Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

L’Héritage Boleyn de Philippa Gregory

Posté : 31 juillet, 2015 @ 10:23 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 16 commentaires »

L'Héritage Boleyn Genre : Historique

Editeur : Archipoche

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 538

Synopsis : 1539. Henri VIII d’Angleterre épouse Anne de Clèves – faire alliance avec les Protestants est d’une importance stratégique. D’abord éblouie par les fastes de la cour, la nouvelle reine se sent vite prise au piège. Et surtout menacée par la très jeune Katherine Howard, nièce de l’ambitieux Thomas, duc de Norfolk … Faisant suite à Deux sœurs pour un roi, où Philippa Gregory racontait avec brio la rivalité de Marie et Anne Boleyn, L’Héritage Boleyn plonge à nouveau le lecteur dans les coulisses de la cour du monarque le plus craint de son temps.

 

Avis : J’ai lu Deux sœurs pour un roi il y a un moment maintenant, et je me souviens avoir vraiment adoré ! J’ai également lu The Constant Princess sur Catherine d’Aragon (adoré également). Je me suis donc dit que la suite ne pouvait pas me décevoir ! De plus, je trouve la couverture magnifique, et le titre assez ironique.

Petite précision avant de vraiment commencer : je lis la saga des Tudor dans l’ordre chronologique des événements qui surviennent dans les livres, pas dans l’ordre de publication. Quand je parle du premier tome de la saga, je parle de The Constant Princess. Je considère donc ce livre comme le troisième tome.

La Cour est un monde cruel ; depuis le premier tome, le lecteur l’a découvert. Et rien ne change dans ce nouveau volume. La nouvelle reine va bientôt découvrir que les amis n’en sont pas lorsque l’on séjourne en Angleterre sous Henri VIII. Le lecteur assiste ici aux événements qui ont suivi la mort d’Anne Boleyn (relatée dans le second tome) et celle de Jane Seymour. Le souverain recherche une quatrième épouse et laisse un de ses plus proches conseillers la choisir : Thomas Cromwell, qui privilégie donc Anne de Clèves. Dans les tomes précédents, le lecteur n’avait qu’un seul point de vue sur la situation : celui de Catherine d’Aragon, puis celui de Marie Boleyn. Ici, trois femmes nous racontent la vie à la Cour : Jane Boleyn, que j’avais détesté et qui m’avait dégouté dans le second tome, mais qui ici, semble nous montrer un autre aspect de sa personnalité ; Anne de Clèves, la nouvelle reine qui découvre la Cour et le roi. Elle aime l’Angleterre, adopte immédiatement ce nouveau pays, mais sa première rencontre que son époux est désastreuse, et marque son destin ; Catherine Howard, une jeune fille, et même, une gamine, qui semble ne rien avoir dans la tête. Ces trois femmes sont les opposées les unes des autres, ce qui nous donne vraiment des visions différentes des personnages ou des événements qui surviennent. De plus, le lecteur est ainsi sur plusieurs fronts, il est un peu omniscient, et se rend facilement compte du piège qu’est la Cour et de la perfidie des courtisans. J’ai retrouvé dans ce tome ce que j’avais aimé dans Deux sœurs pour un roi : un savant mélange d’intrigues de Cour complexes, de trahisons stupéfiantes, d’adultère, de folie, de passion qui fascine le lecteur. Les excès du roi d’Angleterre sont hallucinants et le lecteur n’en croit pas ses yeux. Certaines scènes montrent bien que la Cour fait tout pour contenter le souverain, même lui mentir si cela est nécessaire. Tout le monde semble comploter contre tout le monde, même au sein des familles, et une femme à qui vous confiait un secret peut signer, le lendemain, un témoignage qui prouve que vous êtes une sorcière, ou que vous avez tenté d’assassiner le roi. Dans cet endroit où les lions côtoient les serpents, le but ultime de tout individu est le pouvoir et l’argent. Toute l’intrigue n’a été montée que pour cela. Le bonheur est exclu de la vie courtisane, tout comme la volonté, car il faut suivre celle du roi, que l’on soit courtisan, dame d’atour ou reine d’Angleterre. Le souverain a droit de vie et de mort sur quiconque vit dans son pays. Tout comme dans le tome précédent, le roi châtie comme bon lui semble, et certaines morts sont vraiment atroces … Le lecteur ne peut pas même imaginer ce que l’on doit ressentir, que ce soit pendant l’attente ou pendant l’exécution. Concernant l’écriture, le traducteur (et donc l’auteur je suppose) a fait l’effort d’employer un vocabulaire d’époque afin de vraiment faire plonger le lecteur dans l’Histoire. C’est également un plaisir d’imaginer les divers lieux traversés par les personnages. Aussi, il y a tant de rebondissements d’un chapitre à l’autre, tant de pression sur les différents personnages que le lecteur est captivé et ne peut reposer le livre avant de l’avoir fini !

Le premier personnage que l’on rencontre est Jane Boleyn, un personnage abject que j’ai en horreur depuis Deux sœurs pour un roi. Je n’avais même pas parler d’elle dans mon article : je voulais seulement l’oublier. Ici, le lecteur semble découvrir une nouvelle facette de cette femme. En effet, dans le tome précédent, il avait le point de vue de Marie ; dans L’Héritage Boleyn, Jane a une version tout à fait différente de ce qui s’est passé en 1536, lors de la condamnation de son mari George, et de sa belle-sœur, Anne. Elle semble vraiment se repentir et m’a fait mal au cœur (je l’ai même plainte parfois !) : elle ne cesse de répéter qu’elle aimait George, et elle se sent coupable tout en se disant qu’elle ne l’est pas tout à fait. Les fantômes des morts la hantent, la poursuivent même dans les couloirs des lieux où elle vit. J’ai trouvé ce personnage assez paradoxal : d’un côté, elle est indépendante, elle sait ce qu’elle fait, c’est une manipulatrice patentée, et elle n’a besoin de personne pour comploter ; d’un autre, elle se sent le jouet du duc de Norfolk à qui elle obéit, quoi qu’il lui dise. Elle pense d’ailleurs qu’il est responsable de la mort de son mari. Elle se pense une honnête femme (ou cherche-t-elle à s’en convaincre ?) et une alliée de choix. Elle connaît toutes les ficelles de la Cour, ainsi que le roi. Elle se sent importante et nourrit des espoirs de retrouver un jour une vie « normale ». Elle est convaincue qu’elle ne mourra pas exécutée car elle sert le roi comme personne. Anne de Clèves, la nouvelle reine choisie par Thomas Cromwell pour Henri VIII, m’a tout de suite été sympathique. Elle ne ressemble ni à Marie ni à Anne Boleyn, elle n’a rien de charnel, et les histoires de cœur ne semblent pas l’intéresser. Tout ce qu’elle veut, c’est remplir son devoir et profiter de sa nouvelle liberté. Elle m’a, elle aussi, fait mal au cœur quand elle imagine tout ce qu’elle peut faire pour l’Angleterre et pour ses sujets. Elle rêve sa vie de reine, et se retrouve bien bas lorsque l’humiliation arrive. C’est un personnage très courageuse (elle m’a un peu fait penser à Catherine d’Aragon), douce et gracieuse, digne d’être une reine, même si, à son arrivée, elle est qualifiée de laideron sans charmes. La Cour, qu’elle pensait raffinée, se trouve être un lieu à la fois discipliné, craintif et débauché. Elle mène les choses comme elle le peut, mais n’a aucun pouvoir sans l’appui du roi. Ce qui lui arrive par la suite est à la fois affreux et merveilleux : affreux parce que c’est une humiliation publique, aux yeux du monde entier ; et merveilleux parce qu’elle est la seule à bénéficier de ce traitement. Son manque de rancune m’a surprise, mais cela prouve simplement que c’est une femme d’exception. Catherine Howard m’a, dès le début, parue agaçante, une gamine stupide, égoïste et vaniteuse, qui ne pense qu’à ce qu’elle possède ! Ses seules qualités sont de reconnaître ces défauts, mais aussi d’être tout de même sensible parfois. Elle se rend compte des erreurs qu’elle a commises contre des personnes qu’elle appréciait. Elle veut avoir l’apparence d’une reine, veut se faire respecter par tous, mais ses frivolités et ses manières la montrent comme une catin. J’ai eu pitié d’elle à de nombreuses reprises, malgré mon agacement : elle aussi rêve à sa vie, et s’imagine que rien de mauvais ne peut lui arriver. Elle pense que tout ira bien pour elle et pour ses proches, qu’elle a de bons alliés, qu’elle aime, et que la vie est belle. Henri VIII est vraiment un roi fou, un enfant gâté qui fait des caprices et qui casse ses jouets dans un excès de colère. Il est craint de tous, est devenu laid, adipeux, horrible, et se pense encore beau comme dans sa jeunesse, frais et jeune. Il m’a fait froid dans le dos à de nombreuses reprises : la vie ne tient qu’à un fil entre ses mains, il joue avec elle comme il jouerait avec des boules pour jongler. Il est tellement horrible que je n’ai pas réussi à avoir pitié de lui. Le duc de Norfolk est le manipulateur par excellence, sans cœur et sujet à la colère quand ses ordres ne sont pas respectés. Il m’a vraiment dégouté par son manque de parole, d’honneur et de loyauté. Il utilise les gens comme ses pions et ne se préoccupe pas de ce qui peut leur arriver ensuite. Il rêve (lui aussi !) d’être puissant, et son ambition l’amène à faire des choses à sa famille qui font froid dans le dos. Le roi et lui sont la face, et le dos d’une même pièce : l’horreur déclinée à la Cour. Le lecteur rencontre d’autres personnages plus ou moins importants : Thomas Culpepper qui prend peu à peu de l’importance et qui connaîtra le courroux du roi ; les demoiselles de chambre de Catherine, des débauchées qui ne connaissent ni la loyauté, ni l’honneur ; tout un tas de courtisans et de demoiselles, mais aussi des personnages historiques qui, pour la plupart, finissent mal, comme Thomas Cromwell, Margaret de la Pole, Marie Tudor, Elizabeth Tudor, Edouard VI et autres.

