peu plus de 200 pages ; le livre se lit vite, mais il ne s’oublie pas aussi rapidement !

Danse Macabre de Stephen King

Posté : 24 avril, 2017 @ 7:29 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Danse Macabre Genre : Essai, Horreur

Editeur : Hodder & Stoughton

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 460

Titre en français : Anatomie de l’horreur (en deux tomes)

Synopsis : There is a reason why Stephen King is one of the bestselling writers in the world, ever; Described in the Guardian as an author who ‘knows how to engage the deepest sympathies of his readers’, Stephen King writes books that draw you in and are impossible to put down.

It was not long after Halloween when Stephen King received a telephone call from his editor. ‘Why don’t you do a book about the entire horror phenomenon as you see it? Books, movies, radio, TV, the whole thing?’

The result is this unique combination of fantasy and autobiography, of classic horror writing honed to an unforgettable edge by the bestselling master of the genre.

DANSE MACABRE ranges across the whole spectrum of horror in popular culture from the seminal classics of Dracula and Frankenstein. It is a charming and fascinating book, replete with pertinent anecdote and observation, in which Stephen King describes his ideas on how horror works on many levels and how he brings it to bear on his own inimitable novels.

 

Avis : Je déteste les films d’horreur. Alors pourquoi ai-je lu ce livre ?

D’abord, si je déteste les films d’horreur, c’est parce que, souvent, je ne les vois que comme des occasions de voir de la boucherie et du sang, sans histoire, et donc, sans intérêt. Et pourtant, je me suis toujours demandée ce qui pouvait attirer tant de gens vers ces films. Quand j’ai vu que Stephen King avait publié un essai sur le genre horrifique - films, livres, etc -, je me suis dit que je pourrais le lire, que peut-être, je comprendrais ce qu’il y a de si fascinant dans l’horreur, ce qui attire certains de mes amis, ce qui fait que ce sont de grands films. Eh bien, j’ai compris.

