Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Relecture : Anna Karénine de Léon Tolstoï

Posté : 22 novembre, 2019 @ 6:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : Classique Anna Karénine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [1877]

Nombre de pages : 985

Synopsis : Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.

Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.

Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.

Vladimir Nabokov

 

Avis : Il y a tant à dire sur ce livre … je pourrais en parler et l’analyser pendant des heures. Je vais me contenter de donner « brièvement » mon avis.

Cette relecture fut un peu compliqué : tout d’abord, je ne me souvenais pas, ou je n’avais pas fait attention, à l’époque, à la misogynie de tous les personnages masculins, et de la société en général. Cela m’a empêché d’aimer pleinement certains d’entre eux, que j’avais adoré lors de la première lecture, comme Stepan ou Lévine. Ensuite, j’ai proposé Anna Karénine comme première lecture pour le club que j’ai monté avec plusieurs abonnées et amies : je ne me suis pas rendu compte, naïvement, que le roman n’allait pas plaire à tout le monde, et qu’Anna pouvait être vue différemment de la façon dont je la vois personnellement. Anna et ce roman font partie de moi, de mon cœur, de mon âme, et de ma formation de lectrice ; le partager n’était pas la meilleure idée, parce que c’était comme d’offrir cette part de moi à d’autres, que je ne connais pas très bien, et qui ne me connaissent pas non plus. Mais je ne regrette pas : j’ai potentiellement motivé de nouvelles lectrices à découvrir ce chef-d’œuvre !

En fin de compte, après cette relecture, et malgré quelques défauts plus visibles cette fois, j’aime toujours autant ce livre : il fait toujours partie de mes favoris, il a toujours une place très spéciale pour moi, notamment parce que je me sens souvent extrêmement proche d’Anna, ce qui est parfois particulièrement douloureux à la lecture. Se voir décrite, comprendre des choses sur soi en lisant les mots d’un auteur russe des années 1870, c’est bouleversant, et parfois très gênant. Pendant cette relecture, je me suis aussi rendu compte que j’étais très proche de Lévine : une sorte de mélange entre les personnages qui m’apparaissent comme étant les principaux de ce roman. En effet, les vies d’Anna et de Lévine me semblent être les plus suivies ; le narrateur se penche parfois sur d’autres personnages, comme Kitty, Vronski, ou Karénine, mais il ne le fait pas systématiquement ; c’est, au contraire, souvent pour nous ramener à ces deux personnages. En revanche, relecture ou non, je suis toujours aussi choquée par la capacité de Tolstoï à décrire le cœur humain : comme je l’ai dit, se retrouver ainsi entre les pages, se comprendre, c’est une expérience très particulière ! Toujours aussi choquée aussi par sa capacité à créer des êtres complexes : j’ai l’impression que ces personnages sont réels, existent réellement quelque part, que toute cette histoire est arrivée ! Tous sont différents, aucun ne se ressemble : ils sont uniques !

Cette fois, à la relecture, étant plus âgée et plus mature, j’ai compris tout un tas de choses par rapport à la première lecture : [POTENTIEL SPOILER POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS DU TOUT L'HISTOIRE] étrangement, la première fois, j’ai cru que c’était la relation d’Anna qui choquait la société, qu’elle était repoussée à cause de sa relation charnelle avec Vronski. Mais pas du tout. Si Anna est repoussée, ce n’est pas parce qu’elle a des relations sexuelles avec un autre homme que son mari, c’est bien parce qu’elle aime un autre homme, et ce passionnément. [FIN DU SPOILER POTENTIEL] Cette hypocrisie m’a profondément dégoûtée et n’a fait qu’accroître mon amour pour Anna, coincée dans une situation intenable. [SPOILER] Comme j’avais déjà lu ce roman, je ne m’attendais pas à m’effondrer comme je l’ai fait en lisant la fin de la septième partie. C’était dévastateur ! Tant de souffrances, pour aboutir à un tel gâchis … [FIN DU SPOILER] 

