Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Les Mystères du Trône de Fer de Thierry Soulard

Posté : 1 juillet, 2019 @ 11:49 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai, FantasyLes Mystères du Trône de Fer

Editeur : Pygmalion

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 325

Synopsis : Words are wind, « Les mots sont du vent ».

C’est une phrase qui peu à peu s’installe entre les pages de la saga de George R.R. Martin, A Song of Ice and Fire, connue en français sous le titre Le Trône de Fer. On la retrouve aussi bien dans la bouche de Tyrion Lannister que de Daenerys Targaryen ou de Jon Snow, dans des contextes très différents. Mais sous la plume de George R.R. Martin, cette expression devient indice. Les mots sont du vent, c’est le rappel que les mots sont magiques, car polysémiques. Chargés de sens, mais de sens multiples et changeants.

Avant d’être un monde de dragons, de complots et de trahisons, l’univers du Trône de Fer est un monde de mots. Décrypter ces mots, et les multiples indices littéraires laissés par George R.R. Martin, permet de mieux comprendre les intrigues du livre et la portée de l’œuvre.

George R.R. Martin est-il vraiment un écrivain à l’imagination fertile mais au style basique, comme on le croit trop souvent ? Comment a-t-il fait pour captiver autant de lecteurs avec des mots d’apparence si simples ?

Des procédés littéraires de l’auteur culte aux différentes théories qui en découlent, Les Mystères du Trône de Fer est un ouvrage incontournable pour comprendre pourquoi et comment George R.R. Martin a révolutionné l’écriture et la littérature de Fantasy.

 

Membre de La Garde de Nuit, fan obsessionnel du Trône de Fer, Thierry Soulard est journaliste, producteur de contenus et nouvelliste. 

 

Avis : J’ai appris l’existence de ce livre par une amie qui l’a lu, et a adoré ! Il m’a été offert peu de temps après ; j’ai décidé de le lire après les oraux, histoire de pouvoir me concentrer pleinement sur la lecture !

En effet, Les Mystères du Trône de Fer est le type de livre qui demande un peu de réflexion, étant donné que l’auteur analyse les procédés littéraires, et notamment langagiers, de George R. R. Martin dans sa série Fantasy. J’adore l’analyse littéraire, et j’adore aussi faire des théories sur ce qui va arriver dans une série : ce livre était donc parfait pour moi ! J’ai appris certaines choses que je ne savais pas du tout sur Le Trône de Fer, notamment la partie sur les Moutons, les Léviathans et les Fous ! Il faut dire que je n’ai lu la série qu’une seule fois et que je ne l’ai jamais analysée ; donc, j’aime lire ce genre d’essais, et même des thèses, qui analysent pour moi. Je peux alors relire l’œuvre, et je détermine si je suis d’accord ou non avec ce qui m’a été proposé. Et je peux vous dire que Les Mystères du Trône de Fer m’a donné très envie de me replonger dans A Game of Thrones, la première intégrale de A Song of Ice and Fire ! J’ai envie de trouver de petits indices, d’examiner les prophéties et les rêves des personnages, d’y trouver peut-être autre chose. J’ai déjà commencé, et j’adore !!

Un autre élément que j’ai adoré dans ce livre : l’auteur nous montre à quel point George R. R. Martin est un auteur intelligent, qui manie la langue avec brio pour jeter ses lecteurs sur de plus ou moins bonnes pistes. J’ai souvent entendu dire que la Fantasy était un genre moins noble à cause de l’écriture de ses auteurs : ils sont moins bons, moins poétiques, moins littéraires, etc. Ce livre nous « prouve » le contraire. Il est tout à fait possible d’analyser et de travailler sur ses oeuvres. Elles ont, comme les classiques ou les romans plus littéraires, leurs secrets ; leur interprétation n’est pas aussi évidente qu’elle peut le paraître au premier abord. Et, rien que pour ça, j’aime ce livre ! Je n’ai, personnellement, jamais pensé ça ; j’ai toujours aimé l’écriture simple, mais belle, de George R. R. Martin, et j’adore sa façon de jouer avec les mots ; mais j’ai déjà eu une conversation avec quelqu’un à la fac qui dénigrait George R. R. Martin et sa série parce qu’elle était, pour lui, mal écrite, et qu’elle n’avait, en gros, pas de valeur littéraire ! 

