Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Les Enfants du désastre, tome 2 : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître

Posté : 28 juin, 2019 @ 4:48 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique Couleurs de l'incendie

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2019 [2018]

Nombre de pages : 538

Synopsis : Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière. Mais elle a un fils, Paul, qui d’un geste inattendu et tragique va la placer sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe. Pierre Lemaitre signe ici le deuxième volet de la trilogie Les Enfants du désastre inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013. 

 

Avis : J’ai lu Au revoir là-haut en avril ; la même amie qui me l’avait prêté m’a proposé Couleurs de l’incendie : comment résister ?

Première remarque que je peux faire : Pierre Lemaitre s’y connaît en début choc ! Si le début du premier tome de sa série m’avait laissé sans voix, ce fut aussi le cas du premier chapitre de ce roman, encore plus choquant ! Tant de cruauté et de détresse en dix pages : impressionnant ! Puis, viennent l’hypocrisie et la lâcheté. Et vient le dégoût du lecteur pour certains personnages qu’il vient juste de rencontrer. On peut donc dire que M. Lemaitre a le sens des grands incipit !

Je vais commencer par la seule chose qui m’a gênée dans ce roman, comme dans Au revoir là-haut : la représentation des femmes et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Tous les personnages féminins sont jugés par les personnages masculins par rapport à leur sexualité et à leur corps. C’est épuisant. Soit ils se disent qu’elles ont un beau cul, qu’ils se la feraient bien ; soit qu’elle a une vie sexuelle dissolue, ce qui en fait une salope. Génial. On adore. Elles sont donc constamment ramenées à leur corps et à ce qu’elles en font. [SPOILER] C’est la raison pour laquelle ils sont toujours trompés par les personnages féminins ce qui, en revanche, est jouissif. Ils les pensent stupides, incapables de penser et de réfléchir, et finissent ruinés par leur bêtise. [FIN DU SPOILER] Il n’y a, pour moi, qu’un seul personnage masculin positif – si on excepte Paul – ; je me suis vite attachée à lui, il était assez touchant d’une certaine façon et, [SPOILER] alors même que je ne suis pas une grande fan de romance, j’avais terriblement envie que Madeleine et lui finissent ensemble, qu’ils tombent amoureux ! Peut-être que c’est le cas à la fin, puisqu’ils sont ensemble dans le dernier paragraphe ; c’est au lecteur de décider ce qu’il en pense. Je vais donc rêver qu’ils sont ensemble ! [FIN DU SPOILER] Une autre petite chose qui m’a peut-être gênée : il y a pas mal de scènes sexuelles ou de références au sexe, et je trouvais que ça devenait lourd à force.

Concernant l’histoire, je ne peux pas trop vous en dire, parce que le synopsis est très bon et ne laisse pas deviner grand-chose ! Sachez simplement que c’est à la fois frustrant et jouissif. Frustrant pour la première partie du roman : [SPOILER] assister à la chute de Madeleine était pénible, vraiment, parce que je l’aimais déjà beaucoup dans Au revoir là-haut. Et voir ses adversaires masculins s’enrichir et réussir m’a donné envie de vomir. [FIN DU SPOILER] Jouissif grâce à [SPOILER] la grande vengeance qui se met en place dans la seconde partie du roman ! Honnêtement, j’avais terriblement envie qu’ils paient TOUS pour ce qu’ils ont fait, mais surtout Delcourt. J’avais envie qu’il meure pendant le bouquin, et j’étais frustrée de voir que Madeleine ne trouvait rien contre lui ! [FIN DU SPOILER]

