Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Les Sœurs Hiver de Jolan Bertrand #plib2023

Posté : 9 décembre, 2022 @ 3:08 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, Mythologie Les Soeurs Hiver

Editeur : L’école des loisirs

Année de sortie : 2022

Nombre de pages : 228

Synopsis : Il y a très longtemps, il y avait deux hivers : la Grande, avec ses froids polaires et ses blizzards, et la Petite, avec ses glissades joyeuses et ses batailles de boules de neige. Mais depuis que la Petite a disparu, tout est détraqué au village de Brume ! Les adultes sont inquiets, plus personne ne rit aux bonnes farces d’Alfred et, surtout, les trolls passent leur temps à voler des objets, qu’ils emportent à tout jamais dans la taïga. Lorsque l’oncle d’Alfred se porte volontaire pour rapporter les objets volés et qu’il disparait sous ses yeux, avalé par la tempête, c’en est trop : il faut partir à sa recherche, coûte que coûte, braver les dangers de la forêt boréale, et affronter la Grande Hiver…

 

Avis : J’ai lu ce livre dans le cadre du Plib 2023 ! Je dois dire que c’est d’abord la couverture qui m’a attirée : je la trouve très réussie ! Elle donne envie de se plonger dans l’univers du roman ! Le résumé était également alléchant : j’aime l’idée de deux Hivers représentés par des petites filles, je trouve que c’est plutôt original.

Le bouquin commence par l’histoire, très condensée, des deux sœurs, afin de planter le décor. Puis, le lecteur rencontre Alfred, dix ans. La première scène nous laisse voir le caractère du petit garçon, sa façon d’agir et de penser. Il devient rapidement sympathique pour plusieurs raisons SPOILER 1 Mais, son oncle, Ragnar, doit partir en mission seul, et cela ne le rassure pas … Je ne veux pas trop en dire, donc je m’arrêterai là pour l’intrigue ! J’ai, bien sûr, aimé toutes les références à la mythologie ou à la culture nordique, le fait de voir mentionner Loki ou le peuple same. De plus, je lis ce livre en décembre, ce qui fait que le temps du roman est parfait pour la saison !

Point positif surtout pour moi : alors que je suis malade, ce livre est facile à suivre et me donne envie de continuer à lire. J’ai envie de savoir si Alfred va réussir dans sa quête tout en ne me sentant pas pressée par l’auteur ou le narrateur. J’ai adoré comment le roman était écrit, avec les pensées de l’enfant qui parasite la narration, le dialogue qui semble authentique, les petites touches d’humour apportées par certains éléments. En effet, l’histoire est à la fois rude et douce, représentant à merveille les deux Hivers. D’un côté, la Grande a perdu la Petite depuis si longtemps et Alfred a peur de perdre quelqu’un lui aussi – de plus, SPOILER 2 - ; d’un autre, certains aspects du roman apportent une touche plus légère et font rire le lecteur quand il les imagine SPOILER 3 J’ai également apprécié qu’Alfred râle à propos du fait qu’il est un enfant et que c’est un adulte qui devrait être au courant et faire quelque chose. En effet, dans la littérature jeunesse ou adolescente, cela peut paraître incohérent qu’un enfant soit chargé de tâches difficiles déjà pratiquement infaisables par des adultes.

J’ai apprécié la fin qui laisse le lecteur sur une touche douce, mais qui laisse entendre que toute cette histoire aura des conséquences par la suite.

 

Donc, un très bon roman jeunesse que j’ai trouvé doux et touchant, qui se lit très rapidement et qui plonge le lecteur, l’espace de quelques pages, dans la culture nordique.

 

SPOILER 1 d’abord parce qu’il est farceur, mais sans vouloir faire de mal – le but est, en fin de compte, de faire rire -, mais aussi parce que, dès ce premier moment, le lecteur comprend qu’il est, parfois, « triste pour rien » et que rien ne peut le réconforter alors. D’où la scène suivante avec Ragnar, où l’adulte ne gronde pas Alfred, ne lui demande pas ce qui ne va pas, mais passe juste ce mauvais moment à ces côtés.

SPOILER 2 le passage où la Petite et Alfred comprennent que Loki est détesté par les autres dieux et que personne ne le vengera m’a émue. Malgré la gravité de ce qu’a fait le dieu, le lecteur comprend qu’il a agi ainsi à cause de la solitude.