Encore une fois, ce tome montre la documentation de l’auteure. Bien qu’il y ait sans doute des passages inventés, elle a fait des recherches approfondies et nous offre un roman complet qui fascine et captive le lecteur, qui se retrouve vraiment plongé dans l’histoire de l’époque. Elle nous offre des portraits des personnages qu’elle semble connaître, ce qu’elle invente pour lier les événements entre eux est tout à fait cohérent, et j’apprécie vraiment sa façon de nous apprendre l’histoire de l’Angleterre tout en nous permettant de lire un roman passionnant.

La fin est multiple, au vu des différents points de vue. Pour Jane, le lecteur la voit enfin sous son véritable jour, et ne peut que la mépriser de tout son cœur. La note de l’auteure la concernant ne m’a pas vraiment étonnée. Pour Catherine, la fin était évidente, même si elle ne s’y attendait pas. Elle est très choquante quand on sait pourquoi elle advient ! C’est Anne qui clôt le livre par une espèce d’épilogue bienvenu !

 

En définitive, ce livre est un coup de cœur, un excellent roman historique captivant, où l’on apprend énormément de choses et où l’on vit vraiment l’ambiance de la Cour. J’ai tout de même préféré Deux sœurs pour un roi, qui ne me semble pas pouvoir être égalé ! Je lirais sans aucun doute la suite de cette saga !

Louis XIV : L’hiver du grand roi de Max Gallo

Posté : 18 juin, 2015 @ 11:19 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Louis XIV, l'hiver du grand roi Genre : Biographie, Historique

Editeur : Pocket

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 342

Synopsis : Cet hiver 1683 semble marquer le crépuscule d’un règne unique. Le roi malade mène une lutte courageuse. Car Louis le Grand ne capitule jamais. L’Europe entière résonne du bruit de ses victoires. Alors que la mort emporte ses conseillers et les membres de sa famille, le roi doit dicter son rythme à la Cour … Une comédie que cet homme inquiet, vieillissant, peine à jouer de plus en plus. Jusqu’à la fin, Louis gouverne, décide, du sort de la France comme de son propre salut.

 

Avis : J’ai lu le premier tome il y a plus d’un an, et je voulais retrouver la Cour, le roi et sa famille, l’ambiance joviale du début du règne.

L’atmosphère a nettement changé ! Elle est maintenant lugubre, sombre par rapport à la première partie du règne. Cette deuxième partie est dominée par le froid : même dans les saisons chaudes, le lecteur a l’impression qu’il fait froid dans le cœur du roi. Il est aussi vrai que les hivers ont été très rudes à certaines périodes du règne de Louis XIV, ce qui n’arrange rien au moral des courtisans, et à l’ambiance du château de Versailles. La deuxième partie du règne est surtout centrée sur la religion qui prend une importance considérable pour lui : elle est incarnée par Mme de Maintenon, qui le pousse à devenir dévot. Il veut racheter les péchés qu’il a commis au début de son règne, comme le double adultère avec Athénaïs de Montespan. Cette partie est également envahie par la mort : de nombreux personnages la trouvent, membres de la famille royale ou conseillers. Elle hante le roi, qui ne cesse de ressasser le fait qu’il va mourir, qu’il va rejoindre tous ceux qui sont partis avant lui. La mort est partout autour de lui et frappe même les plus jeunes : elle prend majoritairement des gens plus jeunes que le roi, qui se dit que c’est Dieu qui l’épargne tout en lui montrant qu’il peut lui reprendre la vie qu’il lui a donnée s’il le décide. Le sentiment qu’éprouve Louis XIV est vraiment horrible, et ne lui laisse pas de repos. Le lecteur ne peut que compatir, et comprendre le désespoir que ressent le roi quand il voit toute sa famille s’éteindre avant lui. Lui, ce n’est pas la mort qui le prend tout de suite, mais la maladie qui le ronge peu à peu. Certains passages sont vraiment affreux : le roi doit se faire traiter pour différents problèmes, et rien que le fait de lever un bras le met au supplice. Tout son corps souffre, il n’a plus rien du jeune homme qui dansait au milieu de la Cour : il doit se résoudre à vieillir et à devoir renoncer à certains plaisirs comme la chasse. Louis XIV fait peine à voir, mais il reste courageux et brave car il est le roi, et il doit gouverner la France. L’on retrouve donc ici des intrigues de Cour, mais surtout des problèmes plus urgents pour le roi : ceux de la guerre avec les puissances qui l’entourent comme les Provinces-Unies, l’Angleterre et l’Empire Germanique, et ceux de la religion, qu’il veut exclusivement catholique, sans huguenots. L’attention du roi est donc partagée entre la peur de la mort pour lui et ses proches, et les guerres qu’il mène dans et à l’extérieur de son pays. Il compare d’ailleurs ces guerres à celle qu’il mène contre la maladie.

