Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec

Posté : 13 octobre, 2014 @ 8:39 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

W ou le souvenir d'enfanceGenre : Autobiographie, Aventure

Editeur : Gallimard

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 222

Synopsis : Il y a dans ce livre deux textes simplement alternés ; il pourrait presque sembler qu’ils n’ont rien en commun, mais ils sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, comme si de leur rencontre seule, de cette lumière lointaine, qu’ils jettent l’un sur l’autre, pouvait se révéler ce qui n’est jamais tout à fait dit dans l’un, jamais tout à fait dit dans l’autre, mais seulement dans leur fragile intersection. L’un de ces textes appartient tout entier à l’imaginaire : c’est un roman d’aventures, la reconstitution, arbitraire mais minutieuse, d’un fantasme enfantin évoquant une cité régie par l’idéal olympique. L’autre texte est une autobiographie : le récit fragmentaire d’une vie d’enfant pendant la guerre, un récit pauvre d’exploits et de souvenirs, fait de bribes éparses, d’absences, d’oublis, de doutes, d’hypothèses, d’anecdotes maigres. Le récit d’aventures, à côté, a quelque chose de grandiose, ou peut-être de suspect. Car il commence par raconter une histoire et, d’un seul coup, se lance dans une autre : dans cette rupture, cette cassure qui suspend le récit autour d’on ne sait quelle attente, se trouve le lieu initial d’où est sorti le livre, ces points de suspension auxquels se sont accrochés les fils rompus de l’enfance et la trame de l’écriture.

 

Avis : Etudiant l’autobiographie cette année, je tiens à vous prévenir que je ne vais pratiquement lire que cela, avec quelques mémoires, autofictions et fictions racontant une vie dans son entièreté. Mais je n’aurais sans doute pas le temps pour autre chose, malheureusement.

Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce livre avant cette année, et même, je peux dire que je ne m’y connais pas trop en autobiographies en général. Je n’en ai pas lu beaucoup (ou alors je n’en avais pas vraiment conscience) et je dois avouer que ce n’est pas vraiment un genre qui m’attire beaucoup. J’ai tout de même hâte de voir ce que cela peut donner à étudier ! Venons-en au livre !

Comme dit dans le synopsis, le livre est divisé en deux histoires racontées alternativement (un chapitre sur deux). Cela peut surprendre au début, et même un peu dérouter pour certains, mais on s’y fait rapidement ; cela peut aussi rendre difficile l’entrée du lecteur dans le livre. En ce qui me concerne, j’ai eu un peu de mal avec l’histoire de W. Je m’attendais à une histoire avec un personnage individualisé (mais je suppose que l’effet de masse est fait exprès, W représentant sûrement le régime nazi), mais cette partie du livre est surtout une longue description du mode de vie sur W. J’aurais vraiment aimé un développement avec le suivi d’un athlète par exemple. J’ai trouvé cela un peu dommage. En tout cas, le régime W est vraiment atroce avec les Athlètes. Certains aspects de la vie m’ont révulsé, notamment les parties sur les femmes et les novices. Clairement, sur W, personne ne vit. Le sport est omniprésent, représente tout ce qui compte dans la vie, puisqu’à la clé se trouve la Victoire. Il n’y a, pour ainsi dire, pas de relations humaines, et les lois sont tout sauf justes (je me demande si on peut vraiment appeler ça des lois). C’est un régime cruel apparenté au régime nazi ; et je pense encore que W est une atténuation, car les Athlètes survivent, et peuvent espérer atteindre un grade un peu plus élevé que celui avec lequel ils commencent.

Concernant la partie autobiographique du livre, il est clair que l’auteur fractionne, fragmente ses souvenirs (ou qu’ils sont réellement comme cela pour lui). Nous n’avons pas vraiment de repères dans cette partie, même s’il me semble évident que l’auteur avance dans le temps en même qu’il avance dans le livre. L’écrivain semble avoir très peu de souvenirs, tous confus, ce qui rend la lecture parfois compliquée. On ne sait pas vraiment si ce que l’auteur raconte est vrai, parce que lui-même ne le sait pas. Il utilise des photos, les décrit pour apporter un peu de matière à son livre, parle de membres de sa famille, dont il ne semble pas bien se souvenir parfois. Un épisode m’a particulièrement ému : celui de la médaille.

Ce livre me semble montrer les conséquences que la guerre peut avoir sur un enfant. L’alternance des deux histoires semble montrer la fracture qui s’est effectuée dans l’esprit de l’auteur. Nous pouvons penser que si les souvenirs sont si confus, c’est parce que la guerre les a effacés de la mémoire de celui qui raconte.

 

En définitive, un livre intéressant, qui montre le choc occasionné par la guerre sur un enfant en France. L’alternance entre les deux histoires peut gêner mais elles sont toutes les deux liées. J’ai préféré la partie autobiographique, mais on ne peut pas nier l’intérêt de la partie aventureuse. 

Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, tome 13 : La Fin de Lemony Snicket

Posté : 31 octobre, 2013 @ 3:14 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, tome 13 : La Fin de Lemony Snicket dans Avis littéraires couv39116947-191x300Genre : Jeunesse, Aventure

Editeur : Nathan

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 243

Synopsis : Cher lecteur,

Tu viens sans doute de prendre ce livre et tu l’entames par la fin, ou plutôt par ce petit texte à la fin, à seule fin d’y détecter le fin mot de l’histoire ou cherchant peut-être à savoir si La Fin est vraiment la fin, autrement dit la fin de la série qui commençait par Tout commence mal. Sans pour autant être une fin de série, ce livre est en effet le dernier tome des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, et je ne saurais trop t’en déconseiller la lecture, même si tu as trouvé le courage d’ingurgiter les douze tomes précédents. Du début à la fin, La Fin n’est qu’une série d’abominations, dont une tempête du style fin du monde, un breuvage à donner le tournis et du poisson cru en bouillie, sans parler de moutons sauvages, d’une cage à oiseaux rococo et de perturbants mystères au sujet des parents Baudelaire. Je m’étais fait un devoir de relater par le menu l’histoire de ces orphelins et ma mission touche à sa fin. De ton côté, libre lecteur, tu as sans doute d’autres missions et si j’étais toi je m’abstiendrais de lire La Fin, de crainte que cette fin ne m’achève.

Avec mes sentiments respectueux,

Lemony Snicket.

 

Avis : J’avoue avoir mis du temps à lire Les Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, en plusieurs années même, mais je ne pouvais pas lire tous les tomes à la suite. Je les trouvais trop lourds, et je m’ennuyais à force de lire la même chose. J’ai enfin achevé cette saga, que j’ai beaucoup aimée, malgré le mal que j’ai eu à la lire ! La couverture nous montre déjà un naufrage (il faut se souvenir que, dans le tome précédent, les orphelins s’enfuient de l’hôtel Dénouement en canot, avec leur cher Comte Olaf), et nous annonce qu’il n’y a pas que les enfants qui rencontreront des problèmes dans ce tome !

Le style de l’auteur est toujours le même : il parle au lecteur et il fait partie de l’histoire, il la vit comme les enfants. En effet, le narrateur est censé raconter la vie des orphelins Baudelaire, et il ne cesse de faire des remarques sur sa propre vie, sur sa famille, ses amis, sur une mystérieuse Béatrice qu’il a aimée et vraisemblablement perdu. Lemony Snicket est, nous l’aurons compris, un pseudonyme puisque c’est aussi un personnage de l’histoire. Cela donne plus de réalisme aux aventures des orphelins. C’est vraiment un style intéressant, très agréable à lire. Il est beaucoup plus facile de rentrer dans l’histoire, de s’imaginer les personnages, ce qui a amené aux situations dans lesquelles ils se retrouvent, mais aussi d’imaginer les personnages qui ne sont plus présents, qui ont disparu et dont le narrateur parle souvent. Le pacte de lecture entre l’auteur et le lecteur est très particulier puisqu’il le dissuade de lire ses livres tout le long de la saga (comme si nous ne voulions pas connaître enfin la fin !).

L’histoire est toujours la même : les orphelins Baudelaire, Violette, Klaus et Prunille, sont encore échoués dans un lieu inconnu, et toujours suivi à la trace par leur oncle, le comte Olaf. Mais ici, dès le début, on comprend que ce tome est différent. D’abord, les personnages ont évolué au fil des tomes : les enfants ont grandi, et l’on connaît bien le comte Olaf, toujours prêt à faire un mauvais coup. Puis, les personnages que l’on ne connaît pas encore ne semblent pas comme les autres. Ils n’ont pas la même réaction que dans les autres tomes : souvenez-vous tous ces idiots qui croyaient toujours le comte Olaf, qui n’ouvraient les yeux qu’à la fin, quand il était trop tard, et même, parfois, qui n’ouvraient pas les yeux du tout ! Cette fois, l’on a vraiment l’impression d’être dans « la vraie vie », là où les gens ne sont pas dupés aussi facilement. Comme toujours, des tas de choses arrivent aux pauvres orphelins qui ne peuvent rien faire, puisque cela ne dépend pas d’eux. Ils se posent beaucoup de questions sur leur conduite, la morale, sur la société et les gens.

Comme toujours, l’auteur apprend aux enfants, à travers ses livres, des mots compliqués, des concepts particuliers, comme la morale. Je trouve cette approche intéressante, cela permet aux petits de découvrir des choses par eux-mêmes et pas seulement à l’école. Donc, comme toujours, Klaus explique les mots compliqués que les enfants rencontrent et Prunille est traduite par ses aînés. Je tiens à souligner que l’auteur est très intelligent, dans la mesure où il parvient à caser, dans un livre jeunesse, le nom d’Electre pour désigner un drame familial, ou des mots comme tangente pour parler d’un changement de sujet. Comment faire apprendre sans faire apprendre !

Ce tome est très bien, pourtant, il m’a laissé sur ma faim. Peu de réponses sont données, et l’on a un peu l’impression que l’auteur s’est moqué de nous. Je me souviens qu’un personnage, dans les tomes précédents, avait laissé entendre qu’un parent Baudelaire pourrait encore être vivant : alors, vrai ou faux ? La réponse claire n’est pas donnée. On ne sait pas si les Baudelaire retrouvent enfin les Beauxdraps. Certes, c’est bien la fin des désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, mais on ne sait pas grand-chose de ce qui leur arrive ensuite. L’auteur ne fait que des suggestions, mais dit rien clairement. Apparemment, il veut laisser à ses lecteurs le soin d’imaginer la suite, mais j’aurais préféré qu’il l’écrive lui-même. D’un autre côté, ce livre clôt bien une saga comme la sienne : un peu absurde, très étrange, très mystérieuse. Et la série se referme sur un nouveau mystère autour duquel les lecteurs peuvent facilement imaginer tout un tas de choses !

 

En définitive, c’est une très bonne saga, qui se termine sur un très bon dernier tome, même si ce n’est pas vraiment une fin. C’est, bien sûr, une saga jeunesse, mais je pense que tout le monde peut la lire, cela ne fait pas de mal !      

Si par une nuit d’hiver un voyageur de Italo Calvino

Posté : 30 juillet, 2013 @ 5:20 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Si par une nuit d'hiver un voyageur de Italo Calvino dans Avis littéraires couv69580384-175x300Genre : Aventure

Editeur : Points

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 287

Synopsis : Vous, Lecteur, vous, Lectrice, vous êtes le principal personnage de ce roman, et réjouissez-vous : c’est non seulement un des plus brillants mais aussi un des plus humoristiques qui aient été écrits dans ce quart de siècle. Vous allez vous retrouver dans ce petit monde de libraires, de professeurs, de traducteurs, de censeurs et d’ordinateurs qui s’agitent autour d’un livre. Vous allez surtout vous engager dans des aventures qui vous conduiront chaque fois au point où vous ne pourrez plus retenir votre envie d’en savoir davantage, et là, ce sera à vous de continuer, d’inventer. Bon voyage.

 

Avis : Ce livre m’a été imposé pour mes études et, comme chacun sait, on a tous un certain a priori sur les livres imposés. J’ai trouvé le titre intriguant, et le synopsis donnait envie. Il était aussi assez mystérieux, avec l’avertissement de l’auteur.

J’ai trouvé ce livre très original. Il m’a vraiment surprise ! D’abord avec la narration à la deuxième personne, que je n’avais jamais rencontrée, puis avec ces incipits d’histoires dont on ne connait pas la suite. Cela rend le roman très frustrant ! Au moment où l’on se sent à l’aise avec la lecture, où l’on commence à bien tout s’imaginer, plus rien. Il faut tout imaginer soi-même si l’on veut connaitre la suite de l’histoire.

Grâce à ce livre, je me suis rendue compte du sentiment de malaise que je ressens quand je commence un livre. Le fait de ne pas connaitre les personnages, de ne pas savoir où l’on se trouve, ce qui se passe exactement nous rend étranger au roman et, lorsque l’on poursuit la lecture, on se familiarise avec tout cela, on entre dans l’histoire, on la fait sienne. L’auteur a le don de s’arrêter au moment où l’histoire nous passionne, et où l’on a le plus envie de continuer à lire.

Concernant l’histoire principale, il est facile de s’identifier aux personnages principaux : le Lecteur, et la Lectrice, Ludmilla. L’auteur écrit de sorte que l’on puisse s’imaginer à leur place. Dès la première page, on est pris dans l’histoire, on est le héros du roman, on s’imagine très bien faire ce que nous dicte l’auteur. J’ai aimé la façon dont il parle des livres dans le premier chapitre, parce que c’est un peu ce que l’on se dit lorsque l’on erre dans une librairie. Par contre, plus le livre avance, plus l’histoire part dans une espèce de complot contre la littérature assez incohérent. Il faut sans doute prendre cela au deuxième degré, mais j’avais tellement envie de connaitre la suite que je n’y ai même pas fait attention !

La scène de la bibliothèque, à la fin du livre, semble donner une définition des différents types de lecteurs et nous inviter à nous demander comment nous lisons. A ce moment-là, je me suis dit que la définition du personnage principal, le Lecteur, ressemblait beaucoup à ma façon de lire ! La dernière scène ressemble à celle que l’on pourrait vivre nous aussi dans la même situation, mais le sort des personnages est un peu expédié.

 

Donc, un livre intéressant sur l’écriture et la lecture, qui nous pousse à nous découvrir en tant que lecteur. Vraiment intéressant, même si carrément frustrant !   

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