Concernant les personnages : comme je l’ai dit, Madeleine Péricourt est déjà présente dans Au revoir là-haut, et je l’appréciais déjà à ce moment-là. Je l’ai adoré ici, de plus en plus, au fil du livre. C’est une femme forte [SPOILER] qui décide de se venger des hommes qui l’ont trompée. [FIN DU SPOILER] Existe-t-il quoi que ce soit chez elle que je puisse ne pas aimer ? Oui, une seule chose : elle incarne la femme qui ne peut et ne veut pas faire confiance à d’autres femmes, et le livre ne lui donne pas tort. C’est assez triste : j’aimerais lire un jour un roman de ce type dans lequel je puisse trouver une relation saine entre deux femmes. Paul est un personnage que j’aime beaucoup, et qui m’a beaucoup touchée [SPOILER] le passage dans lequel il raconte à sa mère ce que lui a fait Delcourt … j’avais envie de le tuer pour ça !! Mais quelle haine j’ai ressentie ! [FIN DU SPOILER] Je ne peux pas trop en dire sur lui sans vous spoiler tout le bouquin malheureusement ! [SPOILER] C’est un petit garçon très fort, résilient. J’avais envie de lui faire des câlins tout le long du livre ! Son amour de la musique est un plaisir à lire, et sa relation avec Solange Gallinato m’est précieuse. J’ai adoré le fait qu’il réussisse à monter son entreprise, et la fin de son histoire ! [FIN DU SPOILER] Les autres personnages, secondaires, sont presque tous des raclures : je les ai pratiquement tous détestés [SPOILER] en tout cas, c’est le cas des personnages masculins, tous, à l’exception de Dupré, obnubilés par le sexe et violents. J’ai aussi fini par détester Léonce, que j’avais aimé dans la première partie du roman, lorsque le lecteur apprend qu’elle a trahi Madeleine. Elle ne fait pas que trahir son employeur, elle trahit aussi son amie après l’avoir séduite. [FIN DU SPOILER] J’ai adoré Vladi : cette fille est un délice à suivre, même si je n’ai rien compris de ce qu’elle disait ! [SPOILER] Autre personnage que j’ai fini par adorer : Solange Gallinato. Elle m’agaçait un peu au début, sans doute parce qu’elle agaçait Madeleine ; mais j’ai fini par me ranger plutôt à l’avis de Paul. Le dernier acte de Solange est d’un courage exemplaire, et ses blessures cachées m’ont fait mal au coeur. [FIN DU SPOILER]

J’aime toujours autant l’écriture, même si j’ai moins vu de discours indirect libre comparé au premier tome de la série. J’ai aimé l’importance que prend la musique ici, cela m’a donné envie d’écouter les airs mentionnés pendant la lecture. J’ai adoré que le contexte politique soit utilisé dans le cadre de l’histoire, mais aussi la note de l’auteur qui explique qu’il s’est inspiré de faits réels. Enfin, je tiens à prévenir les personnes sensibles : certains sujets lourds sont abordés ici.

 

 

Donc, j’ai aimé ce livre, malgré ses défauts, et je lirai le troisième et dernier tome de cette trilogie avec plaisir quand il sortira !

 

Cicéron, tome 1 : Imperium de Robert Harris

Posté : 20 juin, 2019 @ 1:59 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Historique Imperium

Editeur : Plon/Le Grand livre du mois

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 364

Titre en VO : Cicero, book 1: Imperium 

Synopsis : Lorsque Tiron, le secrétaire particulier d’un sénateur romain, ouvre la porte à un étranger terrorisé, il déclenche une suite d’événements qui vont propulser son maître au sein d’une des plus célèbres et dramatiques affaires de l’Histoire.

L’étranger est un Sicilien victime de Verrès, gouverneur vicieux et corrompu. Le sénateur en question, c’est Cicéron, un jeune et brillant avocat déterminé à atteindre l’imperium – pouvoir suprême au sein de l’Etat.

A travers la voix captivante de Tiron, nous sommes plongés dans l’univers perfide et violent de la politique romaine, et nous suivons un homme – intelligent, sensible, mais aussi arrogant et roublard – dans sa lutte pour accéder au sommet.

C’est un monde qui ressemble étonnamment à celui d’aujourd’hui, toile de fond d’un véritable thriller politique autour de l’irrésistible ascension de Cicéron. « Tout ce qu’il avait, écrit Tiron de son maître, c’était sa voix, et par sa seule volonté, il en a fait la voix la plus célèbre du monde. »

 

Avis : Je pense que ce n’est pas un secret : j’adore l’Antiquité, qu’elle soit grecque, romaine ou autres, et je cherche souvent des livres qui traitent de cette période, ou des fictions dont l’action se situe à cette époque. Donc, quand mon amie m’a prêté Imperium, j’ai eu du mal à ne pas le commencer sur le champ !

Comme la plupart des gens qui ont étudié le latin, j’ai traduit certains textes de Cicéron, ses discours et ses lettres, ce qui ne l’a pas forcément rendu cher à mon cœur ! Le premier « exploit » de ce roman est donc de m’avoir fait aimer Cicéron. Sincèrement, je l’ai adoré en tant que personnage ; je l’ai soutenu du début à la fin – même si je connaissais déjà certains événements, le roman est resté captivant, et même haletant à certains moments ! – et je veux maintenant lire la suite, Conspirata ! J’ai envie d’en apprendre plus sur lui à travers ces romans, même si je connais déjà les grandes lignes de sa vie. J’ai envie de le suivre jusqu’à sa chute et sa mort ! – je ne me souviens pas comment il est mort d’ailleurs, donc je pourrais même avoir une surprise ! Ce que j’ai particulièrement adoré en suivant Cicéron, c’est que, même s’il n’est pas le narrateur, le lecteur peut apercevoir l’homme véritable derrière la figure historique, ses sentiments notamment. Il peut avoir l’impression de le connaître vraiment, un peu comme Hadrien dans Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar – excepté que, dans ce livre, Hadrien est le narrateur, contrairement à Cicéron.

Ce qui me mène à un autre élément que j’ai adoré : la façon dont le livre est écrit. La vie de Cicéron nous est racontée par son ancien esclave, Tiron, longtemps après la mort de son maître. Le lecteur peut clairement sentir le lien entre les deux hommes, l’amour même qu’ils partagent ; à travers ses yeux, le lecteur s’attache à l’homme politique et à sa famille ! L’auteur explique dans une note à la fin de l’ouvrage qu’il a eu l’idée de cette narration parce que Tiron a effectivement écrit une biographie de Cicéron, perdue aujourd’hui. Grâce à ce point de vue, l’émotion naît et, encore une fois, comme avec Hadrien, le lecteur se sent proche du personnage principal, et compatit avec lui. Attention, le spoiler qui suit concerne à la fois Imperium et Mémoires d’Hadrien ! [SPOILER] La mort de Lucius m’a fait penser à celle d’Antiochus : elle est très triste à lire, tout comme est triste à voir le chagrin des personnages. [FIN DU SPOILER]

Ce roman est un délice pour ceux qui aiment en découvrir plus sur les mœurs romaines – par exemple, l’importance de la famille – mais aussi, et surtout, sur la politique romaine. Cicéron veut grimper l’échelle sociale, ce qui équivaut à dire qu’il veut grimper l’échelle politique. Nous suivons donc ses campagnes, mais aussi son travail d’avocat ; des extraits de ses discours sont insérés dans le roman – j’avoue que je ne suis pas allée vérifier s’ils sont exacts au mot près ! – et cela nous permet d’imaginer ce que cela devait donner d’assister à une de ses plaidoiries ! Comme je n’aurais pas aimé être son ennemi au tribunal !! Au début d’Imperium, Tiron décrit Cicéron comme une voix, la voix la plus célèbre du monde, et c’était formidable de l’entendre à nouveau, de la voir s’animer dans ces pages, à travers les mots de Tiron. Qui dit politique dit corruption, et l’on trouve pas mal d’exemples dans ce roman ! Cicéron n’est pas immunisé contre cela bien sûr – autre point positif : Cicéron n’est pas idéalisé ici ! – mais, la plupart du temps, il se bat contre elle. Il n’a, en fait, pas tellement le choix ; Cicéron est un homme nouveau (homo novus), ce qui signifie que sa famille n’est pas connue politiquement, et donc socialement. Il doit donc se faire connaître, et il choisit de le faire contre l’aristocratie en place, en grande partie corrompue. J’ai adoré voir d’autres grands personnages historiques, comme Pompée, César ou Crassus ; d’autres sont connus grâce à Cicéron et ses célèbres affaires. C’est le cas de Verrès ou de Catilina [SPOILER] mais la plus grosse partie reste encore à venir ! [FIN DU SPOILER] En gros, ce livre était un régal pour moi !

Enfin, j’ai adoré le style ! Je le fais rarement, mais j’ai lu ce livre en français, et je dois admettre que je n’ai pas du tout senti la traduction ! C’était fluide, et j’ai noté quelques citations marquantes. C’était beau, et cela m’a donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteur plus vite que prévu ! J’ai tout de même envie de relire Imperium en VO !

La seule chose qui m’a agacée – en plus de l’esclavage, mais, c’est ainsi qu’était la société romaine – c’est la misogynie inhérente à cette même société ! Comme par exemple dans ce passage dans lequel Tiron dit que le système d’écriture qu’il a inventé pour retranscrire rapidement les paroles de Cicéron est si simple que même (on notera le « même ») une femme peut l’apprendre. Haha. Pour autant, malgré cette société misogyne, l’auteur nous présente un très bon personnage féminin, Terentia. C’est une femme forte, son mari l’écoute – il doit le faire, étant donné qu’elle tient les cordons de la bourse, et qu’il a besoin d’argent pour entrer en politique ! – et elle semble d’excellent conseil ! J’ai fini par m’attacher à elle ; ce n’était pas gagné vu la première impression laissée par Tiron lorsqu’il parle d’elle ! 

 

Donc, une belle découverte : je suis contente d’avoir trouvé un nouveau livre dont l’action se situe dans la Rome ancienne, de nouveaux personnages historiques et fictionnels à aimer, et un nouvel auteur dont je peux dévorer les autres livres ! Je ne m’attendais pas à ce que ce livre me plaise autant, j’ai passé un super moment !!  

Belgravia de Julian Fellowes

Posté : 17 juin, 2019 @ 11:40 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique Belgravia

Editeur : Weidenfeld & Nicolson

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 411

Titre en français : Belgravia

Synopsis : On the evening of 15 June 1815, the great and the good of British Society have gathered in Brussels at what is to become one of the most tragic parties in history – the Duchess of Richmond’s ball. For this is the eve of the Battle of Waterloo, and many of the handsome young men attending the ball will find themselves, the very next day, on the battlefield.

For Sophia Trenchard, the young and beautiful daughter of Wellington’s chief supplier, this night will change everything. But it is only Twenty-five years later, when the upwardly mobile Trenchards move into the fashionable new area of Belgravia, that the true repercussions of that moment will be felt. For in this new world, where the aristocracy rub shoulders with the emerging nouveau riche, there are those who would prefer the secrets of the past to remain buried… 

 

Avis : J’ai embarqué ce livre avec moi pour Paris, pendant les oraux, parce que je ne pouvais pas regarder Downton Abbey là-bas ; je me suis dit que ça compenserait le manque !

Eh bien, je me suis trompée ! Belgravia n’est pas à la hauteur de Downton – mais, en même temps, existe-t-il quelque chose qui le soit ? Pour autant, j’aurais pu aimer ce livre ; mais il m’a déplu, que ce soit au niveau du style ou au niveau de « l’action » – difficile d’employer ce terme pour une fiction historique mais enfin !

Commençons tout de même par ce que j’ai aimé ! La fin était satisfaite pour moi, je l’ai appréciée. Certains des personnages sont très attachants, j’en ai vraiment aimé quelques-uns comme Anne Trenchard ou Charles Pope [SPOILER] même si ce dernier devient peu à peu le garçon beaucoup trop parfait pour être réel ! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi aimé que ce ne soit pas tellement manichéen : les « méchants » ne font pas ce qu’ils font sans raison, et les « gentils » ne sont pas exempts de défauts – ou si ? C’est vrai que certains semblent parfaits, idéalisés, et ce peut être agaçant à partir d’un moment. Pour autant, il existe aussi des personnages plus « gris », comme Susan Trenchard, que j’ai aimé voir évoluer, progresser, réussir ?

