Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Relecture'

Wit’ch Fire de James Clemens

Posté : 19 septembre, 2020 @ 3:48 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy

Editeur : Del Rey Wit'ch Fire

Année de sortie : 2002 [1998]

Nombre de pages : 374

Titre en français : Les Bannis et les Proscrits, tome 1 : Le Feu de la Sor’cière

Synopsis : From a brilliant new voice in fantasy comes a band of heroes, a world in peril, and an unforgettable heroine whose unexpected gift of magic awakens an ancient, slumbering evil.

On a fateful night five centuries ago, three made a desperate last stand, sacrificing everything to preserve the only hope of goodness in the beautiful, doomed land of Alasea. Now, on the anniversary of that ominous night, a girl-child ripens into the heritage of lost power. But before she can even comprehend her terrible new gift, the Dark Lord dispatches his winged monsters to capture her and bring him the embryonic magic she embodies.

Fleeing the minions of darkness, Elena is swept toward certain doom-and into the company of unexpected allies. Aided by a one-armed warrior and a strange seer, she forms a band of the hunted and the cursed, the outcasts and the outlaws, to battle the unstoppable forces of evil and rescue a once-glorious empire…

 

Avis : Cette relecture, je l’attendais et, en même temps, elle me faisait très peur !

J’ai lu ce livre pour la première fois il y a 8 ans. Je n’avais pas lu énormément de Fantasy, j’étais assez jeune et j’ai adoré ce premier tome – et même la série complète, que j’ai dévorée en un mois ! Donc, quand j’ai commencé cette relecture, j’avais peur de ne pas autant aimer, alors que cette série représente beaucoup pour moi !

Heureusement pour moi, j’ai autant aimé que la première fois !

Je vais commencer par le seul « défaut » : c’est un livre lent, en tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti. Tout se construit doucement pour arriver à la fin. Mais, si je suis honnête, ce n’est pas vraiment un défaut : j’étais juste impatiente parce que je savais où allait le livre et que je voulais déjà arriver au début du vrai voyage !!

La meilleure partie de cette relecture, c’était de retrouver les personnages et les décors comme je les voyais la première fois. C’était comme de retrouver des amis et des endroits familiers : génial !! Quand le lecteur arrive dans le verger, je n’ai pas eu d’effort à faire pour imaginer de nouveau à quoi il pouvait ressembler, avec les arbres, la vallée, Elena et Joach : l’image est revenue d’elle-même, toute formée. Même chose pour les forêts, le village, les routes et tout le reste !!

Donc, retrouver les personnages était un régal. Je les adore pratiquement tous, sauf un : Mogweed, que je déteste de toute mon âme. Vraiment, lui, je ne peux pas. SPOILER 1 Mes personnages préférés sont sans doute Nee’lahn et Kral. Ils m’émeuvent tout particulièrement. Elle est petite et veut passer inaperçue, se fondre dans le décor, devenir invisible quand elle est entourée d’autres personnes. Mais quand elle a quelque chose à dire à ses amis, elle n’hésite pas. Elle est féroce, courageuse et SPOILER 2 Kral est l’opposé de Nee’lahn : mâle, un homme des montagnes, imposant et assertif. Mais il est également touchant. SPOILER 3 Mais, comme elle, Kral est courageux et ne recule pas devant un combat pour protéger ses proches.
J’aime également beaucoup les autres personnages : Tol’chuk me touche particulièrement, il est très proche de Kral dans mon coeur et je suis surprise par l’amour que j’ai ressenti pour lui à la première lecture parce que je n’avais jamais rencontré un SPOILER 4 comme lui et je n’en avais jamais aimé ; Fardale … comment pourrais-je ne pas l’aimer ? Je veux dire SPOILER 5 ; Elena, bien sûr, même si elle n’est pas mon personnage préféré, sans doute parce qu’elle est encore une enfant(e) (petite pensée aux Chroniques du Pays des Mères !) ici et qu’elle ne fait rien de sa propre initiative, qu’elle a besoin des autres – ce qui est normal, ce n’est pas une critique, c’est simplement qu’on ne peut pas encore bien voir sa personnalité sous la peur qu’elle ressent constamment dans ce premier tome  – et donc qu’elle n’est jamais vraiment au premier plan, même si elle est tout de même le centre du roman – je ne sais pas si je suis très claire ici ! Elle l’est parfois SPOILER 6 Quant à Er’ril … je ne me souvenais pas qu’il était si sexiste !! Mais il l’est, indéniablement. Sans doute à cause de la façon dont la magie fonctionnait à son époque : SPOILER 7 Je l’aime pourtant beaucoup : pour son désespoir, sa perte d’espoir et son affection grandissante SPOILER 8 Je ne suis ni très claire ni très cohérente, je les aime tous !
Et c’est aussi un autre aspect que j’adore dans cette série : sa diversité et son originalité. Le lecteur ne suit pas des personnages ordinaires – même si Er’ril est un peu stéréotypé parfois. Ils viennent tous de cultures différentes, de peuples différents et ils ont parfois quelque chose de spécial, comme c’est le cas pour Er’ril et Tol’chuk par exemple !

J’avais presque oublié l’existence de récits enchâssés dans cette série : c’est aussi un des aspects que j’aime beaucoup ! Un narrateur nous raconte toute l’histoire : il intervient au début et à la fin, mais le lecteur tend à oublier son existence au cours du roman, puisqu’il n’interrompt pas le récit et ne fait aucun commentaire. Il pousse le lecteur à lire la suite, à la fin du tome, grâce à des phrases comme « je n’ai plus d’encre et plus de courage pour poursuivre cette nuit » ! Merci, je vais chercher le tome 2 du coup !!

Ce livre a été le premier que j’ai lu dans lequel j’ai rencontré des créatures terrifiantes et assisté à des scènes particulièrement affreuses : skaltum, gore, sang, monstres, ténèbres, VERS. Pourquoi les auteurs mettent-ils des vers comme ça dans leurs romans ? Qu’est-ce qu’ils ont de si spécial ? Je ne comprends pas !
J’aime toujours autant l’univers et j’ai envie d’en savoir plus, d’en re-découvrir plus !! J’ai oublié certains éléments et certains détails, ce sera un vrai plaisir de les lire comme si c’était la première fois !

Je ne me souvenais pas de la fin mais elle m’est revenue en la lisant ! SPOILER 9

 

Donc, c’était une excellente relecture, à la fois grâce à la nostalgie que j’ai ressentie, mais aussi parce que je trouve vraiment que ce livre est bon ! J’ai hâte de poursuivre avec le tome 2 !

 

SPOILER 1 Ce n’est pas parce qu’il est mauvais – par exemple, j’apprécie Rockingham, je trouve son histoire intéressante, touchante quand on apprend enfin ce qui lui est arrivé. Mais Mogweed … Un lâche doublé d’un égoïste. Il ne peut pas penser aux autres, il ne pense qu’à lui-même, sa vie, sa sécurité. Aucun sens de l’honneur, de l’amitié ou de la famille : il est prêt à sacrifier son propre frère jumeau pour obtenir ce qu’il veut. A vomir. C’est non.

SPOILER 2 son lien avec la forêt est si beau et la transforme en une autre personne. J’aime qu’elle soit une nyphai et qu’elle déteste que les gens l’appellent « nymphe ». J’ai aimé la première scène, quand elle chante et découvre Er’ril. Qu’est-ce que je donnerais pour pouvoir être présente et l’écouter !

SPOILER 3 J’ai été très émue par la scène où il pense avoir menti : il ne peut pas se débarrasser de la honte qu’il ressent !

SPOILER 4 o’gre

SPOILER 5 c’est un loup, il est courageux, prêt à protéger un homme qu’il « devrait » détester, Mogweed, prêt à tuer et à mourir pour lui. Il supporte son jumeau : respect éternel !!

SPOILER 6 quand nous sommes dans sa tête et/ou qu’elle utilise ses pouvoirs. Elle est impressionnante et le lecteur ne peut s’empêcher d’avoir hâte qu’elle grandisse, qu’elle devienne une femme adulte, la Sor’cière et qu’elle laisse l’enfant derrière elle. Mais peut-on attendre d’elle qu’elle grandisse aussi vite alors qu’elle est si jeune dans ce premier tome ?

SPOILER 7 elle était réservée aux hommes. Les femmes ne pouvaient pas être choisies par Chi. J’ai aaaaaaaaaaaaaaaaaaadoré l’explication de Bol sur le fait qu’il n’y ait qu’une seule sor’cière alors qu’il y avait plusieurs détenteurs de Chi. J’aime la façon dont Bol voit les femmes et les hommes comme des égaux, quand Er’ril, lui, est persuadé que les hommes/Chi sont plus forts et que, donc, la magie de la sor’cière est plus faible.

