Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Partenariats'

De l’autre côté du mythe, tome 1 : Ariadné de Flora Boukri #plib2021

Posté : 26 octobre, 2020 @ 11:13 dans Avis littéraires, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, MythologieAriadné

Editeur : GulfStream

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 199

Synopsis : Maintes fois, on a raconté que, jeune et naïve, j’offris mon aide au valeureux Thêseús contre sa promesse de m’épouser, avant d’être lâchement abandonnée par mon héros. Ceux-là veulent me réduire, moi, Ariádnê, à un simple pion dans le grand échiquier des dieux de l’Olympe. Mais que savent-ils de ce qu’il s’est réellement passé ?

Je vais vous confier comment, première fille du roi de Crète, j’ai vu deux frères partir pour la Grèce et un seul revenir, détruit et humilié. Comment mon père Mínôs, fou de rage, s’est transformé en tyran, exigeant que son ennemi le roi de Grèce le dédommage de la pire manière. Comment, dans les profondeurs d’un labyrinthe monumental, a été enfermée une créature contre-nature, mi-homme, mi-bête, condamnée à une existence de prisonnière. Et comment, nous, Ariádnê, Phaídra, Pasipháê, les figures de l’ombre, nous avons joué notre rôle… ou choisi notre propre destinée.
Laissez-nous vous guider de l’autre côté du mythe.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service presse par les éditions Gulfstream : merci encore !

Dès que j’ai vu Ariadné apparaître dans la liste des présélectionnés pour le Plib, je me suis tout de suite intéressée à lui. J’adore la mythologie et les réécritures que des autrices comme Margaret Atwood (The Penelopiad) ou Madeline Miller (Circe, The Song of Achilles) ont pu écrire. J’espérais donc adorer ce roman de Flora Boukri !

Comme l’évoque l’autrice dans sa note, à la fin du roman, il est difficile de réécrire un mythe aussi connu et repris que celui de Thésée et du Minotaure. Mais, comme Margaret Atwood et Madeline Miller, Flora Boukri réussit car elle donne une voix à celle qui n’en a pas : Ariane SPOILER 1 pour ceux qui ne connaissent pas le mythe d’origine Assez effacée dans le mythe d’origine, la jeune femme se trouve au centre de ce roman et de son histoire. Elle est la narratrice du premier chant, elle est celle sur qui se concentrent les narrateurs des deuxième et dernier chants, elle est au cœur des intermèdes de Dionysos. Mystérieuse, libre, elle est celle qui n’a pas de destin. Elle-même, les autres personnages et le lecteur ne comprennent pas bien pourquoi – jusqu’à la fin, où tout nous est expliqué. J’ai adoré me trouver à nouveau au milieu des dieux et de personnages mythologiques, pour certains toujours aussi détestables, pour d’autres différents de ce que j’imaginais. J’ai adoré découvrir la Crète à travers les yeux des personnages : les descriptions des décors ont fait vivre les lieux pour moi et je les arpentais avec Ariane et les autres. J’ai adoré l’originalité de la réécriture, qui n’a vraiment pris forme qu’au dernier chant pour moi – avant cela, je ne savais pas où l’autrice allait nous mener.

Ce livre est presque un coup de cœur grâce au dernier chant et à la fin du roman. J’ai été surprise, émue et j’ai ADORE la voie qu’avait choisie l’autrice. SPOILER 2

Enfin, j’ai aimé l’écriture que j’ai trouvé simple sans l’être trop. J’ai apprécié que l’autrice utilise des mots spécifiques qui correspondent à l’époque et au mythe et qu’elle mette un glossaire à la fin de son roman pour rappeler/expliquer ce que signifient ces termes. Ils permettent une immersion plus grande encore dans l’univers antique crétois.

Mention spéciale à l’édition elle-même : la couverture et l’intérieur du livre sont très beaux !

 

Donc, un très bon roman que je recommande à tous les fans de mythologie et à ceux qui veulent lire une belle histoire ! J’ai hâte de découvrir le tome 2 !

 

SPOILER 1 l’abandonnée, Ariane l’amoureuse, celle qui est délaissée sur une île et qui meurt de chagrin ou est sauvée par Dionysos qui en fait sa reine.

SPOILER 2 Enfin, le Minotaure n’est plus un monstre, mais un être incompris coincé dans un labyrinthe sous Cnossos. Enfin, Pasiphaé n’est pas simplement la femme passive de Minos envoûtée par Poséidon. Enfin, Ariane n’est plus une pauvre abandonnée, une femme éperdue d’amour, mais une femme libre qui choisit son destin. Et l’émotion ressentie à la découverte d’Asterion dans sa cage, les retrouvailles avec Ariane, la compréhension qu’elle ne peut rien faire pour son frère et sa mère … j’avais les larmes aux yeux en lisant.

 

#ISBN9782354888145

En la forêt de triste amertume de Céline Rosenheim

Posté : 24 octobre, 2020 @ 12:38 dans Avis littéraires, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, HistoriqueEn la forêt de triste amertume

Editeur : Editions du Petit Caveau

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 147

Synopsis : Le roi de France a sombré dans la folie. Les princes du sang se déchirent pour s’emparer du pouvoir tandis que la reine tente d’oublier cette nuit où elle a failli mourir, étranglée par son époux. Le duc d’Orléans assiste impuissant à la montée des tensions entre la Champagne et la Bourgogne, alors même qu’une attaque de l’empire aléman semble imminente.

Dans l’ombre, la duchesse s’inquiète de son propre sort, comme de celui du royaume. Clémentia d’Orléans souffre de crises de langueur qui la vouent au silence de sa chambre tout le jour. Et pourtant, à la nuit tombée, un nouvel élan l’anime, celui du sang. La duchesse pourra-t-elle guérir de ce mal qui la fait tant souffrir ? Le chevalier Hermant lui en a fait promesse. Il ira quérir un remède dans les forêts d’Armor, là où la magie est plus vivace qu’ailleurs.

 

Avis : A nouveau un service presse, cette fois chez les éditions du Petit Caveau ! Merci encore !

Ce court roman raconte l’histoire de Clémentia, duchesse d’Orléans, atteinte d’une étrange affliction. Pendant qu’elle va de crise en regain, le royaume de France est en danger : le roi étant incapable de gouverner, les hommes de pouvoir se déchirent pour savoir qui règnera à sa place, le temps qu’il recouvre la santé, tout en oubliant l’empereur d’Alémanie.

J’ai rapidement été séduite par l’écriture de l’autrice : belle, fluide, et l’on sent l’influence médiévale dans les tournures de phrases et certains mots employés. J’ai également adoré le contexte historique et l’ambiance qu’il apporte. Derrière l’intrigue, le lecteur peut sentir l’inspiration médiévale à nouveau. On retrouve les grandes traditions du genre : la belle dame affligée d’un mal mystérieux, le chevalier prêt à tout pour l’aider, la romance, les mystères de Bretagne …

Pour autant, je n’ai pas su entrer dans ce livre et je ne parviens pas vraiment à déterminer pourquoi. Peut-être parce que je n’ai pas toujours compris où allait le récit : pourquoi nous montrer le point de vue de l’empereur, celui de la reine de France si l’histoire s’achève tout de même avec Clémentia ? Pourquoi ne pas simplement se concentrer sur elle ? Pourquoi multiplier les intrigues secondaires au lieu d’en donner davantage au lecteur sur l’histoire de la duchesse et du chevalier ? De plus, le côté fantasy est très dilué SPOILER 1 même si j’ai apprécié les passages du chevalier en Armor ! Enfin, la fin est assez nébuleuse, ce que j’ai beaucoup apprécié ; mais aucune réponse n’est donnée SPOILER 2

 

Donc, un court roman qui ravira les lecteurs qui aiment la littérature médiévale ou inspirée par elle !

 

SPOILER 1 : Clémentia est-elle vraiment vampire ? Qu’est-elle ? Que lui arrive-t-il exactement ?

SPOILER 2 sans doute parce que les personnages ne sont plus là pour les fournir.

In Pop We Trust : la philo par les grands classiques de la culture pop ! de Marianne Chaillan

Posté : 23 octobre, 2020 @ 6:02 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Philosophie, EssaiIn Pop We Trust

Editeur : Editions des Equateurs

Année de sortie : 2020 (28 octobre)

Nombre de pages : 252

Synopsis : Quel est le point commun entre Joker, Friends, Breaking Bad ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que La Casa de Papel. Or, n’est-il pas possible d’aimer l’un comme l’autre ? Et opposer les deux, n’est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

L’Anneau de Tolkien nous rappelle celui du berger Gygès dont parle Platon et nous interroge sur la nature humaine. Orange is the New Black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d’Aristote. L’histoire d’amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

In Pop We Trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu’un manifeste du gai savoir.

De Harry Potter à l’école de la philosophie à Pensez-vous vraiment ce que vous croyez penser ?, en passant par ses ouvrages consacrés à Disney et Game of Thrones, Marianne Chaillan nous apprend à philosopher dans la joie.

 

Avis : Dès que j’ai appris l’existence de ce livre, j’ai demandé un service presse aux Editions des Equateurs, que je remercie encore ! Depuis Ainsi philosophait Amélie Nothomb, je ne rate aucune sortie de Marianne Chaillan !

Comme les livres précédents que j’ai lus de l’autrice, sans grande surprise, j’ai adoré In Pop We Trust !

Le lecteur se voit proposer un petit voyage au pays des philosophes à travers l’analyse de plusieurs séries et films emblématiques de la culture pop, films et séries qu’il/elle a adorés, que ce soit des œuvres déjà traitées dans des livres précédents, comme Harry Potter et Game of Thrones, ou des petits nouveaux, comme Jurassic Park ou La Casa de Papel ! L’association peut paraître incongrue au premier abord – que peuvent bien nous apprendre ces divertissements considérés comme étant de la « sous-culture » par certains ? – ; elle est pourtant enrichissante de deux manières. D’abord, elle apporte un nouvel éclairage sur l’œuvre abordée : je n’avais jamais pensé à La Casa de Papel ou à Indiana Jones de cette façon ! Ensuite, elle permet aux lecteurs de renouer avec ou de découvrir des concepts et des notions philosophiques qui enrichissent à leur tour sa réflexion, que ce soit sur les séries/films évoqués, sur d’autres œuvres ou simplement pour le plaisir de la réflexion en elle-même !

Comme dans ses ouvrages antérieurs, Marianne Chaillan explique clairement tout en ne prenant pas le lecteur pour un imbécile. Elle lui tient la main pour le guider, mais n’emploie jamais un ton maternaliste. Les exemples, précis et « racontés » avant d’en venir à l’explication philosophiques, vont, en revanche, spoiler ceux qui n’ont pas vu les séries/films analysés ; pour autant, je ne le regrette pas car l’autrice m’a donné envie de regarder La Casa de Papel alors que ce n’était pas le cas avant de lire son livre ! Elle m’a également donné envie de lire/relire certaines œuvres, soit issues de la culture pop comme Hunger Games ou Jurassic Park, soit philosophiques, comme La République ou Le Gai Savoir !

Enfin, j’ai adoré le message de cette non-fiction, message très clairement explicité dans la préface : cesser de mépriser la culture populaire et de croire qu’elle n’a rien à nous apprendre. Cesser d’être élitiste, en somme, et de prôner le retour aux classiques en insultant la culture pop qui serait, comme je l’ai mentionné plus haut, une « sous-culture ». Cesser de faire une distinction entre la « vraie » culture et « l’autre », celle qui ne doit pas être considérée ou étudiée parce qu’elle n’en est pas digne. Cela me rappelle la distinction entre la « vraie » littérature et « l’autre ». Existe-t-il donc des « faux » livres ? Mince, je n’ai jamais fait attention, quel dommage !
Pour autant, l’autrice rappelle qu’il ne faut pas tomber dans un autre travers, qui s’oppose à celui-ci : mépriser les classiques. « Appliquez-vous à garder, en tout chose, le juste milieu. » Suivons donc le conseil de Confucius : lisons Phèdre tout en regardant Netflix ! Pourquoi se priver de l’un ou l’autre quand nous pouvons apprécier les deux ?

 

Donc, un excellent essai qui m’a donné envie de me replonger dans mes classiques pop !

Printemps de funérailles d’Alexandre-Fritz Karol #plib2021

Posté : 22 octobre, 2020 @ 6:33 dans Avis littéraires, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : FantasyPrintemps de funérailles

Editeur : Crin de Chimère

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 599

Synopsis : Vingt ans.
Vingt ans que s’éternise la guerre entre la Ligue de Skarland et l’Empire anscaride. Mais les arcano-technologues, les sorciers hérétiques à la botte de l’empereur Hagen, ont mis au point de nouvelles armes qui ne tarderont pas à écourter le conflit : les dragonnefs, vaisseaux volants capables de rayer une ville de la carte en quelques heures.
Vingt ans aussi que Luther Falkenn court après les criminels. Comme policier, d’abord, et maintenant comme chasseur de primes. Mandaté par un richissime banquier nain pour mettre la main sur des documents volés particulièrement compromettants, il se rend à Solmost, où la Ligue fait face à une pression grandissante : soutenues par les dragonnefs, les armées de l’empereur approchent de la cité. Pas de quoi faciliter la tâche de Falkenn et de son acolyte Boniface, félin aux pouvoirs mystérieux, à la langue bien pendue et au caractère de cochon.
D’autant que dans la folle course aux armements qui les oppose à l’empereur, les dirigeants de la Ligue s’apprêtent à commettre l’irréparable en libérant un pouvoir oublié. Et Falkenn, qui croyait traquer un vulgaire voleur, va devoir affronter un adversaire d’un tout autre calibre, revenu tout droit de l’au-delà.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service presse de la part des éditions Crin de Chimère que je remercie encore !

Printemps de funérailles est un roman Fantasy qui suit un officier de police reconverti en chasseur de primes, Luther Falkenn, accompagné de son mandragot, Boniface. Luther se voit offrir une mission qui a l’air plutôt simple … jusqu’à ce qu’elle dérive en intrigue politique d’envergure ! Le développement de ladite intrigue est vraiment intéressant : le lecteur se pose des questions, suit les fausses pistes en même temps que Luther et est aussi surpris que le chasseur de primes et son compagnon. Une carte aide à se repérer, au moins pour le début du roman !

Vous vous en doutez, j’ai aimé le côté politique de l’histoire et le fait que celui-ci prenne de plus en plus d’importance au fur et à mesure de la lecture. L’univers de l’auteur est vaste, le lecteur sent que ce monde a une histoire, qui lui est racontée parfois par bribes au cours du roman. J’ai également beaucoup aimé la « magie » présente ici : qu’elle soit l’arcano-technologie, celle des magiciens de la Ligue de Skarland ou … autre chose dont je ne peux pas vous parler !

Pour autant, je n’ai malheureusement pas réussi à pleinement apprécier ce livre, notamment à cause de l’écriture. Elle est excellente, très fouillée et je l’ai adorée au début de ma lecture ; mais au fil des pages, je l’ai trouvée trop lourde. Elle freine le rythme de l’intrigue, m’a freinée dans mon enthousiasme, a fini par le doucher même ! J’ai eu l’impression qu’il y avait trop de mots pour décrire parfois des actions simples et j’ai fini par ne plus apprécier les descriptions non plus.

De plus, nous ne suivons pas que Luther, le personnage principal, qui m’a semblé un peu stéréotypé ; nous suivons également d’autres personnages de tout bord social. Somas Athossi est le seul que j’ai apprécié, sans doute parce qu’il est au cœur de la politique de Pont-Salin. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux autres personnages, principaux ou secondaires : que ce soit Ambroisie, Métisto ou la Petite Sœur, je n’ai réussi à être happée par aucun d’eux, sans doute parce que je n’étais pas assez « dans » l’intrigue pour les apprécier. J’ai également eu du mal avec le général Wolfdagger, notamment parce que l’auteur lui a octroyé un problème de langage qu’il a décidé de faire figurer du début à la fin du roman, ce qui rend la lecture … aussi laborieuse que la compréhension des autres personnages autour du militaire ! Quant à l’étrange Dame Morville, elle m’a semblé assez fascinante dès sa première apparition … et tout aussi cruelle !

Enfin, j’ai eu un peu de mal avec le mélange de langage soutenu et de vulgarité, ainsi qu’avec les nombreuses remarques sur le poids de certains personnages – j’ai trouvé qu’elles n’apportaient pas grand-chose à l’intrigue.

 

Donc, ce livre est une déception, mais surtout parce que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur à cause de l’écriture.  

 

#ISBN9782491874056

No(s) futur(s) : Imaginer les possibles du changement climatique sous la direction d’Aline Aurias, Roland Lehoucq, Daniel Suchet et Jérôme Vincent

Posté : 6 octobre, 2020 @ 12:05 dans Avis littéraires, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Nouvelle, Science-fictionNo(s) futur(s)

Editeur : ActuSF (Les 3 Souhaits)

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 529

Synopsis : Sous la direction d’Aline Aurias, Roland Lehoucq, Daniel Suchet & Jérôme Vincent

Préface de Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe n°1 du GIEC.

10 textes de science, 10 textes de fiction : 20 regards issus de la rencontre entre scientifiques et créateurs d’imaginaire, pour explorer et expliquer les possibles du changement climatique. Inspiré par les rapports du GIEC, Nos futurs donne à voir et à penser les innombrables facettes du lien entre le climat et nos sociétés : inégalités, biodiversité, urbanisme, santé, industrie … Un mélange original, éclairant et stimulant, et plus que jamais nécessaire : car chaque demi-degré compte, chaque année compte, chaque choix compte …

Mathieu Auzanneau, Anne Barre, Audrey Berry, Philippe Bihouix, Pierre Bordage, Claire Chenu, Chloé Chevalier, Isabelle Czernichowski-Lauriol, Jeanne A-Debats, Catherine Dufour, Claude Ecken, Estelle Faye, Laurent Genefort, Raphaël Granier de Cassagnac, Marie-Jeanne Husset, Sylvie Lainé, Jane Lecomte, Jean-Marc Ligny, Pascal Maugis, Véronique Moreira, François Moutou, Sylvain Pellerin et Vincent Viguié.

 

Avis : J’ai reçu No(s) futur(s) en service presse de la part des éditions ActuSF que je remercie encore !

Ce livre est un recueil de vingt textes sur le changement climatique : dix textes scientifiques, dix textes de fiction. A chaque fois, la nouvelle fictive est écrite suite à une collaboration entre écrivain.e et expert.e scientifique. Rien que pour cette idée, j’étais très intriguée !

J’ai adoré le fait que les sujets, tout en restant focalisés sur le changement climatique et le développement durable, soient tout de même divers – qu’il n’y ait pas, par exemple, trois ensembles qui traitent d’un même thème. Sont évoqués les ODD, Objectifs de Développement Durable, tout le long du recueil : aucun n’est traité deux fois, même si certains se recoupent ou mentionnent un autre ODD. Le texte scientifique vient toujours avant la nouvelle : il permet d’expliquer les bases mais aussi le problème rencontré ainsi que les solutions possibles – et les futurs qui en découlent. Le lecteur apprend donc beaucoup de choses sur tous ces sujets ou se voit offrir un rappel sur des éléments qu’il peut avoir oublier ! En ce qui concerne les nouvelles, j’ai découvert de nouveaux auteurs et de nouvelles autrices que je n’avais jamais lu.e.s, comme Estelle Faye ou Chloé Chevalier ! J’ai trouvé très intéressante l’articulation entre les deux textes, la fiction reprenant des éléments expliqués dans la partie scientifique pour montrer aux lecteurs le futur possible.

Mais, pour autant, j’ai trouvé cette lecture parfois fastidieuse – je pense que c’est aussi la période qui fait, en partie. Je suis sûre de ne pas avoir tout compris des textes scientifiques, soit parce que mon cerveau n’était pas entièrement disponible au moment de la lecture, soit parce que les auteurs et autrices sont, comme je l’ai dit, des expert.e.s et donc emploient des termes et expliquent des choses qui sont sans doute évidentes pour eux, mais qui ne le sont pas du tout pour nous. Pour autant, comme je l’ai dit plus haut, cela permet au lecteur d’apprendre beaucoup !

J’aurais dû m’en douter en lisant le titre et son sous-entendu, no future : certaines nouvelles – et même certains textes scientifiques – sont assez déprimants. Évidemment, nous le savons, la situation n’est pas du tout idéale, et même loin de là. Les scientifiques nous expliquent comment on peut endiguer le changement climatique sans l’arrêter, mais ce qui m’a surtout déprimée, c’est la prise de conscience que les individus peuvent faire tout ce qu’ils veulent, tant que les gouvernements et les industries ne mettent pas clairement la main à la patte, les chiffres ne bougeront pas suffisamment. Et c’est en partie ce qu’on peut reprocher à ceux qui culpabilisent les consommateurs. C’est très bien de mettre en place des politiques écologiques, de demander aux individus de réduire leur consommation de carburant, de passer au vert, de trier, de faire ceci et cela : ils ont parfois l’impression d’être une souris face à un troupeau d’éléphants qui eux polluent sans vergogne et ils se sentent impuissants. Un des textes scientifiques évoquent cela, ce que j’ai vraiment apprécié ; d’autres mettent en avant des politiques qui doivent prendre en compte la justice sociale, ce qui n’est pas le cas, par exemple, de la taxe carbone. L’un d’entre eux, celui sur l’ODD « Villes et communautés durables », évoque un futur qui m’a paru utopique avant d’évoquer l’inverse, un futur dystopique et cauchemardesque. Autant vous dire que le moral n’était pas toujours au beau fixe pendant la lecture ! Enfin, j’ai trouvé quelques coquilles qui n’ont pas gêné ma lecture, mais que j’ai remarqué tout de même !

 

Donc, ce livre permet d’alimenter la réflexion sur le changement climatique et les futurs possibles au vu de notre situation actuelle. Peu sont optimistes, même si certains textes scientifiques évoquent des possibilités de futurs non catastrophiques. Une lecture que j’ai … « appréciée » n’est sans doute pas le bon verbe, mais je suis contente d’avoir lu ce livre et d’avoir appris autant de choses !

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