Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

L’Empire des signes de Roland Barthes

Posté : 5 avril, 2017 @ 8:07 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : Essai L'Empire des signes

Editeur : Points (Essais)

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Ne décrivant ni ne définissant, le haïku (j’appelle ainsi finalement tout trait discontinu, tout événement de la vie japonaise, tel qu’il s’offre à ma lecture), le haïku s’amincit jusqu’à la pure et seule désignation. C’est cela, c’est ainsi, dit le haïku, c’est tel. Ou mieux encore : Tel ! dit-il, d’une touche si instantanée et si courte (sans vibration ni reprise) que la copule y apparaîtrait encore de trop, comme le remords d’une définition interdite, à jamais éloignée. Le sens n’y est qu’un flash, une griffure de lumière. »

 

Avis : Je devais lire ce livre pour assister à une conférence dessus ; je l’ai lu après …

mais heureusement, parce que je n’aurais sans doute pas aimé sans les quelques éclairements apportés par le conférencier. Ici, Barthes nous dit, dans une sorte de préface, que le pays dont il parle est un Japon fictif, son Japon en quelque sorte, et le lecteur s’en rend bien compte au cours de la lecture : la vision littéraire de l’auteur envahit tout ce qu’il dit. Mais surtout, sa théorie structuraliste est appliquée au Japon : comment peut-on faire cela ? C’est un pays : tout ne peut pas être lu comme un texte. J’ai trouvé que c’était trop. De plus, ce Japon est censé être fictif, mais l’auteur parle tout de même de faits, d’événements qui sont arrivés, et il se permet de faire des affirmations qui laissent le lecteur coi. On ne peut pas nier, bien sûr, qu’une partie de son ouvrage est poétique, notamment quand il parle de la paupière des Japonais, qui est comme tracée au pinceau, mais sa théorie, et sa manière assez alambiquée d’écrire, ruine ce qui aurait pu être un beau livre. Dommage. Il semble que le seul livre que je puisse aimer de lui est Fragments d’un discours amoureux !!

 

Donc, globalement déçue, j’ai fini avec un bon mal de tête !!

Vivez mieux et plus longtemps de Michel Cymes

Posté : 3 avril, 2017 @ 2:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Développement personnel Vivez mieux et plus longtemps

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 239

Synopsis : La santé est un capital qu’il nous faut chérir en permanence pour qu’il ne se dilapide pas. En tout cas pas trop vite … Convaincu que nous pouvons rester vigilants tout en continuant à nous faire plaisir, Michel Cymes nous rappelle, dans un ouvrage mûri de longue date, et avec bonne humeur, des principes simples mais vertueux, faciles à mettre en pratique quel que soit notre âge.

  • Une approche déculpabilisante qui permet à chacun de se prendre davantage en charge et de modifier en douceur son mode de vie.
  • Une multitude de conseils, d’habitudes préventives à adopter dans divers domaines (alimentation, forme physique, psychologie, etc).

« 1001 recettes pleines d’humour et de bon sens par la star des médecins. » François Cote, Valeurs actuelles.

 

Avis : Depuis sa sortie, je voulais lire ce livre ; je l’ai croisé en poche, je l’ai aussitôt pris, et aussitôt lu !

Je pense vraiment que Vivez mieux et plus longtemps peut aider son lecteur à prendre des bonnes habitudes, à manger plus sainement, mais aussi à reprendre confiance en soi, à reprendre notre vie en mains, à comprendre qu’on peut le faire, même si ça nous paraissait infaisable. On apprend beaucoup de choses, sur le tabac et l’alcool, pour ceux qui ne le savaient pas, sur les aliments et ce qu’ils peuvent nous apporter, sur nos habitudes aussi, en quoi elles sont mauvaises, comment on peut les changer – on se reconnaît dans ce que Michel Cymes dit parfois -, sur le sport aussi, qui revient dans tout le livre : il est la solution à beaucoup de questions et problèmes. Bien sûr, ce livre n’est efficace que si le lecteur l’utilise ; on peut dire tout ce qu’on veut après l’avoir lu : « ça ne marche pas », ou « ça ne marchera jamais », mais le fait est que sans efforts, bien sûr, ça ne marchera jamais ! De plus, l’écriture de Michel Cymes est agréable, il met une touche d’humour dans son essai, il est loin d’être moralisateur, et se place sur le même plan que le lecteur, puisqu’il nous parle lui aussi de ses défauts. Enfin, le livre est divisé en sections, et en  »chapitres » ou paragraphes, qui permettent de s’y retrouver facilement, et de retourner à certaines parties, celles qui l’aideront le mieux.