Cet essai est divisé en cinq parties : la première est plus une sorte d’introduction générale selon moi, une « vue d’ensemble », pour reprendre le titre du troisième chapitre. La deuxième se concentre sur les prophéties, rêves et autres visions : cela permet de découvrir que l’auteur anticipe beaucoup, et livre effectivement des indices lors de ces passages ; on peut également y trouver des événements qui ne se sont pas encore produits, et donc créer des théories fondées sur ces passages de l’œuvre. La troisième traite des mensonges en général, que ce soit sur l’identité, ou des mensonges effectifs, prononcés. L’auteur évoque les chanteurs, qui embellissent souvent les faits, ainsi que la fameuse prophétie sur Azor Ahaï ! La quatrième partie se concentre sur les chiffres et les lettres, donc les sortes de codes qu’on peut trouver dans l’œuvre, une écriture cryptée qui permet de faire passer des messages secrets que le lecteur ne comprend pas toujours. Et la cinquième et dernière partie traite de l’onomastique, donc les noms employés pour désigner tel ou tel personnage. J’ai adoré cette dernière partie, excepté la dernière théorie qui, comme l’avoue l’auteur, est un peu tirée par les cheveux.

J’ai aussi aimé l’ajout d’un chapitre bonus sur Fire and Blood, puisque la deuxième partie sortait en français en même temps que ce livre, chez le même éditeur. J’ai adoré également les passages dans lesquels l’auteur analysait Fire and Blood. J’ai eu du mal avec ce livre, parce que je me suis demandé pourquoi George R. R. Martin ne l’avait pas écrit comme A Song of Ice and Fire. En effet, Fire and Blood est écrit par un Maester, et donc, se lit plus comme une non-fiction historique que comme un roman Fantasy haletant. L’analyse de Thierry Soulard à propos de ce livre m’a semblé excellente, et m’a, en quelque sorte, réconcilié avec le roman !

La seule chose qui m’a un peu gênée dans ce livre : la répétition. En effet, l’auteur ne cesse d’écrire les mêmes phrases à travers tout l’essai, et c’est bien dommage ! On dirait qu’il pense que le lecteur peut oublier ce qu’il est en train de lire ; j’en ai eu un peu marre de lire, sans cesse, la phrase : « Les mots sont du vent », ou « Les meilleurs mensonges sont épicés de vérité ». A force, cela m’a agacée !

 

Donc, à part la dernière théorie à laquelle je n’adhère pas du tout, et les répétitions, j’ai vraiment apprécié cette lecture, qui m’a appris beaucoup de choses, et qui m’a donné très envie de relire Le Trône de Fer ! Je vous déconseille ce livre si vous n’aimez pas les théories ou l’analyse littéraire bien sûr ! 

 

Utopies réalistes de Rutger Bregman

Posté : 24 mars, 2019 @ 2:22 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Sociologie Utopies réalistes  

Editeur : Points 

Année de sortie : 2018 [2016] 

Nombre de pages : 330

Titre en VO : Publié en néerlandais et en anglais à une année d’intervalle : Gratis geld voor iedereen : en nog viff grote ideeën die de wereld kunnen veranderen OU Utopia for Realists, and how we can get there 

Synopsis : Ouvrir grand les frontières, établir une semaine de travail de quinze heures ou le revenu universel de base. Des idées naïves et dépassées ou bien la force de l’utopie renouvelée ? Résolument anti-décliniste, Utopies réalistes tombe à pic et nous explique comment construire un monde idéal aujourd’hui et ne pas désespérer ! D’une ville canadienne qui a totalement éradiqué la pauvreté à l’histoire d’un revenu de base pour des millions d’Américains sous Richard Nixon, Bregman nous emmène dans un voyage à travers l’histoire et défend des idées qui s’imposent par la force même de l’exemple et le sérieux de la démarche historique.

A la fois pédagogique et percutant, à contrecourant du pessimisme ambiant, cet essai brillant a rencontré un formidable succès mondial. 

 

Avis : Je vous annonce que cette chronique va être écrite par une personne convaincue que ce livre est le Graal perdu depuis des siècles. Vous êtes prévenus !