Je me suis aussi rendu compte, à la lecture, des parallèles faits entre les deux couples mis en avant dans le roman : quand l’un est dépravé, voué à l’échec et stigmatisé, l’autre est porté aux nues, pur, innocent, magnifique. On peut même y voir une sorte de trinité : [SPOILER] Anna/Vronski, l’amour passion ; Kitty/Lévine, l’amour pur et domestique, parfait ; Stepan/Dolly, l’amour fané. Anna est passionnément amoureuse de Vronski, ce qui crée entre eux une relation tumultueuse et sauvage ; Kitty est innocente et pure quand elle arrive entre les bras de son mari, qui se permet des remarques TELLEMENT misogynes, mais c’est tout à fait normal, l’homme doit être maître chez lui, n’est-ce pas ? – HAHA – ; Dolly reste par habitude, parce qu’elle n’a pas la volonté de divorcer, parce qu’elle éprouve parfois, encore une forme de tendresse pour son mari. Elle est, en quelque sorte, une image d’Anna si elle était restée avec son mari ; mais pas tout à fait, tant elles sont différentes. [FIN DU SPOILER]

Enfin, à la relecture, j’ai moins apprécié certaines parties à la campagne : Lévine avait moins d’attraits parce que j’avais perçu ses défauts – certains nous sont communs d’ailleurs ! Et j’ai eu du mal avec la huitième partie : elle ne montre pas assez l’impact du dernier événement sur les personnages. J’aurais aimé voir ses conséquences, connaître leurs pensées à tous, leurs réactions ; c’est dommage ! [SPOILER] En revanche, contrairement à la première lecture, j’ai compris que Vronski partait pour mourir ou, en tout cas, que cela semble être son intention ! [FIN DU SPOILER]

Petit bonus : mes scènes préférées : le moment où Anna lit dans le train, [SPOILER] les retrouvailles avec Serge [FIN DU SPOILER], le bal où Anna rencontre Vronski, le dernier paragraphe de la septième partie. Les scènes que j’ai le moins appréciées : les élections, la fin, les scènes de chasse.

 

Donc, toujours conquise, à jamais proche d’Anna.

Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos

Posté : 7 juillet, 2019 @ 3:26 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique Les Liaisons dangereuses

Editeur : Folio 

Année de sortie : 1991 [1782] 

Nombre de pages : 474

Synopsis : J’espère qu’on me comptera pour quelque chose l’aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n’était rien, que d’enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d’en user ensuite tant qu’on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d’embarras ; d’en obtenir ce qu’on n’ose pas même exiger de toutes les filles dont c’est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour … En sorte qu’après ma fantaisie passée, je la remettrai dans les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu’elle se soit aperçue de rien. 

 

Avis : Cela fait un moment que je « dois » lire ce livre ; il est dans ma PAL depuis 6 ans … 6 ANS !! *shame* Une de mes meilleures amies l’a étudié pour son mémoire de M2 donc j’aurais déjà dû l’avoir lu *re-shame* C’est enfin chose faite !

Tout d’abord, je savais que j’allais aimer le format : j’adore les romans épistolaires ! J’en lis rarement, et je me demandais si ce procédé allait encore fonctionner sur moi ; Les Liaisons dangereuses l’ont confirmé ! J’ai aussi aimé le style d’écriture de l’auteur, excellent, et le fait que chaque personnage qui écrit à une personnalité bien à lui ! En effet, lire un roman épistolaire dont toutes les lettres semblent écrites par la même personne n’a pas grand intérêt ! Il faut un certain talent pour parvenir, à travers ces discours écrits, à faire vivre un personnage, et Laclos a réussi !

Ce livre est divisé en quatre parties. J’ai vraiment adoré la première, notamment parce que j’ai adoré Merteuil et Valmont. Ils ont de l’esprit, ils sont intelligents, impertinents, et drôles ! Par contraste, les autres personnages ont l’air insipides ou stupides. Cécile semble idiote, même si ce n’est pas entièrement sa faute. Son éducation religieuse ne lui permet pas de lire le monde correctement, et sa mère veut la garder dans l’ignorance le plus longtemps possible, ce qui fait qu’elle n’a aucun moyen de se défendre quand le danger arrive. Donc, le lecteur rit parfois à ses dépens, parce que, même si elle est innocente, son comportement parfois absurde est assez risible ! Même Mme de Tourvel n’est pas intéressante dans cette première partie : ses lettres sont assez répétitives, et même assez ennuyeuses ! Les seules lettres que je prenais vraiment plaisir à lire, ce sont celles de Merteuil et Valmont. Elle est une femme forte, et j’ai adoré la lettre 81 (dans la deuxième partie), dans laquelle elle explique sa vie et ses principes. A ce moment-là, elle peut passer pour un modèle : forte, indépendante, elle fait ce qu’elle veut, quand elle veut, avec qui elle veut. En un mot, elle est libre. Elle garde tout de même une façade vertueuse pour garder une réputation dans la société ; et elle déteste l’institution religieuse. Valmont, quant à lui, est libertin, et ne s’en cache pas – ou si peu ! Je ne pense pas qu’il soit marié ou, en tout cas, il ne parle pas de sa femme. Il veut coucher avec les femmes qui l’attirent, et voilà tout. Il aime qu’il y ait quelques obstacles, comme si la séduction était une chasse, ou une forme de guerre – le vocabulaire guerrier est d’ailleurs pas mal employé dans le roman. Certaines situations sont assez cocasses, notamment [SPOILER] celle où Valmont écrit une lettre à Mme de Tourvel pour lui jurer son amour éternel sur le dos d’une autre femme, nue, avec qui il vient de coucher ! [FIN DU SPOILER] A partir d’un moment, j’ai trouvé que l’histoire tournait un peu en rond, c’était assez répétitif : la situation de Valmont et Mme de Tourvel n’avançait pas, tout comme celle de Cécile. Je savais qu’il allait se passer quelque chose, mais cela m’a paru un peu long à venir.

Puis, à partir d’un certain point, tout devient amer. Et là commencent les spoilers, jusqu’à la fin de l’article ! So beware !

Merteuil devient une femme cruelle, plus du tout un modèle. Elle veut dominer, être la seule, l’unique, surtout pour Valmont. Elle ne peut pas supporter qu’il tombe amoureux d’une autre femme et qu’il la place au-dessus d’elle, donc elle fait tout pour gâcher leur histoire. Elle doit être sa référence, personne ne peut prendre sa place. Elle devient même cruelle avec Cécile, qui est pourtant devenue son « élève ». Valmont semble véritablement tomber amoureux de Mme de Tourvel, et est obligé de la quitter parce que Merteuil est jalouse, et qu’il veut prouver qu’il n’est pas amoureux. A la fin, ce n’est plus une question d’amour ou de plaisir, mais bien une question de fierté, mais comme elle est mal placée !! Honnêtement, je pense qu’aucun personnage ne prend véritablement plaisir à ce qui arrive à la fin. Ce n’est plus que de la domination, de la soumission, un triomphe sur l’autre qui gâche tout. Cécile devient nonne. Quelle chute. Et j’étais persuadée qu’elle était enceinte de Valmont : comment va-t-elle s’expliquer, et que va-t-il lui arriver ? Je n’ai pas aimé Danceny du début à la fin ; mais Mme de Tourvel … Je me suis sentie mal en voyant ce qui lui arrive. C’est tellement triste et injuste … elle a enfin découvert le plaisir et l’amour, juste pour en être privée aussi vite et mourir de désespoir.

En fin de compte, je me demande ce que l’auteur peut avoir voulu nous faire comprendre, s’il avait envie de délivrer un message. En effet, le livre a été publié au XVIIIe siècle, donc la religion n’avait pas la même place que maintenant. Était-ce une façon de faire comprendre que la religion gâche tout, avec ses règles et ses dogmes ? Ou une façon de faire comprendre que la débauche mène à la maladie, à la mort, et au désespoir ? On ne le saura jamais, et le lecteur doit se faire sa propre opinion, décider ce qu’il tire personnellement de ce livre.

 

Donc, un excellent classique, à la fois drôle et cruel, qui a confirmé mon amour pour les romans épistolaires

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Posté : 16 avril, 2019 @ 2:12 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique Notre-Dame de Paris

Editeur : Le Livre de Poche 

Année de sortie : 2016 [1831]

Nombre de pages : 678

Synopsis : Quelqu’un a marqué ce monument d’une telle griffe de lion que personne désormais ne se hasardera d’y toucher. C’est sa chose désormais, c’est son fief, c’est le majorat de Quasimodo. Il a bâti, à côté de la vieille cathédrale, une cathédrale de poésie, aussi ferme que les fondements de l’autre, aussi haute que ses tours. Si je regardais cette église, ce serait comme livre d’histoire, comme le grand registre des destinées de la monarchie.

