Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle

Posté : 23 juillet, 2021 @ 11:55 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Lettre à celle qui lit mes romances érotiquesGenre : Essai, Sociologie

Editeur : Les Echappés

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 130

Synopsis : « L’homme est blanc, dominant, riche, musclé, performant sexuellement et pénétrant. La femme est blanche aussi, pauvre, pénétrée, elle attend qu’un homme la comble sexuellement (et si possible la comble aussi de cadeaux). »

Les romances érotiques se suivent et se ressemblent : la femme et l’homme répondent à des stéréotypes étriqués, leurs interactions sont autant simplistes que convenues et le désir féminin doit se cantonner à quelques clichés hyper réducteurs.

Quant aux maisons d’édition friandes de ce genre littéraire, qui séduit de plus en plus de lectrices, elles empruntent à la production industrielle ses méthodes et ses cadences. Saviez-vous que chaque personnage doit avoir une blessure secrète ? Qu’il y a des tapis en poils de bête sur lesquels il ne fait pas bon faire l’amour ? Que six jours peuvent suffire à écrire une romance ? Ou encore que chaque personnage a une « fiche » consignée sur un tableau Excel ?…

Camille Emmanuelle, qui a écrit sous pseudo une douzaine de romances érotiques, nous ouvre les portes de ce genre littéraire qui, à force de favoriser une sexualité normalisée, devient un obstacle à une réelle libération sexuelle de la femme. Avec la verve qui la caractérise, elle dénonce l’éternelle comédie qu’on veut, encore, faire jouer à l’homme et à la femme.

 

Avis : Je ne sais pas à quoi je m’attendais en lisant ce livre, mais pas à ça.

Je ne m’attendais pas à avoir un tel aperçu du monde de l’édition. Je me doute que, parfois, les éditeurs demandent des choses précises ; mais l’expérience de l’autrice est révoltante. Non seulement les lectrices ne doivent pas trop réfléchir, mais leurs lectures perpétuent un modèle relationnel nocif à la fois pour elles et pour les partenaires qu’elles auraient. Par la répétition constante des mêmes procédés, ces livres fixent une notion stéréotypée qui ne représente pas la diversité des individus et des relations qu’ils peuvent avoir. 

Tout ceci nous est dévoilé avec un ton que j’ai adoré, à la fois excédé et très drôle. Le livre est écrit à la deuxième personne du singulier ce qui nous implique directement. C’est évidemment très féministe : l’autrice questionne l’intérêt pour les éditeurs de publier ce genre de romans, mais elle évoque aussi le fait qu’elle ait participé à cette entreprise en sachant ce qu’elle faisait, comment elle vivait d’y participer et comment elle résistait dans l’ombre !

 

Donc, un petit coup de cœur que je recommande à tous !

Un si beau siècle : la poésie contre les écrans d’Olivier Frébourg

Posté : 30 juin, 2021 @ 7:36 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : EssaiUn si beau siècle

Éditeur : Éditions des Équateurs

Année de sortie : 2021

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Quand le monde est trop bruyant, je recours à la poésie. Elle ralentit le cours torrentiel du temps. Un petit gramme de stances ou de sonnets est moins toxique que le Prozac. Le ravage de la beauté est un incendie contemporain. Le paysage abrasé, détruit. L’installation de la laideur. Là où la beauté disparaît, la contemplation et le silence s’effacent, la vie se réduit. »

 

Avis : Je remercie les Editions des Equateurs pour m’avoir envoyé ce service presse !

Le titre de ce livre m’a tout de suite attirée ; j’étais un peu plus sceptique à propos du sous-titre. J’avais un peu peur que ce soit un pamphlet extrême qui diabolise les écrans et Internet dans leur globalité.

Eh bien, c’était malheureusement exactement cela.

J’étais parfois d’accord avec certaines idées : le rappel de la beauté de la poésie, le fait que ce soit un art qui permet de se ressourcer, qui inspire, qui permet de rêver et de penser autrement. De plus, l’auteur cite de nombreux poèmes au cours de son « essai » : j’ai eu envie de replonger dans les recueils de Baudelaire, d’Apollinaire, ou de découvrir de nouveaux poètes.

