Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Demandez-leur la lune d’Isabelle Pandazopoulos

Posté : 3 avril, 2020 @ 2:17 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine, YADemandez-leur la lune

Editeur : Gallimard (Scripto)

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 204

Synopsis : Pour Lilou, Samantha, Bastien et Farouk, le passage en seconde générale vient d’être refusé. Dans un de ces coins de France où même Internet ne passe pas, de quel avenir peuvent-ils rêver ? C’est alors qu’Agathe Fortin croise leur route. Jeune prof de français passionnée, elle propose de les préparer à un concours d’éloquence. C’est la première fois que quelqu’un croit en eux.

 

Avis : Je ne connaissais pas l’existence de ce livre avant qu’il me soit offert par mon amie Aurore ; je la remercie à nouveau !

Après avoir fini My Dark Vanessa, je vous laisse imaginer mon état : complètement déprimée. J’avais besoin d’un rayon de soleil dans toute cette noirceur : est alors arrivé Demandez-leur la lune ! Quatre adolescents vont être inscrits à un concours d’éloquence par leur professeure de français. En tant qu’élève, j’ai participé à des concours d’éloquence ; en tant que professeure, je ne peux qu’imaginer la patience qu’il faut pour motiver les élèves. Mais alors, quand ils sont en échec scolaire et ne veulent pas s’inscrire à l’origine …

Dès le premier chapitre, ce roman m’a happée. Je me suis sentie à la fois proche des élèves, dont le lecteur a le point de vue, et d’Agatha Fortin, la professeure – forcément, c’est mon métier, comment ne pas me sentir proche d’elle ? La fin, notamment, m’a semblé vraiment juste en ce qui la concerne : [SPOILER] elle a aidé ses élèves, elle a été là pour eux quoi qu’il leur arrive et elle s’efface à la fin, elle sort de leur vie, comme avec tous les autres élèves qu’elle a eus avant. Quelle tristesse tout de même, mais une tristesse douce parce que le lecteur sait qu’elle a réussi et qu’elle les laisse en meilleur état qu’elle ne les a trouvés ! [FIN DU SPOILER]. Lilou, Samantha, Bastien et Farouk sont tous touchants à leur manière, sont tous blessés par un élément de leur passé ou de leur vie qui les hante et les empêche d’avancer. Ces adolescents permettent à l’autrice d’aborder quatre thèmes tout à fait différents : je trouve que c’est un risque, en si peu de pages, de vouloir évoquer des sujets aussi complexes et importants. Pourtant, l’autrice s’en tire avec brio : le lecteur est ému, la situation des quatre adolescents le fait réfléchir, le pousse à se rendre compte de ses préjugés et à les dépasser.

[SPOILER] Il fallait, en effet, du courage pour oser traiter de maladie mentale avec la mère de Samantha, de terrorisme avec le frère de Lilou, d’héritage avec Bastien et de migrants avec Farouk. Certaines scènes sont difficiles à lire : la mère de Samantha qui se met à délirer devant tous les parents d’élèves, le lecteur sachant très bien que cela va arriver puisque Samantha a vu des signes avant-coureurs mais est incapable de faire quoi que ce soit pour aider sa mère. Le moment où le titre de séjour de Farouk arrive à expiration et où il est incapable d’expliquer pourquoi il doit rester sans mettre en danger sa famille en Turquie. La fugue de Bastien qui veut continuer à aller à l’école alors que son père lui dit que cela ne sert à rien étant donné qu’il doit reprendre son entreprise. L’isolement de Lilou et sa famille de la communauté parce que son frère est parti faire le djihad en Syrie. Toutes ces situations sont émouvantes et bien traitées par l’autrice : sans rajouts, sans tire-larmes – même si j’ai pleuré, évidemment ! [FIN DU SPOILER]

Restent à louer l’écriture, que j’ai trouvé d’excellente qualité, et le fait que ce roman est très inspirant. Il me rappelle pourquoi j’ai choisi ce métier, pourquoi je l’aime et pourquoi je vais continuer à l’exercer ! 

 

Donc, une petite pépite qui fait pleurer et rire en 200 pages ! 