Jules Michelet, Histoire de France, IV, 8

 

Avis : Comme il était étrange de lire Notre-Dame de Paris, et, surtout, la scène de l’incendie, et d’apprendre au même moment que la véritable cathédrale était en feu ! Sur le coup, je n’y ai pas cru ! Quelle horrible coïncidence !

Mais parlons du livre ! Ce que j’aime particulièrement chez Hugo, c’est son écriture : elle est magnifique, elle coule, elle est agréable à lire, et le roman, malgré sa longueur, ne semble pas long grâce à elle ! Il est facile d’y trouver des citations dignes d’être retenues sur différents sujets, que ce soit l’architecture, la littérature, ou l’amour ! En revanche, ce que j’aime beaucoup moins chez Hugo, ce sont ses digressions, notamment celles qui, au lieu de nous en apprendre plus sur l’intrigue, nous en éloignent ! Cela peut rendre le lecteur fou, comme celle dans Les Misérables, à propos des égouts de Paris ! Certes, elles nous apprennent des choses qu’on ne savait pas forcément, mais, souvent, ce n’est pas vraiment ce que l’on est venu y chercher ! Les pires sont, comme je le disais, celles qui se détachent complètement de l’histoire. J’en ai tout de même aimé certaines, notamment celle sur le « combat » entre architecture et littérature après l’avènement de l’imprimerie : c’est après tout celui que pourraient se livrer la véritable cathédrale et celle de papier, construite par Hugo ! Autre chose qui m’a « gênée » : les références historiques. C’est intéressant, et le lecteur apprend quelque chose ; mais, encore une fois, je trouve qu’elles freinent beaucoup le récit. Il faut lire les notes, et, même avec ça, parfois, le lecteur ne comprend pas le lien avec l’histoire, ou, tout simplement, préfère passer outre pour se concentrer sur l’intrigue et les personnages ! Pratiquement tous sont, d’ailleurs, présentés assez tardivement dans l’œuvre ! 

L’histoire en elle-même est, comme souvent chez Hugo, cruelle, voire très cruelle. Tellement qu’elle en est presque invraisemblable. Tous les personnages sont brisés avant le commencement du roman, et ceux qui ne l’étaient pas le sont pendant ! C’est assez déprimant – je vous conseille de ne pas chercher du réconfort chez Hugo, vous ne l’obtiendrez pas ! Pas de fin heureuse, ce qui n’est pas surprenant – j’ai tout de même été choquée, je n’étais pas prête !!

Passons aux personnages !

Et d’abord, Esmeralda ! J’ai été incapable de l’aimer pleinement, de l’apprécier totalement, et de m’attacher à elle tant elle est superficielle ! C’est franchement dommage, je ne m’attendais pas à ça !! J’ai lu dans une note qu’Agnès Hugo s’était « vengé » de la misogynie de Victor Hugo dans son œuvre : est-ce pour cette raison qu’Esmeralda est si belle, spéciale, et attirée uniquement par ce qui est beau en retour ? Elle ne voit et ne regarde que la surface des choses, c’est terriblement frustrant !! [SPOILER] Parce que Quasimodo est laid, elle ne peut pas ressentir de gratitude pour lui, ou même une véritable pitié ; elle se fiche complètement de lui, et semble tellement froide ! Elle va jusqu’à oublier son existence ! Elle ne peut penser à rien d’autre qu’à Phoebus parce qu’il est BEAU !! Et que, donc, il doit être galant, chevaleresque, une sorte de Prince charmant !! Et parce qu’il a juré de l’aimer !! SERIEUSEMENT ?!! [FIN DU SPOILER] Je m’attendais à beaucoup plus de maturité de sa part, malgré ses seize ans !! Mais peut-être en attendais-je trop ?

Quasimodo maintenant ! Mon personnage préféré du roman, c’est sûr !! Il est terriblement attendrissant, incroyablement touchant ; j’ai eu envie d’entrer dans le roman pour le prendre dans mes bras !! Il est décrit comme effroyablement laid, et le narrateur nous explique qu’à cause de son apparence, parce qu’il n’est qu’un être à moitié formé, son âme elle-même est déformée, imparfaite. J’ai trouvé ça assez limite. Je veux bien que ce soit la pensée générale au Moyen-Age, mais le narrateur n’est pas obligé d’affirmer que c’est effectivement le cas ! Surtout au vu de ce qui arrive dans le roman ! Quasimodo m’a brisé le cœur à plusieurs reprises. Incompris, maltraité, insulté, moqué, tourné en ridicule, maudit, considéré comme l’engeance du diable, méprise, il ne cherche même pas à se défendre lui-même. Il est complètement soumis à deux personnages peu scrupuleux, et ça m’a rendu folle !!

Quant à Frollo, j’ai trouvé que c’était un personnage très intéressant. J’ai ressenti à la fois de la pitié, et de la « haine » pour lui, du dégoût. Il ne peut rien faire contre ce qu’il ressent, mais son attitude !! Ce n’est pas vraiment de l’amour pour moi, plutôt du désir, ou de la passion – petite parenthèse sur l’insta-love ! Si je ne l’aime pas dans les romans YA, je ne l’aime pas davantage dans les classiques ! Surtout que là, l’amour naît uniquement de la beauté du personnage ! – il ne contrôle rien, il n’est plus lui-même, il est perdu dans les méandres d’un sentiment qu’il n’est pas censé connaître, et qu’il découvre avec peur. Sa situation peut ouvrir une réflexion sur la chasteté des prêtres de l’église catholique. Certaines de mes scènes préférées concernaient Frollo !

Enfin, Phoebus ! Comme il est loin de l’être qu’on peut imaginer en entendant parler Esmeralda ! Il entre directement sur la liste des personnages que je déteste le plus en littérature *applause* Je n’ai pas pu le supporter : lâche, séducteur, manipulateur, indifférent à quoi que ce soit d’autre qu’à sa petite personne. [SPOILER] Il sait qu’Esmeralda est condamnée pour son meurtre, qu’elle va mourir alors qu’elle n’a rien fait de mal, et il ne FAIT RIEN !! Il sait que c’est le prêtre qu’il a laissé entrer – soit dit en passant, pour se rincer l’œil pendant qu’il se tapait la petite ! – qui l’a poignardé, mais il ne l’aidera pas !! Rah, comme je le hais !! Et comme j’étais frustrée qu’Esmeralda ne comprenne pas combien il est lâche !! [FIN DU SPOILER]

 

Donc, une belle lecture, même si je n’aime pas tout dans ce livre. Il vaut évidemment le coup !!

 

Lucrèce Borgia de Victor Hugo

Posté : 30 mars, 2019 @ 2:57 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Théâtre, Classique Lucrèce Borgia

Editeur : Pocket 

Année de sortie : 2017 [1833] 

Nombre de pages : 156

Synopsis : Indifférente à la haine de l’Italie entière, Lucrèce Borgia parade au carnaval de Venise. Qui pourrait inquiéter cette femme de pouvoir qui baigne dans l’adultère, l’inceste et le crime ? Elle a peur cependant, et tremble pour un simple capitaine qu’elle cherche parmi la foule. Il se nomme Gennaro. Il est amoureux d’elle, lui qui tient les Borgia en aversion et insulte leur blason. Or Gennaro n’est autre que son fils, né de ses amours incestueuses avec son propre frère, et le jeune homme ignore tout de son passé et de ses origines. Lucrèce est un monstre, mais aussi une femme et une mère. Comment protéger son enfant, comment le soustraire à la fureur d’un mari qui le croit son amant ?

En 1833, ce mélodrame tragique surpasse tous les triomphes de Victor Hugo. 

 

Avis : J’ai trouvé cette pièce d’occasion en décembre, elle fait partie des derniers livres achetés pendant l’année 2018 !

J’ai aimé Lucrèce Borgia, mais je n’ai pas réussi à adorer. Encore une fois, l’un de mes problèmes est le synopsis. Celui-ci dévoile LA FIN !! Donc, pas de surprises, pas de grosses révélations pour le lecteur, alors que ce devait l’être pour les spectateurs de la pièce ! Elle perd de sa saveur ; le lecteur n’a pas besoin de revenir en arrière pour voir les indices qu’il a laissés passer, il les a trouvés avant grâce au/à cause du synopsis. Donc, c’est décidé : j’arrête de les lire ! Mieux vaut aller à l’aveugle dans un livre plutôt que de ne rien ressentir pendant les grandes révélations qu’il est censé contenir !

Pour autant, c’est très bien écrit, et intéressant à lire. De plus, j’aime beaucoup les livres, tout genre confondu, dont l’action se situe en Italie ! J’ai appris pas mal de choses sur les Borgia, une famille que je connais finalement assez mal. Je ne sais pas si tout est à croire chez Hugo, mais je vais continuer à lire à propos d’elle pour le savoir ! Je me suis aussi rendu compte que Lucrèce Borgia avait été écrite en 1833, comme Lorenzaccio, que j’ai lu juste avant ! Je n’y ai pas tellement vu de parallèle avec l’histoire de France, contrairement à la pièce de Musset, qui en est truffée !

Je me suis aussi rendu compte, avec ce livre, qu’il y a un trope qui commence à m’agacer en littérature : le malentendu, l’absence de communication. Et ici, ils sont ENORMES ! Lucrèce a plusieurs fois la possibilité de rétablir la vérité avec tous les personnages ; elle ne le fait jamais. Elle peut sauver Gennaro en disant qui il est à son mari, Alphonse d’Este ; elle ne le fait pas. Elle peut faire comprendre à Gennaro qui il est, depuis le début de la pièce ; elle ne le fait qu’à la fin, quand il est trop tard. Je sais que c’est pour l’intensité dramatique, et que cette pièce est un mélodrame tragique ; mais j’ai du mal à apprécier ! J’adore la tragédie, mais parfois, elle peut paraître un peu trop poussé ; là, « mélodrame tragique », c’était trop pour moi ! 

Enfin, Lucrèce Borgia m’a beaucoup fait penser à Cersei Lannister. Comme elle, elle est comparée à une lionne, elle protège ses enfants avec acharnement, mais elle est sans pitié pour les autres. Elle a des relations avec un de ses frères, et sa famille est divisée. Il y a même une scène qui m’a fait penser aux Noces Pourpres !!!

 

Donc, si vous voulez lire cette pièce et garder l’effet de surprise, ne lisez pas le synopsis !

 

Lorenzaccio d’Alfred de Musset

Posté : 29 mars, 2019 @ 8:47 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Théâtre, Classique Lorenzaccio

Editeur : GF

Année de sortie : 2008 [1833] 

Nombre de pages : 218

Synopsis : Dans la Florence des Médicis, le jeune Lorenzo projette en secret l’assassinat de son cousin, le tyran Alexandre. Tentative désespérée de changer le cours de l’Histoire en faisant triompher la cause républicaine ? Ou œuvre d’un individu d’exception, désireux de laisser son nom à la postérité ? Sous le masque de ce personnage « glissant comme une anguille », double de Brutus l’Ancien comme de Hamlet, se laisse entrevoir, de loin en loin, le moi déchiré de l’auteur, enfant du siècle. Entre cynisme et idéalisme, débauche et héroïsme, la figure énigmatique de celui que l’on surnomme Lorenzaccio, a inspiré à Musset ce chef-d’œuvre du drame romantique.  

 

Avis : J’ai étudié Lorenzaccio pour le bac, et je me souviens avoir adoré ce livre, autant la lecture que l’étude !

Je peux confirmer que cette pièce est une de mes préférées ! Je suis fascinée par Lorenzo, par son intelligence, sa ruse, sa solitude et sa mélancolie. Il m’a fait penser à Tyrion Lannister parfois : il adore manier les mots, mais sait aussi se servir d’une épée ! Et il a clairement des problèmes avec sa famille !

J’aime aussi voir les parallèles entre l’Italie du XVIe siècle et la France des années 1830 : politiquement, les deux époques sont instables, entre monarchie et république, entre révolution et continuité. C’est aussi la raison pour laquelle un des sujets de réflexion de la pièce est l’opposition entre paroles et actions. Les gens adorent parler, mais ils agissent rarement. Leurs mots sont vides, ils ne servent qu’à montrer leurs opinions, mais ils changent rarement la situation dans laquelle ils se trouvent. Lorenzo les méprise, et décide d’agir pour un futur meilleur – ou parce que sa vie n’a plus de sens ? L’hypocrisie et l’anticléricalisme sont aussi au rendez-vous : il est clair que Musset n’aimait pas beaucoup les prêtres !

Je n’ai pas beaucoup de pièces préférées, mais celle-ci vient prendre place avec Antigone de Jean Anouilh et La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux ! 

 

Donc, une belle relecture !

 

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