Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Dinner d’Herman Koch

Posté : 16 septembre, 2020 @ 12:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineThe Diner

Editeur : Atlantic Books

Année de sortie : 2012 [2009]

Nombre de pages : 311

Titre en VO : Het Diner

Titre en français : Le Dîner

Synopsis : An internationally bestselling phenomenon: the darkly suspenseful, highly controversial tale of two families struggling to make the hardest decision of their lives – all over the course of one meal.

It’s a summer’s evening in Amsterdam, and two couples meet at a fashionable restaurant for dinner. Between mouthfuls of food and over the polite scrapings of cutlery, the conversation remains a gentle hum of polite discourse – the banality of work, the triviality of the holidays. But behind the empty words, terrible things need to be said, and with every forced smile and every new course, the knives are being sharpened.

Each couple has a fifteen-year-old son. The two boys are united by their accountability for a single horrific act; an act that has triggered a police investigation and shattered the comfortable, insulated worlds of their families. As the dinner reaches its culinary climax, the conversation finally touches on their children. As civility and friendship disintegrate, each couple show just how far they are prepared to go to protect those they love.

Tautly written, incredibly gripping, and told by an unforgettable narrator, The Dinner promises to be the topic of countless dinner party debates. Skewering everything from parenting values to pretentious menus to political convictions, this novel reveals the dark side of genteel society and asks what each of us would do in the face of unimaginable tragedy.

 

Avis : Je suis tombée sur ce livre sur Scribd. Il était dans ma wish-list, j’avais pensé à lui dans la semaine : il n’en fallait pas plus pour que je décide de le lire.

Ma réaction à la fin et pendant toute la lecture : « qu’est-ce que je suis en train de lire ? », « qu’est-ce que je viens de lire ? », « qu’est-ce que c’est que ça ? »

The Dinner pourrait être l’un des livres, si ce n’est LE livre le plus étrange que j’ai jamais lu. Étrange parce qu’il est difficile à apprécier, à chroniquer et, parfois même, à lire.

Je vais commencer avec l’intrigue : le narrateur et sa femme sortent pour dîner avec Serge Lohman SPOILER 1 et sa femme. Dès le début, le lecteur comprend qu’il y a quelques tensions entre les deux couples et que le narrateur n’a pas envie d’être là. SPOILER 2 Je ne dirai rien de plus sur l’intrigue, si ce n’est que le livre est divisé en cinq parties qui suivent l’avancée du dîner.

Parlons de ce que j’ai aimé dans ce roman :
- le format : à la fois la façon de diviser le livre et la façon dont il est narré. C’est une narration à la première personne dans laquelle le narrateur revient dans le temps régulièrement pour expliquer ce qui est arrivé ou pourquoi il se trouve dans cette situation. SPOILER 3 J’ai été un peu surprise parfois par la façon dont il parle, par ce qu’il dit. Il semble parfois arrogant, il est souvent extrême niveau réaction ou mots employés. SPOILER 4
- la partie santé mentale
- même si j’ai aussi des choses négatives à dire sur cette partie.
- le fait que ce livre n’est pas peur de traiter des sujets lourds, comme le racisme, l’adoption, la violence, la justice. J’étais parfois d’accord mais … j’étais surtout perplexe la plupart du temps. … Es-tu vraiment sûr de toi ? Es-tu sérieux ?

Et c’est pourquoi il est difficile de parler de ce livre. J’étais souvent mal-à-l’aise. Voilà pourquoi :
- la partie santé mentale. Le lecteur peut deviner la maladie dont il est question s’il s’y connaît un peu en santé mentale, mais rien n’est clairement dit. SPOILER 5
- la façon dont le narrateur crée du suspense et de l’anticipation. J’ai parfois grincé des dents ou levé les yeux au ciel en lisant des phrases comme « et, d’un coup, il savait » sans explications qui suivent ! Je déteste quand les auteurs font ça !
- ce peut être lié à la partie santé mentale, mais la façon dont Paul et Claire réagissent à ce qui est arrivé (je ne peux pas trop en dire pour ne pas vous spoiler) : SPOILER 6 J’étais très mal-à-l’aise dès qu’ils parlaient de classes plus pauvres ou de personnes de couleur. J’étais mal-à-l’aise quand Claire SPOILER 7 J’étais mal-à-l’aise quand la peine capitale/de mort est un sujet de débat. J’étais mal-à-l’aise et je sais/devine que c’était le but. Pour autant, je n’ai pas du tout apprécié.
- les problèmes familiaux. Clairement, tout ne va pas bien dans cette famille. SPOILER 8 J’ai aimé que ce roman montre cet aspect des relations familiales, mais cela m’a parfois mise mal-à-l’aise. C’est si viscéral, si fort. Et si écœurantSPOILER 9

 

Donc, je ne sais pas si j’ai aimé ce livre. Je pencherai vers le non.

 

SPOILER 1 qui est le frère du narrateur et un politicien célèbre 

SPOILER 2 Il m’a fait penser à un introverti qui n’a pas envie de sortir : il n’a pas envie d’y aller, mais il le fait quand même. Sauf qu’il ne veut pas y aller parce qu’il semble fortement, peut-être pas détester, mais au moins déprécier son frère, et non parce qu’il a besoin de se recharger et de passer un moment loin de toute compagnie. 

SPOILER 3 Je ne suis pas sûre à 100% que Paul est un narrateur tout à fait fiable. Est-ce qu’il lit correctement le monde autour de lui ? Peut-on croire ce qu’il dit ? 

SPOILER 4 Il aurait battu plusieurs hommes à mort sans aucun remords ! 

SPOILER 5 Le narrateur ne veut pas élaborer. Les symptômes m’ont fait penser à la psychopathie – violence extrême, pas de compassion, prêt à tuer n’importe qui à partir du moment où cette personne est irritante – mais je ne suis pas une experte donc ce pourrait ne pas être ça. Ce qui m’a choquée également, c’est la réaction du psychologue et ce qu’il dit à Paul : il n’aurait pas dû naître, ses parents, s’ils avaient su la maladie qu’il avait, auraient sans doute préféré que la mère avorte, et il devrait faire la même chose si jamais sa femme tombe enceinte et que l’enfant a la même maladie que lui. C’est tellement violent !! Et je suis sûre que Michel a, effectivement, la même maladie que Paul, et que Paul le sait mais qu’il ne veut pas l’admettre. 

SPOILER 6 ils parlent d’une SDF avec le pronom « it » en anglais, un pronom que l’on utilise pour parler d’objets, jamais pour des êtres humains – excepté les bébés parfois ! Ils justifient le fait que leur enfant ait tué cette femme en disant qu’elle n’avait rien à faire là où elle se trouvait ! Ils essaient de dire que ce n’est pas si grave, que c’était un accident : leur enfant a BOMBARDE cette femme avec des objets trouvés dans la rue jusqu’à lui envoyer un JERRYCAN d’essence et un ZIPPO ! Ohlala, je me demande bien ce qui aurait pu se passer dis donc !! Pourquoi lancer un zippo si on ne s’attend pas à ce qu’il y ait un départ de feu ? C’était un MEURTRE ! 

SPOILER 7 presse clairement son fils de tuer son cousin noir adopté parce qu’il lui fait du chantage.

SPOILER 8 Paul en veut à son frère, peut-être même qu’il le déteste. Il ne veut pas admettre qu’il ne comprend pas tout à fait son fils et que sa femme lui cache des choses.

SPOILER 9 Est-ce de la jalousie, de l’envie que ressent Paul envers son frère ? Il est clair que Serge est un hypocrite et n’est pas vraiment un homme bon – il est misogyne, centré sur lui-même, cupide – et on dirait qu’il n’y a rien à sauver chez cet individu, qu’il n’y a rien de bon en lui. Qu’ils se détestent absolument et totalement. Et Paul est capable de cacher à son frère que son propre fils a tué son fils adoptif !! Ce livre traite, en réalité, de ce que des parents sont prêts à faire pour leurs enfants. Et c’est effrayant.

Les Aérostats d’Amélie Nothomb

Posté : 2 septembre, 2020 @ 11:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineLes Aérostats

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 175

Synopsis : « La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. »

 

Avis : Apparemment, c’est ma nouvelle façon de lire le dernier roman d’Amélie Nothomb : aussitôt acquis, aussitôt lu ! Le lendemain de son arrivée dans ma bibliothèque, Les Aérostats est donc déjà fini !

Comme pour les précédents livres de l’autrice, je ne lis que la petite phrase du résumé avant de commencer : pas de chroniques, pas de conférences à son propos, histoire d’entrer complètement à l’aveugle. Pour ceux qui veulent faire de même, attention, je vais parler de l’intrigue dans le paragraphe qui suit !

Ici, nous suivons Ange. Elle – ce qui n’était pas évident à savoir, étant donné qu’à nouveau, l’autrice utilise un prénom épicène, ce que j’adore – vit en colocation avec Donate, un des personnages insupportables de ce roman – en fait, à part Ange et Pie, tous sont insupportables, et c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai aimé ce roman ! Etudiante en philologie, elle se retrouve contactée par un homme pour donner des cours. Je n’en dis pas plus. Pie est lui aussi un personnage que le lecteur finit par apprécier, notamment parce qu’il permet à Amélie Nothomb de renouer avec un procédé que j’adore : son dialogue incisif, sans pratiquement aucune narration pour le couper. Pie m’a alors fait penser à Prétextat Tach dans Hygiène de l’assassin, un de mes romans préférés ! Pour autant, je ne parviens pas à dire si Pie est attachant ou non : certaines de ses remarques le rendent très antipathique.

J’ai adoré qu’Amélie Nothomb décide ici de se concentrer sur l’éducation et la lecture – Ange va donner des « cours » de lettres. Comment donner envie à un ado de lire ? Comment lui donner le goût des livres, des mots ? Comment lui faire découvrir de la meilleure façon possible la littérature ? La façon de faire d’Ange est radicale SPOILER 1 De plus, l’autrice traite de la dyslexie et de ce qui pourrait la causer SPOILER 2 Ce que j’ai adoré, ce sont les conversations entre Ange et Pie sur les romans qu’ils lisent ! Un lien se crée entre eux grâce à la littérature alors qu’un autre lien parallèle se crée entre les livres et Pie. SPOILER 3

La fin était pour moi évidente une fois que je l’avais lue : impossible que le roman se termine autrement. C’était logique !

 

Donc, un très bon roman, mais qui, après réflexion, me laisse un peu perplexe sur certains points.

 

SPOILER 1 je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : « non mais je ne peux pas faire ça avec mes élèves ». Effectivement, Ange ne propose que des classiques purs et durs à son élève : L’Odyssée, L’Iliade, La Princesse de Clèves … et il doit parfois avoir lu le livre pour le lendemain ! Je ne sous-estime pas les ados, mais je me dis que c’est hardcore pour donner envie de lire ! Mais je m’éloigne trop de la fiction en voulant la rapprocher de la réalité.

SPOILER 2 je ne suis pas sûre de ce que je pense sur ce point. L’avis d’Ange est très tranché : il faut pousser les élèves, c’est la seule solution. Il n’y avait pas autant de dyslexiques quand elle était elle-même élève. Mais certains élèves ont de véritables difficultés pour lire, difficultés qui ne peuvent pas être surmontées en une journée, comme c’est le cas pour Pie. Donc, j’émets des réserves sur ce point du roman : trop facile et trop rapidement traité.

SPOILER 3 après réflexion, un autre point que j’ai moins apprécié : la romantisation de la relation prof-élève. Certes, Ange n’est pas amoureuse de Pie, mais elle reconnaît qu’elle est attirée par lui parce qu’il est intéressant. Quant à Pie, il tombe amoureux d’elle parce qu’elle est une figure d’autorité, quelqu’un qui lui permet d’avancer dans la vie. Je comprends pourquoi Pie ressent cela, et j’apprécie qu’Ange n’en « profite » pas, étant donné sa position ; mais c’est un procédé dont je ne suis pas fan.

 

Members Only de Sameer Pandya

Posté : 2 août, 2020 @ 10:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Members Only

Editeur : Houghton Mifflin Harcourt

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 288

Titre en français : pas encore traduit

Synopsis : First the white members of Raj Bhatt’s posh tennis club call him racist. Then his life falls apart. Along the way, he wonders: where does he, a brown man, belong in America?

Raj Bhatt is often unsure of where he belongs. Having moved to America from Bombay as a child, he knew few Indian kids. Now middle-aged, he lives mostly happily in California, with a job at a university.  Still, his white wife seems to fit in better than he does at times, especially at their tennis club, a place he’s cautiously come to love.

But it’s there that, in one week, his life unravels. It begins at a meeting for potential new members: Raj thrills to find an African American couple on the list; he dreams of a more diverse club. But in an effort to connect, he makes a racist joke. The committee turns on him, no matter the years of prejudice he’s put up with.  And worse still, he soon finds his job is in jeopardy after a group of students report him as a reverse racist, thanks to his alleged “anti-Western bias.”

Heartfelt, humorous, and hard-hitting, Members Only explores what membership and belonging mean, as Raj navigates the complicated space between black and white America.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en SP sur NetGalley !

Dès le début de ce roman, dès le synopsis, j’ai su que j’allais être embarrassée par ce qui allait arriver à Raj, le narrateur. J’avais raison.

Raj, un dimanche soir, fait une terrible blague raciste qui signe le début d’une des pires semaines de sa vie. De racisme ordinaire en rabaissement, de regards qui en disent long aux insultes, la situation ne va faire qu’empirer jusqu’à ce qu’elle explose.

Effectivement, j’ai ressenti de l’embarras quand la blague apparaît. J’ai compris pourquoi Raj voulait fondre, disparaître ou revenir dans le temps pour dé-dire ces quelques mots. Je comprends aussi sa maladresse, son besoin de se lier à quelqu’un qui vit à peu près la même chose que lui, et son échec à y parvenir. J’ai eu mal pour lui et, au fil des pages, ça ne fait qu’empirer. Plus j’avançais, plus je ressentais de l’indignation. Raj vit aux Etats-Unis depuis qu’il a 8 ans, il est professeur à l’université, il étudie l’anthropologie, il est inscrit à un club de tennis et, pourtant, les gens le rabaissent, l’ignorent ou même l’insultent carrément, lui faisant sentir qu’il n’est pas à sa place. ET PERSONNE NE RÉAGIT AUTOUR. Juste parce que sa peau est brune et qu’il est né dans un autre pays. Il se sent différent et il a l’impression d’être utilisé pour prouver qu’un endroit est « diversifié », comme au club de tennis ou à l’université. Il ne serait alors pas engagé pour ses compétences, mais pour sa couleur de peau, pour cocher la case « diversité ». Et donc il doute. Et donc les autres autour de lui le rabaissent. Et donc PERSONNE ne lui vient vraiment en aide quand il en a besoin. Il se demande s’il devient paranoïaque ou si ce qu’il ressent est réel ; plus nous progressons dans le livre, et plus le fait que c’est effectivement réel se confirme.

Le pire, peut-être, est qu’il est attaqué pour deux raisons différentes, qui impliquent toutes les deux une forme de racisme : SPOILER 1 (le début du spoiler n’est pas vraiment spoilant, il évoque le début du roman et la raison pour laquelle tout va partir en vrille pour Raj ; si vous voulez le lire, arrêtez-vous après « En fait, les deux le sont »). Et la petite chute de Raj dimanche soir se transforme rapidement en descente aux enfers : en quelques jours, tout a changé. L’auteur met bien en avant la cyberviolence : les gens ne se rendent pas compte à quel point ils peuvent être blessants et comme il est facile de détruire quelqu’un qui n’est pas en face de soi – ou quelqu’un qu’ils ne connaissent même pas en personne ! – d’utiliser des mots offensants et de menacer la carrière, voire la vie, de cette personne qu’ils ont vue sur les réseaux sociaux. Et comme les gens adoooooooooooooooooorent parler de sujets dont ils ne savent rien, que ce soit en général ou des sujets qui sont très personnels pour les personnes autour d’eux, des sujets qui les touchent ou à propos desquels ils ont des connaissances, contrairement à ces gens qui les attaquent. Tellement énervant.

J’ai adoré ce livre parce qu’il met en avant ce sujet pas toujours facile à traiter. J’ai aussi aimé être dans la tête de Raj et qu’il explique ce qu’il ressent, comment il le ressent et pourquoi il se trouve dans une telle situation. Il nous offre des bribes de son passé, de ce qu’il a traversé, de la façon dont il est arrivé où il est actuellement, de l’envie qu’il ressent parfois quand il voit que des personnes blanches sont idiotes mais sont tout de même plus reconnues que lui grâce à leur couleur de peau alors que lui stagne et est rejeté SPOILER 2 J’ai adoré qu’il soit professeur, évidemment !

A propos de la finSPOILER 3 

Pendant que je lisais ce livre, j’avais envie de secouer les gens pour leur ouvrir les yeux, pour leur faire voir les choses problématiques qu’ils peuvent voir, entendre ou faire sans réagir. J’espère que ce livre aura le même effet sur chaque lecteur. 

 

Donc, un excellent roman qui aborde le sujet du racisme de manière très intéressante – même si le lecteur peut être agacé à de nombreuses reprises ! 

 

SPOILER 1 d’abord, la blague raciste faite à Bill, un homme noir ; puis, un cours dans lequel il dit que les Occidentaux ont rempli le vide que le Christianisme a laissé avec la spiritualité orientale. Donc il est considéré à la fois comme raciste et anti-Américain, quelqu’un qui haït les Chrétiens. La deuxième situation est appelée « racisme inversé » dans le roman et elle est insupportable. En fait, les deux le sont.

En effet, les membres blancs du comité du club de tennis insistent pour que Raj s’excuse publiquement auprès de Bill ; mais, tout le long du roman, Raj se souvient que personne n’a rien dit quand des Blancs l’insultaient, même ce dimanche soir où il a fait sa blague. Et il le dit enfin à la fin du roman, dans une sorte de discours libérateur durant lequel il met tous les membres blancs du comité en face de leur hypocrisie – merci Raj, ça fait du bien, même si ça n’avance malheureusement à rien.

En ce qui concerne la seconde situation, elle est effrayante. En tant que professeur, Raj explique des idées/théories/concepts à ses étudiants et s’attend à une réaction qui mènera à une discussion en classe ou dans son bureau. Quand l’un de ses étudiants n’est pas d’accord avec lui et décide de poster une vidéo de son cours sur Internet, elle devient virale et Raj est insulté et suivi. Des commentaires racistes fleurissent partout et même les personnes qui ne le connaissent pas pensent qu’il est de leur bon droit de donner leur avis et demandent son renvoi de l’université.

SPOILER 2 cette scène où un homme blanc, dans sa précédente université, parvient à le faire virer parce qu’il n’est pas d’accord avec lui … il feint de tomber au moment où Raj passe à côté de lui pour avoir un prétexte. Nauséabond. A vomir.

SPOILER 3 j’ai aimé que Raj voie Bill et que ce dernier sauve la vie du narrateur. Mais j’ai trouvé triste que Raj ne pense pas revenir au club de tennis. Il aimait cet endroit mais ne peut pas revenir à cause de ce qui est arrivé. Il n’a plus confiance en ces « amis » et ne veut pas retourner là où il ne se sent pas le bienvenu. En fin de compte, j’ai eu l’impression qu’ils avaient gagné et que Raj était réduit au silence, chez lui.

Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe de Benjamin Alire Saenz

Posté : 29 juillet, 2020 @ 2:19 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Aristotle and Dante

Editeur : Simon & Schuster

Année de sortie : 2014 [2012]

Nombre de pages : 359

Titre en français : Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Synopsis : Dante can swim. Ari can’t. Dante is articulate and self-assured. Ari has a hard time with words and suffers from self-doubt. Dante gets lost in poetry and art. Ari gets lost in thoughts of his older brother who is in prison. Dante is fair skinned. Ari’s features are much darker. It seems that a boy like Dante, with his open and unique perspective on life, would be the last person to break down the walls that Ari has built around himself.

But against all odds, when Ari and Dante meet, they develop a special bond that will teach them the most important truths of their lives, and help define the people they want to be. But there are big hurdles in their way, and only by believing in each other―and the power of their friendship―can Ari and Dante emerge stronger on the other side.

 

Avis : Je ne m’attendais pas à autant apprécier ce livre !

J’ai eu du mal avec le début de ce roman, notamment avec l’écriture : quelque chose ne fonctionnait pas pour moi avec ce style ce qui m’empêchait d’entrer complètement dans l’histoire – je dois préciser que c’était mon retour à la fiction !

J’ai peu à peu été séduite par la relation d’Aristote et Dante [SPOILER 1] J’ai beaucoup aimé Dante, sa personnalité, le fait qu’il s’accepte – ce qui n’est pas le cas du monde autour de lui. Il a quelques doutes, mais beaucoup moins qu’Aristote, qui, lui, est coincé dans son passé. J’ai beaucoup aimé découvrir peu à peu son histoire, même s’il est parfois dur de se trouver dans la tête d’Ari : il souffre ET il nie. Il n’accepte ni son passé, ni qui il est, ni ce qu’il veut : il est complètement perdu, ce qui rend ses pensées à la fois pénibles et déprimantes à lire.

J’ai aimé la fin : toutes ces révélations et [SPOILER 2] Mais, la résolution arrive beaucoup trop vite pour moi ; j’en attendais un peu plus ! 

 

Donc, un bon livre qui m’a surprise ! 

 

SPOILER 1 : même s’il est clair qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre sans se l’admettre, même avant la scène de l’accident pour moi – surtout en ce qui concerne Aristote qui refuse de reconnaître qu’il est amoureux parce qu’être gay ne rentre pas dans son idéal de vie visiblement. 

SPOILER 2 : enfin, Ari accepte son amour pour Dante !! 

Demandez-leur la lune d’Isabelle Pandazopoulos

Posté : 3 avril, 2020 @ 2:17 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine, YADemandez-leur la lune

Editeur : Gallimard (Scripto)

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 204

Synopsis : Pour Lilou, Samantha, Bastien et Farouk, le passage en seconde générale vient d’être refusé. Dans un de ces coins de France où même Internet ne passe pas, de quel avenir peuvent-ils rêver ? C’est alors qu’Agathe Fortin croise leur route. Jeune prof de français passionnée, elle propose de les préparer à un concours d’éloquence. C’est la première fois que quelqu’un croit en eux.

 

Avis : Je ne connaissais pas l’existence de ce livre avant qu’il me soit offert par mon amie Aurore ; je la remercie à nouveau !

Après avoir fini My Dark Vanessa, je vous laisse imaginer mon état : complètement déprimée. J’avais besoin d’un rayon de soleil dans toute cette noirceur : est alors arrivé Demandez-leur la lune ! Quatre adolescents vont être inscrits à un concours d’éloquence par leur professeure de français. En tant qu’élève, j’ai participé à des concours d’éloquence ; en tant que professeure, je ne peux qu’imaginer la patience qu’il faut pour motiver les élèves. Mais alors, quand ils sont en échec scolaire et ne veulent pas s’inscrire à l’origine …

Dès le premier chapitre, ce roman m’a happée. Je me suis sentie à la fois proche des élèves, dont le lecteur a le point de vue, et d’Agatha Fortin, la professeure – forcément, c’est mon métier, comment ne pas me sentir proche d’elle ? La fin, notamment, m’a semblé vraiment juste en ce qui la concerne : [SPOILER] elle a aidé ses élèves, elle a été là pour eux quoi qu’il leur arrive et elle s’efface à la fin, elle sort de leur vie, comme avec tous les autres élèves qu’elle a eus avant. Quelle tristesse tout de même, mais une tristesse douce parce que le lecteur sait qu’elle a réussi et qu’elle les laisse en meilleur état qu’elle ne les a trouvés ! [FIN DU SPOILER]. Lilou, Samantha, Bastien et Farouk sont tous touchants à leur manière, sont tous blessés par un élément de leur passé ou de leur vie qui les hante et les empêche d’avancer. Ces adolescents permettent à l’autrice d’aborder quatre thèmes tout à fait différents : je trouve que c’est un risque, en si peu de pages, de vouloir évoquer des sujets aussi complexes et importants. Pourtant, l’autrice s’en tire avec brio : le lecteur est ému, la situation des quatre adolescents le fait réfléchir, le pousse à se rendre compte de ses préjugés et à les dépasser.

[SPOILER] Il fallait, en effet, du courage pour oser traiter de maladie mentale avec la mère de Samantha, de terrorisme avec le frère de Lilou, d’héritage avec Bastien et de migrants avec Farouk. Certaines scènes sont difficiles à lire : la mère de Samantha qui se met à délirer devant tous les parents d’élèves, le lecteur sachant très bien que cela va arriver puisque Samantha a vu des signes avant-coureurs mais est incapable de faire quoi que ce soit pour aider sa mère. Le moment où le titre de séjour de Farouk arrive à expiration et où il est incapable d’expliquer pourquoi il doit rester sans mettre en danger sa famille en Turquie. La fugue de Bastien qui veut continuer à aller à l’école alors que son père lui dit que cela ne sert à rien étant donné qu’il doit reprendre son entreprise. L’isolement de Lilou et sa famille de la communauté parce que son frère est parti faire le djihad en Syrie. Toutes ces situations sont émouvantes et bien traitées par l’autrice : sans rajouts, sans tire-larmes – même si j’ai pleuré, évidemment ! [FIN DU SPOILER]

Restent à louer l’écriture, que j’ai trouvé d’excellente qualité, et le fait que ce roman est très inspirant. Il me rappelle pourquoi j’ai choisi ce métier, pourquoi je l’aime et pourquoi je vais continuer à l’exercer ! 

 

Donc, une petite pépite qui fait pleurer et rire en 200 pages ! 

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