Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Ce qu’il faut de courage : Plaidoyer pour le revenu universel de Benoît Hamon

Posté : 22 janvier, 2021 @ 7:46 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Politique, Sociologie Ce qu'il faut de courage

Editeur : Editions des Equateurs

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 250

Synopsis : Le revenu universel sera la grande conquête sociale du siècle. Un instrument de justice qui permet d’éradiquer la pauvreté. Un revenu qui libère les hommes de la « cage de fer » consumériste, productiviste et capitaliste. Une bombe démocratique qui affranchit de la tyrannie du court terme, ralentit le temps et rétablit la juste hiérarchie entre l’homme et la machine. C’est par le revenu universel d’existence que nous préparerons une société où la nature n’est plus seulement considérée comme une ressource, mais comme un bien commun. Ce salaire du bonheur, par opposition au salaire de la peur, propose un choix existentiel, une éthique de l’individu réconcilié avec le collectif et la nature.

 

Avis : Ce livre m’a été envoyé en service presse par les Éditions des Équateurs : merci encore !

Depuis ma lecture d’Utopies réalistes de Rutger Bregman et ma découverte de la notion de revenu universel, j’ai très envie d’en apprendre davantage ! Entre les rires moqueurs et les congédiements méprisants de la main, j’avais l’impression que ce concept méconnu était d’office jeté aux oubliettes pour son manque de réalisme.

Benoît Hamon nous explique ici point par point les raisons pour lesquelles il pense que le temps est venu pour le revenu universel. J’ai aimé la façon dont son essai est structuré : méthodique, il aborde d’abord des aspects plus théoriques avant d’arriver peu à peu au côté pratique, à la réalisation concrète de cette idée. Il évoque, bien sûr, la politique, sa campagne présidentielle – assez brièvement d’ailleurs, puisque ce n’est pas du tout le centre de son propos -, la présidence actuelle et ce qu’elle implique au niveau de la justice sociale – sans grande surprise, rien de bon. Il met également l’accent sur l’écologie et le réchauffement climatique, expliquant ainsi en quoi le revenu universel pourrait permettre d’agir aussi pour notre planète.

Je n’ai pas pu m’empêcher, à plusieurs reprises, de hocher la tête, d’acquiescer ; j’ai annoté le livre un peu partout, soulignant par-ci, encadrant par-là. J’ai envie de propager cet essai, de le partager avec tous, qu’il soit lu massivement, qu’il apprenne à d’autres que moi les vertus du revenu universel mais aussi ce que c’est que d’être humain. Ce livre, en effet, nous rappelle que nous vivons dans une société qui nous prive de certains droits sans que nous nous en rendions compte, parce que nous sommes aveuglés par ceci ou cela. Être humain, ce n’est pas chérir l’argent, le chercher à tout prix, être en constante concurrence, trimer jusqu’à mourir sans avoir profiter de rien ; c’est partager des valeurs, prendre le temps de vivre avec les personnes qui nous entourent, apprendre à connaître, à aimer, chercher sa voie, en changer sans se sentir en danger, sans se mettre la pression, sans qu’une horloge imaginaire, proche de notre oreille, mesure avec fracas l’écoulement du temps que l’on perd. Benoît Hamon m’a donné envie de me replonger dans la philosophie et de « réveiller » tous ceux qui se sont laissé endormir par les « sirènes » du capitalisme. Évidemment, cette idéologie est énormément critiquée dans cet essai, comme elle l’était dans le précédent que j’ai lu, Dans les imaginaires du futur d’Ariel Kyrou. Plus je lis d’essais de ce type, plus je sens venir l’agonie de notre système actuel. C’est à la fois effrayant et excitant : quelque chose d’autre, de nouveau, arrive. 

En fin de compte, plus qu’un plaidoyer pour le revenu universel, Ce qu’il faut de courage est un plaidoyer pour l’humain, un rappel qu’une autre vie est possible, une vie meilleure, plus proche de la nature, plus proche des autres, plus proche d’un bien-être essentiel pour tous. 

 

Donc, un excellent essai qui explique en profondeur les bienfaits du revenu universel et les raisons pour lesquelles il est temps qu’il soit mis en place. 

Dans les imaginaires du futur d’Ariel Kyrou

Posté : 7 janvier, 2021 @ 8:36 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Science-fictionDans les imaginaires du futur

Editeur : ActuSF

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 591

Synopsis : Les deux imaginaires du futur les plus forts aujourd’hui sont la démesure technologique et l’apocalypse environnementale. Ils se conjuguent pour susciter en nous une sidération, un court-circuit de la pensée et de l’action. L’enjeu de cet essai c’est de sortir de cette impasse en traçant des chemins et un horizon pour y arriver : la construction d’utopies politiques, lucides sur le long terme, d’inspiration anarchiste et terrestre, contre l’idéologie dominante et en toute conscience des risques de dystopie. Sa méthode : considérer les séries TV et les films de cinéma, les BD, les romans et les nouvelles de science-fiction comme une extraordinaire source de savoirs et de pistes pour comprendre les impasses actuelles de l’écologie et du tout numérique, puis tenter d’entrouvrir des voies alternatives pour demain.

 

Avis : Quand j’ai lu le résumé de ce livre et que j’ai compris qu’Ariel Kyrou – que je ne connaissais pas alors – avait écrit un essai sur la science-fiction, j’ai sauté le pas et demandé un service de presse aux éditions ActuSF qui, depuis, ont fait de moi une de leurs partenaires ! Merci encore !

Premier point important à noter : l’écriture d’Ariel Kyrou est clairement celle d’un essayiste. Elle est denseriche et le vocabulaire est élaboré. Ce n’est pas une introduction à la SF ou aux réflexions qu’elle peut amener dans nos sociétés : c’est véritablement un essai plein et entier, qui se lit lentement, dont le lecteur doit s’imprégner pour le comprendre et l’assimiler. Les réflexions ne sont pas effleurées mais poussées, avec exemples tirés de romans – parfois de nouvelles ou de films – à l’appui. Certaines œuvres sont même analysées longuement – ce qui peut être problématique pour les lecteurs et lectrices qui ne les ont pas lues au préalable … ou, en tout cas, qui auraient aimé les découvrir sans spoilers. Il va sans dire, je pense, que cet essai est intelligent et ne s’embarrasse pas de raccourcis tous faits, bien au contraire ! Ariel Kyrou descend certains « prophètes » du futur comme Elon Musk ou Jeff Bezos, mais également ceux qui tiennent les rênes du capitalisme et se pensent les grands sauveurs de l’humanité, comme Bill Gates. Autant vous dire que cet essai est donc également très politique : on y traite de notre société actuelle, gangrenée par l’ultracapitalisme, incapable de sortir de ses schémas sclérosés, engluée dans une boue financière qui noie les êtres humains et non-humains. On y traite de la SF qui appuie cette société, qui la renforce et qui montre l’impossibilité de la vie future sur Terre. Et on y traite d’autres œuvres, de chefs-d’œuvre même parfois, qui présentent d’autres modèles, qui s’éloignent de la dichotomie technologie/nature, qui tentent de marier ces deux supposées opposées.

Brillant, cet essai pousse son lecteur à la réflexion, à envisager un avenir différent de celui qui lui est massivement présenté aujourd’hui. A coups de références aussi françaises qu’étrangères, de citations tirées de romans, de nouvelles ou d’autres essais, l’auteur nous montre ce que, peut-être, nous n’avions pas vu dans la SF : un réservoir de possibles, un immense arbre d’avenirs, une vie différente sur Terre et ailleurs. La SF, non comme un genre honni par les « littérateurs »,  non comme un genre de divertissement exclusif, mais comme un genre qui permet de pousser plus loin, de voir plus loin, d’imaginer des mondes qui pourraient être les nôtres tout en restant cohérents, plausibles, réalistes.

Malgré les spoilers dont j’ai parlés plus haut, Ariel Kyrou m’a terriblement donné envie de lire la majorité des oeuvres qu’il cite, entre autres 2312 et les romans d’Ursula K. Le Guin, comme The Dispossessed ou The Word for World is Forest ! Il est maintenant temps pour moi d’ajouter les romans qui ne s’y trouvaient pas encore dans ma wish-list !

 

Donc, un excellent essai qui remet en perspective notre vision du futur, de la science-fiction et ce qu’elle nous apporte !

Invisible Women: Exposing Data Bias in a World Designed for Men de Caroline Criado-Pérez

Posté : 11 novembre, 2020 @ 7:36 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : EssaiInvisible Women

Editeur : Harry N. Abrams

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 325

Titre en français : Femmes invisibles : Comment le manque de données sur les femmes dessine un monde fait pour les hommes

Synopsis : BIENVENUE DANS UN MONDE FAIT POUR LES HOMMES… Imaginez un monde où votre téléphone portable vous glisse des mains parce qu’il est trop grand, où vous faites la queue des heures pour aller aux toilettes, où les médicaments que l’on vous prescrit peuvent être mauvais pour votre corps, et où un grand nombre de vos heures travaillées ne sont pas payées… Si l’un de ces scénarios vous est familier, c’est sans doute que vous êtes une femme.

Cela semble incroyable, mais c’est pourtant une réalité : la plupart des infrastructures et équipements que l’on utilise quotidiennement ont été pensés sans égard aux différences entre les sexes. Pourquoi ? Parce que ce sont des hommes qui ont imaginé le monde dans lequel on vit, et qu’ils l’ont imaginé pour des hommes, à leur image. Ainsi, si les femmes ont souvent froid sur leur lieu de travail, c’est parce que la température des bureaux est basée sur le métabolisme d’un homme.

Si elles sont plus susceptibles d’être gravement blessées lors d’accidents de la route, c’est parce que les tests de sécurité sont effectués sur des hommes d’1,77 m pesant 76 kilos. Enfin, si elles ont davantage de risques de mal réagir à certains médicaments, c’est, encore une fois, parce que les tests scientifiques sont effectués sur des hommes, sans prendre en compte les spécificités du corps féminin.

Tout au long de cette enquête stupéfiante, Caroline Criado Perez montre que les femmes sont tout simplement absentes de la majorité des études statistiques, au détriment de leur santé, de leur sécurité, et parfois même de leur vie.

 

Avis : A VENIR

Come as You Are: the surprising new science that will transform your sex life d’Emily Nagoski

Posté : 7 novembre, 2020 @ 11:17 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, ScienceCome as You Are

Editeur : Scribe

Année de sortie : 2019 [2015]

Nombre de pages : 335

Synopsis : An essential exploration of women’s sexuality that will radically transform your sex life into one filled with confidence and joy.

After all the books that have been written about sex, all the blogs and TV shows and radio Q&As, how can it be that we all still have so many questions?

The frustrating reality is that we’ve been lied to — not deliberately, it’s no one’s fault, but still. We were told the wrong story.

Come As You Are reveals the true story behind female sexuality, uncovering the little-known science of what makes us tick and, more importantly, how and why. Sex educator Dr Emily Nagoski debunks the common sexual myths that are making women (and some men!) feel inadequate between the sheets.

Underlying almost all of the questions we still have about sex is the common worry: ‘Am I normal?’ This book answers with a resounding Yes! We are all different, but we are all normal — and once we learn this, we can create for ourselves better sex and more profound pleasure than we ever thought possible.

 

Avis : A VENIR

Factfulness: Ten Reasons We’re Wrong About the World – and Why Things Are Better Than You Think de Hans Rosling, Ola Rosling et Anna Rosling Rönnlund

Posté : 7 novembre, 2020 @ 11:09 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : EssaiFactfulness

Editeur : Sceptre

Année de sortie : 2019 [2018]

Nombre de pages : 259

Titre en français : Factfulness

Synopsis : Factfulness:The stress-reducing habit of only carrying opinions for which you have strong supporting facts.

When asked simple questions about global trends – why the world’s population is increasing; how many young women go to school; how many of us live in poverty – we systematically get the answers wrong. So wrong that a chimpanzee choosing answers at random will consistently outguess journalists, Nobel laureates, and investment bankers.

In Factfulness, Professor of International Health and a man who can make data sing, Hans Rosling, together with his two long-time collaborators Anna and Ola, offers a radical new explanation of why this happens, and reveals the ten instincts that distort our perspective.

It turns out that the world, for all its imperfections, is in a much better state than we might think. But when we worry about everything all the time instead of embracing a worldview based on facts, we can lose our ability to focus on the things that threaten us most.

Inspiring and revelatory, filled with lively anecdotes and moving stories, Factfulness is an urgent and essential book that will change the way you see the world.

 

Avis : A VENIR

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