 

Donc, un livre intéressant, qui aidera son lecteur s’il suit ses conseils.

Talk to the Snail de Stephen Clarke

Posté : 29 mars, 2017 @ 4:50 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Humoristique Talk to the Snail  

Editeur : Black Swan

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 258

Titre en français : Français, je vous haime

Synopsis : With useful sections on :

  • Making sure you get served in a café
  • Harassing French estate agents
  • Living with bacteria
  • Pronouncing French swear-words
  • Surviving the French driving experience
  • Falling in amour, Paris-style

And beaucoup, beaucoup more!

Don’t go to France without reading this book!

The only book you’ll need to understand what the French really think, how to get on with them and, most importantly, how to get the best out of them.

 

Avis : Cela fait un moment que je voulais lire un livre de cet auteur, je me suis finalement lancée avec celui-ci !

Tout d’abord, il n’y a pas dix commandements, mais onze, ce qui est formidable quand on aime le livre, beaucoup moins quand on ne l’apprécie pas. Heureusement pour moi, je fais partie de ceux qui ont adoré ! J’ai imaginé Talk to the Snail entre les mains de certains Français, et je me suis dit que ceux-ci ne riraient pas du tout, mais râleraient en disant qu’ils ne sont pas comme ça, que ce sont des clichés, etc. Bien sûr, tous les Français ne sont pas comme décrits ici, mais la plupart des remarques faites par l’auteur sont vraies, il est difficile de le nier ! Oui, les Français pensent qu’ils ont toujours raison, sans doute la raison pour laquelle ils sont si chauvins ! Oui, ils conduisent mal, et râlent dès que possible ; oui, les administrations sont mal faites, etc. J’ai aussi été surprise de constater des choses que je fais tous les jours, et qui ne sont pas naturelles en Angleterre, qui ont parues étranges à l’auteur du livre quand il est arrivé en France, comme les différentes façons de se dire bonjour, le fait de dire bonsoir, la politesse/impolitesse de laquelle on peut user parfois. Je ne pensais vraiment pas que c’était « typiquement » français. De plus, il faut vraiment avoir de l’humour pour lire ce livre et, quand on est Français, de l’autodérision ! J’ai éclaté de rire parfois, tant je ne m’attendais pas à ce que j’ai lu ; j’ai écarquillé les yeux en me demandant si tous les étrangers voyaient les Français de cette façon – parce que nous ne sommes pas vraiment sympathiques au premier abord visiblement ! - ; j’ai acquiescé quand je me rendais compte que l’auteur avait raison. De plus, tout ce qui est écrit est étayé d’un ou plusieurs exemples, souvent drôles et révélateurs. Je me suis aussi rendue compte qu’il n’était pas si évident pour un étranger de se retrouver en France et de comprendre tous les usages, de ne pas faire de faux pas ; j’ai adoré la partie sur la prononciation ! Le français est difficile à apprendre, et difficile à prononcer car nous sommes à peu près les seuls à dire le son [r] tel que nous le faisons : c’est impossible pour un Anglais ou un Italien de parvenir à le dire correctement du premier coup ! J’ai aimé ce décorticage du comportement des Français et des Françaises, mais aussi celui de leur culture : l’auteur en parle comme de quelque chose de vieux, qui stagne d’un côté, et comme (ce sont ses propres mots) de la merde d’un autre côté, en ce qui concerne la culture contemporaine. Bien sûr, encore une fois, il ne généralise pas, mais on comprend bien les points qui l’agacent – en littérature, les auteurs qui racontent leur vie ; en cinéma, ceux qui font des films à propos de divorce dans des appartements parisiens ! J’ai appris pas mal de choses que je ne savais pas ! Il parle également de notre système éducatif, qui, pour lui, laisse les élèves livrer à eux, sans parler de la fac, qui décourage les étudiants dès la première année avec des profs qui se fichent complètement d’eux. Il évoque aussi les grèves, la solidarité dans les mouvements sociaux, la sexualité des Français, l’amour à la française, les hommes politiques, nos habitudes culinaires. Malgré les moqueries légères qu’on peut sentir un peu partout, le lecteur sent également l’amour ressenti pour le pays, l’admiration parfois. Tout n’est pas négatif, loin de là. Souvent, les Français sont eux-mêmes « victimes » de ce dont parle l’auteur (quand il parle de la Poste, j’avais presque envie de poser virtuellement mon bras sur ses épaules pour lui dire que je le comprenais !!). Enfin, il conclut sur le fait qu’au fond, nous nous aimons bien, Anglais et Français, mais que nous ne l’avouerons jamais, préférant cette relation mi-admiration mi-répulsion.