Ce livre m’a laissée bouche bée ! C’était comme un premier éclair dans la nuit telle que je perçois la situation mondiale. Parfois, je l’avoue, je désespère en entendant/voyant certaines choses, certaines idées. Alors ce livre … j’ai vraiment du mal à trouver les mots corrects. Je pense qu’il a complètement révolutionné ma façon de penser. Je ne savais même pas que je pensais ça avant que Rutger Bregman pose le doigt sur l’idée, et me montre/exprime avec des termes clairs, sans filtre. Je voulais lire ce livre parce que je voulais croire que la situation actuelle peut être améliorée. Que nous ne sommes pas dans un cul-de-sac, que nous n’avons pas les mains liées, qu’il est possible de changer. Quand je suis tombée sur Utopies réalistes, avec ces phrases d’accroche sur la couverture – « Un monde sans frontières », « En finir avec la pauvreté », « La semaine de travail de 15h » – je me suis dit : « Pourquoi pas ? Ça ne peut pas me faire de mal ! »

Eh bien, en fait, si. Parce que ce livre est à la fois déprimant et motivant.

D’abord déprimant parce qu’il décrit, en quelque sorte, l’état actuel du monde, et qu’il est, avouons-le, déprimant par plusieurs aspects. Fermeture des frontières, xénophobie, difficultés à finir les fins de mois dans les pays occidentaux, pauvreté extrême toujours existante dans le monde … Et quand on apprend que la pauvreté aurait pu être éradiquée il y a des années, que ce soit au Kenya ou au Canada, il y a de quoi être agacé, et même, franchement énervé, puis déprimé. Et même si dans les pays occidentaux, le niveau de vie est plus élevé, que nous sommes plus riches que dans des temps plus anciens, nous ne sommes pas plus heureux. Notre façon de considérer le travail est tout sauf saine, et les métiers qui devraient, logiquement, être valorisés, parce qu’ils portent le pays, ne le sont pas du tout, au profit de « boulots de merde » (expression utilisée dans le livre !) Nous sommes englués dans un état des choses qui ne nous permet pas de voir plus loin, malgré le souvenir de meilleures valeurs.

Mais il est aussi super motivant ! En refermant le livre, j’ai eu envie de faire bouger les choses comme jamais auparavant. Parce que je me disais que ce n’était pas raisonnable, que je ne savais rien en la matière. Et qu’on se moquerait invariablement de moi avec ce genre de bourgeons d’idées. Surtout, je ne parvenais pas à trouver une solution, je ne trouvais ni les mots, ni les concepts. C’est comme de voir la lumière au bout d’un tunnel : après ce livre, on se dit que c’est possible, que tout n’est pas noir, et que tout ne va pas pour le pire ! On peut en sortir, on peut changer les choses : il suffit de bouger !

Sinon, si on parle un peu du reste : c’est bien écrit et fluide, l’auteur explique très bien ce qu’il veut dire sans utiliser de mots compliqués (ou il les explique après et donne des exemples). Surtout, il donne TOUTES ses sources ! Rien n’est écrit sans que Rutger Bregman cite ensuite un livre, un article, une étude, et ne donne la référence en note de bas de page pour le lecteur puisse vérifier ses dires, ou approfondir le sujet ! Evidemment, de nouveaux livres ont rejoint ma wish-list, c’était inévitable ! Parfois, le ton peut être léger, ce qui est rafraîchissant quand on traite de ce genre de sujet !

Honnêtement, je pense vraiment que tout le monde devrait lire ce livre : c’est gagnant-gagnant pour tout le monde, et il y a tellement moyen de faire quelque chose avec plus de voix ! J’ai vraiment l’impression d’avoir attendu Utopies réalistes pendant des années !!

 

Donc, excellent, à lire, ALLEZ L’ACHETER/L’EMPRUNTER MAINTENANT !!!

 

Le Mythe de la virilité : Un piège pour les deux sexes d’Olivia Gazalé

Posté : 25 janvier, 2019 @ 8:49 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai Le Mythe de la virilité

Editeur : Robert Laffont

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 413

Synopsis : Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.

Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l’homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé l’infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le « pédéraste » …). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l’oppression de l’homme par l’homme.

Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause. La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l’homme, en voulant y enfermer la femme, s’est tendu à lui-même.

