Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Lectures Communes'

Thorngrove de Cécile Guillot #plib2020

Posté : 12 janvier, 2020 @ 3:41 dans Avis littéraires, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique Thorngrove

Editeur : Lynks

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 270

Synopsis : Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites.
Lorsque Madeline débarque à Oakgrove et s’intéresse d’un peu trop près à Thorngrove, elle déclenche une série d’événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller…

Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. On raconte que jadis, des jumelles y ont vécu. Que l’une d’elles est devenue la proie du Malin et a tué sa propre sœur… Qu’elles hantent toujours les lieux.

De nos jours, Madeline débarque à Oakgrove suite à la séparation de ses parents. Quand on lui demande de faire un dossier sur la ville, la jeune fille, curieuse d’en apprendre plus, pense tout de suite à la légende urbaine de Thorngrove. Mais son enquête pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées, menaçant la santé mentale déjà fragile de sa cadette, Meadow. Lorsque celle-ci se met à agir de manière de plus en plus inquiétante, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller… et si les fantômes ne seraient pas réels.

 

Avis : Sélectionné pour le plib 2020, ce livre m’a été offert pour Noël !

Thorngrove avait tout pour me plaire : manoir abandonné, malédiction, forêt sinistre, jumelles. La quatrième de couverture comportait aussi un commentaire de Vincent Tassy disant que l’autrice « modernise à merveille les codes de la littérature gothique« . Je me suis dit que ce serait sans doute un de mes cinq finalistes. Quelle déception 

En essayant de dégager des points positifs pour faire cette chronique, je me suis rendu compte que je n’en trouvais aucun : rien ne m’a plu dans ce roman, et j’en suis sortie agacée. Dès le début, j’ai eu énormément de mal avec le ton, étant donné que nous nous trouvons dans la tête de la narratriceMadeline, une adolescente de 17 ans, il me semble. Le nombre de clichés qu’elle débite, la façon dont elle considère les choses, son ton geignard et son absence de compassion/de compréhension pour les gens qui l’entourent me l’ont très vite rendue antipathique. Je peux comprendre que ce soit une jeune fille qui vit des événements difficiles ; j’ai eu davantage de mal avec une espèce d’hypocrisie que je perçois chez elle, notamment envers sa petite sœur, Meadow – mais j’y reviendrai. Mais cela n’aurait pas suffi à ne pas me faire aimer ce livre. Le ton de Madeline contamine le récit, ce qui fait que je n’ai pas réussi à apprécier l’écriture. Je n’ai pas compris l’emploi de certains éléments, par exemple, les journaux des jumelles André, notamment parce qu’ils ne sont pas réexploités ensuite, pour apporter une explication par exemple.

Ce qui m’a vraiment agacée maintenant : les références à The Haunting of Hill House, que ce soit le livre ou la série TV. Dans le roman de Shirley Jackson, et dans la série qui est adaptée à partir de lui, il existe une atmosphère très particulière, oppressante, une ambiance sombre, très gothique. Ce ne fut pas du tout le cas dans Thorngrove pour moi. Je n’ai pas ressenti d’atmosphère ni d’ambiance, encore moins quand celle-ci est décrite quand les personnages entrent dans la maison. Et je reviens sur l’hypocrisie de Madeline avec sa sœur – hypocrisie qu’elle reconnaît d’ailleurs, heureusement ! Meadow est considérée comme « fragile mentalement », ou même, dit plus crûment à certains moments, comme folle. Et je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout, accroché au traitement de la maladie mentale dans ce roman. Il m’a paru trop facile, et m’a dérangée.

Quant à la fin, je l’ai trouvée beaucoup trop rapide et abrupte. Aucune explication n’est fournie, et le lecteur n’a pas le temps d’enregistrer toutes les informations que déjà, le roman est terminé. Je suis donc sortie de ma lecture avec un goût amer, et l’impression de m’être fait avoir. 

 

Donc, une réelle déception. 

 

#ISBN9791097434373

The House at Riverton de Kate Morton

Posté : 9 décembre, 2019 @ 8:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | 2 commentaires »

Genre : Historique The House at Riverton

Editeur : Pan McMillan

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 599

Titre en français : Les Brumes de Riverton

Synopsis : A STORY OF LOVE, MYSTERY, AND A SECRET HISTORY REVEALED

Summer 1924

On the eve of a glittering society party, by the lake of a grand English country house, a young poet takes his life. The only witnesses, sisters Hannah and Emmeline Hartford, will never speak to each other again.

Winter 1999

Grace Bradley, ninety-eight, one-time housemaid at Riverton Manor, is visited by a young director making a flm about the poet’s suicide. Ghosts awaken and old memories – long consigned to the dark reaches of Grace’s mind – begin to sneak back through the cracks. A shocking secret threatens to emerge, something history has forgotten but Grace never could.

Set as a war-shattered Edwardian summer surrenders to the decadent twenties, The House at Riverton is a thrilling mystery and a compelling love story.

 

Avis : J’avais envie de lire Kate Morton depuis un moment : il m’a fallu un petit coup de pied aux fesses et une lecture commune avec Aurore et Sarah pour me lancer !

Pour résumer rapidement cet avis, qui sera sans doute long : J’AI ADORE ! 

C’est le premier livre recommandé pour les fans de Downton Abbey que j’adore, et qui est vraiment à la hauteur de la série TV ! Je me souviens encore de l’échec cuisant de Belgravia de Julian Fellowes ! Je me méfie donc, maintenant, des livres de ce genre ! Mais là, j’ai ressenti, en lisant, exactement ce que je ressens en regardant la série : l’impression de faire partie de la famille, de me retrouver chez moi ! J’ai moins eu l’impression de faire partie d’un groupe soudé en ce qui concerne « downstairs », mais cela n’a pas du tout gâché la lecture pour autant, et cela s’explique par le fait que Grace est clairement concentrée sur ce qui se passe en haut, sur la famille, davantage que sur les gens avec lesquels elle vit en bas. Je me suis sentie très proche de Grace, et de ses proches, en lisant : au fil des pages, elle devenait de plus en plus réelle, une amie que l’on écoute pendant plus de 500 pages. Bien sûr, l’époque aide, puisque c’est la même que Downton Abbey ! Du coup, certains personnages étaient pour moi ceux de la série : Mr. Hamilton était Carson, Mrs. Townsend était un peu Mrs. Patmore, Alfred, évidemment, était Alfred, Mrs. Tibbit avait quelque chose de cette satanée O’Brien, Lady Clementine était Rosamund, et Lady Violet Ashbury était Lady Violet Grantham ! Hannah m’a fait penser à Mary, et Emmeline avait des airs de Rose ! J’ai été absorbée par ce livre, transportée à Riverton, dans la chambre de Grace, à Grosvenor Square : c’était formidable ! C’était comme de rentrer chez soi !

Mais, ce livre avait plus qu’une atmosphère Downtonesque : il était aussi très gothique ! COMMENT NE PAS AIMER UN TEL LIVRE ?!! La note de l’autrice m’a convaincue que je n’avais pas rêvé : elle énumère tous les procédés gothiques qu’elle a utilisés pour écrire son livre ! Dès la toute première phrase, le lecteur sait que l’autrice est très influencée par Daphné du Maurier, puisque la première phrase – et, en quelque sorte, le premier chapitre – est une réécriture du début de Rebecca ! Mais quel plaisir !! Je n’ai qu’une envie : relire ce livre pour traquer tous ses aspects gothiques !

Comme je l’ai dit plus haut, je me suis sentie très proche de Grace. C’est une vieille femme, une grand-mère, quand nous la rencontrons pour la première fois, mais elle raconte aussi son histoire quand elle était jeune fille à Riverton. Je ne sais pas si c’est la double narration ou simplement le fait que le personnage est adorable, mais j’ai autant aimé les deux intrigues, le passé et le présent. Le dernier tourne autour de sa relation avec son petit-fils, et la façon dont elle tente de lui tendre la main, de communiquer avec lui. Elle m’a tant émue ! J’ai eu plusieurs fois envie de pleurer ! [SPOILER] Je ne sais pas si vous imaginez ma frustration en apprenant qu’elle ne se marie pas avec Alfred, et en apprenant avec qui il se marie ! J’étais tellement contente d’apprendre qu’ils se sont retrouvés plus tard !! [FIN DU SPOILER] J’étais complètement pour la romance (et je veux dire par-là, pour les DEUX romances) !!

Concernant le passé : Grace a un secret qu’elle ne veut pas partager ; mais elle a besoin de le faire. C’est trop lourd pour elle, comme si ça la maintenait sur terre alors qu’elle devait partir. Ce secret l’a torturé toute sa vie, et elle décide de « l’offrir » à Marcus. Elle a besoin de raconter ce qui est arrivé cette nuit, et ce qui a mené à tout cela. Quel mystère ! J’avais deviné certaines choses, mais pas la grosse révélation !! [SPOILER] Quel choc en voyant la scène !! J’étais si sûre de mon hypothèse ! [FIN DU SPOILER] 

J’ai aussi adoré le fait que l’on voie les deux mondes, en haut, et en bas ; mais aussi le fait que la condition des femmes, dans les deux mondes, soit mise en avant. [SPOILER] Quand Hannah décide de se marier, elle ne se rend pas compte qu’elle quitte une situation stagnante pour une autre, quand le lecteur, lui, le sait déjà ! Elle ne peut pas vivre la vie dont elle rêve : il ne lui est pas permis de voyager, de travailler, d’être intelligente et pleine d’esprit, de s’intéresser à des sujets sérieux comme la politique ou la philosophie. Tellement frustrant ! J’étais si contente qu’Hannah et Robbie se correspondent si bien ! Quelle fin cruelle !! (mais quelle fin gothique en même temps !!) [FIN DU SPOILER] Grace et Hannah sont « prisonnières » de deux manières différentes : Grace est en bas de l’échelle sociale, quand Hannah, tout en haut, ne peut pas choisir ce qu’elle fait de sa vie. Leur relation est belle en un sens [SPOILER] mais aussi très toxique : Grace vit par procuration à travers Hannah. Pour elle, elle refuse d’épouser Alfred, à ma grande frustration, alors qu’il est très clairement l’amour de sa vie !! En fin de compte, cette relation « privilégiée » gâche tout : Grace voulait être aimée d’Hannah comme une sœur, appartenir, même un peu, à son monde, et lui a menti pour être proche d’elle. Le lecteur peut comprendre sa culpabilité à la fin : quel gâchis !! [FIN DU SPOILER]

Enfin, l’écriture : j’avais déjà envie de lire tous les romans de Kate Morton, mais là, ils ont fait un bond pour rejoindre le sommet de ma wish-list ! J’ai adoré l’écriture de l’autrice : j’ai relu plusieurs passages, j’ai annoté, j’ai encadré, souligné. Elle parvient à capter le moment et réussit à mettre des mots sur ce que l’on ressent, des mots que l’on n’aurait pas trouvé nous-mêmes : quel talent !

 

Donc, j’en veux plus, et j’ai bien l’intention de continuer à lire Kate Morton en 2020 ! Ai-je besoin de préciser que ce livre est un coup de cœur ?

Relecture : Anna Karénine de Léon Tolstoï

Posté : 22 novembre, 2019 @ 6:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : Classique Anna Karénine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [1877]

Nombre de pages : 985

Synopsis : Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.

Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.

Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.

Vladimir Nabokov

 

Avis : Il y a tant à dire sur ce livre … je pourrais en parler et l’analyser pendant des heures. Je vais me contenter de donner « brièvement » mon avis.

Cette relecture fut un peu compliqué : tout d’abord, je ne me souvenais pas, ou je n’avais pas fait attention, à l’époque, à la misogynie de tous les personnages masculins, et de la société en général. Cela m’a empêché d’aimer pleinement certains d’entre eux, que j’avais adoré lors de la première lecture, comme Stepan ou Lévine. Ensuite, j’ai proposé Anna Karénine comme première lecture pour le club que j’ai monté avec plusieurs abonnées et amies : je ne me suis pas rendu compte, naïvement, que le roman n’allait pas plaire à tout le monde, et qu’Anna pouvait être vue différemment de la façon dont je la vois personnellement. Anna et ce roman font partie de moi, de mon cœur, de mon âme, et de ma formation de lectrice ; le partager n’était pas la meilleure idée, parce que c’était comme d’offrir cette part de moi à d’autres, que je ne connais pas très bien, et qui ne me connaissent pas non plus. Mais je ne regrette pas : j’ai potentiellement motivé de nouvelles lectrices à découvrir ce chef-d’œuvre !

En fin de compte, après cette relecture, et malgré quelques défauts plus visibles cette fois, j’aime toujours autant ce livre : il fait toujours partie de mes favoris, il a toujours une place très spéciale pour moi, notamment parce que je me sens souvent extrêmement proche d’Anna, ce qui est parfois particulièrement douloureux à la lecture. Se voir décrite, comprendre des choses sur soi en lisant les mots d’un auteur russe des années 1870, c’est bouleversant, et parfois très gênant. Pendant cette relecture, je me suis aussi rendu compte que j’étais très proche de Lévine : une sorte de mélange entre les personnages qui m’apparaissent comme étant les principaux de ce roman. En effet, les vies d’Anna et de Lévine me semblent être les plus suivies ; le narrateur se penche parfois sur d’autres personnages, comme Kitty, Vronski, ou Karénine, mais il ne le fait pas systématiquement ; c’est, au contraire, souvent pour nous ramener à ces deux personnages. En revanche, relecture ou non, je suis toujours aussi choquée par la capacité de Tolstoï à décrire le cœur humain : comme je l’ai dit, se retrouver ainsi entre les pages, se comprendre, c’est une expérience très particulière ! Toujours aussi choquée aussi par sa capacité à créer des êtres complexes : j’ai l’impression que ces personnages sont réels, existent réellement quelque part, que toute cette histoire est arrivée ! Tous sont différents, aucun ne se ressemble : ils sont uniques !

Cette fois, à la relecture, étant plus âgée et plus mature, j’ai compris tout un tas de choses par rapport à la première lecture : [POTENTIEL SPOILER POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS DU TOUT L'HISTOIRE] étrangement, la première fois, j’ai cru que c’était la relation d’Anna qui choquait la société, qu’elle était repoussée à cause de sa relation charnelle avec Vronski. Mais pas du tout. Si Anna est repoussée, ce n’est pas parce qu’elle a des relations sexuelles avec un autre homme que son mari, c’est bien parce qu’elle aime un autre homme, et ce passionnément. [FIN DU SPOILER POTENTIEL] Cette hypocrisie m’a profondément dégoûtée et n’a fait qu’accroître mon amour pour Anna, coincée dans une situation intenable. [SPOILER] Comme j’avais déjà lu ce roman, je ne m’attendais pas à m’effondrer comme je l’ai fait en lisant la fin de la septième partie. C’était dévastateur ! Tant de souffrances, pour aboutir à un tel gâchis … [FIN DU SPOILER] 

Je me suis aussi rendu compte, à la lecture, des parallèles faits entre les deux couples mis en avant dans le roman : quand l’un est dépravé, voué à l’échec et stigmatisé, l’autre est porté aux nues, pur, innocent, magnifique. On peut même y voir une sorte de trinité : [SPOILER] Anna/Vronski, l’amour passion ; Kitty/Lévine, l’amour pur et domestique, parfait ; Stepan/Dolly, l’amour fané. Anna est passionnément amoureuse de Vronski, ce qui crée entre eux une relation tumultueuse et sauvage ; Kitty est innocente et pure quand elle arrive entre les bras de son mari, qui se permet des remarques TELLEMENT misogynes, mais c’est tout à fait normal, l’homme doit être maître chez lui, n’est-ce pas ? – HAHA – ; Dolly reste par habitude, parce qu’elle n’a pas la volonté de divorcer, parce qu’elle éprouve parfois, encore une forme de tendresse pour son mari. Elle est, en quelque sorte, une image d’Anna si elle était restée avec son mari ; mais pas tout à fait, tant elles sont différentes. [FIN DU SPOILER]

Enfin, à la relecture, j’ai moins apprécié certaines parties à la campagne : Lévine avait moins d’attraits parce que j’avais perçu ses défauts – certains nous sont communs d’ailleurs ! Et j’ai eu du mal avec la huitième partie : elle ne montre pas assez l’impact du dernier événement sur les personnages. J’aurais aimé voir ses conséquences, connaître leurs pensées à tous, leurs réactions ; c’est dommage ! [SPOILER] En revanche, contrairement à la première lecture, j’ai compris que Vronski partait pour mourir ou, en tout cas, que cela semble être son intention ! [FIN DU SPOILER]

Petit bonus : mes scènes préférées : le moment où Anna lit dans le train, [SPOILER] les retrouvailles avec Serge [FIN DU SPOILER], le bal où Anna rencontre Vronski, le dernier paragraphe de la septième partie. Les scènes que j’ai le moins appréciées : les élections, la fin, les scènes de chasse.

 

Donc, toujours conquise, à jamais proche d’Anna.

Swords and Fire, book 2: The Defiant Heir de Melissa Caruso

Posté : 12 octobre, 2019 @ 10:58 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : FantasyThe Defiant Heir

Editeur : Orbit

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 515

Titre en français : Les Faucons de Raverra, tome 2 : L’Héritière rebelle

Synopsis : Across the border, the Witch Lords are preparing for war.

But before an invasion of Raverra can begin, all seventeen Witch Lords must gather to agree a course of action. Lady Amalia Cornaro knows that this conclave might be her only chance to stifle the growing flames of war.

Amalia and her warlock Zaira must go behind enemy lines, using every ounce of wit and cunning they have to avert the coming conflict. If they fail, it will all come down to swords and fire.

The Defiant Heir continues the spellbinding story of courtly intrigue and dangerous magic that began with The Tethered Mage.

 

Avis : J’ai lu ce premier tome en lecture commune avec Aurore (lien à ajouter), qui me l’a offert pour mon anniversaire. Ce premier livre fut une belle découverte, et je savais que j’allais rapidement acquérir et lire la suite !

Et j’ai adoré, mais vraiment A-DO-RE ! Ce tome est meilleur que le premier ! J’ai adoré me retrouver dans un autre endroit de la carte, au Vaskandar, découvrir de nouveaux paysages, créatures et châteaux, et voir les Witch Lords de près ! On s’éloigne donc ici de Raverra et de l’Empire sérénissime pour voir un peu une autre partie du monde ! Certaines scènes étaient vraiment formidables, et j’aurais aimé les voir vraiment, me trouver dans le livre pour les vivre ! Ce deuxième tome est bourré d’action ! On passe d’une scène à une autre, tenu en haleine du début à la fin ! On retrouve les intrigues politiques, que j’adore toujours autant, mais cette fois, ce sont celles du Vaskandar que l’on découvre, beaucoup moins celles de l’Empire sérénissime ; les complots se dressent contre nos héros, afin de mettre leurs plans en pièces. Les horizons des personnages s’élargissent, et ceux du lecteur par la même occasion. J’ai été surprise par certaines révélations et certains rebondissements ! Honnêtement, j’étais aussi aveugle qu’Amalia et Marcello !!

Concernant les personnages : j’aime toujours autant l’héroïne et son Faucon ! Amalia montre encore plus de courage et de maîtrise dans ce tome, et Zaira m’agace tout en me faisant rire ! On retrouve d’autres personnages déjà connus, comme Terika, qui est plus présente ici que dans La Sorcière captive, un personnage vraiment rafraîchissant dans la série, un peu comme Istrella. La Contessa est moins présente, ce que je regrette un peu ; mais le livre était tellement bon que ça ne m’a pas dérangé en fin de compte. Au contraire, cela participe de l’évolution d’Amalia ; après tout, elle est supposée remplacer sa mère à partir d’un moment ! On retrouve également Ruven, un vieil ami ! De nouveaux personnages font leur apparition, comme Kathe, qui m’a instantanément séduite, Bree et Roland [SPOILER] et quand l’un d’eux meurt, oh, mon cœur s’est brisé en mille morceaux, même si on ne le connaît pas très bien ! [FIN DU SPOILER]

La romance est toujours présente, et est accompagnée ici par la formation d’un triangle amoureux. Et, vous savez quoi ? Je pensais qu’il allait davantage me déranger ! Il est plutôt équilibré : chaque prétendant représente quelque chose de particulier, un avenir différent pour Amalia. [SPOILER POTENTIEL] Je dois bien avouer qu’étant donné que je n’apprécie pas Marcello, je suis à cent pour cent pour qu’Amalia finisse avec Kathe !! [FIN DU SPOILER] Amalia est coincée entre le devoir et une « vie normale », entre des choix difficiles à faire toute sa vie, et juste se laisser aller. Elle a un rôle politique à jouer, et elle rêve parfois de les abandonner. Comme dans le premier tome, j’ai adoré ce moment patriotique dans lequel on sent tout le poids de l’Empire sérénissime sur les épaules d’Amalia, tout ce qu’elle représente quand elle se trouve devant une assemblée et qu’elle doit défendre son pays ! On ressent alors son pouvoir ; sa responsabilité la rend charismatique, éloquente, impressionnante ! Et, avec le devoir viennent les décisions impossibles à prendre : la dernière m’a brisé le cœur !!

La fin était explosive !! J’ai vraiment hâte de lire la suite pour voir où tout cela va mener les personnages !

 

Donc, un excellent deuxième tome, meilleur que le premier, qui fait de cette série Fantasy une de mes préférées !

 

Ombre, tome 2 : Les Illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton

Posté : 21 janvier, 2019 @ 2:43 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : FantasyLes Illusions de Sav-Loar

Editeur : Milady

Année de sortie : 2017 [2016] 

Nombre de pages : 861

Synopsis : Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées. Pour survivre et devenir magiciennes, il leur faut se réfugier dans la cité légendaire de Sav-Loar. Or Bleue n’est qu’une jeune esclave entre les griffes d’un seigneur sadique lorsque ses pouvoirs apparaissent. Certains de ses compagnons de captivité vont risquer leur vie pour tenter de la sauver, à commencer par Fèl, une beauté farouche qui ne rêve que de liberté. Leur fuite éperdue va précipiter le royaume dans une guerre impitoyable au cours de laquelle Bleue, dont la puissance s’affirme de jour en jour, pourrait bien changer le monde … 

 

Avis : J’ai lu L’Héritage des Rois-Passeurs en octobre 2018, et j’avais hâte de poursuivre mon exploration du royaume d’Ombre !!

Pourtant, j’ai attendu quelques mois parce que la taille du livre me faisait assez peur, je dois bien l’avouer. 861 contre à peu près 300 pour le premier tome ! Je me suis enfin lancée en janvier, avec mon amie Salomé (Kiss the Librarian), et aucune de nous n’a été déçue !!

Je ne sais même pas trop quoi commencer tellement ce livre est riche … Tout est magistral, tout est bien fait, tout respire le talent. J’ai tout adoré. L’écriture de Manon Fargetton est poétique, belle, agréable à lire, percutante parfois. Son univers est grandiose, que ce soit du côté des magiciens et de la couronne que du côté des magiciennes et de leurs secrets. Le lecteur découvre son histoire, son passé : ils sont livrés dans des versions différentes qui permettent de comprendre l’endoctrinement qu’ont subi certains personnages. J’ai adoré le passage sur la naissance de Sav-Loar ; je ne résiste pas à l’envie de vous mettre un extrait :

 

« L’image de la pleine lune s’imposa comme leur emblème et leur bannière, tel le faisceau d’un phare dans l’obscurité d’une mer houleuse. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante.

Ainsi débuta la nuit des magiciennes.

Ainsi démarra l’extinction méticuleuse des nôtres. […]

Mais aucune nuit n’est éternelle et, à chaque magicienne qui nous rejoint, c’est la clarté du matin qui s’approche. »

 

Je vous donne aussi les formules rituelles de Sav-Loar :

 

« Que l’aube des magiciennes te trouve en vie.

Que tes jours connaissent sa lumière. »

 

J’ai adoré sa magie, que ce soit au sens de l’émerveillement que j’ai ressenti en lisant, ou au sens du système magique, que je trouve très intéressant. La magie ordinaire fonctionne avec la lumière et connaît des degrés ; la magie spécifique aux femmes est fascinante ! J’ai adoré les décors, que ce soit Astria, que j’ai retrouvé avec plaisir, d’autres villes – dont je tairai le nom pour vous laisser la surprise ! – ou la forêt des Songes, qui est véritablement enchanteresse. Je dois souligner que j’adore les forêts, et donc en « visiter » une dans Les Illusions de Sav-Loar n’a fait qu’ajouter à mon plaisir de lecture ! Un autre décor : le désert. Il est tellement rare que j’apprécie ce genre de setting que je ne peux qu’applaudir quand un auteur me le fait aimer ! Lui est associé une culture esclavagiste et « orientale », où un homme possède un harem. A partir de là, je peux vous dire que le roman s’ouvre sur des scènes tout sauf agréables à lire : meurtre, viols, pédophilie, esclavagisme. J’ai remarqué que Manon Fargetton avait le don de commencer ses œuvres par ce genre de scène choc, qui accroche le lecteur et l’empêche de reposer le livre ; c’était déjà le cas dans L’Héritage des Rois-Passeurs, qui commence par le massacre en règle de toute une famille ! Cela n’est pas pour autant rédhibitoire, au contraire : j’avais tellement envie que les personnages que je venais de rencontrer se sortent de cette situation !! J’avais envie de voir l’éclosion de la magie, de voir l’évolution de Fèl, de Bleue, d’Amesân … Donc, il va sans dire que certaines scènes sont violentes, parfois glaçantes, et ne laissent pas le lecteur indemne. Elles provoquent des frissons, d’indignation, de colère ; l’injustice de certaines situations donne envie de hurler. D’autres scènes sont tout de même présentes pour provoquer d’autres types de frissons, de plaisir cette fois, notamment face à des événements attendus (ou pas !) En effet, le roman présente son lot de surprises, notamment [SPOILER] l’existence des Aranéides !! Je ne m’y attendais PAS DU TOUT ! [FIN DU SPOILER] ou la mort de certains personnages au « début » du roman – j’ai mis du temps à m’en remettre, comme les autres personnages ! Mais quel choc !! L’émotion est présente, et la romance aussi : elle ne m’a pas du tout dérangée, au contraire. Les couples qui se forment, qui sont déjà formés, m’ont tous touchés !! L’action est prenante : que ce soit une course contre la montre, ou une bataille en règle, le lecteur est plongé dans le monde créé par l’auteure, il se trouve auprès des personnages, il vit l’instant avec eux. Et je vous préviens, préparez-vous aux larmes, que ce soit au début ou à la fin, parce que l’auteure ne nous épargne pas, et eux non plus !! 

Et je dois dire qu’ils sont (presque) tous attachants ! Avec 861 pages passées à leur côté, difficile de ne pas au moins les apprécier, voire les aimer. Certains sont plus longs à dompter que d’autres ; ce fut le cas de Fèl pour moi. J’ai eu un peu de mal avec son caractère au début du roman. Manipulatrice, égoïste, elle ne pense qu’à sauver sa peau et à retrouver sa liberté sans se soucier de ceux qui l’entourent. Evidemment, le lecteur se rend vite compte de qui elle est vraiment, et de sa « véritable » personnalité. J’ai fini par l’adorer, et elle fait partie de mes personnages préférés, au même titre que Bleue. Le lecteur la rencontre pour la première fois enfant. Discrète maladive, elle serait heureuse si elle pouvait se rendre invisible ! Au fil des pages, elle grandit, évolue. Ce qu’elle vit est tellement dur à lire par moments … Certains passages qui concernent ces deux personnages sont si beaux qu’ils m’ont fait venir les larmes aux yeux – je pense à la page 247 et à la suite … Bouh, mon pauvre petit cœur !! Vient ensuite Amesân, que j’ai aimé dès le début !! Le roman nous donne de petits indices qu’à ce qu’il veut véritablement accomplir en choisissant les esclaves du Sker. Intelligent, doux, gentil, il est sous la domination d’un homme qu’il haït sans pouvoir le montrer. [SPOILER] Je ne pouvais pas croire qu’il meurt si tôt dans le livre ; honnêtement, j’ai dû relire pour comprendre, et même là, je me suis dit que c’était une erreur !! J’aurais tellement aimé le voir évoluer !! Rah !! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi beaucoup apprécié Guilhem et Tiriss, des opposés parfaits qui m’ont fait rire par leurs chamailleries constantes. Mais ma tendresse va à Oreb. Il m’a touchée comme rarement. Les passages qui le concernent étaient à la fois beaux et tristes. Son identité est mystérieuse – à force, j’avais deviné mouhahahaha -, mais sa bienveillance est sans faille. Le passage dans lequel le lecteur découvre son passé est d’une beauté … *frissons* Comme je ne cesse de le répéter, j’adore les groupes, dans lesquels j’ai l’impression d’avoir une place. J’ai voyagé avec eux, vécu avec eux. Evidemment, cette petite troupe rencontre de nombreux nouveaux personnages au fil de leurs aventures : Minuit, magicien renégat mystérieux, et qui attend la femme de sa vie depuis plus de vingt ans ; Manala, magicienne qui prône la supériorité du féminin, la vengeance sur les capes d’or, un monde de femmes, tutrice et tisseuse d’illusions ; Néphélie, l’opposée de Manala, que j’ai adorée !! ; Ashar, jeune garçon élevé chez les magiciennes, fils de l’une d’elles, mais toujours rejeté, jamais aimé ; Til’Enarion, avec qui le lecteur a une relation conflictuelle [SPOILER] qui évolue à mesure qu’il s’éduque et qu’il accepte et aime sa fille et les magiciennes, comme Bleue l’accepte et l’aime [FIN DU SPOILER]. Tellement de personnages grandioses, si peu de détestables (le Sker, évidemment !)

On retrouve aussi des personnages déjà connus du lecteur ; en effet, IL FAUT LIRE L’HERITAGE DES ROIS-PASSEURS AVANT Les Illusions de Sav-Loar !! Quelle joie, quel bonheur de constater que la timeline de ce deuxième tome rejoint celle du premier !! J’ai pu retrouver des personnages que j’adorais !! Et quelle détresse d’en voir certains mourir !!!!!!! Ah !! !! Mon cœur !!! J’ai adoré la rencontre entre Oreb et Luernios et la scène qui les concerne, j’ai adoré l’importance du Dieu gris dans le livre, et cette scène, oh, cette scène à la fin … Bouh !!!

Je vais finir cette chronique sur un énorme point positif, quelque chose que j’ai adoré dans ce livre : son féminisme. Il est sain, ne prône pas la supériorité des femmes sur les hommes mais une véritable égalité des sexes, une place pour les magiciennes auprès des magiciens, la fin de la peur d’un côté comme de l’autre. Mais comme c’était beau ! Et comme c’était énervant de lire des propos misogynes tenus par des magiciens ou par d’autres personnages ! Parce qu’évidemment, une œuvre féministe se doit de passer par des scènes sexistes pour montrer de quoi naît la révolte, la résistance. Le passage du duel entre Sélène et Diès, et de ce qui arrive ensuite m’a laissé sans voix, comme l’endoctrinement des magiciens du Clos. Pour autant, ceux ne sont pas diabolisés : c’est leur éducation qui les a rendus tels qu’ils sont, et leur ignorance. Le monde n’est pas noir ou blanc, les personnages ne sont pas bons ou mauvais, mais faits de nuances, qu’ils soient magiciens ou pas d’ailleurs !! Les magiciennes, quant à elle, ne sont pas idéalisées, ce que j’ai trouvé génial !! Elles se divisent en deux groupes – et peut-être un troisième composé d’indécises – qui ont tous deux des idées radicales opposées : l’un prône la supériorité des femmes, le renversement de l’injustice, et la vengeance ; l’autre, l’égalité, le vivre-ensemble, l’acceptation des hommes. Ce féminisme permet d’aborder des sujets liés à l’actualité, comme la grossesse, l’envie ou non d’avoir des enfants, la place de l’homme ou de la femme dans le couple et dans la société. Je ne peux résister, à nouveau, à l’appel de la citation :

 

« De même qu’une femme qui ne pouvait ou ne voulait pas procréer n’était pas moins femme, elle n’était pas moins magicienne en choisissant de ne jamais tisser d’illusions ».

 

Je pourrais encore vous parler longtemps de ce livre, mais je finirai par tourner en rond. Je ne peux que vous conseillez de vous ruer dessus !! C’est un de ces ouvrages qui me rappellent pourquoi je lis, pourquoi j’aime lire, qui me rappellent le plaisir que l’on peut prendre à vivre une autre vie.

 

Si vous êtes encore là, ALLEZ ACHETER CES LIVRES TOUT DE SUITE !! 

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