Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Selected Works of T.S. Spivet de Reif Larsen

Posté : 31 juillet, 2016 @ 2:46 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

The Selected Works of T.S. Spivet Genre : Aventure

Editeur : Penguin

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 374

Titre en français : L’extravagant du jeune et prodigieux T. S. Spivet

Synopsis : When twelve-year-old Genius cartographer T. S. Spivet receives an unexpected phone call from the Smithsonian announcing he has won the prestigious Baird Award, life as normal – if you consider mapping family dinner table conversation normal – is interrupted and a wild cross-country adventure begins, taking T. S. from his family ranch just north of Divide, Montana, to the museum’s hallowed halls. T. S. sets out alone, leaving before dawn with a plan to hop a freight train and hobo east. Once he’s aboard, his adventures step into high gear and he meticulously maps, charts, and illustrâtes his exploits, documenting mythical wormholes in the Midwest, the urban phenomenon of « rims », and the pleasures of McDonald’s, among other things. We come to see the world through T. S.’s eyes and in his thorough investigation of the outside world he also reveals himself. As he travels away from the ranch, we learn how the journey also brings him closer to home. A secret family history found within his luggage tells the story of T.S.’s ancestors and their long-ago passage west, offering profound insight into the family he left behind and his role within it. As T.S. reads, he discovers the sometimes shadowy boundary between fact and fiction and realizes that for all his analytical rigor, the world around him is a mystery. All he has learned is tested when he arrives at the capital to claim his prize and is welcomed into science’s inner circle. For all its shine, fame seems more highly valued than ideas in this new world, and friends are hard to find. T.S.’s trip begins at the Coppertop Ranch and the last known place he stands is Washington, D.C., but his journey’s movement is far harder to track : How does one map the delicate lessons learned about family, or communicate the ebbs and flows of heartbreak, loneliness, and love ? There are some answers here on the road from Divide, and some new questions too.

 

Avis : J’ai entendu parler de ce livre grâce à une amie il y a peu près trois ans, il me semble qu’elle appréciait sa lecture, et c’est ce qui m’a décidé à l’acheter en VO pour le lire un de ces jours. Ce jour est arrivé ! 

Je pensais vraiment beaucoup aimer ce livre (comme le précédent, The Martian) ; l’histoire avait l’air intéressante, je m’attendais à un voyage épique, et j’adore la couverture ! Et pourtant … Dès le début, et la première digression de T.S., j’aurais dû comprendre que ce livre serait long. Parfois même très long. Tellement que je l’ai arrêté pour lire un autre livre (qui m’a lui aussi un peu déçue …). Le voyage ne m’a absolument pas paru épique, je me suis même demandée quand il commençait vraiment ; les aventures promises dans le synopsis (qui, encore une fois, raconte l’intégralité de l’histoire !) sont pratiquement inexistantes. Quand elles arrivent, elles m’ont semblé un peu incohérentes, puis l’histoire dérive vers quelque chose d’étrange ; je n’ai pas réussi à adhérer. Certains passages sont très longs ; cela m’a fait penser à une phrase que j’ai lu dans Dictionnaire égoïste de la littérature française de Charles Dantzig à propos de livres courts qui sont longs, et de livres longs qui paraissent courts. C’est exactement mon impression sur ce livre ! Le format est sympathique et original, j’ai aimé l’idée d’une espèce de journal de bord avec des dessins ajoutés par T.S. ; mais cela fait aussi perdre le fil de l’histoire. L’écriture est à la fois celle de T.S., et celle d’un autre personnage qui raconte la vie de quelqu’un. Elle n’a rien de spécial, elle est agréable à lire.

