Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Women & Power de Mary Beard

Posté : 30 août, 2020 @ 3:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, HistoriqueWomen & Power

Editeur : Liveright

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 126

Titre en français : Les Femmes et le pouvoir

Synopsis : « A modern feminist classic. »—The Guardian

From the internationally acclaimed classicist and New York Times best-selling author comes this timely manifesto on women and power. At long last, Mary Beard addresses in one brave book the misogynists and trolls who mercilessly attack and demean women the world over, including, very often, Mary herself.

In Women & Power, she traces the origins of this misogyny to its ancient roots, examining the pitfalls of gender and the ways that history has mistreated strong women since time immemorial.

As far back as Homer’s Odyssey, Beard shows, women have been prohibited from leadership roles in civic life, public speech being defined as inherently male. From Medusa to Philomela (whose tongue was cut out), from Hillary Clinton to Elizabeth Warren (who was told to sit down), Beard draws illuminating parallels between our cultural assumptions about women’s relationship to power—and how powerful women provide a necessary example for all women who must resist being vacuumed into a male template.

With personal reflections on her own online experiences with sexism, Beard asks: If women aren’t perceived to be within the structure of power, isn’t it power itself we need to redefine? And how many more centuries should we be expected to wait?

 

Avis : Enfin, j’ai fini un livre de Mary Beard !! Ce n’est pas comme si SPQR était en cours depuis … longtemps !

Avant de lire Women & Power, j’avais entendu tout un tas d’avis négatifs à son propos : « trop court », « pas assez de contenu », « pas de solution donnée », « ça ne vaut pas le coup par rapport au prix ».
Après l’avoir lu, je suis surprise par ces critiques. Je dirai plutôt que je suis admirative de la capacité de Mary Beard à traiter un sujet comme le fait de faire taire les femmes dans nos sociétés avec autant d’efficacité et en si peu de pages !

Ce petit livre est à la fois intéressant et instructif. Mary Beard analyse la situation actuelle du discours des femmes dans nos sociétés grâce à la mythologie (Pénélope, Méduse et les Amazones par exemple) et de l’histoire antique (et moins antique) ; le lecteur peut voir de multiples parallèles et comment, même si cela a évolué et s’améliore aujourd’hui, les mêmes grandes lignes sont suivies de nos jours concernant le discours/les voix des femmes. Une femme est moins prise au sérieux qu’un homme, sa voix est ridiculisée parce qu’elle est aiguë et son autorité et ses connaissances sont remises en question à cause de son genre – exemple : Mary Beard qui se voit expliquer l’histoire antique, même si elle est experte sur ce sujet et pas la personne en face d’elle.

L’autrice traite aussi du harcèlement et des insultes dans les médias et les réseaux sociaux. C’est si facile de rabaisser une femme en utilisant son apparence, la façon dont elle s’habille ou même ses organes génitaux. C’est si facile d’utiliser les créatures mythologiques comme Méduse pour se moquer d’une politicienne. C’est si facile de voir la différence de traitement entre femmes et hommes dès que l’on approche des sphères de pouvoir. Et c’est si triste et agaçant de se rendre compte que l’on vit encore dans ce genre de monde dans lequel ce que les femmes disent n’a aucune valeur à cause de leur genre. Tu es une femme donc tu ne peux pas parler de tel ou tel sujet, à tel ou tel public, tu ne peux pas gérer telle ou telle responsabilité. Ou tu dois admettre que tu n’es pas une femme mais une créature hybride capable de gérer, mais toujours sujette aux blagues et insultes vulgaires.

Cette chronique est fatigante à écrire tant la situation paraît parfois désespérante. Même quand nous avons l’impression d’avancer, nous ne pouvons pas nous débarrasser de ces chaînes ridicules.
Je remercie tout de même Mary Beard d’avoir écrit ces cours et de les avoir publiés dans ce livre. J’espère qu’elle en écrira un plus long encore sur ce sujet, j’ai très envie de le lire et de plonger plus loin dans le monde des femmes et du pouvoir, à la fois de nos jours et dans l’histoire antique !

 

Donc, un excellent petit livre qu’il me tarde de voir étendre en gros livre style pavé sur le sujet !!

It’s Not Ok to Feel Blue and Other Lies édité par Scarlett Curtis

Posté : 29 juillet, 2020 @ 2:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Témoignage, PsychologieIt's Not Ok to Feel Blue

Editeur : Penguin

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 554

Titre en français : Pas encore traduit

Synopsis : We are living in the middle of a mental health epidemic and we have a choice: we can either be like all generations who came before us and be floored by it – or we can start to make a difference.

Here are the extraordinary people making that difference – Other People Don’t Feel Blue (and other lies) is a collection of stories and essays from those who have suffered through the worst, and know what it’s like to fight to feel better.

This isn’t just a book. It’s a shout, a scream that cuts above the noise and lets everyone know they are not alone. Funny, sad, clever, relatable and important, this collection is part of the global movement that is working to dismantle the shame that surrounds mental illness. It will be a shining example power of words to make us all feel better.

 

Avis : Il est difficile de faire une chronique pour ce livre, c’est la raison pour laquelle je ne voulais pas le faire. Mais, il existe assez peu de livres de ce genre, donc je me suis dit que ce pouvait être intéressant de vous en parler.

Ce livre est un trésor : il vous fera rire, pleurer mais, surtout, vous vous sentirez compris, vous ne serez pas seuls, vous serez acceptés et légitimes. C’est une lecture très personnelle, que vous soyez attirés par ce livre parce que vous êtes vous-mêmes sujets à des problèmes de santé mentale, que ce soit le cas de vos proches ou que vous vous intéressiez simplement au sujet. Les contributeurs sont d’horizons divers : blancs, noirs, bruns, hétéros, gays, trans, souffrant de troubles mentaux, proches de personnes qui souffrent de maladies mentales. Tous et toutes sont connu.es, mais certains évoquent les différences de traitements des maladies mentales selon les classes sociales.

Ce livre n’est pas un manuel ou un bouquin de développement personnel, mais il vous aidera tout de même un peu. Etrangement, je me suis sentie « en sécurité » pendant que je lisais ce livre, comme si j’étais entourée de gens qui me comprenaient et que rien ne pouvait m’arriver pendant que j’étais avec eux. Il reste donc près de moi.

It’s Not Ok to Feel Blue, même s’il n’est pas écrit pour aider « pratiquement », fait quelque chose qui est rarement fait : il met en avant la maladie mentale, il l’évoque sans tabous grâce à des témoignages de personnes qui sont sous les feux des projecteurs et qui peuvent donc utiliser leur réputation pour amener le dialogue sur la santé mentale. C’est en se taisant qu’on fait progresser la maladie, qu’on nourrit la bête. C’est en parlant qu’on comprend davantage et qu’on peut commencer à faire avancer l’opinion et passer outre le « il/elle est fou/folle, laisse tomber ».

 

Donc, vous serez triste en lisant ce livre parfois, mais vous ne serez jamais seuls.

Why I’m No Longer Talking to White People About Race de Reni Eddo-Lodge

Posté : 8 juin, 2020 @ 7:36 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : EssaiWhy I'm No Longer

Editeur : Bloomsbury

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 202

Titre en VF : Le Racisme est un problème de Blancs

Synopsis : A powerful and provocative argument on the role that race and racism play in modern Britain, by award-winning journalist Reni Eddo-Lodge

In February 2014, Reni Eddo-Lodge wrote about her frustration with the way discussions of race and racism in Britain were constantly being led by those who weren’t affected by it. She posted the piece on her blog, and gave it the title: ‘Why I’m No Longer Talking to White People about Race’.

Her powerful, passionate words hit a nerve. The post went viral, and comments flooded in from others desperate to speak up about their own, similar experiences. Galvanised by this response, she decided to dig into the source of these feelings; this clear hunger for an open discussion. The result is a searing, illuminating, absolutely necessary exploration of what it is to be a person of colour in Britain today. Exploring issues from eradicated black history to the political purpose of white dominance, whitewashed feminism to the inextricable link between class and race, Reni Eddo-Lodge offers a new framework for how to see, acknowledge and counter racism.

Full of clear, bold and keenly felt argument, Why I’m No Longer Talking to White People about Race is a wake-up call to a nation in denial about the structural and institutional racism occurring at its heart. It is a timely, essential book by a vital new voice.

 

Avis : J’ai envie de lire ce livre depuis sa sortie : il était donc temps que je me lance.

J’ai beaucoup appris sur pas mal de sujets liés au racisme et à la société en lisant Why I’m No Longer Talking to White People About Race. Certes, Reni Eddo-Lodge se concentre sur l’histoire du racisme au Royaume-Uni, mais certains point s’appliquent aisément à d’autres pays. Cela pousse à réfléchir, à ouvrir les yeux parfois sur des éléments du quotidien auxquels le lecteur n’a jamais pensé, à se documenter davantage encore.

 

Parmi les différents thèmes abordés, le lecteur trouvera :

- les privilèges blancs auxquels j’avais rarement – voire jamais – pensé avant de lire ce livre ;

- le multiculturalisme et l’anti-racisme qui sont souvent confondus et qui, pourtant, ne se ressemblent pas du tout – le moment où l’autrice laisse la parole à un professeur qui évoque son expérience dans un commissariat de police m’a fait froid dans le dos … ;

la violence policière, comment et pourquoi elle est raciste dans les exemples donnés ;

- la culpabilité que les blancs peuvent ressentir et le fait que cette culpabilité n’ait aucun intérêt ;

- le féminisme et comment les femmes blanches ont exclu les femmes noires du mouvement sous prétexte que la cause des femmes ne pose pas la question de la couleur de peau ;

- la politique, non seulement au Royaume-Uni, mais aussi aux Etats-Unis et en France.

 

L’autrice, tout au long de son livre, nous donne exemples et chiffres pour soutenir son propos. Elle termine sur une note d’espoir et une bibliographie pour aller plus loin.

 

Je ne peux que vous recommander la lecture de Why I’m No Longer Talking to White People About Race : vous serez surpris, vous serez peut-être choqués, vous aurez mal au cœur, mais vous apprendrez.

Beyoncé est-elle féministe ? … et autres questions pour comprendre le féminisme de Margaux Collet, Raphaëlle Rémy-Leleu et Diglee

Posté : 5 février, 2020 @ 9:56 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : EssaiBeyoncé est-elle féministe ?

Editeur : First Editions

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 231

Synopsis : « Une femme sans homme, c’est comme un poisson sans bicyclette ! »
Slogan du Mouvement de libération des femmes

Pourquoi y a-t-il des femmes nues partout ? Que faire si j’ai été harcelé.e en ligne ? Où sont les femmes dans les livres d’histoire ? C’est quoi des trucs de meufs,
c’est quoi des trucs de mecs ? Amour, désir, sexe, tout pareil ? Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de femme présidente de la République en France ?
L’association Osez le Féminisme ! répond dans ce livre engagé et sans tabou, à 10 questions autour de l’égalité entre les femmes et les hommes pour lutter contre le sexisme, permettre à chacun.e de se réaliser sans injonction, et encourager la réussite des filles et des femmes. Et montre qu’il est possible de construire un monde juste et libre pour toutes et tous.

 

Avis : Ce livre me fait de l’œil depuis un moment ; j’ai fini par le chiper dans la bibliothèque de ma sœur !

J’ai tout d’abord beaucoup aimé le format et le design du livre : cela le rend tout de suite très agréable ! J’ai également apprécié la division en thèmes bien délimités, et les renvois vers les chapitres qui peuvent faire écho au sujet traité quand nécessaire. Comme tous les essais sur le féminisme, celui-ci peut faire grincer des dents, parce que c’est si agaçant d’être mis en face de tant de sexisme, qu’il soit ordinaire ou clairement assumé ! Les autrices prennent le temps, dans le premier chapitre, de rappeler ce qu’est le féminisme, une définition claire et précise, afin que tout le monde sache de quoi l’on parle exactement. J’ai, pour autant, adoré que les autrices ne jugent pas les femmes et ne les divisent pas en « féministes » et « non-féministes », malgré ce que le titre pourrait laisser entendre. J’ai apprécié également que les hommes soient mentionnés à plusieurs reprises comme faisant partie intégrante du féminisme ! Niveau thèmes, tout y passe : avortement, pop culture, Histoire, sports … Même pour celles qui s’y connaissent déjà, il y a matière à apprendre ici ! Et quelques références à ajouter à la wish-list, que ce soit niveau livres ou films/séries !

Gros plus : les illustrations, que j’ai vraiment adorées ! Petits bémols : les coquillesfautes de français, et le tutoiement, qui m’a parfois gênée.

 

Donc, un livre que j’ai vraiment pris plaisir à lire, et qui répond aux questions qu’il pose ! 

Harry Potter à l’école de la philosophie de Marianne Chaillan

Posté : 25 janvier, 2020 @ 9:26 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai Harry Potter à l'école de la philosophie

Editeur : Ellipses

Année de sortie : 2015 [2013]

Nombre de pages : 278

Synopsis : Des dizaines sinon des centaines de millions de lecteurs aux quatre coins du monde ont voyagé dans le monde magique de Harry Potter, découvrant livre après livre et film après film, un univers merveilleux et fascinant. Mais savent-ils qu’en montant avec lui dans le « Poudlard Express » sur la voie 9 3/4, ils allaient s’ouvrir aux plus grandes thèses de la philosophie ?
Car Harry Potter ne nous fait pas seulement entrer à l’école des sorciers mais aussi à l’école platonicienne. Le sage Dumbledore se fait tour à tour stoïcien, adepte de Berkeley et maître de philosophie morale. Le fougueux Sirius Black est le porte-voix des thèses sartriennes sur la liberté humaine contre la vision déterministe du Professeur Trelawney. Lord Voldemort et ses Mangemorts, quant à eux, nous interrogent sur la philosophie de Nietzsche…
A Poudlard, on suit certes des cours de Défense contre les Forces du mal, de Métamorphose et de Sortilèges. On apprend aussi et surtout la philosophie. Le long cheminement de Harry jusqu’au combat final avec le Seigneur des Ténèbres dévoile même une philosophie de la finitude propre à l’œuvre de J. K. Rowling.
Cet ouvrage vous propose de revisiter les aventures de notre cher sorcier pour y vivre, avec un plaisir toujours renouvelè, une remarquable initiation à la philosophie.

 

Avis : Je pense que ce n’est plus un secret : depuis que j’ai lu Ainsi philosophait Amélie Nothomb, j’adore tous les livres que je lis de Marianne Chaillan. Celui-ci ne fait, évidemment, pas exception !

Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal au début, malgré une introduction toujours aussi prenante ! J’ai dû réacclimater mon cerveau à recevoir des informations qui le déroutent parfois ! Je ne comprenais pas tout – c’est ça quand on commence un tel livre tard le soir … Mais, une fois prise par le texte et les idées, j’ai ADORE ! Ce que j’aime tout particulièrement, c’est ce nouvel éclairage apporté à une série que je connais depuis l’enfance. Jamais je n’avais pensé à ce genre de théories philosophiques en lisant Harry Potter ; Marianne Chaillan déploie l’œuvre en nous y faisant voir des idées que nous n’avions pas même soupçonnées, et en nous apprenant des choses au passage ! C’était passionnant !! Et si facile à lire !!

J’ai adoré voir la dichotomie Voldemort/Harry au prisme de la mort, j’ai adoré les explications claires et les exemples tirés de la série que l’autrice nous fournit quand elle traite de théories parfois difficiles à comprendre. Surtout, j’ai adoré la deuxième partie du livre. En effet, comme dans la dernière non-fiction qu’elle a publiée, Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur, Marianne Chaillan divise son livre en deux parties : la philosophie dans Harry Potter, et la philosophie de Harry Potter. Cette dernière était fascinante ! Et aussi, très apaisante, beaucoup plus que celle développée pour Game of Thrones. J’ai maintenant très envie de relire toute la série !!

Enfin, j’ai adoré lépilogue à propos de A Casual Vacancy ! J’ai le roman dans ma PAL, mais je n’ai pas encore osé le lire. L’analyse avancée par Marianne Chaillan est fascinante, et me donne envie de sauter le pas !

 

Donc, sans surprise, une excellente non-fiction, qui se lit facilement, qui nous apprend énormément, et qui nous offre un éclairage fascinant sur Harry Potter

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