En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l’ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l’appétit de conquête et l’instinct guerrier, il a justifié et organisé l’asservissement des femmes, mais il s’est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l’impuissance et à honnir l’effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Le devoir de virilité est un fardeau, et « devenir un homme » un processus extrêmement coûteux.

Si la virilité est aujourd’hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s’en alarmer, mais s’en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n’est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l’avenir du féminisme. 

 

Avis : Je veux lire ce livre depuis sa sortie ! Quand j’ai vu que la bibliothèque de ma fac l’avait, j’en ai profité ! 

Je pourrais faire une chronique claire et simple de ce livre en quelques mots : « Lisez-le, ce livre est génial ! ». Mais je vais quand même tenter d’argumenter, histoire que vous sachiez à quoi vous attendre. La première moitié du livre traite des femmes, du fait qu’elles ont été opprimées par l’homme et son mythe de la virilité, comment c’est arrivé. La seconde se focalise sur les hommes et la manière dont ils se sont auto-piégés à cause de ce même mythe, mais aussi comment, pendant des siècles, certains hommes ont été opprimés – elle inclut aussi une partie sur le féminisme et la théorie du genre. J’ai appris énormément de choses, mais je me suis aussi rendu compte que je pensais savoir d’autres choses, alors que non, en fait, j’étais à côté de la plaque. Très bonne rééducation donc ! L’auteure traite le sujet de manière plutôt chronologique : elle commence avant l’Antiquité, histoire de nous montrer comment les femmes étaient traitées avant. Puis, c’est la Chute, dans la mythologie, dans la religion, et donc la société qui la reflète. La femme est considérée comme inférieure, inutile, faible, et est traitée en circonstance. Tout est abordé : la sexualité, la fécondité, le mariage ; mais aussi la prostitution. Et là, je dois dire que l’auteure a utilisé des arguments qui ont réussi à me convaincre. J’ai toujours été gênée par la vente du corps des femmes ; mais la façon dont elle l’expose nous fait comprendre qu’encore une fois, ce sont nos préjugés qui parlent. J’ai apprécié qu’une grosse partie du livre soit consacrée aux hommes eux-mêmes, et j’ai appris encore plus de choses à leur propos que dans les parties concernant les femmes ! On oublie souvent qu’elles ne sont pas les seules à subir le calvaire de la virilité. En gros, tout tourne autour de leur phallus, et de la façon dont ils l’utilisent. La partie sur les pédérastes grecs … quel coup pour mon amour de l’Antiquité ! 

Je dois avouer, j’ai adoré ce livre, mais il m’a mise dans une rage … Je n’ai jamais compris la supposé infériorité des femmes, ni comment nous en étions arrivés là. Ce livre me donne une réponse qui me met en colère autant qu’elle satisfait mon envie de savoir. La société actuelle évolue, heureusement, mais il reste des préjugés ancrés, un sexisme ordinaire difficile à combattre parce que tellement intériorisé qu’il est difficile à voir. Il se trouve partout, dans notre façon de parler, de penser, de percevoir les situations et les gens, de désigner les choses. Ce n’est pas la faute des femmes ou des hommes actuels ; on ne peut pas endiguer ou oublier des siècles d’éducation genrée : « ce n’est pas féminin », « une fille ne doit pas faire ça », mais aussi « un garçon ne porte pas de rose », « un garçon ne fait pas ça », « ce n’est pas viril ». Ne parlons même pas des insultes suprêmes, comme les appelle l’auteure. Mais il est possible de faire en sorte que les générations futures soient moins affectées. Evidemment, quand on parle de la révolution féminine, on ne doit pas oublier qu’elle n’a pas lieu partout, malheureusement. Dans certaines régions du monde, les femmes sont toujours traitées comme des inférieures. Rien que le terme « excision » m’a donné envie de balancer le livre à travers la pièce … j’ai vraiment eu du mal à lire cette partie ! Quant à la partie sur ceux qui étaient considérés comme des « sous-hommes » … C’est triste de se dire que ce genre de préjugés est encore plus résistant que ceux sur les femmes … 

En fait, tout est à revoir. Le sexisme ordinaire nous tire vers le bas, et permet à certains antiféministes de montrer que les femmes sont inférieures, en font trop, etc. Quant au féminisme radical, il éloigne certaines femmes du féminisme à cause de sa stigmatisation de la sexualité, et de son idéal pro-supériorité féminine. Nous avons donc encore du chemin à faire, mais ce serait quand même mieux de le faire tous ensemble, sans laisser personne de côté, ce que rappelle la partie LGBTQYA+. Il fallait que la communauté soit intégrée au livre, sans quoi il aurait manqué quelque chose.

 

P. S. : alors, oui, c’est écrit par une femme, mais je ne pense pas que son sexe l’empêche de traiter convenable le sujet. Elle s’appuie sur de nombreux autres auteurs, et donne toutes ses références. Et fait aussi une remarque à propos du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir en rappelant, à juste titre, que, même si son livre n’est pas objectif, il permet de faire un grand pas vers la compréhension de la femme et de sa situation. (faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs !)

 

Conclusion : à lire pour tous, de tout sexe, de tout genre. TOUS ! Ce livre permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là : c’est l’origine de tout changement, non ? 

Sapiens: A Brief History of Humankind de Yuval Noah Harari

Posté : 29 novembre, 2018 @ 4:33 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Sciences, Essai Sapiens

Editeur : Vintage 

Année de sortie : 2014 [2011]

Nombre de pages : 466

Titre en français : Sapiens : Une histoire de l’humanité 

Synopsis : 100,000 years ago, at least six human species inhabited the earth. Today there is just one.

Us. 

Homo Sapiens.

How did our species succeed in the battle for dominance? Why did our foraging ancestors come together to create cities and kingdoms? How did we come to believe in gods, nations and human rights? And what will our world be like in the millenia to come?

Bold, wide-ranging and provocative, Sapiens challenges everything we thought we knew about being human: our thoughts, our actions, our power … and our future. 

 

Avis : Cela fait un moment que ce livre est dans ma PAL – un tout petit peu plus d’un an ! Je n’osais pas le commencer, par peur de ne pas tout comprendre surtout.

Je suis complètement soufflée. Mon cerveau a grillé pendant la lecture, mais pas en raison de la difficulté de compréhension.

Je n’exagère pas quand je dis que ce livre vous force à remettre en question tout ce que vous pensez savoir ; je comprends maintenant pourquoi Sapiens est considéré comme provocateur. Tout est abordé : économie, religion, histoire, sciences, mais aussi des sujets auxquels je ne m’attendais pas, comme le genre, la sexualité ou le bonheur. L’auteur nous offre un point de vue différent sur à peu près tout, un point de vue qui « force » le lecteur à réfléchir, à tout repenser. Il offre des termes clairs mais aussi des associations de concepts, d’idées, au lecteur pour expliquer ce que, peut-être, il ressentait/pensait sans pouvoir l’exprimer clairement. Je savais déjà certaines choses, mais, même à ce moment-là, l’auteur a été capable de mettre des mots sur mes idées. J’ai tout compris, aucun mot ou concept compliqué ou incompréhensible n’est employé ; s’il y en avait, tout était expliqué grâce à de multiples exemples. 

J’ai adoré que ce livre ne traite pas que des humains, de leur gloire, de leur triomphe, de leur bien-être. C’est aussi (et, en fait, surtout) sur notre cruauté (envers d’autres humains, mais aussi d’autres espèces, et, bien sûr, les animaux aujourd’hui), notre irresponsabilité, nos malheurs, notre aveuglement. Comme nous sommes petits, jeunes, autocentrés. Sapiens est lucide, et assez déprimant en fin de compte : est-ce que, depuis le début, nous ne courrons pas à notre perte ? Est-ce que notre humanité n’est pas en danger ?

 

Donc, un essai qui nous fait réfléchir, que j’ai annoté de partout, et que tout le monde devrait lire !  

The Amazons: Lives and Legends of Warrior Women Across the Ancient World d’Adrienne Mayor

Posté : 27 février, 2018 @ 9:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai The Amazons

Editeur : Princeton University Press

Année de sortie : 2016 [2014]

Nombre de pages : 429

Titre en français : Les Amazones : Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.)

Synopsis : Amazons – fierce warrior women dwelling on the fringes of the known world – were the mythic archenemies of the ancient Greeks. But just who were these bold barbarian archers in horseback who gloried in fighting, hunting, and sexual freedom? In this deeply researched, wide-ranging, and lavishly illustrated book Adrienne Mayor reveals intimate, surprising details and original insights about the flesh-and-blood women of the Eurasian steppes known as Amazons. Combining classical myth and art, nomad traditions, and scientific archaeology, The Amazons is the first comprehensive account of warrior women in both myth and history across the ancient world, from the Mediterranean Sea to the Great Wall of China.

 

Avis : J’ai pris un retard énorme sur mes chroniques et mes vidéos ; je suis malade, et visiblement, le virus n’a pas envie de me laisser tranquille ! Je me suis quand même dit qu’il faudrait que je m’y remette ! Donc, à défaut d’avoir une vidéo – vous ne me comprendriez pas vu la voix que j’ai haha –, vous aurez une chronique !!

J’ai vu pour la première fois The Amazons : Lives & Legends of Warrior Women Across the Ancient World sur la chaîne de Jen Campbell ; elle présente toujours des livres intéressants, et celui-ci m’a tout de suite attirée ! Il est divisé en quatre parties : une première sur la question « Qui sont les Amazones ? », puis une sur les femmes guerrières historiques, qui ont réellement existé, et leurs traditions, une autre sur les Amazones dans les mythes et l’histoire gréco-romaine, et enfin, une partie sur les femmes guerrières au-delà du monde grec. Chaque partie est divisée en plusieurs chapitres, et chaque chapitre est accompagné d’un certain nombre de photos, de cartes, histoire de bien se représenter de quoi l’auteure parle. Comme l’indiquent les parties, le livre ne se concentre pas exclusivement sur la vision des Grecs ; ce sont souvent eux qui sont vus comme les créateurs des Amazones, et celles-ci sont considérées comme des symboles plus que comme des femmes réelles. L’auteure évoque, évidemment, les Grecs, et les différentes théories qui expliquent pourquoi les Amazones se retrouvent sur de nombreuses œuvres d’art de l’époque ; mais elle traite aussi de la vie des femmes guerrières ailleurs, jusqu’en Chine ! Il y a quelques répétitions tout le long du livre, mais l’auteure prévient le lecteur au début : elle fait des renvois vers les chapitres qui se correspondent.

J’ai vraiment trouvé fascinant de découvrir que les femmes guerrières n’étaient pas que des mythes, qu’elles avaient réellement existé ! L’auteure mêle fiction et réalité pour nous faire comprendre l’importance de ces femmes, leur rôle dans le développement des différents pays et tribus, leur rôle dans l’art. La deuxième partie est essentiellement centrée sur l’archéologie ; en effet, c’est grâce aux tombes découvertes en Asie que l’on comprend que les femmes étaient les égales des hommes à l’époque. Elles aussi se battaient pour défendre leur tribu ; elles aussi mourraient violemment au combat. J’ai adoré apprendre ce que devait être la vie de ces femmes, complètement différente de ce qu’imaginaient les Grecs. Eux étaient convaincus que les Amazones, comme ils les appelaient, étaient des femmes qui détestaient les hommes, qui tuaient les garçons et n’élevaient que les filles ; que nombre d’entre elles voulait rester vierge, qu’elles n’avaient pas la fibre maternelle, etc. Autant de préjugés qui prouvent, selon l’auteure, le caractère misogyne de la société grecque, qui ne pouvait pas supporter de voir des femmes être les égales des hommes. La femme grecque restait à la maison, s’en occupait, élevait les enfants ; elle n’avait rien à faire sur le champ de bataille ou dans le gouvernement. C’est aussi la raison pour laquelle, dans les mythes grecs, l’Amazone meurt toujours, tuée par un héros grec. Dans les autres pays, ces femmes sont admirées, et elles ne sont pas systématiquement tuées. Il est dommage que toutes les histoires qui les concernent n’aient pas pu être conservées !

La seule chose qui manque à ce livre : une conclusion ! The Amazons s’achève sur Hua Mulan, et les femmes guerrières en Chine plus généralement ; mais l’auteure n’a pas jugé bon d’écrire une vraie conclusion qui reprend ses différentes parties et qui clôt parfaitement le livre ! Un peu dommage !

Donc, j’ai appris énormément de choses sur les femmes guerrières ! Cela fait du bien de lire ce genre de livres, où les femmes sont les égales des hommes !! Un livre à feuilleter régulièrement !

1...34567...10
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes