Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Asphodel de Louise le Bars

Classé dans : Avis littéraires — 28 octobre, 2020 @ 8:07

Genre : FantasyAsphodel

Editeur : Noir d’Absinthe

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 216

Synopsis : Dans Asphodel, nous parcourons les siècles, du XVIIIème à nos jours, aux côtés d’un vampire qui – poète macabre – nous conte sept meurtres de femmes ayant marqué son existence. Pourquoi les tue-t-il, elles en particulier ? Et quelle est cette mystérieuse entité qui prend vie au fil des lignes ? En nous mettant dans la peau d’un monstre fantastique, le roman aborde des thématiques féministes et nous pousse à réfléchir sur les origines du mal.

 

Avis : J’ai lu ce livre dans le cadre du Plib 2021 – depuis, Asphodel a été retiré du prix.

J’avais vraiment hâte de lire ce roman ! J’avais adoré Vert-de-lierre de la même autrice et je m’attendais à retrouver tout ce que j’avais aimé dans ce premier livre !

Alors, Asphodel n’est pas une déception, mais ce n’est pas non plus un coup de cœur. J’ai effectivement retrouvé l’écriture de l’autrice, très poétique, belle et imagée. Louise le Bars a un vrai talent pour les mots, c’est indéniable : c’est harmonieux, c’est vibrant. J’adore la figure du vampire, donc j’étais ravie de la voir reprise par l’autrice : ici, Asphodel est un « vrai » vampire, sans regrets, sans compassion (ou … presque ?), qui voit les humains comme des proies. Peu à peu, j’ai vu, en Asphodel, Baudelaire. C’est comme si le jeune vampire pouvait faire tout ce que le poète décrivait dans ses poèmes, pouvait assouvir ses pulsions, tout en voyant les femmes comme des fleurs du mal. Il va donc, aussi, sans dire, qu’Asphodel, comme Baudelaire, est très misogyne – ce qui ne veut, bien sûr, pas dire que l’autrice l’est. C’était assez agaçant d’être dans sa tête et de « l’entendre » parler ainsi des femmes. Il ne les considère que pour leur beauté – ou presque – et ne voient en elles que des corps – et du sang. Il pense aussi à leur esprit, à leur âme, mais il pense leur offrir un cadeau en les tuant : SPOILER 1 Le pire, c’est que, parfois, ce qu’il dit est tellement beau qu’on se laisserait aller à l’approuver … mais non.

Et là arrivent les raisons pour lesquelles ce livre ne peut être un coup de cœur. Asphodel commet des meurtres – puisque le roman nous raconte sa vie à travers sept femmes qu’il a tuées – mais aussi des viols. Décrits. Pas en détails, mais tout de même. C’était terriblement gênant à lire, peut-être encore plus avec la plume si belle de l’autrice qui sublime cet acte affreux à travers la gloire qu’en ressent Asphodel. J’ai, en fin de compte, détesté être dans la tête de cet homme : c’était vraiment une expérience … salissante en quelque sorte. Le lecteur assiste à ses crimes en sachant que ce qu’il fait est ignoble, mais le vampire se complaît dans ses actes et est persuadé de son bon droit.Cela correspond à ce que représente le vampire : il est l’agresseur, le prédateur, celui qui viole, tue et envahit. Il n’empêche que ce n’est pas plaisant à lire.

Mais ce qui, vraiment, me laisse perplexe, c’est la fin du roman. L’idée de SPOILER 2 est excellente, j’ai adoré enfin comprendre la place des intermèdes dans l’histoire – j’avais un peu de mal avec ces passages qui, certes, étaient toujours aussi bien écrits, mais que je n’arrivais pas à placer clairement dans le récit principal. Mais SPOILER 3 J’ai trouvé que cette fin cassait un peu le côté féministe de ce roman. En effet, les femmes, victimes d’Asphodel, ne sont pas seulement des proies, elles ne sont pas (toutes) passives. J’ai aimé que certaines se rebellent, que toutes (ou presque) donnent du fil à retordre à Asphodel, qu’il se pose parfois des questions sur le bien fondé de ce qu’il fait. Bien sûr, ayant seulement le point de vue du vampire, certaines façons de décrire ces femmes, de les voir ou de les comprendre sont agaçantes ; mais cela se comprend grâce au point de vue. Cela laisse voir au lecteur que ces femmes ne sont pas simplement des demoiselles en détresse attirées par l’hypnose qu’exerce le vampire sur elles. Mais cette fin … SPOILER 4 Plus je pense à elle, et plus je suis déçue par ce roman …

 

Donc, toujours une aussi belle écriture, mais une histoire qui n’a pas réussi à me plaire.

 

SPOILER 1 ces fleurs ne valent la peine qu’une fois mortes, quand elles sont à leur plein potentiel. Mouhou. Bien sûr. Pas taper, Justine, c’est un vampire.

SPOILER 2 la poupée et de l’âme 

SPOILER 3 l’histoire de la mère ? 1) Elle semble incestueuse, 2) elle est misogyne, 3) elle prive son fils de son âme pour le protéger de l’amour et en fait alors un monstre qui va tuer les femmes qui auraient pu lui briser le cœur. D’accord. 

SPOILER 4 Asphodel n’est pas coupable en fin de compte, même s’il se qualifie lui-même de monstre, parce que c’est sa mère qui l’a privé de son âme pour qu’il tue des femmes. Parce qu’elle a elle-même souffert de l’amour qu’elle a pu ressentir pour un homme – le père d’Asphodel – qui l’a abandonnée – je présume. Ce personnage est l’archétype de la femme vengeresse qui, au lieu de se tourner contre celui qui lui a fait du mal ou contre ceux qui continuent à faire du mal, se tourne vers les femmes pour les punir d’un méfait qu’elles n’ont pas encore commis. Parce qu’elles sont belles, attirantes, intelligentes, elles seront tuées par Asphodel.

Des oeillets pour Antigone de Charlotte Bousquet #plib2021

Classé dans : Avis littéraires — 27 octobre, 2020 @ 4:59

Genre : Historique, FantasyDes oeillets pour Antigone

Editeur : Scrineo

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 352

Synopsis : 1991, France. En triant les affaires de sa sœur disparue cinq ans plus tôt dans des circonstances tragiques, Luzia retrouve son vieux médaillon ainsi que son journal intime. À sa lecture, elle s’interroge : et si son suicide était lié à ce bijou et à la mort de leur tante vingt ans auparavant à Évora ?

Quand elle commence à être assaillie de cauchemars et d’hallucinations, la jeune femme se lance sur les traces de la vérité. Une quête qui la plongera dans le passé de sa famille, dans un Portugal déchiré par la dictature de Salazar…

Trois époques.
Trois femmes.
Trois destins.
Une volonté : être libre.

 

Avis : Ce livre se trouve dans ma wish-list depuis un moment ; étant présélectionné pour le plib, il en sort enfin !

Je ne sais pas trop ce à quoi je m’attendais pour ce roman. Je me souviens avoir lu le synopsis il y a longtemps et avoir accroché ; mais c’est surtout le titre qui m’a appelée ! J’adore l’Antigone d’Anouilh et Des œillets pour Antigone m’a aussi fait penser, après réflexion de mon compagnon, à Des fleurs pour Algernon, un roman que j’ai adoré ! De plus, la couverture est très belle, ce qui a achevé de me convaincre !

J’ai passé un très bon moment avec ce roman ! L’écriture est agréable, j’ai aimé suivre différentes timeline et différentes héroïnes avec elles, malgré quelques petits éléments que je n’aime pas trop dans la narration à la première personne. La narratrice principale est Luz, dont la sœur s’est suicidée il y a cinq ans (TW) – nous sommes en 1991. Malgré leur inimitié réciproque, elle décide de comprendre pourquoi Sabine en est arrivé là et quels secrets se cachent derrière le médaillon qu’elle trouve dans ses affaires. Ce livre, pour moi, n’est pas du fantastique : le doute que pouvaient avoir le lecteur et les personnages s’estompe rapidement pour laisser place à la certitude. Quand c’est le cas, l’histoire bascule dans la fantasy paranormale pour moi. Je n’en dirai pas plus, histoire de ne spoiler personne !

