Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Supplément au voyage de Bougainville de Diderot

Posté : 11 janvier, 2016 @ 7:50 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Supplément au voyage de BougainvilleGenre : Essai, Classique

Editeur : Folio

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 95

Synopsis : Les Tahitiennes sont fières de montrer leur gorge, d’exciter les désirs, de provoquer les hommes à l’amour. Elles s’offrent sans fausse pudeur aux marins européens qui débarquent d’un long périple. Dans les marges du récit que Bougainville a donné de son voyage, Diderot imagine une société en paix avec la nature, en accord avec elle-même. Mais l’arrivée des Européens avec leurs maladies physiques et surtout morales ne signifie-t-elle pas la fin de cette vie heureuse ? Entre l’information fournie par Bougainville et l’invention, Diderot fait dialoguer deux mondes, mais il fait surtout dialoguer l’Europe avec elle-même. Il nous force à nous interroger sur notre morale sexuelle, sur nos principes de vie, sur le colonialisme sous toutes ses formes. Il nous invite à rêver avec lui à un paradis d’amours impudiques et innocentes. La petite île polynésienne ne représente-t-elle pas la résistance à toutes les normalisations ?

 

Avis : En voyant que j’allais étudier ce livre, j’ai eu un mauvais a priori et je pensais m’ennuyer à sa lecture.

Je me trompais ! Je ne m’attendais à un tel choc des civilisations ; car c’est bien ce que fait Diderot ici. Il prend l’Europe, le vieux monde qui se croit dominant et le plus civilisé, et il le confronte à Otaïti, Tahiti en réalité, faisant parler deux de ses membres pour montrer à quel point ils sont différents de nous, à notre détriment ! Là où les Européens se pensent plus civilisés parce qu’ils ont des lois et des mœurs religieuses et sociales, ils se retrouvent en face de leurs propres contradictions quand ils sont interrogés par les Otaïtiens, ne sachant comment leur faire comprendre leur morale. Ce qu’écrit Diderot est révolutionnaire, avant-gardiste pour son époque : ils veulent faire ouvrir les yeux aux Européens engoncés dans leurs préjugés, leur montrer qu’ils ne sont pas les meilleurs, qu’ils ne sont pas supérieurs, mais que, peut-être, leurs vices, leurs crimes et leur bêtise les placent à un rang inférieur de ceux qu’ils jugent comme des sauvages.   

Evidemment, même si l’on reconnaît l’intelligence et l’évidence des remarques des deux Otaïtiens, cela ne veut pas dire que l’on va vivre comme eux à notre tour. Diderot l’évoque à la fin de son essai : « Disons nous à nous-mêmes, crions incessamment qu’on a attaché la honte, le châtiment et l’ignominie à des actions innocentes en elles-mêmes, mais ne les commettons pas, parce que la honte, le châtiment et l’ignominie sont les plus grands de tous les maux. » Malgré le fait qu’il sache que les actions dont il parle ne sont pas immorales, il faut vivre avec son temps, et dans son temps, et donc respecter les mœurs de celui-ci. De plus, l’éducation que nous avons reçue nous empêche de concevoir certaines pratiques présentées dans le livre comme pouvant être les nôtres un jour, notamment les pratiques sexuelles ; A le dit bien quand il déclare qu’il est difficile de revenir sur ses mœurs, qui finissent par être ancrées en nous. Il faut des années pour s’en défaire.

L’auteur évoque également la religion dans son essai, montrant qu’elle est anti-naturelle et qu’elle corrompt les hommes « naturels » en leur imposant des lois difficiles à respecter. Il l’oppose à la nature, mais également à la société : ainsi l’homme se voit dicter sa conduite, et ne parvient jamais à faire coïncider les trois lois. La religion, au lieu de sembler pure, est ici corruptrice, ainsi que la justice : par les lois qu’elles formulent, elles proposent par-là même la transgression de cette loi, alors qu’elle ne serait pas venue dans la tête des hommes sans son opposé !