SPOILER 8 pour Elena. Après le premier choc et l’horreur, il veut la protéger. Il devient son Gardien et cela m’a émue à nouveau ! Les scènes où il la prend dans ses bras pour qu’elle se concentre, la scène lors de laquelle il la voit vraiment, les scènes dans lesquelles le lecteur découvre son désespoir à cause de ce qu’il a fait des siècles plus tôt, le fait qu’il soit toujours hanté par le garçon qu’il a tué, le fait qu’il soit pardonné, le fait qu’il soit handicapé – je n’avais jamais lu un roman Fantasy avec un personnage handicapé !

SPOILER 9 Bien sûr, si Greshym est vivant, Shorkan l’est aussi ! Mais je ne me souviens pas de la confrontation des deux frères …

Relecture : Anna Karénine de Léon Tolstoï

Posté : 22 novembre, 2019 @ 6:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : Classique Anna Karénine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [1877]

Nombre de pages : 985

Synopsis : Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.

Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.

Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.

Vladimir Nabokov

 

Avis : Il y a tant à dire sur ce livre … je pourrais en parler et l’analyser pendant des heures. Je vais me contenter de donner « brièvement » mon avis.

Cette relecture fut un peu compliqué : tout d’abord, je ne me souvenais pas, ou je n’avais pas fait attention, à l’époque, à la misogynie de tous les personnages masculins, et de la société en général. Cela m’a empêché d’aimer pleinement certains d’entre eux, que j’avais adoré lors de la première lecture, comme Stepan ou Lévine. Ensuite, j’ai proposé Anna Karénine comme première lecture pour le club que j’ai monté avec plusieurs abonnées et amies : je ne me suis pas rendu compte, naïvement, que le roman n’allait pas plaire à tout le monde, et qu’Anna pouvait être vue différemment de la façon dont je la vois personnellement. Anna et ce roman font partie de moi, de mon cœur, de mon âme, et de ma formation de lectrice ; le partager n’était pas la meilleure idée, parce que c’était comme d’offrir cette part de moi à d’autres, que je ne connais pas très bien, et qui ne me connaissent pas non plus. Mais je ne regrette pas : j’ai potentiellement motivé de nouvelles lectrices à découvrir ce chef-d’œuvre !

En fin de compte, après cette relecture, et malgré quelques défauts plus visibles cette fois, j’aime toujours autant ce livre : il fait toujours partie de mes favoris, il a toujours une place très spéciale pour moi, notamment parce que je me sens souvent extrêmement proche d’Anna, ce qui est parfois particulièrement douloureux à la lecture. Se voir décrite, comprendre des choses sur soi en lisant les mots d’un auteur russe des années 1870, c’est bouleversant, et parfois très gênant. Pendant cette relecture, je me suis aussi rendu compte que j’étais très proche de Lévine : une sorte de mélange entre les personnages qui m’apparaissent comme étant les principaux de ce roman. En effet, les vies d’Anna et de Lévine me semblent être les plus suivies ; le narrateur se penche parfois sur d’autres personnages, comme Kitty, Vronski, ou Karénine, mais il ne le fait pas systématiquement ; c’est, au contraire, souvent pour nous ramener à ces deux personnages. En revanche, relecture ou non, je suis toujours aussi choquée par la capacité de Tolstoï à décrire le cœur humain : comme je l’ai dit, se retrouver ainsi entre les pages, se comprendre, c’est une expérience très particulière ! Toujours aussi choquée aussi par sa capacité à créer des êtres complexes : j’ai l’impression que ces personnages sont réels, existent réellement quelque part, que toute cette histoire est arrivée ! Tous sont différents, aucun ne se ressemble : ils sont uniques !

Cette fois, à la relecture, étant plus âgée et plus mature, j’ai compris tout un tas de choses par rapport à la première lecture : [POTENTIEL SPOILER POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS DU TOUT L'HISTOIRE] étrangement, la première fois, j’ai cru que c’était la relation d’Anna qui choquait la société, qu’elle était repoussée à cause de sa relation charnelle avec Vronski. Mais pas du tout. Si Anna est repoussée, ce n’est pas parce qu’elle a des relations sexuelles avec un autre homme que son mari, c’est bien parce qu’elle aime un autre homme, et ce passionnément. [FIN DU SPOILER POTENTIEL] Cette hypocrisie m’a profondément dégoûtée et n’a fait qu’accroître mon amour pour Anna, coincée dans une situation intenable. [SPOILER] Comme j’avais déjà lu ce roman, je ne m’attendais pas à m’effondrer comme je l’ai fait en lisant la fin de la septième partie. C’était dévastateur ! Tant de souffrances, pour aboutir à un tel gâchis … [FIN DU SPOILER] 

Je me suis aussi rendu compte, à la lecture, des parallèles faits entre les deux couples mis en avant dans le roman : quand l’un est dépravé, voué à l’échec et stigmatisé, l’autre est porté aux nues, pur, innocent, magnifique. On peut même y voir une sorte de trinité : [SPOILER] Anna/Vronski, l’amour passion ; Kitty/Lévine, l’amour pur et domestique, parfait ; Stepan/Dolly, l’amour fané. Anna est passionnément amoureuse de Vronski, ce qui crée entre eux une relation tumultueuse et sauvage ; Kitty est innocente et pure quand elle arrive entre les bras de son mari, qui se permet des remarques TELLEMENT misogynes, mais c’est tout à fait normal, l’homme doit être maître chez lui, n’est-ce pas ? – HAHA – ; Dolly reste par habitude, parce qu’elle n’a pas la volonté de divorcer, parce qu’elle éprouve parfois, encore une forme de tendresse pour son mari. Elle est, en quelque sorte, une image d’Anna si elle était restée avec son mari ; mais pas tout à fait, tant elles sont différentes. [FIN DU SPOILER]

Enfin, à la relecture, j’ai moins apprécié certaines parties à la campagne : Lévine avait moins d’attraits parce que j’avais perçu ses défauts – certains nous sont communs d’ailleurs ! Et j’ai eu du mal avec la huitième partie : elle ne montre pas assez l’impact du dernier événement sur les personnages. J’aurais aimé voir ses conséquences, connaître leurs pensées à tous, leurs réactions ; c’est dommage ! [SPOILER] En revanche, contrairement à la première lecture, j’ai compris que Vronski partait pour mourir ou, en tout cas, que cela semble être son intention ! [FIN DU SPOILER]

Petit bonus : mes scènes préférées : le moment où Anna lit dans le train, [SPOILER] les retrouvailles avec Serge [FIN DU SPOILER], le bal où Anna rencontre Vronski, le dernier paragraphe de la septième partie. Les scènes que j’ai le moins appréciées : les élections, la fin, les scènes de chasse.

 

Donc, toujours conquise, à jamais proche d’Anna.

L’Ecume des jours de Boris Vian

Posté : 29 septembre, 2019 @ 6:47 dans Avis littéraires, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineL'écume des jours

Éditeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013 [1947]

Nombre de pages : 335

Synopsis : Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant.

Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre-culte depuis plus de soixante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir.

Seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains …

 

Avis : J’ai lu ce livre pour la première fois au lycée, l’année du bac ; il y a donc un peu plus de six ans !

Honnêtement, je me souvenais simplement que c’était bien écrit et poétique d’une façon assez étrange, et que je n’avais jamais lu un livre de ce genre ! En effet, on pourrait classer L’Ecume des jours dans le réalisme magique, branche de la Fantasy que je ne connaissais pas du tout à l’époque – et dont je ne suis pas du tout une experte aujourd’hui !

J’ai beaucoup aimé cette relecture ! J’ai vraiment été touchée par ce qui arrivait aux personnages et, surtout, par la façon dont Boris Vian décrit et fait ressentir les choses. C’est une histoire étrange, qui vire vers l’absurde, notamment avec des scènes si aberrantes qu’elles en deviennent presque comiques ! On peut également y voir une critique acerbe de notre société : les gens sont jetables, certains sont prêts à dépenser tout leur argent pour des idées qui ne les réchauffent pas le soir sous la couette, et qui poussent leurs proches au désespoir. Si le début peut paraître léger, drôle parfois, on vire rapidement vers le tragique, le rire jaune, la chute totale. L’humour de l’œuvre – qui m’a vraiment fait rire à certains moments – est compensée par des moments de plus en plus noirs. [SPOILER] La fin est affreuse : personne ne trouve son bonheur. Plusieurs sont morts, et seul Colin reste, et encore ! La dernière scène laisse entendre que les derniers personnages toujours en piste veulent mettre fin à leurs jours ! [FIN DU SPOILER] Enfin, j’ai aimé les jeux de mots, les néologismes, et les inventions étranges qui parcourent l’œuvre !

L’Ecume des jours, c’est aussi une histoire d’amour ; ou plutôt, deux histoires d’amour. Depuis le temps que je vous dis que ce n’est pas mon style … et pourtant, je ne cesse de vous parler d’histoires d’amour que j’ai adorées. Il faudrait que je précise : je n’aime que certains types d’histoires d’amour bien précis. Celui qui se trouve dans ce livre en fait partie. Colin et Chloé s’aiment éperdument, et la déchéance de ce couple m’a fait mal au cœur. La maladie vient faire irruption dans leur vie : symboliquement, on ne sait pas véritablement à quoi elle correspond, mais elle pourrit la vie des personnages. Le désespoir s’installe peu à peu, et le lecteur finit par douter : Chloé va-t-elle survivre ? Quant à l’histoire entre Alise et Chick, elle est elle aussi en danger, à cause d’un autre type de « maladie ». [SPOILER] En effet, la passion de Chick est plus qu’une passion : c’est une obsession. Elle devient de plus en plus envahissante, jusqu’à le consumer complètement. Il en oublie Alise, ses amis, tout le reste. L’argent n’est qu’un moyen pour lui d’acquérir plus d’objets liés à Jean-Sol Partre, et non d’améliorer sa vie. [FIN DU SPOILER]

Bémol : peut-être le fait qu’on se concentre exclusivement sur le point de vue masculin ? Certes, Alise est férue de Jean-Sol Partre, mais, au fil du roman, le lecteur a plutôt l’impression que c’est un léger intérêt, pas du tout une passion dévorante comme celle de Chick. Chloé, même si elle est très attachante, n’est pas un personnage très développé : elle est importante pour l’amour que Colin lui porte. Le roman reste focalisé sur lui, et sur la déchéance des personnages masculins. 

 

Donc, un très beau roman, qui se place sans doute parmi ceux qui m’ont le plus marquée.

 

Relectures #1

Posté : 29 mai, 2017 @ 12:50 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Relecture | 2 commentaires »

Coucou à tous !!

 

D’ordinaire, je ne suis pas une grande fan de relectures, mais, ces derniers jours, je ne fais que relire ! Et je me rends compte que ça fait du bien : souvent, les livres que l’on relit sont des livres que nous avons aimés, et même adorés. Je me dis qu’il faudrait vraiment que je relise plus souvent, donc je me suis fait une petite liste, que je vous donne à la fin de l’article ! Et, j’ai décidé de leur dédier un petit article pour (tenter de) leur faire honneur !

Ce mois-ci, j’ai relu quatre livres, mais je ne vais parler que de trois d’entre eux : Les Miscellanées de Mr. Schott de Ben Schott, Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott de Ben Schott et Othello de William Shakespeare. 

 

Commençons par le premier :

Genre : Dictionnaire Les miscellanées de Mr Schott

Editeur : Allia

Année de sortie : 2014 

Nombre de pages : 154

Synopsis : Impossibles à lire d’une traite mais impossibles à refermer, Les Miscellanées de Mr. Schott sont une collection unique de petits riens* essentiels.

Quel autre livre peut s’enorgueillir d’un index où se côtoient l’Enfer de Dante et l’entretien du linge ; le caviar et les ° Celsius ; le concours de l’Eurovision et la fauconnerie ; π, Pimpanicaille et les plaies d’Egypte ?

Où trouveriez-vous ailleurs, en ouvrant une seule page, le nom des scores de golf, l’échelle de piquant des piments, l’histoire de l’impôt britannique sur les chapeaux, les longueurs de lacets et le drapeau de la Guadeloupe ?

Ou, sinon dans les Miscellanées de Mr. Schott, pourriez-vous trouver des informations sûres concernant le chat de John Lennon, le fournisseur officiel de cornemuses d’Elisabeth II, les travaux d’Hercule, ou encore les méthodes des homicides élucidés par Miss Marple ?

Les Miscellanées de Mr. Schott sont un livre comme il n’en existe aucun autre : divertissant, imprévisible, et pour tout dire indispensable.

*RIEN : pron. indéf., n. m. & adv.Etym. du latin rem, accusatif de res « chose ».

UN RIEN : une chose sans importance, insignifiante, futile. - Syn. amusette, bagatelle, baliverne, bricole, broutille, détail, pointille, tête d’épingle, vétille.

 

Avis : Honnêtement, je ne pensais pas relire ce livre, je voulais simplement le feuilleter. J’avais adoré ma première lecture, j’avais adoré apprendre tout un tas de choses très diverses. Tout ne m’avait pas intéressé, mais j’avais tout de même lu chaque article. Et finalement, après avoir relu quelques articles, je me suis dit que j’allais noter tous les articles qui m’intéressaient, qui pouvaient m’être utiles, voire, indispensables, maintenant que ces informations sont à portée de main. J’ai passé, à nouveau, un excellent moment, et je voulais partager mes articles préférés avec vous, soit parce qu’ils sont insolites, soit parce qu’ils sont très intéressants :

  • les arcanes majeurs du Tarot -  j’ai toujours été fascinée par ces cartes qui semblent prédire l’avenir.
  • les sept collines de Rome – je n’arrive jamais à toutes les retenir !
  • les pierres de naissance – j’aime me dire que notre vie est parfois influencée par des choses que l’on ne contrôle pas du tout.
  • « Swift et la vieillesse » – ces articles m’ont fait rire : il semble décrire la plupart des personnes âgées, et je me suis dit qu’il serait intelligent de suivre ces règles une fois arrivée au seuil de la vieillesse (ou pas !)
  • les divinités de diverses cultures – j’adore la mythologie !
  • l’histoire du Père Noël et de Coca-Cola – on en parle beaucoup, mais on ne connaît pas forcément la vraie histoire !
  • les différents styles artistiques – je n’arrive pas à les retenir, et que je trouve fascinante l’évolution de l’art.
  • les cercles de l’Enfer de Dante – un bon petit rappel !
  • la psyché selon Freud – ou la troisième chute de l’homme, qui ne contrôle pas même son « moi » !
  • les planètes du système solaire – gravité, dimension, satellites, anneaux.
  • les neuf Muses – que je connais aussi, mais, encore une fois, j’adore la mythologie !
  • les paradoxes d’Oscar Wilde – ou comment critiquer l’homme et la société et les faire rire tous deux en même temps !

Bien sûr, ce n’est ici qu’un échantillon de ce que vous pouvez trouver dans ce livre. De nombreux types d’articles sont présents : scientifiques, historiques, littéraires, culinaires, inclassables. Mes préférés ne seront peut-être pas les vôtres ! En tout cas, j’espère vous avoir donné envie de le feuilleter (puis d’être tellement absorbés que vous finissez par le lire !)

 

Le suivant est du même type, et du même auteur :

Genre : DictionnaireLes Miscellanées culinaires

Editeur : Allia

Année de sortie : 2007 

Nombre de pages : 154

Synopsis : Quelque part entre un livre de recettes, une carte des vins, un guide des manières de table et une histoire de l’alimentation, il y a Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott.

Aucun autre guide gastronomique ne vous dira quel est le goût d’une punaise d’eau géante, comment Hemingway composait ses Martini, pourquoi les asperges parfument votre urine, et quelle est la manière la plus sensée de commander du pop-corn au cinéma.

Dans quel autre livre de cuisine apprendrez-vous à troquer des fèves de cacao avec les indiens Nahuas, à lire dans les feuilles de thé, à faire des ronds de fumée, à porter un toast en finnois, à cuisiner un Œuf Monstre ?

Où, sinon dans Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott, pourriez-vous découvrir ce que George Orwell pensait de la nourriture en conserve, pourquoi Zeus dormait sur un lit de safran, combien il existe de couleurs de Smarties, et quels sont les arcanes de la cérémonie japonaise du thé ?

Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott donneront autant de nourriture à votre esprit que d’esprit à votre nourriture – que vous soyez un glouton, un goinfre, un goulu, un gourmand, un gourmet, un gastronome ou un gastrolâtre [voir pages 16 et 103].  

 

Avis : Cette fois, je ne me suis pas illusionnée en me disant que je n’allais faire que le feuilleter : j’ai directement pris mon carnet pour noter les articles que je préfère, ou ceux qui peuvent m’être utiles. Encore une fois, j’ai adoré : diversité, apprentissage, rires. Cette fois, j’ai aussi ressenti du dégoût parfois, par exemple pour l’article sur le fait de manger du cheval. Je n’en mange pas, je considère que cet animal est censé être libre, et n’a rien à faire dans une assiette. J’ai aussi, à nouveau, réfléchi sur le régime végétarien : j’ai réduit ma consommation de viande, mais je ne me sens pas encore d’arrêter complètement. Encore une fois, un petit échantillon de mes articles préférés !  

  • des citations sur le petit-déjeuner – il est toujours agréable de lire les réflexions de grands noms sur des éléments du quotidien.
  • les réflexions de Samuel Johnson sur la cuisine et la boisson – encore de la réflexion, et des rires parfois !
  • dîner seul – une citation de Thomas Walker.
  • « Quelques pommes remarquables » – mythes, contes, anecdotes.
  • la symbolique du gâteau de mariage – je ne connaissais pas du tout cette symbolique, et j’ai trouvé intéressant de la connaître.
  • la manœuvre de Heimlich – qui peut sauver des vies !
  • l’ail – sa symbolique, les superstitions autour de lui.
  • la cérémonie du thé au Japon – tellement fascinant !
  • le suicide de Vatel – je n’en revenais pas en lisant la première fois, et je n’en reviens toujours pas maintenant !
  • les fruits et légumes de saison – parce que je ne sais jamais quand manger quoi.
  • grossesse et alimentation – important à savoir quand même !
  • les antidotes contre la gueule de bois – j’ai ri !
  • des végétariens célèbres – intéressant à savoir !
  • les régimes végétariens – je me dis que certains sont impossibles !
  • le sel – comme pour les pommes et l’ail !

Encore une fois, peut-être que mes préférés ne seront pas les vôtres ! Certains articles sont aussi sur les vins, donnent des recettes, des mesures, sont historiques ou scientifiques. Petite remarque : ce livre risque de vous donner faim !! J’espère, encore une fois, vous avoir donné envie de le lire !

 

Enfin, dernière relecture de ce mois, fini juste avant l’écriture de cet article – c’est d’ailleurs ce livre qui m’a poussé à le rédiger – : Othello !

Genre : Classique, ThéâtreOthello

Editeur : Bloomsbury (Arden Shakespeare)

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : (réel) 217

Synopsis : The Arden Shakespeare is the established scholarly edition of Shakespeare’s plays. Now in its third series, Arden offers the best in contemporary scholarship. Each volume guides you to a deeper understanding and appreciation of Shakespeare’s work.

This edition of Othello provides:

  • A clear  and authoritative text, edited to the highest standards of scholarship,
  • Detailed notes and commentary on the same page as the text,
  • A full, illustrated introduction to the play’s historical, cultural and performance contexts,
  • An in-depth survey of critical approches to the play,
  • A full index to the introduction and notes,
  • A select bibliography of references and further reading.

With a wealth of helpful and incisive commentary, The Arden Shakespeare is the finest edition of Shakespeare you can find.

 

Avis : J’ai dû acheter cette édition pour la prépa’, et je dois dire que je la trouve très bien faite ! J’ai aussi dû lire cette pièce pour la première fois pour la prépa’, et c’est sans doute pour cette raison que je ne l’ai pas apprécié au maximum dès le début. Pourtant, depuis que je l’ai lue, cette pièce est restée avec moi, et je me suis dit qu’il était temps de la relire !

Cette fois, comme pour les autres livres, j’ai noté les citations qui me touchaient le plus, et j’ai marqué les passages-indices où l’on comprend déjà comment tout finira : la (fausse) prophétie de Brabantio, certaines phrases de Iago, la prise de conscience de Desdémone, la chute d’Othello. Bien sûr, le thème principal de la pièce est connu : la jalousie. Le lecteur peut penser qu’elle ne touche qu’Othello, mais c’est faux : celui qui est le plus rongé par ce sentiment dès le début est Iago. Il faut noter, d’ailleurs, qu’il est un des meilleurs « villains » de la littérature ! On le déteste de tout notre cœur, et, même temps, on comprend comme il en est arrivé là. Iago fait subir à Othello ce qu’il a, en fait, lui-même subi, ce que je n’avais pas compris à la première lecture. Et Cassio n’est pas si sympathique que cela, cf. sa façon de narguer Iago, et sa manière de traiter Bianca.

La question du racisme est difficile à cerner : d’un côté, à l’époque, les personnes de couleur ne sont pas bien vues par la société ; mais, de l’autre, le fait que Shakespeare fasse d’Othello un héros tragique, qu’il lui donne un statut militaire et politique, qu’il montre à quel point c’est un homme bon avant la manipulation de Iago, qu’il montre à quel point il est complimenté par tous élève Othello : il est l’égal des « Blancs » de la tragédie, il n’a rien à leur envier et tout à leur apprendre.

Aussi, en étudiant la pièce, une question a été soulevée à propos de Desdémone : est-elle soumise complètement à son mari ou se défend-t-elle ? Je pense qu’elle se défend, et même, qu’elle est, en quelque sorte, influencée par ce que lui dit Emilia, qui semble avoir parfaitement compris les relations homme/femme à l’époque. La femme de Iago m’a fait penser à du féminisme avant l’heure : elle évoque la misogynie des hommes, leur façon de jeter les femmes quand ils en sont lassés, et demande pourquoi les femmes ne feraient pas la même chose. Je pense vraiment que Desdémone est consciente, avant même qu’il lui annonce véritablement, des intentions de son mari, et qu’elle tente tout pour le dissuader, excepté, justement, agir comme une débauchée – ce dont elle est accusée. Ce qui lui arrive est profondément injuste, et elle en a conscience également – tout comme la situation et la position des femmes est injuste à l’époque. De plus, concernant Emilia, sa relation avec Iago, son mari, est assez ambiguë : elle semble vouloir le défier quand elle parle à sa maîtresse, mais, en réalité, elle fait ce qu’il lui demande, comme si elle voulait lui plaire. Sa rébellion n’en est vraiment une qu’à la fin !

J’ai beaucoup plus apprécié l’écriture de Shakespeare avec cette relecture – j’ai l’impression d’avoir vraiment progressé en anglais depuis la première lecture ! Je n’ai que très peu de difficultés à comprendre, ce qui m’a permis d’apprécier la musique des mots, ou les expressions, les images utilisées par l’auteur – même quand celles-ci sont vulgaires, notamment dans la bouche de Iago. Quelques citations :

- « My story being done

    She gave me a world of signs » Othello

-  Brabantio

_ »Look to her, Moor, if thou hast eyes to see:

    She has deceived her father, and may thee.  

Othello

_My life upon her faith. »

- « Our bodies are gardens, to the which our wills are gardeners. » Iago

- [SPOILER si vous ne connaissez pas la fin de la pièce]

« I kissed thee ere I killed thee: no way but this,

Killing myself, to die upon a kiss. » Othello (avec ce magnifique chiasme des verbes kiss/kill kill/kiss !)

[FIN DU SPOILER]

Cette pièce fait réfléchir, et je la conseillerai à tous les jaloux maladifs (et même aux petits jaloux en fait) : ce livre va vous guérir de votre jalousie ! Ce sentiment fait tant de mal à tous les personnages dans cette pièce ! Et à noter que cette relecture a fait d’Othello un coup de cœur !

 

C’est tout pour les relectures de ce mois-ci !! Je vous avais parlé d’une liste ; la voici :

  • Le Liseur de Bernhard Schlink
  • Anna Karénine de Léon Tolstoï
  • Roméo & Juliet de Shakespeare
  • King Lear de Shakespeare
  • Hamlet de Shakespeare
  • A Midsummer Night’s Dream de Shakespeare
  • Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzche (je pense que je l’ai lu trop jeune, je n’ai pas tout compris !)
  • L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder
  • Un roman français de Frédéric Beigbeder
  • La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu
  • Un petit jouet mécanique de Marie Neuser
  • Jane Eyre de Charlotte Brontë
  • Wuthering Heights d’Emily Brontë
  • The Graveyard Book de Neil Gaiman
  • Harry Potter and the Deathly Hallows de J. K. Rowling
  • La saga Twilight de Stephenie Meyer (j’ai tellement aimé plus jeune, je veux voir ce que ça donne maintenant !)
  • The Host de Stephenie Meyer
  • The Book Thief de Markus Zusak

C’est déjà pas mal, et je suis sûre que j’en oublie ! Dites-moi quels livres vous voulez relire, ou ceux que vous relisez régulièrement ! 

 

A bientôt, je vous souhaite à tous de bonnes lectures !!

 

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