En plus de Luz, le lecteur suit Alma en 1971 – en point de vue interne à la troisième personne, si je ne m’abuse – et Sabine, à travers son journal, en 1986. Alma nous permet de découvrir le Portugal post-Salazar, dirigé par Caetano ; Sabine, elle, nous permet de lire ses derniers mois, d’assister à ce qui lui est arrivé. J’ai adoré le lien entre Alma et Valente, son Lusitanien ; je n’avais jamais lu de roman qui traiterait d’un amour particulier entre cavalière et cheval. Davantage qu’une monture ou un simple animal, Valente est l’ami d’Alma et j’ai adoré les scènes où le lecteur les voit ensemble ! SPOILER 1 Quant à Sabine, elle est une ado de 15 ans typique au début de son journal : elle évoque ses amis, ses amours, sa famille, ce qui la passionne, et écrit comme une ado ! Lentement, insidieusement, après un été au Portugal, sa situation change …

Autant que l’histoire et l’écriture, j’ai aimé les sujets traités dans ce roman :
- le Portugal post-Salazar et les rébellions contre l’Estado Novo. Je n’ai lu qu’un seul livre traitant du Portugal et il se concentrait sur la guerre d’indépendance de l’Angola : Le Cul de Judas d’Antonio Lobo Antunes. J’ai retrouvé des éléments au sujet de cette guerre dans ce roman, mais je ne savais pas grand-chose du Portugal et de son histoire. J’en ai donc appris un peu plus ici !
- les relations sororales. Sabine et Luz se détestent tant que c’est parfois difficile à croire. Elles n’ont jamais appris à se connaître et sont deux étrangères l’une pour l’autre. C’est la première fois que je lisais un roman où les relations entre deux sœurs sont aussi mauvaises !
- le SIDA (TW). Le roman s’ouvre, du point de vue de Luz, sur la mort de Freddie Mercury. En plus de perdre son idole, la jeune femme est assurée de perdre également un ami, même s’il suit un traitement. Je crois que je n’avais encore jamais lu de roman qui traite aussi ouvertement du SIDA, sans embellissement. Cela permet également d’aborder la question de l’homosexualité, difficilement acceptée par les proches et par la société en général.
- la corrida. Elle est, certes, au second plan, mais c’est un sujet qui enflamme Alma, qui refuse que les chevaux de son père ne soient des chevaux de corrida.
- la musique et la poésie. Elles sont présentes du début à la fin du roman grâce à des citations assez fréquentes et à l’amour des personnages pour la musique, dit de diverses manières, exprimé par leur besoin de jouer, d’écouter ou de chanter.

La fin m’a beaucoup émue. Je suis passée de l’indignation à la tristesse. SPOILER 2

 

Donc, ce roman est une belle découverte, à la limite du coup de cœur ! C’est la première fois que je lisais Charlotte Bousquet ; ce ne sera sans doute pas la dernière !

 

SPOILER 1 : Comprendre que la première scène que nous lisons est la mort de Valente est d’autant plus émouvant que nous assistons, juste après, à l’enterrement/apaisement d’Alma et des chevaux qui l’entourent.

SPOILER 2 Cet adieu n’est pas seulement celui d’Hélio, Thiago et Luz à Alma, mais c’est aussi celui de Julien à Luz. Le jeune homme sait qu’il va mourir et tient à délivrer un dernier message à son amie.

 

#ISBN9782367408361

De l’autre côté du mythe, tome 1 : Ariadné de Flora Boukri #plib2021

Classé dans : Avis littéraires — 26 octobre, 2020 @ 11:13

Genre : Fantasy, MythologieAriadné

Editeur : GulfStream

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 199

Synopsis : Maintes fois, on a raconté que, jeune et naïve, j’offris mon aide au valeureux Thêseús contre sa promesse de m’épouser, avant d’être lâchement abandonnée par mon héros. Ceux-là veulent me réduire, moi, Ariádnê, à un simple pion dans le grand échiquier des dieux de l’Olympe. Mais que savent-ils de ce qu’il s’est réellement passé ?

Je vais vous confier comment, première fille du roi de Crète, j’ai vu deux frères partir pour la Grèce et un seul revenir, détruit et humilié. Comment mon père Mínôs, fou de rage, s’est transformé en tyran, exigeant que son ennemi le roi de Grèce le dédommage de la pire manière. Comment, dans les profondeurs d’un labyrinthe monumental, a été enfermée une créature contre-nature, mi-homme, mi-bête, condamnée à une existence de prisonnière. Et comment, nous, Ariádnê, Phaídra, Pasipháê, les figures de l’ombre, nous avons joué notre rôle… ou choisi notre propre destinée.
Laissez-nous vous guider de l’autre côté du mythe.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service presse par les éditions Gulfstream : merci encore !

Dès que j’ai vu Ariadné apparaître dans la liste des présélectionnés pour le Plib, je me suis tout de suite intéressée à lui. J’adore la mythologie et les réécritures que des autrices comme Margaret Atwood (The Penelopiad) ou Madeline Miller (Circe, The Song of Achilles) ont pu écrire. J’espérais donc adorer ce roman de Flora Boukri !

Comme l’évoque l’autrice dans sa note, à la fin du roman, il est difficile de réécrire un mythe aussi connu et repris que celui de Thésée et du Minotaure. Mais, comme Margaret Atwood et Madeline Miller, Flora Boukri réussit car elle donne une voix à celle qui n’en a pas : Ariane SPOILER 1 pour ceux qui ne connaissent pas le mythe d’origine Assez effacée dans le mythe d’origine, la jeune femme se trouve au centre de ce roman et de son histoire. Elle est la narratrice du premier chant, elle est celle sur qui se concentrent les narrateurs des deuxième et dernier chants, elle est au cœur des intermèdes de Dionysos. Mystérieuse, libre, elle est celle qui n’a pas de destin. Elle-même, les autres personnages et le lecteur ne comprennent pas bien pourquoi – jusqu’à la fin, où tout nous est expliqué. J’ai adoré me trouver à nouveau au milieu des dieux et de personnages mythologiques, pour certains toujours aussi détestables, pour d’autres différents de ce que j’imaginais. J’ai adoré découvrir la Crète à travers les yeux des personnages : les descriptions des décors ont fait vivre les lieux pour moi et je les arpentais avec Ariane et les autres. J’ai adoré l’originalité de la réécriture, qui n’a vraiment pris forme qu’au dernier chant pour moi – avant cela, je ne savais pas où l’autrice allait nous mener.

Ce livre est presque un coup de cœur grâce au dernier chant et à la fin du roman. J’ai été surprise, émue et j’ai ADORE la voie qu’avait choisie l’autrice. SPOILER 2

Enfin, j’ai aimé l’écriture que j’ai trouvé simple sans l’être trop. J’ai apprécié que l’autrice utilise des mots spécifiques qui correspondent à l’époque et au mythe et qu’elle mette un glossaire à la fin de son roman pour rappeler/expliquer ce que signifient ces termes. Ils permettent une immersion plus grande encore dans l’univers antique crétois.

Mention spéciale à l’édition elle-même : la couverture et l’intérieur du livre sont très beaux !

 

Donc, un très bon roman que je recommande à tous les fans de mythologie et à ceux qui veulent lire une belle histoire ! J’ai hâte de découvrir le tome 2 !

 

SPOILER 1 l’abandonnée, Ariane l’amoureuse, celle qui est délaissée sur une île et qui meurt de chagrin ou est sauvée par Dionysos qui en fait sa reine.

SPOILER 2 Enfin, le Minotaure n’est plus un monstre, mais un être incompris coincé dans un labyrinthe sous Cnossos. Enfin, Pasiphaé n’est pas simplement la femme passive de Minos envoûtée par Poséidon. Enfin, Ariane n’est plus une pauvre abandonnée, une femme éperdue d’amour, mais une femme libre qui choisit son destin. Et l’émotion ressentie à la découverte d’Asterion dans sa cage, les retrouvailles avec Ariane, la compréhension qu’elle ne peut rien faire pour son frère et sa mère … j’avais les larmes aux yeux en lisant.

 

#ISBN9782354888145

En la forêt de triste amertume de Céline Rosenheim

Classé dans : Avis littéraires — 24 octobre, 2020 @ 12:38

Genre : Fantasy, HistoriqueEn la forêt de triste amertume

Editeur : Editions du Petit Caveau

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 147

Synopsis : Le roi de France a sombré dans la folie. Les princes du sang se déchirent pour s’emparer du pouvoir tandis que la reine tente d’oublier cette nuit où elle a failli mourir, étranglée par son époux. Le duc d’Orléans assiste impuissant à la montée des tensions entre la Champagne et la Bourgogne, alors même qu’une attaque de l’empire aléman semble imminente.

Dans l’ombre, la duchesse s’inquiète de son propre sort, comme de celui du royaume. Clémentia d’Orléans souffre de crises de langueur qui la vouent au silence de sa chambre tout le jour. Et pourtant, à la nuit tombée, un nouvel élan l’anime, celui du sang. La duchesse pourra-t-elle guérir de ce mal qui la fait tant souffrir ? Le chevalier Hermant lui en a fait promesse. Il ira quérir un remède dans les forêts d’Armor, là où la magie est plus vivace qu’ailleurs.

 

Avis : A nouveau un service presse, cette fois chez les éditions du Petit Caveau ! Merci encore !

Ce court roman raconte l’histoire de Clémentia, duchesse d’Orléans, atteinte d’une étrange affliction. Pendant qu’elle va de crise en regain, le royaume de France est en danger : le roi étant incapable de gouverner, les hommes de pouvoir se déchirent pour savoir qui règnera à sa place, le temps qu’il recouvre la santé, tout en oubliant l’empereur d’Alémanie.

J’ai rapidement été séduite par l’écriture de l’autrice : belle, fluide, et l’on sent l’influence médiévale dans les tournures de phrases et certains mots employés. J’ai également adoré le contexte historique et l’ambiance qu’il apporte. Derrière l’intrigue, le lecteur peut sentir l’inspiration médiévale à nouveau. On retrouve les grandes traditions du genre : la belle dame affligée d’un mal mystérieux, le chevalier prêt à tout pour l’aider, la romance, les mystères de Bretagne …

Pour autant, je n’ai pas su entrer dans ce livre et je ne parviens pas vraiment à déterminer pourquoi. Peut-être parce que je n’ai pas toujours compris où allait le récit : pourquoi nous montrer le point de vue de l’empereur, celui de la reine de France si l’histoire s’achève tout de même avec Clémentia ? Pourquoi ne pas simplement se concentrer sur elle ? Pourquoi multiplier les intrigues secondaires au lieu d’en donner davantage au lecteur sur l’histoire de la duchesse et du chevalier ? De plus, le côté fantasy est très dilué SPOILER 1 même si j’ai apprécié les passages du chevalier en Armor ! Enfin, la fin est assez nébuleuse, ce que j’ai beaucoup apprécié ; mais aucune réponse n’est donnée SPOILER 2

 

Donc, un court roman qui ravira les lecteurs qui aiment la littérature médiévale ou inspirée par elle !

 

SPOILER 1 : Clémentia est-elle vraiment vampire ? Qu’est-elle ? Que lui arrive-t-il exactement ?

SPOILER 2 sans doute parce que les personnages ne sont plus là pour les fournir.

In Pop We Trust : la philo par les grands classiques de la culture pop ! de Marianne Chaillan

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 23 octobre, 2020 @ 6:02

Genre : Philosophie, EssaiIn Pop We Trust

Editeur : Editions des Equateurs

Année de sortie : 2020 (28 octobre)

Nombre de pages : 252

Synopsis : Quel est le point commun entre Joker, Friends, Breaking Bad ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que La Casa de Papel. Or, n’est-il pas possible d’aimer l’un comme l’autre ? Et opposer les deux, n’est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

L’Anneau de Tolkien nous rappelle celui du berger Gygès dont parle Platon et nous interroge sur la nature humaine. Orange is the New Black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d’Aristote. L’histoire d’amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

In Pop We Trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu’un manifeste du gai savoir.

De Harry Potter à l’école de la philosophie à Pensez-vous vraiment ce que vous croyez penser ?, en passant par ses ouvrages consacrés à Disney et Game of Thrones, Marianne Chaillan nous apprend à philosopher dans la joie.

 

Avis : Dès que j’ai appris l’existence de ce livre, j’ai demandé un service presse aux Editions des Equateurs, que je remercie encore ! Depuis Ainsi philosophait Amélie Nothomb, je ne rate aucune sortie de Marianne Chaillan !

Comme les livres précédents que j’ai lus de l’autrice, sans grande surprise, j’ai adoré In Pop We Trust !

Le lecteur se voit proposer un petit voyage au pays des philosophes à travers l’analyse de plusieurs séries et films emblématiques de la culture pop, films et séries qu’il/elle a adorés, que ce soit des œuvres déjà traitées dans des livres précédents, comme Harry Potter et Game of Thrones, ou des petits nouveaux, comme Jurassic Park ou La Casa de Papel ! L’association peut paraître incongrue au premier abord – que peuvent bien nous apprendre ces divertissements considérés comme étant de la « sous-culture » par certains ? – ; elle est pourtant enrichissante de deux manières. D’abord, elle apporte un nouvel éclairage sur l’œuvre abordée : je n’avais jamais pensé à La Casa de Papel ou à Indiana Jones de cette façon ! Ensuite, elle permet aux lecteurs de renouer avec ou de découvrir des concepts et des notions philosophiques qui enrichissent à leur tour sa réflexion, que ce soit sur les séries/films évoqués, sur d’autres œuvres ou simplement pour le plaisir de la réflexion en elle-même !

Comme dans ses ouvrages antérieurs, Marianne Chaillan explique clairement tout en ne prenant pas le lecteur pour un imbécile. Elle lui tient la main pour le guider, mais n’emploie jamais un ton maternaliste. Les exemples, précis et « racontés » avant d’en venir à l’explication philosophiques, vont, en revanche, spoiler ceux qui n’ont pas vu les séries/films analysés ; pour autant, je ne le regrette pas car l’autrice m’a donné envie de regarder La Casa de Papel alors que ce n’était pas le cas avant de lire son livre ! Elle m’a également donné envie de lire/relire certaines œuvres, soit issues de la culture pop comme Hunger Games ou Jurassic Park, soit philosophiques, comme La République ou Le Gai Savoir !

Enfin, j’ai adoré le message de cette non-fiction, message très clairement explicité dans la préface : cesser de mépriser la culture populaire et de croire qu’elle n’a rien à nous apprendre. Cesser d’être élitiste, en somme, et de prôner le retour aux classiques en insultant la culture pop qui serait, comme je l’ai mentionné plus haut, une « sous-culture ». Cesser de faire une distinction entre la « vraie » culture et « l’autre », celle qui ne doit pas être considérée ou étudiée parce qu’elle n’en est pas digne. Cela me rappelle la distinction entre la « vraie » littérature et « l’autre ». Existe-t-il donc des « faux » livres ? Mince, je n’ai jamais fait attention, quel dommage !
Pour autant, l’autrice rappelle qu’il ne faut pas tomber dans un autre travers, qui s’oppose à celui-ci : mépriser les classiques. « Appliquez-vous à garder, en tout chose, le juste milieu. » Suivons donc le conseil de Confucius : lisons Phèdre tout en regardant Netflix ! Pourquoi se priver de l’un ou l’autre quand nous pouvons apprécier les deux ?

 

Donc, un excellent essai qui m’a donné envie de me replonger dans mes classiques pop !

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