Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Lectures Communes'

Swords and Fire, book 3: The Unbound Empire de Melissa Caruso

Posté : 30 août, 2020 @ 3:14 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : FantasyThe Unbound Empire

Editeur : Orbit

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 505

Titre en français : Les Faucons de Raverra, tome 3 : L’Empire libéré

Synopsis : The final volume of the Gemmell Morningstar Award-shortlisted Swords and Fire fantasy trilogy, in which political scion Amalia and her bound fire warlock Zaira must save the Empire from a ruthless, magical enemy. Perfect for fans of Tamora Pierce, The Queen of the Tearling, and Uprooted.

While winter snows keep the Witch Lord Ruven’s invading armies at bay, Lady Amalia Cornaro and the fire warlock Zaira attempt to change the fate of mages in the Raverran Empire forever, earning the enmity of those in power who will do anything to keep all magic under tight imperial control. But in the season of the Serene City’s great masquerade, Ruven executes a devastating surprise strike at the heart of the Empire – and at everything Amalia holds most dear.

To stand a chance of defeating Ruven, Amalia and Zaira must face their worst nightmares, expose their deepest secrets, and unleash Zaira’s most devastating fire.

 

Avis : Enfin, j’ai lu le dernier tome de cette trilogie que j’adore, Les Faucons de Raverra !

D’habitude, quand j’entame le dernier livre d’une série, j’ai peur : peut-être que l’auteur a détruit la personnalité des personnages, peut-être que je vais détester la fin, peut-être que ça n’aura aucun sens, peut-être que ça va être affreux et souiller mon amour pour la série tout entière !
Melissa Caruso ne m’a pas déçue avec The Defiant Heir que j’ai même trouvé meilleur que le premier tome, The Tethered Mage ; je n’avais pas peur pour The Unbound Empire. J’étais sûre que j’allais, au moins, apprécier ce livre. Et j’ai adoré !

Rien ne clochait dans ce livre, rien ne m’a dérangée – bon, peut-être le fait qu’Amalia se répète beaucoup à un moment donné dans le livre, mais j’étais dans l’histoire, je n’ai pas eu le temps de lever les yeux au ciel ! Tout était bon !!

Le lecteur retrouve les personnages qu’il aime : Amalia, Zaira, Terika, Istrella, Jerith et d’autres !
Amalia est une des rares héroïnes de Fantasy YA que j’aime vraiment et dont je suis fière. Elle ne se laisse pas faire, elle ne suit pas ce que lui disent les hommes autour d’elle, même si les conseils sont bienvenus, elle sait ce qui est juste, ce qui ne l’est pas et ce qui doit être fait de toute façon. C’est parfois dur pour elle et elle a besoin de quelqu’un sur qui se reposer un peu pour un temps, mais elle est toujours debout quand il le faut et fait de son mieux. SPOILER 1
Zaira est un de ces personnages qui ne veulent montrer leurs faiblesses devant personne, donc elle cache tout ce qu’elle ressent derrière l’humour ou l’irritation. Dans ce livre, le lecteur la découvre davantage SPOILER 2 Zaira me fait aussi rire parfois, surtout quand elle est avec Terika ou qu’elle donne des surnoms aux autres personnages !
Istrella me fait penser à Luna Lovegood : étrange, décalée mais toujours dans le vrai. Elle pense hors des sentiers battus et voit des éléments que les autres négligent. Je l’aime beaucoup !
J’aime également Jerith, je ne sais pas vraiment pourquoi ! De même pour La Contessa, Ciardha et Lucia. La première est un modèle pour Amalia, mais aussi quelqu’un de très mystérieux. Ce serait génial d’en savoir plus sur elle ! SPOILER 3
Un de mes personnages préférés de cette série est Kathe. SPOILER 4
Un personnage, en revanche, que je ne parviens pas à aimer depuis le début : Marcello. SPOILER 5

Ruven mérite une partie à lui tout seul.
Il est détestable, mais il n’est pas un de ces « méchants » qui n’a pas de but et qui n’est que mauvais. Il a un objectif et il est prêt à tout pour l’atteindre, même si cela veut dire tuer des milliers de personnes sur son passage ou se faire des ennemis puissants. SPOILER 6 Il sait également comment faire sortir le pire des personnes qui l’entourent. J’ai trouvé qu’il faisait un très bon villain ! SPOILER 7