L’on s’attache facilement à certains personnages, et l’on se méfie d’autres. Le roi, tout d’abord, nous montre son courage et sa détermination, mais aussi sa peur et son impuissance. Il voudrait tout contrôler, que tout aille bien, mais tout meurt autour de lui : les récoltes, sa famille, son peuple. Il ne peut que prier Dieu qui est son dernier recours, notamment grâce à Mme de Maintenon. Elle est très discrète, se fait quasi toute petite, mais elle est là, comme un pilier pour un roi, un pilier sur lequel il peut se reposer, à qui il peut confier ce qui le hante, devant lequel il peut montrer ce qu’il ressent vraiment, qui il est vraiment. Elle ne s’oppose pas à lui, mais lui dit ce qu’elle pense, même si c’est un avis contraire à celui qui deviendra son mari. Elle est très dévote, se repose sur Dieu, et le temps ne semble pas l’altérer comme il le fait pour le roi et les autres membres de sa famille. L’on découvre aussi que sa foi la rend un peu influençable, et que cela se ressent aussi sur le roi, qui compte sur elle. Le lecteur côtoie ici tout un florilège de personnages : Monsieur, qui veut profiter de la vie au maximum avant de mourir et ne se soucie pas du fait que ces plaisirs sont interdits ; Madame, qui a une plume acérée, qui déteste Mme de Maintenon, et critique le roi sans que celui-ci juge nécessaire d’intervenir, c’est une langue de vipère qui a fini par m’exaspérer ; le Dauphin, qui ne pense qu’aux plaisirs ; ses enfants, le Duc de Bourgogne, qui a du succès sur le champ de bataille, le Duc de Berry, qui ne comprend pas sa femme, et craint qu’elle ait des relations incestueuses avec son propre père, Philippe d’Orléans ; Marie-Adélaïde de Savoie, le rayon de soleil de Louis XIV, une princesse divine qui apporte de la joie à Versailles à nouveau ; Philippe d’Orléans, débauché et que l’on soupçonne d’inceste, qui doit être le régent du duc d’Anjou, futur Louis XV ; Mme de Montespan, que l’on aperçoit, et de laquelle on nous rappelle l’histoire des Poisons et les messes noires ; ses enfants avec le roi, des bâtards légitimés puis faits princes et princesses de sang ; les ministres, maréchaux, généraux et conseillers du roi : Colbert, Louvois, Chamillart, Villars, Villeroi, Vauban, etc. C’est une époque ancienne que l’on redécouvre, et l’on apprend beaucoup de choses sur la façon de vivre et les différents personnages. C’est une autre façon de s’intéresser à l’histoire, en entrant dans la tête du roi, même si l’on ne sait pas vraiment qu’elles étaient ses pensées et ses sentiments.

Je dois dire que, malgré tout, j’ai été déçue par l’écriture de l’auteur. Je n’aime pas du tout son style. Il m’a semblé monotone, monocorde, et j’y ai trouvé de nombreuses répétitions. Cela donne l’impression d’une non-relecture ou que l’auteur pense que le lecteur est susceptible de tout oublier très vite. C’est dommage.

La fin est chargée d’émotion car le Soleil s’éteint à 77 ans. Il a lutté contre la maladie, puis contre la mort, pendant de nombreuses années, et elle a fini par le rattraper. J’avoue avoir eu les larmes aux yeux en lisant ce passage, mais aussi d’autres, où le roi pleure la mort de ses proches.

 

En définitive, un bon roman historique malgré des répétitions et une écriture monocorde. C’est un livre très sombre, où la mort peut surgir sans crier gare à chaque page, et où la maladie et le froid envahissent le corps et le cœur du roi.

Ainsi puis-je mourir de Viviane Moore

Posté : 8 juin, 2015 @ 11:48 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Ainsi puis-je mourirGenre : Historique, Contemporaine

Editeur : 10/18

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 425

Synopsis : En faisant des amours interdites de Marguerite de Ravalet le sujet de son nouveau roman, Gabrielle Dancel ne peut se douter à quel point son destin va se mêler à celui de son héroïne. Quatre cents ans après ce drame qui défraya la chronique sous Henri IV, la malédiction semble se répéter et faire de la jeune romancière sa dernière victime.

 

Avis : Ce livre m’a été prêté par ma cousine qui, me semble-t-il, l’avait beaucoup aimé ! Il m’intriguait déjà, donc je me suis lancée ! Petite remarque avant de parler de cette œuvre : en ce moment, j’ai remarqué que je lisais beaucoup de livres aux couvertures bleues !

Deux intrigues s’entremêlent dans cet ouvrage : celle de Gabrielle Dancel, romancière, dont la vie change du tout au tout et qui va apprendre beaucoup sur ses proches, mais aussi sur elle-même ; celle de Marguerite de Tourlaville, femme de l’époque de Henri IV qui rencontra un destin tragique. Il est intéressant de retrouver deux romans en un : le livre est à la fois historique et moderne, on se retrouve dans la vie de l’époque, auprès de Marguerite et de sa famille, mais aussi dans la « vraie vie », la vie actuelle, avec Gabrielle et ses proches. Cet enchevêtrement peut perdre le lecteur entre deux mondes, tout comme l’héroïne semble l’être. J’ai été captivée par certains passages et j’ai aimé l’alternance plus ou moins régulière entre les deux intrigues. Le lecteur en apprend beaucoup sur Marguerite de Tourlaville, puisque la romancière se met dans sa tête pour rendre ses sentiments et ses pensées. J’ai aimé le fait aussi que ce soit l’histoire d’une femme qui écrit un roman sur une dame de l’époque, ce que fait en réalité l’auteure de Ainsi puis-je mourir. Cela donne une mise en abîme intéressante. J’ai également aimé le fait que l’auteure mentionne des œuvres historiques, mais aussi littéraires, comme Le Horla, mon favori de Maupassant. Il y a également du suspense, si je peux dire : on se pose les mêmes questions que les personnages, on cherche à comprendre ce qui arrive à la romancière, comprendre le lien étroit qui existe entre elle et Marguerite. Le lecteur voit l’histoire se répéter tout en se disant que c’est invraisemblable. Quelques petits bémols pour ce livre : j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de répétitions, et qu’avec la confusion de Gabrielle, le lecteur lui aussi ressort confus.

Quant aux personnages, j’ai trouvé Gabrielle un peu énervante. Elle ne prend pas du tout sa vie en mains et se laisse complètement aller. Elle se pose beaucoup de questions à elle-même sans jamais oser les poser aux personnes concernées. Elle ne prend pas vraiment de décisions, ou fait preuve de faiblesse quand il est temps de parler. Elle a tout oublié de son passé, l’a réinventé, et continue à vouloir tout effacer, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. J’ai pensé que quelque chose de terrible avait dû lui arriver, mais il n’en est pas fait mention, excepté pour l’histoire du château, ce que sa grand-mère lui racontait et la rupture qu’elle a mal vécue. J’ai trouvé que c’était une héroïne qui exagère et qui vit dans l’outrance. Philip, en ce qui le concerne, a un comportement étrange à travers les yeux de Gabrielle. Il m’a semblé très peu supportable pour une autre femme : l’héroïne est si effacée qu’elle se tait, et n’ose jamais vraiment se rebeller contre lui. Il est secret, mystérieux, et même suspect à partir d’un certain moment. Ce personnage opère presque un retournement de cerveau chez Gabrielle ! Mathias est aussi mystérieux que Philip, mais le lecteur, me semble-t-il, lui accorde plus de confiance, sans doute à cause de l’entêtement de l’héroïne et de la façon dont elle le voit. Terry, quant à elle, est effrayante. J’ai eu du mal à la comprendre avant d’avoir découvert son secret. Elle met mal à l’aise, autant les autres personnages que le lecteur. Marguerite, la deuxième héroïne de ce livre, est courageuse, brave, amoureuse. J’ai ressenti de l’admiration pour elle, mais aussi de la pitié et de la compassion. Quel pauvre destin … Julien, son frère, tente de lutter contre ses sentiments avec courage et dignité. Il aime tendrement sa sœur qu’il veut protéger à tout prix de tout ce qui peut la faire souffrir. Il est un peu l’exemple du preux chevalier des contes de fées. Comme dans presque tous les romans, il existe un personnage détestable, et ici, il se nomme Jean Le Febvre de Haupitois. Il est abject, immonde, et tous les adjectifs négatifs que l’on voudra. C’est l’exemple type des hommes que le lecteur rencontre dans les romans ou dans l’Histoire en se demandant comment il est possible d’être si cruel et vil.

Ce livre nous offre également une réflexion sur le mélange entre la réalité et la fiction (même si ici, il s’agit d’Histoire), mais aussi sur le poids de l’Histoire, ou de quelque chose qui nous tient à cœur dans nos vies. Si Gabrielle est quasiment habitée par Marguerite, sa vie tourne autour d’elle, et elle a l’impression que tout est comme à l’époque, qu’elle revit la même histoire ; elle est l’exemple du romancier qui est tellement dans son livre qu’il rapproche tout ce qui l’entoure de son histoire. C’est comme si elle vivait dans son roman, ce qui donne une impression d’irréalité et de confusion au lecteur, confusion que ressent aussi le personnage.

Cette histoire est centrée sur l’amour, d’un côté la romance entre Philip et Gabrielle, et de l’autre, les histoires de cœur de Marguerite. Pour le premier couple, tout semble compliqué. Il n’y a pas de communication entre les deux personnages, ils ne se parlent pas de leur passé ou de ce qu’ils ressentent. Leur amour paraît compliqué. Pour la seconde, le synopsis parle d’amours interdites mais je ne m’attendais pas à ça ! Son amour est mêlé de tristesse, de désespoir car il est impossible.

Enfin, pour moi, la fin est mitigée. Je l’ai trouvé un peu décevante parce que je me suis dit : tout ça pour ça ?! J’ai été tenue en haleine tout le long du livre, et j’ai trouvé qu’il tombait à plat, et que la fin était trop rapide. D’un autre côté, c’est une fin assez logique, qui fait écho à la réflexion sur le monde envahissant d’un roman dans la vraie vie.

 

En définitive, un bon roman à l’héroïne un peu énervante, mais qui nous apprend pas mal de choses, qui nous fait vivre dans deux univers différents, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin qui m’a paru décevante.

Geisha d’Arthur Golden

Posté : 21 avril, 2015 @ 12:29 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

GeishaGenre : Historique, Aventure

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 601

Synopsis : A neuf ans, Sayuri est vendue par son père à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d’extraordinaires yeux bleus, la petite fille se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l’amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Ecrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d’un exceptionnel document et le souffle d’un grand roman.

 

Avis : Cela faisait un moment que je voulais lire ce livre (comme à peu près tous les livres de ma PAL …), mais une amie m’a poussé à commencer par celui-ci, en me disant que je ne le regretterais pas. Appréciant particulièrement de découvrir le Japon, et pouvant difficilement résister à une telle couverture, j’ai plongé !

Dès le synopsis, le lecteur sent que ce sera triste, et difficile pour la jeune héroïne. N’étant encore qu’une petite fille, elle est vendue par son propre père, et quitte son petit village de pêcheurs pour une ville dont elle ne sait rien, Kyoto, afin de devenir geisha. Avant de lire ce livre, j’avais un certain nombre d’a priori sur ce métier japonais. Je le rapprochais des prostituées ordinaires, mais je me suis vite rendue compte que cela n’avait pas grand-chose à voir. L’essentiel du métier de geisha n’est pas sexuel, il consiste à divertir des hommes par les arts, ou simplement en leur tenant compagnie. J’ai donc complètement plongé dans la découverte de cette nouvelle facette du Japon. Plus j’en lis sur ce pays, et plus je me rends compte que je n’en sais pratiquement rien ! Chaque lecture qui le concerne m’en apprend beaucoup, mais pas encore assez me semble-t-il. Revenons à l’histoire en elle-même ! Découvrir le quartier de Gion, et même les différents paysages de Yoiroido, Senzuru et Kyoto avant la Seconde Guerre mondiale, m’a vraiment fait voyager. La petite Sayuri avait l’habitude de se baigner dans un étang, dans son village, et elle nous le fait découvrir, comme la maison de M. Tanaka à Senzuru, ou l’okiya Nitta à Gion. Le lecteur aurait presque envie de se promener dans ces endroits que l’on ne trouve pas en Occident, où la tradition pèse sur les personnes qui doivent l’honorer. En effet, Sayuri, ainsi que toutes les autres geishas ou apprenties geishas, doivent s’y plier afin de conserver leur rang, ou d’en acquérir un plus élevé. Certains passages sont simplement étranges, puisque très éloignés de notre éducation occidentale ; mais d’autres sont aussi choquants. Pour se faire connaître, ou détruire une rivale, les geishas sont parfois prêtes à tout, comme Hatsumomo. La carrière d’une geisha peut être compromise par une simple histoire inventée. De plus, Arthur Golden a choisi la narration à la première personne, ce qui nous permet vraiment d’entrer dans le monde des geishas. Sayuri nous raconte son histoire, et la poésie naturelle des Japonais se retrouve dans son récit, avec les nombreuses images qu’utilise la jeune fille. C’est vraiment une très bonne façon d’inclure le lecteur dans un univers qu’il ne connaît pas. De plus, le prologue donne l’illusion d’une véritable histoire, d’une personne qui a vraiment existé et qui désire vraiment nous raconter sa vie. Enfin, avec cette narration, le personnage principal peut nous expliquer certains rituels ou certains termes que l’on ne peut comprendre sans cela, comme mizuage, danna ou la cérémonie des sœurs, mais aussi mieux nous faire éprouver des sentiments comme la tristesse, la haine, ou le dégoût qu’elle ressent.

Concernant les personnages, je les ai trouvé très réalistes et complexes : ce ne sont ni des caricatures ni des simplifications de personnages. D’abord, il est très facile de s’attacher à Sayuri. Lorsqu’elle commence son récit, elle n’est plus geisha, et elle parle directement au lecteur pour lui dire qu’elle va lui raconter son histoire. Un lien se crée tout de suite avec ce personnage qui va nous guider dans un monde que l’on ne connaît pas. Tout commence pour elle dans un petit village, Yoroido, où elle vit avec son père, sa mère et sa sœur, Satsu. Elle y sera arrachée et sera emmenée de force à Gion, dans une okiya où vivent Mère, Granny, Tatie, Pumpkin et Hatsumomo, la grande ennemie de Sayuri. Elle éprouve alors, au fil de son histoire, tout un tas de sentiments assez contradictoires parfois. De la tristesse et du désespoir d’avoir perdu son foyer, de la reconnaissance pour ceux qui l’aident, de la haine pour ceux qui la méprisent et la maltraitent, de la joie face à ses réussites, de l’amour aussi pour un personnage qu’elle n’oubliera jamais. Dans certains passages, la réaction du personnage pourrait être la nôtre, mais parfois, il est difficile de s’imaginer dans sa situation, lors du mizuage, ou du passage du théâtre à Amani par exemple. Tout le long du livre, Sayuri se bat pour réussir, travaille, tente de montrer qu’elle peut devenir une grande geisha, et reçoit une aide à laquelle elle ne s’attendait pas. Elle fait aussi des choix étranges parfois, mais reste guidée par le désir de conquête de celui qu’elle aime. Hatsumomo, quant à elle, est un personnage détestable, cruel, égoïste, qui ne recherche que son propre intérêt et tente d’écraser ses rivales. C’est grâce à elle que l’on découvre Mameha. La rivalité entre ses deux femmes est une clé importante de l’histoire. Elles sont l’opposé l’une de l’autre. Hatsumomo fera tout pour gâcher la vie de Sayuri, quand Mameha n’use pas de ce genre de moyens pour détruire quelqu’un : elle se sert plutôt de ce que la personne est déjà. La fin de la première m’a fait pitié, bien que je l’aie détesté la majeure partie du livre ; quant à la seconde, le lecteur peut s’attacher à elle tout en ayant une certaine réserve parfois, puisqu’elle est aussi prête à tout, notamment dans le passage du couteau de la cuisinière. Pumpkin est un personnage qui évolue dans ce livre : elle passe d’enfant à adulte, mais se trouve aussi sous la férule d’Hatsumomo, ce qui n’aide pas son amitié avec Sayuri. Elle m’a parfois fait pitié, et je me suis un peu attachée à elle ; mais un passage nous fait tout remettre en question sur ce personnage. Il est possible de comprendre son attitude, mais elle n’en est pas moins choquante. Tatie, Mère et Granny sont les femmes qui se trouvent à l’okiya Nitta : la première est assez attachante, et est proche de la petite Sayuri ; j’ai trouvé les deux dernières détestables du début à la fin, de vieilles mégères qui ne pensent qu’à l’argent. Les hommes sont parfois importants eux aussi, c’est notamment le cas d‘Iwamura Ken, personnage récurrent mais à propos duquel on ne sait pas vraiment se faire d’opinion car la narratrice n’est pas objective quand elle nous parle de lui ; Nobu Toshikazu, un homme bon au physique repoussant à qui le lecteur peut s’attacher, et que l’on plaint parfois ; le Baron, ou l’homme le plus haïssable du livre. D’autres personnages marquent le lecteur, comme le personnage de Satsu, la sœur de Sayuri, vouée à un destin malheureux à première vue, les parents de Sayuri, et surtout sa mère.

Les geishas sont parfois très jeunes quand elles commencent leur formation, et leur mizuage est convoité par certains hommes. Les pratiques qui tournent autour de lui sont assez choquantes. Un passage raconte la découverte du sexe par Sayuri : elle se voit expliquer ce qui se passe lorsqu’un homme « se couche sur » une femme. Ce récit peut faire rire, car la tradition et la façon de présenter le sexe ne sont pas du tout les mêmes dans le Japon traditionnel et en Occident actuellement, mais il peut aussi alarmer le lecteur, car la fille est jeune et comprend ce qui se passe par images. C’est aussi une façon plus poétique d’en parler que de le dire crûment.

La fin m’a assez surprise, je ne pensais vraiment pas à ce genre de scénario, mais, en prenant du recul, il y avait quelques indices. J’ai trouvé que c’était plutôt une belle fin.

 

En définitive, un livre coup de cœur qui nous fait découvrir une nouvelle facette du Japon, et qui m’a donné envie d’en découvrir encore plus !

Ils partiront dans l’ivresse de Lucie Aubrac

Posté : 26 février, 2015 @ 8:10 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

 

Ils partiront dans l'ivresseGenre : Historique

Editeur : Points

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 266

Synopsis : Mai 1943 – février 1944 : neuf mois de la vie d’une résistante exemplaire, enceinte d’un second enfant, qui aide quatorze personnes à s’évader, passe les douanes en contrebande, ravitaille les clandestins en faux papiers et les collabos en confiture au cyanure. Voici le journal d’un combat pour la liberté, qui est aussi une affaire de vie ou de mort …

 

Avis : J’avais très envie de lire ce livre pour découvrir le point de vue de Lucie Aubrac, une femme résistante, sur l’occupation de la France, sur la Résistance, et sur comment elle l’a vécue. Résultat : mon avis est assez mitigé sur ce livre.

Tout d’abord, l’auteure nous explique que ce livre n’est pas vraiment un journal parce qu’il n’était pas possible d’en tenir un pendant la guerre, et surtout en étant résistante. Elle a donc recomposé la période qu’elle raconte grâce à ses souvenirs et à ceux de ses proches, comme son mari Raymond, ou les personnes qui étaient autour d’elle et qui ont survécu à la guerre. Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a un peu refroidie. J’aurais dû m’y attendre, puisqu’en tant que résistante, Lucie Aubrac ne devait laisser aucune trace de ses activités clandestines, ni même de sa vraie vie : elle prenait le risque que des preuves tombent aux mains des Allemands qui auraient pu démanteler toute la Résistance avec ce qu’elle raconte ici. Mais je pensais retrouver un peu la spontanéité du journal d’Anne Frank, le fait de raconter jour après jour les sentiments que l’on a eu dans la journée, d’être au cœur de l’événement.

Bien entendu, l’auteure nous plonge tout de même en pleine France de 1943-1944, occupée, pillée, rationnée et où les hommes doivent se cacher pour échapper à la Milice ou à la Gestapo. Mais je ne suis parvenue à entrer dans l’histoire qu’à certains moments bien précis, où j’ai pu m’identifier au personnage. Le reste du temps, j’étais ébahie et admirative de tout ce que Lucie Aubrac faisait pour sauver son mari. L’amour qui les unit transpire dans ce livre : il lui permettra de faire évader Raymond trois fois ! L’auteure est vraiment une femme exceptionnelle, même s’il semble qu’elle se sente petite dans tout ce réseau de résistants. Elle pense à toutes les actions héroïques réalisées par d’autres qu’elle, actions qui ne seront jamais célébrées parce que jamais connues et reconnues. Elle nous pousse à de ne pas oublier la solidarité simple qui peut naître dans un village pour sauver une poignée de clandestins, et pour leur permettre d’atteindre l’Angleterre et la sécurité, alors qu’eux restent en France, aux mains de l’occupant, à cacher d’autres hors-la-loi. De plus, l’auteure partage toutes ses aventures avec une écriture simple et facile à suivre. Une seule chose m’a peut-être un gênée : le mélange de noms fictifs et de noms réels (à la fin, je ne savais plus vraiment quels noms étaient les vrais), la surabondance de rues, de quartiers et d’arrêts de métro de Lyon, mais aussi de villages, de villes et de lieux autour de la métropole (ne connaissant pas du tout Lyon et ses environs, je ne savais pas du tout où tous ces endroits se trouvaient).

J’ai trouvé originale l’idée de l’auteure de raconter une période de sa vie de résistante en la liant à sa vie de mère, puisque les neuf mois relatés dans le journal sont les neuf mois pendant lesquels Lucie Aubrac a porté sa petite fille, Catherine. Le début du livre nous raconte d’ailleurs la fin du voyage ! J’ai également apprécié la portée symbolique de ce nom pour la mère et la fille : cette résistance a marqué leur vie entière à toutes les deux.

Je ne pense pas vraiment pouvoir parler de personnages ici, puisque les personnes qui apparaissent ont réellement existé. Lucie Aubrac parle énormément de Raymond, son mari, qu’elle tente de faire évader de prison, mais aussi de son fils, Jean-Pierre, qu’elle tente de protéger de sa vie de résistante. L’amour qu’elle leur voue est agréable à lire, et nous montre le courage de cette femme, qui a tout fait pour ceux qu’elle aimait. Elle parle également de nombreux résistants, chefs de mouvements ou « simples soldats ». Comme je l’ai dit, je me suis un peu embrouillée dans les différents noms. J’ai retenu celui de Maurice surtout, très proche de Lucie Aubrac et qui l’aide comme il le peut. Barbie est un homme cruel, qui aime faire souffrir et qui torture pour obtenir ce qu’il veut. Encore une fois, l’auteure reste très courageuse face à lui. De plus, face à des hommes qui décident qu’elle est un homme parce qu’elle a des qualités masculines et qu’elle agit comme eux, elle réagit comme une féministe et les rembarre proprement, ce qui montre aussi son caractère et son tempérament !

La fin montre l’aboutissement de l’attente de Lucie Aubrac : elle est à Londres, avec ceux qu’elle aime, elle est sur le point d’accoucher. Tout ce qui l’attriste est que la France n’est toujours pas libérée, et qu’elle ne peut plus la défendre comme elle le faisait. Son pays, sa région, ses proches lui manquent. Malgré tout, j’ai trouvé dommage qu’on ne sache pas ce qui arrive à certaines personnes qui étaient proches de Lucie Aubrac, comme Maurice, les parents de Raymond, la sœur de Lucie. On ne sait rien d’eux après la guerre. Une postface traite de l’extradition et du transfert de Klaus Barbie à Lyon pour qu’il soit jugé pour ses crimes contre l’Humanité. Il semble que Lucie Aubrac ait publié ce livre pour que celui-ci soit jugé comme il se doit, et non qu’il salisse la Résistance et qu’il minimise les actions des Français en les traitant de terroristes. Elle a voulu montrer la Résistance de l’intérieur, et je trouve qu’elle a bien réussi, même si ce livre n’est pas un coup de cœur pour moi.

 

En définitive, un livre à lire parce qu’il nous fait vraiment entrer à l’intérieur de la France résistante, mais aussi de la France occupée. Même si ce n’est pas un coup de cœur, il vaut le coup, et nous dresse le portrait d’une femme courageuse qui a lutté pour ceux qu’elle aime et pour que son pays retrouve sa liberté.

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