Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Avis littéraires'

Engrenages et sortilèges d’Adrien Tomas #plib2020

Posté : 25 janvier, 2020 @ 12:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, JeunesseEngrenages et sortilèges

Editeur : Rageot

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 474

Synopsis : Grise et Cyrus sont élèves à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent, ils doivent fuir ensemble et chercher refuge dans les Rets, sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont d’autre choix que de faire alliance…

 

Avis : Engrenages et sortilèges fait partie des livres pour lesquels j’ai votés pour le premier tour du Plib !

Ce roman m’intéressait d’abord grâce à l’Académie dans laquelle se trouvent les deux protagonistes, mais aussi pour le mélange apparent entre magie et technologie. En effet, c’est une école de « Sciences Occultes et Mécaniques » ! Mix, donc, entre Fantasy et Steampunk ! J’étais aussi persuadée, je ne sais pas pourquoi, que c’était le premier tome d’une série : c’est, en fait, un standalone ! Hourra !

J’avais raison pour les éléments qui m’intriguaient : j’ai beaucoup aimé les passages qui se déroulaient dans l’école, et j’aurais aimé en voir davantage ! J’ai également adoré cette façon de mettre au même niveau magie et technologie, sortilèges et travail manuel !! Je l’ai rarement vu dans une œuvre littéraire ! Le lecteur comprend que les élèves des deux factions se détestent, et qu’en quelque sorte, les professeurs alimentent cette inimitié ; mais je me doutais dès le début que le rapprochement entre un magicien et une mécanicienne avait pour but de faire changer les choses, en tout cas, entre ces deux personnages. J’ai également beaucoup aimé l’univers, les quelques aperçus de la politique que l’on a, les quelques découvertes que les adolescents font. Dernier élément que j’ai beaucoup aimé : Quint ! Comment résister à un chat qui parle ?!

Mais, je ne suis pas parvenue à entrer complètement dans ce livre malheureusement. Preuve en est que, quand les personnages risquent leur vie, je n’ai rien ressenti. Et j’ai eu énormément de mal avec la façon qu’a Grise de constamment rabaisser les autres filles autour d’elle, parce qu’ELLE est différente … Et alors ce mot de « grelucherie » … Très agaçant ! Tout comme l’inévitable romance

 

Donc, un bon roman pour le message de tolérance qu’il délivre à propos du travail manuel, souvent dénigré dans notre société ; mais moins bon quand il s’agit de la perception de Grise !

 

#ISBN9782700259360

Sherlock Holmes, book 1: A Study in Scarlet d’Arthur Conan Doyle

Posté : 23 janvier, 2020 @ 2:37 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique, PolicierA Study in Scarlet

Editeur : Penguin (The Penguin Sherlock Holmes Collection)

Année de sortie : 2011 [1887]

Nombre de pages : 162

Titre en français : Sherlock Holmes, tome 1 : Une étude en rouge

Synopsis : ‘There’s the scarlet thread of murder running through the colourless skein of life, and our duty is to unravel it, and isolate it, and expose every inch of it.’

From the moment Dr John Watson takes lodgings in Baker Street with the consulting detective Sherlock Holmes, he becomes intimately acquainted with the bloody violence and frightening ingenuity of the criminal mind.

In A Study in Scarlet, Holmes and Watson’s first mystery, the pair are summoned to a south London house, where they find a dead man whose contorted face is a twisted mask of horror. The body is unmarked by violence but on the wall a mysterious word has been written in blood.

The police are baffled by the circumstances of the crime. But when Sherlock Holmes applies his brilliantly logical mind to the problem he uncovers a tragic tale of love and deadly revenge…

 

Avis : N’arrivant pas à laisser la série Sherlock derrière moi, je me suis dit que c’était le bon moment pour commencer la série des Aventures de Sherlock Holmes !

Je me souviens avoir lu Le Chien des Baskerville il y a un moment maintenant – plus de dix ans je crois ! J’avais aimé, mais l’édition ne me plaisait pas du tout, et je n’avais jamais retenté par la suite une autre aventure de Sherlock Holmes. Il y a deux semaines maintenant, j’ai décidé de regarder la série Sherlock : je suis tombée raide dingue de cette série !! Depuis, je l’ai regardée à nouveau ! Et elle m’a décidée à lire les aventures originelles de Sherlock Holmes – dans l’ordre, évidemment !

J’ai d’abord été surprise par le style d’écriture : je l’ai trouvé très agréable, très accessible, facile à suivre, alors que je m’attendais, étrangement, à une forme de résistance, à une difficulté quelconque. Alors, certes, quand Sherlock Holmes commence à tout expliquer, je dois m’accrocher parfois – comme dans la série, dans laquelle il parle TELLEMENT VITE – mais, le reste du temps, c’est très fluide ! J’ai aussi immédiatement adoré le fait que ce soit John Watson le narrateur ! Le lecteur se sent tout de suite très proche de lui ; ce n’aurait sans doute pas été le cas avec Sherlock Holmes ! Watson rend le détective plus accessible et plus humain en nous le faisant découvrir à travers ses yeux ! J’ai aimé lire leur rencontre, le naturel des dialogues, et la beauté de la langue – j’ai souligné de nombreuses citations dans ce premier tome !

J’ai adoré découvrir toutes les références réalisées dans la série par les scénaristes quand ils ont produit le premier épisode de la saison 1, « A Study in Pink » : j’ai annoté le livre avec plaisir, en notant les ressemblances et les divergences ! Je suis retombée amoureuse de Sherlock Holmes, de son intelligence, de son mépris des conventions sociales, de sa confiance en soi ; et je me suis représenté tous les personnages sous les traits des acteurs, malgré le fait que l’époque ne soit pas la même ! J’ai adoré la construction de la relation entre Sherlock et Watson, combien ce dernier est émerveillé par les talents de déduction du détective, et combien Sherlock est flatté par cette réaction. Le lecteur comprend rapidement que ce ne sont pas les lauriers qu’il récolte quand il travaille pour Lestrade ou Gregson : ceux-ci semblent globalement le mépriser, et parlent de lui comme d’un amateur.

J’ai été un peu surprise par le début de la deuxième partie : j’ai toujours un peu de mal avec les incipit, donc j’ai eu de petites difficultés à entrer dans cette nouvelle histoire, surtout que Sherlock et Watson ne s’y trouvaient pas ! J’ai fini par m’y faire pour autant !

J’ai adoré la fin : Watson veut rendre Sherlock célèbre, ou au moins le faire connaître, pour ses talents, et faire en sorte que la police ne recueille pas toutes les louanges alors que c’est lui qui permet de résoudre l’enquête ! J’ai vraiment hâte de lire The Sign of Four

 

Donc, un très bon premier tome, qui permet de mettre en place la relation à venir entre Sherlock et Watson, ainsi que la célébrité à venir du grand détective !

Magic Charly, tome 1 : L’Apprenti d’Audrey Alwett #plib2020

Posté : 18 janvier, 2020 @ 2:29 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, JeunesseMagic Charly

Editeur : Gallimard Jeunesse

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 410

Synopsis : On peut avoir un chat doué de capacités hors du commun et tout ignorer de l’existence des magiciers. C’est le cas de Charly Vernier, jusqu’à ce qu’il découvre que sa grand-mère pourrait être un membre éminent de cette société. Mais elle court un grave danger. S’il veut la sauver – et se sauver lui-même -, Charly n’a pas le choix, il lui faut devenir apprenti magicier.

Beignets de prédilection, grimoires volants, serpillière enchantée et pilleur d’âmes … Bienvenue dans le monde ensorcelant de Magic Charly !

 

Avis : J’ai reçu ce livre grâce au système des livres voyageurs du Plib !

Avant même de le découvrir dans la sélection du prix, Magic Charly était dans ma wish-list : j’étais intriguée par la relation entre Charly et sa grand-mère, et par cet univers de magiciers ! Et c’est effectivement un des aspects du livre que j’ai le plus apprécié ! J’ai aimé voir le lien se retisser entre Charly et Dame Mélisse, les voir si proches, et pourtant si éloignés l’un de l’autre, vu la situation de la grand-mère du héros. C’est une sorte de relation douce-amère : la grand-mère est présente physiquement, mais absente mentalement, ce qui occasionne de la souffrance à sa famille. C’est touchant, sans être larmoyant.

J’ai également aimé l’univers, même si celui-ci m’a parfois fait penser à celui d’Harry Potter – notamment le fait que les non-mages aient un nom spécifique, ou qu’il y ait une sorte de Draco Malefoy en la personne de Thibalt Dendelion. Bien sûr, ce n’était pas de la réécriture pure et simple ; simplement des éléments qui m’ont fait penser à cette série. J’ai adoré l’idée de familier, ainsi que celle des grimoires liés à leur propriétaire. Comme avec Harry Potter, le lecteur découvre le monde des magiciers en même temps que Charly, qui n’a pas grandi dans ce monde de magie. Celle-ci a un prix, et n’est pas inépuisable – j’ai eu un peu de mal avec cette idée, notamment quand le type de magie de Charly est révélé. J’ai aussi eu un peu de mal avec le fait qu’il soit possible d’initier n’importe qui à la magie. Gros point positif pour ce roman cela dit : son humour. J’ai parfois éclaté de rire – par exemple, avec Pépouze et ses interventions ! Seul défaut de ce livre peut-être – et qui n’en est pas un, ce sont simplement mes goûts – : je l’ai trouvé un peu trop jeunesse au début, et j’ai eu du mal à vraiment entrer dans l’histoire et à m’y intéresser à fond – sans doute aussi parce que je regardais, en même temps que je lisais ce livre, une série tellement passionnante qu’elle a annihilé tous les autres médias qui m’approchaient.

Concernant les personnages, je les ai beaucoup appréciés. Charly est assez atypique : grand adolescent noir, il réprime ses émotions d’une façon que je n’avais jamais rencontré dans aucun roman ou média. J’ai aussi aimé sa façon de se sortir des ennuis, cela participe à son charme. Il ne se prend pas du tout pour un héros, ou un élu, et il n’est jamais considéré comme tel par qui ce soit. June, quant à elle, est l’amie casse-cou – il est rafraîchissant que ce soit une fille qui endosse ce rôle, et on peut dire qu’elle met la barre assez haut ! Elle est charmante par son manque de considération pour les conséquences de ses actes. Enfin, Sapotille est l’intello de service introvertie : elle ne veut pas avoir de contacts avec ses camarades, et elle se cache derrière des vêtements trop amples pour qu’on ne la remarque pas. Elle n’est pas véritablement imbue de sa personne, mais elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, sans filtre. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Césaria, la mère de Charly. [SPOILER] J’ai aimé qu’elle soit cette espèce d’« interface » entre le monde de la magie et le monde ordinaire. [FIN DU SPOILER]

La fin est assez intrigante et donne envie de lire la suite sans que ce soit absolument nécessaire immédiatement.

 

Donc, un bon premier tome, qui laisse envisager une bonne suite !

 

#ISBN9782075121453

Thorngrove de Cécile Guillot #plib2020

Posté : 12 janvier, 2020 @ 3:41 dans Avis littéraires, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique Thorngrove

Editeur : Lynks

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 270

Synopsis : Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites.
Lorsque Madeline débarque à Oakgrove et s’intéresse d’un peu trop près à Thorngrove, elle déclenche une série d’événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller…

Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. On raconte que jadis, des jumelles y ont vécu. Que l’une d’elles est devenue la proie du Malin et a tué sa propre sœur… Qu’elles hantent toujours les lieux.

De nos jours, Madeline débarque à Oakgrove suite à la séparation de ses parents. Quand on lui demande de faire un dossier sur la ville, la jeune fille, curieuse d’en apprendre plus, pense tout de suite à la légende urbaine de Thorngrove. Mais son enquête pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées, menaçant la santé mentale déjà fragile de sa cadette, Meadow. Lorsque celle-ci se met à agir de manière de plus en plus inquiétante, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller… et si les fantômes ne seraient pas réels.

 

Avis : Sélectionné pour le plib 2020, ce livre m’a été offert pour Noël !

Thorngrove avait tout pour me plaire : manoir abandonné, malédiction, forêt sinistre, jumelles. La quatrième de couverture comportait aussi un commentaire de Vincent Tassy disant que l’autrice « modernise à merveille les codes de la littérature gothique« . Je me suis dit que ce serait sans doute un de mes cinq finalistes. Quelle déception 

En essayant de dégager des points positifs pour faire cette chronique, je me suis rendu compte que je n’en trouvais aucun : rien ne m’a plu dans ce roman, et j’en suis sortie agacée. Dès le début, j’ai eu énormément de mal avec le ton, étant donné que nous nous trouvons dans la tête de la narratriceMadeline, une adolescente de 17 ans, il me semble. Le nombre de clichés qu’elle débite, la façon dont elle considère les choses, son ton geignard et son absence de compassion/de compréhension pour les gens qui l’entourent me l’ont très vite rendue antipathique. Je peux comprendre que ce soit une jeune fille qui vit des événements difficiles ; j’ai eu davantage de mal avec une espèce d’hypocrisie que je perçois chez elle, notamment envers sa petite sœur, Meadow – mais j’y reviendrai. Mais cela n’aurait pas suffi à ne pas me faire aimer ce livre. Le ton de Madeline contamine le récit, ce qui fait que je n’ai pas réussi à apprécier l’écriture. Je n’ai pas compris l’emploi de certains éléments, par exemple, les journaux des jumelles André, notamment parce qu’ils ne sont pas réexploités ensuite, pour apporter une explication par exemple.

Ce qui m’a vraiment agacée maintenant : les références à The Haunting of Hill House, que ce soit le livre ou la série TV. Dans le roman de Shirley Jackson, et dans la série qui est adaptée à partir de lui, il existe une atmosphère très particulière, oppressante, une ambiance sombre, très gothique. Ce ne fut pas du tout le cas dans Thorngrove pour moi. Je n’ai pas ressenti d’atmosphère ni d’ambiance, encore moins quand celle-ci est décrite quand les personnages entrent dans la maison. Et je reviens sur l’hypocrisie de Madeline avec sa sœur – hypocrisie qu’elle reconnaît d’ailleurs, heureusement ! Meadow est considérée comme « fragile mentalement », ou même, dit plus crûment à certains moments, comme folle. Et je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout, accroché au traitement de la maladie mentale dans ce roman. Il m’a paru trop facile, et m’a dérangée.

Quant à la fin, je l’ai trouvée beaucoup trop rapide et abrupte. Aucune explication n’est fournie, et le lecteur n’a pas le temps d’enregistrer toutes les informations que déjà, le roman est terminé. Je suis donc sortie de ma lecture avec un goût amer, et l’impression de m’être fait avoir. 

 

Donc, une réelle déception. 

 

#ISBN9791097434373

Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg

Posté : 11 janvier, 2020 @ 2:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-fictionChroniques du Pays des Mères

Editeur : Mnémos

Année de sortie : 2019 [1992]

Nombre de pages : 485

Synopsis : Attention, spoilers dans le synopsis !

Sur une Terre dévastée, le Pays des Mères a pu s’établir grâce au recours des femmes à une insémination artificielle incertaine car les hommes sont devenus rares, un virus déséquilibrant les naissances. La jeune Lisbéï sait qu’elle est promise au titre de « Mère ». Pourtant, son destin se révélera tout autre quand elle apprendra sa stérilité. Loin de chez elle, devenue « exploratrice », elle accomplira l’un de ses rêves les plus chers : découvrir les secrets du passé lointain du Pays des Mères.

Chroniques du Pays des Mères nous propose une réflexion douce, intime et profonde sur ce que pourrait être un monde blessé, entretenu et réparé par les femmes. Son écriture, son style comme ses thématiques entrent tout particulièrement en résonance avec les questions contemporaines.

Elisabeth Vonarburg est une des figures les plus marquantes de la science-fiction, reconnue tant dans la francophonie que dans l’ensemble du monde anglo-saxon.

Chroniques du Pays des Mères a remporté le prix spécial Philip K. Dick, le Grand Prix québécois de la SF, ainsi que le prix Aurora et le prix Boréal.

L’autrice a reçu en 2018 le Prix Extraordinaire des Utopiales pour l’ensemble de sa carrière littéraire.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service presse, je remercie encore la maison d’édition ! Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir Elisabeth Vonarburg, j’en ai profité en voyant cette sortie !

Nous sommes accueillis dans le livre par la préface de Jeanne-A Debats, que j’ai beaucoup aimé ! Elle traite de science-fiction féministe, et récuse les accusations d’utopies misandres que certains de ses romans peuvent attirer. J’ai adoré son ton, son ironie, et elle m’a donné envie de lire davantage de SF féministe !

Ce roman va nous faire suivre la vie de Lisbéï, la première née de la Mère de Béthély. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans un monde très différent du sien : dans le Pays des Mères, ce sont les femmes qui dirigent après la rébellion des femmes esclaves des Harems. A Béthély, c’est le féminin qui domine donc dans la langue : on ne dit pas « un bébé », mais « une bébé », comme « une enfante ». C’est un peu perturbant au début, mais c’est tout à fait logique : la langue montre aussi un certain reflet de la société dans laquelle nous vivons. Et elle n’est pas la même d’une région à une autre : certaines d’entre elles ont gardé des habitudes des époques précédentes. J’ai vu dans ce roman une sorte de féminisme subtil, qui nous montre à la fois la façon dont les femmes sont traitées actuellement, et comment une société entièrement dominée par les femmes pourraient être. Le but est l’équilibre, quelque chose de compliqué, mais de réalisable.

Certes, Chroniques du Pays des Mères est un roman de science-fiction, mais pas de ceux qui sont bourrés d’action, avec des vaisseaux spatiaux partout, et des scènes de bataille épiques. C’est une lecture lenteimmersive : c’est véritablement tout un univers différent que l’on découvre, ses habitudes, ses principes, son organisation, sa religion. Et je m’y suis sentie bien, à l’aise, comme dans un nouveau chez-soi. C’est écrit de telle sorte qu’on dirait quelque chose de el, de tout à fait possible. En effet, les femmes dirigent après s’être rebellées contre les hommes, qui les avaient réduites en esclavage. On pourrait prendre parler de science-fiction post-apocalyptique : la terre a été dévastée par les hommes, qui l’ont polluée et l’ont vidée de ses ressources. C’est un futur lointain, où les femmes tentent de réparer les erreurs des gouvernements précédents en prenant les choses en mains. Mais, bien sûr, cette façon de vivre a de gros problèmes que Lisbéï comprend au fil des pages. Le lecteur, lui, le voit immédiatement : notre monde est simplement inversé, et les hommes sont considérés comme des sous-femmes. Il n’y a pas vraiment de violence physique – le problème est évacué par cette société – mais un autre type de violence, tellement dévastateur qu’il coûte des vies. J’ai eu si mal au cœur de lire certains passages concernant le Service : [SPOILER] c’est à la fois cruel pour les femmes et pour les hommes, surtout en sachant qu’aucun des eux n’a le droit de connaître et d’élever ses enfantes. Mon cœur a saigné pour Dougall, pour Toller, et pour certains des hommes que l’on rencontre dans ce roman ! [FIN DU SPOILER] Mais, même si les hommes sont considérés de cette façon, cela ne fait pas de ce roman une utopie misandre, loin de là. Le lecteur comprend bien que le système mis en place n’est pas idéal, qu’il occasionne trop de souffrance pour être considéré comme parfait, qu’il a des limites, et que les personnages s’en rendent compte au fur et à mesure, notamment Lisbéï en grandissant. Jamais la situation des hommes n’est considérée comme juste, comme le Service n’est jamais considéré sain : c’est une obligation pour repeupler le Pays des Mères, pas un idéal de vie.

Sur le coup, j’ai été surprise par le côté religieux du roman. J’ai vu Garde comme l’équivalent de Jésus, et j’ai aimé que les recherches de Lisbéï la poussent à s’interroger sur l’identité de Garde : humaine ? divine ? les deux à la fois ? Elle doit réfléchir à sa foi, mais aussi aux faits historiques ; un peu le même problème que certains avec Jésus, qui a véritablement existé, et qui est aussi censé être le fils de Dieu. J’ai aimé que Dieu soit remplacé par Elli – qui donne, par la même occasion, le pronom neutre, ce qui est très perturbant parfois ! -, et qu’il y ait également des fanatiques religieuses et des femmes violentes dans le roman. J’ai adoré le côté spirituel, la façon dont esprit et corps sont mêlés et explorés : c’est subtil, et beau à lire. J’ai adoré les passages de la taïtche, qui s’apparente pour moi à une méditation poussée à l’extrême. J’ai adoré le côté « mutation« , une sorte de mystère partagé par plusieurs personnages.

Concernant les personnages, j’ai été très touchée par les relations qui se tissent, ou manquent de se tisser entre eux. Lisbéï m’a paru très proche, sans doute parce que l’on découvre le monde à travers elle et ses journaux, parce qu’elle est la narratrice sans l’être. J’ai également adoré la majorité des êtres qui l’entourent : Tula, Guiséia, Selva, Mooréï (dont je me suis également sentie très proche), Toller, Kélys, Antoné (qui représente, avec Mooréï, la dichotomie science/religion [SPOILER] même si Antoné finit par intégrer cette dichotomie [FIN DU SPOILER])

Et la fin … C’était tellement énorme, je ne m’y attendais pas du tout ! J’ai ADORE !!

[SPOILER] Il est vrai que Kélys m’a toujours paru étrange, très mystérieuse, et complètement différente des autres personnages ; mais de là à imaginer cette fin ! [FIN DU SPOILER]

 

J’ai l’impression de ne pas du tout avoir fait justice à ce livre, comme c’est souvent le cas quand je finis un roman de cette envergure : je me sens toute petite, un peu perdue quand je tourne la dernière page, secouée. Et j’ai terriblement envie de recommander ce livre à tous : il demande du temps, des efforts, de la réflexion, et cela fait en partie sa valeur.

 

Donc, un excellent roman, sans aucun un chef-d’œuvre qui mérite d’être davantage lu et connu.

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