Concernant les personnages, T.S. Spivet, le héros, est un petit garçon de douze ans, ce qui nous est rappelé par l’incompréhension de T.S. par rapport à ce que peuvent parfois dire les adultes. J’ai aimé ce personnage, intelligent et drôle, un humour d’enfant ravageur par son décalage et son innocence. Innocence ternie par certains événements et par certaines interrogations de T.S., notamment sur Layton : des petits passages qui mettent le lecteur mal à l’aise, qui le rendent triste. Il ne se rend pas compte qu’il n’est pas responsable de ce qui arrive autour de lui, et la culpabilité lui ronge la vie, vie faite de tristesse et de l’impression de ne pas compter pour ses parents. Il se sent plutôt à part dans sa famille, un peu supérieur aussi, notamment par rapport à sa mère. La science est tout pour lui, et il rêve de travailler avec le Smithsonian. Un peu surdoué, il ne se rend pas compte que la réalisation de son vœu peut se révéler plus un cauchemar qu’un rêve. Sa façon d’appeler sa mère m’a un peu choquée. Quant à sa relation avec son père, elle paraît un peu inexistante. T.S. se pose énormément de questions, et pousse le lecteur à réfléchir lui aussi. On rencontre d’autres personnages comme Dr Clair, une femme qui semble plutôt éteinte, un peu à côté de la plaque, dévouée à une quête inatteignable. A travers les yeux de T.S., j’ai une assez mauvaise image d’elle, tout comme pour son père. Il semble rustre, concentré sur le travail des champs, ses chèvres, sa barrière, sa ferme en général. Il n’a pas l’air de s’occuper de ses enfants, en tout cas, il ne montre pas à T.S. qu’il l’aime. Gracie, la sœur de T.S., est plutôt un personnage que j’ai apprécié, même si elle est assez sombre et semble se plaindre à propos de son enfance et de l’amour qu’elle a reçu, ou pas. Un autre personnage féminin, Emma, apparaît : j’ai préféré son histoire à celle de T.S., ce qui est assez étrange puisqu’elle est secondaire ! J’ai aimé la découvrir, et j’ai regretté que les passages qui la concernent ne durent pas plus longtemps. J’ai aimé également le personnage de Mr. Englethorpe. Beaucoup moins les hommes qui travaillent au Smithsonian : à peu près tous concentrés sur eux-mêmes, qui se fichent de l’individu en tant que tel, ici, notamment, de T.S.

La fin est étrange, comme la dernière partie. Tout se dénoue, et le lecteur y voit plus clair ; mais l’étrangeté n’est pas vraiment cohérente, en tout cas, je n’ai pas réussi à y croire. La toute fin est plutôt belle, mais arrive un peu trop rapidement.

 

Donc, une petite déception, j’espérais un voyage et des aventures plus intéressantes.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

Posté : 17 mai, 2016 @ 9:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire Genre : Aventure, Humoristique

Editeur : Pocket

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 507

Synopsis : Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l’adjoint au maire et de la presse locale ? Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entraînant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée – presque par inadvertance - à un membre de gang. S’engage une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses surdiplômé et une éléphante prénommée Sonja …

 

Avis : Cela faisait longtemps que ce livre se trouvait dans ma PAL, et j’ai eu envie d’un peu d’humour !

Je m’attendais à lire une histoire drôle, rien qu’au vu de la couverture ! Quelle déception ! J’ai ri au début, face à l’énormité des situations dans lesquelles se met le personnage, je me suis dit que c’était différent de ce que j’ai l’habitude de lire. Mais au fur et à mesure de la lecture, l’humour me semblait de plus en plus lourd, les événements de plus en plus impossibles, et je n’ai pas cru à ce que je lisais du tout ! Le livre a donc fini par m’agacer, j’ai pensé plusieurs fois à l’abandonner ; mais, même quand je n’aime pas une lecture, j’aime la finir, la fin rachète parfois les longueurs que l’on peut trouver au cours d’un roman. Ce n’est pas le cas ici. Concernant la structure du roman : certains chapitres relatent le présent d’Allan Karlsson, d’autres, son passé. Si je n’avais lu que le présent, j’aurais sans doute un peu aimé ; mais le passé était surréaliste, complètement loufoque, un peu trop sans doute ! J’ai trouvé tellement incroyable que cela l’a énervé ! Cela m’a aussi fait trouver le temps de la lecture très long ! J’ai fini par compter les pages ! Pour l’écriture, l’auteur tente un comique de répétition qui, à force, comme le reste, agace. Sinon, elle est simple et fluide.