J’aime toujours autant le côté politique de cette série ! C’était vraiment bon ! Et cela aide à garder le focus sur l’histoire/le monde/la guerre et non sur la romance ! C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’aime autant Les Faucons de Raverra !
Toujours amoureuse des décors (the Mews, le Palais impérial, Raverra en général, Ardence, le Vaskandar) et de l’influence italienne ! Toujours amoureuse du fait que certains personnages sont des spécialistes de la magie - la mention de plusieurs bibliothèques à un moment donné m’a donné envie d’entrer dans le livre et d’aller les chercher pour les lire ! -, toujours amoureuse de la magie des Faucons et des Witch Lords ! J’en veux plus et je suis très heureuse de la parution de The Obsidian Tower dont l’action se situe dans le même univers et, plus spécifiquement, dans le Vaskandar !

Enfin, ce livre était un grand huit d’émotions intenses ! Le suspense était bien présent : parfois, j’avais vraiment peur que certains de mes personnages préférés meurent ! J’ai ressenti du désespoir, de la joie, du soulagement, de la peurSPOILER 8 Et la fin était parfaite pour moi !! SPOILER 9

 

Donc, une excellente série de Fantasy YA, clairement sous-estimée quand on voit le nombre de notes sur Goodreads !

 

SPOILER 1 la scène où elle fait son discours pour le Falcon Reserve Act … et celle de la fin où elle entre au Conseil des Neuf après avoir vaincu Ruven … j’ai des frissons !! Si fière d’elle !!

SPOILER 2 et la comprend dans cette HORRIBLE scène avec la Dame aux araignées ! *frissons* C’était affreux à lire !!! Pourquoi des araignées, POURQUOI ? Mais le pouvoir de la Dame est fascinant, j’aimerais en voir plus … juste … sans les araignées s’il vous plaît ! 

SPOILER 3 Lucia m’a semblé être une version plus jeune de Ciardha, comme Amalia est, en quelque sorte, une version plus jeune de sa mère !

SPOILER 4 Découvrir qui il est vraiment le rend moins mystérieux et sombre mais si … parfait ! J’ai adoré la scène où les habitants de Let l’accueillent ou quand il parle à Amalia de faire des câlins à des renardeaux ! Il est à la fois mignon et puissant !

SPOILER 5 J’ai lu ce livre – et même la série complète ! – avec une amie et elle m’a dit quelque chose de très vrai à propos de ce personnage : « il devient intéressant quand il n’est plus Marcello ». Si vrai ! Et si triste ! Ce qui arrive à Marcello est très dur, j’ai compati. Mais je n’ai pas réussi à l’aimer pour autant. Et, quand il « revient à lui », il geint immédiatement !! Ah, ce bon vieux Marcello est de retour, formidable !!

SPOILER 6 Pourquoi se ferait-il du souci ? Il est immortel après tout !

SPOILER 7 et j’ai aimé sa fin ! Il est pris à son propre piège et le lecteur sent bien que la vengeance n’est pas aussi douce que ce à quoi s’attendaient Zaira et Amalia quand il meurt.

SPOILER 8 les araignées, haha !

SPOILER 9 Je suis si heureuse qu’Amalia ne finisse pas avec Marcello !! Si heureuse qu’elle soit avec Kathe !! Si heureuse qu’elle ait toujours un rôle politique dans le Conseil des Neuf !!

My Cousin Rachel de Daphné du Maurier

Posté : 12 août, 2020 @ 1:02 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : Classique My Cousin Rachel

Editeur : Virago (Modern Classics)

Année de sortie : 2011 [1951]

Nombre de pages : 335

Titre en français : Ma Cousine Rachel

Synopsis : A penetrating psychological study with all the haunting power of Rebecca.

I threw the piece of paper on the fire. She saw it burn…

Orphaned at an early age, Philip Ashley is raised by his benevolent older cousin, Ambrose. Resolutely single, Ambrose delights in Philip as his heir, a man who will love his grand home as much as he does himself. But the cosy world the two construct is shattered when Ambrose sets off on a trip to Florence. There he falls in love and marries – and there he dies suddenly. In almost no time at all, the new widow—Philip’s cousin Rachel—turns up in England. Despite himself, Philip is drawn to this beautiful, sophisticated, mysterious woman like a moth to the flame. And yet…might she have had a hand in Ambrose’s death?

 

Avis : J’ai lu ce livre avec Salomé !

J’ai découvert Daphné du Maurier avec Rebecca : l’ambiance était si particulière et le roman si surprenant que j’ai, depuis, ajouté la majorité de ses livres à ma wish-list – et je suis toujours hantée par Manderley.

Cette fois, je suis entrée sur mes gardes, certaine que quelque chose d’étrange allait se passer et aurait besoin d’une explication. Jusqu’à la fin, j’étais persuadée que j’avais compris. J’ai clairement sous-estimé l’autrice. SPOILER 1

Comme le narrateur est Philip, le lecteur peut s’attacher à lui ; pour ma part, je me suis attachée à Rachel et j’ai clairement détesté Philip parfois. Il est misogyne, il sous-estime Rachel et il a l’impression de la connaître et de la comprendre complètement, comme si elle était facile à lire. Il était vraiment très agaçant et il ne comprend pas qu’il y a une réelle différence entre grandir orphelin mais protégé en Cornouailles et l’enfance pauvre de Rachel en Italie. Et ses réflexions sur les humeurs des femmes … Kendall qui dit à Philip que les femmes ne peuvent pas décider rationnellement à cause de leurs émotions … SPOILER 2
De plus, comme c’est une narration à la première personne, Philip pourrait être considéré comme un narrateur peu fiable SPOILER 3 (sur Rebecca, attention !) J’adore ce procédé : il est toujours compliqué de déterminer ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, les moments où l’on peut faire confiance au personnage et ceux où il ne doit pas être cru. Est-ce que Philip nous ment ? Est-ce qu’il vit dans une illusion ? Ou est-ce que tout est vrai ?
Autre chose qui m’agace avec Philip : SPOILER 4

Les autres personnages sont moins évidents à cerner puisque le lecteur n’a que le point de vue de Philip.
Rachel est, bien sûr, au centre du roman. Personne ne la connaît et Philip la déteste dès le début. SPOILER 5 Elle est un mystère : son passé, qui elle est vraiment, ce qu’elle ressent, comment elle agit. Philip ne la comprend pas toujours (étonnant haha), même s’il est convaincu que c’est le cas à un moment donné. Avant qu’ils se rencontrent, elle a de nombreux visages et j’ai adoré ça ; une fois qu’ils se rencontrent, le lecteur n’a ni description ni âge. Elle reste entourée de mystère, floue pour un temps, jusqu’à ce que le texte fasse le focus. SPOILER 6
Kendall
n’est pas vraiment le personnage le plus agréable, mais, contrairement à ce que pense Philip, je ne l’ai pas trouvé trop intrusif. Il laisse Philip faire ce qu’il veut et si son filleul était plus … mature ? ouvert ? peut-être n’y aurait-il eu aucune tension entre eux.
Je n’ai pas aimé Ambrose, sans doute à cause de sa façon de parler des femmes. Mais je me suis attachée à lui grâce à Philip et Rachel. SPOILER 7
J’ai aimé Louise : elle est lucide et clairement amoureuse de Philip – ou, au moins, elle espère devenir son épouse. Il ne comprend pas (encore) ou ne veut pas l’admettre.
Petit bonus : je me suis représenté Seecombe comme Carson de Downton Abbey !

J’ai vraiment été surprise par la fin : je ne m’attendais pas du tout à ça !

Mention spéciale pour le premier chapitre et les dernières lignes : j’ai pensé à The Haunting of Hill House !

Même si je n’avais pas aimé l’histoire, j’aurais aimé l’écriture : elle est très belle et crée vraiment une ambiance particulière, comme dans Rebecca. Daphné du Maurier crée, grâce à sa plume et à ses décors, à la fois une ambiance cosy dans laquelle le lecteur se sent bien, des endroits où il a envie de passer plus de temps, et une atmosphère plus sombre qui envahit peu à peu le roman. J’avais envie de rester dans la maison, sur les terres, dans les jardins avec les personnages ! J’ai également annoté mon exemplaire, souligné les belles phrases, les indices de ce qui va arriver !

 

Donc, un très bon roman qui m’a vraiment secouée !

 

SPOILER 1 Tout le long, j’étais convaincue que Rachel avait empoisonné Ambrose et faisait la même chose à Philip. Mais, à la fin, j’ai eu un doute. A la fin, je me suis dit que Rachel pouvait, éventuellement, avoir empoisonné Ambrose, mais qu’elle était vraiment attachée à Philip, qu’elle l’aimait vraiment ; tout n’était pas qu’un mensonge. Donc, malgré le fait que l’intrigue et sa résolution semblent évidentes – une femme tue un homme pour son argent -, ça ne l’était pas vraiment. Et le lecteur et les personnages sont laissés avec leur doute quand Rachel meurt !!

SPOILER 2 En fin de compte, celui qui n’est pas rationnel depuis le début est Philip. Il n’était guidé que par ses émotions, et même aveuglé par elles : son amour (?) était si fort qu’il ne prenait pas Rachel en compte. C’était à propos de lui et seulement de lui.

SPOILER 3 comme la narratrice de Rebecca, qui crée, en réalité, le fantôme de Rebecca à cause des agissements de Mrs. Danvers et s’imagine tout un tas de choses qui ne sont pas vraies ou réelles au fil du roman.

SPOILER 4 quand il commence à être violent et blâme Rachel. Haha. Mec, si tu es violent, TU es responsable, pas elle. Contrôle-toi et arrête de dire que c’est ELLE qui ne sait pas se contrôler. Il pense, après l’avoir étranglée, qu’elle va lui pardonner et continuer à vivre avec lui comme si de rien n’était : il ne comprend pas qu’elle ait peur de lui et qu’elle veuille une autre femme avec elle dans la maison.

SPOILER 5 Je n’étais pas sûre qu’il allait tomber amoureux d’elle parce que je n’avais pas relu le synopsis ou vu le film avant de lire.

SPOILER 6 J’ai eu mal au cœur pour Rachel. Pauvre quand elle était jeune, elle a épousé un homme qui HÉSITAIT entre sa MÈRE et ELLE : déjà, là, tout va bien ! Il a pris Rachel parce que sa mère avait perdu sa beauté ! Puis, il est mort, elle est devenue veuve avec des problèmes d’argent. Elle rencontre Ambrose, l’épouse. Par amour ? pour se sentir en sécurité ? pour se débarrasser de ses problèmes d’argent ? parce qu’il l’aime ? Le lecteur ne le saura jamais. Puis, il meurt et elle est seule à nouveau. Elle part en Cornouailles pour … ? se rapprocher de la seule famille qu’elle ait – Philip ? obtenir de l’argent de lui ? découvrir l’endroit où son mari décédé a vécu ? Pourquoi est-elle venue en Angleterre ? Le lecteur ne le saura jamais. Elle obtient l’argent à la fin, et son attitude change ; elle dit à Kendall qu’elle n’a jamais eu l’intention de se remarier. Elle est libre de toute dépendance à un homme. Elle n’a aucun compte à rendre à personne pour la première fois de sa vie. Et elle meurt parce qu’un homme riche a des doutes sur elle, parce qu’il la soupçonne. J’étais si triste quand elle est morte, j’ai vraiment été surprise. Quel gâchis …

SPOILER 7 Je dois avouer que j’étais un peu choquée que Philip l’oublie si rapidement et si complètement. Il oublie que Rachel est la veuve d’Ambrose et ne pense qu’à ses propres sentiments. Il est prêt à oublier tout ce qui est arrivé à Ambrose, oublier ses lettres et ses avertissements simplement parce qu’il ne peut pas se passer de Rachel – ou de la Rachel qu’il imagine, sa Rachel fantasmée. Ambrose était censé être son modèle, la personne qu’il aime le plus au monde !

Thorngrove de Cécile Guillot #plib2020

Posté : 12 janvier, 2020 @ 3:41 dans Avis littéraires, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique Thorngrove

Editeur : Lynks

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 270

Synopsis : Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites.
Lorsque Madeline débarque à Oakgrove et s’intéresse d’un peu trop près à Thorngrove, elle déclenche une série d’événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller…

Thorngrove. Sa forêt d’épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. On raconte que jadis, des jumelles y ont vécu. Que l’une d’elles est devenue la proie du Malin et a tué sa propre sœur… Qu’elles hantent toujours les lieux.

De nos jours, Madeline débarque à Oakgrove suite à la séparation de ses parents. Quand on lui demande de faire un dossier sur la ville, la jeune fille, curieuse d’en apprendre plus, pense tout de suite à la légende urbaine de Thorngrove. Mais son enquête pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées, menaçant la santé mentale déjà fragile de sa cadette, Meadow. Lorsque celle-ci se met à agir de manière de plus en plus inquiétante, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller… et si les fantômes ne seraient pas réels.

 

Avis : Sélectionné pour le plib 2020, ce livre m’a été offert pour Noël !

Thorngrove avait tout pour me plaire : manoir abandonné, malédiction, forêt sinistre, jumelles. La quatrième de couverture comportait aussi un commentaire de Vincent Tassy disant que l’autrice « modernise à merveille les codes de la littérature gothique« . Je me suis dit que ce serait sans doute un de mes cinq finalistes. Quelle déception 

En essayant de dégager des points positifs pour faire cette chronique, je me suis rendu compte que je n’en trouvais aucun : rien ne m’a plu dans ce roman, et j’en suis sortie agacée. Dès le début, j’ai eu énormément de mal avec le ton, étant donné que nous nous trouvons dans la tête de la narratriceMadeline, une adolescente de 17 ans, il me semble. Le nombre de clichés qu’elle débite, la façon dont elle considère les choses, son ton geignard et son absence de compassion/de compréhension pour les gens qui l’entourent me l’ont très vite rendue antipathique. Je peux comprendre que ce soit une jeune fille qui vit des événements difficiles ; j’ai eu davantage de mal avec une espèce d’hypocrisie que je perçois chez elle, notamment envers sa petite sœur, Meadow – mais j’y reviendrai. Mais cela n’aurait pas suffi à ne pas me faire aimer ce livre. Le ton de Madeline contamine le récit, ce qui fait que je n’ai pas réussi à apprécier l’écriture. Je n’ai pas compris l’emploi de certains éléments, par exemple, les journaux des jumelles André, notamment parce qu’ils ne sont pas réexploités ensuite, pour apporter une explication par exemple.

Ce qui m’a vraiment agacée maintenant : les références à The Haunting of Hill House, que ce soit le livre ou la série TV. Dans le roman de Shirley Jackson, et dans la série qui est adaptée à partir de lui, il existe une atmosphère très particulière, oppressante, une ambiance sombre, très gothique. Ce ne fut pas du tout le cas dans Thorngrove pour moi. Je n’ai pas ressenti d’atmosphère ni d’ambiance, encore moins quand celle-ci est décrite quand les personnages entrent dans la maison. Et je reviens sur l’hypocrisie de Madeline avec sa sœur – hypocrisie qu’elle reconnaît d’ailleurs, heureusement ! Meadow est considérée comme « fragile mentalement », ou même, dit plus crûment à certains moments, comme folle. Et je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout, accroché au traitement de la maladie mentale dans ce roman. Il m’a paru trop facile, et m’a dérangée.

Quant à la fin, je l’ai trouvée beaucoup trop rapide et abrupte. Aucune explication n’est fournie, et le lecteur n’a pas le temps d’enregistrer toutes les informations que déjà, le roman est terminé. Je suis donc sortie de ma lecture avec un goût amer, et l’impression de m’être fait avoir. 

 

Donc, une réelle déception. 

 

#ISBN9791097434373

The House at Riverton de Kate Morton

Posté : 9 décembre, 2019 @ 8:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | 2 commentaires »

Genre : Historique The House at Riverton

Editeur : Pan McMillan

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 599

Titre en français : Les Brumes de Riverton

Synopsis : A STORY OF LOVE, MYSTERY, AND A SECRET HISTORY REVEALED

Summer 1924

On the eve of a glittering society party, by the lake of a grand English country house, a young poet takes his life. The only witnesses, sisters Hannah and Emmeline Hartford, will never speak to each other again.

Winter 1999

Grace Bradley, ninety-eight, one-time housemaid at Riverton Manor, is visited by a young director making a flm about the poet’s suicide. Ghosts awaken and old memories – long consigned to the dark reaches of Grace’s mind – begin to sneak back through the cracks. A shocking secret threatens to emerge, something history has forgotten but Grace never could.

Set as a war-shattered Edwardian summer surrenders to the decadent twenties, The House at Riverton is a thrilling mystery and a compelling love story.

 

Avis : J’avais envie de lire Kate Morton depuis un moment : il m’a fallu un petit coup de pied aux fesses et une lecture commune avec Aurore et Sarah pour me lancer !

Pour résumer rapidement cet avis, qui sera sans doute long : J’AI ADORE ! 

C’est le premier livre recommandé pour les fans de Downton Abbey que j’adore, et qui est vraiment à la hauteur de la série TV ! Je me souviens encore de l’échec cuisant de Belgravia de Julian Fellowes ! Je me méfie donc, maintenant, des livres de ce genre ! Mais là, j’ai ressenti, en lisant, exactement ce que je ressens en regardant la série : l’impression de faire partie de la famille, de me retrouver chez moi ! J’ai moins eu l’impression de faire partie d’un groupe soudé en ce qui concerne « downstairs », mais cela n’a pas du tout gâché la lecture pour autant, et cela s’explique par le fait que Grace est clairement concentrée sur ce qui se passe en haut, sur la famille, davantage que sur les gens avec lesquels elle vit en bas. Je me suis sentie très proche de Grace, et de ses proches, en lisant : au fil des pages, elle devenait de plus en plus réelle, une amie que l’on écoute pendant plus de 500 pages. Bien sûr, l’époque aide, puisque c’est la même que Downton Abbey ! Du coup, certains personnages étaient pour moi ceux de la série : Mr. Hamilton était Carson, Mrs. Townsend était un peu Mrs. Patmore, Alfred, évidemment, était Alfred, Mrs. Tibbit avait quelque chose de cette satanée O’Brien, Lady Clementine était Rosamund, et Lady Violet Ashbury était Lady Violet Grantham ! Hannah m’a fait penser à Mary, et Emmeline avait des airs de Rose ! J’ai été absorbée par ce livre, transportée à Riverton, dans la chambre de Grace, à Grosvenor Square : c’était formidable ! C’était comme de rentrer chez soi !

Mais, ce livre avait plus qu’une atmosphère Downtonesque : il était aussi très gothique ! COMMENT NE PAS AIMER UN TEL LIVRE ?!! La note de l’autrice m’a convaincue que je n’avais pas rêvé : elle énumère tous les procédés gothiques qu’elle a utilisés pour écrire son livre ! Dès la toute première phrase, le lecteur sait que l’autrice est très influencée par Daphné du Maurier, puisque la première phrase – et, en quelque sorte, le premier chapitre – est une réécriture du début de Rebecca ! Mais quel plaisir !! Je n’ai qu’une envie : relire ce livre pour traquer tous ses aspects gothiques !

Comme je l’ai dit plus haut, je me suis sentie très proche de Grace. C’est une vieille femme, une grand-mère, quand nous la rencontrons pour la première fois, mais elle raconte aussi son histoire quand elle était jeune fille à Riverton. Je ne sais pas si c’est la double narration ou simplement le fait que le personnage est adorable, mais j’ai autant aimé les deux intrigues, le passé et le présent. Le dernier tourne autour de sa relation avec son petit-fils, et la façon dont elle tente de lui tendre la main, de communiquer avec lui. Elle m’a tant émue ! J’ai eu plusieurs fois envie de pleurer ! [SPOILER] Je ne sais pas si vous imaginez ma frustration en apprenant qu’elle ne se marie pas avec Alfred, et en apprenant avec qui il se marie ! J’étais tellement contente d’apprendre qu’ils se sont retrouvés plus tard !! [FIN DU SPOILER] J’étais complètement pour la romance (et je veux dire par-là, pour les DEUX romances) !!

Concernant le passé : Grace a un secret qu’elle ne veut pas partager ; mais elle a besoin de le faire. C’est trop lourd pour elle, comme si ça la maintenait sur terre alors qu’elle devait partir. Ce secret l’a torturé toute sa vie, et elle décide de « l’offrir » à Marcus. Elle a besoin de raconter ce qui est arrivé cette nuit, et ce qui a mené à tout cela. Quel mystère ! J’avais deviné certaines choses, mais pas la grosse révélation !! [SPOILER] Quel choc en voyant la scène !! J’étais si sûre de mon hypothèse ! [FIN DU SPOILER] 

J’ai aussi adoré le fait que l’on voie les deux mondes, en haut, et en bas ; mais aussi le fait que la condition des femmes, dans les deux mondes, soit mise en avant. [SPOILER] Quand Hannah décide de se marier, elle ne se rend pas compte qu’elle quitte une situation stagnante pour une autre, quand le lecteur, lui, le sait déjà ! Elle ne peut pas vivre la vie dont elle rêve : il ne lui est pas permis de voyager, de travailler, d’être intelligente et pleine d’esprit, de s’intéresser à des sujets sérieux comme la politique ou la philosophie. Tellement frustrant ! J’étais si contente qu’Hannah et Robbie se correspondent si bien ! Quelle fin cruelle !! (mais quelle fin gothique en même temps !!) [FIN DU SPOILER] Grace et Hannah sont « prisonnières » de deux manières différentes : Grace est en bas de l’échelle sociale, quand Hannah, tout en haut, ne peut pas choisir ce qu’elle fait de sa vie. Leur relation est belle en un sens [SPOILER] mais aussi très toxique : Grace vit par procuration à travers Hannah. Pour elle, elle refuse d’épouser Alfred, à ma grande frustration, alors qu’il est très clairement l’amour de sa vie !! En fin de compte, cette relation « privilégiée » gâche tout : Grace voulait être aimée d’Hannah comme une sœur, appartenir, même un peu, à son monde, et lui a menti pour être proche d’elle. Le lecteur peut comprendre sa culpabilité à la fin : quel gâchis !! [FIN DU SPOILER]

Enfin, l’écriture : j’avais déjà envie de lire tous les romans de Kate Morton, mais là, ils ont fait un bond pour rejoindre le sommet de ma wish-list ! J’ai adoré l’écriture de l’autrice : j’ai relu plusieurs passages, j’ai annoté, j’ai encadré, souligné. Elle parvient à capter le moment et réussit à mettre des mots sur ce que l’on ressent, des mots que l’on n’aurait pas trouvé nous-mêmes : quel talent !

 

Donc, j’en veux plus, et j’ai bien l’intention de continuer à lire Kate Morton en 2020 ! Ai-je besoin de préciser que ce livre est un coup de cœur ?

Relecture : Anna Karénine de Léon Tolstoï

Posté : 22 novembre, 2019 @ 6:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : Classique Anna Karénine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [1877]

Nombre de pages : 985

Synopsis : Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.

Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.

Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.

Vladimir Nabokov

 

Avis : Il y a tant à dire sur ce livre … je pourrais en parler et l’analyser pendant des heures. Je vais me contenter de donner « brièvement » mon avis.

Cette relecture fut un peu compliqué : tout d’abord, je ne me souvenais pas, ou je n’avais pas fait attention, à l’époque, à la misogynie de tous les personnages masculins, et de la société en général. Cela m’a empêché d’aimer pleinement certains d’entre eux, que j’avais adoré lors de la première lecture, comme Stepan ou Lévine. Ensuite, j’ai proposé Anna Karénine comme première lecture pour le club que j’ai monté avec plusieurs abonnées et amies : je ne me suis pas rendu compte, naïvement, que le roman n’allait pas plaire à tout le monde, et qu’Anna pouvait être vue différemment de la façon dont je la vois personnellement. Anna et ce roman font partie de moi, de mon cœur, de mon âme, et de ma formation de lectrice ; le partager n’était pas la meilleure idée, parce que c’était comme d’offrir cette part de moi à d’autres, que je ne connais pas très bien, et qui ne me connaissent pas non plus. Mais je ne regrette pas : j’ai potentiellement motivé de nouvelles lectrices à découvrir ce chef-d’œuvre !

En fin de compte, après cette relecture, et malgré quelques défauts plus visibles cette fois, j’aime toujours autant ce livre : il fait toujours partie de mes favoris, il a toujours une place très spéciale pour moi, notamment parce que je me sens souvent extrêmement proche d’Anna, ce qui est parfois particulièrement douloureux à la lecture. Se voir décrite, comprendre des choses sur soi en lisant les mots d’un auteur russe des années 1870, c’est bouleversant, et parfois très gênant. Pendant cette relecture, je me suis aussi rendu compte que j’étais très proche de Lévine : une sorte de mélange entre les personnages qui m’apparaissent comme étant les principaux de ce roman. En effet, les vies d’Anna et de Lévine me semblent être les plus suivies ; le narrateur se penche parfois sur d’autres personnages, comme Kitty, Vronski, ou Karénine, mais il ne le fait pas systématiquement ; c’est, au contraire, souvent pour nous ramener à ces deux personnages. En revanche, relecture ou non, je suis toujours aussi choquée par la capacité de Tolstoï à décrire le cœur humain : comme je l’ai dit, se retrouver ainsi entre les pages, se comprendre, c’est une expérience très particulière ! Toujours aussi choquée aussi par sa capacité à créer des êtres complexes : j’ai l’impression que ces personnages sont réels, existent réellement quelque part, que toute cette histoire est arrivée ! Tous sont différents, aucun ne se ressemble : ils sont uniques !

Cette fois, à la relecture, étant plus âgée et plus mature, j’ai compris tout un tas de choses par rapport à la première lecture : [POTENTIEL SPOILER POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS DU TOUT L'HISTOIRE] étrangement, la première fois, j’ai cru que c’était la relation d’Anna qui choquait la société, qu’elle était repoussée à cause de sa relation charnelle avec Vronski. Mais pas du tout. Si Anna est repoussée, ce n’est pas parce qu’elle a des relations sexuelles avec un autre homme que son mari, c’est bien parce qu’elle aime un autre homme, et ce passionnément. [FIN DU SPOILER POTENTIEL] Cette hypocrisie m’a profondément dégoûtée et n’a fait qu’accroître mon amour pour Anna, coincée dans une situation intenable. [SPOILER] Comme j’avais déjà lu ce roman, je ne m’attendais pas à m’effondrer comme je l’ai fait en lisant la fin de la septième partie. C’était dévastateur ! Tant de souffrances, pour aboutir à un tel gâchis … [FIN DU SPOILER] 

Je me suis aussi rendu compte, à la lecture, des parallèles faits entre les deux couples mis en avant dans le roman : quand l’un est dépravé, voué à l’échec et stigmatisé, l’autre est porté aux nues, pur, innocent, magnifique. On peut même y voir une sorte de trinité : [SPOILER] Anna/Vronski, l’amour passion ; Kitty/Lévine, l’amour pur et domestique, parfait ; Stepan/Dolly, l’amour fané. Anna est passionnément amoureuse de Vronski, ce qui crée entre eux une relation tumultueuse et sauvage ; Kitty est innocente et pure quand elle arrive entre les bras de son mari, qui se permet des remarques TELLEMENT misogynes, mais c’est tout à fait normal, l’homme doit être maître chez lui, n’est-ce pas ? – HAHA – ; Dolly reste par habitude, parce qu’elle n’a pas la volonté de divorcer, parce qu’elle éprouve parfois, encore une forme de tendresse pour son mari. Elle est, en quelque sorte, une image d’Anna si elle était restée avec son mari ; mais pas tout à fait, tant elles sont différentes. [FIN DU SPOILER]

Enfin, à la relecture, j’ai moins apprécié certaines parties à la campagne : Lévine avait moins d’attraits parce que j’avais perçu ses défauts – certains nous sont communs d’ailleurs ! Et j’ai eu du mal avec la huitième partie : elle ne montre pas assez l’impact du dernier événement sur les personnages. J’aurais aimé voir ses conséquences, connaître leurs pensées à tous, leurs réactions ; c’est dommage ! [SPOILER] En revanche, contrairement à la première lecture, j’ai compris que Vronski partait pour mourir ou, en tout cas, que cela semble être son intention ! [FIN DU SPOILER]

Petit bonus : mes scènes préférées : le moment où Anna lit dans le train, [SPOILER] les retrouvailles avec Serge [FIN DU SPOILER], le bal où Anna rencontre Vronski, le dernier paragraphe de la septième partie. Les scènes que j’ai le moins appréciées : les élections, la fin, les scènes de chasse.

 

Donc, toujours conquise, à jamais proche d’Anna.

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