Et je suis vraiment contente d’avoir lu ce livre ! J’ai une vision tout à fait différente de l’horreur après l’avoir refermé, même si je pense que tout le monde n’a pas la même façon de considérer ce genre que l’auteur. Bien sûr, comme il parle de sa propre vision de l’horreur, Stephen King parle de lui ici, il évoque certaines anecdotes personnelles qui expliquent pourquoi il écrit des histoires d’horreur, pourquoi il est fan des films d’horreur. J’ai trouvé son essai passionnant – même si, à certains moments, je l’ai trouvé un peu plus long, mais j’expliquerai pourquoi ensuite ! Il rend le genre bien plus profond que juste des litres d’hémoglobine ; il nous fait réfléchir sur ce qui nous fait véritablement peur dans ces histoires, sur ce que ces films/livres représentent réellement, comment nous les voyons. Il étudie ainsi plusieurs films et livres un peu plus en détail par rapport à d’autres, en nous montrant pourquoi ils parviennent à nous faire peur - et ce, en nous spoilant la plupart du temps, à mon grand regret ! Il passe par Dracula, Frankenstein et Dr. Jekyll and Mr. Hyde, ce qui m’a ramené à mon mémoire, confirmant des idées, en ajoutant d’autres. Ces livres sont parmi mes préférés, et ils sont classés dans le genre horrifique, ce que je n’avais jamais vraiment remarqué avant de commencer à travailler sur eux. De plus, il évoque les contes de fées, ce qui peut paraître complètement hors de propos, mais qui ne l’est absolument pas ! J’ai adoré découvrir ce point de vue original, presque paradoxal, et qui pourtant, tient parfaitement la route ! Ce que j’adore aussi dans ce livre, ce sont les tonnes de références que King nous donne ! Ma wish-list a encore explosé avec le nombre de livres que j’y ai ajouté ! Concernant les films, c’est plus compliqué : j’ai plusieurs phobies, dont l’une est le sang ; compliqué quand on veut regarder un film d’horreur ! J’en ai regardé trois : The Grudge, que je n’ai pas réussi à regarder tout le long et qui m’a fait faire des cauchemars pendant des mois ; Scream 4, que j’ai vu au cinéma – quelle idée débile j’ai eu ! ; la tétralogie Alien (à la suite, je précise …), parce que mon compagnon est fan et qu’il voulait absolument que je les vois : résultat, un coussin entre les mains au cas où, et des cris réguliers à chaque fois qu’il y avait du sang – et ces passages sanglants sont nombreux ! Et pourtant, j’ai beaucoup aimé cette dernière série, malgré la peur et les séquences que je n’ai pas réussi à regarder. Stephen King parle du premier Alien, qui était sorti à l’époque où il publie le livre – 1981 -, et le classe parmi les vingt films qui font véritablement peur, pas seulement à cause des aliens en tant qu’êtres physiques, mais pour l’idée d’un être qui se sert des humains pour vivre avant de les tuer – de manière assez dégoûtante, avouons-le – et qui va être ramener sur Terre par le Stromono si les membres d’équipage ne sont pas capables de l’abattre ; également pour l’idée de scientifiques fous qui veulent étudier la créature extraterrestre, au risque de cause la mort de l’équipe chargée de transporter l’être jusque sur Terre, et sans se rendre compte que l’espèce humaine elle-même est en danger. Bientôt sort Alien 5 : Covenant ; mon compagnon m’a déjà proposé d’aller le voir, mais je me demande si j’aurais le courage d’y aller ! Avec cet exemple d’Alien, Stephen King nous montre que les films d’horreur font peur parce qu’ils touchent à des points de pression chez nous, à des choses qui nous terrifient mais qui sont enfouies en nous, que l’on ne veut pas voir en face, comme c’était déjà le cas avec les trois premiers romans dont il parle. J’ai apprécié le fait que Stephen King ne parle, en fait, pas que de l’horreur : il mentionne aussi la science-fiction et la Fantasy qui sont, pour lui, souvent associées à l’horreur ; et je me suis vite rendue compte qu’il avait raison ! Il mentionne aussi le fait que ces trois genres ne soient pas considérés comme de la littérature, soient même mal vus par les critiques, les institutions, etc. Cette façon de diviser la littérature m’a toujours agacé : je considère la Fantasy et la science-fiction comme faisant partie intégrante de la littérature, et pourquoi l’horreur n’y aurait-elle pas sa place ? Ces genres aussi demandent une « analyse », cachent quelque chose de plus que juste une histoire de surface. Eux aussi méritent leur place dans nos bibliothèques ! Enfin, ce que j’ai également beaucoup apprécié dans ce livre, c’est l’écriture de l’auteur : Stephen King s’adresse à son lecteur tout le long, tantôt comme à un invité, tantôt comme à un ami, mais surtout, il reprend la métaphore de la danse du début à la fin, ce qui m’a semblé étrangement poétique de sa part. Il prend la main du lecteur, et le guide à travers la danse macabre du genre horrifique. Il est vrai que, comme il le dit, il marche parfois sur nos pieds, mais il est pardonné, car c’est une maladresse, et non une intention malveillante. Il ne cesse de répéter qu’il ne veut surtout pas être poncif, nous faire un sermon, nous montrer qu’il est un expert ; il veut simplement nous faire part de ses idées, mais surtout, nous faire entrer dans le monde de l’horreur et tenter de nous le faire comprendre. Il donne aussi clairement son avis, qu’il soit positif ou négatif : il peut nous dire beaucoup de bien de certains auteurs, et descendre en flèche d’autres en une seule phrase !

Passons maintenant à de petites remarques négatives ! N’ayant pas vu / lu les films / livres dont parle l’auteur, comme je l’ai dit, il m’a spoilé la majorité d’entre eux. Cela ne me dérange pas pour les films, que je n’avais pas vraiment l’intention de regarder ; beaucoup plus pour les livres, qui m’ont vraiment intéressé pour la plupart d’entre eux ! Bien sûr, ces spoilers étaient inévitables, donc ce n’est pas vraiment la faute de l’auteur, plutôt la mienne de ne pas les avoir lus avant. Parfois, j’ai aussi senti que l’essai était vraiment fait pour les fans de l’horreur : je ne connaissais pas la majorité des références données, et j’ai parfois perdu dans le livre, notamment à cause de certains termes spécifiques, ou dans certains passages où l’auteur se concentre sur un film, ou sur une série – par exemple, The Twilight Zone – ; il fallait des connaissances préalables que je n’avais pas pour tout comprendre. Enfin, cet essai date de 1981 : de nombreux films et livres horrifiques sont sortis depuis, et j’ai l’impression que certaines remarques de King sont dépassées parce qu’elles ont été résolues entre temps ; par exemple, son regret que la radio ne diffuse plus d’histoires d’horreur peut être pallié par l’audiobook, qui permet de retrouver les sensations ressenties lors des émissions de radio. J’aimerais avoir l’avis de King sur la plupart des œuvres qui sont sorties entre temps : Dracula de Coppola – réalisateur que l’auteur semble véritablement apprécier -, les autres Alien, The Grudge (parce que ce film m’a vraiment fait peur !), mais aussi certains romans, comme les derniers qu’il a écrits, ou Maudits de Joyce Carol Oates – il la mentionne aussi. Aussi, il parle beaucoup des peurs de la société de l’époque, en évoquant de nombreux événements qui ont marqué le genre horrifique : lancement de Spoutnik par les Russes, assassinat de Kennedy, assassinat de Martin Luther King, le massacre de Johnstown ; j’aimerais savoir en quoi l’horreur a évolué maintenant, avec le 11 septembre par exemple. Ce serait formidable d’avoir une version moderne de cet essai ; bien sûr, cela représente un travail colossal, mais je ne peux m’empêcher de l’espérer !

Stephen King conclut avec un chapitre sur la moralité et la magie, en donnant des exemples d’écrivains du genre horrifique à qui des journalistes ont posé des questions du genre : « Comment justifiez-vous de prospérer grâce aux peurs des autres ? » Ce dernier chapitre est composé lui-même de « chapitres » où s’entremêlent la prose de King et des faits-divers dans lesquels des romans ou films d’horreur sont impliqués. Mais n’est-ce pas trop facile de dire que certaines personnes peuvent se servir de la fiction pour commettre des meurtres ? Elles les auraient commis de toute façon, de manière moins originale parce que sans l’appui du film ou du livre, mais elles l’auraient fait. La responsabilité n’est alors pas celle de l’auteur, mais celle de la personne qui s’est mis en tête de refaire ce qu’elle a vu. Stephen King voit plutôt l’horreur comme une catharsis, comme une façon de se faire peur pour éviter d’avoir peur de la réalité, mais aussi, comme l’expression de l’imagination de l’auteur, sa capacité à redevenir un enfant, à retrouver la magie de l’enfance, son innocence et sa crédulité face à quelque chose qui lui fait peur. Le livre s’achève sur une liste de films et de livres, la dernière que je vais m’empresser de regarder après cette chronique, pour achever de faire déborder ma wish-list ! 

 

Donc, un essai convaincant, qui me fait voir le genre horrifique différemment, et qui me pousse à essayer de lire certains chefs-d’œuvre du genre !

World War Z de Max Brooks

Posté : 13 février, 2015 @ 10:54 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

World War ZGenre : Horreur

Editeur : Three Rivers Press

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 420

Synopsis : « Addictively readable … A. » Entertainment Weekly, EW Pick. « An oversized version of hell. » The Onion‘s A.V. Club. « Will spook you for real. » New York Times Book Review. « Brook [is] America’s most proeminent maven on the living dead … Gripping reading. » Hartford Courant. We survived the zombie apocalypse, but how many of us are still haunted by that terrible time? We have (temporarily?) defeated the living dead, but at what cost? Told in the haunting and riveting voices of the men and women who witnessed the horror firsthand, World War Z is the only record of the plague years.

 

Avis :  Je n’ai jamais lu de livre classé dans la catégorie « Horreur », et je ne pensais pas en lire. Mais finalement, la curiosité m’a gagné ! J’ai beaucoup entendu parler du film, un peu moins du livre, et je me suis dit : Pourquoi pas tenter ?

J’ai eu un peu (beaucoup !) de mal à vraiment « lire » ce livre. Je l’ai abandonné un long moment parce que je n’aimais pas du tout le sentiment qu’il me donnait. J’étais mal à l’aise, j’étais dégoutée par ma lecture, et je n’avais pas besoin de ça à ce moment-là. Je l’ai repris récemment et je l’ai enfin fini ! Si ce livre m’a autant donné de fil à retordre, c’est parce qu’il est écrit de façon très réaliste. On s’y croirait vraiment, on a l’impression d’y être ! On se prend au jeu et l’on est complètement abasourdi par l’impact que la manière d’écrire à sur nous. C’est donc surtout ce réalisme qui m’a gêné.

Ce livre n’est pas un roman ordinaire : c’est plutôt un docu-fiction. Un journaliste interviewe différentes personnes des quatre coins du monde à propos de la « Great Panic » et de la guerre contre les zombies. Je n’avais jamais lu un livre écrit de cette façon, et j’ai beaucoup aimé. Cela rend le livre d’autant plus dynamique, et nous donne tout un tas de points de vue différents sur la situation, cela nous permet de voir tous les aspects de la guerre, et pas seulement celle d’un seul pays. En revanche, j’ai souvent du mal avec les incipits, donc j’ai parfois eu du mal à entrer dans chaque nouvelle interview. Certaines m’ont moins accroché que d’autres ; certaines, au contraire, étaient très prenantes !

Le livre est divisée en neuf parties : d’abord une introduction où le journaliste / narrateur nous présente le sujet global, il va nous parler de la grande guerre qui a secoué le monde, mais il nous explique aussi qu’il devait faire un rapport, et que c’est celui-ci qu’il nous livre ici.

Ensuite vient la partie « Warnings« , qui montre les prémisses de la guerre, le moment où certaines personnes ont tenté de révéler au monde entier que les morts se réveillaient, mais où personne ne les a écoutées. On découvre les premiers zombies, sans que les hommes comprennent ce qu’ils sont, comment ils sont apparus, et tout ce qui les concernent. Je me souviens de certains passages dans les hôpitaux qui m’ont frissonné … Le patient meurt et, quelques instants après, il renaît à la vie sous la forme d’un zombie qui ne cherche qu’à croquer dans un humain ! Certaines personnes interviewées disent qu’il était impossible de prévoir l’apparition des zombies, et cela fait peur, parce qu’on peut s’imaginer à leur place : c’est aussi « l’avantage » du docu-fiction. Est-ce qu’on nous préviendrait ? Ou est-ce qu’on préférerait ne pas semer la panique ? On préfère ne pas le savoir en fait ! La partie « Blame » montre les différentes réactions de certains pays, comme Israël et la Palestine, mais aussi, et évidemment, les Etats-Unis.

C’est surtout la partie « The Great Panic« , qui m’a mis mal à l’aise. L’histoire nous prend aux tripes, on est complètement absorbé à l’intérieur du livre par l’horreur que les « outbreaks » nous montrent. Les interviews sur les voitures et sur les bateaux débordant de réfugiés qui veulent fuir la terre infestée donnent bien le ton … L’interview en Russie est aussi choquante … En fait, toutes le sont un peu ! Je ne me souviens plus exactement si c’est dans cette partie que se trouve la crise d’Afrique du Sud, mais elle aussi m’a marqué, avec la femme qui refuse de partir et qui garde ses enfants auprès d’elle alors que les zombies arrivent … On ne s’attache pas aux personnages, on n’a pas le temps pour cela, mais on peut ressentir de la pitié pour eux, ou de la sympathie quand on découvre ce qu’ils ont perdu.