Les passages sur le fait d’avoir des enfants montrent à quel point cet événement est important, et à quel point les hommes en viennent à le mépriser. L’exemple de Polly Baker est parlant : parce que ses enfants sont hors-mariage, elle est méprisée, ainsi qu’eux, alors que la religion ne semble pas les condamner. Les hommes s’octroient ainsi le pouvoir des cieux et se permettent de juger des crimes qui ne sont pas de leur ressort ; il en est de même quand cela concerne les « sauvages » : ils se considèrent comme supérieurs et ont donc droit de vie et de mort sur eux. Ils ne comprennent pas leurs pratiques, se pensent adulés et donc se permettent de les mépriser, quand ils ne font que se servir d’eux.

Malgré cette liberté visible chez les « sauvages », et après réflexion et analyse, on peut pourtant se rendre compte qu’ils ne sont pas tout à fait libres. Leurs mœurs ne sont peut-être pas les nôtres, mais ils en possèdent tout de même, et elles sont assez contraignantes : tous doivent obligatoirement participer à l’acte sexuel, et faire des enfants. Les femmes semblent donc bien moins libres que les hommes, et même ceux-ci sont obligés de concevoir. Ceux qui n’en sont pas capables sont écartés de la vie en société. Cette liberté est donc relative, et ressemble assez à un petit enfer totalitaire.  

Il y a encore quantité de choses à dire sur ce livre, mais un article n’y suffirait pas. Ainsi, Diderot montre que l’autre n’est pas forcément inférieur, qu’il est même supérieur parce qu’il est resté naturel et ne se préoccupe pas de lois et de morales qui ne feraient que le rendre malheureux ; cela ne veut pas dire qu’il faut vivre comme le « sauvage », qui a lui aussi des contraintes importantes. Selon l’essai, l’homme européen, civilisé, est malheureux et aigri, il ne goûte pas le plaisir de la vie, mais passe à côté de celle-ci en pensant que tout est normal, quant le Tahitien vit, semble-t-il, comme bon lui semble, tout en étant lui aussi enchaîné par une morale.

 

En définitive, un excellent essai, qui vaut vraiment le coup d’être lu, et qui montre la bêtise des hommes qui se croient supérieurs aux autres parce que ces derniers sont différents.

Le deuxième sexe, tome 2 de Simone de Beauvoir

Posté : 19 mai, 2015 @ 4:00 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Le deuxième sexe tome 2Genre : Essai

Editeur : Folio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 652

Synopsis : Comment la femme fait-elle l’apprentissage de sa condition, comment l’éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d’un lourd passé, s’efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j’emploie les mots « femme » ou « féminin » je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre « dans l’état actuel de l’éducation et des mœurs ». Il ne s’agit pas ici d’énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s’enlève toute existence féminine singulière.

 

Avis : J’ai lu le premier tome du Deuxième sexe il y a presque un an, et je me souviens avoir beaucoup appris en le lisant. J’étais sûre d’en apprendre autant dans le second tome, et je ne me suis pas trompée.

Cette fois, l’essai est plus ancré dans la société dans laquelle vit Simone de Beauvoir, celle d’après-guerre, mais aussi celle des années 70, étant donné que le livre a été revu en 1976. Cela nous indique tout de suite que la condition de la femme évolue, change avec le temps. Le livre est divisé en quatre parties (sans compter l’introduction et la conclusion) qui évoquent toutes la femme différemment. La première est Formation : elle la présente dans les différents aspects de sa vie, de l’enfance à l’âge adulte en traitant aussi le cas particulier de la lesbienne. Il est étrange de constater à quel point l’auteure a cerné la femme dans toute sa complexité, à quel point elle est capable de donner un point de vue général sur elle tout en parlant des exceptions que constituent certaines femmes. Sa formation est celle que lui impose la société, et c’est très clair dans cette partie du livre. Le lecteur féminin peut parfois se retrouver dans certaines situations, se reconnaître dans certaines descriptions, même si, comme l’auteure le rappelle dans l’introduction, ce livre ne donne pas de vérités éternelles. Les femmes et leur éducation ont changé, tout comme la société, même si elle n’est pas devenue à 100% égalitaire. L’on ne peut plus dire aujourd’hui que la condition de la femme en Occident est la même que celle-ci en 1945 et même en 1976, même s’il est vrai qu’il reste à la femme des combats et des défis à relever. En revanche, l’on peut penser que certaines femmes encore aujourd’hui vivent ce que Simone de Beauvoir écrit dans d’autres pays, et qu’elles doivent entrer dans le même processus de libération que les femmes occidentales. La deuxième partie évoque les différentes situations de la femme dans la société, comme celle de mariée, ou de mère. Certains passages font peine à lire, et donnent vraiment aux lecteurs envie de se révolter. Dans tout ce qu’elle entreprend, dans toutes les facettes de sa vie, la femme n’est jamais libre et toujours soumise, même quand elle est prostituée ou hétaïre. Elle a besoin de l’homme et ne peut se passer de lui parce qu’elle a été éduquée d’une certaine façon, et parce que la société ne lui donne pas la chance de faire ses preuves, de montrer qui elle peut être. Le passage sur la vieillesse de la femme est consternant : elle se rend compte qu’elle n’a pas vécu et qu’elle ne peut pas rattraper le temps perdu. La troisième partie se nomme Justifications, et traite de trois types de femmes : la narcissiste, l’amoureuse et la mystique. Le lecteur féminin peut se retrouver à la fois dans plusieurs de ces femmes sans totalement s’y identifier : toujours, quelque chose ne va pas dans la description pour coller parfaitement au lecteur, il lui manque quelque chose d’essentiel que la femme n’a pas à l’époque : sa liberté. La quatrième partie s’appelle Vers la libération et montre ce que serait la femme indépendante. L’on se rend alors compte que les femmes ont remporté des victoires pour enfin prendre leur vie en mains et être libre, mais également qu’elles n’ont pas encore achevé cette libération. Le passage sur l’art et la littérature m’a frappé par sa justesse, même si les femmes écrivains sont plus ou moins reconnues aujourd’hui.

Dans ce second tome, Simone de Beauvoir m’a encore semblé objective, même s’il était possible de constater quelques piques vers certains auteurs ou certaines thèses, mais aussi de l’admiration pour d’autres. Elle a vraiment pris la femme pour sujet d’étude objectif, mais elle s’est aussi servie de son observation de la société pour enrichir son œuvre. Elle parle parfois de personnes qu’elle connaît, qui lui ont permis de prouver ce qu’elle affirmait en donnant un exemple pris dans la réalité. De plus, l’auteure utilise également de nombreuses exemples tirés d’œuvres de femmes afin de soutenir sa thèse, comme Sophie Tolstoï ou Colette, ou d’œuvres de psychologie comme La Femme frigide de Stekel ou Les Obsessions de la psychasténie de Pierre Janet. Certains exemples montrent bien la détresse féminine, comme d’autres montrent des expériences malheureuses ou heureuses, des femmes qui ont guéries ou qui sont mortes.

J’ai vraiment appris énormément sur la femme en lisant ce livre, mais également sur l’homme, sur les rapports qu’ils entretiennent l’un avec l’autre et sur la société en général. Je pense que ce livre peut autant apporter aux femmes qu’aux hommes, et qu’il est important que tous deux le lisent pour se rendre plus pleinement compte de ce qui constitue leur passé, mais aussi leur vie, parce que certains aspects de l’essai sont encore vrais aujourd’hui.

 

En définitive, un livre exceptionnel sur la femme, l’homme, leurs rapports, la société, qui apprend beaucoup de choses aux lecteurs et qui leur permet de se rendre compte que tout n’est pas encore gagné : dans de nombreux pays, la femme n’est toujours pas libre, et cet ouvrage pourrait bien refléter leur vie. Il est important de connaître son passé pour se construire un avenir, et je pense que ce livre aide vraiment à le faire.

Le deuxième sexe, tome 1 de Simone de Beauvoir

Posté : 7 août, 2014 @ 1:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Le deuxième sexe 1Genre : Essai, Philosophie

Editeur : Folio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 408

Synopsis : Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain.

 

Avis : Je voulais lire ce livre depuis un moment, d’abord parce que je suis une femme, et ensuite parce que je me demandais ce que Simone de Beauvoir pouvait bien dire sur elle. Je me demandais de quoi elle allait parler, si elle allait rester objective, ou la passion l’emporterait, si son livre allait être virulent ou plus sage.

J’ai appris beaucoup de choses dans ce livre, et il m’a ouvert les yeux sur certains aspects de la condition féminine, notamment avec la biologie, la psychanalyse et la littérature, dans la dernière partie. Je me suis rendue compte que je m’étais souvent demandée pourquoi les hommes étaient considérés comme supérieurs aux femmes sans jamais obtenir de réponse à ma question. On peut dire que ce livre m’en a fourni une ! Le discours est très structuré, et ce premier tome traite d’abord de la vision que les hommes ont des femmes, en trois parties, Destin, Histoire et Mythes. La première partie est surtout centrée sur la biologie – bien que la psychanalyse et le matérialisme historique se trouvent dans la même partie -, et bien que je ne sois pas une scientifique dans l’âme, cela m’a beaucoup intéressé. La partie Histoire était elle aussi très intéressante, et nous apprend beaucoup de choses. La dernière partie, celle des Mythes, remonte à l’Antiquité, à Astarté et Cybèle, et je dois dire que j’ai été surprise de la lire ; l’on y apprend beaucoup. Il est visible que Simone de Beauvoir s’est documentée et a longtemps étudié la question avant d’écrire son livre, que l’on peut dire complet en ce qui concerne la vision de la femme par l’homme.

Simone de Beauvoir m’a semblé assez objective dans toute son œuvre, bien qu’elle nous prévienne dans l’introduction qu’un point de vue purement objectif est impossible : que l’on soit homme ou femme, l’on est juge et parti, et l’on aborde toujours la question d’un certain angle. J’ai trouvé quelques remarques que l’on peut dire subjectives, mais elles sont peu nombreuses, et l’on peut dire que la philosophe a tenté ici d’être la plus neutre possible, de regarder le problème avec des yeux d’ »étudiante », et non de femme en tant que telle.

Bien sûr, il faut aujourd’hui remettre ce livre dans son contexte : il a été écrit en 1949, soit plus de cinquante ans avant que nous le lisions. La situation des femmes a évolué, et heureusement ! Mais, parfois, les femmes ne sont pas encore considérées comme les égales des hommes. Certains d’entre eux sont toujours plongés dans leur machisme et ne pensent même pas à reconsidérer la question.  De plus, la condition des femmes a évolué dans une certaine partie du monde, mais pas partout. Dans certains pays, les femmes restent opprimées, n’ont aucun droit, et, pire encore, certaines pensent vraiment que là est leur place et qu’elles ne sont pas égales aux hommes, qu’elles doivent vivre soumises. Les mères éduquent leurs filles – et leurs fils – dans cette optique, et la situation tourne en rond. Il y a donc encore beaucoup à faire pour les droits des femmes, même si certains pensent que tout est déjà fait.

 

En définitive, un livre enrichissant, très intéressant, que je conseille à toutes les femmes et à tous les hommes. Je lirai bientôt le deuxième tome.

L’histoire culturelle de Pascal Ory

Posté : 30 juillet, 2014 @ 8:04 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

L'histoire culturelleGenre : Essai, Historique

Editeur : Puf

Année de sortie : 2004

Nombre de pages : 119

Synopsis : L’histoire culturelle est à la mode. Certains s’en agacent, certains mettent en doute son existence. On parle ici de flou conceptuel, là d’impérialisme. Comment, en effet, rendre compte d’un champ d’investigation qui s’étend des arts plastiques aux arts martiaux, de la sensibilité aux parfums à la spiritualité de Saint Louis ? Cet ouvrage apporte quelques réponses simples à ces questions complexes : oui, il est facile de définir l’histoire culturelle – comme une « histoire sociale des représentations ». Oui, il n’est pas difficile d’en reconstituer les origines. On peut en préciser les objets, dans leur cohérence : la cohérence d’un regard sur les sources, sur leur mode de questionnement, qui est, par là, questionnement du monde.

 

Avis : Je pensais que j’allais plus apprécier ce livre que celui que j’ai lu sur Les paradis fiscaux, et finalement, je me suis ennuyée en le lisant …

Je n’ai pas bien suivi ce livre, je m’y suis un peu perdue. La structure était claire, mais je dois avouer que ça ne m’a vraiment intéressé … C’est plus de la théorie que de l’histoire réelle. Ce qui m’a le plus posé problème, c’est la façon d’écrire de l’auteur : il met des virgules partout, cela coupe ses phrases, et je perdais souvent le fil. Ce qui est très bien en revanche, c’est le nombre d’exemples utilisés par l’auteur, cela permet de mieux comprendre ce qu’il dit, de remettre les idées exprimées dans un contexte concret, en pratique plutôt qu’en théorie.

 

En définitive, un livre intéressant mais auquel je n’ai pas su accrocher. Je préfère les livres sur des exemples concrets, j’ai de plus en plus de mal avec la théorie toute simple.

Les paradis fiscaux de Christian Chavagneux et Ronen Palan

Posté : 26 juillet, 2014 @ 3:02 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Les paradis fiscaux Genre : Essai

Editeur : La Découverte

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 114

Synopsis : Le rôle des paradis fiscaux dans la mondialisation est bien plus important que les échos d’évasion fiscale ou de blanchiment d’argent qui nous en parviennent. Qui sait, par exemple, que les îles Vierges britanniques investissent plus en Chine que les Etats-Unis ? Que les îles Caïman sont le quatrième centre financier mondial ? Ce livre précise ce que sont les paradis fiscaux et quelle est l’ampleur du phénomène dans la mondialisation contemporaine. Il retrace les étapes politiques qui ont soutenu leur émergence, à la fin du XIXe siècle, jusqu’au boom depuis les années 1960-1970. Il présente les utilisateurs des paradis fiscaux et les instruments qu’ils mobilisent pour opérer dans l’économie mondiale. Enfin, l’ouvrage analyse les politiques publiques qui ont été menées depuis les années 1920 pour lutter contre ces États parasites et explique pourquoi elles n’ont abouti à rien jusqu’à présent. On y découvrira que l’Union Européenne est aujourd’hui la zone la plus avancée sur la voie d’une possible remise en cause des paradis fiscaux.

 

Avis : Encore un livre pour les cours, et je pensais m’ennuyer à mourir. Il faut dire que les paradis fiscaux ne me passionnent pas vraiment, comme à peu près tout ce qui touche à l’économie. Mais finalement, j’ai appris beaucoup de choses très intéressantes, et surtout des choses que je ne soupçonnais même pas.

Ce livre est divisé en quatre parties pour bien nous faire comprendre ce que sont les paradis fiscaux, comment ils sont apparus, qui les utilisent et les tentatives avortées de lutter contre eux. Quand j’ai acheté le livre, je n’ai pas fait attention à l’édition, et donc je ne me suis pas rendue compte que celle-ci datait de 2006, et donc, ne prenait pas en compte les crises qui ont suivi … Seul un chapitre me manque, je chercherai des articles qui en parlent. Je me suis aperçue en lisant ce livre, je ne connaissais absolument rien aux paradis fiscaux. J’ai été très étonnée de ce que j’ai appris, et je me suis trouvée bien naïve à la fin de l’ouvrage. L’image que l’on nous donne des paradis fiscaux est vraiment faussée, et l’on se concentre sur des paradis exotiques qui sont censés à eux tout seuls regrouper la plupart des capitaux des personnages les plus riches de notre monde. L’image donnée par l’œuvre est très différente. L’histoire des paradis fiscaux est aussi étonnante. Quant aux usagers, on pensait les connaître, et on se rend compte ici qu’on en oublie la majorité, alors qu’il semble évident qu’eux aussi les utilisent. Les institutions internationales tentent de lutter contre eux sans réel résultat, puisque les intérêts personnels de tous ne vont pas dans le même sens, et qu’ils font preuve d’une ironie sans bornes en déclarant qu’il ne reste, en 2006, que cinq paradis fiscaux dans le monde. J’ai donc été vraiment surprise en lisant ce livre, en comparant l’image que nous donnent les médias, et l’image réelle des choses.

Le style de l’auteur est très abordable, il n’y a pas de termes compliqués, pas de formulations de phrases excentriques, ni de pédanterie. Il utilise l’ironie parfois, surtout à la fin du livre, quand il parle des tentatives de lutte contre les paradis fiscaux. Les explications sont claires, la thèse est exposée de façon logique, et il est simple de s’y retrouver.

 

En définitive, un livre qui peut intéresser tout le monde, qui n’est pas très compliqué à comprendre, et qui nous apprend beaucoup de choses, et change notre vision de la finance mondiale.

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