Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Les Grandes oubliées : Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes de Titiou Lecoq

Posté : 20 octobre, 2023 @ 5:47 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, HistoriqueLes Grandes oubliées

Editeur : Collection Proche

Année de sortie : 2023 [2021]

Nombre de pages : 224

Synopsis : L’Histoire revisitée sous l’angle féminin : raconter et comprendre ce grand oubli dans lequel sont tombées les femmes de la Préhistoire jusqu’à nos jours.

« On nous a appris que l’histoire avait un sens et que, concernant les femmes, elle allait d’un état de servitude totale vers une libération complète, comme si la marche vers l’égalité était un processus naturel. Ce n’est pas exact. On a travesti les faits. On a effacé celles qui avaient agi, celles qui, dans le passé, avaient gouverné, parlé, dirigé, créé.»

A la préhistoire, les femmes chassaient, au Moyen Âge, elles étaient bâtisseuses de cathédrales ou encore espionnes durant la guerre de Cent Ans ; au XIXe siècle, elles furent journalistes… À chaque époque, elles ont agi, dirigé, créé, gouverné mais une grande partie d’entre elles n’apparaissent pas dans les manuels d’histoire. Dans la lignée des travaux de Michelle Perrot, Titiou Lecoq passe au crible les découvertes les plus récentes. Elle analyse, décortique les mécanismes, s’insurge, s’arrête sur des vies oubliées pour les mettre en lumière. Sa patte mordante donne à cette lecture tout son sel. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leur voix.

 

Avis : C’est une petite vidéo sur Insta d’une créatrice que je suis qui m’a donné très envie d’enfin sauter le pas et me prendre Les Grandes oubliées à sa sortie en poche.

L’autrice nous offre ici un essai féministe sur la place des femmes dans l’Histoire ou, plutôt, sur l’effacement de leur place. Plutôt que d’en donner les raisons, elle explique qu’elles n’ont jamais été absentes des grandes phases de l’Histoire et montre en quoi elles étaient présentes, ce qu’elles faisaient, ce que l’on n’apprend pas à l’école – parce que cela ne se trouve pas au programme ni dans les manuels notamment, puisque ceux-ci sont exclusivement (ou presque) tournés vers des figures masculines et que les femmes se trouvent dans des encarts spécifiques ou dans une entrée du programme sur la lutte pour leurs droits. Je me suis aussi assez souvent reconnue quand Titiou Lecoq évoque son anticipation des cours d’histoire, enfant, et sa désillusion, adulte, quand elle se rend compte qu’on lui a appris une partie de l’Histoire en laissant de côté ce qui, apparemment, n’est pas si important ou à l’écart de la « vraie » Histoire.

Je dois dire que je me suis parfois énervée en lisant : pourquoi ne raconter qu’une partie, des semi-vérités ? Pourquoi est-ce qu’en arrivant dans la vingtaine, j’étais convaincue que le Moyen Âge était une période sombre alors que la Renaissance était formidable ? Pourquoi ne traite-t-on pas de l’Histoire entière ? Et pourquoi, mais POURQUOI, considère-t-on que les femmes n’ont rien fait quand elles sont partout, juste écartées du discours national ? Je ne dois qu’à ma curiosité de connaître les noms de Frédégonde ou de Brunehaut/Brunehilde, qu’à mon envie de lire des femmes « classiques » d’avoir entendu parler, voire lu, Christine de Pizan ou Louise Labé. Mais je ne connaissais aucune dramaturge avant de lire ce livre. Pourquoi ? Je ne comprends pas l’intérêt de minimiser l’apport des femmes : la réussite des uns (ici, des unes du coup) ne diminue pas celle des autres. Ce n’est pas une compétition, ce sont les faits ! J’étais aussi un peu abasourdie de voir que l’oubli est aussi récent qu’ancien !

Elle fait également un sort au mythe du progrès qui voudrait que la condition des femmes s’améliore de siècle en siècle, avec l’idée, par exemple, qu’elles n’avaient aucun droit au Moyen Âge. Vous savez, la célèbre expression du « on n’est plus au Moyen Âge » quand on parle des droits des femmes ? On peut la jeter à la poubelle du coup. Je le sais depuis un moment, mais cet essai en remet une couche bienvenue ! Il n’y a pas non plus d’idéalisation des Lumières, de la Renaissance ou de la Révolution ici : les faits, donc. Et ce n’est pas très joli, comme le XIXe siècle et son invisibilisation des femmes – j’adore ce siècle, notamment pour sa littérature et les grands auteurs qui en sortent, mais pour les femmes, ce n’est clairement pas la meilleure période … L’autrice traite aussi de la langue, ce que j’ai beaucoup apprécié parce que je me pose pas mal de questions à ce sujet.