Mais, en réalité, on peut difficilement appeler ce livre un essai. L’auteur ne fait que donner son avis sur un sujet qu’il ne maîtrise pas du tout. Aucune donnée, aucun fait, aucune source – excepté pour une ou deux citations et les vers repris. Je m’attendais davantage à un essai centré sur des études sérieuses, et non simplement l’opinion élitiste d’un homme qui fait des réseaux sociaux et des écrans les démons de notre temps. Entre généralisation, platitudes et centralisation autour des hommes blancs, ce livre est le plus désagréable que j’ai eu à lire cette année et ma seule déception chez les Editions des Equateurs jusqu’à maintenant.

J’ai l’impression que l’auteur est nostalgique d’un temps qui n’a jamais existé : un temps où tout le monde lisait de la poésie et s’en trouvait élevé. J’adore la poésie ; c’est sans doute le genre littéraire que je préfère, même si ce n’est pas celui que je lis le plus souvent. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de mépriser ceux qui n’en lisent pas, qui ne l’apprécient pas, qui n’y plongent pas pour échapper au monde. Il ne me viendrait pas non plus à l’idée de mépriser les personnes qui utilisent les écrans, peu importe leur degré d’utilisation. Il ne me viendrait pas à l’idée d’hurler au scandale parce que la jeunesse ne se révolte plus – ce qui est faux. Et comment peut-on encore glorifier la guerre et les héros mythologiques dans leurs attributs guerriers ? Ces valeurs ne sont pas les miennes.

 

Donc, une énorme déception et même un coup de gueule. Une belle dose de mépris de la part d’un auteur qui ne semble pas partager la vie des personnes qu’il méprise.

Nabokov’s Favorite Word Is Mauve: What the Numbers Reveal About the Classics, Bestsellers, and Our Own Writing de Ben Blatt

Posté : 1 avril, 2021 @ 5:20 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Non-fictionNabokov's Favorite Word

Editeur : Simon & Schuster

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 288

Synopsis : What are our favorite authors’ favorite words? Which bestselling writer uses the most clichés? How can we judge a book by its cover?

Data meet literature in this playful and informative look at our favorite authors and their masterpieces. There’s a famous piece of writing advice—offered by Ernest Hemingway, Stephen King, and myriad writers in between—not to use -ly adverbs like “quickly” or “fitfully.” It sounds like solid advice, but can we actually test it? If we were to count all the -ly adverbs these authors used in their careers, do they follow their own advice compared to other celebrated authors? What’s more, do great books in general—the classics and the bestsellers—share this trait?

In Nabokov’s Favorite Word Is Mauve, statistician and journalist Ben Blatt brings big data to the literary canon, exploring the wealth of fun findings that remain hidden in the works of the world’s greatest writers. He assembles a database of thousands of books and hundreds of millions of words, and starts asking the questions that have intrigued curious word nerds and book lovers for generations: What are our favorite authors’ favorite words? Do men and women write differently? Are bestsellers getting dumber over time? Which bestselling writer uses the most clichés? What makes a great opening sentence? How can we judge a book by its cover? And which writerly advice is worth following or ignoring?

 

Avis : A VENIR

Respect ! d’Agathe Cagé

Posté : 31 mars, 2021 @ 8:01 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, SociologieRespect !

Editeur : Edition des Equateurs

Année de sortie : 2021

Nombre de pages : 170

Synopsis : « Manque de considération des hommes envers les femmes, des boomers envers les millenials, des plus favorisés envers les plus précaires, des urbains envers les ruraux, des centres-villes envers les quartiers. Abandon des plus âgés.
« Nous avons perdu le sens de l’humanité, du rapport à l’autre, de la discussion.
« Sommes-nous résignés ou simplement habitués à entendre et voir s’exprimer en permanence un mépris pour tous ceux qui sont un tant soit peu différents ou extérieurs aux tout petits milieux dans lesquels nous vivons confinés ?
« Respecter les autres dans leur diversité et dans leur singularité est un combat social, environnemental, politique. Pour nos grands-mères et nos grands-pères, pour nos sœurs et nos frères, pour nos filles et nos fils, pour nos concitoyens, d’où qu’ils viennent, quelle que soit leur histoire, quels que soient leurs espoirs.
« Que chacun puisse se dire “je suis important” et se sentir reconnu dans le regard des autres. C’est le fondement d’une société. »

R.E.S.P.E.C.T scandait Aretha Franklin. Agathe Cagé reprend ces sept lettres, ce cri, pour réconcilier notre société morcelée par nos intérêts privés, la colère et le mépris.

Déterminée à lutter contre les inégalités et pour la justice sociale, Agathe Cagé, docteure en science politique, a placé ses combats au centre de ses travaux de recherche et de ses différents engagements professionnels au cœur du pouvoir.

 

Avis : Je me disais justement que le respect dans notre société était mort – ou en voie de disparition en tout cas – quand j’ai découvert ce livre aux Editions des Equateurs ! J’ai reçu un service de presse afin de vous donner mon avis !

Avant toute chose, je tiens à dire que ce livre est un coup de cœur ; une claque en pleine figure, certes, mais un coup de cœur tout de même.

Le premier mot qui me vient en pensant à ce livre, c’est « indignation ». Certains chapitres étaient tellement énervants à lire ! Que ce soit celui sur la politique ou celui sur les inégalités hommes/femmes, j’avais envie de balancer le livre par la fenêtre tant j’étais agacée. En fait, si je suis vraiment honnête, les trois-quarts du livre m’ont mise en colère ! Cela ne veut pas dire que le livre est mauvais, loin de là ; c’est simplement qu’il reste pour moi aberrant de vivre dans une société qui ne reconnaît pas l’égalité hommes/femmes, l’égalité riches/pauvres, l’égalité blancs/personnes de couleur, l’égalité citadins/ruraux, l’égalité hétéro/LGBT, une société qui se cache derrière une pseudo égalité des chances et qui crache à la face de ceux qu’elle considère comme inférieurs. Une société qui promet mais qui reprend, petit à petit, d’année en année, plus qu’elle ne donne.

A plusieurs reprises, le lecteur sent que l’autrice est elle-même agacée : elle s’exclame, elle déplore. Mais, surtout, elle explique comment, à plusieurs niveaux, le respect n’est plus qu’un souvenir en France. Elle aborde plusieurs sujets divers, certains que j’ai mentionnés plus haut, d’autres comme le traitement des SDF ou des migrants. Comment ne pas se sentir touchés ? Comment ne pas avoir honte de vivre dans une société pareille ?

Agathe Cagé écrit, comme je l’ai dit, un chapitre entier sur la politique - sachant que le livre lui-même est en grande partie consacré à la politique et à son inefficacité en ce qui concerne la survie du respect étant donné que ses représentants n’en ont aucun pour les gens qui les entourent ou qu’ils gouvernent. C’est sans doute là que mes dernières illusions ont disparu. Elle y montre un contraste clair entre les hommes politiques d’hier et ceux d’aujourd’hui. Rien que dans le langage utilisé, dans la façon de s’adresser aux citoyens ou aux journalistes, dans la teneur des discours, quel changement ! Il n’est pas étonnant que l’on soit admiratif devant d’anciennes figures politiques d’envergure ; aujourd’hui, ces figures sont pâles, des spectres sans grâce et sans projet, si ce n’est celui de « réussir sa carrière » et de s’enrichir. Gouverner un pays ? Moi d’abord, le pays ensuite … peut-être, s’il reste quelque chose.

Pour autant, Respect ! n’est pas entièrement sombre. Il reste une lueur d’espoir : les derniers chapitres, dont l’un appelé « Modèles ». J’ai bien failli me mettre à pleurer rien qu’à la vision du nom de Samuel Paty, si rapidement oublié par tous. Ici, l’autrice nous parle de modèles auxquels elle s’accroche pour continuer à y croire : elle cite également Simone Veil et Gisèle Hachemi, entre autres. Elle rappelle que ce ne sont pas des gens qui voulaient être des héros ; c’est justement la raison pour laquelle c’en sont de vrais et non des silhouettes en carton-pâte occupées à se vendre pour obtenir ce qu’elles veulent. Après cela, Agathe Cagé interpelle le lecteur afin de lui rappeler qu’il peut agir, qu’il peut renouer avec le respect, pour lui et pour les autres, avant de formuler une nouvelle éthique de l’engagement politique.

 

Donc, un excellent essai que je conseille à tous !

Ce qu’il faut de courage : Plaidoyer pour le revenu universel de Benoît Hamon

Posté : 22 janvier, 2021 @ 7:46 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Politique, Sociologie Ce qu'il faut de courage

Editeur : Editions des Equateurs

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 250

Synopsis : Le revenu universel sera la grande conquête sociale du siècle. Un instrument de justice qui permet d’éradiquer la pauvreté. Un revenu qui libère les hommes de la « cage de fer » consumériste, productiviste et capitaliste. Une bombe démocratique qui affranchit de la tyrannie du court terme, ralentit le temps et rétablit la juste hiérarchie entre l’homme et la machine. C’est par le revenu universel d’existence que nous préparerons une société où la nature n’est plus seulement considérée comme une ressource, mais comme un bien commun. Ce salaire du bonheur, par opposition au salaire de la peur, propose un choix existentiel, une éthique de l’individu réconcilié avec le collectif et la nature.

 

Avis : Ce livre m’a été envoyé en service presse par les Éditions des Équateurs : merci encore !

Depuis ma lecture d’Utopies réalistes de Rutger Bregman et ma découverte de la notion de revenu universel, j’ai très envie d’en apprendre davantage ! Entre les rires moqueurs et les congédiements méprisants de la main, j’avais l’impression que ce concept méconnu était d’office jeté aux oubliettes pour son manque de réalisme.

Benoît Hamon nous explique ici point par point les raisons pour lesquelles il pense que le temps est venu pour le revenu universel. J’ai aimé la façon dont son essai est structuré : méthodique, il aborde d’abord des aspects plus théoriques avant d’arriver peu à peu au côté pratique, à la réalisation concrète de cette idée. Il évoque, bien sûr, la politique, sa campagne présidentielle – assez brièvement d’ailleurs, puisque ce n’est pas du tout le centre de son propos -, la présidence actuelle et ce qu’elle implique au niveau de la justice sociale – sans grande surprise, rien de bon. Il met également l’accent sur l’écologie et le réchauffement climatique, expliquant ainsi en quoi le revenu universel pourrait permettre d’agir aussi pour notre planète.

Je n’ai pas pu m’empêcher, à plusieurs reprises, de hocher la tête, d’acquiescer ; j’ai annoté le livre un peu partout, soulignant par-ci, encadrant par-là. J’ai envie de propager cet essai, de le partager avec tous, qu’il soit lu massivement, qu’il apprenne à d’autres que moi les vertus du revenu universel mais aussi ce que c’est que d’être humain. Ce livre, en effet, nous rappelle que nous vivons dans une société qui nous prive de certains droits sans que nous nous en rendions compte, parce que nous sommes aveuglés par ceci ou cela. Être humain, ce n’est pas chérir l’argent, le chercher à tout prix, être en constante concurrence, trimer jusqu’à mourir sans avoir profiter de rien ; c’est partager des valeurs, prendre le temps de vivre avec les personnes qui nous entourent, apprendre à connaître, à aimer, chercher sa voie, en changer sans se sentir en danger, sans se mettre la pression, sans qu’une horloge imaginaire, proche de notre oreille, mesure avec fracas l’écoulement du temps que l’on perd. Benoît Hamon m’a donné envie de me replonger dans la philosophie et de « réveiller » tous ceux qui se sont laissé endormir par les « sirènes » du capitalisme. Évidemment, cette idéologie est énormément critiquée dans cet essai, comme elle l’était dans le précédent que j’ai lu, Dans les imaginaires du futur d’Ariel Kyrou. Plus je lis d’essais de ce type, plus je sens venir l’agonie de notre système actuel. C’est à la fois effrayant et excitant : quelque chose d’autre, de nouveau, arrive. 

En fin de compte, plus qu’un plaidoyer pour le revenu universel, Ce qu’il faut de courage est un plaidoyer pour l’humain, un rappel qu’une autre vie est possible, une vie meilleure, plus proche de la nature, plus proche des autres, plus proche d’un bien-être essentiel pour tous. 

 

Donc, un excellent essai qui explique en profondeur les bienfaits du revenu universel et les raisons pour lesquelles il est temps qu’il soit mis en place. 

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