Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

A Bloodsmoor Romance de Joyce Carol Oates

Posté : 4 août, 2017 @ 11:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 3 commentaires »

Genre : Drame, Fantastique A Bloodsmoor Romance

Editeur : Ecco

Année de sortie : 2013 [1982]

Nombre de pages : 752

Titre en français : La légende de Bloodsmoor

Synopsis : Finally returned to print, Joyce Carol Oates’s lost classic, the satirical, often surreal, and beautifully plotted Gothic romance that follows the exploits of the audacious Zinn sisters, whose nineteenth-century pursuit of adventurous lives turns a lens on contemporary American culture.

When their sister is plucked from the shores of the Bloodsmoor River by an eerie black-silk hot air balloon that sails in through a clear blue sky, the lives of the already extraordinary Zinn sisters are radically altered. The monstruous tragedy splinters the family, who must not only grapple with the mysteriosu and shameful loss of of their sister and daughter but also seek their way forward in the dawn of a new era – one that includes time machines, the spirit world, and the quest for women’s independence.

Breathlessly narrated in the Victorian style by an unnamed narrator who is herself shocked and disgusted by the Zinn sisters’ sexuality, impulsivity, and rude rejection of the mores of the time, the novel is a delicious filigree of literary conventions, « a novel of manners » in the tradition of Austen, Dickens and Alcott, which Oates turns on its head. Years ahead of its time, A Bloodsmoor Romance touches on murder and mayhem, ghosts and abductions, substance abuse and gender identity, women’s suffrage, the American sprititualist movement, and sexual aberration, as the Zinn sisters come into contact with some of the nineteenth century’s greatest characters, from Mark Twain to Oscar Wilde.

Pure Oates in its mordant wit, biting assessment of the American landscape, and virtuosic transformation of a literary genre we thought we knew, A Bloodsmoor Romance is a compelling, hilarious, and magical antiromance, a Little Women wickedly recast for the present day.

 

Avis :Encore un pavé, encore un livre parfait !

Je poursuis ma lecture des œuvres de Joyce Carol Oates pour le mémoire, même si je lis d’autres livres entre les différents tomes, histoire de ne pas lire la même chose tout le temps. A Bloodsmoor Romance est le second tome de la Trilogie gothique de l’auteur, et je dois dire que c’est une série assez spéciale. En effet, quand on voit « série », on se dit qu’on suit les mêmes personnages sur plusieurs tomes ; eh bien, pas chez Oates. Ici, on découvre des personnages complètement inédits, qui n’ont rien à voir avec la famille Bellefleur du premier tome. La seule continuité que l’on trouve : le clan familial, la réécriture gothique, et la division au sein de la famille. C’est assez troublant ; en fait, ces romans peuvent se lire complètement indépendamment les uns des autres, et je pense que le troisième tome n’est pas une exception puisque le sujet est carrément complètement différent des deux premiers tomes !

Comme le premier, ce tome m’a donné un peu de fil à retordre : le livre est gros, long, et possède, plus que Bellefleur, des périodes de creux. En effet, comme dans le volume précédent, l’auteur développe absolument tous ses personnages, ce qui rend le livre complexe et dense, mais ce qui donne aussi des passages un peu longs, soit parce qu’on n’apprécie pas ce personnage, soit parce qu’on veut passer directement à l’action dans le présent – parce que les histoires des personnages sont souvent des flashbacks, ou des explications a posteriori. Bien sûr, j’adore le fait que le lecteur se voit offrir l’opportunité de découvrir la vie de tous ; c’est, pour moi, un des gros points forts des œuvres de l’auteur. Mais, certains personnages m’intéressant moins, j’ai eu des petits moments creux pendant la lecture. Cela ne la gâche pourtant absolument pas !! En effet, A Bloodsmoor Romance, comme Bellefleur, est le genre de livres dans lequel je me sens bien, chez moi, comme Bleak House, ou The BFG – rien à voir !! C’est assez étrange, étant donné le nombre d’événements affreux qui arrivent, mais je veux dire que j’adore les livres qui suivent des familles à travers plusieurs générations, et dans lesquels il se passe des choses intéressantes. Aussi, j’ai adoré le fait que le narrateur est un personnage lié à la famille Kiddemaster/Zinn ; problème : on ne sait pas qui c’est !! C’est une femme, c’est sûr, mais laquelle ? Selon les indices qu’elle nous donne, je pense qu’il y a moyen de découvrir son identité. Elle fait souvent des commentaires sur ce qu’elle raconte, surtout sur la religion et la morale douteuse des sœurs Zinn. Et j’en viens à ce qui m’a particulièrement agacée dans ce livre – mais c’est fait exprès ici, bien sûr – : la misogynie constante de l’époque (environ 1850-1899), la façon dont la femme est traitée, et la façon dont elle se laisse faire ! Rah, le nombre de fois où je me suis énervée toute seule contre une phrase ou un personnage !! Déjà, la narratrice est le genre de femmes convaincues qu’elle doit être soumise à l’homme et à Dieu ; donc, elle ne cesse de « réprimander » les Zinn pour ce qu’elles font. Etant donné que le roman est une sorte de réécriture de Little Women de Louisa May Alcott, avec un petit mélange de Jane Austen et de Charles Dickens, je comprends bien que la narratrice, pour être un personnage féminin « réaliste » de l’époque, doit être comme ça ; mais c’est tellement énervant !! Bien sûr, comme Joyce Carol Oates est plutôt une auteur féministe, et qu’elle dénonce la condition féminine, on se retrouve avec plusieurs femmes rebelles dans ce livre : certaines sont « domptées » – ce qui m’a agacée aussi ! – et d’autres campent sur leurs positions. Le lecteur se retrouve donc avec des femmes qui sont offertes en mariage, comme de la viande à un animal, et qui n’ont, bien sûr, pas leur mot à dire, que ce soit sur le mari, ou sur le traitement qu’elles se voient offrir une fois mariées. J’ai adoré la rébellion de certaines femmes ! Ce thème de la condition féminine entraîne de nombreuses réflexions, notamment, donc, sur le mariage ; sur l’identité sexuelle aussi, puisque l’homosexualité est vue comme contre-nature à l’époque ; sur les droits des femmes, notamment à la fin ; sur leur sexualité – en fait, elles ne savent absolument rien de leur corps et de celui des hommes, elles ne savent pas comment on fait des enfants, elles ne savent pas ce qui se passent pendant « l’acte de l’union », elles ne savent RIEN ! – ; sur leur liberté, inexistante si elles veulent être des dames de la bonne société. A partir du moment où une femme veut faire quelque chose de sa vie, excepté avoir des enfants et contenter son mari, elle est immorale, et rejetée par la société – ou, en tout cas, par la « bonne » société, et par sa famille, évidemment ! J’ai adoré l’introduction, dans ce livre, du spiritualisme, avec les médiums, les fantômes, les esprits, et des séances assez effrayantes ! J’ai remarqué aussi qu’il y avait toujours un animal de compagnie particulier dans les deux romans – ici, un singe ! Bien sûr, comme c’est une réécriture de roman gothique, on retrouve beaucoup de thèmes qui appartiennent au genre : esprits, fantômes, malédiction, événements inexplicables, enlèvements, influence démoniaque, religion, ambiance lugubre, morts suspectes ou sanglantes, ou atroces. S’y ajoutent critique de la société, racisme – encore une scène de lynchage ici -, lutte de classes, division de la famille. En effet, exactement comme dans Bellefleur, la famille finit par se diviser en deux parties : les adultes d’un côté, dignes, qui portent le nom Kiddemaster ou Zinn avec fierté, et qui tentent d’en faire un nom irréprochable ; et les enfants, qui veulent voler de leurs propres ailes et se fichent de devoir faire honneur à leur nom ! Évidemment, l’écriture est toujours aussi excellente, même si l’auteur fait toujours des parenthèses gigantesques – je pense m’y être habituée, je l’ai moins remarqué que dans Bellefleur. Moins d’émotion par rapport au premier tome, mais elle est toujours présente quand même !

Concernant les personnages, comme je l’ai dit, Oates les développe tous à un moment donné, ce que je trouve génial, et ce qui rend le livre complexe et dense. Ils sont très nombreux, et ont tous une personnalité bien à eux. Je commence par Deirdre. Orpheline, elle a été adoptée par les Zinn, mais ne s’intègre pas dans la famille. C’est alors, encore une fois, qu’on se rend compte qu’il y a toujours plusieurs versions à une histoire, puisque cette non-intégration est vue du point de vue des sœurs Zinn, puis, de celui de Deirdre, et on comprend qu’elle n’ait pas réussi à se faire une place !! Deirdre est sans doute ma préférée. Mélancolique, elle est l’héroïne gothique par excellence, mais pas du genre naïve qui se laisse abuser par un homme, ou qui succombe au charme d’un séducteur qui en fait est un vampire. Tourmentée depuis l’enfance, elle a un lien avec le monde des esprits. Solitaire, elle n’a pas une vie facile, et le lecteur se rend vite compte qu’elle n’est pas comme les autres femmes : elle n’est pas attirée par la réputation ou par la société. Elle suit simplement son destin, ou ce qu’elle pense être son destin. Ses quatre demi-sœurs sont très différentes les unes des autres : Constance Philippa, l’aînée, très grande, déviante dans le sens où elle n’aime pas les mêmes choses que les autres filles, un peu rebelle dans l’âme, Octavia, très croyante, dévouée à tout le monde, sauf à elle-même, généreuse, une sainte, un ange, toujours là pour tout le monde, très sensible, la seule fille Zinn qui soit conforme à l’idée que sa famille se fait d’une bonne fille, Malvinia, celle que j’ai moins appréciée, cruelle, artificielle, séductrice, manipulatrice, méchante, égoïste, elle ne peut qu’à elle-même et veut toujours se mettre en avant, Samantha, intellectuelle, qui se fiche des bals et des « trucs de filles », qui ne pense qu’à son travail d’assistante auprès de son père, dans son atelier, ma préférée des sœurs, parce que celle à laquelle j’arrivais le plus à m’identifier. Le père, John Quincy Zinn, est inventeur, et je dois dire que mon avis sur lui a beaucoup évolué au fil du livre. Ses filles l’adorent, sa belle-famille le méprise ; j’ai commencé par l’apprécier, puis son comportement m’a exaspéré. Il se fiche de la vie autour de lui, il ne pense qu’à ses inventions, et néglige complètement sa vie de famille. L’auteur nous le présente comme l’inventeur d’un tas de choses qui existent encore aujourd’hui, dont une qui me l’a fait détester un petit moment ! Sa femme, Prudence, est assez difficile à cerner finalement. On la découvre jeune fille, et on ne comprend pas comme elle a fait pour devenir telle qu’elle est dans le présent, comme si le mariage l’avait transformée en une femme qu’elle n’est pas. D’autres personnages se trouvent dans le livre, comme Edwina, ou l’incarnation des préjugés [SPOILER] une femme que tout le monde méjuge en fait, ce qui est révélé à la fin !! [FIN DU SPOILER], Godfrey Kiddemaster, le père de Prudence, assez revêche, et persuadé qu’une malédiction poursuit sa famille, petit Godfrey, sur lequel j’ai une théorie [SPOILER] Je suis sûre que c’est lui qui a tué sa petite sœur, comme je suis sûre que, ce qu’il fait, il le fait exprès, que ce ne sont pas des incidents, que ce n’est pas du tout un petit ange innocent, et que, s’il n’était pas mort, il aurait fini par tuer aussi son petit frère !! D’ailleurs, pour l’épisode du puits, je suis sûre qu’il a voulu tuer Pip intentionnellement !! Donc, une petite peinture de la cruauté enfantine, en plus de celle de Malvinia ! [FIN DU SPOILER]

La fin … Joyce Carol Oates a un don pour écrire des fins qui laissent le lecteur bouche bée. C’est explosif : un énorme secret est révélé, auquel je ne m’attendais pas – contrairement à la majorité des événements qui arrivent au cours du livre, et auxquels je m’attendais, bizarrement -, et qui concerne quelqu’un que l’on ne soupçonne pas ! En refermant le livre, comme pour Bellefleur, j’ai eu envie d’y retourner, de retrouver les personnages, de vivre encore un peu avec eux. De plus, une question reste en suspens, comme dans le premier tome, à savoir, la vie après ce qui est arrivé à la fin ! 

 

Donc, un excellent livre, encore une fois, bourré d’éléments gothiques, qui suit une famille dans sa descente aux enfers !

Bellefleur de Joyce Carol Oates

Posté : 22 juillet, 2017 @ 8:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Bellefleur Genre : Contemporaine, Drame, Fantastique

Editeur : Ecco

Année de sortie :2012 [1980] 

Nombre de pages : 729

Synopsis : « Bellelfleur is proof … that Oates is one of the great writers of our time … a magnificent piece of daring, a tour de force of imagination and intellect. » -John Gardner, New York Times

A wealthy and notorious clan, the Bellefleurs live in a region not unlike the Adirondacks, in an enormous mansion on the shores of mythic Lake Noir. They own vast lands and profitable businesses, they employ their neighbors, and they influence the government. A prolific and eccentric group, they include several millionaires, a mass murderer, a spiritual seeker who climbs into the mountains looking for God, a wealthy noctambulist who dies of a chicken scratch.

Bellefleur traces the lives of several generations of this unusual family. At its center is Gideon Bellefleur and his imperious, somewhat psychic, very beautiful wife, Leah, their three children (one with frightening psychic abilities), and the servants and relatives, living and dead, who inhabit the mansion and its environs. Their story offers a profound look at the world’s changeableness, time and eternity, space and soul, pride and physicality versus love. Bellefleur is an allegory of caritas versus cupiditas, love and selflessness versus pride and selfishness. It is a novel of change, baffling complexity, mystery.

Written with a voluptuousness and startling immediacy that transcends Joyce Carol Oates’s early works, Bellefleur is widely regarded as a masterwork – a feat of literary genius that forces us « to ask again how anyone can possibly write such books, such absolutely convincing scenes, rousing in us, again and again, the familiar Oates effect, the point of all her art: joyful terror gradually ebbing toward wonder » (John Gardner).

 

Avis : J’ai ENFIN terminé ce livre !!

J’ai choisi d’étudier Bellefleur – ainsi que trois autres romans de Joyce Carol Oates - pour mon mémoire de Master 2. Je savais que j’allais adorer ce livre pour plusieurs raisons : d’abord, c’est une réécriture de roman gothique, et j’adore le gothique ! ; ensuite parce que j’ai lu Maudits dans l’année, et j’ai adoré le style d’écriture de l’auteur, ses réflexions, ses critiques à la fois de la société et de la religion, sa façon de développer ses personnages, de les rendre vivants, et attachants parfois en quelque sorte. Commençons par le fait que ce soit une réécriture de roman gothique ! L’auteur a repris la plupart des stéréotypes du gothique pour en faire un livre à la fois moderne et ancrée dans la tradition du genre. On y retrouve donc : des fantômes ; un château hanté, château qui peut être considéré comme un personnage, comme pour The Castle of Otranto d’Horace Walpole ; des personnages qui titubent au bord de la folie ; une nature sauvage difficile voire impossible à affronter ; des êtres maléfiques (vampire, démons, esprits de la montagne) ; une malédiction qui touche toute la famille, mais personne ne sait d’où elle vient, ni pourquoi elle touche les Bellefleur en particulier ; le thème du double ; le racisme, avec lynchages, insultes, et esclavage ; la religion, critiquée d’une façon assez magistrale par l’auteur, exactement comme dans Maudits ! Le lecteur se trouve ici face à une famille divisée : les adultes, qui sont en quête de pouvoir, d’argent, toujours plus, et qui ne s’occupent que de cette quête, et les enfants, qui veulent vivre une autre vie, une vie plus simple, dégagée de la cupidité et de l’égoïsme de leurs aînés. Parfois, j’ai été agacée par les adultes, qui ne cessent de reprocher à leurs enfants de ne pas se comporter en Bellefleur ! Au fil du livre, beaucoup de personnages disparaissent, et le lecteur se demande exactement ce qu’ils deviennent. Dans ce sens, on peut presque parler d’un narrateur en lequel on ne peut avoir entièrement confiance. Il fait des allusions à des personnages morts en sous-entendant qu’ils pourraient ne pas l’être. Pour d’autres, il n’y a aucun doute : le livre comporte des scènes de meurtres, et raconte clairement la mort de tous les personnages.

En parlant de mort, l’auteur nous offre une réflexion à son propos assez déroutante, notamment avec Hiram et Bromwell (je préfère vous laisser la surprise de la découvrir vous-mêmes !). On se retrouve aussi face à une religion qui, au lieu de mener vers la paix, l’amour et le bonheur, mène vers le mal, l’égoïsme, et rend ses disciples fous. J’ai eu l’impression que c’était, peut-être, moins « virulent » que dans Maudits ; mais, clairement, la voie de la religion n’est pas la bonne pour les personnages. On suit notamment l’un d’eux qui s’est mis en tête de voir le visage de Dieu, et un autre, qui, à la fin, se tourne vers une église qui ne fait que lui prendre de l’argent, et qui ressemble plus à une secte. Concernant le style d’écriture de l’auteur, je peux comprendre que certains ne l’aiment pas. En effet, si l’auteur écrit merveilleusement bien, elle introduit dans son texte de très longues parenthèses qui cassent le rythme de ses phrases, et qui peuvent paraître lourdes. Souvent, elle parle d’un personnage en particulier, ou raconte une anecdote. Malgré tout, j’ai adoré ce style !

Avec ses 729 pages, pas étonnant que les personnages de Bellefleur soient tous très bien développés ! L’auteur s’attarde sur chacun d’eux à un moment donné, même si certains sont clairement des protagonistes, par rapport à d’autres qui sont secondaires. On les suit tous dès leur jeunesse, parfois jusqu’à leur mort – et souvent, on ne s’attendait pas à ce que ces personnages meurent ! Les protagonistes sont clairement Gideon Bellefleur, sa femme Leah et sa fille Germaine. Gideon, jeune homme, est tombé fou amoureux de Leah ; adulte, il est amer. C’est un de mes personnages préférés dans le livre ; il veut rester fidèle à lui-même, et sombre dans le désespoir. Leah, quant à elle, est une femme assez étrange. Jeune fille, elle avait une araignée énorme pour animal de compagnie … Autant vous dire que ces passages ont été difficiles à lire pour moi !! Elle est obsédée par une mission qu’elle seule peut mener à bien, selon elle. Convaincue, elle ne pense qu’à cela, et oublie les autres autour d’elle. Elle a un caractère spécial : méchante, cruelle parfois, et pourtant fragile, parfois même douce ! Elle aussi est un de mes personnages préférés ! Germaine, elle aussi, fait partie de mes préférés : on la suit de sa naissance à ses quatre ans. Douée de pouvoirs, elle est plus intelligente que la moyenne, voit et sent les choses. Mais elle reste un bébé, qui a besoin d’amour et de ses parents. Elle m’a brisé le cœur à la fin – autant vous le dire, ça ne finit pas bien ! Il y a énormément d’autres personnages, vivants et morts : Ewan, le frère de Gideon, un ours humain, une brute qui finira de manière bizarre ; Lily, sa femme, effacée, plaintive, un peu agaçante ; Noel, le grand-père, et sa femme Cornelia, lui assez bourru, qui s’adoucit au contact de Leah, elle assez réticente face à Germaine, monstrueuse à sa naissance ; Bromwell, le fils de Leah et Gideon, très intelligent, qui se fiche des affaires de sa famille ; sa sœur jumelle, Christabel, qui a l’air assez simple enfant – son frère l’appelle « half-witted » ! – et qui se rebelle en grandissant ; Yolande, la fille d’Ewan et Lily, à qui il arrive une chose affreuse ; Vernon, le poète, fils d’Hiram, un de mes personnages préférés lui aussi, il ne pense absolument pas comme sa famille, ce qui le rend marginal ; Raphael, le fils d’Ewan et Lily, lui aussi très différent de sa famille, qui ne parvient pas à se soucier d’eux, qui rêve d’une autre vie, qui se rend compte qu’il y a plus que les Bellefleur, et qui déteste ce nom comme Vernon ; Elvira, l’arrière-grand-mère, toujours indépendante, toujours lucide, même à 100 ans ! Tant d’autres personnages venus du passé ! Jedediah, qui cherche Dieu dans les montagnes, Germaine, la femme de son frère Louis, qui, elle aussi, voit les choses – un double de la petite Germaine ? -, Jean-Pierre, le fondateur de la lignée Bellefleur en Amérique, dont le cœur a été brisé prématurément, Violet, la femme de Raphael, que l’on connaît d’abord par sa mort, Raphael lui-même, dont les requêtes après la mort sont très étranges ! J’ai adoré découvrir l’histoire de chaque membre de la famille !

La fin est explosive ! Je ne m’y attendais pas du tout, mais, en y réfléchissant, c’est assez logique. [SPOILER] A nouveau, la lignée des Bellefleur est menacée, mais qui pourrait la perpétuer, comme Jedediah l’a fait dans les années 1820 ? [FIN DU SPOILER] En refermant le livre, malgré le temps que la lecture m’a pris, je me suis sentie un peu triste de quitter la famille Bellefleur !

 

Donc, une formidable « saga » familiale, qui amène beaucoup de réflexions au lecteur, qui reprend tous les stéréotypes du gothique pour faire de ce livre un coup de cœur !

Vathek de William Beckford

Posté : 10 juillet, 2017 @ 6:30 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : The Castle of Otranto, Vathek & Nightmare AbbeyClassique, Fantastique

Editeur : Wordsworth Editions

Année de sortie : 2009 [1786]

Nombre de pages : 81

Synopsis : The Gothic novel, featuring dark tales of tragedy, romance, revenge, torture and ancient villainies, tinged with horror and the supernatural, became the vogue in the late eighteen and early nineteenth centuries. This unique collection presents the best and the most diverse of this fascinating genre. [...]

In Vathek William Beckford developed the form further, introducing Orientalism to the Gothic mix of horror and mystery, creating the finest European imitation of the Arabian Nights.

[...] This fantastic collection runs the gamut of Gothic fiction, presenting an entertaining and a thrilling overview of the genre.

 

Avis : J’ai poursuivi ma lecture des romans présents avec The Castle of Otranto.

Je ne sais pas si on peut vraiment parler de roman pour Vathek, puisqu’il est sous-titré « conte arabe ». On retrouve certains aspects de ce type de conte : le lecteur suit un prince riche, beau et intelligent ; sa mère veut le voir dominer le monde, et son peuple l’adore. Jusque là, tout va bien. Mais ce prince, Vathek, veut plus que le pouvoir sur le monde : il veut s’asseoir sur les trônes des rois préadamites, ceux qui vivaient avant la création de l’homme. Il veut être tout puissant, ce qui va le pousser à renier sa religion et son prophète, l’Islam et Mahomet, pour servir le Giaour, un démon qui lui ouvrira les portes de l’Enfer s’il fait tout ce qu’il lui demande. Je dois dire que Vathek est assez agaçant : très influençable, il obéit à sa mère et au Giaour, mais il a des crises de révolte pendant lesquelles il demande à Mahomet de le sauver, sans jamais faire ce qui doit être fait pour être pardonné. Il semble clairement coupable d’hybris, un orgueil démesuré. Le lecteur ne sait pas trop ce que veut vraiment Vathek ; en effet, c’est sa mère, Carathis, qui désire entrer en Enfer, parce qu’elle est une disciple d’Eblis. Elle pratique la magie noire tout le long du conte, et apporte énormément d’éléments gothiques au roman, notamment les scènes de sacrifice, les momies, la magie. C’est une sorcière plus qu’une princesse, et elle se sert de ses pouvoirs pour pousser son fils vers le trône des rois préadamites. J’ai aimé cet ajout de l’orientalisme, qui rend le conte original par rapport aux autres romans gothiques ; il est dit que Vathek est la meilleure imitation de conte arabe réalisée en Europe, et il est vrai que le lecteur est transporté dans l’univers que l’auteur crée autour de ses personnages. L’histoire, elle aussi, m’a intéressée : le prince veut être damné en quelque sorte, parce qu’il pense qu’il sera alors maître du monde et de l’Enfer en plus, qu’il siègera aux côtés d’Eblis – un démon qui a refusé de se prosterner devant Adam -; il se rend compte que trop tard de ce qu’il a souhaité.

Mais, malgré le petit nombre de pages, j’ai parfois trouvé le conte long. J’avais du mal à rester intéressée tout le temps, et les divagations des personnages, la façon qu’a Vathek de tout le temps changer d’avis, m’ont agacée. Parlant de Vathek, les personnages, comme dans The Castle of Otranto, sont très stéréotypés. Autant cela ne m’a pas gênée dans le roman précédent, autant j’ai trouvé cela pesant ici. Enfin, l’image de la femme est déplorable : toutes sont soit des sorcières, soit des tentatrices. Carathis est la sorcière par excellence, celle qui est prête à tuer n’importe qui pour entrer en Enfer auprès d’Eblis. Une des femmes du prince, Dilara, - parce que, logiquement, dans les contes arabes, les princes sont polygames – est liée aux Magi, sans doute des femmes liées à la magie noire, et elle désire plus que tout régner auprès de Vathek à Istakar. Enfin, Nouronihar, promise à son cousin Gulchenrouz, le laisse complètement tombée pour tomber dans les bras du Calife, qu’elle voulait s’amuser à séduire. Ainsi, les femmes dans ce conte sont-elles versatiles, séductrices et mauvaises. Enfin, j’ai parfois eu l’impression d’une parodie de conte arabe, sans savoir exactement si c’était mon imagination, ou si, effectivement, l’auteur se moque un peu du genre.

La fin est, encore une fois, tragique et à peu près tous les personnages sont punis.

 

Donc, un conte gothique plutôt original dans sa façon d’imiter un conte arabe, mais que je n’ai pas su apprécier à cause d’une impression de longueur, et de l’image de la femme qu’il donne.

The Castle of Otranto d’Horace Walpole

Posté : 9 juillet, 2017 @ 10:28 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Fantastique The Castle of Otranto, Vathek & Nightmare Abbey

Editeur : Wordsworth Editions

Année de sortie : 2009 [1764]

Nombre de pages : 95

Titre en français : Le Château d’Otrante

Synopsis : The Gothic novel, featuring dark takes of tragedy, romance, revenge, torture and ancient villainies, tinged with horror and the supernatural, became the vogue in the late eighteen and early nineteenth centuries. This unique collection presents the best and the most diverse of this fascinating genre. In Horace Walpole’s The Castle of Otranto, often regarded as the first true Gothic romance, we have a template for such works, which other writers adopted and adapted. WIth its dark cruelties and fiercely passionate dramas, the power of Walpole’s prose remains magically potent today.

[...] This fantastic collection runs the gamut of Gothic fiction, presenting an entertaining and a thrilling overview of the genre.

 

Avis : Comme je vais étudier le gothique l’année prochaine, je me suis dit que ce serait peut-être bien de lire quelques œuvres classiques du genre, et The Castle of Otranto est considéré comme le premier roman gothique !

C’était donc un plaisir de le découvrir, puisqu’il fixe déjà quelques règles du genre : le château hanté, et même, la demeure vivante en quelque sorte ; les manifestations fantomatiques ; l’inceste ; le roi qui devient tyran, dirigé par ses passions et qui, pourtant, semble avoir un bon fond ; la prophétie, qui pousse le roi à tout faire pour que sa lignée ne s’éteigne pas ; les morts tragiques. J’ai aussi retrouvé certains aspects de contes de fées, notamment la reconnaissance de l’héritier à la fin, ou le coup de foudre de la princesse pour l’héritier au premier regard, alors qu’elle ne sait pas encore qui il est. Bien sûr, c’est un conte de fées qui tourne très mal. Ce livre, comme la plupart des œuvres gothiques, est fait pour faire frissonner le lecteur, pour provoquer l’émotion aussi, notamment dans plusieurs scènes dramatiques ; le sachant, je ne pensais pas que cela marcherait sur moi, et pourtant, ce fut le cas ! Je m’attendais aussi à trouver une écriture peut-être difficile à lire – The Castle of Otranto date quand même de 1764 – mais pas du tout ; c’est très agréable à lire ! Certes, il y a quelques traces d’ancien anglais, du genre « thou », « thy », ou l’ajout de « st » à la fin des verbes à la troisième personne, mais ça ne gêne pas du tout la lecture ! 

Je me suis un peu renseignée avant de lire The Castle of Otranto, et j’ai vu qu’il était possible d’avoir deux interprétations du livre : soit c’est une histoire sérieuse, conservatrice, qui met en valeur la place de la noblesse dans la société, la nécessité pour elle de retrouver ce qui lui est dû, et la punition de ceux qui s’y opposeraient, des usurpateurs ; soit c’est une histoire absurde, controversée, qui tourne en ridicule le fait que la pureté de la noblesse ait un lien avec une supériorité divine. Il est difficile de choisir une interprétation définitive, mais, j’ai lu The Castle of Otranto comme une œuvre sérieuse. En effet, Manfred et sa famille sont punis pour avoir usurpé le château d’Otranto à son héritier légitime ; de plus, les manifestations fantomatiques font forte impression sur les domestiques et sur la famille de Manfred : elles sont toujours gigantesques, et il est impossible à quiconque de s’opposer à elles. La seule chose qui contrecarre l’interprétation sérieuse est le ridicule des personnages parfois, notamment le père d’Isabella et Theodore. J’ai aussi lu que ce texte pouvait être rapproché d’Hamlet, et je suis tout à fait d’accord ! Malgré le fait que j’ai beaucoup aimé ma lecture, The Castle of Otranto ne peut pas être un coup de cœur pour plusieurs raisons : une certaine misogynie, sans aucun doute due à l’époque, mais qui m’agace tout de même – j’ai aussi eu l’impression qu’elle était soutenue par un personnage féminin, Hippolita, ce qui était encore plus agaçant -, une présence excessive de la religion, ce qui est un trait caractéristique de certaines œuvres gothiques – mais, encore à cause d’Hippolita, la religion devenait assez agaçante -, l’instalove, ou deux personnages qui viennent à peine de s’apercevoir tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, des personnages très stéréotypés, comme le prince caché de qui on découvre l’identité à la fin, ou la princesse qui veut aller au couvent, mais qui rencontre le prince et qui tombe amoureuse de lui au premier regard. Comme ils sont stéréotypés, ils ne sont pas très développés, ni très « réalistes » : Manfred, par exemple, le roi devenu tyran, n’est pas un personnage manichéen, mais il se laisse tellement guidé par ses passions qu’il finit par demander l’inacceptable à la fiancée de son fils et à sa propre femme. Il se laisse régulièrement attendrir par certains personnages, ce qui leur évite la mort. De plus, Manfred est sujet à l’hybris, c’est-à-dire l’excès d’orgueil. Il insulte un représentant de Dieu et lui ordonne de faire des choses contraires à son éthique religieuse ; se plaçant ainsi, en quelque sorte, au-dessus de Dieu, il doit se repentir ou en payer les conséquences. La reine Hippolita est assez agaçante, parce que c’est typiquement le genre de reine complètement dévouée et soumise à son mari : il peut faire ce qu’il veut d’elle, elle lui obéira en tout. Elle a influencé en cela sa fille Matilda, qui veut entrer au couvent parce qu’elle ne ressent pas d’amour, et veut donc se tourner vers Dieu. Seul le personnage d’Isabella s’oppose à Manfred et refuse de se soumettre. Autres personnages : Theodore, ou l’archétype du héros parfait et frère Jérôme, qui tente de faire comprendre au roi qu’il prend une mauvaise décision, et qui se retrouve lui-même dans une situation difficile entre ses choix religieux et ses choix personnels.

La fin est tragique, comme elle doit l’être dans ce genre de romans. Elle clôt très bien le livre !

 

Donc, une très bonne lecture ; j’ai apprécié voir les différentes règles du gothique mises en application ici !

Harry Potter, book 7: Harry Potter and the Deathly Hallows de J. K. Rowling

Posté : 29 juin, 2017 @ 4:09 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Harry Potter and the Deathly HallowsGenre : Fantastique

Editeur : Bloomsbury

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 607

Titre en français : Harry Potter et les reliques de la mort

Synopsis : Harry is waiting in Privet Drive. The Order of the Phoenix is coming to escort him safely away without Voldemort and his supporters knowing – if they can. But what will Harry do then? How can he fulfil the momentous and seemingly impossible task that Professor Dumbledore has left him?

 

Avis : Une petite baisse de régime niveau lecture : c’était le moment de terminer à nouveau Harry Potter !

C’était la première fois que je lisais la saga en VO – excuse pour la relire haha ! J’ai relu The Half-Blood Prince en août 2016, et je n’ai pas osé lire le dernier tome : encore toutes ces morts, encore fini … Mais, à cause de ma baisse de régime – c’est-à-dire que j’avais l’impression de ne plus rien ressentir quand je lisais -, je me suis dit qu’il était temps de lire The Deathly Hallows. Il n’y a que quelques séries qui me remettent sur le chemin de la sensibilité, et Harry Potter en fait partie !

Je n’avais pas oublié que le début était un peu long : je l’ai trouvé moins difficile à lire que la première fois, parce que je savais que cela ne durerait pas tout le livre. Et même si cela paraît long, c’est nécessaire : la quête des Horcruxes ne peut pas être facile, sinon les lecteurs s’en plaindraient aussi ! [SPOILER] Lorsque Ron s’en va, j’ai eu presque l’impression que son impatience et sa déception de ne pas vivre une aventure étaient celles du lecteur, comme un avertissement que l’histoire ne peut pas être si facile. Du coup, le lecteur se sent un peu penaud, comme Ron lorsqu’il revient. [FIN DU SPOILER] Pendant ces moments où l’action est plutôt diffuse, il est intéressant de voir évoluer les relations entre les personnages. Bien sûr, le lecteur se doute déjà que l’amour flotte dans l’air, mais il comprend mieux, par exemple, les sentiments de Ron envers Harry – même si, là aussi, il s’en doutait déjà. Il découvre également la magie du côté obscur, celle que pratique Voldemort – il peut voler sur une espèce de nuage noir par exemple -, et du « bon » côté, comme le sort de McGonagall à la fin. L’univers est toujours aussi accueillant, malgré le fait que l’on ne retourne pas à Hogwarts. J’avoue quand même que l’ambiance et l’atmosphère du château m’ont manqué dans ce tome. Ici, le lecteur vit aux côtés de Ron, Harry et Hermione, sous la tente géante, entouré de sorts protecteurs, prêt à voir surgir les Death Eaters n’importe quoi. L’atmosphère est donc un peu pesante, surtout avec les tensions qui apparaissent entre les personnages. Evidemment, l’émotion est présente, pas seulement grâce aux nombreuses morts très douloureuses pour le lecteur, notamment [SPOILER] Dobby, Fred, Lupin, Tonks, Snape, Fol-Œil [FIN DU SPOILER], mais aussi grâce à de beaux moments, comme [SPOILER] le changement d’attitude de Kreatur et son entrée dans la bataille à la fin avec les autres elfes de maison et les centaures venus de la forêt interdite. [FIN DU SPOILER] Petites larmes, bien sûr. A nouveau, j’ai adoré découvrir l’histoire de Snape, l’explication de son comportement : le lecteur le déteste depuis le début quand même ! [SPOILER] Un des meilleurs « méchants » reconvertis, que le lecteur s’en veut parfois d’avoir haï, qui nous émeut, avec son éternelle réplique en réponse à Dumbledore : « _After all this time? _Always. » [FIN DU SPOILER] L’action finit par venir, dans une sorte de deuxième partie du livre ; Gringotts, dragon, bataille finale : le lecteur est transporté et tremble que quelque chose se passe mal !

L’évolution de certains personnages se fait vraiment sentir ici : Harry finit par être complètement guidé par son instinct, il sait ce qu’il doit faire, et la mort d’un de ses proches le débloque totalement. Sa faiblesse est son amour pour ceux qui l’entourent, faiblesse qu’exploite Voldemort, comme d’autres avant lui. Evidemment, il est courageux, mais, lisant ses pensées, on comprend qu’il ne veut pas être le héros, qu’il est forcé de l’être. Cette fois, il ne peut pas compter sur les autres pour le soutenir, il doit agir seul. Hermione est très agaçante à cause de son manque d’ouverture d’esprit. J’ai aussi remarqué, lors de cette relecture, qu’elle est très émotive – elle pleure quand même très souvent -, ce qui la fait paraître plus fragile que les deux garçons, ce que je trouve dommage : en effet, parce qu’elle est avec Ron et Harry, et comme elle est la seule fille, il est facile de se dire qu’elle pleure justement parce qu’elle est une fille. C’est quand même limite. Ron m’a semblé beaucoup plus s’affirmer dans ce tome ; je l’ai vraiment beaucoup apprécié. Il est un peu une figure du lecteur à plusieurs reprises dans le livre : lorsqu’il se plaint que l’aventure est longue à venir par exemple. Il est aussi mignon dans sa façon de tenter de se rapprocher de l’élue de son cœur, comme si ce n’était pas évident ! [SPOILER] J’ai vu certaines personnes déplorer qu’Hermione finisse avec Ron et pas avec Harry ; maintenant que j’ai lu le livre deux fois, je ne la vois pas du tout avec Harry. L’humour de Ron compense le sérieux d’Hermione : en d’autres termes, ils sont parfaits ensemble, ils sont faits pour former un couple. [FIN DU SPOILER] Même s’il est mort dans le tome précédent, le lecteur apprend beaucoup de choses sur Albus Dumbledore. C’est d’ailleurs assez douloureux : comme Harry, Ron et Hermione, le lecteur idéalisait le directeur, ne l’imaginait pas avoir certains défauts, faire certaines choses. En lisant les révélations à son sujet, je me suis sentie mal la première fois que j’ai lu, et je l’ai un peu détesté : [SPOILER] depuis le début, il se sert à la fois d’Harry et de Snape pour le bien commun, tout en sachant pertinemment qu’Harry doit mourir à la fin !!! C’est quand même affreux ! Il ne lui a rien expliqué, ne lui a rien raconté sur sa vie, ne lui a pas parlé de ses difficultés à faire le bien, de sa faiblesse face au pouvoir, et il attend d’Harry qu’il soit plus fort que lui ! [FIN DU SPOILER] Avec cette deuxième lecture, je me suis un peu adoucie : Harry doit découvrir les choses par lui-même, sans quoi il risque de ne pas les accepter parce qu’elles viennent de quelqu’un d’autre. Dumbledore reste donc un de mes préférés ! Quant à Voldemort, on ne peut pas parler d’évolution le concernant : en fait, il n’évolue pas. Il ne comprend pas ce qu’Harry et Dumbledore – même Snape ! – ont de plus que lui. Il ne pense qu’en termes de pouvoir, sans comprendre que le pouvoir sans l’intelligence ne sert à rien. Bien sûr, il est, en un sens, intelligent, mais il ne comprend pas les choses plus grandes que lui : pas seulement l’amour, mais aussi, par exemple, l’allégeance des baguettes. De nombreux autres personnages se trouvent dans ce dernier tome, notamment toute la famille Weasley, famille dont le lecteur a envie de faire partie, Minerva McGonagall, que l’on voit brièvement, mais que l’on apprécie toujours autant, Hagrid, nounours au grand cœur, Dobby, où la « mignonitude » – oui, ça n’existe pas, tant pis ! – incarnée, Lupin, que l’on aime retrouver, et qui nous déçoit comme Harry, etc. Côté obscur : Bellatrix, au maximum de la cruauté, Narcissa, personnage de second plan que le lecteur n’apprend pas vraiment à connaître, Lucius, ou la lâcheté incarnée ?, Draco, qui paie pour les erreurs de son père, et qui semble commencer à comprendre qu’il n’est pas forcément dans le bon camp.

La fin est douce-amère, puisque certains personnages sont morts ! Mais cela reste une fin heureuse pour une saga formidable, que je le relirai sans doute encore de nombreuses fois ! J’ai aimé le « Dix-neuf ans après » ; cela m’a donné envie, à l’époque, de lire la vie à Hogwarts sans les dangers qu’a rencontré Harry !

 

Donc, évidemment, un coup de cœur, qui m’a remis sur la voie de la sensibilité !   

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