SPOILER 3 comme les trolls ou les remarques d’Alfred dans la narration ou dans le dialogue, un peu décalés par rapport à la gravité de la situation.

 

#ISBN9782211314145

Hermione Granger : lectrice de Harry Potter de Tanguy Habrand

Posté : 3 décembre, 2022 @ 3:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : Essai, FantasyHermione Granger

Editeur : Les Impressions Nouvelles

Année de sortie : 2022

Nombre de pages : 126

Synopsis : Depuis son apparition remarquée dans le Poudlard Express, où elle disait déjà « tout savoir » de Harry Potter, Hermione Granger s’est imposée comme un des personnages les plus complexes et emblématiques de J. K. Rowling. Moquée en raison de son physique, suscitant l’agacement par son légalisme, sa tendance à faire la morale, son perfectionnisme et son incroyable réussite scolaire, Hermione est dans le même temps d’une fidélité infaillible en amitié, pour laquelle elle est prête à réviser ses principes. Son portrait est ondoyant : première de classe altruiste, rat de bibliothèque tourné vers l’action, être de raison en proie à des émotions incontrôlables. Rien n’est simple dans le tourbillon de l’adolescence, surtout lorsque l’on est né Moldu dans le monde des Sorciers.

Figure de l’esprit critique, celle qui maîtrise les sortilèges comme personne (Wingardium Leviosa) interroge cette autre forme de magie qu’est le pouvoir de la connaissance. Qu’elle soit attablée dans une bibliothèque, transporte quantité de livres ou épluche le journal, Hermione Granger collecte, compare et questionne des informations. Peut-être est-ce cela qui nous la rend si proche, lecteurs et lectrices de Harry Potter, occupés comme elle à lire et à découvrir les faits. Mais la jeune sorcière va plus loin. Hermione est une incarnation de la persévérance alliée au courage. Et c’est assurément ce qui en fait une icône accomplie de la rébellion dans la littérature mondiale de ces dernières décennies.

 

Avis : Dès que j’ai appris l’existence de ce livre, grâce à une amie, j’ai eu envie de le lire ! Comment résister à un ouvrage sur Hermione, celle qui était pour moi une héroïne, celle à qui je m’identifiais ? Petit point, d’ailleurs, sur la couverture : je la trouve très réussie ! Rien qu’à la silhouette, le lecteur devine, sans lire le titre, de qui il est question. J’aime aussi beaucoup le nom de la collection : « La Fabrique des héros ». J’ai hâte de voir quels autres livres sont sortis et sortiront ! (après vérification : Batman, Nosferatu contre DraculaKatniss Everdeen … HERE I COME !)

L’essai commence par une courte introduction présentant Emma Watson en lectrice enthousiaste ; de l’actrice, l’auteur glisse vers son personnage phare. Dès le début, sa façon de parler d’Hermione a résonné avec ma façon de la voir. En effet, issue d’une famille moldue, elle doit faire tout son possible pour s’intégrer dans un monde qu’elle découvre totalement et dont elle ne sait rien et, ce, pour s’élever dans la société. Cela passe, chez elle, par le savoir, la connaissance, les compétences et, donc, par la lecture vorace, constante, de volumes divers et variés. C’était en cela, enfant puis ado, que je l’admirais : comme moi, elle lisait énormément, elle voulait apprendre, elle était curieuse. Elle est devenue comme un alter ego, un modèle. J’aimais suivre Harry à la lecture de ses aventures, mais c’était Hermione, surtout, que je voulais retrouver. Je pense ne pas être la seule à l’avoir admirée et suivie ; c’est encore aujourd’hui un de mes personnages préférés.

L’ouvrage est découpé en six parties, plus une introduction et une conclusion. L’étude du personnage d’Hermione est fine, intéressante et m’a semblé plutôt complète puisque même les aspects moins attrayants ou plus critiquables de la jeune fille se trouvent dans l’œuvre – en effet, toute une sous-partie s’attarde sur son engagement pour libérer les elfes de maison quand la conclusion, elle, se penche sur l’Hermione adulte de L’Enfant maudit. J’ai adoré que ce livre ne soit pas seulement un éloge de son courage, de son intelligence, de son travail acharné et de sa détermination, mais aussi de la lecture ! En effet, le parti pris de l’auteur est de présenter la jeune fille avant tout comme une lectrice ; elle représenterait alors, en quelque sorte, le lecteur qui tient les tomes successifs entre les mains. En lisant les passages sur les manuels scolaires ou les œuvres théoriques, de référence, du monde des sorciers, j’ai eu, à nouveau, comme la première fois, très envie de les trouver quelque part et de les lire ! Le passage sur les médias était également très intéressant : le développement de cet aspect de l’univers est d’abord expliqué avant que le personnage d’Hermione ne soit intégré à l’équation. J’ai aimé découvrir et redécouvrir de nouvelles facettes de l’héroïne, celles auxquelles je n’avais pas pensé ou auxquelles je n’avais jamais fait attention, celles que j’avais effleuré sans les creuser.

La conclusion, en se penchant sur L’Enfant maudit, permet d’expliquer la réception de la pièce par les fans d’Hermione face à leur personnage préféré désormais adulte. J’ai trouvé que cela couronnait très bien un ouvrage riche et fouillé, malgré son petit nombre de pages. En effet, l’auteur émaille son essai de multiples références et citations pour appuyer ses théories et idées.

 

Donc, j’ai adoré retrouver Hermione dans cette œuvre ; j’ai passé un excellent moment tout en apprenant des choses. Et, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps : j’ai à nouveau envie de relire toute la série !

Une couronne d’os et d’épines d’Emily Norsken #plib2022

Posté : 9 septembre, 2022 @ 10:47 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FantasyUne couronne d'os et d'épines

Editeur : Les Trois Nornes

Année de sortie : 2021

Nombre de pages : 570

Synopsis : Servir le royaume qu’importe le prix, qu’importe le moyen.

Bien au Nord, sur le royaume de Cnàimh, les Dieux, les Anciens et le Os veillent. Le souvenir du roi Teodor dit le Boucher hante toujours ses habitants. Pour survivre aux hivers glacials du dieu Wyrn, ces terres doivent rétablir les alliances défaites sous la lame des conquêtes du feu dirigeant sanguinaire.

Nayla appartient au sang sombre, la chamane l’a désignée ainsi lors de son rituel de passage. Corbeau, elle devra devenir. Elle doit rejoindre cet ordre de femmes pour devenir les yeux et les oreilles du roi des Os, Ingvar le Juste. Guidée par la Reine des Corbeaux, Frihër Agn, Nayla devient Nå, son héritière.

 

Avis : J’ai lu ce livre dans le cadre du Plib : c’est un des 5 finalistes de l’édition 2022 !

En voyant la liste des romans sélectionnés pour la dernière phase du prix, Une couronne d’os et d’épines était celui qui m’attirait le plus. Il avait tout pour me plaire : c’est une œuvre de Fantasy, visiblement inspirée de la mythologie/culture nordique, tissée de complots politiques et riche d’un univers foisonnant qui a beaucoup à offrir. J’étais donc très emballée par cette lecture ! Mais mon enthousiasme est peu à peu retombé au fil des pages.

J’avais raison pour le monde développé par l’autrice. J’ai adoré le système de gouvernement du pays des Os, l’Ordre des Corbeaux – même si la technique pour sélectionner les filles est affreuse -, son mode de fonctionnement, les lieux où les personnages se trouvent, le fil d’intrigues politiques qui se tisse peu à peu au fil de l’enfance, puis de l’adolescence de Nayla, à la Cour du roi des Os. Ces intrigues sont intéressantes et posent tout un tas de questions qui ne trouveront leurs réponses qu’au fur et à mesure de l’avancée dans le roman, voire à la fin de celui-ci. J’ai adoré le côté mythologique, même si je n’ai pas bien compris ce à quoi il pouvait servir dans le roman au début, si ce n’est pour apporter une touche de folklore et rendre le monde plus « réel » aux yeux du lecteur. J’ai également particulièrement apprécié le choix des noms des personnages, notamment lorsque les Corbeaux obtiennent leur nouveau nom. En fin de compte, j’ai beaucoup aimé la première partie du roman, celle lors de laquelle Nayla se trouve au château. J’ai adoré certains personnages que l’on rencontre à ce moment-là : Frihër Agn qui est sans doute mon personnage préféré, que je trouvais formidable dans son rôle de reine, à la fois élégante et touchante ; et Bromn, un peu bourru, mais tellement tendre quand il le faut, un vrai pilier.

Mais, à partir du moment où elle part, et même un peu avant, j’ai commencé à trouver le roman long. J’ai fini par ne plus trouver plaisir à ma lecture et par m’obliger à finir le livre parce qu’il le fallait. J’ai déjà lu des romans de Fantasy très longs et je sais qu’ils peuvent être captivants, qu’on a envie d’y retourner, que les détails ne font que renforcer l’attachement du lecteur pour l’univers. Mais, ici, la magie n’a malheureusement pas opéré. J’y revenais à regret, j’ai fini par m’ennuyer. C’est sans doute parce que la première partie est si différente de ce qui suit. En effet, j’avais l’impression que j’allais lire un roman centré sur les intrigues de cour et voilà tout : cela me convenait parfaitement. Mais vient le moment où Nayla entame une forme de quête qui la pousse à voyager. Ce trope n’est vraiment pas un procédé que j’apprécie. J’adorais les moments où l’héroïne était en formation, où elle apprenait sa position et son futur rôle de Corbeau. Dès qu’elle a quitté le château pour un voyage [SPOILER 1], mon intérêt pour le roman s’est étiolé [SPOILER 2]. S’ajoute à cela le fait que, rapidement après son départ, Nayla a commencé à profondément m’agacer. Je ne supportais plus sa voix dans la narration, j’avais envie de la secouer. J’ai rarement de la compassion pour les héros/narrateurs qui se plaignent, qu’ils le fassent de quelque façon que ce soit – monstre que je suis ! J’ai également eu énormément de mal avec les violences sexuelles que l’on peut trouver dans cette œuvre. Cela ne veut pas dire que je considère que l’autrice les cautionne, loin de là : il est clair qu’elles sont dénoncées et considérées comme abjectes. Mais, pour autant, cela me hérissait à chaque fois qu’il en était fait mention. [SPOILER 3] Enfin, un petit élément qui me sortait parfois du roman : les coquilles et fautes qui parsemaient le livre.

La fin m’a émue, notamment [SPOILER 4] Mais cela n’a malheureusement pas suffi à me faire aimer ce livre.

 

Je suis donc déçue parce que je voyais beaucoup de potentiel dans ce roman ! Mais sa longueur et son changement de rythme ne m’ont pas permis de l’apprécier à sa juste valeur.

 

[SPOILER 1] sans rapport avec sa fonction, puisqu’elle en est démise

[SPOILER 2] Je pense que la mort de Frihër Agn a signé, pour moi, la fin du roman. Je lisais pour les Corbeaux, pour les complots et les intrigues fines de Cour. A partir du moment où elles se sont arrêtées, je n’ai pas réussi à apprécier la lecture. 

[SPOILER 3] Le Roi Taureau est, évidemment, particulièrement immonde et il me donnait envie de vomir régulièrement – et ce, dès le début, quand on apprend qu’il a eu une relation avec la mère de Nayla … avant d’en avoir une avec elle !

[SPOILER 4] la mort de Bromn ou le choix de l’héritière de Nayla.

 

#ISBN9782492118043

D’or et d’oreillers de Flore Vesco #plib2022

Posté : 10 août, 2022 @ 6:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FantasyD'or et d'oreillers

Editeur : L’école des loisirs (Médium +)

Année de sortie : 2021

Nombre de pages : 234

Synopsis : C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse : chaque candidate est invitée à passer une nuit chez lui, à Blenkinsop Castle, dans ce lit d’une hauteur invraisemblable. Dormir chez un inconnu, sans parent ni chaperon ! Quoi de plus scandaleux pour une jeune fille de bonne famille !

Malgré tout, Mrs Watkins y envoie ses trois filles, accompagnées d’une femme de chambre. Elles se rendent en tremblant au château. Seule l’une d’entre elles retiendra l’attention du lord… Cette dernière, pourtant, n’a rien d’une princesse au petit pois ! Et c’est tant mieux, car nous ne sommes pas dans un conte de fées mais dans une histoire d’amour et de sorcellerie où l’on apprend ce que les jeunes filles font en secret, la nuit, dans leur lit…

 

Avis : J’ai lu D’or et d’oreillers dans le cadre du Plib 2022 ! Je dois dire que c’était LE livre qui ne m’enthousiasmait pas dans la sélection des finalistes : le résumé ne m’attirait pas, comme la couverture. Quant au titre, je le trouvais très beau mais il me semblait raconter une histoire qui n’était pas faite pour moi. Règles du Plib obligent, j’ai trouvé un exemplaire de ce roman et je l’ai lu !

Et, encore une fois, je me suis trompée ! D’or et d’oreillers n’était pas du tout le livre auquel je m’attendais et je suis vraiment contente de l’avoir découvert grâce au prix ! Déjà, je pensais que le roman était à destination d’un public jeune, très jeune, et … alors, non, pas du tout ! Sur le site de l’éditeur, il est destiné aux 13 ans et + : ayant des élèves de cet âge, je pense que seuls les enfants de 13 ans matures pourront comprendre/apprécier ce livre. Rien n’est dit explicitement, rien n’est décrit, c’est plutôt subtil, mais cela reste tout à fait compréhensible. En effet, ce n’est pas une histoire d’amour comme les autres au sens où ce n’est pas une histoire aseptisée qui ne traite pas du tout de la réalité du désir, des corps et des sentiments. Lord Handerson demande aux jeunes filles qui veulent l’épouser de passer une nuit dans sa maison sans chaperon : évidemment, les prétendantes sont scandalisées parce qu’elles imaginent toutes sortes de choses. Rien que la dernière phrase du synopsis suffit à comprendre que le roman va traiter de sexualité à un moment donné. J’ai aimé cet aspect parce qu’il était bien amené même si SPOILER 1. J’ai également apprécié un autre aspect qui est spoilé sur Livraddict mais pas dans le résumé de mon édition : SPOILER 2 

Comme le laisse entendre le résumé, ce roman est une forme de réécriture de conte tout en ne réécrivant aucun conte précis. J’ai donc adoré la myriade de références : « Barbe bleue », « La Princesse au petit pois », Alice au pays des merveilles, mais aussi quelques mythes comme celui de Midas et, SPOILER 3 Il existe aussi une forme de magie totalement inexpliquée, mais, en un sens, assez poétique qui m’a séduite. SPOILER 4 

Concernant les personnages, je ne veux pas trop en dire, histoire de ne rien révéler de l’intrigue, mais j’ai fini par m’attacher à certains d’entre eux : SPOILER 5 

J’en arrive donc à la fin du roman : je l’ai trouvé à la fois active et émouvante. Active parce que tout se résout – et, ce, de manière efficace et non abrupte, ce que j’ai apprécié – ; émouvante parce que SPOILER 6 

En fin de compte, le seul défaut que je peux trouver à ce livre, c’est mon manque d’implication au début : j’ai, effectivement, eu un peu de mal à entrer, malgré l’écriture fluide et agréable, les touches d’humour et le vernis hypocrite que l’on trouve chez à peu près tous les personnages nobles. Ce sont ces éléments qui m’ont accrochée suffisamment pour poursuivre – et comme j’ai bien fait ! 

 

Donc, un très bon roman que j’ai trouvé à la fois drôle, émouvant et même délicieux avec toutes ses références qui m’ont ravie ! 

 

SPOILER 1 il reste un peu gênant qu’Adrian glisse un doigt dans le lit des jeunes filles contre leur gré ^^’ J’ai également apprécié que l’on traite ici de l’exploration du corps, de la masturbation et de la lenteur de deux êtres qui se découvrent aussi bien physiquement qu’au niveau de la personnalité. Ce n’est pas un amour soudain, né de nulle part. C’est un amour qui point, qui grandit, qui s’affirme peu à peu pour bien conclure le roman.

SPOILER 2 le « déplacement » de l’héroïne. Contrairement à ce à quoi on pouvait s’attendre, ce n’est pas une jeune noble gracile et fragile qui va gagner la main du « prince », mais une jeune femme de chambre. Je m’attendais, peut-être bêtement, à ce que ce soit May qui l’emporte sur ses sœurs – et je me demandais d’ailleurs comment le roman allait se poursuivre après la première nuit -, donc j’ai été surprise quand c’est Sadima qui est parvenue à triompher de la première épreuve. Je suppose que le roman était construit de telle sorte à amener peu à peu le lecteur vers elle et que sa mise en avant était censée être une surprise : ça a fonctionné pour moi parce que je n’avais pas lu le résumé sur Livraddict ! J’ai trouvé ce glissement vers la jeune femme ingénieux et plutôt original, même si le fait d’unir « prince » et « bergère » ne l’est pas forcément parce qu’il est souvent utilisé maintenant. C’était donc un bon moyen de « renouveler » un trope souvent employé : Sadima passe de l’ombre à la lumière à la fois dans la narration et dans l’histoire.

SPOILER 3 énorme plus pour moi qui adore ce roman, Frankenstein ! En effet, le bouquin frise parfois l’horreur puisque la mère d’Adrian a le pouvoir de se démembrer et a fusionné avec Blenkinsop Castle, faisant du bâtiment une formidable maison-personnage ! Quelle surprise et quelle joie de constater l’existence de ce trope dans cette œuvre ! 

SPOILER 4 Je parle ici de la magie de Sadima, pas de celle de lady Handerson ! 

SPOILER 5 Sadima, évidemment, parce qu’elle est combattive, déterminée et qu’elle ne ressemble en rien aux portraits dressés des jeunes filles qu’elle servait – des gamines (faussement) éthérées qui cachent des personnalités inintéressantes au possible sous des airs ridicules pour impressionner des partis qui ne se bousculent pas aux portillons – (excepté May que j’appréciais) ou celles qui se présentent à Adrian avec des montagnes de richesse derrière elles – je pense notamment à Zephis dont le père se couvre de ridicule face au lord en voulant vendre sa progéniture comme on vendrait du poisson au marché ^^’ ; Adrian, qui souffre de la situation dans laquelle il se trouve, qui voudrait désespérément sauver sa mère tout en rêvant à une autre vie impossible enfermé dans son château ; Philip, majordome dévoué à son jeune lord, le seul qui est resté quand tous les autres se sont enfuis après avoir assisté à une manifestation paranormale dans la maison ; Rose, adorable maman de Sadima prête à tout pour aider/sauver sa fille, ce que j’ai trouvé très touchant. Lady Handerson est, en fin de compte, elle aussi, émouvante : elle n’a fait tout cela que pour demeurer près de son fils, pour le protéger au mieux, même si cela signifie l’enfermer à jamais en elle.

SPOILER 6 comme nous l’a appris Philip, Adrian ne pourra pas sauver sa mère. Lady Handerson meurt donc avec sa demeure, ce qui sonne comme une belle réécriture de la chute de la maison Usher ! #joie J’ai eu les larmes aux yeux en assistant à la descente du chat par Adrian, puis aux escapades de sa fille qui a découvert la voix de sa grand-mère dans le puits … ce qui vient de me faire penser à la fin de Frankenstein. Lady Handerson est-elle encore dangereuse ? Ou n’est-ce que sa voix, son esprit, son âme (?) qui a survécu, qui hante les lieux, et qui s’attache à sa petite-fille ? Le mystère reste entier, et c’est très bien comme cela !

 

#ISBN9782211310239

Fleurs d’Oko, tome 1 de Laëtitia Danae #plib2022

Posté : 8 août, 2022 @ 5:00 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FantasyFleurs d'Oko

Editeur : Snag

Année de sortie : 2021

Nombre de pages : 422

Synopsis : À Sangaré, la magie, réservée aux hommes, se déploie en de multiples couleurs. Mais petite Oko est spéciale. Elle parle le Langage des fleurs.
Lorsque le murmure des griottes annonce la venue du puissant Soumaoro, envoûteur du royaume en quête d’un aspirant prêt à lui succéder, Oko prend sa décision. Elle quitte tout pour assouvir son besoin d’aventure et de reconnaissance.
Alors qu’aux portes de la capitale, la Brousse menace d’étendre son fléau, dans les dédales du palais d’Ivoire, Oko découvre un tout autre monde. Celui de la magie, telle qu’elle ne l’a jamais expérimentée, mais aussi les intrigues de la cour, les ruses et les coups bas. À qui peut-elle se fier ? Qui redouter ? Tant de questions, si peu de réponses. La concurrence est rude et les embûches parsèment le chemin de la jeune aspirante.
Et à travers ses épreuves, petite Oko deviendra grande.

 

Avis : J’ai lu Fleurs d’Oko dans le cadre du Plib 2022 puisqu’il fait partie des cinq finalistes ! J’avais déjà très envie de lire d’autres romans de Laëtitia Danae : je suis contente de l’avoir enfin découverte avec ce livre !

Nous suivons ici Oko, une jeune fille qui désire devenir l’aspirante de Soumaoro afin de devenir envoûteuse. J’ai beaucoup aimé l’univers créé par l’autrice, notamment les quatre types de magie que l’on va découvrir peu à peu au cours de la série. De plus, les personnages se trouvent ici dans une forme d’école de magie, un trope que j’adore en Fantasy ! Se mêlent à cela les intrigues de cour, le mystère autour de la Brousse – qu’est-ce que c’est ? d’où vient-elle ? comment la combattre ? que fait-elle exactement à ceux qui la pénètrent ? – l’Histoire du monde qui reste un peu floue mais paraît très intéressante et que l’on découvre peu à peu grâce aux bribes dont les griottes sont les narratrices au début de chaque chapitre. Dans tous les cas, le lecteur comprend que les femmes de ce monde sont là pour régner, pour diriger, alors que les hommes se sont vus accorder le privilège de manier la magie, privilège très peu offert aux filles. Il est palpable que les femmes doivent être respectées dans ce monde, et ce dès la première scène où Oko apparaît : les hommes n’osent ni la toucher, ni l’insulter, ni la violenter de quelque façon que ce soit. Dernier point sur l’univers : j’aime beaucoup la façon dont les personnages sont nommés, comme l’Ivoire ou la Diaphane, une forme de « nom de famille-titre » qui complète leur prénom.

J’ai beaucoup apprécié les décors qui créent une ambiance assez cosy alors même que les événements et les personnages, eux, tendent à rendre l’atmosphère un peu étouffante, notamment à cause de la compétition entre les aspirants et des complots qui se trament au sein de la cour. L’écriture, quant à elle, est fluide. La narration m’a paru un peu agaçante : en effet, le roman est écrit à la première personne et certains commentaires d’Oko me faisaient lever les yeux au ciel.

Concernant les personnages : Oko, l’héroïne, paraît à certains personnages naïve parce qu’elle est incapable de faire des coups bas quand les autres, eux, n’ont aucun scrupule à éliminer leurs adversaires par tous les moyens. Visiblement douce, elle a tout de même appris que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et elle est endurcie sans que les autres s’en rendent tout à fait compte. Talentueuse, elle ne connaît pas sa valeur, un peu comme les héros/héroïnes de contes de fées auxquels elle ressemble un peu, notamment à cause de Mama Zayenda, l’archétype de la marâtre et premier obstacle d’Oko sur la route qu’elle emprunte pour atteindre son but. J’ai beaucoup aimé Souri, malgré le mystère qui flotte autour de lui. La compétition qui s’instaure entre les aspirants va-t-elle mettre en péril son amitié avec Oko ? SPOILER 1 En revanche, j’ai plus de mal avec Aasir, mais pas pour la même raison qu’Oko. SPOILER 2 Soumaoro est l’archétype du mentor qui a l’air de guider les aspirants à moitié, ce qui donne des scènes dans lesquelles les jeunes gens sont vraiment en danger. Il ne leur dit pas tout et garde des secrets dans sa manche sans pour autant refuser de répondre quand ses élèves ont des questions. SPOILER 3

SPOILER 4

Je suis intriguée par la suite que je lirai donc avec plaisir quand elle sortira ! J’ai envie de découvrir les nouvelles épreuves qui attendent Oko !

 

SPOILER 1 J’ai aimé qu’il ne soit pas le love interest d’Oko, qu’il reste son ami, qu’il ne devienne jamais un prétendant, mais aussi que leur amitié soit mise à mal et qu’ils s’éloignent pour mieux se retrouver.

SPOILER 2 Je trouve qu’il ressemble trop à un second love interest jaloux qui va tenter de conquérir l’héroïne en étant beaucoup trop proche d’elle, pratiquement toxique, un jeune homme qui cache son amour de manière très maladroite pour le lecteur, alors qu’Oko, elle, ne voit rien du tout ! J’ai eu des flashs de l’enfer en revoyant Warner dans Shatter Me : vraiment, Aasir me fait penser à lui ! 

SPOILER 3 Malaïka, quant à elle, est la princesse héritière de Sangaré. Sans amis, sans alliés, elle se retrouve liée à Oko parce qu’elle a décidé que ce serait elle qui lui choisirait un mari, et non Soumaoro. Elle semble, en fin de compte, elle aussi un peu naïve, notamment en ce qui concerne les sentiments des personnages qui l’entourent ; elle n’a pas l’air d’avoir conscience de ce qui se passe autour d’elle.

SPOILER 4 J’ai fini par être agacée par la romance qui s’installe entre Oko et un des prétendants, mais je suis aussi intriguée par la tournure que l’histoire pourrait prendre étant donné que l’aspirante choisit justement ce jeune homme pour être le futur roi de Sangaré ! Enfin, il est évident pour moi que l’une des Ombres claires de la reine est la mère d’Oko.

 

#ISBN9782490151264

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