Allan Karlsson est le héros de ce roman. Le jour de son centième anniversaire, il décide de se sauver de la maison de retraite où il vit, et de faire un peu n’importe quoi. Il ne sait pas où il va, ni ce qu’il fait. Il rencontre des gens sur sa route, les met dans l’embarras ou sympathise avec eux, leur raconte son passé, totalement incroyable, et que pourtant, tout le monde croit. Il semble tout à fait inconséquent, se fiche de ce qui pourrait lui arriver, et n’a pas l’air de se rendre compte de la portée de ses actes. Je ne peux pas dire m’être attaché à lui, puisqu’il a participé à mon agacement général ! Les autres personnages qu’il rencontre sont Julius Jonson, un homme moins vieux qu’Allan, et qui semble avoir commis plusieurs petits délits, et être très peu populaire dans l’endroit où il vit ; Benny, qui suit sans trop poser de questions, qui n’a pas l’air d’être celui qui prend les grandes décisions ; Gunilla, qui ne cesse de jurer, une femme au caractère bien trempé ; le Chef, un de ceux à qui il arrive des choses désagréables à cause d’Allan ; l’inspecteur Aronsson, qui ne comprend rien à l’affaire, mais qui s’accroche à ses convictions. Parmi les personnages du passé d’Allan, on croise de nombreux hommes politiques célèbres, notamment Winston Churchill, Franco, Staline, Mao, Kim Il-Sung, etc.

La fin est sympathique, mais ne relève pas le livre. Aussi invraisemblable que le reste de l’histoire, et le lecteur comprend facilement que ça va continuer, comme si Allan était immortel.

 

Donc, un livre que je n’ai pas aimé, en raison d’un humour que j’ai trouvé lourd, d’une histoire en laquelle je n’ai pas du tout réussi à croire, et d’une indifférence générale qui m’a agacé.  

Le vaisseau des morts de B. Traven

Posté : 14 octobre, 2015 @ 7:11 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le vaisseau des mortsGenre : Aventure

Editeur : La Découverte

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 286

Synopsis : Le bateau de Gerard Gale a quitté le port d’Anvers sans lui. Commence alors pour ce marin américain une odyssée à travers l’Europe des années 1920. Sans papiers, sans argent, il n’est plus rien, n’existe plus, chaque pays tente de se débarrasser de lui en lui faisant passer en douce la frontière la plus proche. Il s’embarque finalement sur la Yorikke, un vaisseau fantôme, un « vaisseau des morts », cercueil flottant voué au naufrage pour que l’armateur puisse toucher la prime d’assurance, et toujours assez bon, tant qu’il tient l’eau, pour se livrer à tous les trafics. Il y connaîtra l’enfer. Premier roman de B. Traven, publié en Allemagne en 1926, Le Vaisseau des morts dénonce capitalisme et inégalités sociales sans fausse candeur. Si le burlesque l’emporte dans les premières pages, le réalisme s’impose bientôt pour décrire les conditions d’existence de ceux qui, dépouillés de tous leurs droits, morts vivants, acceptent les indignité les plus scandaleuses, sans pourtant cesser d’espérer.

 

Avis : Dernier livre pour le cours sur la mer et le roman ! Je m’attendais à détester ce livre, ce n’est pas mon genre de lecture habituel. Et pourtant !

J’ai été agréablement surprise, si je peux employer ce genre de termes. C’est l’histoire d’un homme qui perd son bateau, et sa nationalité par la même occasion. Il est complètement abandonné de tous ; il est totalement seul, sans rien, contraint de mentir à tous sur tout ; et même quand il dit la vérité, il n’est pas cru. J’ai trouvé dans ce livre une vraie critique du gouvernement en général, ainsi que de l’administration : elle n’est pas là pour aider ceux qui ont besoin d’elle, mais pour les envoyer de bureau en bureau, pour les perdre dans ses tréfonds ; il critique également, et surtout, le capitalisme, qui est la bête noire du personnage principal : il l’apostrophe sans cesse, l’appelle César, et le glorifie ironiquement, montrant ainsi son injustice. Les riches passent d’abord, les moins-que-rien ne passent pas du tout, jamais. C’est à peine s’ils sont traités comme des humains ordinaires. Le personnage garde une certaine distance avec la situation, ce qui m’a sidérée ! Il sait qu’il est dans une situation dramatique, désespérante, et pourtant, il a l’air de se laisser porter par la vie ! Il va se faire chasser de tous les pays où il va se retrouver avant de tomber sur la Yorikke. Vaisseau de l’horreur, enfer des mers : je pense qu’il est difficile d’imaginer pire que ce bateau. Les hommes y sont traités pire que comme des animaux : quand ils sont vivants, ils ne sont pas traités du tout, mais morts, ils ne sont pas même respectés ! C’est une horreur qui glace le lecteur, car elle est réelle. Il est très aisé de se l’imaginer dans la réalité, malheureusement … Ici, la mer, qui représente normalement la liberté, devient une prison, un lieu duquel les personnages ne peuvent pas s’échapper. Ce n’est plus le lieu d’évasion dont les hommes rêvent ; il est impossible pour les héros de revenir sur terre après l’avoir quittée.  

J’ai vu, et c’est aussi pour cette raison que le professeur nous l’a donné à lire, un parallèle avec l’actualité dans cette œuvre : celle des migrants. Ce n’est pas vraiment la même chose en ce qui concerne le bateau, mais c’est bien ça en ce qui concerne le statut. Ils sont rejetés partout, de pays en pays, personne ne veut d’eux, et ils se retrouvent en pleine mer, à tenter d’aller dans un pays qui les acceptera. Ils ne sont pas considérés comme des êtres humains par certains, et peuvent bien se noyer, ça ne les dérange pas. Le personnage principal et ses compagnons d’équipage sont exactement dans le même cas : ils peuvent mourir, personne ne s’en soucie. 

Gerard Gale est le personnage principal : son nom n’est donné qu’une seule fois il me semble, et à la fin, je ne m’en souvenais plus : c’était peut-être le but de l’auteur, montrer que le personnage n’a finalement plus aucune identité, qu’il la perd sur le bateau. Il est conscient de l’horreur de sa situation, du désespoir qu’il doit ressentir, mais il tente de s’en détacher. Son recul m’a vraiment impressionnée : il est sans doute protecteur, pour ne pas sombrer dans la folie, une sorte de carapace contre la réalité. Ce n’est pas vraiment du courage, c’est plus de la résignation : il considère que, de toute façon, il ne peut rien faire contre ce qui lui arrive. Ce n’est pas lui qui dirige sa propre vie : elle est entre les mains de gens qui ne s’en soucient pas. Il a une certaine expérience de marin, et ne se retrouve pas sur le bateau de façon forcée : il « choisit » d’y monter. De plus, quelque chose m’a choqué à un moment dans le livre, une façon de réagir du personnage, une façon de s’adapter … La narration se fait à la première personne, ce qui nous rapproche forcément de Gerard : le lecteur s’attache facilement à lui. Certaines parties « lyriques » sont vraiment touchantes et émeuvent le lecteur : le héros est bien un être humain, oublié, mais que le lecteur, lui, n’oublie pas. Celui-ci a un tel sentiment d’indignation qu’à un moment donné, il peut se mettre à haïr la race humaine ! Stanislaw est un marin rencontré par le héros ; il est plus expérimenté que lui, et apporte des informations au lecteur sur la survie d’un homme sur un bateau fantôme. Il est finalement attachant, et devient un peu comme un frère pour Gerard. Le lecteur rencontre également d’autres personnages, comme les administrateurs, qui sont exécrables et indignent facilement celui qui lit, et les autres membres d’équipage de la Yorikke et d’autres bateaux (d’une tristesse …).

Le langage a une place bien particulière dans ce livre : l’humour noir et le cynisme sont utilisés pour cacher le désespoir qui pourraient saisir le personnage. Cela peut faire rire le lecteur parfois par la spontanéité de Gerard. Le lyrisme m’a paru étrange dans ce livre, je ne m’attendais pas à en découvrir ici, il donne des moments d’émotion où le lecteur se sent happé par l’histoire.

La fin est d’une tristesse … La carapace s’est fendillée, la folie et le désespoir s’y sont insinués. La religion ressurgit, ce qui sonne le glas de l’œuvre. On ne sait pas ce qui arrive au personnage principal, ce qui est très frustrant !

 

En définitive, c’est un livre très intéressant à découvrir, donc un bon choix de nom pour la maison d’édition !

Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne

Posté : 9 octobre, 2015 @ 12:28 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Vingt mille lieues sous les mersGenre : Aventure, Classique

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 595

Synopsis : « Une chose énorme » ayant été signalée par plusieurs navires à travers le monde, une expédition est organisée sur l’Abraham Lincoln, une frégate américaine, pour purger les mers de ce monstre inquiétant. A bord se trouvent le Français Pierre Aronnax, professeur au Muséum de Paris, et Conseil, son fidèle domestique. Alors qu’ils s’approchent du fabuleux animal, Aronnax, Conseil et Ned Land, un harponneur canadien, sont précipités dans la mer par deux gigantesques trombes d’eau avant de se retrouver sur le dos du monstre … qui se révèle être un étonnant sous-marin, le Nautilus, conçu et commandé par le capitaine Nemo, qui paraît farouchement hostile à toute l’humanité ! La plus extraordinaire aventure commence dès lors pour les trois hommes, condamnés à ne plus jamais revoir leur patrie, leurs parents, leurs amis … La mer était une passion pour Jules Verne ; c’est elle l’héroïne de Vingt mille lieues sous les mers, l’un de ses meilleurs et plus célèbres romans.

 

Avis : J’ai dû arrêter ma lecture de ce livre pour d’abord lire Moby Dick pour un cours. Je m’y suis donc remise dès que j’en ai eu la possibilité !

J’avoue que j’avais un peu peur de m’ennuyer : je n’avais jamais lu de Jules Verne avant, et je me demandais vraiment ce que ça donnait. Eh bien, je me suis trompée ! Je ne me suis pas ennuyée du tout (à part peut-être pendant certaines listes de poissons ou de mammifères marins qui semblaient ne pas finir) C’est un vrai roman d’aventure dans lequel on découvre les fonds-marins, dans lequel on effectue un tour du monde sous les eaux, mais où l’on rencontre aussi des personnages hauts en couleur comme le capitaine Nemo, le professeur Aronnax ou Ned Land ! Il est  vrai que l’action n’est pas omniprésente ; certains passages sont dédiés à l’observation des poissons. Mais le lecteur en apprend beaucoup sur le milieu marin, et voit l’océan autrement après avoir lu le livre, même s’il ne comprend pas tout ce dont parle le narrateur (par exemple, je ne m’y connais pas du tout en latitude et longitude, ni en milles et en lieues). De plus, pour le lecteur qui adore les animaux, c’est le livre rêvé ! Il va découvrir des créatures fantastiques, gigantesques ou minuscules, oiseaux ou poissons, terrifiants ou pacifiques, qui vont le ravir ! J’ai adoré me plonger dans l’histoire comme le Nautilus plonge sous les eaux, vivre un peu dans une bulle d’air sous l’océan. Je me suis imaginée vivre dans le sous-marin, une maison en réalité, avec ses pièces extraordinaires ! C’était très agréable de découvrir peu à peu ce nouvel environnement avec le professeur Aronnax, qui est la voix narrative. Au fur et à mesure, le lecteur croit vraiment à l’histoire, la vit un peu à travers le personnage principal, et finit par vouloir tout savoir comme, par exemple, les mystères du passé du capitaine Nemo. Beaucoup de questions tournent autour de lui, et le lecteur se demande s’il aura les réponses à la fin ! Concernant l’écriture, elle est claire, fluide, agréable à lire.

Etudiant cette œuvre en cours, certains aspects apparaissent sous un nouveau jour, comme le fait que la liberté des personnages principaux soit entravée, qu’ils soient esclaves, ou le fait que le capitaine Nemo refuse de tuer simplement pour tuer : la chasse ne doit être effectuée que si elle est nécessaire, pas pour le plaisir. Des allusions politiques peuvent également être décelées dans le livre : le capitaine Nemo refuse tout contact avec la terre, prône l’égalité sur son vaisseau, et se pense le justicier des mers. On retrouve ainsi des thèmes que l’on ne s’attend pas à trouver dans un livre qui a été écrit pour la jeunesse : l’esclavagisme, l’écologie et l’anarchisme.

Les personnages, quant à eux, sont très différents les uns des autres. Le professeur Aronnax, narrateur, est un scientifique qui ne croit que ce qu’il voit de ses propres yeux. Quand l’histoire d’une bête énorme vivant dans la mer arrive à ses oreilles, il en rit d’abord, mais finit par se lancer à sa poursuite avec un bateau américain. Ce personnage est vraiment le scientifique par excellence : il parle comme tel, il observe les poissons, les classe, et apporte ainsi de la matière à ses premières notes sur l’océan. C’est un spécialiste de la mer, mais seulement à travers les livres qu’il a lus : c’est la première fois qu’il découvre l’océan autrement, et il s’émerveille face à sa beauté. Le capitaine du sous-marin va le mener dans des endroits légendaires ou historiques qu’il va découvrir avec des yeux d’enfant, comme le lecteur, qui se croirait dans un rêve. Ce professeur est toujours accompagné de son fidèle compagnon, Conseil, qui porte extrêmement mal son nom ! Face à son maître, il est très effacé, et est prêt à se sacrifier pour lui. Tout ce qui le passionne, c’est de classer les animaux qu’il voit dans des catégories très précises, ce qui donne lieu à des listes auxquelles le lecteur ne comprend pas grand-chose (et Conseil non plus en réalité !). Dès qu’il voit un animal, il le classe, et on peut dire qu’il y en a un certain nombre sous les mers ! C’est un personnage que j’ai apprécié, qui finit par être drôle dans sa façon de parler et de se comporter : rien ne le surprend jamais, il reste stoïque face à (presque) toutes les situations. Il ne prend jamais partie et est le lien du professeur avec Ned Land, le harponneur canadien. Homme de la mer, ce personnage ne supporte pas pour autant de rester enfermé sous les eaux et rêve d’évasion. Il a un caractère bien trempé, ne se laisse pas facilement impressionné, et pense en savoir beaucoup sur la mer parce qu’il l’a déjà sillonné. Il se rend peu à peu compte qu’il n’en est rien. Il a une certaine expérience de la mer, contrairement au professeur, mais il n’a pas tout vu, et n’en a pas une connaissance scientifique. Ainsi deux formes de connaissance de la mer se trouvent dans le livre. Le capitaine Nemo est sans doute le personnage le plus mystérieux du livre. Tout d’abord, il s’appelle Nemo, c’est-à-dire, Personne en latin. Puis, il change constamment d’humeur, et le narrateur ne sait jamais pourquoi. Il est tour à tour engageant, heureux de montrer à Aronnax les richesses de l’océan, et sombre, triste, parfois même désespéré. Le lecteur s’attache à lui et à son mystère, tout en voulant découvrir ses secrets. C’est lui qui introduit dans le roman l’esclavagisme, l’écologie et l’anarchisme. Personnage révolutionnaire et visionnaire, il semble en avance sur les habitants de la terre, et est capable d’aller en des lieux qu’ils n’ont jamais visités, ce qui stupéfie les autres personnages, qui, tout d’abord, n’y croient pas. Le capitaine Nemo est un peu l’écrivain, regroupant ses idées derrière un personnage obscur qui n’a pas de nom. L’on rencontre d’autres personnages dans le roman, beaucoup moins importants que les quatre premiers, comme les membres d’équipage du Nautilus ou ceux de l’Abraham Lincoln au début du livre.

La fin m’a semble très rapide, et m’a laissé un peu frustrée. Deux événements terribles arrivent avant elle, et ils semblent précipiter les choses. J’ai été un peu déçue de constater qu’en sortant du livre, on ne sait toujours pas tout sur le capitaine Nemo, même si un petit bout de son passé nous est révélé.

 

En définitive, un très bon roman d’aventure qui fait voyager, découvrir la mer, apprendre tout un tas de choses sur elle, mais qui nous permet aussi de rencontrer des personnages intéressants, dont un qui reste mystérieux jusqu’à la fin !

Geisha d’Arthur Golden

Posté : 21 avril, 2015 @ 12:29 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

GeishaGenre : Historique, Aventure

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 601

Synopsis : A neuf ans, Sayuri est vendue par son père à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d’extraordinaires yeux bleus, la petite fille se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l’amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Ecrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d’un exceptionnel document et le souffle d’un grand roman.

 

Avis : Cela faisait un moment que je voulais lire ce livre (comme à peu près tous les livres de ma PAL …), mais une amie m’a poussé à commencer par celui-ci, en me disant que je ne le regretterais pas. Appréciant particulièrement de découvrir le Japon, et pouvant difficilement résister à une telle couverture, j’ai plongé !

Dès le synopsis, le lecteur sent que ce sera triste, et difficile pour la jeune héroïne. N’étant encore qu’une petite fille, elle est vendue par son propre père, et quitte son petit village de pêcheurs pour une ville dont elle ne sait rien, Kyoto, afin de devenir geisha. Avant de lire ce livre, j’avais un certain nombre d’a priori sur ce métier japonais. Je le rapprochais des prostituées ordinaires, mais je me suis vite rendue compte que cela n’avait pas grand-chose à voir. L’essentiel du métier de geisha n’est pas sexuel, il consiste à divertir des hommes par les arts, ou simplement en leur tenant compagnie. J’ai donc complètement plongé dans la découverte de cette nouvelle facette du Japon. Plus j’en lis sur ce pays, et plus je me rends compte que je n’en sais pratiquement rien ! Chaque lecture qui le concerne m’en apprend beaucoup, mais pas encore assez me semble-t-il. Revenons à l’histoire en elle-même ! Découvrir le quartier de Gion, et même les différents paysages de Yoiroido, Senzuru et Kyoto avant la Seconde Guerre mondiale, m’a vraiment fait voyager. La petite Sayuri avait l’habitude de se baigner dans un étang, dans son village, et elle nous le fait découvrir, comme la maison de M. Tanaka à Senzuru, ou l’okiya Nitta à Gion. Le lecteur aurait presque envie de se promener dans ces endroits que l’on ne trouve pas en Occident, où la tradition pèse sur les personnes qui doivent l’honorer. En effet, Sayuri, ainsi que toutes les autres geishas ou apprenties geishas, doivent s’y plier afin de conserver leur rang, ou d’en acquérir un plus élevé. Certains passages sont simplement étranges, puisque très éloignés de notre éducation occidentale ; mais d’autres sont aussi choquants. Pour se faire connaître, ou détruire une rivale, les geishas sont parfois prêtes à tout, comme Hatsumomo. La carrière d’une geisha peut être compromise par une simple histoire inventée. De plus, Arthur Golden a choisi la narration à la première personne, ce qui nous permet vraiment d’entrer dans le monde des geishas. Sayuri nous raconte son histoire, et la poésie naturelle des Japonais se retrouve dans son récit, avec les nombreuses images qu’utilise la jeune fille. C’est vraiment une très bonne façon d’inclure le lecteur dans un univers qu’il ne connaît pas. De plus, le prologue donne l’illusion d’une véritable histoire, d’une personne qui a vraiment existé et qui désire vraiment nous raconter sa vie. Enfin, avec cette narration, le personnage principal peut nous expliquer certains rituels ou certains termes que l’on ne peut comprendre sans cela, comme mizuage, danna ou la cérémonie des sœurs, mais aussi mieux nous faire éprouver des sentiments comme la tristesse, la haine, ou le dégoût qu’elle ressent.

Concernant les personnages, je les ai trouvé très réalistes et complexes : ce ne sont ni des caricatures ni des simplifications de personnages. D’abord, il est très facile de s’attacher à Sayuri. Lorsqu’elle commence son récit, elle n’est plus geisha, et elle parle directement au lecteur pour lui dire qu’elle va lui raconter son histoire. Un lien se crée tout de suite avec ce personnage qui va nous guider dans un monde que l’on ne connaît pas. Tout commence pour elle dans un petit village, Yoroido, où elle vit avec son père, sa mère et sa sœur, Satsu. Elle y sera arrachée et sera emmenée de force à Gion, dans une okiya où vivent Mère, Granny, Tatie, Pumpkin et Hatsumomo, la grande ennemie de Sayuri. Elle éprouve alors, au fil de son histoire, tout un tas de sentiments assez contradictoires parfois. De la tristesse et du désespoir d’avoir perdu son foyer, de la reconnaissance pour ceux qui l’aident, de la haine pour ceux qui la méprisent et la maltraitent, de la joie face à ses réussites, de l’amour aussi pour un personnage qu’elle n’oubliera jamais. Dans certains passages, la réaction du personnage pourrait être la nôtre, mais parfois, il est difficile de s’imaginer dans sa situation, lors du mizuage, ou du passage du théâtre à Amani par exemple. Tout le long du livre, Sayuri se bat pour réussir, travaille, tente de montrer qu’elle peut devenir une grande geisha, et reçoit une aide à laquelle elle ne s’attendait pas. Elle fait aussi des choix étranges parfois, mais reste guidée par le désir de conquête de celui qu’elle aime. Hatsumomo, quant à elle, est un personnage détestable, cruel, égoïste, qui ne recherche que son propre intérêt et tente d’écraser ses rivales. C’est grâce à elle que l’on découvre Mameha. La rivalité entre ses deux femmes est une clé importante de l’histoire. Elles sont l’opposé l’une de l’autre. Hatsumomo fera tout pour gâcher la vie de Sayuri, quand Mameha n’use pas de ce genre de moyens pour détruire quelqu’un : elle se sert plutôt de ce que la personne est déjà. La fin de la première m’a fait pitié, bien que je l’aie détesté la majeure partie du livre ; quant à la seconde, le lecteur peut s’attacher à elle tout en ayant une certaine réserve parfois, puisqu’elle est aussi prête à tout, notamment dans le passage du couteau de la cuisinière. Pumpkin est un personnage qui évolue dans ce livre : elle passe d’enfant à adulte, mais se trouve aussi sous la férule d’Hatsumomo, ce qui n’aide pas son amitié avec Sayuri. Elle m’a parfois fait pitié, et je me suis un peu attachée à elle ; mais un passage nous fait tout remettre en question sur ce personnage. Il est possible de comprendre son attitude, mais elle n’en est pas moins choquante. Tatie, Mère et Granny sont les femmes qui se trouvent à l’okiya Nitta : la première est assez attachante, et est proche de la petite Sayuri ; j’ai trouvé les deux dernières détestables du début à la fin, de vieilles mégères qui ne pensent qu’à l’argent. Les hommes sont parfois importants eux aussi, c’est notamment le cas d‘Iwamura Ken, personnage récurrent mais à propos duquel on ne sait pas vraiment se faire d’opinion car la narratrice n’est pas objective quand elle nous parle de lui ; Nobu Toshikazu, un homme bon au physique repoussant à qui le lecteur peut s’attacher, et que l’on plaint parfois ; le Baron, ou l’homme le plus haïssable du livre. D’autres personnages marquent le lecteur, comme le personnage de Satsu, la sœur de Sayuri, vouée à un destin malheureux à première vue, les parents de Sayuri, et surtout sa mère.

Les geishas sont parfois très jeunes quand elles commencent leur formation, et leur mizuage est convoité par certains hommes. Les pratiques qui tournent autour de lui sont assez choquantes. Un passage raconte la découverte du sexe par Sayuri : elle se voit expliquer ce qui se passe lorsqu’un homme « se couche sur » une femme. Ce récit peut faire rire, car la tradition et la façon de présenter le sexe ne sont pas du tout les mêmes dans le Japon traditionnel et en Occident actuellement, mais il peut aussi alarmer le lecteur, car la fille est jeune et comprend ce qui se passe par images. C’est aussi une façon plus poétique d’en parler que de le dire crûment.

La fin m’a assez surprise, je ne pensais vraiment pas à ce genre de scénario, mais, en prenant du recul, il y avait quelques indices. J’ai trouvé que c’était plutôt une belle fin.

 

En définitive, un livre coup de cœur qui nous fait découvrir une nouvelle facette du Japon, et qui m’a donné envie d’en découvrir encore plus !

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