J’ai repris le livre récemment à « Turning the tide« , et la première interview m’a laissé bouche bée de par son contenu, et de par la façon dont elle finit. Dans cette partie, on voit comment les pays tentent de lutter contre l’invasion avec un plan, des stratégies, comme celle de l’Ukraine, complètement surréaliste ! On voit également ce que le gouvernement dit à sa population afin de mettre au point le plan. La manipulation dont elle est la victime est révoltante : elle est complètement vulnérable et obéit docilement. La vision que l’auteur donne ici de la politique est vraiment déplorable et peut dégouter le lecteur, mais il montre aussi combien il est difficile de prendre les décisions que les gouvernements prennent. C’est une responsabilité qu’ils doivent porter sans jamais pouvoir s’en débarrasser. Et dans cette partie, on se rend aussi compte que tous les zombies n’ont pas disparu.

« Home Front USA » se concentre évidemment sur les Etats-Unis. Ils essaient de reconstruire au moins les structures de leur pays et de se battre contre la horde de zombies qui a envahi le pays. J’ai particulièrement été emportée par l’interview de Christina Eliopolis, et j’ai été surprise par la fin, au même titre que celle qui ouvrait la partie précédente. Le cerveau humain est étrange à certains moments. La partie suivante est intitulée « Around the world and above« . On découvre ici la guerre en Europe, en Asie, en Afrique : de quoi les réfugiés se sont servis, de où ils se trouvaient, les armes qu’ils avaient à leur disposition, comment ils s’en sont sortis ou comment ils se sont fait piégés. La première, encore une fois, m’a assez frappé pour le contenu mais aussi, de nouveau, pour la fin. Les interviews du Japon et de la Chine sont assez développées et très prenantes. Une interview concerne aussi l’espace, ce que j’ai trouvé intéressant. Cela donne un point de vue vraiment très différent de tous les autres puisque cette personne n’a rien pu faire, n’a pas combattu à proprement parler.

« Total War » montre la reconquête de la Terre par les humains, les différentes techniques des pays, les armes, les endroits également. Les Etats-Unis semblent avoir un avantage certain au vu de leurs stratégies ; les autres pays semblent plus en difficulté. Il m’a semblé que la position de gendarmes du monde des Américains était assez affirmée ici, même avec un monde en ruine. La Terre est peu à peu reconquise.

La dernière partie s’appelle « Good-Byes » : on retrouve des personnages que l’on a déjà découverts, et dont on se souvient plus ou moins. Mais cette fin n’en est pas vraiment une. On ne sait pas si la guerre est terminée, si tous les zombies (et autres … Il y a quelque chose que j’ai trouvé très surprenant dans ce livre, encore un aspect étrange de notre cerveau …) sont bien décimés, si les humains ont retrouvé leur terre, mais aussi s’ils ont retrouvé leur niveau de vie d’autrefois. En effet, tout le long du livre, la Terre n’est pas seulement dévastée par les zombies, mais aussi par la pollution, qui s’attaque aux villes, à la nature, mais aussi à la santé des hommes.

Dernière petite remarque : ce livre peut vraiment mettre mal à l’aise. On découvre l’être humain comme, peut-être, jamais on ne l’a vu. Les scènes des premières parties font vraiment peur, et sont à classer dans l’horreur sans hésiter ! Bien que j’aie aimé ce livre, je pense que je ne suis pas faite pour lire beaucoup d’histoires sur les zombies. Une seule, et de cette qualité, me suffit amplement ! Je n’ai pas encore regardé le film, mais je pense que je ne vais pas tarder !

 

En définitive, un livre dynamique qui nous donne des frissons par son réalisme, qui nous donne tout un tas de points de vue sur la guerre menée ici, et qui me suffit amplement en ce qui concerne les zombies !

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