My Dark Vanessa de Kate Elizabeth Russell

Posté : 3 avril, 2020 @ 2:10 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineMy Dark Vanessa

Editeur : HarperAudio

Année de sortie : 2020

Temps d’écoute : 15h

Synopsis : Exploring the psychological dynamics of the relationship between a precocious yet naïve teenage girl and her magnetic and manipulative teacher, a brilliant, all-consuming read that marks the explosive debut of an extraordinary new writer.

2000. Bright, ambitious, and yearning for adulthood, fifteen-year-old Vanessa Wye becomes entangled in an affair with Jacob Strane, her magnetic and guileful forty-two-year-old English teacher.

2017. Amid the rising wave of allegations against powerful men, a reckoning is coming due. Strane has been accused of sexual abuse by a former student, who reaches out to Vanessa, and now Vanessa suddenly finds herself facing an impossible choice: remain silent, firm in the belief that her teenage self willingly engaged in this relationship, or redefine herself and the events of her past. But how can Vanessa reject her first love, the man who fundamentally transformed her and has been a persistent presence in her life? Is it possible that the man she loved as a teenager—and who professed to worship only her—may be far different from what she has always believed?

Alternating between Vanessa’s present and her past, My Dark Vanessa juxtaposes memory and trauma with the breathless excitement of a teenage girl discovering the power her own body can wield. Thought-provoking and impossible to put down, this is a masterful portrayal of troubled adolescence and its repercussions that raises vital questions about agency, consent, complicity, and victimhood. Written with the haunting intimacy of The Girls and the creeping intensity of Room, My Dark Vanessa is an era-defining novel that brilliantly captures and reflects the shifting cultural mores transforming our relationships and society itself.

 

Avis : Vous savez, je pense, que je ne suis pas une grande fan de l’audio : je n’aime pas qu’on me raconte une histoire, je préfère la lire moi-même, visuellement, sur le papier ! Et pourtant, Scribd m’a tenté avec cet audiobook de My Dark Vanessa, donc je me suis à nouveau laissé tenter …

Je peux résumer en un mot ce que j’ai ressenti après avoir lu ce livre : nausée. Ecouter la narratrice raconter son histoire me donnait envie de me rouler en boule dans un coin, noyée dans mes larmes. J’aurais pu m’y attendre si j’avais correctement lu le synopsis : mais j’en ai un peu marre de me faire spoiler tout un roman en lisant la quatrième de couverture, donc j’ai décidé de lire ce livre à l’aveugle ! Je savais simplement que l’on allait traiter de la liaison entre une élève et son professeur, et que le mot « controverse » avait été employé pour parler de ce livre. J’étais donc intriguée, assez pour retenter l’expérience audio !

Comme je me suis sentie mal en lisant ce roman … [SPOILER] Je ne savais pas que Vanessa ne reconnaîtrait pas que sa relation avec Strane est abusive. Je ne pensais pas qu’elle serait complètement écrasée par le poids de cette relation à ce point, incapable de construire quoi que ce soit et incapable de s’éloigner de lui. Je ne savais pas qu’il serait si dur d’assister à la descente progressive aux enfers d’une jeune fille de 15 ans – oui, je ne savais pas non plus qu’elle avait 15 ans – rêveuse et ambitieuse, démolie jusqu’à être désillusionnée, alcoolique et sans la carrière qu’elle s’était imaginée, refusant encore et toujours d’admettre qu’elle a été abusée. C’était le plus dur : l’entendre nier, essayer de se convaincre que c’était une histoire d’amour – elle dit même cette phrase à un moment donné, ça m’a donné envie à la fois de pleurer et de balancer mon téléphone à travers la pièce ! Il a détruit sa vie et elle ne s’en rend pas compte – ou, plutôt, elle ne veut pas s’en rendre compte – jusqu’à ce que dix-sept ans soient passés ! Elle m’a brisé le cœur … [FIN DU SPOILER] 

Certaines scènes étaient particulièrement difficiles à lire[SPOILER] comme je l’ai dit, Vanessa ne le reconnaît pas, mais Strane la viole. Elle ne veut pas avoir de rapport avec lui, elle a la chair de poule quand il s’approche d’elle, elle ne ressent que du dégoût pour lui dans ces moments-là ! Clairement, c’est de l’abus, et ce sont des viols répétés. [FIN DU SPOILER] J‘avais envie de vomir et d’entrer dans le livre pour tuer Strane. [SPOILER] Je n’ai même pas réussi à ressentir de la sympathie pour lui quand il se suicide. Zéro, rien du tout. [FIN DU SPOILER]

De plus, la relation arrive si tôt dans la vie de Vanessa [SPOILER] que cette liaison et Strane la forment, la façonnent, font d’elle la femme qu’elle devient. Ses goûts littéraires – le roman préféré de Vanessa est Lolita parce que Strane lui a fait lire ; rien que là, j’avais envie de TUER cet homme à mains nues ! -, les hommes qu’elle séduit, la façon dont elle pense, tout vient de lui. C’est d’autant plus difficile pour elle de se détacher de lui et de reconnaître qu’il a été manipulateur et abusive : comment renoncer à tout ce qui fait d’elle qui elle est ? J’ai eu envie de le déterrer et de le massacrer à nouveau ! Petite m**** ! [FIN DU SPOILER]

Ce que j’ai particulièrement aimé chez Vanessa, c’est qu’elle n’est pas un personnage fait pour être aimé : c’est une adolescente qui pense qu’elle est plus intelligente que tout le monde, que personne ne la comprend. Elle colle vraiment bien à l’esprit adolescent. Cela peut agacer ; j’ai personnellement trouvé que ça la rendait d’autant plus attachante. Nous sommes tous passés par cet âge adolescent, nous savons comme il est compliqué de s’adapter à ce nouveau corps, à cette place future dans la société, à tous ces changements physiques, psychologiques et sociaux qui interviennent. J’ai plutôt eu envie de la prévenir, de la prendre dans mes bras, parfois de la secouer aussi, je l’avoue. Mais j’ai ressenti davantage de compassion que d’énervement pour elle. [SPOILER] Même plus tard, alors qu’elle n’a plus 15 ans, dix-sept ans plus tard, elle semble toujours arrogante, toujours convaincue que personne n’a compris Strane à part elle, convaincue qu’elle tenait les rênes de la relation, qu’elle n’était pas manipulée mais qu’elle manipulait Strane, qu’elle pouvait en faire ce qu’elle voulait. Ce sentiment de contrôle est factice quand elle a 15 ans et quand elle en a 32. Le lecteur s’en rend compte lors d’une visite chez Ruby, la psychologue de Vanessa : la jeune femme lui raconte enfin tout et la psychologue est ahurie, non pas par ce que lui apprend Vanessa, mais par la façon dont elle considère cette relation. C’est pendant ce passage que Vanessa dit : I need it to be a lovestory, ce qui laisse le lecteur comprendre qu’elle sait que ce n’en est pas une, mais ne veut pas le savoir. [FIN DU SPOILER] Le lecteur comprend donc que cette arrogance est une attitude : de cette manière – et de cette manière SEULEMENT -, Vanessa est une narratrice peu fiable : elle se dépeint, mais elle ne creuse jamais. Pourquoi pense-t-elle qu’elle était plus intelligente ? Qu’est-ce que cette pensée cache ?

Lire ce livre en audio a clairement apporté quelque chose en plus à ma lecture : j’avais d’autant plus l’impression que Vanessa me racontait son histoire, c’était perturbant et d’autant plus horrible, touchant et DUR ! J’ai adoré la voix de la narratrice : elle m’a fait pleurer quand sa voix s’est cassé lors d’un passage …

 

[SPOILER] Il y a de l’espoir à la fin : Vanessa n’oubliera jamais Strane et ce qui lui est arrivé, cela fait à jamais partie d’elle. Mais elle peut avoir une vie. Elle commence une nouvelle vie : elle a reconnu ce qui est vraiment arrivé et elle tente de construire quelque chose sur de nouvelles bases. Le livre se termine alors qu’elle est encore en thérapie et qu’elle tente de devenir responsable : elle adopte un chien, ce qui illumine visiblement ses journées, malgré les moments de détresse qui reviennent. J’ai aimé que cette fin ne soit pas utopique ou invraisemblable : parce que Vanessa adopte un chien, elle oublie Strane et va courir dans les champs en criant son bonheur. J’ai aimé que ce soit juste, mais qu’il y ait quand même de l’espoir. Ce livre était quand même terriblement déprimant à lire, il fallait qu’il se termine sur une note positive pour le lecteur, un pas en avant pour Vanessa. [FIN DU SPOILER]

[SPOILER] Je pense que je comprends la controverse : certains peuvent lire ce livre en se disant que Vanessa n’a pas été violée parce que, d’après ce qu’elle dit, elle est consentante. Rien qu’en lisant la première scène pendant laquelle Strane et elle ont un rapport, on comprend bien qu’elle ne l’est PAS. D’autres peuvent se dire que c’est nuancé, que ce n’est pas assez clair, qu’il aurait fallu que Vanessa exprime clairement qu’elle a été abusée, qu’elle porte plainte, qu’elle réagisse. Mais je trouve, au contraire, que ce roman incarne à merveille l’état de l’adolescent : il ne sait pas encore ce qui est la norme, il ne sait pas ce qui est limite, ce qu’est le consentement et il fait confiance à un adulte. Strane est un adulte, une figure d’autorité : il devient la norme pour Vanessa, ce qui rend l’abus et le viol d’autant plus IMPARDONNABLES ! Et ce n’est clairement pas non plus une question d’intelligence : Vanessa réfléchit à ce qui lui arrive et c’est si horrible de penser que ce n’est pas ce qu’elle imaginait qu’elle préfère faire confiance à Strane et le suivre ! [FIN DU SPOILER]

 

Donc, je ne peux pas dire que j’ai adoré ce livre, ce serait étrange, étant donné toutes les émotions négatives que j’ai ressenties en le lisant. Il m’a bousculée et il restera avec moi un moment. 

Soif d’Amélie Nothomb

Posté : 8 janvier, 2020 @ 2:39 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineSoif

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

 

Avis : Je n’arrêtais pas de croiser ce livre depuis sa publication, et je ne l’avais toujours ni acheté ni lu. J’ai enfin sauté le pas !

J’avais entendu pas mal de critiques négatives sur ce livre ; mais, comme d’habitude quand Amélie Nothomb sort un nouveau roman. J’ai toujours envie de me faire ma propre opinion ; mais je dois avouer qu’entendre parler de Jésus m’a un peu rebutée sur le coup. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai mis tant de temps à le lire ! Pourtant, je sais que l’autrice ne pourrait pas écrire un bouquin vraiment religieux. En fin de compte, j’ai ouvert Soif sans attente particulière, en me laissant guider. Je pense que c’est la meilleure façon pour moi de me faire surprendre par un livre, et de l’apprécier, voire de l’adorer. Parce que j’ai adoré ma lecture.

Dès, les premières lignes, j’ai retrouvé l’écriture que j’aime tant, le ton que j’aime, le style que j’aime. Et j’ai été surprise – alors que je n’aurais pas dû l’être, c’est plutôt commun chez l’autrice – de constater que Soif était écrit à la première personne, ce qui fait que nous sommes dans la tête de Jésus. Ceux qui ne savent absolument rien de lui ne le reconnaîtront que lorsque son nom apparaît pour la première fois, page 21. Pour les autres, ils auront peut-être un doute au début : « Tiens, ça me dit quelque chose les Mariés de Cana … » Dans tous les cas, c’est assez surprenant et original de se retrouver dans la tête de ce personnage. Et malgré l’appréhension, je me suis rapidement laissé porter par les paroles, les réflexions de Jésus. J’ai souffert avec lui, j’ai pensé avec lui, et je me suis échouée à la fin du roman, en tournant la dernière page, le cœur gros. Amélie Nothomb est parvenue à écrire un livre sur Jésus qui n’est pas vraiment religieux, un livre qui nous fait réfléchir, un beau livre touchant qui m’a secouée. Je me suis armée de mon crayon pour souligner, écrire, annoter Soif : tant de belles citations à retenir, de vérité parfois.

Jésus est davantage un homme que le fils de « Dieu », même s’il parle parfois à son père. L’autrice reprend à la fois des éléments du mythe et des faits historiques, tout en faisant de l’homme un personnage « réaliste ». Egal à lui-même, il rappelle qu’il faut aimer son prochain, tout en montrant en quoi lui-même a failli. Soif est à la fois un éloge de l’amour et une prise de conscience que Jésus et « Dieu » s’y sont très mal pris. J’ai adoré qu’il réfléchisse lui-même sur la religion, sur son « père », sur la rédemption qu’il est censé apporter à l’humanité. J’ai adoré que Marie-Madeleine soit présente, la façon dont est représentée Marie, celle dont est présenté Judas.

Evidemment, le lecteur lit toute la passion du Christ, des passages assez douloureux à lire, que ce soit le chemin à parcourir avec la croix sur le dos, la rencontre de sa mère sur le chemin, la crucifixion, la présence de Madeleine, la mort … Et, comme dans tous les romans d’Amélie Nothomb, le titre finit par prendre tout son sens à un moment du roman : [SPOILER] Jésus refuse de boire avant de partir pour être exécuté. Il ressent donc la brûlure de la soif sur la croix ; juste avant, alors qu’il est dans sa cellule, il explique ce qu’est la soif, ce qu’elle représente, ses réflexions sur elle, le fait qu’elle permette de se sentir vivant, et que l’étancher est un tel plaisir après une longue exposition aux affres de la soif. Cela m’a fait penser aux réflexions sur la faim dans Biographie de la faim. La soif, elle, ne peut jamais être étanchée complètement, il n’y a pas de verbe équivalent à « rassasier » pour elle. Elle n’est jamais satisfaite. Cela permet à Jésus de supporter la douleur, car la soif est plus grande, et aussi de connaître un dernier moment de bonheur quand le soldat lui donne à boire avec une éponge. [FIN DU SPOILER] 

Mais, ce qui m’a particulièrement conquise dans ce livre, c’est sa fin. Cette vision de la mort était si paisible, si apaisante … J’avais envie de serrer l’autrice dans mes bras tant ses mots me faisaient du bien. Je ne peux pas tellement vous en dire plus, ce deviendrait trop personnel. Je ne peux que vous recommander de lire Soif

 

Donc, sans doute un de mes préférés d’Amélie Nothomb, ou, en tout cas, un de ceux qui m’ont le plus touchée. 

La Pyramide des besoins humains de Caroline Solé

Posté : 3 décembre, 2019 @ 6:12 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine La Pyramide des besoins humains

Editeur : L’Ecole des loisirs

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 125

Synopsis : L’ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd’hui, cette théorie est le principe d’un nouveau jeu de télé-réalité : La pyramide des besoins humains. Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n’en restera plus qu’un. Et moi dans tout ça ? Disons que je m’appelle Christopher Scott. Disons que j’ai dix-huit ans. Que j’habite un morceau de carton, dans la rue, à Londres. Enfin, peu importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat no 12778. Je n’existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu’un, et même quelqu’un de célèbre. Et c’est bien ça le pire.

 

Avis : Ce livre m’a été recommandé par une collègue !

Déjà, j’aime beaucoup l’idée : une sorte d’émission de télé-réalité qui se centre sur les cinq types de besoins humains à laquelle participe un jeune garçon SDF. Il nous raconte un peu son histoire et comment il en est venu à participer à l’émission. J’ai particulièrement aimé la réflexion sur la célébrité et la liberté, le fait qu’être célèbre prive de sa liberté d’être soi, que l’on veuille alors devenir un autre pour plaire aux « gens », et plus simplement vivre et faire des choses qui nous plaisent, des choses pour nous personnellement. Le livre nous permet de voir le côté aliénant à la fois de la popularité, mais aussi des réseaux sociaux et des médias en général, ainsi que le côté hypocrite de l’humanité : on veut bien suivre, soutenir, un SDF pour une émission de télé-réalité, mais hors de question de l’aider dans la « vraie vie ».

Pourtant, c’est typiquement le genre de livres qui ne me reste pas en mémoire malheureusement : je n’étais pas suffisamment attachée aux personnages, ni suffisamment entrée dans l’histoire pour qu’elle me suive ensuite. Il m’a manqué quelque chose pour être complètement emportée. Après cette lecture, je me demande si je n’aurais pas, en fait, un problème avec les narrations à la première personne … pourtant, certains de mes livres préférés en sont ! A creuser …

 

Donc, un bon livre, à la réflexion très intéressante, mais dans lequel je n’ai pas su entrer pleinement.

L’Ecume des jours de Boris Vian

Posté : 29 septembre, 2019 @ 6:47 dans Avis littéraires, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineL'écume des jours

Éditeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013 [1947]

Nombre de pages : 335

Synopsis : Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant.

Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre-culte depuis plus de soixante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir.

Seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains …

 

Avis : J’ai lu ce livre pour la première fois au lycée, l’année du bac ; il y a donc un peu plus de six ans !

Honnêtement, je me souvenais simplement que c’était bien écrit et poétique d’une façon assez étrange, et que je n’avais jamais lu un livre de ce genre ! En effet, on pourrait classer L’Ecume des jours dans le réalisme magique, branche de la Fantasy que je ne connaissais pas du tout à l’époque – et dont je ne suis pas du tout une experte aujourd’hui !

J’ai beaucoup aimé cette relecture ! J’ai vraiment été touchée par ce qui arrivait aux personnages et, surtout, par la façon dont Boris Vian décrit et fait ressentir les choses. C’est une histoire étrange, qui vire vers l’absurde, notamment avec des scènes si aberrantes qu’elles en deviennent presque comiques ! On peut également y voir une critique acerbe de notre société : les gens sont jetables, certains sont prêts à dépenser tout leur argent pour des idées qui ne les réchauffent pas le soir sous la couette, et qui poussent leurs proches au désespoir. Si le début peut paraître léger, drôle parfois, on vire rapidement vers le tragique, le rire jaune, la chute totale. L’humour de l’œuvre – qui m’a vraiment fait rire à certains moments – est compensée par des moments de plus en plus noirs. [SPOILER] La fin est affreuse : personne ne trouve son bonheur. Plusieurs sont morts, et seul Colin reste, et encore ! La dernière scène laisse entendre que les derniers personnages toujours en piste veulent mettre fin à leurs jours ! [FIN DU SPOILER] Enfin, j’ai aimé les jeux de mots, les néologismes, et les inventions étranges qui parcourent l’œuvre !

L’Ecume des jours, c’est aussi une histoire d’amour ; ou plutôt, deux histoires d’amour. Depuis le temps que je vous dis que ce n’est pas mon style … et pourtant, je ne cesse de vous parler d’histoires d’amour que j’ai adorées. Il faudrait que je précise : je n’aime que certains types d’histoires d’amour bien précis. Celui qui se trouve dans ce livre en fait partie. Colin et Chloé s’aiment éperdument, et la déchéance de ce couple m’a fait mal au cœur. La maladie vient faire irruption dans leur vie : symboliquement, on ne sait pas véritablement à quoi elle correspond, mais elle pourrit la vie des personnages. Le désespoir s’installe peu à peu, et le lecteur finit par douter : Chloé va-t-elle survivre ? Quant à l’histoire entre Alise et Chick, elle est elle aussi en danger, à cause d’un autre type de « maladie ». [SPOILER] En effet, la passion de Chick est plus qu’une passion : c’est une obsession. Elle devient de plus en plus envahissante, jusqu’à le consumer complètement. Il en oublie Alise, ses amis, tout le reste. L’argent n’est qu’un moyen pour lui d’acquérir plus d’objets liés à Jean-Sol Partre, et non d’améliorer sa vie. [FIN DU SPOILER]

Bémol : peut-être le fait qu’on se concentre exclusivement sur le point de vue masculin ? Certes, Alise est férue de Jean-Sol Partre, mais, au fil du roman, le lecteur a plutôt l’impression que c’est un léger intérêt, pas du tout une passion dévorante comme celle de Chick. Chloé, même si elle est très attachante, n’est pas un personnage très développé : elle est importante pour l’amour que Colin lui porte. Le roman reste focalisé sur lui, et sur la déchéance des personnages masculins. 

 

Donc, un très beau roman, qui se place sans doute parmi ceux qui m’ont le plus marquée.

 

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