 

Donc, un livre que j’ai adoré, qui m’a beaucoup fait rire ! J’ai hâte de découvrir les autres livres de l’auteur !

A Room of One’s Own de Virginia Woolf

Posté : 18 janvier, 2017 @ 8:58 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : EssaiA Room of One's Own

Editeur : Penguin (Great Ideas)

Année de sortie : 2004

Nombre de pages : 132

Titre en français : Une chambre à soi

Synopsis : Virginia Woolf’s blazing polemic on female creativity, the role of writers and the silent fate of Shakespeare’s imaginary sister remains a powerful reminder of a woman’s need for financial independence and intellectual freedom.

 

Avis : Ce livre me revenait si souvent entre les mains que je me suis dit qu’il fallait enfin que je le lise !

Je m’attendais à un essai standard, ce qu’A Room of One’s Own n’est pas vraiment. En effet, Virginia Woolf met en place une fiction pour faire comprendre ses idées à ses lecteurs. Elle prend un autre nom, se place dans une ville imaginaire, mais garde la mentalité de notre monde réel. Et dès le début, on comprend l’oppression faite aux femmes quand elles veulent entrer dans la sphère intellectuelle : l’auteur commence par nous le montrer de manière subtile, avec des métaphores intéressantes (une pelouse, une bibliothèque) pour représenter cette sphère interdite. Mais aussi, Virginia Woolf veut nous faire comprendre que, si les femmes écrivains ne sont pas aussi nombreuses que les hommes, c’est parce qu’elle manque de la liberté que cela demande, ainsi que de l’apport financier nécessaire. Dès le début, les pensées de la narratrice inventée tentent de s’élever, mais sont repoussées vers des questions plus triviales par la société autour d’elle, par des nécessités alimentaires ou par des membres de sa famille autour d’elle : elle n’a pas de chambre à elle, de pièce où elle puisse être seule pour donner de l’ampleur à ses idées, et pour commencer à écrire. L’auteur évoque aussi la question de la supériorité des hommes, et aussi de leur besoin de repousser les femmes, de les rabaisser, ce que j’ai trouvé vraiment intéressant : elle nomme cela « colère ». J’ai aussi aimé son décorticage de l’écriture féminine, et notamment de celle des écrivains les plus connus, comme Jane Austen, ou les sœurs Brontë. Elle nous montre la différence avec les hommes, les raisons pour lesquelles on peut sentir que ce sont des femmes, ou sentir qu’elles ne sont pas complètement libres de laisser libre cours à leur génie. Seul bémol : peut-être que la langue m’a un peu freiné cette fois pour tout comprendre. La fin est une exhortation pour que les femmes réagissent, qu’elles prennent les droits qui leur reviennent, qu’elles montrent qu’elles sont capables de penser et d’écrire comme les hommes, et qu’elles ne se cantonnent pas aux tâches domestiques.

 

Donc, un essai qui m’a permis de découvrir les conditions de la femme écrivain avant et à l’époque de Virginia Woolf, et les difficultés qu’elle rencontre pour s’affirmer.

Histoire de la laideur d’Umberto Eco

Posté : 11 novembre, 2016 @ 12:41 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Histoire de la laideur Genre : Essai, Art

Editeur : Flammartion

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 439

Synopsis : En apparence, beauté et laideur sont deux concepts qui s’impliquent mutuellement, et l’on comprend généralement la laideur comme l’inverse de la beauté, si bien qu’il suffirait de définir l’une pour savoir ce qu’est l’autre. Mais les différentes manifestations du laid au fil des siècles s’avèrent plus riches et plus imprévisibles qu’on ne croit.

Or voici que les extraits d’anthologie ainsi que les extraordinaires illustrations de ce livre nous emmènent dans un voyage surprenant entre les cauchemars, les terreurs et les amours de près de trois mille ans d’histoire, où la répulsion va de pair avec de touchants mouvements de compassion, et où le refus de la difformité s’accompagne d’un enthousiasme décadent pour les violations les plus séduisantes des canons classiques. Entre démons, monstres, ennemis terribles et présences dérangeantes, entre abysses répugnants et difformités qui frôlent le sublime, freaks et morts-vivants, on découvre une veine iconographique immense et souvent insoupçonnée. Si bien que, en trouvant côte à côte dans ces pages laideur naturelle, laideur spirituelle, asymétrie, dissonance, défiguration, et mesquin, lâche, vil, banal, fortuit, arbitraire, vulgaire, répugnant, maladroit, hideux, fade, écœurant, criminel, spectral, sorcier, satanique, repoussant, dégueulasse, dégradant, grotesque, abominable, odieux, indécent, immonde, sale, obscène, épouvantable, terrible, terrifiant, révoltant, repoussant, dégoûtant, nauséabond, fétide, ignoble, disgracieux et déplaisant, le premier éditeur étranger qui a vu cette œuvre s’est exclamé : « Que la laideur est belle ! »

 

Avis : J’ai dû lire ce livre pour mon mémoire ; il m’intéressait déjà avant, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le lire !

