Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Avis littéraires'

Fangirl de Rainbow Rowell

Posté : 14 juillet, 2019 @ 1:25 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineFangirl

Editeur : St. Martin’s Griffin

Année de sortie : 2015 [2013]

Nombre de pages : 446

Titre en français : Fangirl

Synopsis : A coming-of-age tale of fanfiction, family, and first love

Cath is a Simon Snow fan.

Okay, the whole world is a Simon Snow fan, but for Cath, being a fan is her life – and she’s really good at it. She and her twin sister, Wren, ensconced themselves in the Simon Snow series when they were just kids; it’s what got them through their mother leaving.

Reading. Rereading. Hanging out in Simon Snow forums, writing Simon Snow fanfiction, dressing up like the characters for every movie premiere.

Cath’s sister has mostly grown away from fandom, but Cath can’t let go. She doesn’t want to.

Now that they’re going to college, Wren has told Cath she doesn’t want to be roommates. Cath is on her own, completely outside of her comfort zone. She’s got a surly roommate with a charming, always-around boyfriend; a Fiction-Writing professor who thinks fanfiction is the end of the civilized world; a handsome classmate who only wants to talk about words… and she can’t stop worrying about her dad, who’s loving and fragile and has never really been alone.

For Cath, the question is: Can she do this? Can she make it without Wren holding her hand? Is she ready to start living her own life? And does she even want to move on if it means leaving Simon Snow behind?

 

Avis : Je ne lis pas énormément de contemporains, et encore moins des contemporains YA : ce n’est tout simplement pas mon style. Donc, j’appréhendais un peu cette lecture !

Je ne m’attendais pas du tout à être autant charmée par ce roman. J’ai été entraînée dans l’histoire, j’étais avec les personnages, j’ai (pratiquement) tout aimé !

Je vais commencer par vous parler de ce que je n’ai pas tellement apprécié, histoire de laisser le négatif de côté ensuite ! Je n’ai pas compris l’utilisation d’un procédé dans le roman parce qu’il n’est utilisé qu’une seule fois : le narrateur raconte un dialogue entre Cath et Levi, et Cath commente le choix de verbes du narrateur. C’était très étrange, et incohérent par rapport à tout le reste de la narration. J’ai trouvé certaines scènes amoureuses très gênantes ! Et enfin, je n’ai pas été séduite par la fin : le roman me semble presque inachevé à vrai dire, c’est assez frustrant ! Je m’attendais à quelque chose d’autre.

Pour autant, tout cela n’a pas suffi à déprécier Fangirl à mes yeux ! J’ai tout aimé, même la romance qui, d’ordinaire, ne me séduit pas ! Ici, j’avais vraiment envie que les personnages se mettent ensemble, j’avais envie qu’ils avancent, j’étais à fond derrière eux ! J’ai adoré le décor : l’histoire se passe majoritairement à l’université, et j’aime beaucoup les romans de ce genre – ce qui explique, en partie, pourquoi j’adore The Secret History (Le Maître des illusions) et les Fantasy dans lesquels on trouve des académies magiques ! Les relations entre les personnages étaient parfois très maladroites, parfois très drôles : c’est le cas entre Wren et Cath, qui sont visiblement complémentaires et fusionnelles, mais qui ne savent pas toujours comment se faire comprendre de l’autre. J’ai adoré leur père ! J’ai adoré le fait qu’elles soient jumelles !! J’ai tout aimé !!

J’ai aimé le traitement de la fandom ; j’ai lu que certains lecteurs s’attendaient à ce que ce soit plus mis en avant, à ce que ce soit, peut-être, le centre du roman. Mais j’ai plus l’impression que Fangirl est une histoire du genre : « Comment avancer dans la vie tout en restant une fan, et ne pas se laisser consumer par la fandom, comme on pourrait le faire au lycée ». J’ai aimé que ce ne soit pas un roman qui dénigre les fandom, mais qui le met en avant tout en rappelant qu’il est important de vivre aussi dans la « vraie » vie ! La fandom est un moyen pour Cath de se protéger du monde et des autres, en quelque sorte ; j’ai adoré qu’elle s’ouvre peu à peu, tout en restant la même au fond. J’ai aimé la façon qu’a l’autrice de traiter de troubles mentaux et/ou psychologiques, comme la dépression, l’anxiété ou l’alcoolisme. Je me suis énormément identifiée à Cath à certains moments – c’était quasi magique ! – ; à d’autres, j’ai reconnu certains de mes proches en elle ! Enfin, j’ai adoré les moments consacrés à l’écriture de fiction, et les parties des romans Simon Snow, ou de la fanfiction qu’écrit Cath. J’ai entendu dire que ces bribes d’œuvres pouvaient être agaçantes, mais ce n’est pas comme ça que je les ai vues. Au contraire, elles m’ont donné très envie de lire Carry On ! Et de relire Harry Potter !

Ce livre est aussi un condensé d’émotions diverses : indignation, tristesse, empathie, joie. [SPOILER] J’étais folle de rage contre Nick pour avoir volé l’histoire de Cath !! Je savais qu’il voulait faire un truc du genre, et je m’attendais à ce que le professeur reconnaisse l’écriture de Cath ! Quelle magnifique scène, quand Cath remballe Nick devant tous ses proches, et qu’ils font une sorte de barrière entre elle et lui pour la protéger, si jamais elle a besoin d’aide ! [FIN DU SPOILER] A la fin, je voulais que tous ces personnages soient heureux … et un deuxième tome, pour les suivre à nouveau l’année suivante ! Ce livre n’existe pas et, quelque part, heureusement ; peut-être qu’il aurait été moins bon que Fangirl, et donc, j’aurais été déçue. Ce n’est donc pas plus mal !

 

Donc, une très belle surprise, un beau coup de cœur !

Pretty Little Liars, book 0.5: Ali’s Pretty Little Lies de Sara Shepard

Posté : 11 juillet, 2019 @ 3:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Thriller, YAAli's Pretty Little Lies

Editeur : HarperTeen

Année de sortie : 2014 [2013]

Nombre de pages : 290

Titre en français : Pas encore traduit

Synopsis : THE LIE THAT STARTED IT ALL.

Before there was A, there was Alison DiLaurentis. Boys wanted to date her, girls wanted to be her, and somebody wanted her dead…

It’s the end of seventh grade, and Alison DiLaurentis and her friends are the girls of Rosewood Day. Ali runs her clique with an iron fist, and she’s got enough dirt on Hanna, Emily, Aria and Spencer to keep them in line. But Ali’s hiding a dark secret of her own, something so huge it would destroy everything if it ever got out. She’s desperate to keep the perfect life she’s worked so hard to build, but in Rosewood deadly secrets have deadly consequences…

Set in the weeks leading up to Ali’s murder, this special Pretty Little Liars tale is told by the prettiest little liar of all: Ali herself. For the first time ever, we see how the mystery began… and how Alison DiLaurentis’s life ended.

 

Avis : Ce livre m’a été offert à Noël … en 2015 ! J’ai mis presque 4 ans à le lire !!

Alors. Je ne savais pas que ce livre allait me spoiler la série tout entière, et ce, dès la toute première phrase du roman. Youpi. Puis, j’ai lu des chroniques de ce livre, histoire de voir quand je devais le lire exactement, et je me suis fait spoiler la fin du roman. Génial. Vous pouvez imaginer comme j’étais ravie, moi qui ADORE les spoilers n’est-ce pas ? (moi, agacée ? NOOOOOOON) J’ai tout de même décidé de poursuivre la lecture mais, sachez-le : NE LISEZ PAS CE LIVRE COMME PREQUEL DE LA SERIE, LISEZ-LE APRES L’AVOIR TERMINEE !

Et pourtant j’ai beaucoup aimé ! J’ai été emportée dans la vie d’Ali, et je dois dire qu’elle m’a souvent mise mal à l’aise ! J’aime toujours autant le style de l’autrice, le fait qu’elle nous place dans la tête de ses personnages tout en écrivant à la troisième personne. Et, pour une fois, j’ai aimé aussi la rétention d’informations parce qu’il me reste donc UN secret à découvrir en lisant la série !! Que je continuerai donc à lire !!

J’aime toujours autant les filles, Aria, Emily, Spencer et Hanna, même si on se concentre sur Ali ici. Et, en un sens, j’ai aussi apprécié Ali. Elle est affreuse, vraiment horrible avec les gens autour d’elle ; mais cela s’explique un peu : [SPOILER] comment réagirait-on si on nous enfermait dans un asile à cause de notre sœur vraiment folle ? [FIN DU SPOILER] Mais, il y a tout de même quelque chose que je ne comprends pas : [SPOILER] je comprends qu’elle doit le plus possible ressembler à sa sœur ; mais pourquoi être affreuse avec ses amies ? Ali ne les connaissait pas quand elle était là, donc elles ne savent pas comment Ali doit se comporter. Elle aurait pu être gentille. Et aussi, éventuellement, chercher de l’aide auprès de son frère peut-être ? [FIN DU SPOILER] Son attitude avec ses amies … j’avais envie de la gifler ou de la secouer ! [SPOILER] Mais, on peut supposer qu’elle a développé un trouble mental à cause de toutes ces années qu’elle a passées enfermée. Elle veut tellement être aimée, être indispensable, être unique, désirée. Donc elle ne peut pas supporter que ses amies s’éloignent d’elle, et elle ne comprend pas que son attitude est problématique parce qu’elle répète à plusieurs reprises que c’est comme ça que les meilleures amies agissent les unes avec les autres. Elle veut être le centre du monde. En un sens, elle est véritablement devenue sa sœur : elle veut toute l’attention, et elle est devenue toxique pour les gens autour d’elle. [FIN DU SPOILER]

Une autre chose que je ne comprends pas : les parents. Sérieusement, ils sont tellement irresponsables, et font des choses qui blessent terriblement leurs enfants !! Je ne parle pas d’adultère, c’est une autre question. Je parle de choses qu’ils font à leurs enfants directement. [SPOILER] Enfermer une de leurs filles parce que l’autre a dit qu’elle était folle, alors qu’elle est manipulatrice ? Ne pas se rendre compte de l’échange d’enfants ? Ne pas surveiller ladite fille folle quand elle revient à la maison ? Être tellement dur avec ses enfants qu’ils n’osent pas venir vous voir quand ils ont un problème ? Mener à la mort d’un de ses enfants ?!! [FIN DU SPOILER] J’ai quasi l’impression qu’ils sont inutiles dans cette série !

Enfin, ce livre m’a mise très mal à l’aise. Vraiment. [SPOILER] Voir Ali si peu sûre d’elle, si furieuse avec ses amies, au point de vouloir les blesser parce qu’elle se sent mal, et se sentir coupable parfois après coup, c’était pénible à lire ! Et cette dernière scène !! Je savais que ça venait mais WOW, je me suis sentie tellement mal quand elle meurt ! C’était affreux !! Autre chose qui me met mal à l’aise : l’attitude d’Ali et le fait que, comme je l’ai dit plus haut, elle semble véritablement devenir sa sœur. J’adore ce thème du double, du Doppleganger, mais wow, c’était effrayant dans un autre contexte que le gothique ! Et elle comprend elle-même tout ça quand elle pense que ce sont ses parents qui ont fait d’elle ce qu’elle est actuellement, une garce, une personne capable de blesser les gens qu’elle aime juste pour se sentir mieux. Ah, l’importance de l’éducation des parents … [FIN DU SPOILER] Comme c’est triste !!

Le dernier chapitre était excellent, et révèle tout, sauf un dernier secret qu’il me reste à chasser dans la série ! Je continuerai donc avec Unbelievable, le tome 4 !


Donc, un très bon préquel, mais qui devrait porter la mention « A lire à la fin ! » !

Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos

Posté : 7 juillet, 2019 @ 3:26 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique Les Liaisons dangereuses

Editeur : Folio 

Année de sortie : 1991 [1782] 

Nombre de pages : 474

Synopsis : J’espère qu’on me comptera pour quelque chose l’aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n’était rien, que d’enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d’en user ensuite tant qu’on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d’embarras ; d’en obtenir ce qu’on n’ose pas même exiger de toutes les filles dont c’est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour … En sorte qu’après ma fantaisie passée, je la remettrai dans les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu’elle se soit aperçue de rien. 

