Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Ni vues ni connues : Panthéon, Histoire, mémoire : où sont les femmes ? du collectif Georgette Sand

Posté : 4 septembre, 2019 @ 11:31 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Historique, BiographieNi vues ni connues

Editeur : Pocket

Année de sortie : 2019 [2017]

Nombre de pages : 334

Synopsis : Connaissez-vous Christine de Pizan, Berty Albrecht ou Rosa Parks ? Saviez-vous que c’est une femme qui, avant Galilée, a affirmé l’existence du système solaire, une autre qui, avant Kandinsky, a inventé l’art abstrait, une troisième qui a théorisé les pulsions de mort avant Freud … ?

En balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, le collectif Georgette Sand donne à voir et à (re)connaître soixante-quinze femmes – aventurières, militantes, artistes, scientifiques … – qui ont marqué l’histoire sans qu’on le sache ou qu’on s’en souvienne.

Grâce à ces portraits, l’invisibilité n’est plus une fatalité et peut même être désamorcée très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.

 

Avis : J’ai entendu parler de ce livre très récemment ; dès que je l’ai vu en librairie, je l’ai pris !

Ni vues ni connues est tout à fait le genre de livres que je recherche et que j’adore ! Un peu comme Culottées de Pénélope Bagieu, c’est un recueil de biographies de femmes oubliées par l’Histoire. Ici, les articles sont réparties selon des catégories comme « Les intellectuelles », ou « Les artistes ». Il est facile de retrouver rapidement une femme, en particulier grâce au sommaire, à la fin, mais aussi grâce au petit résumé avant que commence la catégorie. Chaque biographie est accompagnée d’une photographie, d’un tableau, ou d’une illustration de la femme en question, ce qui permet de voir à quoi elle ressemblait, de mettre un visage sur un nom. Chaque article est court (toujours trois pages), raconte brièvement la vie de la femme concernée, et le lecteur dispose d’un petit « Elle vous inspire ; découvrez aussi » avec d’autres femmes rapprochées de celle qui est présentée.

J’ai appris énormément de choses, et j’ai très, très envie d’un deuxième tome sur les femmes qui se trouvent justement dans le petit encart dont je parle juste au-dessus, le « découvrez aussi ». Je connaissais déjà certaines femmes, comme Sappho, Christine de Pizan, ou Hatchepsout, mais j’en ai découvert beaucoup d’autres, comme Rosetta Tharpe, Violette Morris ou Alexandra David-Néel. Le livre est très bien documenté et les autrices fournissent une bibliographie riche qui a encore enrichi ma wish-list !!

Parfois, je dois l’avouer, le lecteur peut être ébahi : toutes ces femmes oubliées, mais comment est-ce possible ? Toutes ces femmes avilies, volées, effacées … Il est grand temps qu’on se souvienne d’elles, qu’elles soient placées au même niveau que leurs homologues masculins, et que les filles et les femmes comprennent qu’elles ont derrière elles, pour les soutenir, de nombreuses femmes extraordinaires. J’ai aussi aimé la partie qui reconnaît la violence des femmes : elles ne sont pas uniquement douces, fragiles, ou tournées vers le bien. J’ai aimé que le livre nous montre comment les femmes sont considérées, de manière très paradoxale : elles sont trop fragiles pour gouverner, ou ce sont des sorcières, des femmes tyranniques, de mauvaises reines. J’ai aimé que, dans ce livre, on trouve aussi bien Berty Albrecht qu’Irma Grese ; les femmes sont des héroïnes, mais ce sont aussi des tortionnaires, exactement comme les hommes. Cela permet de mettre fin au mythe de la femme maternelle, incapable de faire le mal ; mais aussi au mythe de la femme incapable de prendre les choses en main, incapable de régner, de gouverner, de diriger.

Le livre s’achève avec une postface de Pénélope Bagieu sur le métier rêvé des petites filles : il faut plus de livres comme Culottées, comme Ni vues ni connues, comme Le Mythe de la virilité !

 

Donc, un excellent livre, que je recommande !! 

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Posté : 8 août, 2019 @ 4:22 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Historique Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Editeur : Nil

Année de sortie : 2009 [2008]

Nombre de pages : 395

Titre en VO : The Guernesey Literary and Potato Peel Pie Society

Synopsis : « Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal … »

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand ; le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey …

Fantasque, drôle, tendre et incroyablement attachant …

Bienvenue dans Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates !

 

Avis : J’ai ce livre dans ma PAL depuis avril 2013 … SHAAAAAAME

Et, en même temps, je me dis que j’ai bien fait de garder ce livre pour ce moment précis : j’avais envie d’une lecture à la fois légère et signifiante, et peu de livres peuvent offrir ces deux aspects en même temps. C’est le cas du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates : on a le côté léger avec la romance, et les déboires de cette chère Juliet, mais aussi le côté plus lourd avec la description de l’occupation de l’île de Guernesey par les Nazis pendant la guerre. S’ajoute à cela le fait que ce livre est un roman épistolaire, et il avait tout ce qu’il faut pour me plaire !

Je remarque que, de plus en plus, j’aime les romances que je lis, ce qui me semble très bizarre, étant donné que ce n’est vraiment pas mon style ; peut-être est-ce simplement qu’elles sont mieux écrites ? ou qu’elles ne sont pas gangrenées par des tropes qui me dérangent ? Ici, pas d’instalove, et une sorte de triangle amoureux qui n’en est pas vraiment un pour moi [SPOILER] puisqu’il n’y a pas de mystère : Mark est un des seuls personnages détestables de ce livre, il ne peut pas finir avec Juliet évidemment ! En revanche, étrangement, j’étais, comme Isola, persuadée que Juliet allait finir avec Sidney ! [FIN DU SPOILER]

Si l’on regarde bien, dans ce livre, j’ai tout aimé – excepté la scène du cochon ! [SPOILER] Savoir que le doux Dawsey se charge de l’exécution de cochons qui lui font visiblement confiance ne m’a pas fait haïr le personnage, que j’adore toujours autant, mais, je ne sais pas… c’était assez « gênant » comme scène pour moi. [FIN DU SPOILER] J’ai adoré les personnages ! Juliet est l’archétype de la jeune femme indépendante des années 40 qui gagne sa vie sans avoir besoin d’un homme ; pour autant, elle aimerait trouver l’amour, ce dont elle discute avec son amie Sophie ! Elle est écrivaine et journaliste, ce qui la rend également attachante ! Dawsey, lui, est le premier inconnu à lui envoyer une lettre : leur premier lien est la littérature, et particulièrement Charles Lamb – qui a rejoint ma wish-list ! Il est taciturne, mais adorable dans le moindre de ses gestes et de ses mots. Kit est elle aussi adorable ; elle donne envie de la serrer très fort, une fois qu’on a gagné sa confiance, bien sûr ! Sidney était mon personnage préféré au début du roman : j’aime beaucoup ses lettres, son humour, qui correspond à celui de Juliet, son côté protecteur ! Enfin, Isola, comme les autres, est adorable ! Elle est un peu folle, hilarante, et possède un cœur énorme qui lui permet d’accueillir des inconnus chez elle pour ceux qu’elle aime. La connexion entre ces personnages de Guernesey et de Londres : Elizabeth. [SPOILER] Quelle détresse quand Remy nous apprend ce qui lui est arrivé … J’aurais tellement aimé la rencontrer dans le livre, autrement que par les dires de ses proches ! [FIN DU SPOILER]

Autres éléments que j’ai adorés : le décor, qui m’a vraiment donné envie de partir découvrir l’île au plus vite ; l’époque, parce que j’ai l’impression qu’il est assez rare de lire des romans dont l’action se situe juste après la guerre, souvent, c’est plutôt pendant ! Ce livre est un condensé d’émotions : on pleure, on rit, c’est mignon, c’est intense !

 

Donc, un très bon roman aux personnages attachants, à la fois triste et beau !

 

Les Enfants du désastre, tome 2 : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître

Posté : 28 juin, 2019 @ 4:48 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique Couleurs de l'incendie

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2019 [2018]

Nombre de pages : 538

Synopsis : Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière. Mais elle a un fils, Paul, qui d’un geste inattendu et tragique va la placer sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe. Pierre Lemaitre signe ici le deuxième volet de la trilogie Les Enfants du désastre inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013. 

 

Avis : J’ai lu Au revoir là-haut en avril ; la même amie qui me l’avait prêté m’a proposé Couleurs de l’incendie : comment résister ?

Première remarque que je peux faire : Pierre Lemaitre s’y connaît en début choc ! Si le début du premier tome de sa série m’avait laissé sans voix, ce fut aussi le cas du premier chapitre de ce roman, encore plus choquant ! Tant de cruauté et de détresse en dix pages : impressionnant ! Puis, viennent l’hypocrisie et la lâcheté. Et vient le dégoût du lecteur pour certains personnages qu’il vient juste de rencontrer. On peut donc dire que M. Lemaitre a le sens des grands incipit !

Je vais commencer par la seule chose qui m’a gênée dans ce roman, comme dans Au revoir là-haut : la représentation des femmes et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Tous les personnages féminins sont jugés par les personnages masculins par rapport à leur sexualité et à leur corps. C’est épuisant. Soit ils se disent qu’elles ont un beau cul, qu’ils se la feraient bien ; soit qu’elle a une vie sexuelle dissolue, ce qui en fait une salope. Génial. On adore. Elles sont donc constamment ramenées à leur corps et à ce qu’elles en font. [SPOILER] C’est la raison pour laquelle ils sont toujours trompés par les personnages féminins ce qui, en revanche, est jouissif. Ils les pensent stupides, incapables de penser et de réfléchir, et finissent ruinés par leur bêtise. [FIN DU SPOILER] Il n’y a, pour moi, qu’un seul personnage masculin positif – si on excepte Paul – ; je me suis vite attachée à lui, il était assez touchant d’une certaine façon et, [SPOILER] alors même que je ne suis pas une grande fan de romance, j’avais terriblement envie que Madeleine et lui finissent ensemble, qu’ils tombent amoureux ! Peut-être que c’est le cas à la fin, puisqu’ils sont ensemble dans le dernier paragraphe ; c’est au lecteur de décider ce qu’il en pense. Je vais donc rêver qu’ils sont ensemble ! [FIN DU SPOILER] Une autre petite chose qui m’a peut-être gênée : il y a pas mal de scènes sexuelles ou de références au sexe, et je trouvais que ça devenait lourd à force.

Concernant l’histoire, je ne peux pas trop vous en dire, parce que le synopsis est très bon et ne laisse pas deviner grand-chose ! Sachez simplement que c’est à la fois frustrant et jouissif. Frustrant pour la première partie du roman : [SPOILER] assister à la chute de Madeleine était pénible, vraiment, parce que je l’aimais déjà beaucoup dans Au revoir là-haut. Et voir ses adversaires masculins s’enrichir et réussir m’a donné envie de vomir. [FIN DU SPOILER] Jouissif grâce à [SPOILER] la grande vengeance qui se met en place dans la seconde partie du roman ! Honnêtement, j’avais terriblement envie qu’ils paient TOUS pour ce qu’ils ont fait, mais surtout Delcourt. J’avais envie qu’il meure pendant le bouquin, et j’étais frustrée de voir que Madeleine ne trouvait rien contre lui ! [FIN DU SPOILER]

Concernant les personnages : comme je l’ai dit, Madeleine Péricourt est déjà présente dans Au revoir là-haut, et je l’appréciais déjà à ce moment-là. Je l’ai adoré ici, de plus en plus, au fil du livre. C’est une femme forte [SPOILER] qui décide de se venger des hommes qui l’ont trompée. [FIN DU SPOILER] Existe-t-il quoi que ce soit chez elle que je puisse ne pas aimer ? Oui, une seule chose : elle incarne la femme qui ne peut et ne veut pas faire confiance à d’autres femmes, et le livre ne lui donne pas tort. C’est assez triste : j’aimerais lire un jour un roman de ce type dans lequel je puisse trouver une relation saine entre deux femmes. Paul est un personnage que j’aime beaucoup, et qui m’a beaucoup touchée [SPOILER] le passage dans lequel il raconte à sa mère ce que lui a fait Delcourt … j’avais envie de le tuer pour ça !! Mais quelle haine j’ai ressentie ! [FIN DU SPOILER] Je ne peux pas trop en dire sur lui sans vous spoiler tout le bouquin malheureusement ! [SPOILER] C’est un petit garçon très fort, résilient. J’avais envie de lui faire des câlins tout le long du livre ! Son amour de la musique est un plaisir à lire, et sa relation avec Solange Gallinato m’est précieuse. J’ai adoré le fait qu’il réussisse à monter son entreprise, et la fin de son histoire ! [FIN DU SPOILER] Les autres personnages, secondaires, sont presque tous des raclures : je les ai pratiquement tous détestés [SPOILER] en tout cas, c’est le cas des personnages masculins, tous, à l’exception de Dupré, obnubilés par le sexe et violents. J’ai aussi fini par détester Léonce, que j’avais aimé dans la première partie du roman, lorsque le lecteur apprend qu’elle a trahi Madeleine. Elle ne fait pas que trahir son employeur, elle trahit aussi son amie après l’avoir séduite. [FIN DU SPOILER] J’ai adoré Vladi : cette fille est un délice à suivre, même si je n’ai rien compris de ce qu’elle disait ! [SPOILER] Autre personnage que j’ai fini par adorer : Solange Gallinato. Elle m’agaçait un peu au début, sans doute parce qu’elle agaçait Madeleine ; mais j’ai fini par me ranger plutôt à l’avis de Paul. Le dernier acte de Solange est d’un courage exemplaire, et ses blessures cachées m’ont fait mal au coeur. [FIN DU SPOILER]

J’aime toujours autant l’écriture, même si j’ai moins vu de discours indirect libre comparé au premier tome de la série. J’ai aimé l’importance que prend la musique ici, cela m’a donné envie d’écouter les airs mentionnés pendant la lecture. J’ai adoré que le contexte politique soit utilisé dans le cadre de l’histoire, mais aussi la note de l’auteur qui explique qu’il s’est inspiré de faits réels. Enfin, je tiens à prévenir les personnes sensibles : certains sujets lourds sont abordés ici.

 

 

Donc, j’ai aimé ce livre, malgré ses défauts, et je lirai le troisième et dernier tome de cette trilogie avec plaisir quand il sortira !

 

Cicéron, tome 1 : Imperium de Robert Harris

Posté : 20 juin, 2019 @ 1:59 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Historique Imperium

Editeur : Plon/Le Grand livre du mois

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 364

Titre en VO : Cicero, book 1: Imperium 

Synopsis : Lorsque Tiron, le secrétaire particulier d’un sénateur romain, ouvre la porte à un étranger terrorisé, il déclenche une suite d’événements qui vont propulser son maître au sein d’une des plus célèbres et dramatiques affaires de l’Histoire.

L’étranger est un Sicilien victime de Verrès, gouverneur vicieux et corrompu. Le sénateur en question, c’est Cicéron, un jeune et brillant avocat déterminé à atteindre l’imperium – pouvoir suprême au sein de l’Etat.

A travers la voix captivante de Tiron, nous sommes plongés dans l’univers perfide et violent de la politique romaine, et nous suivons un homme – intelligent, sensible, mais aussi arrogant et roublard – dans sa lutte pour accéder au sommet.

C’est un monde qui ressemble étonnamment à celui d’aujourd’hui, toile de fond d’un véritable thriller politique autour de l’irrésistible ascension de Cicéron. « Tout ce qu’il avait, écrit Tiron de son maître, c’était sa voix, et par sa seule volonté, il en a fait la voix la plus célèbre du monde. »

 

Avis : Je pense que ce n’est pas un secret : j’adore l’Antiquité, qu’elle soit grecque, romaine ou autres, et je cherche souvent des livres qui traitent de cette période, ou des fictions dont l’action se situe à cette époque. Donc, quand mon amie m’a prêté Imperium, j’ai eu du mal à ne pas le commencer sur le champ !

Comme la plupart des gens qui ont étudié le latin, j’ai traduit certains textes de Cicéron, ses discours et ses lettres, ce qui ne l’a pas forcément rendu cher à mon cœur ! Le premier « exploit » de ce roman est donc de m’avoir fait aimer Cicéron. Sincèrement, je l’ai adoré en tant que personnage ; je l’ai soutenu du début à la fin – même si je connaissais déjà certains événements, le roman est resté captivant, et même haletant à certains moments ! – et je veux maintenant lire la suite, Conspirata ! J’ai envie d’en apprendre plus sur lui à travers ces romans, même si je connais déjà les grandes lignes de sa vie. J’ai envie de le suivre jusqu’à sa chute et sa mort ! – je ne me souviens pas comment il est mort d’ailleurs, donc je pourrais même avoir une surprise ! Ce que j’ai particulièrement adoré en suivant Cicéron, c’est que, même s’il n’est pas le narrateur, le lecteur peut apercevoir l’homme véritable derrière la figure historique, ses sentiments notamment. Il peut avoir l’impression de le connaître vraiment, un peu comme Hadrien dans Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar – excepté que, dans ce livre, Hadrien est le narrateur, contrairement à Cicéron.

Ce qui me mène à un autre élément que j’ai adoré : la façon dont le livre est écrit. La vie de Cicéron nous est racontée par son ancien esclave, Tiron, longtemps après la mort de son maître. Le lecteur peut clairement sentir le lien entre les deux hommes, l’amour même qu’ils partagent ; à travers ses yeux, le lecteur s’attache à l’homme politique et à sa famille ! L’auteur explique dans une note à la fin de l’ouvrage qu’il a eu l’idée de cette narration parce que Tiron a effectivement écrit une biographie de Cicéron, perdue aujourd’hui. Grâce à ce point de vue, l’émotion naît et, encore une fois, comme avec Hadrien, le lecteur se sent proche du personnage principal, et compatit avec lui. Attention, le spoiler qui suit concerne à la fois Imperium et Mémoires d’Hadrien ! [SPOILER] La mort de Lucius m’a fait penser à celle d’Antiochus : elle est très triste à lire, tout comme est triste à voir le chagrin des personnages. [FIN DU SPOILER]

Ce roman est un délice pour ceux qui aiment en découvrir plus sur les mœurs romaines – par exemple, l’importance de la famille – mais aussi, et surtout, sur la politique romaine. Cicéron veut grimper l’échelle sociale, ce qui équivaut à dire qu’il veut grimper l’échelle politique. Nous suivons donc ses campagnes, mais aussi son travail d’avocat ; des extraits de ses discours sont insérés dans le roman – j’avoue que je ne suis pas allée vérifier s’ils sont exacts au mot près ! – et cela nous permet d’imaginer ce que cela devait donner d’assister à une de ses plaidoiries ! Comme je n’aurais pas aimé être son ennemi au tribunal !! Au début d’Imperium, Tiron décrit Cicéron comme une voix, la voix la plus célèbre du monde, et c’était formidable de l’entendre à nouveau, de la voir s’animer dans ces pages, à travers les mots de Tiron. Qui dit politique dit corruption, et l’on trouve pas mal d’exemples dans ce roman ! Cicéron n’est pas immunisé contre cela bien sûr – autre point positif : Cicéron n’est pas idéalisé ici ! – mais, la plupart du temps, il se bat contre elle. Il n’a, en fait, pas tellement le choix ; Cicéron est un homme nouveau (homo novus), ce qui signifie que sa famille n’est pas connue politiquement, et donc socialement. Il doit donc se faire connaître, et il choisit de le faire contre l’aristocratie en place, en grande partie corrompue. J’ai adoré voir d’autres grands personnages historiques, comme Pompée, César ou Crassus ; d’autres sont connus grâce à Cicéron et ses célèbres affaires. C’est le cas de Verrès ou de Catilina [SPOILER] mais la plus grosse partie reste encore à venir ! [FIN DU SPOILER] En gros, ce livre était un régal pour moi !

Enfin, j’ai adoré le style ! Je le fais rarement, mais j’ai lu ce livre en français, et je dois admettre que je n’ai pas du tout senti la traduction ! C’était fluide, et j’ai noté quelques citations marquantes. C’était beau, et cela m’a donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteur plus vite que prévu ! J’ai tout de même envie de relire Imperium en VO !

La seule chose qui m’a agacée – en plus de l’esclavage, mais, c’est ainsi qu’était la société romaine – c’est la misogynie inhérente à cette même société ! Comme par exemple dans ce passage dans lequel Tiron dit que le système d’écriture qu’il a inventé pour retranscrire rapidement les paroles de Cicéron est si simple que même (on notera le « même ») une femme peut l’apprendre. Haha. Pour autant, malgré cette société misogyne, l’auteur nous présente un très bon personnage féminin, Terentia. C’est une femme forte, son mari l’écoute – il doit le faire, étant donné qu’elle tient les cordons de la bourse, et qu’il a besoin d’argent pour entrer en politique ! – et elle semble d’excellent conseil ! J’ai fini par m’attacher à elle ; ce n’était pas gagné vu la première impression laissée par Tiron lorsqu’il parle d’elle ! 

 

Donc, une belle découverte : je suis contente d’avoir trouvé un nouveau livre dont l’action se situe dans la Rome ancienne, de nouveaux personnages historiques et fictionnels à aimer, et un nouvel auteur dont je peux dévorer les autres livres ! Je ne m’attendais pas à ce que ce livre me plaise autant, j’ai passé un super moment !!  

Belgravia de Julian Fellowes

Posté : 17 juin, 2019 @ 11:40 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique Belgravia

Editeur : Weidenfeld & Nicolson

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 411

Titre en français : Belgravia

Synopsis : On the evening of 15 June 1815, the great and the good of British Society have gathered in Brussels at what is to become one of the most tragic parties in history – the Duchess of Richmond’s ball. For this is the eve of the Battle of Waterloo, and many of the handsome young men attending the ball will find themselves, the very next day, on the battlefield.

For Sophia Trenchard, the young and beautiful daughter of Wellington’s chief supplier, this night will change everything. But it is only Twenty-five years later, when the upwardly mobile Trenchards move into the fashionable new area of Belgravia, that the true repercussions of that moment will be felt. For in this new world, where the aristocracy rub shoulders with the emerging nouveau riche, there are those who would prefer the secrets of the past to remain buried… 

 

Avis : J’ai embarqué ce livre avec moi pour Paris, pendant les oraux, parce que je ne pouvais pas regarder Downton Abbey là-bas ; je me suis dit que ça compenserait le manque !

Eh bien, je me suis trompée ! Belgravia n’est pas à la hauteur de Downton – mais, en même temps, existe-t-il quelque chose qui le soit ? Pour autant, j’aurais pu aimer ce livre ; mais il m’a déplu, que ce soit au niveau du style ou au niveau de « l’action » – difficile d’employer ce terme pour une fiction historique mais enfin !

Commençons tout de même par ce que j’ai aimé ! La fin était satisfaite pour moi, je l’ai appréciée. Certains des personnages sont très attachants, j’en ai vraiment aimé quelques-uns comme Anne Trenchard ou Charles Pope [SPOILER] même si ce dernier devient peu à peu le garçon beaucoup trop parfait pour être réel ! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi aimé que ce ne soit pas tellement manichéen : les « méchants » ne font pas ce qu’ils font sans raison, et les « gentils » ne sont pas exempts de défauts – ou si ? C’est vrai que certains semblent parfaits, idéalisés, et ce peut être agaçant à partir d’un moment. Pour autant, il existe aussi des personnages plus « gris », comme Susan Trenchard, que j’ai aimé voir évoluer, progresser, réussir ?

Passons maintenant à ce que je n’ai pas aimé ! Tout d’abord, le style de l’auteur : il nous dit beaucoup trop de choses au lieu de laisser au lecteur le plaisir de deviner, d’interpréter, de relier lui-même A et B. C’était parfois assez frustrant, et cela mène à un autre bémol : ma frustration ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure de la lecture parce que j’ai eu l’impression que rien ne se passait, que l’action n’avançait pas du tout ! Les personnages et l’histoire stagnent pendant si longtemps, ça m’a presque rendu folle ! Je déteste quand cela arrive, et je n’avais pas besoin de ce genre de « faux » rythme à ce moment-là ! Un autre problème lié à cette stagnation : les nombreuses répétitions. J’avais vraiment l’impression que l’histoire se répétait, que les personnages répétaient les mêmes choses, que la narration répétait les mêmes choses ! A partir d’un moment, je pense que le lecteur a compris qu’Oliver est jaloux, que John est arrogant, que la Comtesse joue avec Anne, et que James est rendu ridicule par son ambition. Pour la défense de ce livre, il a été publié en sorte de feuilleton, ce qui veut dire qu’il fallait éventuellement rappeler certains éléments au lecteur au fil des chapitres ; mais, dans ce cas, quand on publie le livre, on corrige et on édite éventuellement, pour ne pas avoir la même phrase d’un chapitre à l’autre ? Cela donne un livre qui semble très long, pour un résultat qui ne m’a pas satisfaite parce que c’était, en fin de compte, très prévisible. J’avais deviné les twists longtemps avant le dernier chapitre, ce qui m’a désolée, parce que j’avais envie de suspense et que j’adore être surprise par mes lectures. C’est là que je suis très contradictoire : j’ai aimé la fin, mais je savais que cela ne pouvait pas finir autrement, ce qui me déçoit. Pauvres livres, je deviens de plus en plus difficile à satisfaire ! Enfin, dernière petite remarque : j’étais persuadée, je ne sais pas pourquoi, que le bal allait être au centre du roman, et ce n’est pas du tout le cas ! Il ne concerne que le premier chapitre, puis on se trouve vingt-cinq ans plus tard ; donc, j’étais un peu déçue, je pensais qu’il prendrait plus de place, que l’auteur allait peu à peu construire le sentiment d’attente, d’anticipation, d’excitation, pour arriver au bal, puis partir vingt-cinq ans après et développer ses conséquences ! 

 

Donc, assez déçue par cette lecture, mais je tenterai sans doute d’autres livres de Julian Fellowes, en espérant que le rythme et le style sauront me plaire !

 

12345...10
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes