Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Le Zèbre d’Alexandre Jardin

Posté : 27 juillet, 2017 @ 7:19 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Drame Le Zèbre

Editeur : France Loisirs

Année de sortie : 1989 [1988]

Nombre de pages : 190

Synopsis : Gaspard Sauvage, dit le Zèbre, refuse de croire au déclin des passions. Bien que notaire en province, condition qui ne porte guère aux incongruités, le Zèbre est de ces irréguliers qui vivent au rythme de leurs humeurs fantasques.

Quinze ans après avoir épousé Camille, il décide de ressusciter l’ardeur des premiers temps de leur liaison. Insensiblement la ferveur de leurs étreintes s’est muée en une complicité de vieux époux. Cette déconfiture désole Gaspard. A ses yeux, la paix des ménages est synonyme de naufrage.

Loin de se résigner, il part à la reconquête de sa femme. Grâce à des procédés cocasses et à des stratagèmes rocambolesques, il redeviendra celui qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : l’Amant de Camille, l’homme de ses rêves. Même la mort pour lui n’est pas un obstacle.

Le Zèbre n’est pas le roman de l’amour naissant mais d’un amour qui veut renaître de ses cendres.

 

Avis : Ce livre m’a été prêté par une amie qui m’a dit l’avoir beaucoup aimé ; dans ces cas, je ne pose pas de questions, je ne lis pas le synopsis, et j’y vais !

Eh bien, j’ai bien fait de l’écouter ! Nous suivons ici Gaspard, surnommé le Zèbre parce qu’il est indomptable : il veut reconquérir sa femme, faire renaître la passion, peu à peu éteinte au fil de quinze ans de mariage. Il est prêt à tout pour parvenir à ses fins, même au pire ! Au début, j’ai eu du mal avec le Zèbre : il impose à sa femme des choses insupportables. Certes, il lui explique que cela va leur permettre de retrouver leur amour d’origine, passionnel ; mais il ne prend pas conscience que cela ne marche pas. J’ai l’impression que deux visions du mariage et de l’amour s’opposent ici : celle du Zèbre, convaincu qu’il faut que sa femme déteste leur situation de vieux couple pour qu’elle retrouve la passion – il est aussi persuadé que les autres couples durent parce que les hommes trompent leur femme, et, donc, n’ont pas besoin de la reconquérir – ; et celle de Camille, qui ne demande qu’attention et tendresse, qui veut de l’authenticité plutôt que des mises en scène. Pour Gaspard, le mariage a signé la mort de la passion, parce qu’il a fait de Camille sa propriété en quelque sorte. Ce livre, en nous exposant ces deux points de vue, nous fait vraiment réfléchir sur ces sujets ! Est-ce qu’il ne vaut mieux pas laisser l’amour évoluer comme il « doit » le faire ? Faut-il vraiment faire tout ce que l’on peut pour faire revivre la passion ? Celle-ci a-t-elle vraiment plus de valeur qu’un amour tendre et sincère ? A plusieurs reprises, le lecteur se rend compte qu’il n’est pas facile de répondre à ses questions et, comme le dit Gaspard, il n’a pas de modèle littéraire pour un mari qui tente de reconquérir sa femme ! Il n’est ni Roméo, ni Julien Sorel. D’autres petites réflexions se greffent à l’histoire, dont une sur l’Education nationale que j’ai particulièrement appréciée ! Plusieurs scènes sont très émouvantes, et m’ont fait monter les larmes aux yeux, notamment avec Natasha, peut-être mon personnage préféré dans le livre. L’écriture est agréable, ni trop sophistiquée, ni trop simple.

Concernant les personnages, comme je l’ai dit plus haut, le Zèbre a un côté très agaçant pendant une bonne partie du livre. En effet, il ne se préoccupe pas de ce que veut sa femme, et décide de lui  »infliger » des choses pour faire renaître sa passion. En fait, le lecteur comprend, au fil du livre, que Gaspard est un homme qui veut réaliser sa grande œuvre, et il veut que ce soit une passion éternelle entre sa femme et lui. Il est touchant dans sa dévotion, même si une certaine artificialité l’éloigne du lecteur. Quant à Camille, tout le long, je me suis identifiée à elle : c’est bien pour ça que le Zèbre m’a autant énervée, parce qu’il l’énerve, elle ! Elle n’a rien demandé à son mari, et elle se retrouve dans des mises en scène grotesques qui l’agacent plus qu’elles ne l’enchantent. Poussée vers l’adultère, elle admire pourtant les efforts que déploie Gaspard pour la retrouver. Malgré tout, elle est lassée par le constant calcul du Zèbre : elle veut la paix, être tranquille, quand son mari représente le mouvement même. Ce couple vit avec ses deux enfants, la Tulipe et Natasha. Le premier ne se révèle vraiment que dans la dernière partie du livre. Il veut rendre son père fier de lui, réaliser sa propre grande œuvre. Quant à Natasha, je l’ai trouvé très touchante. Aussi décalée que son père, sa morale n’a pas de limites politiques ou sociales. Une des scènes dans le cimetière m’a retournée ! D’autres personnages se trouvent dans ce livre, comme Alphonse et Marie-Louise, les voisins des Sauvage, le premier étant le meilleur ami/quasi frère du Zèbre, Grégoire, le clerc de Gaspard, dévoué à son patron.

