Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Les Aventures de Pinocchio de Collodi

Posté : 9 mars, 2016 @ 11:31 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Les Aventures de Pinocchio Conte, Jeunesse

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2003

Nombre de pages : 250

Synopsis : Depuis leur publication en 1883, Les Aventures de Pinocchio ont poursuivi une carrière triomphale. Traduites dans toutes les langues de l’Europe mais aussi en swahili, en assamais, en papiamento, leurs tirages rivalisent sans doute avec ceux de la Bible ou du Coran. A l’heure de la globalisation, le qualificatif d’universel leur convient comme un gant. Comme Peter Pan, son frère cadet, Pinocchio possède une double nature qui lui permet d’évoluer aux confins de la fable et de la réalité – mais, à la différence du lutin de Kensington, il ne cherche pas refuge au pays des rêves. Il affronte avec une infinie curiosité tous les dangers du vaste monde, qu’ils revêtent l’aspect de deux aigrefins patibulaires, d’un insatiable serpent, voire d’un piège à loups. Il possède tous les traits d’une nature exubérante et débridée avec l’impertinence et l’anarchisme foncier de l’enfance. Ce chef-d’œuvre de la « littérature pour la jeunesse » est aussi héritier d’une prestigieuse tradition qui n’est guère éloignée d’Orwell ou de Kafka. La brillante adaptation cinématographique de Roberto Benigni vient opportunément nous le rappeler.  

 

Avis : Petite, je n’étais pas fan de Pinocchio, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais le petit pantin m’agaçait plus que je ne m’y attachais. Je me suis dit que j’allais tenter le coup avec le conte originel.

Eh bien, je ne suis toujours pas fan, même si je comprends que l’on fasse lire ce livre à des enfants, et donc que Disney l’ait adapté en dessin animé : comme tous les contes, l’histoire est censée jouer un rôle sur l’enfant qui gardera en mémoire la morale que ne prend pas du tout en compte le petit pantin qui ne fait que des bêtises, et qui donc, se retrouve dans des situations toutes plus périlleuses les unes que les autres. En effet, les aventures de Pinocchio vont un peu crescendo : dans tous les cas, il se fait avoir et n’écoute pas ce que les personnes plus avisées lui conseillent. Il a des difficultés à faire la différence entre le bien et le mal, à comprendre quand les gens sont malhonnêtes, à accepter la valeur du travail et de la gentillesse, et il passe de nombreuses fois près de la mort, qui ne semble attendre qu’un faux pas pour l’accueillir. A chaque fois, il s’en sort de justesse, et, à chaque fois, une morale est assenée, à lui et aux enfants qui lisent l’œuvre. Avec des yeux d’adulte, ces sentences sont peut-être un peu rébarbatives, puisqu’elles sont répétées tout le long du livre : on se dit que l’on a compris que l’on devait être sage et travailler, ne pas penser qu’au loisir, ne pas se plaindre tout le temps de tout, ne pas faire le difficile quand la misère est là. J’ai parfois trouvé certaines scènes difficiles lisibles à un enfant, je me suis dit que c’était peut-être trop – mais à la relecture de pratiquement tous les contes, il est possible d’arriver à la même conclusion. De plus, l’histoire est un peu simple, dans le sens où certaines choses arrivent dans le texte comme des évidences, ce qui ne peut se produire que dans les contes. Concernant l’écriture, je m’attendais à quelque chose d’assez enfantin, or, ce n’était pas du tout le cas ! Elle n’est pas soutenue – même si le mot « horion » se trouve dans le texte -, mais pas non plus tout à fait courante, elle est agréable à lire. En revanche, les titres de chapitre m’ont semblé bien trop explicites, ils cassent complètement un potentiel suspense pour celui qui ne connaît pas l’histoire.

Je dois dire que, comme à l’époque de ma découverte, j’ai un sentiment mitigé sur Pinocchio. D’un côté, j’ai pitié de lui et je veux qu’il s’en sorte ; de l’autre, il m’agace à toujours penser avoir raison et à ne rien écouter. Tout ce qu’il fait semble parti d’un bon sentiment, puis ça dérive vers une bêtise, qu’au lieu d’atténuer en renonçant, il poursuit jusqu’à l’erreur. Malgré toutes ses promesses, l’amour qu’il porte à d’autres personnages, la souffrance et la honte qu’il ressent à chaque faux pas, il se laisse emporter par ses penchants oisifs et n’en fait qu’à sa tête. Il paraît aussi parfois un peu stupide, la caricature du petit pantin qui ne sait rien du monde extérieur, notamment avec les différents passages où il croise le Renard et le Chat sans se rendre compte de rien. Mais, d’un autre côté, Pinocchio est aussi très joyeux, pratiquement toujours de bonne humeur, et j’ai trouvé parfois qu’il était même incohérent. On peut sentir une évolution dans son personnage, même s’il replonge dans ses vieux travers. Evidemment, on trouve également Geppetto dans ce livre, appelé Geppette ici. Pour lui aussi, on ressent de la pitié, de la compassion même, face au comportement du fruit de son travail. Dès le début, il est abandonné par son « fils », et on ne le retrouve vraiment qu’à la fin ; il est présent dans le livre à travers les sentiments de Pinocchio pour lui, et le fait qu’il le cherche quand il disparaît. La fée est également présente dans le livre : c’est un personnage attachant, qui pardonne constamment, tellement même qu’on se demande si elle ne va pas un jour abandonner, au vu de la récompense de ses efforts. Ses actions semblent parfois incohérentes, ou très cruelles, comparé à ce que Pinocchio fait. C’est un être assez ambivalent, absolument pas humain, sujet à métamorphoses et changements. Le lecteur fait la rencontre d’autres personnages, comme le Renard, et le Chat, qui m’ont fait penser aux Fables de La Fontaine que j’ai finies récemment, deux compères qui font tout pour manipuler les autres et profiter de leur stupidité, d’autres animaux qui parlent, comme les Fouines, les Chiens, le Grillon-Parlant – ou Jimmy Cricket pour Disney – un personnage étrange qui semble dans le sillage de la fée, les amis de Pinocchio, qui eux aussi font des bêtises et entraînent même le jeune pantin quand celui-ci s’est assagi ; l’un d’eux m’a fait mal au cœur, et je me suis vraiment demandée si mes enfants liraient un jour ce livre !

J’ai eu l’impression, à la lecture, que Pinocchio incarnait le paradoxe de l’enfance, toute l’incohérence des enfants. En effet, souvent, ils font des promesses parce qu’ils veulent bien faire, mais se retrouvent à faire des bêtises, portés par la paresse ou le loisir, et ensuite plaident que ce ne sont pas eux, mais des autres imaginaires, ou que ce n’est pas leur faute. Je trouve que ce conte est une belle illustration de cet aspect de l’enfance par lequel, je pense, nous passons tous.

La fin est assez abrupte, et arrive un peu rapidement je trouve, juste après le fameux passage de la baleine – qui est en fait un requin – et qui donne bien du fil à retordre au pantin.

 

C’est donc un beau petit conte, dont je ne suis pas fan, mais qui gagne à être lu.  

Fables de La Fontaine

Posté : 7 mars, 2016 @ 11:55 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FablesClassique, Conte, Poésie

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie :2014 

Nombre de pages : 422

Synopsis : Les Fables occupent une place singulière dans notre mémoire : par le souvenir que nous gardons de ces poèmes devant lesquels nous sommes restés enfants, mais aussi par la grâce de tant de vers devenus proverbiaux. Et tout se passe comme si une correspondance secrète se maintenait de siècle en siècle entre ces Fables et l’identité de notre pays comme de notre langue. Le premier recueil paraît en 1668, et le second dix ans plus tard. Le succès est immense et les poèmes, alors, appartiennent pleinement à leur temps : la France du règne de Louis XIV. Mais le mystère de leur pouvoir est de s’émanciper très vite de cet environnement immédiat, d’éclairer nos réalités successives, d’allier de manière toujours éclatante le particulier et l’universel. Dans cette « comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l’Univers », le texte se dérobe à toute signification définitive. Mais La Fontaine à chaque page nous convainc que la poésie, à ses yeux, demeure instrument de connaissance : il existe une beauté du savoir – et nous ne cessons pas de la retrouver en lui.

 

Avis : J’avais envie de lire les Fables depuis pas mal de temps, et je ne sais pas trop ce qui m’a décidé, mais je me suis finalement lancée !

Comme tout le monde, je pense, j’ai dû apprendre une ou deux fables de La Fontaine quand j’étais petite – et je m’en souviens encore ! Ce sont de petites histoires qui restent gravées dans nos mémoires, et dont on oublie parfois l’importance, et le sens. Le poème qui fait office de dédicace rappelle que le livre a été écrit pour le fils de Louis XIV, le dauphin, et que les fables étaient donc faites à la fois pour distraire et pour enseigner, de façon didactique, des préceptes de morale. En effet, à travers les animaux, leurs comportements, les vers devenus des proverbes (« On a toujours besoin d’un plus petit que soi ») ou les idées qui sont restées, comme le fait que l’amour soit aveugle et pousse parfois à la folie, l’auteur fait comprendre une sorte de morale, nous apprend comment nous comporter en société, à la Cour à l’époque, mais aussi dans la vie de tous les jours, pour ne pas, un jour, tomber dans le piège que l’on s’est tendu à soi-même, comme cela arrive souvent aux personnages. Cela est présenté avec humour, souvent contenu dans des sortes de piques, pointes, ou chutes, dans une œuvre divisée en douze livres. Et, à la lecture, le lecteur se rend bien compte de la véracité des préceptes exposés : on se fait avoir parfois parce qu’on est trop gentil ; se moquer de quelqu’un en difficulté ne fait pas de nous des gens exemptés de subir un jour ce que l’autre a subi ; parfois, l’on donne trop facilement sa confiance, ou l’on tombe dans un piège parce qu’on est naïf, ou pas assez méfiant ; le fait de conserver tout notre argent et de ne jamais le dépenser fait de nous des avares si l’on persiste dans cette attitude. Le fait que ce soient des animaux qui sont les héros de ces histoires peut les rendre plus faciles à accepter : c’est un très bon moyen de faire comprendre des choses à la Cour sans se discréditer tout à fait. En effet, La Fontaine se moque à plusieurs reprises des courtisans sous couvert de loups, de renards, de singes et autres. 

Même si l’on comprend l’importance de ses histoires, et qu’on réprouve le comportement de certains animaux, souvent, on oublie de mettre en pratique ces vérités dans notre vie quotidienne, et on se laisse encore avoir alors qu’on a été prévenus ; ou on ne retient que la drôle d’histoire entre le corbeau et le renard, et on oublie la petite morale sur les flatteries qui font parfois faire n’importe quoi. On peut presque dire que La Fontaine a rendu les maximes de La Rochefoucauld distrayantes en les accompagnant d’un exemple. C’est souvent lui qu’on retient au détriment du message qu’il contient, ce qui est un peu dommage. Je me souviens également avoir étudié certaines fables en philosophie, comme « L’Amour et la Folie » ou « L’Education », ce qui montre la réflexion contenue dans ces petites histoires, en apparence simplement divertissantes.

Dans de nombreuses fables, l’auteur utilise des références mythologiques, comme Prognée et Philomèle, Cérès, souvent pour désigner des animaux, comme l’oiseau de Jupiter pour l’aigle, ou dans une périphrase, pour parler des produits des champs avec Cérès par exemple. Les références sont également littéraires puisque La Fontaine s’inspire d’Esope, qui écrivit lui aussi des fables, et parce qu’il cite des personnages issus de la littérature, notamment Ulysse et l’épisode de la grotte de Circé.

 

En définitive, une œuvre qui nous apprend beaucoup sous couvert de divertissements, qui instruit le lecteur et lui donne des exemples de comment se comporter dans la vie, un petit guide pratique pour l’affronter sans faillir.

Loup, y es-tu ? de Henri Courtade

Posté : 8 janvier, 2016 @ 3:49 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Loup, y es-tu ? Genre : Conte, Fantastique

Editeur : Folio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 388

Synopsis : Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ? Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs … Tapies dans l’ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux de télévision, elles tiendraient dans leurs mains expertes le devenir de l’humanité. Sinistre tableau ! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu’en ce début de XXIe siècle ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre. Et alors … qui sait de quel côté la balance pencherait ? Premier roman de l’auteur, Loup, y es-tu ?, fable moderne mâtinée de thriller, joue avec les codes du conte de fées et du fantastique pour entraîner le lecteur dans une aventure captivante.

 

Avis : Ce livre attend dans ma PAL depuis un certain temps, et j’ai enfin décidé de me lancer ! La couverture est superbe, et présageait déjà une bonne réécriture des contes, un peu plus sombre que la version originale !

Tout d’abord, comme certains lecteurs, j’ai été un peu surprise de découvrir un roman, alors que je pensais lire un recueil de nouvelles. Cela ne m’a pas déçue, au contraire, j’avais envie de me laisser embarquée dans l’histoire au plus vite ! Et dès le début, le charme a opéré. J’ai plongé dans le livre avec plaisir, découvrant des héroïnes féeriques remises au goût du jour, dans une modernité à laquelle elles se sont adaptées, et même, de laquelle elles font partie pour certaines ! Cette adaptation est très originale, différente de toutes celles que j’ai lues pour le moment. Les contes sont pris tels quels et transposés dans la réalité, d’où la mention de l’Histoire. Des événements mondiaux, tels que la Seconde Guerre mondiale ou le 11 septembre 2001, sont utilisés pour montrer la malfaisance des personnages maléfiques du livre. Le lecteur se sent directement impliqué dans le livre grâce à cela, il entre à la fois dans les contes de son enfance et dans la Grande Histoire ; l’auteur parle des expérimentations des nazis sur des hommes vivants à travers le docteur Fringgs, inspiré d’une personne réelle. Cette intrigue annexe se greffe à la quête des héros des contes, qui, comme dans les histoires originales, doivent lutter contre un mal absolu qui veut les éliminer en raison de leur bonté. Petit bémol par rapport à l’histoire : deux héroïnes n’apparaissent que très brièvement, ce que j’ai trouvé dommage. J’aurais aimé voir plus longtemps leur nouvelle vie, le livre aurait été encore plus passionnant ! L’écriture est fluide, simple, donc plutôt agréable à lire ! Enfin, les contes, dès l’origine, n’ont pas abouti : l’histoire s’est arrêtée à un moment donné, elle a été mise en sommeil et reprend dans le monde moderne. Petit plus pour moi : je l’ai déjà dit, je n’aime pas Blanche-Neige, et Loup, y es-tu ? est le deuxième livre à me la faire apprécier ! Ce ne peut donc être qu’un bon livre !

Concernant les personnages, je vais tenter de vous garder la « surprise » en ne donnant que leur prénom. Dans tous les cas, elles sont toutes attachantes, même s’il peut être difficile de s’identifier à elles, parce qu’elles restent inaccessibles car exceptionnelles. Aussi, je les ai toutes trouvées un peu naïves : le mal est sous leurs yeux et elles ne le voient pas, ce qui peut être énervant. Albe est l’héroïne qui est la plus mise en avant, et celle que j’ai préféré. Elle représente très bien l’héroïne d’origine : pure, délicate, courageuse, résolue, douce. Elle est faite pour être aimée, mais aussi pour être protégée, bien qu’elle sache se débrouiller seule. Elle est restée assez « vintage », si je peux dire ; elle a des valeurs, et rêve au prince charmant. Elle est également touchante, émouvante. En revanche, je la voyais peu dans le métier qu’elle finit par exercer, beaucoup plus dans le premier présenté dans le livre. Virginia, quant à elle, est un peu l’opposée d’Albe : rebelle, sarcastique, ironique, elle sait ce qu’elle veut et ne se laisse pas faire. Elle est beaucoup moins innocente que l’héroïne d’origine, et beaucoup plus moderne. Le métier qu’elle exerce est très bien choisi, je trouve, ça lui va très bien ! Il est peut-être plus facile pour le lecteur de s’identifier avec elle parce qu’elle ne croit pas tout de suite à ce qu’on lui révèle sur ses origines et son histoire : elle ne se voit pas du tout dans un conte de fées. Cindy semble assez naïve, pour le peu que j’ai vu d’elle : elle rêve de gloire, et tente tout pour y parvenir. Quant à Isabelle, elle avait l’air très intéressante, je suis sûre que j’aurais adoré son personnage s’il avait été plus exploité ! Rien que le début entrevu a l’air passionnant ; rien que son lieu de vie fait rêver ! Toutes ses héroïnes ont l’air bien faible à côté des « méchants » de l’histoire. Elles n’ont pas de pouvoir offensif, ne maîtrisent pas la magie, et n’ont aucun souvenir de leur passé, quand leurs adversaires se souviennent de tout, un avantage de taille ! Ainsi, Marilyn est la sorcière de l’histoire. Elle est très belle, la plus femme du monde, et elle ne supporte pas la concurrence. Elle veut régner sur le monde par le mal, et se trouve derrière les grands événements mondiaux, comme la Seconde Guerre mondiale. On apprend par la suite qu’elle a deux sœurs, Ogota et Zita, qui œuvrent bien moins qu’elle pour le mal. Elle n’a rien d’humain, méprise même les hommes, incapables de se défendre : elle les manipule, et exerce son pouvoir grâce à la technologie qui a envahi le monde. Elle possède un allié de taille : le Loup, une bête horrible, aux crocs aiguisés, aux griffes acérées. Sauvage, hostile à l’homme, il s’allie tout de même à la sorcière pour obtenir ce qu’il veut. Son aspect n’est révélé aux personnages qu’à la fin du livre. Il n’y a rien de bon en lui : tout n’est que brutalité, sauvagerie et violence pour lui. Il vit dans un monde noir, à part, où la beauté et la pureté n’ont pas du tout leur place. Ces « méchants » sont surpuissants par rapport aux jeunes femmes qui les « affrontent ». Elles ont pourtant des alliés : Franz et Albert, le premier très touchant, qui semble assez fragile, le second qui a l’air plus sûr de lui, plus déterminé, plus courageux ; le Traqueur, mystérieux, sombre, blessé profondément sans que l’on sache vraiment par quoi, attachant, étrange parfois, il est clair qu’il cache quelque chose ; Mae Zinn, personnage que l’on sait issu des contes, mais dont le nom m’a surpris agréablement. D’autres personnages humains se trouvent dans ce livre : Frédéric, assez effacé, mais sympathique, le père d’Albe, touchant, que l’on apprécie facilement, les employés de Marilyn. J’ai adoré le petit clin d’œil de l’auteur aux écrivains originaux avec le nom d’un des personnages, assez attachant d’ailleurs ! J’ai aimé la révélation sur un des personnages, même si j’ai fini par m’y attendre avec quelques allusions dans la narration et chez les autres héros ; c’est très original, un peu logique et inattendu au début.

Dans ce livre, se trouve des réflexions sur le mal ordinaire, sur le mal en général, notamment à propos des camps pendant la Seconde Guerre mondiale. L’auteur, à travers ses personnages, rappelle qu’il faut toujours se souvenir, ne jamais oublier pour ne jamais reproduire. Il n’y a pas d’excuses quand on agit mal : on a toujours le choix, il suffit de faire le bon, même si cela veut dire que le chemin emprunté est plus difficile à arpenter. J’ai l’impression que c’est le destin qui m’a fait lire ce livre au moment de la réédition critique en Allemagne de Mein Kampf, une façon bien plus douloureuse de se souvenir.

La fin est d’abord surprenante, avec la révélation dont j’ai parlé un peu plus haut. Sinon, elle est logique, prévisible quelque part. C’est aussi le dénouement, on comprend tout ce qui pouvait sembler obscur, tout entre dans l’ordre. Bémol : pas de « grande bataille » magique, ou épique, tout se termine un peu vite. Enfin, un épilogue qui donne envie de lire une suite potentielle !! (ou qui laisse en tout cas imaginer une suite possible)

 

En définitive, un excellent roman, presque un coup de cœur !

Grimms Manga de Kei Ishiyama

Posté : 30 décembre, 2015 @ 2:30 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

Grimms MangaGenre : Manga, Conte

Editeur : Pika

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 448

Synopsis : Découvrez ou redécouvrez les plus beaux contes des frères Grimm adaptés en manga dans une édition double aux couleurs de Noël. Un hommage pétillant d’humour et de modernité, où Kei Ishiyama crée son propre univers pour nous faire revivre ces contes fabuleux. Portés par des valeurs universelles, les récits des frères Grimm continuent de séduire les lecteurs, fascinés par des histoires fantastiques et pleines de magie.  

 

Avis : Ce livre m’a été offert pour Noël, et cela faisait longtemps que je voulais le lire ; je n’ai donc pas hésité à me lancer ! J’ai été transportée d’emblée dans le monde de l’auteur, que j’ai trouvé à la fois féérique et poétique. On ressent les émotions des personnages, et certains nous touchent vraiment, comme Chandelle, ou Elizabeth. Les réécritures sont originales, et modernisées : pour la première fois, j’ai apprécié Blanche-Neige, que je ne supporte pas habituellement ! C’est, bien sûr, remanié, pour pouvoir tenir dans une petite histoire traduite en dessins. Certains mangas demandent deux parties. J’ai particulièrement apprécié « Blanche-Neige », « Le Chat Botté », « Le roi grenouille » ; et les réécritures les plus originales sont pour moi « Le petit chaperon rouge », « Raiponce » et « Hansel et Gretel » ; j’ai aimé tous les contes, même ceux que je ne connaissais pas !

Quant aux graphismes, ils sont superbes ! Les dessins sont vivants et capables de nous transmettre la portée de ce qui arrive aux personnages. La couverture présageait déjà de merveilleux dessins ; l’édition est très belle. De plus, certains personnages sont mignons comme jamais, et nous font compatir à ce qui leur arrive, comme Chandelle, ou le Chat Botté ; ils sont tous très émouvants, et participent pleinement à notre entrée dans le monde du livre. J’ai également découvert des contes que je ne connaissais pas, comme « La fauvette-qui-chante-qui-sautille », ou « Les douze chasseurs », ce qui me donne envie de lire la version originale. Les strips et crayonnés, ainsi que les planches en couleurs sont splendides, et donne encore davantage vie aux contes. 

L’humour se trouve également dans ce manga, ce qui donne lieu à des scènes incongrues, ou très mignonnes. Il compense la gravité de certaines contes, comme « La fauvette-qui-chante-qui-sautille », où l’humour est absent. Il est présent notamment chez « Blanche-Neige », et chez « Le Chat Botté ».

 

En définitive, un excellent manga, qui nous fait découvrir les contes revisités de façon originale, et qui nous laisse la tête pleine de poésie !  

Contes des Royaumes, tome 3 : Beauté de Sarah Pinborough

Posté : 14 mai, 2015 @ 6:34 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Contes des Royaumes tome 3  Beauté Genre : Conte, Romance

Editeur : Milady

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 219

Synopsis : LA BELLE AU BOIS DORMANT, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous la forteresse cernée de ronces, le courageux prince, le fuseau ensorcelé et la douce princesse endormie qui n’attend que d’être réveillée … … et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de la Belle au Bois dormant, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

 

Avis : J’avais hâte de lire ce livre afin de découvrir ce que l’auteure ferait du conte de la Belle au Bois Dormant, ayant aimé ce qu’elle avait fait de Cendrillon !

Même si j’ai aimé ce livre, j’ai préféré Charme, le second tome de la série, que j’ai trouvé bien plus en nuances que celui-ci. En effet, Beauté est beaucoup plus sombre, mêlant des contes revisités auxquels l’on n’aurait sans doute jamais songé comme cela. Rien que dans les cinquante premières pages, il me semble avoir compté cinq contes revisités, dont un de mes préférés !! Certains sont très poétiques, comme celui des parents de l’héroïne, d’autres sont plus obscurs et mystérieux, comme celui de l’héroïne, qui n’est pas la princesse d’un conte, mais de deux ! Retrouver deux princesses en elle, et donc deux histoires mixées, m’a ravie ! Ce mélange est fait de façon intelligente, les éléments concordent bien, rien n’est laissé au hasard. Et quels contes … La pauvre héroïne a une vie mi-lumineuse, mi-sombre, ce qui donne des scènes très différentes : une d’elles est sans doute la raison pour laquelle je ne peux pas dire que je place Beauté à la hauteur de Charme. Une scène sexuelle particulièrement crue se cache dans le livre, et je peux dire que le lecteur ne s’y attend pas vraiment. Elle m’a paru complètement aliéner la princesse, qui se transforme en quelqu’un que l’on ne reconnaît pas (ce qui était sans doute le but, puisqu’elle n’a alors plus rien d’une princesse de conte de fées). Je pense que cette scène ne peut pas être lue par tout le monde, surtout les plus jeunes qui pourraient penser que ce ne sont que des réécritures innocentes et vaguement sexuelles parfois. Ce qui m’amène à dire que les princesses des trois tomes de cette saga m’ont semblé très difficilement comparables ! Blanche-Neige est un peu débauchée et fait un peu ce qu’elle veut avec les hommes, quand Cendrillon est innocente, même si elle se laisse aller au plaisir parfois. Cette princesse que l’on découvre reste pure dans sa débauche, ce qui semble paradoxal, mais qui n’en est pas moins vrai. Sinon, les autres contes sont savamment réécrits, notamment celui qui est lié à Petra et à sa grand-mère. En revanche, j’ai trouvé que celle de « l’oncle » de la princesse était assez soft par rapport à l’histoire originelle : il est censé être le méchant de l’histoire, et là, ce n’est pas vraiment le cas. Enfin, je dois dire que le nom du personnage principal masculin nous semble venir d’un autre conte, et même de deux autres contes … Me souvenant des liens entre Poison et Charme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire encore ici, et c’est à ce moment que l’on se rend compte que Sarah Pinborough a savamment entremêlé les intrigues de ses trois tomes, donnant une histoire riche où de nombreux contes se rencontrent et se mêlent inextricablement !

Concernant les personnages, on peut difficilement ne pas à la fois s’attacher à l’héroïne et la trouver affreusement repoussante. C’est l’aspect double de sa vie qui donne cet effet. Elle est douce et pure, mais aussi odieuse et cruelle. Elle vit doublement, ce qui la rend difficile à comprendre pour les autres personnages, quand cela ne leur pèse pas. Le lecteur ne découvre la double nature de la princesse que tardivement, et cela peut faire un choc ! Cette héroïne est plus complexe que les premières et plus touchante en même temps. On retrouve bien les deux princesses qu’elle incarne, mais aussi un personnage de plus auquel on ne s’attendait pas. Quant au personnage principal masculin, il est facile de s’attacher à lui puisqu’il semble au lecteur qu’il le connaît déjà. Courageux et très peu enclin à prendre part aux affaires de la Cour, il y est tout de même entraîné quand le roi lui demande son aide pour son fils, le prince. Celui-ci est un peu un anti-héros : un peu lâche, et un peu égoïste, il colle bien à l’image que l’on a de lui depuis le début de la saga … En réalité, le lecteur découvre que ces deux personnages masculins ressemblent fortement à ceux qu’il avait découverts dans les premiers tomes, ce qui peut le rendre confus. Petra est, quant à elle, une jeune fille attachante, brave, qui ressemble à une petite héroïne de conte de fées … sauf qu’elle n’est pas petite et est même bien plus âgée que la fillette de son conte originel. Elle est revisitée comme les princesses, et trouvera aussi un amant. Celui-ci est également issu d’un conte, le même que celui de la princesse, mais il était facile de s’en rendre compte dès le début. Son histoire elle aussi est différente de l’originale, mais cela ne gâche rien, puisque tout s’imbrique parfaitement, et tout est cohérent. L’oncle de la princesse, comme je le disais, est censé être un méchant dans son conte originel. Il le redeviendra sans doute dans les temps qui suivent l’histoire du tome, mais ce n’est pas le cas pendant la lecture ; il est même un peu celui qui trouve la solution au problème qui se pose aux personnages. J’ai eu de la pitié pour ce personnage, qui a vécu cent ans, et a perdu tout ceux qu’ils aiment.

J’ai trouvé que ce tome était également différent des autres en ce qui concerne ce qui arrive finalement à la princesse. On ne peut pas vraiment dire que ce soit un happy end parfait ! Elle m’a fait de la peine, la pauvre … On découvre également, dans ce tome, toute la stratégie narrative de l’auteure, ce que j’ai trouvé très ingénieux. On en découvre plus sur certains personnages, on comprend leur histoire et leur passé, pourquoi ils agissent comme ils agissent. On découvre également ce qui fait la continuité de la saga qui pourrait paraître ne pas en avoir à première vue : surtout le rattachement de la fin du second tome avec la fin de celui-ci !

La fin n’était pas vraiment prévisible, mais elle est inévitable. Tout est fini, les nœuds sont dénoués, le puzzle de la saga se met en place, et le lecteur comprend la plénitude des trois histoires qu’il a lues. Sans le dernier tome, la série n’est pas complète. Chaque tome est nécessaire pour tout comprendre.

 

En définitive, c’était une histoire très ingénieuse, que j’ai eu plaisir à découvrir, et que je recommande à ceux qui n’ont pas peur de voir leurs contes d’enfant complètement revisités !

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