Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Lady Audley’s Secret de Mary Elizabeth Braddon

Posté : 21 janvier, 2018 @ 1:29 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ClassiqueLady Audley's Secret

Editeur : Oxford (World’s Classics)

Année de sortie : 2012 [1862]

Nombre de pages : 380

Titre en français : Le secret de Lady Audley

Synopsis : ‘it only rests with yourself to become Lady Audley, and the mistress of Audley Court’

When beautiful young Lucy Graham accepts the hand of Sir Michael Audley, her fortune and her future look secure. But Lady Audley’s past is shrouded in mystery, and to Sir Michael’s nephew Robert, she is not all that she seems. When his good friend George Talboys suddenly disappears, Robert is determined to find him, and to unearth the truth. His quest reveals a tangled story of lies and deception, crime and intrigue, whose sensational twists turn the conventional picture of Victorian womanhood on its head. Can Robert’s darkest suspicions really be true?

Lady Audley’s Secret was an immediate bestseller, and readers have enjoyed its thrilling plot ever since its first publication in 1862. This new edition explores Braddon’s portrait of her scheming heroine in the context of the nineteenth-century sensation novel and the lively, often hostile debates it provoked.

 

Avis : Ce livre faisait également partie de la petite liste que je m’étais concoctée pour le mémoire !

Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais pas à ça : quelle déception ! Tout d’abord, Lady Audley n’est pas l’héroïne du livre ; c’est Robert Audley qui en est le personnage principal, et je l’ai trouvé assez agaçant, presque inintéressant, je n’arrivais pas à m’attacher à lui ou à l’apprécier. Ses remarques sur les femmes m’ont agacée aussi ; le narrateur les justifie ou les excuse, avec « ce n’est pas sa faute, il est un peu faible, ou il se cherche un bouc émissaire ». Eh bien presque tous les personnages féminins le deviennent à ses yeux !! Et que Madame a fait ci, et que celle-ci a fait ça, et qu’elles sont mauvaises, et dangereuses, et frivoles, et impossibles ; genre les hommes sont parfaits, et ne sont pas aussi pervers et pernicieux que les femmes. Bonjour les généralités ! Je n’accuse pas ici l’auteur, bien sûr, mais bien le personnage !! Ensuite, tout était prévisible, il n’y avait aucune surprise, et je pensais vraiment qu’il y en aurait tout de même quelques-unes ! A la rigueur [SPOILER] le fait que George n’est pas mort en réalité peut être une surprise, mais après un roman complet sans, c’est un peu faible. [FIN DU SPOILER] Le lecteur est censé être complètement sonné par le fameux secret de Lady Audley ; eh bien non. Quand je l’ai découvert, je me suis dit : « D’accord, et ensuite ? » De plus, l’explication de l’attitude de Lady Audley m’a profondément agacée ! [SPOILER] Heureusement, cette explication est partiellement rejetée par la suite : Lady Audley n’est pas folle, elle est dangereuse, et il faut tout faire pour qu’elle ne nuise plus à personne. [FIN DU SPOILER] Je n’ai pas particulièrement aimé l’écriture, sans doute parce que l’histoire ne m’a pas captivée. J’ai trouvé le début assez long, et quand le « crime » arrive enfin, il était trop tard, j’étais distraite et absolument plus concernée par l’action. Je n’avais même plus envie de reprendre la lecture parfois ; je l’ai terminé parce que je voulais tout de même connaître ce secret … et la fin ! 

Je n’ai réussi à apprécier que trois personnages : George Talboys, que j’ai trouvé rafraîchissant, tout comme Alicia Audley, qui m’a semblé tellement négligé ici ! Enfin, Michael Audley est adorable dans sa façon d’adorer sa femme. Je les ai tous plaint pour leurs différents liens avec Robert et Lady Audley ! J’ai rarement aussi peu apprécié un personnage féminin : vaine, concentrée sur son apparence physique et sur la richesse, indifférente au sort des autres, égoïste. Quand je l’ai lu le titre, je m’attendais à tomber sur une vraie lady, et sur une femme intéressante et appréciable. En un sens, le lecteur peut comprendre pourquoi elle en est arrivée là, mais elle ne met pas devenue plus agréable pour autant !

Je ne sais pas trop quoi penser de la fin de Lady Audley’s Secret : [SPOILER] Dans un sens, c’est vrai, Lady Audley est dangereuse, et ne doit plus être capable de faire du mal autour d’elle ; mais dans ce cas-là, qu’on laisse justice être faite. Ici, la situation tourne à l’hypocrisie : on cache la femme dangereuse dans une maison de santé belge pour qu’elle y finisse sa vie. Dans un autre sens, c’est assez facile : si chaque femme dangereuse devait être traitée de cette façon … Elle voulait améliorer son statut, et le lecteur peut comprendre cela, sans pour autant qu’elle lui devienne un personnage agréable : la société ne lui a pas laissé le choix, elle devait absolument faire un bon mariage pour vivre correctement. C’est facile de rejeter la faute sur elle quand c’est tout de même George qui l’a abandonnée. Elle s’est concentrée exclusivement sur le statut social, sur la richesse, jamais sur l’amour, parce qu’elle n’en a jamais reçu. Elle n’a pensé qu’à elle, parce que personne ne pensait à elle. Elle est sans cœur et dangereuse, mais elle a été façonnée de la sorte par la société, la pauvreté et le manque d’éducation. Donc, je ne sais pas trop quoi penser en fin de compte. [FIN DU SPOILER] Ce livre me laisse un goût amer ; c’est aussi le genre qui m’a fait douter de la littérature ou de ma sensibilité littéraire. Je me suis dit qu’il n’était pas normal que je ne ressente rien – depuis, j’ai commencé un livre qui m’a rendu tout cela !! 

 

Donc, déçue, et, en un sens, triste parce que je pensais vraiment aimer ce livre !

The Haunting of Hill House de Shirley Jackson

Posté : 7 janvier, 2018 @ 1:57 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Horreur Novels and Stories Shirley Jackson

Editeur : Library of America

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 174 (783 en comptant les autres romans et les nouvelles)

Titre en français : Maison hantée ou Hantise ou La maison hantée

Synopsis : « The world of Shirley Jackson is eerie and unforgettable », writes A. M. Homes. « It is a place where things are not what they seem; even on a morning that is sunny and clear there is always the threat of darkness looming, of things taking a turn for the worse. » Jackson’s characters – mostly unloved daughters in search of a home, a career, a family of their own – chase what appears to be a harmless dream until, without warning, it turns on its heel to seize them by the throat. We are moved by these characters’ dreams, for they are the dreams of love and acceptance shared by us all. We are shocked when their dreams become nightmares, and terrified by Jackson’s suggestion that there are unseen powers – « demons » both subconscious and supernatural – malevolently conspiring against human happiness.

In this volume Joyce Carol Oates, our leading practitioner of the contemporary Gothic, presents the essential works of Shirley Jackson, the novels and stories that, from the early 1940s through the mid 1960s, wittily remade the genre of psychological horror for an alienated, postwar America. She opens with The Lottery (1949), Jackson’s only collection of short fiction, whose disquieting title story — one of the most widely anthologized tales of the 20th century — has entered American folklore. Also among these early works are « The Daemon Lover », a story Oates praises as « deeper, more mysterious, and more disturbing than « The Lottery »", and « Charles », the hilarious sketch that launched Jackson’s secondary career as a domestic humorist. Here too are Jackson’s masterly short novels The Haunting of Hill House (1959), the tale of an achingly empathetic young woman chosen by a haunted house to be its new tenant, and We Have Always Lived in the Castle (1962), the unrepentant confessions of Miss Merricat Blackwood, a cunning adolescent who has gone to quite unusual lengths to preserve her ideal of family happiness. Rounding out the volume are 21 other stories and sketches that showcase Jackson in all her many modes, and the essay « Biography of a Story », Jackson’s acidly funny account of the public reception of « The Lottery », which provoked more mail from readers of The New Yorker than any contribution before or since.

 

Avis : J’appréhendais un peu de lire Shirley Jackson mais, étant donné qu’elle est une figure emblématique du gothique, il fallait bien que j’y mette un jour ! Et ce livre a été un choc …

En fait, je pensais que les œuvres de cette auteure seraient difficiles à lire, qu’elles me prendraient beaucoup de temps, qu’elles seraient exigeantes, et, pour tout dire, que je n’aimerais pas. PREJUGE !! Parce que j’ai ADORE The Haunting of Hill House !! D’abord, j’ai aimé le personnage d’Eleanor, et sa façon de rêver constamment. Elle pense en termes de contes de fées, ce qui rend ses rêveries poétiques et agréables à lire : le lecteur a envie d’entrer avec elle dans l’histoire et de rêver un peu lui aussi. Cela lui permet, en quelque sorte, de se construire une identité ; en effet, un thème important du livre est la perte ou l’absence d’identité. Elle n’a personne (qui l’aime et qu’elle aime) et nulle part, elle n’a pas de vie à elle, puisqu’elle s’occupait de sa mère malade avant que celle-ci décède ; cela rend son histoire déjà très triste, mais son excursion à Hill House va en rajouter une couche … En effet, elle est contactée par le Dr. Montague pour vivre quelques jours dans une maison considérée comme hantée : Hill House. Elle rencontre alors trois personnes avec qui elle va vivre, et, pour la première fois, elle pense qu’elle a trouvé sa place quelque part. [SPOILER] En fait, si ce livre est si triste, c’est parce que le rêve d’Eleanor et la réalité sont tellement différents, et que tout ce qu’elle pense vivre n’est en fait qu’une illusion. Donc, quand la maison tente d’atteindre Eleanor, de lui parler, de communiquer avec elle, elle devient euphorique, même si elle a peur, et même si elle ne veut pas être exclue du groupe qu’elle vient de rencontrer. Elle pense qu’elle a enfin trouvé sa place, qu’elle a trouvé un chez-soi. « Journeys end in lovers meeting », « Les voyages se terminent par la rencontre des amoureux » … mais le seul amour d’Eleanor semble être la maison, Hill House. Difficile d’apprécier les personnages secondaires : Luke est un jeune homme égoïste qui aime s’apitoyer sur son sort et séduire des femmes grâce à cela, et Theodora est une femme tellement haineuse ! Elle semble toujours vouloir être le centre d’attention, et n’apprécie pas le fait qu’Eleanor puisse être choisie par la maison. Elle peut sembler adorable, mais elle est surtout hypocrite. Elle est proche d’Eleanor, mais elle est aussi cruelle, et méchante ; elle la rejette, alors que l’héroïne pensait qu’elle l’appréciait. [FIN DU SPOILER] Même si elles semblent très proches, il semble clairement y avoir une sorte de compétition entre les jeunes femmes : Theodora veut être la plus brave, mais elle veut aussi être celle qu’on a envie de protéger.

J’ai adoré l’atmosphère de ce livre, et de Hill House ! C’est très sombre, mais aussi « cosy » dans les pensées d’Eleanor quelques fois. Hill House est perverse, malveillante, la parfaite maison-personnage de cauchemar, et le lecteur frissonne avec les personnages quand quelque chose arrive. La folie n’est pas loin : le comportement d’Eleanor, Luke, Theodora et le Dr. Montague change au fil des pages, ils poussent des rires hystériques, des petits gloussements nerveux, ils se lancent des regards les uns les autres pour vérifier qui a peur et qui garde son sang-froid, ils tentent d’expliquer des choses inexplicables. Le livre est parsemé de manifestations surnaturelles mais, ne vous attendez SURTOUT PAS à une histoire de fantômes ordinaire ; The Haunting of Hill House est plus psychologique, centré sur les pensées et les réactions des personnages, et surtout celles d’Eleanor.

Là, vous vous dites : « Mais où est la section « personnages » ?! » J’en parle dans le spoiler plus haut ; je pense ne pas pouvoir vous parler des personnages sans spoiler des éléments du livre. Il est mieux d’entrer dans The Haunting of Hill House en sachant que 1) Eleanor est une jeune fille perdue et empathique qui arrive dans une maison avec trois inconnus, 2) que ce n’est pas une histoire de fantômes, 3) que la maison est démoniaque ! 4) que c’est TRES gothique, 5) que c’est très très bien écrit !! J’ai beaucoup aimé les procédés qu’emploie Shirley Jackson ici : l’absence d’identité, la maison-personnage, mais aussi une espèce de malédiction, la folie qui apparaît peu à peu, la méfiance, le fait que, d’une certaine façon, Eleanor est un narrateur en lequel le lecteur ne peut pas avoir confiance, l’angoisse qui prend le lecteur et les personnages !

La fin … C’est d’une tristesse !! J’ai besoin d’en parler, alors [SPOILER] Pourquoi Eleanor ne peut-elle pas tout simplement trouver le bonheur ? Bien sûr, la maison l’a choisie parce qu’elle n’a personne vers qui retourner, personne à qui elle est attachée et pas de chez-soi vers lequel revenir ; ce bonheur est malveillant – étant donné que la maison a quand même tenté de la tuer ! – et Eleanor doit quitter Hill House. Mais le docteur ne se rend pas compte que, si elle part, elle meurt : où peut-elle trouver le bonheur excepté auprès de la maison, qui ressemble vraiment au « lover » de la chanson qu’Eleanor ne cesse de chanter ? Mon cœur s’est brisé en mille morceaux. [FIN DU SPOILER]

 

Donc, un excellent roman gothique, qui présente Eleanor et Hill House, deux êtres qui me hanteront longtemps.    

Rebecca de Daphné du Maurier

Posté : 27 décembre, 2017 @ 10:49 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique

Rebecca Editeur : Avon 

Année de sortie : 1971

Nombre de pages : 380

Titre en français : Rebecca

Synopsis : « Last night I dreamt I went to Manderley again. » So the second Mrs. Maxim de Winter remembered the chilling events that led her down the turning drive past the beeches, white and naked, to the isolated gray stone manse on the windswept Cornish coast. With a husband she barely knew, the young bride arrived at this immense estate, only to be inexorably drawn into the life of the first Mrs. de Winter, the beautiful Rebecca, dead but never forgotten … her suite of rooms never touched, her clothes ready to be worn, her servant – the sinister Mrs. Danvers – still loyal. And as en eerie presentiment of evil tightened around her heart, the second Mrs. de Winter began her search for the real fate of Rebecca … for the secrets of Manderley.

 

Avis : Une petite relecture de Rebecca pour le mémoire, et donc un petit update pour vous !

J’ai compris en relisant ce livre, pourquoi il n’avait pas été un coup de cœur la première fois, et pourquoi il est resté avec moi pour autant. En fait, c’est à Manderley que je pensais souvent, son ambiance, son atmosphère, son mystère mais aussi son côté cosy avec les passages dans la bibliothèque au coin du feu, son potentiel aussi, dans les pensées de la narratrice. J’ai envie d’un chez-soi de ce genre, d’un endroit qui peut à la fois être merveilleux et terrible. Je cherche Manderley partout maintenant – ce qui fait un peu folle, mais tant pis !

A la première lecture, Rebecca ne pouvait pas être un coup de cœur à cause de la narratrice : elle ne réagit pas, elle imagine des choses qui ne sont pas vraies, elle ne prend jamais sa vie en main, elle se laisse dicter sa conduite constamment, elle a peur des gens. Elle veut être quelqu’un n’est pas, ce qui l’empêche de devenir qui elle est – un peu étrange, mais c’est mon ressenti. Heureusement, elle évolue, et je m’en suis rendue en relisant le livre. Elle n’est pas pour autant devenu un de mes personnages préférés : elle est exclusivement concentrée sur son amour pour Maxim, et elle est assez agaçante en fin de compte. Elle s’est mise toute seule dans une situation catastrophique au lieu d’oser communiquer. Et elle épouse quand même un homme qu’elle ne connaît pas, et dont elle ne connaît pas la vie non plus ! Etrangement, si elle m’agace autant, c’est parce que je sens que je lui ressemble beaucoup, et je ne préfèrerai pas !

Je me souviens qu’à la première lecture, la révélation du secret m’avait laissée bouche bée ; je ne m’y attendais vraiment pas, et ce grâce à un procédé que j’adore [SPOILER] le narrateur dans lequel le lecteur ne peut pas avoir confiance ! Je croyais vraiment ce que racontait la narratrice, même si elle m’agaçait à toujours se dévaloriser – et encore plus à la deuxième lecture, maintenant que je sais qu’elle a tout imaginé ! J’ai fini par me dire qu’elle avait peut-être raison. Je pense que j’aime ce procédé grâce à Daphné du Maurier, je ne me souviens pas l’avoir recherché avant dans d’autres livres. Rebecca est tout simplement un cauchemar, mais elle est intelligente jusqu’à la fin ! [FIN DU SPOILER] Aussi, je ne me souvenais pas de tous les détails, c’était une joie pour moi de les redécouvrir !

J’étais encore triste, à la fin, de quitter Manderley [SPOILER] et de comprendre que la narratrice avait raison au début du roman : elle annonce la destruction de la maison, et je n’avais pas fait attention à cela à la première lecture : « Manderley is no more ». C’est peut-être pour cela aussi que je la recherche partout ! [FIN DU SPOILER]

 

Ce livre fait définitivement partie de mes préférés, et je pense encore le relire avec plaisir !

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry

Posté : 22 décembre, 2017 @ 4:19 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Jeunesse Le Petit Prince

Editeur : Gallimard

Année de sortie : 1993 [1946]

Nombre de pages : 117

Synopsis : Le Petit Prince est paru pour la première fois il y a cinquante ans aux Etats-Unis. Quelques mois plus tard, son auteur, Antoine de Saint-Exupéry, disparaissait avec son avion en Méditerranée au cours d’une mission de guerre.

« J’aurais l’air d’être mort et ce ne sera pas vrai », nous avait prédit l’enfant blond.

Pour tous ceux qui aiment ses livres, Antoine de Saint-Exupéry n’est pas mort et Le Petit Prince est plus vivant que jamais avec ses millions d’exemplaires et ses quelque quatre-vingts traductions.

Voici donc un album de fête pour cette double commémoration : un album enrichi de la fabuleuse histoire de la naissance du Petit Prince. Car tout est fabuleux dans le monde du Petit Prince : aux Etats-Unis, on a retrouvé quelques dessins originaux qu’Antoine de Saint-Exupéry a préféré écarter au moment de remettre son manuscrit à son éditeur. Ils sont pour la première fois publiés ici. Ils donnent au livre une coloration inattendue, qui en accentue la portée symbolique.

 

Avis : C’est le quatrième tome du Maître des livres qui m’a enfin donné assez envie de lire ce livre pour que je l’emprunte ou l’achète ! 

Etrangement, je ne m’attendais pas à aimer autant ; en fait, je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, mais certainement pas à être touchée à ce point ! Je n’ai pas lu l’introduction sur l’histoire du Petit Prince ; je voulais simplement m’immerger dans l’histoire. Et quelle histoire … Le narrateur se retrouve coincé dans le désert, et c’est là qu’il rencontre un petit garçon blond, le petit Prince. Celui-ci est très mystérieux et ne lui raconte rien quand il lui pose des questions ; en revanche, il ne cesse de répéter les siennes si on ne lui répond pas ! Le narrateur et le lecteur découvrent peu à peu l’histoire du petit garçon ; il nous donne de telles leçons !! On sent bien aussi que tout n’est que symboles, et que c’est à nous d’interpréter comme nous l’entendons. C’est aussi cela qui m’a fait adorer ce livre : cette fleur, ce renard, ils peuvent représenter tant de choses différentes ; et, en même temps, c’est toujours l’amour, qu’il soit entre amants ou entre amis, qui est mis en avant, qui est le plus important. Tant de citations seraient à conserver de ce livre : « L’essentiel est invisible pour les yeux », « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante », « Tu parles comme les grandes personnes« . Ah mon Dieu, je voudrais ne jamais parler comme les grandes personnes après la lecture de ce livre !! Le Petit Prince nous apprend à ouvrir les yeux, nous rappelle ce qui est vraiment important quand nous nous laissons submerger par nos problèmes de grandes personnes, il nous permet de penser plus grand, plus beau, plus poétique. La fin m’a brisé le cœur : [SPOILER] la perte est tellement grande, et pourtant, le petit prince laisse de l’espoir au narrateur grâce aux souvenirs qu’ils ont créés ensemble. [FIN DU SPOILER] Même quand l’ami, le proche, est parti, il nous reste les moments heureux, les souvenirs, les échos, les signes, ce qui nous rend heureux malgré le malheur d’avoir perdu. Maintenant, il me faut absolument ma propre édition pour la lire, la relire, et la rerelire, et la lire ensuite à mes enfants, et mes petits-enfants, tous les enfants et adultes de la Terre !! 

 

Donc, un chef-d’œuvre, tout simplement !

The Woman in Black de Susan Hill

Posté : 19 décembre, 2017 @ 5:13 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Horreur The Woman in Black

Editeur : Vintage Classics

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 207

Titre en français : La dame en noir

Synopsis : ‘I did not believe in ghosts’

Few attend Mrs Alice Drablow’s funeral, and not one blood relative amongst them. There are undertakers with shovels, a local official who would rather be anywhere else, and one Mr. Arthur Kipps, solicitor from London. He is to spend the night in Eel Marsh House, the place where the old recluse died amidst a sinking swamp, a blinding fog and a baleful mystery about which the townsfolk refuse to speak.

Young Mr. Kipps expects a boring evening alone sorting out paperwork and searching for Mrs Drablow’s will. But when the high tide pens him in, what he finds – or rather what finds him – is something else entirely.

 

Avis : J’ai un petit tas de livres gothiques à lire « en urgence » pour le mémoire, alors voici ma première lecture !

Je n’avais pas regardé les notes de ce livre avant de le lire, mais je constate qu’elles sont assez basses comparées à celle que je lui ai mise : c’est un nouveau coup de cœur ! Le mois de décembre est vraiment un très bon mois, si l’on excepte deux livres ! J’ai été complètement transportée par The Woman in Black ! J’étais avec le narrateur dans la maison lugubre d’Alice Drablow, j’essayais de comprendre avec lui le mystère qui entoure la maison ! Bon, c’est vrai, il est assez facile à deviner, mais ce n’est pas le principal intérêt du livre : ce qui fait de ce roman un chef-d’œuvre pour moi, c’est l’ambiance pesante que l’auteur parvient à faire régner en un peu plus de 200 pages ! C’est sombre, c’est étrange, de cette étrangeté familière que Freud a appelé « l’Inquiétante Etrangeté » : ce qui fait peur au narrateur, c’est de se retrouver face à des bruits familiers qui seraient anodins à la lumière du jour. Ce sont les circonstances qui font que le personnage est terrifié, et que le lecteur frissonne avec lui : la nuit, une atmosphère lugubre, pendant une tempête, avec le marécage non loin, les cris d’un enfant – ou est-ce que c’est juste un effet du vent ? -, et une présence dans la maison. L’explication du mystère est très triste, et correspond à une sorte de secret que les habitants de Crythin Gifford ne veulent pas révéler à Arthur Kipps, le narrateur. Quand un enfant est impliqué, c’est toujours une histoire qui va briser le cœur du lecteur, tout en lui mettant la chair de poule. J’ai trouvé des ressemblances entre The Woman in Black et deux autres de mes romans préférés : Bleak House, notamment avec la brume qui entoure Londres, mais aussi la demeure d’Alice Drablow, et Dracula, avec le personnage du clerc de notaire qui part pour un voyage vers l’inconnu, et qui se retrouve face à quelque chose de surnaturel et de malveillant. Enfin, j’ai aimé la façon dont l’histoire est racontée ! Le narrateur commence un soir de Noël, alors que ses beaux-enfants lui demandent une histoire de fantômes. Incapable de la raconter, il se rend compte que, pour s’en débarrasser définitivement, il doit l’écrire, d’où le livre que l’on tient entre les mains ! J’aime ce procédé de mise en abîme !

Ainsi, Arthur Kipps, le narrateur, ressemble-t-il fortement à Jonathan Harker. Rationnel, il ne croit pas aux fantômes et aux superstitions, et trouve ridicules les peurs liées à la maison Drablow des habitants de la petite ville dans laquelle il se retrouve. Persuadé d’avoir raison, il écarte leurs avertissements d’un geste de la main et décide d’affronter la maison, et son occupant. J’ai beaucoup aimé Arthur, qui évolue au fil de l’histoire. J’ai trouvé qu’il passait par les mêmes états que Jonathan dans le château de Dracula : d’abord le déni, il tente de se convaincre qu’il a dû mal voir : puis le bord de la folie, il ne comprend pas comment c’est possible, et il est terrifié ; enfin, l’affrontement, il veut comprendre et, en quelque sorte, remettre le fantôme à sa place. Il passe par une dernière phase [SPOILER] celle de la fuite, puisqu’il sent qu’il va devenir fou ou mourir s’il retourne à Eel Marsh House ! [FIN DU SPOILER] La dame en noir, quant à elle, fait un très bon fantôme !! Elle est effrayante au possible, ne prononce pas une parole, mais son expression suffit à glacer de terreur le narrateur et le lecteur. Une fois que l’on comprend qui elle est, une aura de tristesse encore plus pesante l’entoure. [SPOILER] Elle n’est là que pour se venger de la mort de son fils, en tuant les enfants d’autres personnes, et notamment de ceux qui la voient. Elle a donc une mort aussi triste que sa vie ! [FIN DU SPOILER] D’autres personnages apparaissent comme Mr. Daily, agréable mais mystérieux, qui, comme tous les autres habitants, en sait plus qu’il n’en dit, Keckwick, assez étrange lui aussi, très taciturne, Stella, que l’on ne voit pas beaucoup, mais qui semble rayonnante de vie, et qui est l’équivalent de Mina pour Jonathan, sa seule raison de rester en vie, sain d’esprit. Petite mention spéciale pour Spider, que j’ai beaucoup aimé, qui apporte du réconfort au narrateur comme au lecteur !

La fin est AFFREUSE !! Je m’en doutais, mais je tentais de me convaincre que ça ne pouvait pas arriver ! De plus, [SPOILER] il semblerait que raconter son histoire est drainé le narrateur de ses forces ; le lecteur peut deviner qu’il va mourir juste après avoir fini d’écrire ! [FIN DU SPOILER] On sent toute la difficulté de raconter dans la façon abrupte dont l’histoire se termine.

 

Donc, j’ai adoré The Woman in Black, un nouveau préféré, une histoire de fantômes « efficace » en un peu plus de 200 pages ; le livre se lit vite, mais il ne s’oublie pas aussi rapidement !

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