La fin est très belle, et laisse le lecteur avec une touche d’espoir. L’amour a gagné, et j’ai aimé la petite mise en abîme !  

 

Donc, un très bon livre, qui passe coup de cœur parce que je ne lui trouve rien de mauvais !  

Hiroshima mon amour de Marguerite Duras

Posté : 24 juillet, 2017 @ 11:54 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine, Drame Hiroshima mon amour

Editeur : Folio

Année de sortie : 2015 [1960] 

Nombre de pages : 155

Synopsis : LUI : Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien.

ELLE : J’ai tout vu. Tout … Ainsi l’hôpital je l’ai vu. J’en suis sûre. L’hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ?

LUI : Tu n’as pas vu d’hôpital à Hiroshima. Tu n’as rien vu à Hiroshima …

ELLE : Je n’ai rien inventé.

LUI : Tu as tout inventé.

ELLE : Rien. De même que dans l’amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier, de même j’ai eu l’illusion devant Hiroshima que jamais je n’oublierai. De même que dans l’amour.

 

Avis : J’avais été très déçue au début de l’année par ma lecture de L’Amant de Marguerite Duras. Je me suis dit qu’il fallait retenter le coup : ma sœur m’a prêté Hiroshima mon amour, qu’elle a beaucoup aimé !

J’ai bien aimé !! J’étais tellement contente en le finissant de voir que je m’étais, en quelque sorte, réconciliée avec l’auteur ! Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est une lecture qui vaut le coup, et qui donne envie de regarder le film ! Ici, le lecteur lit, d’une certaine façon, le scénario du film réalisé par Alain Resnais ; étant donné la forme, il est un peu plus difficile de ressentir l’émotion que l’on ressentirait à la lecture d’un roman à proprement parler ; il est aussi plus difficile d’entrer dans l’histoire, surtout que l’auteur nous fait un résumé au début pour que l’on comprenne. Les surprises n’en sont alors plus, et le lecteur sait à quoi s’attendre. Malgré cela, j’ai bien compris l’intensité de l’histoire : une jeune femme superpose deux amours, l’un à Nevers, l’autre à Hiroshima, deux villes touchées et alors rapprochées par la guerre. Tous deux sont condamnés et ne mèneront à rien : [SPOILER] la jeune fille est tombée amoureuse d’un officier allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui va faire tomber le déshonneur sur elle et sa famille une fois la guerre terminée. La scène de la mort de l’officier est touchante, et, en l’imaginant à l’écran, je me suis dit que, bien joué, elle doit retourner les tripes du spectateur. A travers cet amour entre un Allemand et une Française, est brisé le manichéisme du monstre allemand et de la victime française. [FIN DU SPOILER] Elle est amenée à parler de cet amour au Japonais qu’elle a rencontré, et avec qui elle entretient une très brève liaison. Elle repart le lendemain, donc, cette histoire ne devrait pas avoir d’importance. Et pourtant, à travers leur histoire personnelle, on sent la résurgence de la grande Histoire, on sent comme elle donne de la valeur à ces amours, comme elle les porte et leur donne une signification particulière. Rien que dans le premier dialogue, quand elle lui dit avoir tout vu d’Hiroshima et qu’il dément, on sent que la ville est plus que simplement une ville dans laquelle se trouve une Française et un Japonais dans une chambre d’hôtel ; c’est un endroit qui rappelle l’inhumanité des hommes, un endroit qui s’est relevé du pire, qui sent toujours la mort, que l’on ne peut, encore maintenant, dissocier de la mort. Et cette mort rappelle, en quelque sorte, la mort du premier amour. A la fin, on comprend que les villes, par le choc qu’elles ont occasionné dans la vie des personnages, deviennent des façons de les désigner ; le choc les a façonnés, les a rendus tels qu’ils sont aujourd’hui.

Les appendices permettent de lire avec plus de détails, et à travers les yeux de la femme, l’épisode de Nevers. Cela permet de mettre des images sur des scènes desquelles les personnages parlent rapidement. Ils sont assez émouvants, malgré leur aspect décousu. Le livre se conclut sur les portraits respectifs du Japonais et de la Française.

 

Donc, une bonne lecture, qui m’a donné envie de découvrir le film ! Un bel entrelacement de l’histoire personnelle et de la grande Histoire !

Bellefleur de Joyce Carol Oates

Posté : 22 juillet, 2017 @ 8:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Bellefleur Genre : Contemporaine, Drame, Fantastique

Editeur : Ecco

Année de sortie :2012 [1980] 

Nombre de pages : 729

Synopsis : « Bellelfleur is proof … that Oates is one of the great writers of our time … a magnificent piece of daring, a tour de force of imagination and intellect. » -John Gardner, New York Times

A wealthy and notorious clan, the Bellefleurs live in a region not unlike the Adirondacks, in an enormous mansion on the shores of mythic Lake Noir. They own vast lands and profitable businesses, they employ their neighbors, and they influence the government. A prolific and eccentric group, they include several millionaires, a mass murderer, a spiritual seeker who climbs into the mountains looking for God, a wealthy noctambulist who dies of a chicken scratch.

Bellefleur traces the lives of several generations of this unusual family. At its center is Gideon Bellefleur and his imperious, somewhat psychic, very beautiful wife, Leah, their three children (one with frightening psychic abilities), and the servants and relatives, living and dead, who inhabit the mansion and its environs. Their story offers a profound look at the world’s changeableness, time and eternity, space and soul, pride and physicality versus love. Bellefleur is an allegory of caritas versus cupiditas, love and selflessness versus pride and selfishness. It is a novel of change, baffling complexity, mystery.

Written with a voluptuousness and startling immediacy that transcends Joyce Carol Oates’s early works, Bellefleur is widely regarded as a masterwork – a feat of literary genius that forces us « to ask again how anyone can possibly write such books, such absolutely convincing scenes, rousing in us, again and again, the familiar Oates effect, the point of all her art: joyful terror gradually ebbing toward wonder » (John Gardner).

 

Avis : J’ai ENFIN terminé ce livre !!

J’ai choisi d’étudier Bellefleur – ainsi que trois autres romans de Joyce Carol Oates - pour mon mémoire de Master 2. Je savais que j’allais adorer ce livre pour plusieurs raisons : d’abord, c’est une réécriture de roman gothique, et j’adore le gothique ! ; ensuite parce que j’ai lu Maudits dans l’année, et j’ai adoré le style d’écriture de l’auteur, ses réflexions, ses critiques à la fois de la société et de la religion, sa façon de développer ses personnages, de les rendre vivants, et attachants parfois en quelque sorte. Commençons par le fait que ce soit une réécriture de roman gothique ! L’auteur a repris la plupart des stéréotypes du gothique pour en faire un livre à la fois moderne et ancrée dans la tradition du genre. On y retrouve donc : des fantômes ; un château hanté, château qui peut être considéré comme un personnage, comme pour The Castle of Otranto d’Horace Walpole ; des personnages qui titubent au bord de la folie ; une nature sauvage difficile voire impossible à affronter ; des êtres maléfiques (vampire, démons, esprits de la montagne) ; une malédiction qui touche toute la famille, mais personne ne sait d’où elle vient, ni pourquoi elle touche les Bellefleur en particulier ; le thème du double ; le racisme, avec lynchages, insultes, et esclavage ; la religion, critiquée d’une façon assez magistrale par l’auteur, exactement comme dans Maudits ! Le lecteur se trouve ici face à une famille divisée : les adultes, qui sont en quête de pouvoir, d’argent, toujours plus, et qui ne s’occupent que de cette quête, et les enfants, qui veulent vivre une autre vie, une vie plus simple, dégagée de la cupidité et de l’égoïsme de leurs aînés. Parfois, j’ai été agacée par les adultes, qui ne cessent de reprocher à leurs enfants de ne pas se comporter en Bellefleur ! Au fil du livre, beaucoup de personnages disparaissent, et le lecteur se demande exactement ce qu’ils deviennent. Dans ce sens, on peut presque parler d’un narrateur en lequel on ne peut avoir entièrement confiance. Il fait des allusions à des personnages morts en sous-entendant qu’ils pourraient ne pas l’être. Pour d’autres, il n’y a aucun doute : le livre comporte des scènes de meurtres, et raconte clairement la mort de tous les personnages.

En parlant de mort, l’auteur nous offre une réflexion à son propos assez déroutante, notamment avec Hiram et Bromwell (je préfère vous laisser la surprise de la découvrir vous-mêmes !). On se retrouve aussi face à une religion qui, au lieu de mener vers la paix, l’amour et le bonheur, mène vers le mal, l’égoïsme, et rend ses disciples fous. J’ai eu l’impression que c’était, peut-être, moins « virulent » que dans Maudits ; mais, clairement, la voie de la religion n’est pas la bonne pour les personnages. On suit notamment l’un d’eux qui s’est mis en tête de voir le visage de Dieu, et un autre, qui, à la fin, se tourne vers une église qui ne fait que lui prendre de l’argent, et qui ressemble plus à une secte. Concernant le style d’écriture de l’auteur, je peux comprendre que certains ne l’aiment pas. En effet, si l’auteur écrit merveilleusement bien, elle introduit dans son texte de très longues parenthèses qui cassent le rythme de ses phrases, et qui peuvent paraître lourdes. Souvent, elle parle d’un personnage en particulier, ou raconte une anecdote. Malgré tout, j’ai adoré ce style !

Avec ses 729 pages, pas étonnant que les personnages de Bellefleur soient tous très bien développés ! L’auteur s’attarde sur chacun d’eux à un moment donné, même si certains sont clairement des protagonistes, par rapport à d’autres qui sont secondaires. On les suit tous dès leur jeunesse, parfois jusqu’à leur mort – et souvent, on ne s’attendait pas à ce que ces personnages meurent ! Les protagonistes sont clairement Gideon Bellefleur, sa femme Leah et sa fille Germaine. Gideon, jeune homme, est tombé fou amoureux de Leah ; adulte, il est amer. C’est un de mes personnages préférés dans le livre ; il veut rester fidèle à lui-même, et sombre dans le désespoir. Leah, quant à elle, est une femme assez étrange. Jeune fille, elle avait une araignée énorme pour animal de compagnie … Autant vous dire que ces passages ont été difficiles à lire pour moi !! Elle est obsédée par une mission qu’elle seule peut mener à bien, selon elle. Convaincue, elle ne pense qu’à cela, et oublie les autres autour d’elle. Elle a un caractère spécial : méchante, cruelle parfois, et pourtant fragile, parfois même douce ! Elle aussi est un de mes personnages préférés ! Germaine, elle aussi, fait partie de mes préférés : on la suit de sa naissance à ses quatre ans. Douée de pouvoirs, elle est plus intelligente que la moyenne, voit et sent les choses. Mais elle reste un bébé, qui a besoin d’amour et de ses parents. Elle m’a brisé le cœur à la fin – autant vous le dire, ça ne finit pas bien ! Il y a énormément d’autres personnages, vivants et morts : Ewan, le frère de Gideon, un ours humain, une brute qui finira de manière bizarre ; Lily, sa femme, effacée, plaintive, un peu agaçante ; Noel, le grand-père, et sa femme Cornelia, lui assez bourru, qui s’adoucit au contact de Leah, elle assez réticente face à Germaine, monstrueuse à sa naissance ; Bromwell, le fils de Leah et Gideon, très intelligent, qui se fiche des affaires de sa famille ; sa sœur jumelle, Christabel, qui a l’air assez simple enfant – son frère l’appelle « half-witted » ! – et qui se rebelle en grandissant ; Yolande, la fille d’Ewan et Lily, à qui il arrive une chose affreuse ; Vernon, le poète, fils d’Hiram, un de mes personnages préférés lui aussi, il ne pense absolument pas comme sa famille, ce qui le rend marginal ; Raphael, le fils d’Ewan et Lily, lui aussi très différent de sa famille, qui ne parvient pas à se soucier d’eux, qui rêve d’une autre vie, qui se rend compte qu’il y a plus que les Bellefleur, et qui déteste ce nom comme Vernon ; Elvira, l’arrière-grand-mère, toujours indépendante, toujours lucide, même à 100 ans ! Tant d’autres personnages venus du passé ! Jedediah, qui cherche Dieu dans les montagnes, Germaine, la femme de son frère Louis, qui, elle aussi, voit les choses – un double de la petite Germaine ? -, Jean-Pierre, le fondateur de la lignée Bellefleur en Amérique, dont le cœur a été brisé prématurément, Violet, la femme de Raphael, que l’on connaît d’abord par sa mort, Raphael lui-même, dont les requêtes après la mort sont très étranges ! J’ai adoré découvrir l’histoire de chaque membre de la famille !

La fin est explosive ! Je ne m’y attendais pas du tout, mais, en y réfléchissant, c’est assez logique. [SPOILER] A nouveau, la lignée des Bellefleur est menacée, mais qui pourrait la perpétuer, comme Jedediah l’a fait dans les années 1820 ? [FIN DU SPOILER] En refermant le livre, malgré le temps que la lecture m’a pris, je me suis sentie un peu triste de quitter la famille Bellefleur !

 

Donc, une formidable « saga » familiale, qui amène beaucoup de réflexions au lecteur, qui reprend tous les stéréotypes du gothique pour faire de ce livre un coup de cœur !

Thirteen Reasons Why de Jay Asher

Posté : 12 juin, 2017 @ 2:23 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : DrameThirteen Reasons Why

Editeur : Penguin Books

Année de sortie : 2013 [2007]

Nombre de pages : 288

Titre en français : Treize raisons

Synopsis : You can’t stop the future. You can’t rewind the past. The only way to learn the secret … is to press play.

Clay Jensen returns home to find a strange package with his name on it. Inside he discovers several cassette tapes recorded by Hannah Baker – his classmate and first love – who committed suicide two weeks earlier.

Hannah’s voice explains there are thirteen reasons why she killed herself. Clay is one of them. If he listens, he’ll find out why.

All through the night, Clay keeps listening – and what he discovers changes his life …

Forever.

 

Avis : Ce livre était dans ma wish-list depuis longtemps, et il en est enfin sorti grâce à la série TV qui est sortie récemment. Certaines de mes amies ont regardé et ont aimé, alors j’ai sauté le pas !

Et je ne regrette pas du tout de l’avoir fait. Bien sûr, dès le début, le lecteur sait que le thème est difficile, et que donc, le livre risque d’être difficile à lire aussi à certains moments. En effet, Hannah est déjà morte quand la lecture commence, et ces cassettes que Clay reçoit sont tout ce qu’il reste d’elle, tout ce qu’il lui reste pour expliquer son geste, expliquer sa lente descente. « lente descente » : c’est exactement ça. Hannah parle d’un effet boule de neige, et le lecteur comprend au fil des pages que l’expression est très bien choisie. En effet, tout ce dont elle parle semble des petits riens, des situations embarrassantes ou des gestes déplacés, par-ci par-là, pas des choses qui méritent que l’on se donne la mort. Et pourtant, accumulés, ces petits riens sont devenus énormes, insupportables. Evidemment, le message est clair - Jay Asher le dit lui-même lorsqu’il répond à treize questions à la fin de mon édition - : il est important de faire attention à notre façon de traiter les autres, à nos préjugés, à nos moqueries, à nos remarques. Parce que nous ne connaissons pas la vie des autres, nous ne savons pas ce qu’ils vivent, et ils n’ont pas à nous le dire pour que nous soyons corrects avec eux. Nous sommes tous sujets aux préjugés – ne dites pas que vous ne l’avez jamais été, c’est faux -, mais ce n’est pas une raison pour leur céder, pour les laisser diriger nos pensées et nos opinions. On dirait une morale à deux sous, mais tant de gens se laissent guider par les on-dit, les rumeurs, par ce qu’ils croient vrai et pas par la vérité elle-même. Il est facile de juger quelqu’un, de rejeter la faute sur quelqu’un dont la réputation est salie ; il est plus facile alors de se sentir bien dans sa peau, de se sentir irréprochable. Ce sont les apparences qui comptent. Hannah est victime des préjugés des autres, ils la voient telle qu’elle est présentée, et jamais telle qu’elle est vraiment. Dès le début, elle n’a aucune chance avec les différents personnes mentionnées, excepté avec Clay. Et c’est là que l’histoire prend une tournure particulière : [SPOILER] Clay est certain qu’il aurait pu aider Hannah, qu’elle avait décidé de se suicider, qu’elle était convaincue que c’était la solution, et qu’elle n’a pas cherché une dernière fois à se sauver la vie avec lui. Il aurait pu être là si elle s’était ouverte à lui. Et j’ai eu du mal à décider si Clay avait raison ou tort. D’un côté, c’est vrai, il aurait pu être là pour elle si elle l’avait décidé, si elle lui avait demandé de l’aide. Mais, d’un autre, elle avait tellement peur d’être à nouveau déçue et, cette fois, par lui, par quelqu’un d’irréprochable apparemment. Elle ne pouvait pas lui faire confiance parce qu’elle avait déjà fait confiance avant lui, et que tout le monde l’avait laissé tomber. J’ai compris Clay, et j’ai compris Hannah. Sa détresse était telle qu’à la fin, elle choisit sciemment de s’autodétruire, elle choisit de faire quelque chose qu’elle ne veut pas faire pour ne plus pouvoir revenir en arrière, pour ne plus pouvoir vivre. Sa dernière tentative de se raccrocher à la vie est un échec total, et, pourtant, le lecteur, ainsi que Clay – un peu une figure du lecteur dans la mesure où il découvre les cassettes en même temps que lui – garde l’espoir insensé que cette dernière mesure va empêcher le drame. [FIN DU SPOILER] Etrangement, à certains moments, je me suis identifiée à Hannah : parfois, quand les petits riens s’accumulent, on ne sait plus comment s’en sortir. Ils deviennent des montagnes, et il faut se remonter les manches pour les dépasser. J’ai vu beaucoup d’avis dire que c’est manichéen, que tout le monde est méchant et qu’Hannah se présente comme la victime idéale. Je trouve cela complètement faux. Certains sont « méchants » par manque de discernement, ou par ignorance, par bravade, pour impressionner les copains ; mais peu ont véritablement un fond méchant. Peu se rendent véritablement compte de ce qu’ils font en réalité. J’ai eu l’impression de voir une bande de lycéens qui ont trouvé un bouc émissaire, d’autres qui en profitent, d’autres qui interprètent son comportement et qui agissent en conséquence. Mais personne ne cherche vraiment à connaître Hannah, à parler avec elle, à l’aider. Certains avis disent que sa réaction est exagérée : imaginons un peu la détresse et l’amertume d’Hannah, qui a tenté de s’intégrer et qui se retrouve avec une réputation de Marie-couche-toi-là, seule, sans amis, sans personne à qui se confier, avec une situation familiale qui laisse elle aussi à désirer, et des gens qui tentent de lui montrer qu’elle peut leur faire confiance avant de lui planter un couteau dans le dos. Encore une fois, je la comprends. C’est sa vengeance, sa façon de les hanter, de les empêcher de l’oublier, sa façon de faire justice quand la justice ne peut rien faire pour elle. Enfin, j’ai aimé le format de la narration : le lecteur a la réaction de Clay en même temps que les cassettes d’Hannah, ce qui coupe son récit, mais ce qui paraît plus réaliste. J’aurais aimé écouter ses cassettes, mais je pense que l’expérience de lecture aurait été encore pire …

Sans doute à cause du thème, j’ai eu du mal, au début, à m’attacher aux personnages. Clay a l’air d’être quelqu’un de bien, presque parfait, mais le lecteur doute dès qu’il comprend que chaque personne qui reçoit les cassettes est une des raisons pour lesquelles Hannah s’est donnée la mort. Et surtout, dès qu’il lit les différentes histoires liées aux différentes personnes, toutes plus dérangeantes les unes que les autres. Et le fait que Clay arrive tardivement laisse à penser qu’il a fait quelque chose de particulièrement grave. Pourtant, au fil du temps, des cassettes, et de ses réactions, je me suis attachée à lui, et j’ai aussi compris son amour pour Hannah. Il regrette, et pense qu’il aurait pu faire plus pour elle, ce qui donne des moments particulièrement émouvants. Quant à Hannah elle-même, en la lisant – faute de pouvoir l’écouter -, on comprend que son image et sa véritable personnalité n’ont rien à voir, et l’on s’attache à elle. Comme je l’ai dit, je l’ai comprise, et donc appréciée, et j’ai infiniment regretté qu’elle ne soit pas sauvée. D’autres personnages apparaissent, que le lecteur déteste plus ou moins ; parmi les pires : Bryce, ou LE macho par excellence, Mr. Porter, ou l’inutilité professorale incarnée, Courtney, ou la garce par excellence, Jenny, ou l’irresponsabilité incarnée. En fait, je les déteste pratiquement tous à la fin du livre. Petit choc face à la réaction des élèves du cours de communication face à la demande anonyme d’aborder le thème du suicide.

La fin laisse un espoir, pas pour Hannah, bien sûr, mais pour Clay. Il ne refera plus les mêmes erreurs, il parlera, il tentera d’aider. 

 

Donc, un livre important qui traite d’un sujet qui effraie, mais qui devrait être abordé plus souvent. Une claque qui nous rappelle que nous sommes tous sujets aux préjugés, aux moqueries, et donc, à des petits riens qui peuvent gâcher la vie.  

Le Roi des Aulnes de Michel Tournier

Posté : 5 janvier, 2017 @ 7:07 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Le Roi des Aulnes Contemporaine, Drame

Editeur : Folio

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 496

Synopsis : « Cet avertissement s’adresse à toutes les mères habitant les régions de Gehlenburg, Sensburg, Lötzen et Lyck ! PRENEZ GARDE A L’OGRE DE KALTENBORN ! Il convoite vos enfants. Il parcourt nos régions et vole les enfants. Si vous avez des enfants, pensez toujours à l’Ogre, car lui pense toujours à eux ! Ne les laissez pas s’éloigner seuls. Apprenez-leur à fuir et à se cacher s’ils voient un géant monté sur un cheval bleu, accompagné d’une meute noire. S’il vient à vous, résistez à ses menaces, soyez sourdes à ses promesses. Une seule certitude doit guider votre conduite de mères : si l’Ogre emporte votre enfant, vous ne le reverrez jamais ! «            

 

Avis : Un nouveau livre à étudier pour le semestre prochain, et déjà un meilleur a priori que pour Paulina 1880 !

J’ai déjà lu d’autres livres de Michel Tournier, Gilles et Jeanne et Vendredi ou les limbes du Pacifique, et tous les deux m’ont paru spéciaux tout en étant de vraies perles littéraires comme il est rare d’en trouver. Celui-ci m’a fait à peu près le même effet. Au début, on pense lire l’histoire d’un homme fou, on se demande où l’auteur veut en venir, quel est l’intérêt ; et au fil des pages, le lecteur s’attache au personnage principal, les fils se croisent, les destins se recoupent, et l’intrigue captive. Le roman est divisé en six parties : la première et une partie des deux dernières sont écrites de la main d’Abel Tiffauges, le héros. J’ai aimé cette façon de raconter qui permet vraiment de le comprendre – ou, en tout cas, d’essayer ! Le lecteur suit le héros de la France à l’Allemagne, en quête d’un destin en lien avec l’Histoire. En effet, Tiffauges voit des signes partout, et pousse le lecteur à faire de même ! Tout n’est que symboles, prédictions, annonces de ce qui va arriver, ou miroirs. J’ai beaucoup aimé cet entrelacement de la vie du héros avec l’Histoire et la guerre. Le lien qui est établi à la fin du roman m’a sidéré ! Je m’étais bien dit qu’il devait y avoir des rapports, mais je ne l’avais pas vu venir à ce point ! Cela m’a vraiment fait un choc, et c’est là que l’on reconnaît l’intelligence et l’ingéniosité de l’auteur ! Autre obsession du héros : le fait de porter. Cela lui vient de son enfance, qu’il nous raconte dans la première partie. La phorie, comme il l’appelle, est quelque de primordial, d’essentiel, quelque chose lié à son destin. Et cela le suit jusqu’au bout ! Concernant l’écriture, comme dans les livres précédents, je l’ai trouvée très agréable, parfois soutenue avec l’usage de mots savants que je ne comprenais pas. En effet, j’ai appris beaucoup de choses sur des sujets très différents grâce à ce roman ! Petite remarque en particulier : l’incipit est excellent et sait capter directement l’attention du lecteur pour ne pas le lâcher !

La première partie, qui mélange sa vie actuelle en France en 1938 et les souvenirs de son enfance, est peut-être celle que j’ai le moins apprécié, sans doute parce qu’elle commence le livre, et que, vu sa particularité, il était un peu difficile d’entrer dans le roman par ce seuil. Toutes les obsessions et les certitudes d’Abel lui viennent de cette période, assez violente et étrange de sa vie. Il fait la rencontre, dans son école de Saint-Christophe – dont le nom-même a un sens spécial pour lui – de Nestor, rencontre qui va bouleverser le cours de sa vie, et faire de lui un enfant et un homme hors-norme. Quant à sa vie actuelle, le lecteur découvre un homme obsédé par les enfants, qui a soif de tendresse, mais d’une tendresse très mal vue autour de lui, car logiquement l’apanage des pédophiles. Or, en lisant les écrits d’Abel, il est facile de se rendre compte que ce n’est pas du tout ce qui l’intéresse. Il parle d’innocence, et il est visible que lui-même est innocent – ce qui paraît étrange pendant toute la première partie. Quant à la seconde, elle est le résultat d’un changement survenu à la fin de la première – les transitions sont toutes un peu de ce genre. Une nouvelle vie commence pour Abel, loin de la société qui ne le comprend pas. Et dès la fin de la première partie, j’ai vraiment commencé à m’attacher à lui. Il n’est pas fait pour vivre en société, parce qu’il n’est pas comme les autres hommes. Il ne se soucie pas de la guerre, elle ne lui sert qu’à s’éloigner d’un endroit qu’il abhorre désormais.

[Pour ceux qui veulent entrer dans le livre sans savoir ce qui se passe une fois qu'Abel est enrôlé dans la guerre, arrêtez de lire ici !] Il devient colombophile, et j’ai trouvé son attitude si touchante ! On dirait qu’il est enfin sorti de sa solitude pour découvrir l’affection, la tendresse, l’amour pour de petits êtres qui ont besoin de lui et qui s’attachent à lui. La place de la guerre dans son destin est surtout celle d’un prétexte lui permettant de vivre comme il doit le faire, comme c’était écrit. Mais, encore une fois, cela se termine mal : ce qui arrive aux pigeons m’a choqué ! On peut dire que ce ne sont que des oiseaux, mais, au fil des pages, je m’étais moi aussi attachée à eux ! Et je ne m’y attendais pas, cela m’a paru si cruel ! Dans la troisième partie, Abel passe en Allemagne comme prisonnier français à Moorhof ; mais il est si différent des autres dans son attitude par rapport à son emprisonnement qu’il finit par avoir des privilèges extraordinaires. Il trouve un havre de paix, et fait une rencontre particulière qui l’émerveille. La quatrième partie le voit à Rominten, auprès de Göring, dans une réserve où la chasse aux cerfs est réglée par un Oberforstmeister qui tente de faire comprendre au S.S. l’importance de la reproduction et de la préservation de certains individus. Le lecteur découvre alors la face cachée de la guerre, des parcelles de terre où il ne se passe rien pour le moment, où un haut gradé de la S.S. règne en maître sur une ville entière dans laquelle tout le monde ne peut pas entrer. L’affection d’Abel se reporte alors de ses pigeons sur les cerfs, et, par la suite, sur les chevaux, animaux considérés supérieurs à leurs frères à bois, et plus particulièrement sur son propre cheval. Dans la cinquième partie, qui est la plus longue, Abel intègre le château de Kaltenborn où, enfin, son affection se reporte sur les enfants, l’objet premier de son amour et de sa tendresse. Kaltenborn est une napola, une école des jeunesses hitlériennes dans laquelle ne vivent que des garçons. Un médecin est présent pour examiner les candidats, et l’on découvre alors les règles racistes de sélection des meilleurs. Le héros se montre dégoûté face à ces lois raciales, et méprise le docteur, au point de vouloir, un jour, prendre sa place pour mieux traiter les jeunes garçons. Il en vient à passer au recrutement lui-même, d’où le synopsis : l’Ogre de Kaltenborn, c’est lui, Abel Tiffauges, qui veut emporter les plus beaux garçons, ceux qui l’attirent par un je-ne-sais-quoi qu’il veut découvrir et comprendre. Et peu lui importe si ces enfants sont destinés à devenir soldats : il les aime, et les veut près de lui. En fait, le héros est si peu engagé dans la guerre, qu’il fait peu de cas de l’école ; elle ne lui sert qu’à garder les enfants près de lui ; il fait aussi peu de cas des sentiments des parents : il veut ces enfants, et ils lui reviendront, même si cela doit lui prendre du temps. C’est dans cette partie qu’on découvre l’entraînement des jeunesses hitlériennes, la détermination des enfants à servir leur patrie parce qu’ils se sont, en quelque sorte, fait laver le cerveau par les S.S. Enfin, dans la sixième partie, l’on se trouve toujours à Kaltenborn, mais la guerre s’intensifie : le lecteur sent que les Jungmannen vont bientôt devoir entrer à leur tour dans la guerre. C’est alors que des scènes choquantes font office de transition, ainsi que l’arrivée d’un nouveau personnage qui va à nouveau bouleverser la vie d’Abel : en effet, celui-ci découvre les camps de concentration et d’extermination, ainsi que les liens qui unissent sa vie à Auschwitz ! La façon dont il apprend tout est assez horrible, et le lecteur frémit à se voyant raconter à nouveau les horreurs des camps. [Vous pouvez à nouveau lire !!]

Concernant les personnages, Abel Tiffauges, comme je l’ai dit, est le héros, mais un héros assez ambivalent. Ses obsessions le mettent au ban de la société, et il est même accusé d’un crime qu’il n’a pas commis parce qu’il est différent. Certain que l’Histoire coïncide avec son destin, il semble se laisser porter par la vie : le seul moment où il tente de résister, il en est empêché in extremis ! Il n’est pas pour autant un personnage passif : Abel agit tout le long du livre, il prend des décisions ; mais il se laisse influencer par des signes qui lui montrent le chemin à suivre. Il devient touchant pour le lecteur, et, par son physique lié à sa façon de voir la vie, ressemble plus à un ours affectueux qu’à un monstre, un ogre, comme il s’appelle lui-même dès le début, et comme les autres semblent le voir. Parfois, il le met aussi mal à l’aise par sa vision des choses, par son amour pour les enfants, sa tendresse et sa vision très spéciale de la vie. Il est un incompris, quelqu’un qui n’a pas sa place dans la société, qui ne voit pas le monde comme les autres, pour qui la guerre n’a aucun attrait, et n’est qu’un bain de sang inutile. Par sa vision différente du monde, Tiffauges nous montre la corruption de la société, sa perversité. D’autres personnages sillonnent le livre, mais aucun ne subsiste, ou n’a l’importance d’Abel. Les seuls marquant peuvent être certains enfants de la cinquième partie, ou le dernier personnage à apparaître dans la dernière. Il est le révélateur et l’ultime guide du héros.

La fin reprend toutes les obsessions d’Abel en une apothéose qui vient logiquement clore le roman. Je pense vraiment qu’il n’aurait pas pu se finir autrement, et en même temps, cela m’a serré le cœur sans raison apparente. La sixième partie déchire à nouveau le cœur du lecteur en lui rappelant les camps et ce qui s’y passe pendant que personne ne regarde de ce côté.

 

Cette chronique est longue, mais il me semble qu’elle manque encore l’essentiel. Je ne sais pas dire ce que ce roman a provoqué chez moi : j’ai été bousculée, choquée, j’ai ouvert les yeux à nouveau, et j’ai découvert de nouvelles choses que je ne savais pas sur la Seconde Guerre mondiale. J’ai aussi découvert un personnage hors-du-commun, tellement différent de ceux que j’ai l’habitude de rencontrer, une sorte d’anti-héros parce qu’il n’agit pas vraiment, un marginal au destin extraordinaire, mais que pour lui seul, car personne d’autre ne sait ce qui lui arrive, ne connaît son amour éperdu et sa fin. Les réflexions que ce livre nous apportent sont aussi intéressantes, parfois bouleversantes, sur plusieurs sujets : le monstre, l’innocence, la pureté, la religion, notamment à propos d’Abel et Caïn, le clergé - qui en prend pour son grade ! -, l’armée – dont les généraux sont montrés comme des bouchers -, les enfants, les animaux.

 

Donc, un très bon roman, qui nous apprend beaucoup de choses, nous fait ressentir des émotions diverses, l’indignation, l’étonnement, le désespoir, porté par un héros très spécial, différent, touchant.

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