Ce que j’ai particulièrement aimé ici, c’est que l’autrice fournit toutes ses sources. A aucun moment, le lecteur ne se retrouve avec une théorie ou une affirmation historique sans avoir l’essai ou le travail d’historien dont elle est tirée. Evidemment, ma wish-list a explosé, puisque ces sources sont données pour permettre à ceux qui le souhaitent de se plonger plus avant dans les sujets qu’ils veulent creuser. J’étais d’ailleurs contente de constater que j’avais déjà lu certains des ouvrages cités ! Ainsi, même si cet ouvrage en est un de vulgarisation, il est possible d’approfondir pour les lecteurs intéressés, à travers des livres, mais aussi des articles ou des podcasts.

Enfin, j’ajouterais que, malgré ma colère, j’ai ri à plusieurs reprises parce que l’autrice s’exprime avec humour et sans être guindée. Elle ne rédige pas en historienne, mais en transmettrice (bon, le site me dit que c’est une erreur d’orthographe, mais tant pis !) ce qui rend son discours plus accessible à tous et pas seulement à ceux qui ont un parcours universitaire ou qui sont déjà versés dans l’Histoire.

 

Donc, un excellent essai, court et accessible, qui part de la Préhistoire pour arriver à nos jours en traitant de faits et en donnant ses sources. A mettre entre toutes les mains !

Fantasy & Moyen Âge édité par Anne Besson et Victor Battagion

Posté : 17 juin, 2023 @ 2:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, Essai, Historique Fantasy & Moyen Âge

Editeur : ActuSF (Les 3 Souhaits)

Année de sortie : 2023

Nombre de pages : 491

Synopsis : Le Moyen Âge merveilleux du Seigneur des Anneaux, du Sorceleur ou de L’Assassin royal vous fait rêver ? Sorcières, magiciens et nains peuplent votre imagination depuis toujours ? Chevaliers, vikings et mercenaires vous passionnent ? Ce beau-livre est fait pour vous. Toutes ces histoires, des contes de fées à Game of Thrones, exercent sur nous un extraordinaire pouvoir de fascination. Prenez garde, pourtant. Explorer les arcanes de la fantasy d’inspiration médiévale pourrait bien changer à tout jamais votre destinée.
Derrière ces récits inoubliables se déploient des œuvres littéraires et artistiques multiples – de la légende du roi Arthur aux contes venus du monde entier –, et leurs influences historiques sont légion – invasions « barbares », art de la guerre dans le Moyen Âge européen et le Japon féodal, châteaux forts et femmes de pouvoir. Mêlées, sublimées, ces sources abreuvent des œuvres devenues incontournables.

 

Avis : Dès l’annonce de la sortie de ce livre, j’étais dans les starting blocks pour participer à la campagne de financement : quoi de mieux qu’une collection d’essais sur les liens entre Moyen Âge et Fantasy ?

J’ai adoré cette œuvre – j’ai presque envie d’ajouter « évidemment » ! Les sujets abordés sont diversifiés : on peut évoquer le condotiere, l’arc, l’utilisation des contes par exemple. Les auteurs écrivent à propos de différentes régions du monde : le Japon féodal et le continent africain, entre autres, se voient inclus dans cette anthologie. Les médias mentionnés sont eux aussi variés : la littérature, le cinéma, mais également les jeux (vidéo, de société, de rôle), les séries, les illustrations. J’ai vraiment eu l’impression d’une envie de tout dire, tout en étant conscient que ce n’était pas possible tant le sujet est vaste. A travers tous ces supports, le lien entre Fantasy et Moyen Âge est expliqué de manière claire à travers différents points de vue, différentes visions de la Fantasy et de ce que lui apporte la période médiévale, mais aussi ce que le genre apporte à l’Histoire. Le lecteur comprend qu’il existe une sorte de cercle (plus ou moins) vertueux d’influences entre littérature et histoire, disciplines qui s’enrichissent l’une l’autre.

De plus, ces articles sont rédigés par des spécialistes : non seulement leur niveau d’expertise est tel que l’on apprend des éléments nouveaux sur le sujet qu’ils abordent, mais en plus, ces auteurs donnent envie, pour la majeure partie d’entre eux, de creuser et de lire d’autres livres ayant un rapport avec les informations données. Cela occasionne, évidemment, une explosion de PAL et de wish-list, davantage centrée tout de même sur la fiction grâce aux nombreux exemples utilisés pour illustrer leur propos. Je précise que certaines œuvres sont spoilées, ce qui est dommage mais inévitable quand on étudie et analyse des ouvrages littéraires. Pour autant, cela ne gâche pas du tout le plaisir de lecture !

Je m’arrête enfin sur l‘esthétique du livre. Extérieurement, il est très beau, mais je vous recommande de le lire chez vous uniquement, parce que les manipulations l’abîment au fil du temps. A l’intérieur, les illustrations en couleurs qui émaillent le texte sont un délice : cela ajoute une véritable richesse à cette édition qui nous permet de voir ce dont elle traite au lieu de seulement l’évoquer. A la rigueur, le seul manque de l’ouvrage serait une bibliographie récapitulative à la fin, mais tant d’œuvres sont citées que cela devait être impossible !

 

Donc, un petit bijou qui permet d’explorer de manière assez complète les liens entre Fantasy et Moyen Âge donnant, par la même occasion, très envie de se plonger dans les œuvres analysées !

Clodia ou le scandale de la Bonne Déesse de Sophie Malick-Prunier

Posté : 8 mai, 2023 @ 1:31 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : HistoriqueClodia ou le scandale de la Bonne Déesse

Editeur : Robert Laffont

Année de sortie : 2023

Nombre de pages : 332

Synopsis : Pense comme un homme !

« Clodia sourit, envahie par une impression de soulagement comme elle n’en avait plus ressenti depuis longtemps. Même si elle devait le payer, elle voulait vivre en femme libre. »

Clodia Metelli est une héritière. Figure sulfureuse de la jeunesse dorée de Rome au Ier siècle avant notre ère, connue pour son exceptionnelle beauté, elle est issue de la puissante famille patricienne des Claudii, qui occupe, de génération en génération, les plus hautes fonctions.

À la suite d’un retentissant scandale politique et religieux qui compromet son frère Clodius, elle se trouve impliquée dans les arcanes des rivalités entre César, Cicéron et Pompée. Tandis que sa propre famille se déchire et que la République agonise, minée par la lutte entre le clan conservateur du Sénat et le parti populaire qu’elle et Clodius ont rallié, Clodia s’émancipe des contraintes de son sexe ; femme libre, elle inspire au jeune poète Catulle ses vers les plus ardents.

En immersion dans les quartiers populaires et les riches demeures de la Rome antique, cette fresque captivante retrace le destin hors du commun de l’une des rares femmes de son temps à avoir laissé son nom dans l’Histoire.

 

Avis : J’ai reçu ce roman en service presse de la part de la maison d’édition. Il faut dire que le résumé est alléchant. C’est une histoire qui se déroule pendant l’Antiquité romaine et dont l’héroïne est une femme noble qui va se retrouver confrontée à une situation politique désastreuse dont sa famille va devoir se sortir : comment ne pas avoir envie de la lire ?!

Je connaissais Clodia de nom, parce qu’elle est associée, dans l’Histoire romaine, à son frère Clodius, surtout connu pour être un débauché. Je ne m’étais jamais intéressée à elle plus que ça ; je n’avais qu’un vague souvenir qu’elle avait été accusée d’inceste et d’être, elle aussi, dépravée. Ceci nous est rappelé dès le prologue où Clodia comparaît pendant son procès face à Cicéron. En effet, le roman s’attache à la réalité historique – dont je ne parlerai pas beaucoup ici pour laisser la surprise aux lecteurs qui ne connaîtraient pas les faits. SPOILER 1

Il retrouve donc des personnages historiques très connus, comme César, Cicéron ou Pompée ; d’autres encore sont mentionnés, comme Sylla ou Marius, préfigurant la crise politique à venir. Ils deviennent vivants grâce aux mots de l’autrice ; c’est comme si l’on marchait aux côtés de Clodia ou de Catulle dans les rues de Rome. En revanche, à part Clodia – et Pompéia -, ils sont pratiquement tous difficiles à apprécier. Les hommes sont d’une misogynie crasse – on nous rappelle, au début du roman, que les femmes sont nommées par rapport à la famille dont elles viennent et que, si plusieurs filles naissent, elles portent des numéros ou le nom de famille de leur mari pour les distinguer -, à part peut-être Catulle, qui reste le personnage masculin le moins agaçant du roman. Il permet notamment d’aborder la poésie latine : des extraits de poèmes en latin et leur traduction se trouvent directement dans la narration, ce qui m’a donné très envie de lire une édition bilingue ! Cela apporte une note de fraîcheur, de finesse dans une atmosphère qui traduit bien la vulgarité des Romains. Que ce soit la corruption des sénateurs ou des magistrats, les fêtes des nobles, l’hypocrisie des hommes et des femmes concernant leur vertu, les graffitis obscènes sur les murs des bâtiments, les prostituées qui se promènent dans les rues ou se trouvent dans les auberges, il flotte une ambiance nauséabonde et lourde, bien traduite par l’impression de suffocation de Clodia quand elle retourne à Rome après un voyage en « province ». SPOILER 2 De plus, en intégrant Catulle à son roman, l’autrice fait de son héroïne la muse du poète, sa Lesbie, une théorie que j’ai adoré découvrir au fil des pages !

A la période romaine, donc, les femmes ne sont pas citoyennes, elles n’ont aucun pouvoir concret quel qu’il soit et doivent obéir à leur père, puis à leur mari. Cela ne veut évidemment pas dire que certaines d’entre elles n’avaient pas un sens politique particulier ; ce roman est, pour moi, une sorte d’hommage à l’intelligence de ces femmes, à leur sens de la stratégie et à leur détermination farouche à défendre les intérêts de leur famille. SPOILER 3 Pour autant, pas de martèlement ou d’anachronismes ici : l’histoire parle d’elle-même et n’a pas besoin de gros sabots pour faire comprendre quoi que ce soit au lecteur. SPOILER 4 Je n’en attendais pas moins d’une autrice docteure en littérature latine et spécialiste d’histoire des institutions politiques de la Rome républicaine. C’est un réel plaisir de lire un roman aussi « proche » de la réalité historique, avec des références précises, des informations glissées dans le corps du texte, un dossier à la fin qui permet d’en apprendre plus sur les faits et les personnages ainsi qu’une bibliographie si le lecteur veut aller plus loin.

Enfin, j’ai adoré ce livre, mais je n’ai pas pu m’empêcher, après l’avoir terminé, de regretter ne pas avoir plus d’informations sur ces femmes romaines : que devient Pompéia SPOILER 5 ? Comment s’est passé la suite et la fin de la vie de Clodia ? On ne peut qu’imaginer leur vie sans rien en savoir.

Dernière remarque : comme les précédents romans qu’il m’a été donné de recevoir, ici, l’écriture est agréable, fluide et ne comporte pas d’erreurs, ce qui est un vrai plaisir. Certaines phrases, même, m’ont donné des frissons parce qu’elles sonnaient vraies. La qualité du fond est donc soutenue par la qualité de la forme, ce qui fait de ce roman un coup de cœur !

 

SPOILER 1 Sont repris le scandale de la Bonne Déesse, comme évoqué dès le titre, mais aussi le retour de Pompée après sa victoire contre Mithridate, l’ascension de César, l’opposition entre les optimates et les populares et, par la même occasion, la crise que va traverser la République romaine et dont elle ne se relèvera pas. 

SPOILER 2 J’ai apprécié de découvrir, une Clodia, une matrone romaine respectable, très différente de celle qui est présentée dans les œuvres où son nom est mentionné. Cela ne fait pas d’elle une femme froide, mais une Romaine passionnée qui a des valeurs. Elle semble être l’une des seules, parmi ses amies, à n’avoir aucune relation adultère au début du roman, consciente de la réputation de sa famille et de la façon dont on pourrait utiliser ces relations pour lui nuire.

SPOILER 3 J’ai apprécié, au moment où Clodia va voir Crassus pour lui demander son aide, qu’elle refuse de coucher avec lui, lui rappelant par-là qu’elle signe un marché politique avec lui. En effet, les romans historiques – et pas que – prennent souvent ce détour facile : la femme n’aurait rien d’autre à offrir qu’elle-même et donc il serait logique pour elle de passer par une relation sexuelle qu’elle abhorre mais qu’elle accepte pour sceller un quelconque pacte qui aidera ses proches. C’était satisfaisant de la voir faire ce choix et plus original que de la voir céder et consentir au pacte odieux que son frère a conclu dans son dos.

SPOILER 4 Il est clair que, politiquement, Clodia est égale, voire supérieure en certains points, aux hommes de sa famille et aurait une place dans la magistrature si elle n’était pas une femme. Fine stratège, elle évite la ruine et le déshonneur quand son mari, Metellus, préfère manœuvrer contre son beau-frère, Clodius, quitte à entacher la réputation des Claudii. César, Cicéron et Crassus sont gênés d’avoir à traiter avec elle, mais lui reconnaissent un certain sens politique. Pour autant, Clodia vit pendant l’Antiquité romaine : même si elle se montre intelligente et réfléchie, elle ne peut rien espérer obtenir à son époque. Elle ne sera jamais consul, ne participera jamais aux séances du Sénat, ne regardera le procès de son frère que de loin. Elle en est consciente et, lucide, elle choisit de vivre en femme libre en accord avec son temps.

SPOILER 5 une fois que César l’a répudiée

Celui qui a vu la forêt grandir de Lina Nordquist

Posté : 23 avril, 2023 @ 8:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : HistoriqueCelui qui a vu la forêt grandir

Editeur : Buchet Chastel

Année de sortie : 2023 [2021]

Titre en VO : Dit du går, följer jag

Nombre de pages : 447

Synopsis : « Si j’avais su prédire l’avenir, je n’aurais rien fait pour l’arrêter. Le chagrin ne mesure pas le bien et le mal. Le bonheur ne s’encombre pas de la morale. »

1897. Recherchée pour avoir pratiqué des avortements, Unni fuit la Norvège avec son compagnon et son bébé. Après avoir traversé les montagnes, la famille arrive en Suède, dans la province reculée du Hälsingland, et s’installe dans une ferme délabrée, à l’endroit le plus ensoleillé de la forêt. C’est ici qu’ils construiront leur vie, à la merci d’une nature splendide et terrible, qui leur donnera autant qu’elle leur prendra.

1973. Dans la même maison, deux veuves se font face. Entre elles se dressent les secrets d’une famille dont la rudesse et la tendresse épousent celles des arbres qui les encerclent.

Avec cette fresque en clair-obscur d’une famille suédoise isolée de tout, Lina Nordquist entraîne les lecteurs au cœur de la forêt, mêlant suspense et magnifiques descriptions de la nature pour un roman qui touche droit au cœur.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service presse de la part de la maison d’édition que je remercie à nouveau ! J’étais intriguée par Celui qui a vu la forêt grandir pour plusieurs raisons : je n’ai pas lu beaucoup d’auteurs suédois, voire d’auteurs scandinaves ; ce roman est présenté comme le meilleur de l’année 2022 en Suède ; à la lecture du résumé, j’ai tout de suite été intéressée par la double temporalité et le fait de suivre trois femmes à deux époques différentes. Il était aussi fait mention de « magnifiques descriptions de la nature« , ce qui a achevé de me convaincre.

Effectivement, les passages concernant la forêt étaient sublimes et, ce, dès l’incipit qui m’a immédiatement happée. L’atmosphère est déjà posée, l’écriture est déjà très belle : j’ai eu des frissons et j’ai aimé cette façon un peu particulière d’écrire SPOILER 1 On sent les personnages, et ce, notamment dans les chapitres centrés sur Unni, en réelle communion, voire en symbiose, avec la nature. C’est nécessaire pour leur survie – un aspect que je traiterai un peu plus bas – ; cela rend la nature proprement vivante, comme consciente. Les arbres respirent, soupirent, asssistent aux scènes décrites et ont une opinion sur ce qui se déroule. Je crois n’avoir jamais lu un roman dans lequel la nature était à ce point personnifiée sans, pour autant, virer vers le fantastique ou la Fantasy. C’était beau à lire, tout en simplicité, à la fois cosy et terrible. La beauté se trouve même au sein du cycle des saisons, et ce, malgré les difficultés que rencontrent les personnages, le froid intense de l’hiver ou la sécheresse de l’été. L’amour pour la nature – et pour la vie – est absolu, elle n’est jamais maudite malgré tout ce qui arrive. L’idée émerge également que, lorsque la nature donne, il faut tout prendre, ne rien laisser, ne rien renier ; prendre et être heureux d’être en vie.

Cela mène donc à l’idée de la survie, notamment à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle avec Unni. Il est terrible de lire la faim des personnages, terrifiant même : il est clair qu’ils peuvent mourir à tout instant, qu’ils se vident peu à peu de leurs forces, de leur énergie et qu’ils sont en danger de mort. Cela donne des passages difficiles à lire, aussi bien parce que les enfants souffrent de la pauvreté extrême de leurs parents, mais aussi parce que ces derniers se trouvent clairement dans une impasse. Ces moments sont vivaces, le lecteur les vit avec les personnages et se trouve à leur table, impuissant.

C’est d’autant plus difficile à lire que la famille, dans ce roman, est importante, essentielle même : elle est le centre du livre et de la vie des personnages, leur fil rouge. Dès le départ d’Unni de Norvège, le but est de rejoindre un pays où la jeune femme, avec son compagnon Armod, pourra vivre en paix, libre, et construire, peu à peu, une famille, faire en sorte d’obtenir, pour son fils, Roar, et ses enfants à venir, une vie meilleure. Elle régit tout : c’est la raison pour laquelle les personnages se battent et veulent survivre. C’est aussi ce avec quoi Kåra, l’autre héroïne du roman, a un problème – mais je reviendrai là-dessus en partie spoiler.

En effet, comme mentionné précédemment, le lecteur va ici suivre trois femmes, dont deux sont narratrices : Unni à partir de 1897 ; Kåra à partir de 1973, face à Bricken – sachant que son récit est couturé de flashbacks qui nous permettent de comprendre la sitauton dans laquelle se trouvent les deux veuves. J’ai trouvé ces héroïnes – Unni et Kåra – à l’opposé l’une de l’autre, même si Kåra, qui écoute l’histoire d’Unni racontée par Roar et Bricken, va s’identifier à elle. Elles n’ont, pour moi, rien à voir. Unni est une femme forte et libre, qui veut vivre, qui fera tout pour survivre, déterminée, même dans les moments les plus sombres, à porter ses enfants jusqu’au bout. Kåra, elle, est un peu perdue ; elle aussi veut vivre, mais elle se trompe de voie et finit dans une impasse dont elle ne parvient pas à s’extirper. Elle est, pour moi, comme Unni aurait pu être si elle avait fini à Tronka. La liberté de l’une fait miroir à l’enfermement de l’autre. SPOILER 2 Si Unni se sent bien dans la forêt, dans sa maison, malgré tout ce qui lui arrive, c’est parce qu’elle est avec sa famille, son fil rouge ; ce n’est pas du tout ce à quoi aspire Kåra qui n’est visiblement pas faite pour cette vie et cette famille. Unni représente, pour moi, la protection constante de ses enfants et un amour profond pour Armod, son mari ; Kåra, pas du tout. SPOILER 3 Point commun tout de même entre ces deux femmes : elles s’adressent toutes deux au même homme, Roar, le fils d’Unni et le beau-père de Kåra. Il est, lui aussi, le fil conducteur du roman et le lecteur, grâce à elle, va profondément s’attacher à lui SPOILER 4. Les enfants d’Unni sont également, globalement, tous très attachants : nous les voyons naître et souffrir, ce qui donne des passages particulièrement pénibles à lire. SPOILER 5 En revanche, j’ai trouvé Kåra assez peu sympathique. Certes, elle souffre clairement d’une maladie mentale SPOILER 6 et elle éprouve des difficultés à se conformer à ce que l’on attend d’elle. On brandit la menace de l’asile pour la contenir, ce qui ne fait que la ronger de l’intérieur. Mais elle ne semble jamais vraiment tenter d’entrer dans la famille. Dag m’a semblé un personnage poisseux, impossible à apprécier ; mais Bricken tente, à plusieurs reprises, de l’apprivoiser sans succès. SPOILER 7 

Vient enfin la partie avec laquelle j’ai eu beaucoup de mal – mais c’était évident – : la violence extrême de ce roman et son côté glauque. En effet, alors qu’elle n’était que suggérée au début du roman avec les avortements réalisés par Unni et la menace de Tronka, la violence surgit avec fracas dans l’histoire et comme c’était affreux … Elle est à la fois sociale, sexiste et sexuelle et, encore une fois, si elle n’est que mentionnée au début, elle devient plus « voyante » à un moment du roman. L’autrice ne nous donne, en réalité, pas de précisions ou de détails, mais les mots choisis et les passages sont suffisamment acérés pour heurter le lecteur. Ils surviennent également à un moment du récit où il s’est déjà profondément attaché aux personnages, ce qui rend la lecture d’autant plus douloureuse pour lui. SPOILER 8 La pauvreté des personnages les pousse également à commettre des actes qu’ils regrettent SPOILER 9 Cela participe de la tristesse pesante que l’on peut ressentir pendant la lecture.

Enfin, la fin. Elle est étonnamment surprenante : je ne m’attendais pas du tout à ça ! On y découvre la raison du départ d’Unni. SPOILER 10

Dernière remarque avant de clore : je salue le travail de la traductrice, Marina Heide, qui a fait un boulot remarquable. On ne sent qu’extrêmement rarement le passage entre les deux langues, peut-être seulement aux endroits où le français ne peut pas tout à fait rendre la poésie et la finesse des descriptions de la nature en suédois. 

 

Donc, un excellent roman, difficile à lire par la violence qu’il dépeint, mais également très beau et touchant par l’importance de la nature et de la famille dans la vie des personnages. Je suis heureuse d’avoir eu l’opportunité de pouvoir le découvrir !

 

SPOILER 1 que l’on retrouve, par la suite, chez Kåra. Je n’ai pas tout de suite compris qu’elle était, en réalité, responsable de la mort du personnage, mais cela devient très clair à la fin du roman, puisqu’on la voit agir. C’est assez étrange, d’ailleurs, que j’aie été aussi touchée par l’écriture au début, puisque ce sont les chapitres centrés sur Unni et, globalement, sa « timeline » que j’ai préféré, plutôt que celle de Kåra qui m’a nettement moins plu – sans doute parce qu’en fin de compte, j’ai eu beaucoup de mal avec ce personnage.

SPOILER 2 Elles se rejoignent seulement dans leur détermination à survivre, même si j’ai trouvé les moyens de Kåra et ce qu’elle fait douteux. Unni n’aurait jamais fait de mal à sa famille ; Kåra va jusqu’à causer la mort de son mari et risquer la vie de son fils.

SPOILER 3 Comme écrit dans le spoiler 2, Kåra cause la mort de son mari, met en danger Bo, mais causera aussi la mort de Roar et celle de Bricken, à laquelle le lecteur n’assiste pas mais qui est méticuleusement préparée par Kåra. Elle a, entre temps, également tué le chat – ou l’a tellement amoché que Roar est dans l’obligation de l’achever. A l’inverse, Unni, elle, souffre de devoir mettre à mort la corneille qu’elle avait fini par considérer comme son ami, regrette de devoir tuer des oiseaux pour nourrir ses enfants, respecte la vie au point de remercier la forêt de lui offrir ses bienfaits.

SPOILER 4 d’où, également, l’impossibilité de pardonner à Kåra. Certes, Roar lui avait demandé son aide, mais elle aurait pu faire autrement, plus paisiblement. J’ai eu l’impression qu’elle salissait tout parce qu’elle ne savait pas comment toucher les gens et les choses, comment aimer et vivre.

SPOILER 5 Le lecteur peut-il jamais se remettre de l’abandon de Brita Elise et de la mort de Tone Amalie ? C’est tellement dur que c’est trop : je n’ai pas réussi à pleurer, juste à ressentir une profonde pitié et une grande tristesse pour ces personnages perdus.

SPOILER 6 – la dépression, probablement, parce qu’elle est forcée d’entrer dans un moule qui ne lui convient pas du tout et qu’elle a conscience de passer complètement à côté de sa vie –

SPOILER 7 Kåra se rend compte, à la fin du roman, des efforts de Bricken et qu’elle aurait pu s’en faire une alliée, qu’elle n’était pas telle qu’elle se l’imaginait – peut-être souffre-t-elle aussi d’un délire de persécution ? de paranoïa ? Elle fait fausse route depuis le début en s’imaginant l’idylle de Roar et Bricken, en voyant leur bonheur qu’elle imagine conjugal, ce qui la fait paraître, en fin de compte, pathétique. Elle s’est inventée une histoire qui n’est que feu de paille et qui s’embrase dans une révélation terrible à la fin du roman.

SPOILER 8 Les violences sociales et sexuelles sont liées dans le fait que c’est le paysan propriétaire de la maison où loge Unni qui va décider, en guise de remboursement de sa dette après la mort d’Armod, de la violer régulièrement pendant des années. La nausée n’est pas loin lors de ces scènes. En effet, tout est glauque : le passage en lui-même ; l’arrivée du paysan et sa description à la fois sonore, olfactive, visuelle ; la perte de l’éclat de vie chez Unni mais aussi chez ses enfants qui perdent le sourire ; la violence du paysan sur les enfants, que ce soit lorsqu’il repousse trop violemment Brita Elise ou quand il bat Roar ; la mort de Tone Amalie pendant cette période ; l’absence de compassion, de sympathie, d’humanité de cet homme qui insulte, rabaisse, frappe et souille. Si ces passages n’étaient pas arrivés aussi tard, j’aurais peut-être abandonné le roman en cours de route tant ils sont sales.

SPOILER 9 comme le vol du garde-manger d’une famille riche ou le meurtre d’animaux « amis » pour Unni.

SPOILER 10 Quel coup sur la tête d’apprendre que Bricken est, en réalité, Brita Elise retrouvée ! Et donc que Roar a épousé sa petite sœur perdue ! Le soulagement est teinté d’horreur face à cette situation invraisemblable. C’est aussi très touchant, par la suite, de comprendre leur véritable relation, biaisée par le point de vue de Kåra : le frère et la sœur se sont rendu compte de leur parenté et ont fini par vivre fraternellement tout en éprouvant un amour véritable l’un pour l’autre, amour que mésinterprète Kåra. Suit ensuite la vérité sur la mort de Roar, puis celle à venir de Bricken. Cela permet à Kåra de se rendre compte qu’elle peut, elle aussi, partir, comme Unni – dernière ressemblance avec la mère des hommes qu’elle tue ! – et décider, enfin, de vivre sa vie comme elle l’entend. Cette libération vient après de longues années à souffrir et à faire souffrir autour d’elle. Le pire est sans doute qu’elle a conscience de ce qu’elle fait, puisqu’elle pense qu’elle « vole » Roar à Bricken et qu’elle trouve l’homme qu’il lui faut dans le père de celui qu’elle a épousé. Elle aimerait faire du mal à Bricken et tout lui dire ; seule sa retenue lui permet de garder son honneur en fin de compte, puisqu’elle ne dira rien à la veuve qui va s’éteindre à son tour. 

Mes nuits avec Emma B. de Rafaela Da Fonseca

Posté : 14 avril, 2023 @ 7:38 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine, HistoriqueMes Nuits avec Emma B.

Editeur : Les Presses Littéraires

Année de sortie : 2022

Nombre de pages : 127

Synopsis : Mars 2020, premier confinement : Leonor relit ses classiques et s’assoupit au milieu de Madame Bovary. Elle se réveille en 1843, sur la place de Yonville-l’Abbaye où sa cousine Emma est venue l’accueillir. Voici Leonor convertie malgré elle en voyageuse littéraire et temporelle, mais elle ne se fait pas longtemps prier pour intégrer la team « Emma B. ».
De Charles à Homais, en passant par Belle-Maman, Rodolphe et Binet, elle fait la connaissance de tous ceux que la Bovary aurait mieux fait de laisser patienter un peu plus longtemps sur le banc de touche.
Vous aussi, rejoignez l’odyssée ! Laissez Leonor vous raconter sa rencontre abracadabrante – mais aussi miraculeuse – avec son personnage romanesque préféré, dans un choc des cultures qui lui rappelle le Portugal de son enfance et lui fait redécouvrir une héroïne plus attachante que jamais.

 

Avis : Ce livre m’a été offert par ma sœur et a été écrit par ma professeure de français de Seconde : j’avais donc vraiment hâte de le lire !

Le roman débute pendant la période du premier confinement, en mars 2020, un moment qui a été difficile pour beaucoup et qui pousse donc notre héroïne, Leonor, à se plonger, littéralement, dans la littérature et, notamment, dans Madame Bovary. Grand classique de la littérature française, c’est un roman dans lequel l’auteur, très ironique, nous raconte la vie d’une femme insatisfaite qui court après des illusions. Par une manœuvre à la fois fantasque et étrangement très rafraîchissanteMes nuits avec Emma B. passe du XXIe siècle où chacun est enfermé chez soi à ruminer au XIXe siècle, à la fois romancé et vraisemblable, auprès d’une Emma fictive rendue réelle. En effet, jamais Emma n’a été aussi attachante que dans ce roman. Ici, elle prend vie alors même que le lecteur prend pitié d’elle, davantage encore que dans le roman de Flaubert. Elle devient une femme que l’on sait en sursis, que personne ne peut sauver. Cela teinte légèrement d’amertume la relation que Leonor va nouer avec elle ; quoi qu’elle fasse ou qu’elle lui dise, elle sait Emma perdue. Le lecteur retrouve également d’autres personnages du roman d’origine, comme Homais ou Rodolphe, plus détestables encore, ou Charles, d’autant plus digne de pitié que la narratrice constate, de visu, sa médiocrité et son « inadéquation » à ce qu’attendait Emma.

Ainsi donc, Leonor, femme du XXIe siècle, se retrouve au XIXe. Cela donne des situations à la fois drôles et déroutantes. En effet, ce n’est pas, ici, le XIXe rêvé, ce n’est plus une époque historique idéalisée, mais la réalité brute où le confort auquel nous sommes habitués a disparu. Adieu douche, toilettes et transports rapides et efficaces, bienvenue parfum, baquet d’eau, chaise percée et long voyage pénible et éreintant ! Evidemment, d’autres côtés plus agréables de l’époque émergent, comme l’appréciation du temps qui passe et de la contemplation, l’absence de connexion constante, l’échange de lettres, la nécessité de parler aux personnes qui se trouvent autour de soi, de créer des liens, et donc la relation naissante de Leonor et Emma. J’ai trouvé cette amitié à la fois touchante et décalée. SPOILER 1 J’ai également trouvé palpable la nostalgie de la narratrice pour son époque – une sorte de mal du pays doublé d’un mal du siècle – mais aussi pour son passé, puisqu’elle évoque des souvenirs qui remontent au fil de son séjour chez Emma, souvenirs souvent liés au Portugal, un pays que je ne connais pas du tout.

Un élément m’a surprise : les remarques ou façons de parler vulgaires qui peuvent émerger parfois. Cela aurait pu me gêner, mais ça n’a, étrangement, pas été le cas ici. La première fois que c’est arrivé, j’ai éclaté de rire tant je ne m’y attendais pas. C’est probablement parce que, le reste du temps, le livre est bien écrit – l’autrice manie la langue française avec dextérité. Le roman est aussi parcouru de régionalismes bienvenus – étant donné qu’ils viennent de ma région ! – ou de mots en portugais, étant donné les origines de la narratrice et de l’autrice. Cela donne un mélange qui fonctionne bien, une sorte de melting pot d’influences qui se marient au lieu de se combattre.

J’ai trouvé la fin plutôt belle, même si j’aurais aimé SPOILER 2 C’est donc une fin plutôt ouverte, autant le savoir !

 

Donc, un bon roman, léger et drôle, que j’ai apprécié, qui a rendu Emma plus touchante que jamais et qui donne envie de rencontrer nos héros fictifs !

 

SPOILER 1 Je me demandais si Leonor oserait avouer à Emma qu’elle ne fait pas partie de ce siècle et que la jeune femme est une créature de fiction. J’ai aimé l’idée d’une Madame Bovary fascinée par le XXIe siècle et presque en adéquation avec lui. Cela m’a donné envie de la voir évoluer de nos jours : que serait-elle devenue alors ? Le roman aurait-il mieux fini ? Aurait-elle trouvé satisfaction ou se serait-elle perdue encore plus vite ? Il faut dire que notre époque n’est pas aussi élégante que le siècle d’Emma : cela l’aurait-il sauvée ?

SPOILER 2 savoir si Leonor retourne vraiment dans son époque ! En effet, il est un peu troublant qu’à la fin de l’œuvre, l’héroïne reste suspendue entre deux époques. C’est au lecteur de choisir de l’imaginer revenue au XXIe siècle, puisque que l’autrice évoque ce retour à travers sa narratrice.

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