 

Avis : Cela fait un moment que je « dois » lire ce livre ; il est dans ma PAL depuis 6 ans … 6 ANS !! *shame* Une de mes meilleures amies l’a étudié pour son mémoire de M2 donc j’aurais déjà dû l’avoir lu *re-shame* C’est enfin chose faite !

Tout d’abord, je savais que j’allais aimer le format : j’adore les romans épistolaires ! J’en lis rarement, et je me demandais si ce procédé allait encore fonctionner sur moi ; Les Liaisons dangereuses l’ont confirmé ! J’ai aussi aimé le style d’écriture de l’auteur, excellent, et le fait que chaque personnage qui écrit à une personnalité bien à lui ! En effet, lire un roman épistolaire dont toutes les lettres semblent écrites par la même personne n’a pas grand intérêt ! Il faut un certain talent pour parvenir, à travers ces discours écrits, à faire vivre un personnage, et Laclos a réussi !

Ce livre est divisé en quatre parties. J’ai vraiment adoré la première, notamment parce que j’ai adoré Merteuil et Valmont. Ils ont de l’esprit, ils sont intelligents, impertinents, et drôles ! Par contraste, les autres personnages ont l’air insipides ou stupides. Cécile semble idiote, même si ce n’est pas entièrement sa faute. Son éducation religieuse ne lui permet pas de lire le monde correctement, et sa mère veut la garder dans l’ignorance le plus longtemps possible, ce qui fait qu’elle n’a aucun moyen de se défendre quand le danger arrive. Donc, le lecteur rit parfois à ses dépens, parce que, même si elle est innocente, son comportement parfois absurde est assez risible ! Même Mme de Tourvel n’est pas intéressante dans cette première partie : ses lettres sont assez répétitives, et même assez ennuyeuses ! Les seules lettres que je prenais vraiment plaisir à lire, ce sont celles de Merteuil et Valmont. Elle est une femme forte, et j’ai adoré la lettre 81 (dans la deuxième partie), dans laquelle elle explique sa vie et ses principes. A ce moment-là, elle peut passer pour un modèle : forte, indépendante, elle fait ce qu’elle veut, quand elle veut, avec qui elle veut. En un mot, elle est libre. Elle garde tout de même une façade vertueuse pour garder une réputation dans la société ; et elle déteste l’institution religieuse. Valmont, quant à lui, est libertin, et ne s’en cache pas – ou si peu ! Je ne pense pas qu’il soit marié ou, en tout cas, il ne parle pas de sa femme. Il veut coucher avec les femmes qui l’attirent, et voilà tout. Il aime qu’il y ait quelques obstacles, comme si la séduction était une chasse, ou une forme de guerre – le vocabulaire guerrier est d’ailleurs pas mal employé dans le roman. Certaines situations sont assez cocasses, notamment [SPOILER] celle où Valmont écrit une lettre à Mme de Tourvel pour lui jurer son amour éternel sur le dos d’une autre femme, nue, avec qui il vient de coucher ! [FIN DU SPOILER] A partir d’un moment, j’ai trouvé que l’histoire tournait un peu en rond, c’était assez répétitif : la situation de Valmont et Mme de Tourvel n’avançait pas, tout comme celle de Cécile. Je savais qu’il allait se passer quelque chose, mais cela m’a paru un peu long à venir.

Puis, à partir d’un certain point, tout devient amer. Et là commencent les spoilers, jusqu’à la fin de l’article ! So beware !

Merteuil devient une femme cruelle, plus du tout un modèle. Elle veut dominer, être la seule, l’unique, surtout pour Valmont. Elle ne peut pas supporter qu’il tombe amoureux d’une autre femme et qu’il la place au-dessus d’elle, donc elle fait tout pour gâcher leur histoire. Elle doit être sa référence, personne ne peut prendre sa place. Elle devient même cruelle avec Cécile, qui est pourtant devenue son « élève ». Valmont semble véritablement tomber amoureux de Mme de Tourvel, et est obligé de la quitter parce que Merteuil est jalouse, et qu’il veut prouver qu’il n’est pas amoureux. A la fin, ce n’est plus une question d’amour ou de plaisir, mais bien une question de fierté, mais comme elle est mal placée !! Honnêtement, je pense qu’aucun personnage ne prend véritablement plaisir à ce qui arrive à la fin. Ce n’est plus que de la domination, de la soumission, un triomphe sur l’autre qui gâche tout. Cécile devient nonne. Quelle chute. Et j’étais persuadée qu’elle était enceinte de Valmont : comment va-t-elle s’expliquer, et que va-t-il lui arriver ? Je n’ai pas aimé Danceny du début à la fin ; mais Mme de Tourvel … Je me suis sentie mal en voyant ce qui lui arrive. C’est tellement triste et injuste … elle a enfin découvert le plaisir et l’amour, juste pour en être privée aussi vite et mourir de désespoir.

En fin de compte, je me demande ce que l’auteur peut avoir voulu nous faire comprendre, s’il avait envie de délivrer un message. En effet, le livre a été publié au XVIIIe siècle, donc la religion n’avait pas la même place que maintenant. Était-ce une façon de faire comprendre que la religion gâche tout, avec ses règles et ses dogmes ? Ou une façon de faire comprendre que la débauche mène à la maladie, à la mort, et au désespoir ? On ne le saura jamais, et le lecteur doit se faire sa propre opinion, décider ce qu’il tire personnellement de ce livre.

 

Donc, un excellent classique, à la fois drôle et cruel, qui a confirmé mon amour pour les romans épistolaires

Les Mystères du Trône de Fer de Thierry Soulard

Posté : 1 juillet, 2019 @ 11:49 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai, FantasyLes Mystères du Trône de Fer

Editeur : Pygmalion

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 325

Synopsis : Words are wind, « Les mots sont du vent ».

C’est une phrase qui peu à peu s’installe entre les pages de la saga de George R.R. Martin, A Song of Ice and Fire, connue en français sous le titre Le Trône de Fer. On la retrouve aussi bien dans la bouche de Tyrion Lannister que de Daenerys Targaryen ou de Jon Snow, dans des contextes très différents. Mais sous la plume de George R.R. Martin, cette expression devient indice. Les mots sont du vent, c’est le rappel que les mots sont magiques, car polysémiques. Chargés de sens, mais de sens multiples et changeants.

Avant d’être un monde de dragons, de complots et de trahisons, l’univers du Trône de Fer est un monde de mots. Décrypter ces mots, et les multiples indices littéraires laissés par George R.R. Martin, permet de mieux comprendre les intrigues du livre et la portée de l’œuvre.

George R.R. Martin est-il vraiment un écrivain à l’imagination fertile mais au style basique, comme on le croit trop souvent ? Comment a-t-il fait pour captiver autant de lecteurs avec des mots d’apparence si simples ?

Des procédés littéraires de l’auteur culte aux différentes théories qui en découlent, Les Mystères du Trône de Fer est un ouvrage incontournable pour comprendre pourquoi et comment George R.R. Martin a révolutionné l’écriture et la littérature de Fantasy.

 

Membre de La Garde de Nuit, fan obsessionnel du Trône de Fer, Thierry Soulard est journaliste, producteur de contenus et nouvelliste. 

 

Avis : J’ai appris l’existence de ce livre par une amie qui l’a lu, et a adoré ! Il m’a été offert peu de temps après ; j’ai décidé de le lire après les oraux, histoire de pouvoir me concentrer pleinement sur la lecture !

En effet, Les Mystères du Trône de Fer est le type de livre qui demande un peu de réflexion, étant donné que l’auteur analyse les procédés littéraires, et notamment langagiers, de George R. R. Martin dans sa série Fantasy. J’adore l’analyse littéraire, et j’adore aussi faire des théories sur ce qui va arriver dans une série : ce livre était donc parfait pour moi ! J’ai appris certaines choses que je ne savais pas du tout sur Le Trône de Fer, notamment la partie sur les Moutons, les Léviathans et les Fous ! Il faut dire que je n’ai lu la série qu’une seule fois et que je ne l’ai jamais analysée ; donc, j’aime lire ce genre d’essais, et même des thèses, qui analysent pour moi. Je peux alors relire l’œuvre, et je détermine si je suis d’accord ou non avec ce qui m’a été proposé. Et je peux vous dire que Les Mystères du Trône de Fer m’a donné très envie de me replonger dans A Game of Thrones, la première intégrale de A Song of Ice and Fire ! J’ai envie de trouver de petits indices, d’examiner les prophéties et les rêves des personnages, d’y trouver peut-être autre chose. J’ai déjà commencé, et j’adore !!

Un autre élément que j’ai adoré dans ce livre : l’auteur nous montre à quel point George R. R. Martin est un auteur intelligent, qui manie la langue avec brio pour jeter ses lecteurs sur de plus ou moins bonnes pistes. J’ai souvent entendu dire que la Fantasy était un genre moins noble à cause de l’écriture de ses auteurs : ils sont moins bons, moins poétiques, moins littéraires, etc. Ce livre nous « prouve » le contraire. Il est tout à fait possible d’analyser et de travailler sur ses oeuvres. Elles ont, comme les classiques ou les romans plus littéraires, leurs secrets ; leur interprétation n’est pas aussi évidente qu’elle peut le paraître au premier abord. Et, rien que pour ça, j’aime ce livre ! Je n’ai, personnellement, jamais pensé ça ; j’ai toujours aimé l’écriture simple, mais belle, de George R. R. Martin, et j’adore sa façon de jouer avec les mots ; mais j’ai déjà eu une conversation avec quelqu’un à la fac qui dénigrait George R. R. Martin et sa série parce qu’elle était, pour lui, mal écrite, et qu’elle n’avait, en gros, pas de valeur littéraire ! 

Cet essai est divisé en cinq parties : la première est plus une sorte d’introduction générale selon moi, une « vue d’ensemble », pour reprendre le titre du troisième chapitre. La deuxième se concentre sur les prophéties, rêves et autres visions : cela permet de découvrir que l’auteur anticipe beaucoup, et livre effectivement des indices lors de ces passages ; on peut également y trouver des événements qui ne se sont pas encore produits, et donc créer des théories fondées sur ces passages de l’œuvre. La troisième traite des mensonges en général, que ce soit sur l’identité, ou des mensonges effectifs, prononcés. L’auteur évoque les chanteurs, qui embellissent souvent les faits, ainsi que la fameuse prophétie sur Azor Ahaï ! La quatrième partie se concentre sur les chiffres et les lettres, donc les sortes de codes qu’on peut trouver dans l’œuvre, une écriture cryptée qui permet de faire passer des messages secrets que le lecteur ne comprend pas toujours. Et la cinquième et dernière partie traite de l’onomastique, donc les noms employés pour désigner tel ou tel personnage. J’ai adoré cette dernière partie, excepté la dernière théorie qui, comme l’avoue l’auteur, est un peu tirée par les cheveux.

J’ai aussi aimé l’ajout d’un chapitre bonus sur Fire and Blood, puisque la deuxième partie sortait en français en même temps que ce livre, chez le même éditeur. J’ai adoré également les passages dans lesquels l’auteur analysait Fire and Blood. J’ai eu du mal avec ce livre, parce que je me suis demandé pourquoi George R. R. Martin ne l’avait pas écrit comme A Song of Ice and Fire. En effet, Fire and Blood est écrit par un Maester, et donc, se lit plus comme une non-fiction historique que comme un roman Fantasy haletant. L’analyse de Thierry Soulard à propos de ce livre m’a semblé excellente, et m’a, en quelque sorte, réconcilié avec le roman !

La seule chose qui m’a un peu gênée dans ce livre : la répétition. En effet, l’auteur ne cesse d’écrire les mêmes phrases à travers tout l’essai, et c’est bien dommage ! On dirait qu’il pense que le lecteur peut oublier ce qu’il est en train de lire ; j’en ai eu un peu marre de lire, sans cesse, la phrase : « Les mots sont du vent », ou « Les meilleurs mensonges sont épicés de vérité ». A force, cela m’a agacée !

 

Donc, à part la dernière théorie à laquelle je n’adhère pas du tout, et les répétitions, j’ai vraiment apprécié cette lecture, qui m’a appris beaucoup de choses, et qui m’a donné très envie de relire Le Trône de Fer ! Je vous déconseille ce livre si vous n’aimez pas les théories ou l’analyse littéraire bien sûr ! 

 

The Magicians, book 1 de Lev Grossman

Posté : 29 juin, 2019 @ 9:15 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : FantasyThe Magicians

Editeur : Plume

Année de sortie : 2009 

Nombre de pages : 516

Titre en français : Les Magiciens, tome 1

Synopsis : Like everyone else, precocious high school senior Quentin Coldwater assumes that magic isn’t real, until he finds himself unexpectedly admitted to a very secretive and exclusive college of magic in upstate New York. There he indulges in the joys of college – friendship, love, sex, and booze – and receives a rigorous education in the craft of modern sorcery. Magic, though, doesn’t bring Quentin the happiness and adventure he thought it would. After graduation, he and his friends stumble upon a secret that sets them on a remarkable Journey, sure to finally fulfill Quentin’s yearning. But their Journey turns out to be darker and more dangerous than they’d imagined.

Psychologically piercing and magnificently inventive, The Magicians conjures an utterly original realm in which good and evil aren’t black and white, love and sex aren’t simple or innocent, and power comes at a terrible price.  

 

Avis : Ma bibliothèque possède toute la trilogie des Magiciens ; je me suis donc lancée pendant les oraux !

Je pense que mes attentes pour ce livre étaient soit trop élevées, soit complètement à côté. Et pour cause : il ne faut jamais faire de comparaison avec Harry Potter. Quelle idée ! Rien ne peut être à la hauteur quand le lecteur a été bercé par cette histoire pendant son enfance ! The Magicians est souvent décrit comme étant Harry Potter pour les adultes – ce que je trouve bête, puisqu’on peut très bien lire la série en étant adulte ! – ou Harry Potter à l’université. Donc, je m’attendais à ce que l’école magique se trouve dans le roman dans son entièreté, et pas seulement dans la première partie ; heureusement, j’avais lu des chroniques qui évoquaient ce fait. J’étais donc moins déçue que je ne l’aurais été sans le savoir avant de commencer la lecture. L’université ne se situe que dans la première partie, qui représente la moitié du roman. A cause de cela, il existe une sorte de moment flottant où il semble qu’il ne se passe absolument rien. Je me suis ennuyé, c’était pénible, et j’ai failli abandonner la lecture ! La deuxième partie du roman est décevante, parce qu’elle semble vide après ce qui est arrivé, et avant ce qui va arriver ! Les personnages ne savent pas où ils vont, ne savent pas ce qu’ils font ! J’ai tout de même repris la lecture après Couleurs de l’incendie, mais c’était dur de m’y remettre !

The Magicians fait référence à d’autres œuvres tout de même : Harry Potter quand même, avec le personnage d’Hermione qui est mentionné, et la façon dont la magie fonctionne – avec les baguettes par exemple – ; Narnia, Alice au pays des merveilles, et Le Magicien d’Oz. Petite mention du Seigneur des anneaux aussi ! Mais The Magicians n’est pas du tout un livre pour enfants !

Je pense qu’une meilleure description de ce livre serait : un mix entre The Secret History (Le Maître des illusions) et Le Monde de Narnia.

Le premier parce que l’action se situe dans une université, et que la majorité des personnages sont détestables. Je me suis seulement attachée à Alice, les autres sont insupportables – ce qui ne me dérange pas dans un livre, je n’ai pas besoin d’aimer les persos pour aimer le livre en lui-même ! Ils pensent tous – ou presque – qu’ils font partie d’une élite, ils sont très arrogants, méprisants, ce qui leur sert à cacher la vacuité de leur vie, leur ennui et leur malheur. Nous avons même le côté « société secrète » à un moment donné ! Quentin donne parfois envie de le baffer. Je comprends ce qu’il vit, et que ce n’est pas forcément facile pour lui, qu’il n’arrive pas à trouver le bonheur ; mais le fait de s’apitoyer constamment sur son sort et ne pas chercher une solution, j’ai du mal à supporter. Il n’est tout simplement jamais satisfait, comme la majorité des humains. Il veut quelque chose, il l’obtient ; il veut donc autre chose, et l’obtient ; mais jamais ce « quelque chose » ne lui permet d’atteindre son idéal, son bonheur rêvé. Son insatisfaction et sa difficile quête du bonheur donnent de « beaux » passages, des moments où l’on se dit que le roman nous délivre quelque chose de vrai, d’authentique, quelque chose que le lecteur a peut-être lui-même déjà ressenti, une sorte de question qui le tourmente : « à quoi ça sert ? », « quel est le sens de la vie ? », « quand serais-je heureux ? où se trouve le bonheur ? quand s’achève ma quête ? » [SPOILER] J’ai particulièrement été touchée par la dernière scène avec le Professeur Mayakovsky, et celle avec Alice : elles m’ont brisé le cœur. [FIN DU SPOILER] Mais, même si je le comprends, il reste insupportable ! Son ennui et son malheur sont ses excuses pour faire n’importe quoi, comme [SPOILER] tromper Alice avec Janet par exemple !! [FIN DU SPOILER] et il est parfois sexiste, alors qu’honnêtement, mec, redescends !! Seul personnage rédempteur : Alice, que j’ai vraiment beaucoup aimé. [SPOILER] Moi qui ne suis pas très romance, j’avais vraiment envie que son histoire d’amour avec Quentin fonctionne parce qu’elle me faisait aimer son personnage ! Alice me donnait envie d’aimer Quentin, qui devenait quelqu’un de meilleur à son contact ! [FIN DU SPOILER] Tous les autres personnages souffrent du même problème que Quentin : arrogants et insupportables parce qu’ils sont malheureux. C’est le cas d’Eliot, mais il est plus destructeur avec lui-même que Quentin ; c’est aussi le cas de Janet. Josh, lui, cache quelque chose, et semble complètement indifférent à tout.

Pour le rapprochement avec Narnia : j’ai clairement l’impression que The Magicians est une réécriture de cette série. Les livres Fillory sont les livres Narnia ; les Chatwin sont les Pevensee. Même la découverte de Brakebills ressemble à la découverte de Narnia par Lucy dans l’armoire !

Sinon, j’ai aimé le décor, mais j’aurais aimé en voir plus, avoir plus de détails. J’ai aussi aimé la façon dont la magie est décrite, ce qu’elle est, comment elle fonctionne. Je n’ai jamais lu un livre qui présentait la magie de cette façon, c’était original et recherché ! [SPOILER] J’ai adoré le passage des oies, ainsi que celui des renards ; je trouve fascinant de se retrouver dans la tête d’animaux ! On reconnaît, en quelque sorte, leur intelligence, différente de la nôtre, mais bien présente ! J’ai aussi adoré la partie Antarctique du livre ! [FIN DU SPOILER] Le monde présenté dans la seconde partie du livre était génial, et [SPOILER] je suis heureuse d’y retourner dans le tome suivant !! Je veux en savoir plus, même si les personnages sont effrayés, et que ce monde est sombre et dangereux ! [FIN DU SPOILER] J’ai été surprise par plusieurs événements qui ont lieu dans la troisième partie du roman, comme [SPOILER] l’identité de la Bête, et la mort d’Alice. Bien sûr, tout le monde ne pouvait pas survivre, mais tuer Alice ? Sérieusement ? [FIN DU SPOILER] Je lirai donc le deuxième tome, mais je vais tenter de réduire mes attentes !

 

Donc, je ne sais pas si on peut dire que j’ai passé un bon moment, mais c’était tout de même une belle découverte. Je vais regarder la série TV, c’est sûr !

 

123456...128
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes