Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Auschwitz et après, tome 3 : Mesure de nos jours de Charlotte Delbo

Posté : 19 août, 2016 @ 5:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : couv25201360Historique

Editeur : Les Editions de Minuit

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 210

Synopsis : Et toi, comment as-tu fait ? pourrait être le titre de ce troisième volume de Auschwitz et après. Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C’est la question qu’on se pose, qu’on n’ose pas poser. Avec beaucoup d’autres questions. Car si l’on peut comprendre comment tant de déportés sont morts là-bas, on ne comprend pas, ni comment quelques-uns ont survécu, ni surtout comment ces survivants ont pu redevenir des vivants. Dans Mesure de nos jours, Charlotte Delbo essaie de répondre, pour elle-même et pour d’autres, hommes et femmes, à qui elle prête sa voix.

 

Avis : J’ai dû lire ce livre pour les cours (eh oui, je prépare déjà un peu la rentrée !). Le nom de l’auteure me disait quelque chose, mais pas le nom de son livre.

Je m’attendais à quelque chose de très déprimant ; c’est souvent mon a priori sur les livres traitant de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement des déportés. Je me suis dit que cela allait être dur à lire. Et j’avais raison. L’auteure parle de son expérience du retour, mais aussi de celle d’autres personnes qui étaient avec elle ou non dans le camp. Ces témoignages sont entrecoupés de poèmes qui en reprennent certains thèmes évoqués, comme le fait d’avoir l’impression de ne pas être revenu, le fait d’avoir attendu le retour de toutes ses forces, mais de ne pas avoir pensé au-delà, de l’avoir vu comme ce qu’il fallait atteindre sans penser à après – parce qu’il ne pouvait pas y avoir d’après -, les autres et leurs questions. Les thèmes principaux sont frappants, et montrent la difficulté de vivre après Auschwitz : le doute de sa propre existence, la certitude d’être morte, l’absence, la fatigue physique et psychologique, l’inutilité de la vie quotidienne et des soucis des autres, la futilité et l’ignorance de ces autres, qui ne peuvent pas comprendre, l’incompréhension de la part de ceux qui sont revenus, la mort, très présente parce que certains ont l’impression d’être mort, d’autres la revoient dans leurs cauchemars, les conditions du retour : certains doivent encore se battre pour vivre, pour avoir un logement et de quoi se nourrir, quand d’autres ont le soutien d’un être cher, soutien sans lequel ils seraient morts. Les souvenirs d’Auschwitz se superposent au monde du retour et empêchent de reprendre le dessus. Chez toutes les personnes qui témoignent, il reste quelque chose de cassé : l’une a un « anniversaire du typhus », l’autre ne peut plus sortir de chez elle et ne supporte pas le froid. Les images évoquées font froid dans le dos, par exemple, la mort de Sylviane. L’espoir aussi fait mal : celui d’Ida qui veut retrouver sa mère, celui de Loulou qui attend le retour de quelqu’un. Pourtant, tout est dit avec une écriture que j’ai trouvée très belle, avec certaines images qui émeuvent le lecteur, avec aussi des souvenirs heureux qui font chaud au cœur, même si les personnes qui s’y trouvent ont disparu. L’auteure touche le lecteur en plein cœur, et veut bien lui faire comprendre, ou au moins, imaginer, ce qu’elle a vécu, elle et tous les autres, ceux qui sont revenus mais qui sont toujours un peu là-bas.

Ces témoignages sont puissants, les mots pèsent, ils sont lourds, on ne trouve pas les bons, mais il faut dire, et ce livre dit. L’oubli est également évoqué : certains proches disent aux rescapés d’oublier, mais l’auteure considère que c’est ce qu’il ne faut surtout pas faire. Oublier, cela voudrait dire que cela peut recommencer. Les commémorations sont jugées hypocrites, mais il faut se souvenir. Certaines personnes aimeraient oublier - même l’auteure parfois, à laquelle de petits détails heureux ont échappé, mais qui se souvient de toutes les horreurs qu’elle a vues -, mais il reste toujours quelque chose quelque part, même caché. Aussi, est évoqué le futur, et les guerres prochaines qui pourraient être pires, raison de plus pour se souvenir, raison aussi pour dire, pour que même ceux qui ne l’ont pas vécu puissent imaginer et ne pas oublier. Le lecteur ressent beaucoup d’émotions à la lecture : du désespoir, de l’horreur en lisant les squelettes, la faim, le froid, la douleur, de l’indignation quand il se rend compte que certains doivent encore lutter pour vivre, pour avoir une place, du soulagement quand certains parviennent à vivre, de la culpabilité quand il se rend compte qu’il se plaint pour peu quand d’autres ont vécu pire, de la tristesse face à la solitude et au mal-être de certains. Ce livre fait réfléchir, nous remet en question, nous ouvre les yeux sur ce que l’on a, sur ce qui est arrivé, et nous permet de nous souvenir.

 

Donc, un témoignage bouleversant, qui m’a émue. Un livre qui hante, qui fait mal, mais aussi un livre d’espoir parfois, porté par une écriture qui frappe.

Pélagie-la-Charrette d’Antonine Maillet

Posté : 13 mars, 2016 @ 8:04 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Pélagie-la-CharretteGenre : Historique

Editeur : Grasset

Année de sortie : 1979

Nombre de pages : 315

Synopsis : Un triste jour de 1775, les troupes du roi George s’en vinrent déloger de chez eux les Acadiens de la baie Française, abandonnés par « ceux du Vieux Pays ». Ce fut le « Grand Dérangement ». Parmi ces exilés, il y avait une certaine Pélagie Bourg dite le Blanc, qui n’avait pas oublié sa Grand’ Prée, là-haut sur la baie. Alors, après des années de misère, la voilà qui s’achète une charrette et une paire de bœufs pour y entasser les siens, Charlécoco les bessons, Madeleine sa fille, Célina la boiteuse, Catoune la sauvageonne, et le vieux Bélonie, le centenaire, mémoire de la tribu. « Pélagie-la-Charrette » devient vite le Moïse de la Déportation, la Mère-Courage du Grand Dérangement. Ils arrivent de partout, les Acadiens, ils la suivent, eux aussi s’en reviennent à la Terre Promise, et le voyage durera dix ans … De Charleston à Baltimore, de Philadelphie aux marais de Salem, malgré la guerre d’Indépendance et les Indiens, c’est la croisade des pauvres gens, avec ses dangers, ses bouffonneries, ses amours, ses surprises, tandis que, de loin en loin, le beau capitaine Broussard, dit Beausoleil, dit Robin des Mers, suit l’exode par la côte sur son quatre-mâts la « Grand’ Goule », lointaine providence des voyageurs qu’il tire à point nommé des mauvais pas jusqu’au bon port … Après Mariaagélas, La Sagouine et Les Cordes-de-Bois, qui nous ont familiarisés avec le monde merveilleux de nos cousins d’Acadie, voici que la « raconteuse » accède à l’épopée. C’est tout un peuple à présent qui parle à travers elle et nous dit son exaltante aventure, que nul autre ne pouvait ressusciter avec ce talent sans pareil, où la « langue des Côtes » rejoint celle de Rabelais pour tailler à Antonine Maillet une place qui n’est plus contestée dans la littérature de ce temps.

 

Avis : J’ai entendu parler de ce livre dans un cours sur les littératures francophones : en voyant qu’il parlait du Canada, je me suis dit que je pouvais en apprendre plus sur son passé.

Je m’attendais à un voyage, bien sûr, avec sa part de joie et sa part de mésaventures. Et c’est effectivement ce dont il est question dans le roman. Un peuple exilé prend la route pour retrouver la terre qu’on lui a arrachée de force, et à sa tête se trouve une femme, Pélagie, qui le guide avec sa charrette. Ils rencontreront plusieurs autres exilés, ainsi que des aventures plus ou moins réjouissantes – souvent moins que plus. Les villes sont les lieux de trafic en tout genre, et l’Amérique n’est pas le meilleur endroit à traverser pendant la lutte pour l’Indépendance. En effet, si les Acadiens veulent rejoindre leurs terres, les Américains, eux, obtiennent peu à peu leur liberté, tout en en privant d’autres êtres. Les passages sur la difficulté de faire survivre le passé m’ont touché : l’Acadie n’est plus que dans la mémoire des hommes qui tentent de remonter au Nord, qu’ils s’imaginent les attendre. Aussi, j’ai trouvé le voyage long, sans doute parce qu’il l’est réellement, et cela m’a un peu agacé : je pense que j’avais vraiment envie qu’ils avancent et qu’ils parviennent à leur but le plus vite possible, pour retrouver la terre idyllique à laquelle ils ne cessaient de penser. Je n’ai vraiment été transportée que dans la dernière partie du livre, quand les événements se succèdent et s’accélèrent, quand on touche enfin au but, quand le lecteur a encore l’espoir que tout est possible. J’ai eu peur pour certains personnages, j’ai eu envie de les sauver pour les voir profiter de la destination dont ils rêvaient. Mais, ce qui fait une autre difficulté du livre, et qui m’a un peu freiné au début, c’est l’écriture, la façon de raconter du narrateur, et la langue utilisée, dans les dialogues ou dans la narration. C’est un mélange de français moderne et d’ancien français qui peut paraître rebutant, un peu compliqué à comprendre du premier coup. Mais finalement, c’est assez amusant et authentique de lire la langue telle qu’elle devait être en 1775.

J’ai aussi trouvé qu’une bonne partie de l’intensité du livre était concentrée en Pélagie. Elle est la figure de proue des exilés, leur guide, celle qui fait autorité, que tout le monde écoute et que personne ne veut blesser. C’est une femme forte, courageuse, déterminée à retrouver son dû, sa terre, sa Grand’ Prée qu’elle imagine toujours aussi fertile et accueillante. Elle porte le fardeau du peuple exilé, et tente de le motiver à continuer la route quand il se lasse et veut abandonner. Généreuse, elle les recueille tous, leur promet à tous une vie plus douce en Acadie. Comme les bons leaders, elle sacrifie sans cesse son bonheur personnel pour celui de la collectivité, ce qui la rend encore plus attachante, mais aussi un peu martyre. Elle est accompagnée de Bélonie, le centenaire, qui a perdu toute sa famille et ne semble garder goût à la vie qu’en surface. Seul de sa lignée, qui s’éteindra avec lui, il est cynique, et proche de la mort, son amie, dont il tire la charrette derrière celle de Pélagie. Au début, il peut paraître agaçant, mais l’on attache vite à lui. La charrette sans lui sonnerait faux ! Célina est également présente aux côtés de l’héroïne. Il lui est impossible de se marier à son âge, et elle ne sait pas de quelle famille elle vient : la seule qu’elle ait est Pélagie, qu’elle défend bec et ongles si elle la sait menacée de quoi que ce soit. Guérisseuse, elle ressemble un peu à une sorcière. Le lecteur s’attache également à elle au cours du voyage, ainsi qu’à Catoune, qui, je pense, est le personnage qui m’a le plus fasciné. Orpheline, elle est recueillie par l’héroïne, qui la défend contre les autres exilés. Intrépide et sauvage, elle peut se permettre ce que Pélagie n’accepterait de personne d’autre. Elle est libre, sans attaches, sans famille, mais avec une aide, le personnage principal auquel elle s’accroche de toutes ses forces. Il lui arrive beaucoup de choses, toujours plus ou moins tristes. On trouve également dans ce livre les enfants de Pélagie, Jean, Madeleine, Charles, Jacques, qui l’aident à tenir la charrette et qui sont les premiers à lui obéir, les autres familles exilées, comme les Girouard ou les Bourgeois, Broussard dit Beausoleil, personnage clé, attachant, que l’on aimerait voir touché par le bonheur, Virginie, à laquelle le lecteur s’attache vite.

Lire le récit d’un retour d’exil peut sembler plus facile que de lire celui de l’exil même : et pourtant, le déchirement est ressenti à chaque pas, les souvenirs sont soit flous soit trop vivaces. Le retour ne gomme pas du tout l’exil, et ne le compense même pas : il est nécessaire pour panser les plaies encore ouvertes. Les sentiments sont souvent ambivalents : la joie d’être de retour, mais l’envie d’oublier parfois, et de s’établir ailleurs. Le sentiment d’être abandonnés par la France, maltraités par les Anglais : les exilés ne peuvent compter que sur eux-mêmes. C’est un voyage difficile à faire, mais aussi difficile à lire, parce qu’il est marqué par la désillusion et le chagrin, par le souvenir de la perte des êtres aimés, de la maison, des biens, des familles.

La fin est émouvante, à la fois triste et heureuse. C’était possible de s’y attendre, et en même temps, le lecteur n’avait pas envie que ça arrive.

 

C’est donc une bonne lecture, qui nous parle un peu du passé du Canada et de ses habitants, qu’il est toujours intéressant de connaître.

Une femme aimée d’Andreï Makine

Posté : 14 décembre, 2015 @ 1:32 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Une femme aimée Genre : Contemporaine, Historique

Editeur : Points

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 363

Synopsis : Oleg Erdmann, cinéaste, voue une passion à Catherine II de Russie. Héroïne de son film, l’impératrice offre de multiples visages : cruelle nymphomane, tsarine républicaine, séductrice des philosophes … De son premier amour brisé à un incroyable voyage secret en Europe, Oleg traque la vérité de la Grande Catherine. Sous le vernis de l’histoire, il découvre le drame d’une femme qui ne cherchait qu’à aimer. « Le vrai mal de ma vie, c’est que mon cœur ne peut vivre un seul instant sans aimer … »

 

Avis : Avec le synopsis, je m’attendais à en apprendre pas mal sur Catherine II de Russie, et sur sa vie, mais d’une façon originale, étant donné qu’elle est vue à travers les yeux d’un homme qu’elle fascine.

Je n’ai pas du tout été déçue sur ce point ! Le personnage principal, Oleg Erdmann, évoque souvent la vision stéréotypée que les historiens, ou les hommes en général, ont de la Grande Catherine ; lui la voit de façon beaucoup plus intime. Sous les couches de débauche et de vice, il tente de voir une autre femme, une femme qui correspond à cette phrase qu’elle écrivit : « Le vrai mal de ma vie, c’est que mon cœur ne peut vivre un seul instant sans aimer … » J’avoue que je ne connaissais Catherine II que de nom, je ne savais pas grand-chose d’elle, excepté que c’était une monarque éclairée. J’en ai donc appris beaucoup ici, à la fois sur l’Histoire, mais aussi sur la reine en elle-même, sur sa façon de vivre, de gouverner. Le côté sexuel de la vie de l’impératrice est mis en avant ; selon le personnage principal, ce n’est que ce que l’on retient de Catherine II : son nombre très élevé d’amants, le fait qu’elle en changeait dès qu’elle n’en avait plus, son alcôve, son amour de midinette. Il évoque même l’épisode d’un accouplement avec un cheval, anecdote mensongère qui visait à montrer la perversité de l’impératrice, et son besoin charnel, soi disant parce qu’elle ne pouvait plus se contenter de ses amants. Cela montre simplement que les femmes, même à un rang aussi élevé que l’impératrice, ne peuvent pas se comporter comme les hommes sans être considérées comme des nymphomanes et des catins. A la même époque, Louis XV rendait régulièrement visite à sa maison des Cerfs. Un passage du livre traite de la façon « genré » de voir la sexualité : « dites-moi, que signifie le mot « courtisan » ? _Euh … c’est un homme de cour … _Et une « courtisane » ? _Disons, une femme aux mœurs … légères. _Une pute quoi. [...] Un « homme public » est une célébrité et une « femme publique » est fatalement une salope … La langue trahit toujours les lois de ce monde. » Ainsi, le comportement de la Grande Catherine scandalise les historiens qui racontent sa vie en mettant en évidence le fait qu’elle avait toujours besoin de relations charnelles ; pas un épisode de sa vie n’échappe à cette lecture. Oleg, quant à lui, voit autre chose en Catherine et voudrait la réhabiliter, montrer une autre facette de sa vie, et pas tourner un énième film pornographique sur elle.

Dans ce livre, deux histoires nous sont contées en parallèle : celle de l’impératrice, et celle d’Oleg. La première est fouillée, les événements sont mentionnés plusieurs fois avec des variantes, certains épisodes sont présentés comme vrais, puis faux ; derrière ce que l’on croit savoir, se cache sans doute quelque chose de plus profond, le désir d’être aimé, et de vivre différemment avec l’être choisi. La seconde se fait en filigrane, comme si l’histoire de Catherine l’entraînait. Le personnage semble se chercher, et veut se comprendre en comprenant la vie de l’impératrice. C’est une sorte de quête identitaire, durant laquelle Oleg va rencontrer de nombreuses personnes, va tenter de révéler la vérité, et va se retrouver en face de sa propre vie. Ainsi, les deux histoires sont liées et avancent de concert, ou stagnent ensemble. J’ai vu un étrange parallèle entre elles à la fin, consommant le rapprochement de Catherine et Oleg.

L’écriture est assez poétique, surtout dans ses évocations de neige, de paysage hivernal, et d’un amour caché dans le cœur de la Grande Catherine ; mais elle m’a aussi semblé assez répétitive : certains événements sont cités plusieurs fois, parfois sans nuances, ce qui donne une impression de lourdeur au récit. Parfois, d’un chapitre à l’autre, ce qui est dit est répété sans que le besoin s’en fasse sentir. J’ai trouvé cela un peu dommage ; malgré cela, le livre se lit très vite, et le lecteur est happé par l’Histoire, comme par l’histoire.

Oleg, le personnage principal, est un Allemand-Russe : sa famille a immigré en Russie au moment du règne de Catherine, elle aussi d’origine allemande. L’homme est obsédé par la reine : il sait que le nombre de ses amants, que l’alcôve, que son besoin d’être aimée sont réels ; mais il sent que quelque chose se cache derrière ce vernis disgracieux de l’Histoire. Il veut montrer une autre face de l’impératrice, montrer qu’elle n’était pas que cruelle et nymphomane, qu’elle avait un cœur. Lui aussi cherche son propre cœur, malmené au fil de l’œuvre par des femmes, par des souvenirs, par des lacunes de sa mémoire qu’il veut remplir. Il tente de se faire une place dans le cinéma à travers une histoire nouvelle, qui ouvrira les yeux des Russes, mais son échec est retentissant tout le long du livre. La société ne s’intéresse qu’à ce qui est prévalent : si le sexe l’est, elle se fiche de voir l’humanité d’une reine en mal d’amour. Catherine est ainsi présente de façon assez ambivalente ici. Tantôt, cruelle, sans cœur, à l’appétit sexuel vorace ; tantôt une femme, qui regarde la neige tomber en se demandant quand l’amour viendra. Ce peut passer pour une version assez mièvre de la reine, mais le second versant de sa vie ne l’étant pas, l’hypothèse est plausible. J’ai été choquée par certains actes qui lui sont imputés : le viol d’une jeune mariée devant son mari juste après leur mariage, la préméditation du meurtre de son mari, défiguré et humilié, l’épisode de la Pologne … Les images d’elle enfant semblent douces, mais le contraste est tellement frappant avec sa vie d’adulte que l’on se demande si l’on parle de la même personne. En tout cas, je dois avouer que j’ai été fascinée par cette femme : elle fait ce qu’elle veut, s’en cache sans s’en cacher, règne en Russie, et même, tente de redresser son pays et de promouvoir les Lumières. Le fait de se centrer sur sa vie sexuelle éclipse ses autres actes, sans doute plus intéressants que de folles étreintes avec d’innombrables hommes. Le lecteur se trouve ici entre Histoire et fiction, et ne saura sans doute jamais ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas : c’est la loi de l’Histoire. Il ne peut que se faire son propre avis, ou décider de croire Catherine dans ses Mémoires. D’autres personnages sont présents dans cette œuvre, comme Lessia, que j’ai détesté par son snobisme et son opportunisme, Dina, qu’il est difficile de juger étant la vie qu’elle a eu auparavant, Eva, que j’ai appréciée, qui m’a semblé être une réincarnation de Catherine pour Oleg, Lourié et Sergueï, auxquels je me suis attachée, Zoïa, qui fait une petite apparition très remarquée, Kozine et Jourbine, qui tentent de gagner leur vie en se pliant aux lois du marché.

La fin m’a semblé faire la conjonction entre les deux histoires, celle de Catherine, et celle d’Oleg. C’est une véritable fin pour les personnages, peut-être moins pour le lecteur, qui aurait aimé savoir si l’entreprise mentionnée serait couronnée de succès ou non.

 

En définitive, un bon roman, qui m’a fait découvrir la Grande Catherine, et un auteur à l’écriture agréable.

Secrets d’Histoire, tome 3 de Stéphane Bern

Posté : 16 novembre, 2015 @ 2:21 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Secrets d'Histoire Genre : Historique

Editeur : France Loisirs

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 351

Synopsis : Complots politiques, affaires de mœurs, coups de théâtre … Stéphane Bern plonge au cœur de l’Histoire et de ses insondables mystères. Il nous entraîne aujourd’hui, à travers trente des plus grandes intrigues des siècles passées, sur les pas de héros magnifiques ou déchus. Découvrez l’ombre du Roi-Soleil ou le visage plus démoniaque d’Isabelle la Catholique, l’opportunisme d’un Talleyrand ou d’un Victor Hugo, le rôle tenu par les femmes du secret comme Roxelane, Marie Leczinska ou Eva Braun, les disparitions troublantes de Gabrielle d’Estrées et d’Alexandre Ier de Russie, en passant par les couloirs du Louvre, de l’Elysée et de la chapelle Sixtine, qui ont tant à révéler … Dans les coulisses du temps, là où se sont jouées les intrigues de palais et les luttes de pouvoir, Stéphane Bern parcourt les âges et pénètre les arcanes les plus obscurs de notre patrimoine culturel, pour faire de la grande Histoire le plus fascinant des romans.

 

Avis :Ce livre promettait encore de bonnes « leçons » d’Histoire sur les mystères de ses grandes figures, ou de ses événements incontournables.

Pourtant, j’ai commencé ce livre en juin, et je ne le finis que maintenant. Peut-être n’était pas le moment pour moi de lire ce livre, peut-être avais-je besoin d’un autre type de lecture. Toujours est-il que les histoires présentaient ici sont très intéressantes ; ce sont des personnages, comme Soliman le Magnifique ou Charles VI, que l’on connaît moins, donc peut-être que je me suis sentie moins « concernée » dans le sens où je ne m’étais jamais posée de questions sur ce dont nous parle Stéphane Bern. On apprend donc encore beaucoup de choses, sur des inconnus, ou des « héros », sur des objets ou des monuments aussi, comme le Saint-Graal, le Taj Mahal ou la Tour Eiffel. De plus, l’auteur ne se concentre pas sur un pays en particulier, mais parle de pays et d’époques différents, ce qui est d’autant plus enrichissant ! Encore une fois, dans ses articles, Stéphane Bern nous propose plusieurs théories sur la question posée, et nous montre celles qui ne collent pas, celles qui sont les plus vraisemblables, celles que l’on juge vraies. Les arguments nous sont donnés et le lecteur doit se poser les mêmes questions que les historiens pour tenter de comprendre (sans toujours tomber juste) ce qui s’est réellement passé.

Concernant les articles consacrés à l’époque moderne, j’ai également appris beaucoup, notamment avec Eva Braun et la théorie sur la mort d’Hitler présentée à la fin de cet article, mais aussi sur la libération de Paris, ou sur Einstein. Grâce à ce genre de livres, on voit vraiment l’histoire avec un regard neuf, ou sous un angle auquel le lecteur n’avait pas pensé, ce qui permet de faire des découvertes et de poser de nouvelles questions ; en effet, la plupart des énigmes ne sont pas résolues, et donnent envie d’en savoir plus !

Le lecteur voit également des personnages historiques assez différemment, sans doute de façon moins flatteuse que d’ordinaire, comme Victor Hugo, Talleyrand, ou le Général de Gaulle. Egalement, ce livre met sur le devant de la scène des personnages restés dans l’ombre, comme Eva Braun, ou Roxelane. Ont également été présentés des figures historiques dont je ne savais rien, comme Wu Zetian ou Christine de Suède, et d’autres dont j’avais simplement entendues parler, comme Gabrielle d’Estrées ou Isabelle la Catholique. Il m’a semblé que les femmes étaient très représentées dans ce tome, avec, en plus de celles qui ont déjà été citées, Marie-Caroline de Naples, Marie de Médicis (avec les Concini), Marie Leczinska et la duchesse de Choiseul-Praslin, femmes dans l’ombre ou dans la lumière, oubliées ou très connues, et qui ont toutes marquées l’Histoire de façon différente. J’ai beaucoup aimé découvrir leur vie, leur tempérament souvent ; beaucoup moins leur soumission et leur humiliation.

Petit bémol : j’ai trouvé, et cela m’a surprise, pas mal de fautes dans l’édition que je possède. Les erreurs d’inattention arrivent, mais des correcteurs sont normalement là pour les effacer.

 

En définitive, un bon Secrets d’Histoire dans lequel on apprend encore beaucoup sur différents pays et époques !

Un papillon sous la neige de Daphné Kalotay

Posté : 20 octobre, 2015 @ 5:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Un papillon sous la neigeGenre : Drame, Historique

Editeur : France Loisirs

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 576

Synopsis : Du Moscou des années 1950 à Boston aujourd’hui, le tumultueux destin d’une ballerine : passions, secrets et trahisons, une belle saga romanesque qui mêle émotions et mystères. A Boston, Nina, une ancienne étoile du Bolchoï surnommée Papillon, met aux enchères ses précieux bijoux, emportés lors de son exil. C’est alors que Grigori, un homme d’origine russe, la contacte pour lui poser la plus incroyable des questions : est-il l’enfant qu’elle aurait abandonné ? Chassé par la danseuse, Grigori, bien décidé à découvrir la vérité, va fouiller dans la vie de Papillon en Russie, un passé fait d’énigmes et de secrets. Pourquoi s’est-elle enfuie de son pays ? Quel est le mystère qui entoure la mort de son mari Viktor ? En levant peu à peu le voile sur ce terrible destin, Grigori apprendra que la réalité se cache toujours là où on ne l’attend pas …

 

Avis : Tout d’abord, je trouve le synopsis un peu mensonger, après avoir lu le roman entier (j’expliquerai pourquoi ensuite). La couverture est très belle, toute douce, ce que l’histoire n’est pas vraiment !

Le lecteur plonge ici dans un récit polyphonique, où vont se croiser plusieurs histoires concernant différents personnages. D’abord celle de la vie de Nina Revskaïa, ancienne ballerine qui a quitté la Russie précipitamment sans donner de raisons ; celle de Grigori Solodin, de ses recherches et de sa solitude, et celle de Drew Brooks. Le livre commence par la description d’un lot, un bijou mis en vente : chaque chapitre sera précédé par la présentation d’un de ces lots. Puis on entre dans le monde actuel, le Boston moderne. Ce livre mêle en effet les époques et les pays : l’histoire de Nina, le récit principal, si l’on peut dire, relate sa jeunesse en URSS. Grâce à sa vie, le lecteur peut appréhender la vie de l’artiste sous le régime de Staline, les dangers qu’il affronte, les impairs qu’il doit absolument éviter, les obligations auxquelles il doit se plier. Nina rencontre un poète et un compositeur, ce qui offre plusieurs facettes de l’art en URSS, et ce qui est demandé aux artistes de l’époque. J’ai beaucoup cet aspect historique du livre : la découverte du régime et de la vie des artistes apportent une certaine culture au lecteur, une vision de ce à quoi cela pouvait ressembler à l’époque. Le contexte de l’époque fait également que les événements sont plus compliqués, que les personnages s’imaginent des explications invraisemblables sans jamais vraiment chercher de réponse de peur de la trouver, et se méfient de tous, même de leurs proches. Sinon, j’ai aimé découvrir l’univers de la danse à travers l’histoire de Nina : c’est un monde assez cruel, où il faut être la meilleure, et le rester, si l’on ne veut pas redescendre du niveau où l’on est monté avec difficulté. Les tortures que s’infligent les ballerines pour danser m’ont vraiment fait de la peine, mais la douleur ne semble pas vraiment déranger Nina : sur scène, elle oublie tout, sur scène, elle devient quelqu’un d’autre, et j’ai adoré les passages où elle parle de son amour de la danse, de la sensation que cela lui procure, de la liberté qu’elle se sent posséder. Elle exprime par la danse quand Viktor utilise les mots. Un deuxième récit croise celui de Nina : l’histoire de Grigori. Son passé d’adolescent, mais également sa vie d’adulte, sont racontés au lecteur. Le jeune homme qu’il était recherchait sa famille, la vérité sur ses origines. Sa vie avec sa femme nous est également racontée, et introduit l’amour dans le roman. Un troisième récit est celui, plus dissipé et diffus, de la vie de Drew Brooks, de son mariage raté, de ses origines qu’elles recherchent elle aussi, de sa famille qui ne la comprend pas, et à qui elle semble toujours rebelle. Enfin, le récit du Boston actuel réunit tous ses personnages et les fait interagir de façon à mêler leurs intrigues. Ils s’entraident ou se mettent des bâtons dans les roues. C’est ce récit qui amène la rétrospection que sont les autres histoires annexes : la vente des bijoux de Nina Revskaïa déclenche le retour sur le passé des personnages.

L’amour est une notion importante dans ce livre, et elle est présentée de façon différente à travers des couples variés. Tout d’abord, Nina et Viktor. C’est le couple central de l’intrigue, celui sur qui le lecteur et les autres personnages s’interrogent constamment ; je me le suis tout de suite représenté comme le couple modèle, qui n’a pas besoin de se prouver quelque chose pour s’aimer, qui s’aiment simplement, sans artifices et sans nécessité de justifier quoi que ce soit. La jalousie me semblait pratiquement absente de leur relation : elle était donc saine, et agréable à imaginer. Pourtant, quelque chose a motivé Nina à partir sans Viktor ; et lorsque j’ai découvert quoi, je me suis tout de suite rangée du côté de Nina (trop vite, bien sûr, c’était trop évident !). La jalousie et le malaise s’installent tout à coup de façon très violente et toute ma confiance en ce couple a vacillé ! Je ne m’attendais vraiment pas à un tel revirement de situation ! Un autre couple est celui que forment Grigori et sa femme Christine : leur amour est simple, absolu. Ils se connaissent par cœur, et même quand Christine n’est plus là, son mari se souvient de ce qu’elle aurait fait, de ce qu’elle aurait dit. Il est veuf et vit avec le souvenir de la femme qu’il a aimée. J’ai trouvé leur histoire très touchante et très triste. La conception qu’a Grigori de l’amour n’est pas manichéenne, ce que j’ai trouvé très lucide : il sait que l’amour a ses mauvais côtés, que le mariage a changé certaines choses entre eux et qu’ils ne se supportent pas parfois, mais il aime sa femme de tout son être, avec ses défauts. N’est-ce pas la meilleure définition de l’amour ? Un autre couple m’a semblé prépondérant, puisqu’en réalité, ils m’ont semblé à l’origine d’un malentendu dramatique, qui entraînera des conséquences désastreuses pour tous les personnages. Eux aussi s’aiment profondément, et ce qui arrive le prouve. Enfin, Drew Brooks est en mal d’amour, et se demande si, un jour, elle rencontrera celui qui lui conviendra parfaitement. C’est un peu le personnage qui cherche le prince charmant sans le chercher.

Une investigation est également menée dans ce livre, et c’est là que j’ai trouvé le synopsis mensonger. Ce n’est pas Grigori qui parvient à rassembler les pièces du puzzle. Il a cherché à connaître la vérité pendant des années sans jamais l’obtenir. C’est la vente des bijoux qui enclenche un retour vers le passé des personnages, mais aussi la levée du voile sur le mystère de la naissance de Grigori et du départ de Nina. Drew tient donc un rôle prépondérant. Il a déjà fouillé la vie de la ballerine sans rien trouver de vraiment concret ; elle ne lui a rien livré : c’est au lecteur qu’elle raconte tout sous forme de souvenirs, plus ou moins douloureux.

Egalement, dans ce livre, le lecteur découvre la vie artistique sous un régime totalitaire : tout est contrôlé. Aucun artiste ne peut se laisser aller à faire ce qu’il veut, à dire ce qu’il pense, à innover. C’est un système clos sur lui-même, dans lequel on dit au peuple et aux artistes ce qu’ils doivent penser, et ils ne doivent déroger de cette règle sous aucun prétexte. Une remarque sur la musique de Prokofiev rapportée par Gersh est significative : tout doit être lissé et doit servir le parti. Sans cela, l’artiste risque son art, sa liberté, et surtout sa vie. Ils ne doivent jamais dépasser de la norme, ou parler sans contrôle de ce qu’ils disent : où qu’ils soient, ils sont entendus, espionnés. Ils ne sont en sécurité nulle part et ne peuvent parler de leurs affaires personnelles qu’à l’extérieur, dans un lieu public ou isolé.

Concernant les personnages, je me suis très vite attachée à la jeune Nina : elle est courageuse, très travailleuse, et ouvre peu à peu les yeux sur le monde dans lequel elle vit. Elle se rend compte du régime, de l’espionnage, de la méfiance constante qu’elle doit conserver face à tous. Elle n’a vraiment confiance en personne. Lorsqu’elle rencontre Viktor, c’est un peu un conte de fées pour elle, conte de fées dans lequel sa belle-mère, exécrable, joue le rôle de la marâtre. Il semble être tout pour elle, si l’on ne compte pas la danse. Elle considère que celle-ci, en plus de l’amour, sont tout ce qu’elle a pour vivre. Et puis, à un moment clé du livre, Nina m’a agacée. Elle se comporte comme une adolescente, ne se rend sans doute pas compte de ce qu’elle fait (ou si, ce qui est encore pire !), et abandonne tout sans explications (le lecteur comprend, mais pas les autres personnages). Elle agit comme une fugitive, et ne m’a pas semblé du tout réfléchir. Elle agit par passion, par bêtise. Cela m’a vraiment déçue. La Nina plus âgée m’a également agacée : elle se cache toujours derrière son indifférence, traite très mal les gens, et se permet un comportement hautain de vieille dame respectable. Il est vrai qu’elle a souffert, et qu’elle se protège ; mais par là, elle fait du mal aux autres en le sachant pertinemment, ce qui est d’autant plus énervant. Sa réaction à la fin m’a soulagée : elle agit enfin ! Quant à Grigori Solodin, lui aussi vit un peu dans ses souvenirs. Il a perdu sa femme et ne cesse de penser à elle, à comment elle aurait réagi, à ce qu’elle lui aurait dit. Je me suis attachée à elle à travers lui, et donc un peu à lui aussi. Il fait de la peine au lecteur par la souffrance que lui occasionne la méconnaissance de ses origines et de sa véritable famille. Il ne sait pas vraiment qui il est, et s’est inventé une identité, ainsi que des parents idéaux. Il a tenté de rassembler des preuves, qui semblent tout à fait fonctionner ensemble : le lecteur lui-même y croit et pense déjà tout savoir quand la surprise arrive ! Tout paraît prévisible ; or, ça ne l’est pas vraiment. Il finit peu à peu par se sortir de ses souvenirs et à tenter de vivre dans le monde réel, qu’il trouve très médiocre par rapport à celui dans lequel il vivait dans sa jeunesse : il ne cesse de critiquer l’université et les étudiants, ce qui pourrait être un écho aux véritables pensées de l’auteure. Drew Brooks est le dernier personnage vivant important : elle dirige la vente des bijoux de Nina Revskaïa, ce qui, elle aussi, la plonge dans des souvenirs et des réflexions qui la mènent vers la vérité. Elle est ambitieuse, et aime le métier qu’elle pratique : elle aime découvrir les origines des gens et des choses, donner une histoire à un objet qui n’en avait plus. Je me suis également attachée à elle : elle rêve d’amour sans le trouver, elle se demande si, un jour, celui qui lui correspond apparaîtra (prévisible, prévisible !!) Son histoire « actuelle » prend un tour évident, très prévisible, que le lecteur repère de très loin ! D’autres personnages apparaissent dans ce livre, comme Viktor, personnage très important auquel je me suis beaucoup attachée, sans doute parce qu’il est poète et qu’il semble sincèrement aimer Nina ; ses poèmes ont l’air très mélancoliques, il m’a semblé assez romantique, ce que renforce ses origines cachées à la société ; Gersh, compositeur virtuose conspué par le régime car il est juif ; Vera, amie danseuse de Nina, qui se trouve au centre de l’intrigue, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à elle, excepté à la fin, Nina ne la voit pas d’un très bon œil, même si c’est son amie ; Polina, une autre amie danseuse dans une situation difficile ; Zoïa, assez difficile à cerner en ce qui concerne ses sentiments, collaboratrice du parti tout en voulant protéger celui qu’elle semble aimer ; la mère de Nina, douce et protectrice, que la jeune femme délaisse peu à peu ; d’autres membres du Bolchoï ou du parti, et même Staline, qui apparaît deux fois ; Cynthia, l’infirmière de Nina, une femme forte et courageuse, qui aide la vieille dame dans sa vie de tous les jours.

La révélation de la fin a été une vraie surprise pour moi, et pour les autres personnages aussi apparemment. Tout ce que j’avais imaginé est parti en fumée. J’ai ressenti une vraie déception face à cette situation : quelle tragédie pour si peu ! La communication n’était pas le fort de cette époque, et il me semble que ça n’a pas vraiment changé aujourd’hui. La confiance est très difficile à gagner, et si facile à perdre ! La toute fin m’a également déçue : on ne sait pas vraiment ce qui arrive aux personnages, même si le dénouement a eu lieu, et que tout semble se mettre en place pour que chacun obtienne ce qu’il veut. J’aurais aimé revoir Nina, savoir ce qui lui était arrivé, si elle avait agi autrement encore.

 

En définitive, un bon livre, qui montre bien la vie des artistes en URSS et nous présente une histoire dont le lecteur a envie de connaître la fin, fin assez frustrante et un peu décevante.    

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