Passons maintenant à ce que je n’ai pas aimé ! Tout d’abord, le style de l’auteur : il nous dit beaucoup trop de choses au lieu de laisser au lecteur le plaisir de deviner, d’interpréter, de relier lui-même A et B. C’était parfois assez frustrant, et cela mène à un autre bémol : ma frustration ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure de la lecture parce que j’ai eu l’impression que rien ne se passait, que l’action n’avançait pas du tout ! Les personnages et l’histoire stagnent pendant si longtemps, ça m’a presque rendu folle ! Je déteste quand cela arrive, et je n’avais pas besoin de ce genre de « faux » rythme à ce moment-là ! Un autre problème lié à cette stagnation : les nombreuses répétitions. J’avais vraiment l’impression que l’histoire se répétait, que les personnages répétaient les mêmes choses, que la narration répétait les mêmes choses ! A partir d’un moment, je pense que le lecteur a compris qu’Oliver est jaloux, que John est arrogant, que la Comtesse joue avec Anne, et que James est rendu ridicule par son ambition. Pour la défense de ce livre, il a été publié en sorte de feuilleton, ce qui veut dire qu’il fallait éventuellement rappeler certains éléments au lecteur au fil des chapitres ; mais, dans ce cas, quand on publie le livre, on corrige et on édite éventuellement, pour ne pas avoir la même phrase d’un chapitre à l’autre ? Cela donne un livre qui semble très long, pour un résultat qui ne m’a pas satisfaite parce que c’était, en fin de compte, très prévisible. J’avais deviné les twists longtemps avant le dernier chapitre, ce qui m’a désolée, parce que j’avais envie de suspense et que j’adore être surprise par mes lectures. C’est là que je suis très contradictoire : j’ai aimé la fin, mais je savais que cela ne pouvait pas finir autrement, ce qui me déçoit. Pauvres livres, je deviens de plus en plus difficile à satisfaire ! Enfin, dernière petite remarque : j’étais persuadée, je ne sais pas pourquoi, que le bal allait être au centre du roman, et ce n’est pas du tout le cas ! Il ne concerne que le premier chapitre, puis on se trouve vingt-cinq ans plus tard ; donc, j’étais un peu déçue, je pensais qu’il prendrait plus de place, que l’auteur allait peu à peu construire le sentiment d’attente, d’anticipation, d’excitation, pour arriver au bal, puis partir vingt-cinq ans après et développer ses conséquences ! 

 

Donc, assez déçue par cette lecture, mais je tenterai sans doute d’autres livres de Julian Fellowes, en espérant que le rythme et le style sauront me plaire !

 

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Posté : 24 avril, 2019 @ 12:55 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique Au revoir là-haut

Editeur : Albin Michel 

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 564

Synopsis : « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts …

Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’Etat qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.

Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants. 

 

Avis : Ce livre m’a été prêté par une amie il y a très longtemps – quelques années, pour être honnête ! – donc, conseil : ne me prêtez jamais de livres !

J’ai mis beaucoup de temps à lire Au revoir là-haut parce que j’étais intimidée : par la longueur, par le sujet, par le fait qu’il ait gagné un prix littéraire. Je dois avouer que je ne m’entends pas toujours très bien avec les lauréats, donc j’avais peur de ne pas aimer. Une amie m’a parlé de ce livre il y a peu, et je me suis dit qu’il était temps de me lancer ! Et j’ai été happée dès le premier chapitre !

Ce que j’ai vraiment adoré dans Au revoir là-haut, c’est le style d’écriture. Je ne suis pas une grande fan de l’oralité en littérature – grâce à Voyage au bout de la nuit, que je n’ai jamais réussi à finir tellement je déteste ! – mais, ici, cela ne m’a pas dérangée, au contraire ! L’auteur utilise beaucoup le discours indirect libre, ce qui rendait l’œuvre encore plus immersive ! 

En parlant d’immersion, le lecteur sent bien que l’auteur a fait pas mal de recherches : on se retrouve dans l’entre-deux guerres, l’atmosphère, l’hypocrisie, le désordre ! Mais aussi, et peut-être surtout, l’incompréhension à laquelle les soldats rentrés du front doivent faire face. Les gens de l’arrière laissent entendre que si les soldats sont revenus, c’est que ce n’était pas si dur pour eux ; les véritables héros sont morts à la guerre, donc ceux qui sont revenus n’ont pas vraiment combattu. Ils doivent être des lâches, ou des déserteurs. Loin le respect, loin la gratitude !! Je savais que les conditions des soldats revenus de la Première Guerre mondiale n’étaient pas glorieuses, mais je ne m’attendais pas à ça pour autant ! C’était la première fois que je lisais un livre sur le sujet !

Concernant l’histoire, c’est assez simple : elle m’a mise en colère, et je soutenais complètement les personnages … jusqu’à un certain moment, un rebondissement, où je suis devenue dubitative [SPOILER] ça semble effroyable injuste de voler des familles qui ne veulent que rendre hommage à leur père/fils/frère/ami disparu. L’arnaque montée par les deux amis est profondément immorale, et paraît inconcevable parce qu’ils ont eux-mêmes connu la guerre. D’un autre côté, ils ne reçoivent aucune récompense de leur dévouement pour leur pays, donc ils prennent là où ils voient du profit. Difficile de les justifier pour autant, et, en un sens, ce n’est sans doute pas le but. Le lecteur soutient ces personnages malgré leur arnaque ! [FIN DU SPOILER]. Je ne veux absolument RIEN spoiler, donc je ne vous dirai rien des protagonistes, mais sachez que j’ai rencontré un nouveau personnage qui a réussi à entrer sur ma liste des persos que je déteste le plus : Pradelle !! Mais quel niveau !! A un moment donné, je voulais juste qu’il morde la poussière : vive la vengeance ! [SPOILER] Entre sa tentative d’assassinat sur Albert et son arnaque aux cercueils, j’avais envie d’entrer dans le livre et de le faire payer moi-même !! Et quelle arrogance !! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi détesté Labourdin !! En revanche, j’ai beaucoup aimé les Péricourt, père et fille. Le père est à la fois touchant et agaçant ; il est aussi l’incarnation de l’expression « on ne se rend compte de la valeur de quelque chose que quand on l’a perdu ». J’ai été ravie de constater que le second tome – je ne savais pas que c’était une série ! – est centré sur Madeleine, sa fille ! C’est un personnage de caractère, forte, et capable de gérer à la fois son père et son mari. Elle est lucide, sait des choses qu’elle n’est pas censée savoir. La seule chose qui m’a ennuyée avec elle : les relations féminines, et le fait que chaque personnage féminin est considéré pour son apparence et sa sexualité – les hommes aussi sont parfois considérés pour leur apparence cela dit. Les amies de Madeleine sont toutes qualifiées de « salopes » parce que TOUTES – je dis bien, toutes ! – couchent avec le mari de leur amie. On adore … Si l’on met Madeleine et la petite Louise de côté, aucune d’entre elles n’est plus qu’un corps – accompagné d’une langue de vipère parfois, ou d’une ambition amorale. Je trouve ça assez triste. Pas de relation saine entre deux personnages féminins, seulement de la haine, de la jalousie, et du mépris.

Donc, les deux personnages principaux : [SPOILER] Albert est assez effacé, paranoïaque à cause de son expérience traumatisante au début du roman : on ne sort pas indemne d’avoir été enterré vivant et laissé pour mort ! Surtout quand le soldat qui vous sauve se retrouve avec la partie inférieure du visage arrachée par un obus quelques secondes après vous avoir sorti de votre trou ! Albert vient d’une famille plutôt pauvre, si j’ai bien compris, en tout cas, pauvre comparé à celle d’Edouard ! Ce dernier semble très excentrique avant la guerre ; plus du tout quand le lecteur le rencontre. Il est mort à l’intérieur, une coquille vide. Et rien ne peut le ramener à la vie, pas même sa passion, le dessin. Et c’est là qu’arrive quelque chose qui a fini par me déranger : l’apparence d’Edouard. Je ne parle pas de son apparence en tant que telle, mais des réflexions qu’elle amène. Edouard, quand il découvre qu’il a perdu une grande partie de son visage, son nez, sa bouche, décide qu’il préfère mourir plutôt que de vivre comme ça ; et il meurt effectivement à la fin du roman. Il ne peut pas supporter son apparence et ne veut pas revoir sa famille. En fait, il semblerait qu’il se soucie peu de la réaction de ses proches : selon lui, c’est mieux pour eux qu’ils le croient mort plutôt que de devoir prendre soin de lui dans cet état. Hmmm … Je pensais vraiment qu’il trouverait, à un moment donné, la force de reprendre contact, qu’il reprendrait goût à la vie, qu’il s’accepterait : il semble le faire pendant qu’Albert et lui montent leur grande arnaque, mais ce n’est qu’une façade. Il n’accepte jamais. Et le fait que ce soit son père qui le tue … je comprends qu’ils aient une relation horrible, que M. Péricourt ne comprend pas et ne tolère pas son fils parce qu’il est gay ; mais je pensais vraiment qu’ils allaient se revoir, que quelque chose allait se passer entre eux. Je dois avouer que la fin m’a un peu déçue. Parlant de père et fils, j’ai aimé la relation entre Albert et Edouard : parent/enfant, frères, dépendants l’un de l’autre. C’était parfois très touchant. [FIN DU SPOILER]

Ce livre était si haletant à la fin que c’était presque insupportable ! Impossible de le poser, je devais connaître la fin !! C’était très frustrant quelque part, parce que je voulais vraiment que certaines choses arrivent avant la fin ! [SPOILER] Pradelle : j’ai rarement été aussi ravie du sort d’un personnage !! C’est peut-être affreux, mais j’avais vraiment envie qu’il paie ! Pour autant, comme je l’ai dit plus haut, la fin n’est pas à 100% satisfaisante pour moi : la mort d’Edouard ne m’a forcément plu. Due à son excentricité ? [FIN DU SPOILER]

Je lirai la suite !!

 

Donc, un très bon roman qui m’a transportée, mais quelques réflexions et aspects qui m’ont laissée dubitative. 

 

Dictionnaire amoureux des reines d’Evelyne Lever

Posté : 21 février, 2019 @ 2:41 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Dictionnaire, HistoriqueDictionnaire amoureux des reines

Editeur : France Loisirs 

Année de sortie : 2018 [2017]

Nombre de pages : 619

Synopsis : De A à Z, Evelyne Lever nous invite à découvrir la part féminine de la royauté et nous propose un éclairage nouveau, original et passionnant sur le destin des souveraines d’Europe depuis l’époque médiévale jusqu’à nos jours. Peu de femmes ont régné. Reines par mariage, la plupart des princesses ont dû lutter pour s’imposer. Donner des héritiers au royaume était leur premier devoir. Malheur aux reines stériles ! Mais, par leur charme, leur patience et leur intelligence, certaines sont parvenues à exercer une réelle influence. L’amour était rarement au rendez-vous dans ces couples unis par la raison d’Etat. Toute liaison leur était interdite, pourtant, l’entrée Amants est l’une des plus longues de ce dictionnaire ! Il faut attendre le XIXe siècle et surtout le XXe pour que les mariages d’inclination soient possibles. Femmes de pouvoir, héroïnes tragiques ou simples incarnations du devoir, ces souveraines ont, elles aussi, tissé l’histoire de l’Europe.

 

Avis : Et encore un livre de la PAL annuelle ! J’avance plutôt bien ! Dictionnaire amoureux des reines m’a été offert par ma sœur à Noël !

La première chose que j’ai aimé dans ce livre : sa diversité. On ne se concentre pas exclusivement sur des reines connues. Le seul souci peut-être : son manque de diversité internationale. On ne parle que des reines d’Occident. Ce peut être dérangeant pour certains lecteurs, donc je préfère le mentionner. Nous restons globalement en Europe, au sein des monarchies connues : française, anglaise, russe, roumaine, etc. Même dans ce cadre « réduit », j’ai appris énormément de choses sur des reines que je connaissais déjà, mais aussi sur certaines que je connaissais peu, ou pas du tout ! J’ai ainsi fait connaissance avec Marie de Roumanie ou Elisabeth Farnèse, découvert plus de choses sur Charlotte, impératrice du Mexique, et retrouvé Marie-Antoinette ou Aliénor d’Aquitaine. J’ai aussi aimé les illustrations, mais l’absence de couleur et le rendu en dessin étaient parfois un peu étranges ! Autre chose que j’ai appris, ou plutôt, dont je me suis rendu compte avec ce livre : on ne nous parle jamais des reines dans nos cours d’histoire ! En tout cas, je ne m’en souviens pas, et, si je me trompe, ce n’étaient que des allusions, jamais un véritable cours sur une reine en particulier, ou même les reines en général ! Tout tourne autour des hommes, et c’est bien dommage ! J’ai aussi aimé le passage sur les reines modernes !

Les seuls bémols que je vois à ce livre sont quelques répétitions d’un article à l’autre – mais on peut dire que c’est ma faute pour les avoir lus à la suite ! – et l’emploi de certains termes ou la façon de présenter certaines choses m’ont semblé un peu douteux, mais ce n’est sans doute que moi !

 

Donc, un très bon livre pour découvrir ou approfondir vos connaissances sur les reines de l’Histoire, grandes ou petites, connues ou oubliées, aimées ou haïes !

 

1...34567...14
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes