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I found myself in Wonderland.

Deux sœurs pour un roi de Philippa Gregory

Posté : 27 septembre, 2013 @ 9:09 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 18 commentaires »

Deux sœurs pour un roi de Philippa Gregory dans Avis littéraires couv3182994-181x300Genre : Historique

Editeur : Archipoche

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 660

Synopsis : « Je serai sombre, française, à la mode et difficile; vous serez douce, ouverte, anglaise et belle. Quelle paire nous formerons ! Quel homme pourra nous résister ? » Tels sont les premiers mots prononcés par Anne Boleyn à l’endroit de sa sœur Marie quand elle la rejoint en 1522, à la cour d’Angleterre. Introduite au palais de Westminster, à l’âge de 14 ans, Marie Boleyn séduit le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D’abord éblouie par le souverain, elle comprend qu’elle sert d’appât au milieu des complots dynastiques. Quand l’intérêt du roi pour elle s’émousse, Anne est chargée de le séduire à son tour. Désir, haine, ambitions, trahisons … Se déroulant sur quinze ans, cette fresque historique, racontée à la première personne par Marie Boleyn, dépeint les rivalités au sein de la dynastie des Tudor. Une histoire qui se terminera dans le sang …

 

Avis : J’ai toujours aimé le temps des rois, et surtout la cour d’Angleterre. Cette couverture me faisait déjà rêvée. Elle montre déjà la prédominance d’Anne sur les deux autres personnages, Marie et le roi Henri VIII. Je pensais que je n’aimerai pas cette femme, réputée égoïste et capricieuse, et que je lui préférerai sans aucun doute Marie.

Tout en aimant le monde de la cour et des rois, je savais qu’il était empli de rumeurs, de trahisons, de coups bas, et de rivalités, même fraternelles. Mais je ne m’attendais pas vraiment à ce que j’ai lu. Comment est-ce possible de négliger à ce point sa vie pour quelque chose qui ne nous rendra pas heureux ? Pourquoi tout miser sur les honneurs et laisser de côté l’Amour, si important pour les trois Boleyn ? Ce livre est très bien écrit, et très réaliste. On imagine très bien les scènes qui se présentent à nos yeux, les pièces, les paysages, les gestes et les expressions, et on aimerait y être pour rencontrer les personnages, qui n’en sont pas vraiment puisqu’ils ont vraiment existé ! On est emporté par la passion qui transporte les Boleyn, passion qu’ils refoulent ou qu’ils laissent courir, haine et amour, désirs et ambitions, mariages, femmes diverses et différentes … La cour est un tableau complexe et passionnant, qui m’a donné envie de faire des recherches sur cette vie à l’apparence magnifique, mais en réalité simplement couverte d’un voile de richesses derrière lequel se passent des choses étranges, que l’on découvre avec étonnement, indignation ou résignation. Ce livre nous fait passer par toutes les émotions, que ce soit à propos des personnages, de leurs actes, de leurs paroles ou de quoi que ce soit d’autre. L’intrigue est tellement passionnante, et rendue encore plus captivante par la réalité des faits, que l’on ne peut plus s’empêcher de tourner les pages, on ne fait même pas attention à notre avancée dans le livre ! Il nous fait tout oublier, et cela fait vraiment du bien !

Les personnages sont donc très divers et complexes. Je commencerai par Marie, héroïne oubliée par l’Histoire et remise à l’honneur par Philippa Gregory. Elle est tellement touchante ! Elle est naïve sans jamais être agaçante : elle ne connait pas les intrigues de la cour parce qu’elle voit encore le monde avec les yeux d’une jeune fille de 14 ans, l’âge auquel elle devint la maîtresse du roi, poussée par sa famille avide de pouvoir. Elle n’était qu’un jouet, un objet entre les mains de son oncle, une marionnette que sa famille utilise pour avoir des faveurs, des titres, des terres … J’ai souvent compati à ses malheurs, j’ai souvent maudit Anne de lui voler le roi, de tout lui voler et de toujours se servir d’elle, mais, finalement, il valait mieux que le roi ne la prenne pas pour femme … Elle a été heureuse dans son malheur, et a finalement pu devenir qui elle voulait. Elle est passée de la « putain » du roi à une femme relativement indépendante. Elle est vraiment courageuse, elle évolue beaucoup tout le long du livre et on ne peut s’empêcher d’apprécier la façon dont elle grandit : elle prend conscience de certaines choses, elle n’est pas comme les autres femmes et elle finit par sortir du lot dans le bon sens du terme. Elle n’est pas comme les autres courtisans, elle voit clair dans le jeu des personnages qui virevoltent autour d’elle, le sourire aux lèvres, et des larmes dans les yeux. Elle voudrait rester pure, alors qu’elle a été salie par sa famille. Je me suis beaucoup attachée à elle, et elle restera longtemps dans mes souvenirs. Venons-en à Anne : je n’ai pas pu m’empêcher de la détester dès le début du livre. Elle marche sur sa sœur, lui vole tout ce qu’elle possède, la méprise au plus haut point. Et pourtant, il semble qu’elle l’aime vraiment, plus que tout, comme son « autre [elle]-même ». Elle est rongée par son obsession de l’ambition, mais elle ne peut pas s’empêcher de se rendre compte qu’elle passe à côté de quelque chose : Henri Percy, l’amour de sa famille, de George et de Marie, sa vie … Parfois, sa carapace se fissure, et l’on voit le véritable visage de Anne, reine d’Angleterre. Elle est capricieuse, agaçante, et même insupportable, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir pitié d’elle et de l’aimer aussi, un petit peu. Elle m’a touchée elle aussi, comme sa sœur. En apparence, elle est forte, courageuse et déterminée, mais au fond, elle est désabusée, craintive et désespérée. Elle n’a pas choisi sa vie, et elle ne la choisît jamais. Son souvenir me hantera aussi, quand je pense à sa fin … George, quant à lui, m’a paru tellement irréprochable au début, que je me suis demandée comment il avait pu faire ce qu’il a fait … J’ai beaucoup aimé ce personnage, le seul qui réussit à faire sourire ses sœurs, mais aussi celui qui les escorte vers la chambre du roi, qui les pousse à faire certaines choses et pas d’autres … Au début, pour moi, il n’avait commis aucun crime, mais avec sa sœur … C’est normal qu’ils soient proches mais là … Le roi, lui, est le pire égoïste que j’ai vu de toute ma vie. Il ne pense qu’à son bonheur, et il n’est jamais satisfait : il change de femme comme de chemise, les prend et les jette comme des malpropres, les fait paraitre au tribunal pour des raisons complètement absurdes (et le pire, c’est que tout le monde s’en rend compte et ne dit rien !). J’ai été un peu choquée par la facilité qu’a eu le roi à faire tout ce qu’il voulait sans rencontrer aucun problème. Sous son regard, personne ne peut se cacher, et personne ne peut se défendre, même s’il est innocent, puisque qu’Henri se détourne et n’ose pas regarder ce qu’il fait en face. Enfin, Jane Parker m’a dégoûté à un point … Elle incarne tout ce qu’il y a de plus vile et de plus abject à la cour ! Elle ne mérite pas que j’en dise plus. Et Catherine, reine parfaite détrônée par la femme au « B » … Son histoire m’a vraiment attristée, j’avais pitié d’elle, et je me demandai comment un roi peut renvoyer une femme aussi vertueuse et aimante !

Dans ce roman, le début augure la fin, et même quand on la connait, on ne peut pas s’empêcher d’espérer que tout finira différemment, que le couvent est possible, que l’exil n’est pas si mal. On a presque envie de crier à Anne de prendre son temps, d’attendre, de faire diversion. Elle qui voulait devenir reine et dont le mariage avec le roi, aboutissement de tout ce qu’elle recherchait, ne prend que quelques lignes, finit sa vie comme une malpropre, et pourtant aimée d’un peuple qui la détestait.

Je dois avouer que certaines scènes sont choquantes : le monstre est affreux, mais on ne peut pas s’empêcher de l’imaginer, les accouchements font frissonner, les fausses couches aussi. Lorsque Marie explique à sa sœur comment séduire le roi, on a envie de la secouer pour lui faire réaliser ce qu’elle dit ! Certaines paroles anodines choquent par leur intensité et la révélation contenue dans si peu de mots. D’autres scènes semblent parfaites et nous donnent envie d’être avec eux. Les bals devaient être merveilleux, même si une femme est souvent malheureuse car délaissée par le roi.

 

En définitive, un livre exceptionnel, riche et réaliste, qui me donne envie de lire la suite de la saga des Tudor et de me renseigner encore sur l’histoire d’Henri VIII, de ses épouses, et des Boleyn. Sans aucun doute, l’un de mes livres préférés ! Je vous le conseille vivement !!         

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