D’abord, il faudrait saluer l’originalité et le travail de l’auteur : je n’ai jamais vu de livre de ce genre, ce qui le rend surprenant et novateur ! Ce n’est pas vraiment une apologie de la laideur – même ça peut y ressembler dans certains chapitres ! – mais plutôt une façon chronologique de montrer l’art dans sa laideur, de l’Antiquité à notre époque moderne. On commence plutôt soft, on passe par des passages assez choquants, aussi par une hideur qui n’en est pas une : le lecteur comprend que la perspective et la vision du monde du spectateur sont importantes dans sa perception de ce qui est beau. Ce n’est pas seulement un essai sur l’art : Umberto Eco a réuni de nombreux supports différents : tableaux, sculptures, extraits de romans, nouvelles, poèmes, mais aussi des œuvres plutôt théoriques qui tentent de réfléchir sur l’art, ou sur la laideur, ou sur des sujets qui y sont liés. Ainsi, on retrouve des extraits de Freud, de Schiller, de Rosenkrantz, etc, mais aussi une partie du procès de Gilles de Rais raconté par un auteur. C’est vraiment un travail colossal de collecte des œuvres, de comparaison, de réflexion sur la façon de les amener dans le livre, de les mettre en concordance : cela mérite notre attention !

Ainsi, certains passages nous font réfléchir, non seulement sur l’art, mais sur l’homme, sur la vie – car l’art ne vient pas de nulle part et correspond souvent à la société dans laquelle il naît. Le choc ne vient pas au début, puisque ce sont plutôt des époques reculées – quoique le passage sur Gilles de Rais m’a vraiment perturbé, je me sentais très mal pendant et après sa lecture ! – ou que l’auteur nous montre, par exemple, la laideur dans le contexte romantique. Mais il arrive quand est abordé le sujet de la cruauté de l’homme, du fait qu’il aime être spectateur de l’horreur. L’auteur sait que nous nous déculpabilisons en nous disant que nous n’allons plus aux exécutions publiques comme aux époques antérieures, alors il nous montre que c’est aussi cruel de regarder certains films à la télévision que d’y assister. C’est assez perturbant, car le lecteur semble comprendre que la cruauté humaine existe depuis toujours, et perdure, même si des formes auxquelles on ne penserait pas. C’est alors qu’il cite Schiller, qui explique que le mal et la cruauté sont inhérents à l’homme, et que l’enfant que les hommes n’ont pas éduqué aime contempler les exécutions publiques sans aucune culpabilité, sans aucune horreur. Cela fait peur !!

Quand le lecteur arrive à l’époque moderne, il est passé par les représentations de la laideur et de la cruauté au Moyen Age, du genre, les gens écorchés vivants, ou écartelés de la même façon – le supplice de Damiens nous est raconté d’ailleurs … Souvent, à cette époque, la laideur est celle du diable ou des monstres. Pendant l’époque romantique, les monstres sont toujours laids, mais cela ne démontre plus un mal moral inhérent à la laideur : au contraire, comme le monstre de Frankenstein, ils sont rejetés en raison de leur apparence, sans que les hommes pensent à leurs sentiments, à ce qu’ils sont derrière le physique. Ainsi, le monstre qui a une bonne âme et qui se venge de son créateur irresponsable et effrayé par son enveloppe charnelle. A l‘époque moderne, la laideur n’est plus celle du diable, mais celle de l’homme, de ce qu’il fait et de ce qui l’entoure. Une image m’a particulièrement choquée dans la dernière partie du livre : la photo de trois mannequins d’enfants pendus. Il y avait également une véritable photo d’un homme décapité pendant une guerre civile. Enfin, l’auteur aborde la laideur arborée par des gens qui revisitent les codes de la beauté pour les rendre laids : les punks, Marilyn Manson, etc.

 

Donc, un livre très intéressant à découvrir, dérangeant parfois, original et très bien documenté, qui nous montre la laideur de l’Antiquité à nos jours à travers des œuvres représentatives.  

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