Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Cinquante nuances de Grey, tome 2 : Cinquante nuances plus sombres de E. L. James

Posté : 8 mars, 2014 @ 2:46 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Cinquante nuances plus sombresGenre : Littérature de charme

Editeur : JC Lattès

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 594

Synopsis : Après Cinquante nuances de Grey, voici Cinquante nuances plus sombres. Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d’éditrice. Mais Grey occupe toujours toutes ses pensées et, lorsqu’il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister. Peu à peu, elle découvre le douloureux passé de son sulfureux M. Cinquante Nuances. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie …

 

Avis : J’avais adoré le premier tome malgré mes réticences, et j’avais vraiment hâte de lire la suite ! Et bien j’ai encore plus adoré ce volet !

Je me souvenais très bien de la fin du premier tome, assez inoubliable je pense. Qui n’aurait pas réagi comme ça ? Au début de ce tome, la première personne qui parle n’est pas Ana, et cela est assez intéressant d’être dans la tête de quelqu’un d’autre. Et avec ce prologue, on a vraiment envie de lire la suite pour apprendre enfin le passé de Christian, pour savoir ce qu’il va se passer entre eux, si elle va revenir (en même temps, si elle ne revient pas, il n’y a pas de deuxième tome !), comment leur relation va évoluer. Et on suit l’évolution dès le premier chapitre ! Leur histoire est toujours aussi spéciale, et encore une fois, il n’y a pas que ça, même si j’ai trouvé qu’il y en avait plus que dans le premier tome. Il y a encore quelques petites scènes SM, mais ça pourrait être pire. A partir du premier chapitre, on retrouve le point de vue d’Ana, et on se met complètement à sa place. Comment vivrions-nous sans celui qu’on aime ? Est-ce qu’on supporterait de vivre avec lui et ses démons ? La douleur d’Ana m’a fait de la peine, et je me suis très bien imaginée ce qu’elle devait ressentir. La seule chose un peu embêtante dans un livre raconté à la première personne, c’est que l’on ne sait que ce que le personnage sait, et on doit attendre qu’elle pense à poser des questions à Christian pour en apprendre plus sur certaines choses.

Dans ce tome, on découvre beaucoup de choses sur Christian. Son passé s’éclaircit, on comprend le style de vie qu’il a choisi, on découvre ses peurs profondes, ses démons, et même certaines personnes qu’Ana aurait préféré ne jamais rencontrer. J’ai vraiment adoré en savoir plus sur ce personnage sombre et pourtant vraiment touchant. On se l’imagine vraiment dans toutes ses facettes – ses cinquante nuances – et on peut comprendre pourquoi Ana l’aime. Ses sentiments pour lui ressemblent sans doute à ceux qu’éprouvent les femmes qui ont trouvé l’amour. Sa façon de parler de lui et de penser à lui est touchante. Il est très facile de tomber dans l’hébétude totale en lisant ce livre, je vous préviens. Pour celles qui n’aiment pas du tout le romantisme ou ne croient pas en l’amour, elles risquent de ne pas aimer du tout. Il n’y a pas que ça bien sûr, il y a aussi de l’action, un peu de suspense.

Les personnages principaux deviennent vraiment attachants dans ce tome. Ils font tous les deux des efforts l’un pour l’autre. Tous les deux sont touchants, et on se rend bien compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre, même si eux ne le voient pas tout de suite. D’autres personnages sont marquants comme le reste de la famille Grey, les amis d’Ana, mais aussi Jack, le patron d’Ana, et Elena. Ces deux personnages sont exécrables, on ne peut que les détester. Les scènes les concernant sont toujours intéressantes et inquiétantes à la fois. On a envie que Christian et Ana en finissent avec eux, mais ils ont dû mal.

Comme dans le premier tome, les scènes sexuelles sont décrites mais ne tombent pas dans le vulgaire. L’amour prend largement le dessus et on découvre une autre facette de leurs rapports amoureux.

La fin est frustrante !!!!! Elle donne vraiment envie de lire la suite sur le champ, de savoir ce qu’il va arriver à Ana et Christian !!

 

Une suite encore meilleure que le premier tome et qui donne vraiment envie de poursuivre la lecture !

Du côté de chez Swann de Marcel Proust

Posté : 19 novembre, 2013 @ 10:18 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

Du côté de chez SwannGenre : Classique

Editeur : Folio

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 574

Synopsis : Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté … Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.

 

Avis : Qui n’a pas d’appréhension en abordant un monument comme Proust ? J’avais tellement entendu parler de son œuvre qu’en apprenant que je devais le lire, je me suis dit que je n’arriverais jamais à la fin ou que je le finirais sans rien avoir compris, que je n’aimerais pas et que ce serait dur.

Alors, oui, c’est vrai, parfois, son écriture est un peu lourde, ses phrases sont un peu (franchement !) longues, et l’on est obligé de reprendre des paragraphes entiers pour se souvenir du début d’une action. Mais je vous assure qu’il vaut vraiment le coup !! C’était vraiment génial !! La façon qu’à Proust de vouloir retrouver le Temps Perdu est tellement belle que l’on est emporté dans son histoire. Je me suis facilement attachée aux personnages, j’ai réussi à suivre toute l’intrigue qui m’a vraiment passionnée. On passe facilement de la première à la deuxième partie ; plus difficilement de la deuxième à la troisième, mais on reprend vite le fil de l’histoire. En réalité, dans ce premier tome, deux vies s’entremêlent : celle du narrateur, dont on ne connaît pas le nom, et celle de M. Swann. Les parties alternent entre la vision des deux.

Dans la première partie, nous découvrons le narrateur et sa vie à Combray. Il est très tentant de le confondre avec l’auteur, de s’imaginer qu’il parle en réalité de son enfance, de sa vision des choses. Et c’est vrai que, parfois, on ne peut pas s’en empêcher. Cette partie est marquée par le désespoir du héros à se séparer de sa mère : qui n’a jamais ressenti cela en étant petit, même si ce n’est pas de la même manière que le petit narrateur ? L’enfant parle également des personnes avec lesquelles il vit : ses grands-parents, auxquels il est très facile de s’attacher, ses parents (son père paraissant un peu froid, sa mère un peu insensible, même si ce n’est pas vraiment le cas), ses tantes (dont Léonie, de laquelle je garde un souvenir particulier) et Françoise, la bonne de sa tante Léonie. Il découvre la vie, le monde (qui se limite à Combray, Balbec et Paris) et surtout les Swann (avec lesquels il passe d’un sentiment à un autre en très peu de temps). Le petit narrateur nous transporte dans son monde, nous fait partager ses impressions et reste émouvant avec sa vision d’enfant. En lisant cette partie, je me suis dit que, si l’auteur gardait la même écriture tout le long de sa série, j’allais vraiment adorer tous les tomes.

La seconde partie est consacrée à Swann et son amour, Odette de Crécy. L’on comprend très vite qui elle est vraiment et on ne peut s’empêcher de déplorer la cécité de Swann. Qu’est-ce que sa vie changerait s’il voyait la vérité ! ; mais tout passe par le filtre de son amour, et l’on peut vraiment dire qu’il est aveugle ici. J’ai beaucoup aimé cette partie, qui m’a semblé être la plus longue, et pourtant vraiment passionnante. Il est vraiment intéressant de découvrir l’évolution de cet amour, les situations dans lesquelles se trouvent les deux personnages, les secondaires que l’on découvre, et, ici, Proust nous force à lire entre les lignes.

Enfin, la troisième partie est comme la suite de la première : l’on retrouve le petit narrateur, et ses sentiments pour les Swann sont le centre de l’intrigue. Au début de cette partie, j’ai eu du mal à m’adapter au changement d’univers effectué par l’auteur. J’ai eu peur de m’ennuyer mais finalement, il sait nous faire reprendre goût à son récit. Les deux histoires sont clairement liées tout le long du livre, et je suppose que la même chose est vraie pour les autres tomes.

La fin est une ultime tentation de confondre l’auteur et le personnage : l’on a presque l’impression de voir Proust assis sur un banc à nous donner son avis sur le monde moderne et les nouvelles personnes qui le peuplent, si différentes de celles qu’il a connues et aimées.

Enfin, il faut dire que La Recherche du Temps Perdu commence vraiment dès ce premier tome, fort en émotions. Personnellement, en le lisant, j’ai moi-même ressenti l’horreur du temps qui passe et que l’on ne peut rattraper. Proust avait sans doute cette peur au fond de lui, c’est pourquoi il voulut conserver le temps et s’est immortalisé par son œuvre monumentale.

 

En définitive, un livre formidable qui entre directement dans le cercle restreint de mes livres préférés, des livres qui marquent et que l’on n’oublie pas. J’ai hâte de lire la suite, et je le conseille à tous ceux qui comprennent que le temps, un jour, nous manquera, et que, comme Proust, nous aussi, nous voudrons le retrouver.  

 

Challenge des 100 livres à lire au moins une fois

Les Mots de Jean-Paul Sartre

Posté : 30 octobre, 2013 @ 12:26 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Les Mots de Jean-Paul Sartre dans Avis littéraires couv58628648-177x300Genre : Autobiographie, Classique

Editeur : Folio

Année de sortie : 1995

Nombre de pages : 206

Synopsis : J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout ; défense était de les faire épousseter sauf une fois l’an, avant la rentrée d’Octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les révérais, ces pierres levées : droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothèque ou noblement espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait …

 

Avis : J’étais très réticente à lire Jean-Paul Sartre. Je m’attendais à ne pas aimer du tout, à m’ennuyer aussi un peu. Je ne savais pas encore à quel point je me trompais !

L’auteur nous livre ici une autobiographie qui peut aussi bien être un essai sur la lecture et l’écriture, l’emboîtement des deux, le passage de l’une à l’autre. L’œuvre est divisée en deux parties : Lire et Ecrire, ce qui montre bien une progression d’un état à un autre. Je connais beaucoup de personnes qui lisent et qui, finalement, se sont mises à écrire, parce qu’il semblerait que la lecture mène irrémédiablement à l’écriture (pas pour tous bien sûr). Ce n’est évidemment pas pour autant qu’un grand écrivain sommeille en chaque lecteur, mais sans doute, chaque personne qui lit à l’imagination requise pour, à son tour, écrire, inventer une histoire, des personnages, un décor. Ici, Sartre découvre sa vocation : baigné dans les livres, la lecture, la littérature, lui aussi écrira.

On ne plonge pas directement dans l’enfance de l’écrivain : l’on découvre tout d’abord ses parents, ses grands-parents, ses oncles, tantes. Il commence par sa famille pour aboutir à sa naissance. Il découvre les livres très jeunes, et je me suis parfois reconnue dans les descriptions qu’il fait de la lecture enfantine. Je n’ai pas pu m’empêcher d’être surprise et de me dire : « Hé mais moi aussi je faisais ça ! ». Il décrit la lecture comme une voix que l’on entend, la voix de l’écrivain qui nous parle à travers son livre. Sa mère lui racontait des histoires, et il a voulu lire seul. Chaque enfant à qui l’on fait la lecture finit par passer par le stade dont il parle : il fait semblant de lire, invente une histoire pour faire comme les grands. Sartre se décrit aussi comme un enfant, on peut le dire, arrogant, qui a besoin du regard de sa famille et qui est sûr d’être le centre de leur monde, et même du monde : il a besoin de lui, il se doit d’agir comme il se doit. Cela m’a fait penser à Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb, sa biographie de 0 à 3 ans, dans laquelle elle se dit essentielle, Dieu pour les autres, qui doivent la vénérer. Certains passages de Lire m’ont fait sourire ou rire : l’auteur garde son humour, même quand il parle de désespoir puéril. L’on voit également que l’éducation marque les individus à vie, puisque souvent, l’auteur avoue avoir mis vingt ans pour se débarrasser d’une opinion que les adultes lui avaient insufflée.  

La transition entre Lire et Ecrire se fait tout naturellement. Encore une fois, je m’y retrouvais : à force de lire, l’enfant a aussi envie de créer ses propres histoires, de s’inventer des personnages fictifs dont il pourra faire ce qu’il voudra. L’auteur a commencé par mimétisme, en plagiant les œuvres qu’il avait lues, puis en les modifiant, et finalement, en en créant des inédites. J’ai préféré la première partie à la deuxième : il y a plus de retours dans le présent, plus d’interventions de l’auteur à l’âge où il écrit. Elles cassaient le récit, faisaient un peu oublier où l’on s’était arrêté. Cela n’a pas pour autant gâché mon plaisir. Sartre nous parle à un moment des écrivains et de leur opinion sur leurs livres : sa description est intéressante et il nous dit même ce qu’il pensait de ses œuvres.

L’on peut dire que les livres ont permis à Sartre de découvrir la vie, qu’il s’est forgé une identité avec eux, qu’ils lui ont appris beaucoup de choses, qu’ils ont largement influencé sa vie, et l’ont finalement amené à en faire son métier. Quand on lit, l’on a tendance à s’identifier aux personnages, à entrer dans l’histoire, à imaginer comment cela aurait pu se passer autrement, à apprendre certaines choses sans y faire attention, à s’éduquer un peu par soi-même, à découvrir de nouvelles qualités, de nouveaux défauts, des choses dont personne ne nous avait parlé avant. Lire sert à quelque chose : cela sert à se faire notre propre personnalité, à changer d’opinions sur certaines choses, à les voir autrement, par les yeux d’autres différents de nous. Spontanément, on ne lit pas pour analyser le texte que l’on a sous les yeux, mais pour s’intéresser à l’histoire, découvrir ou comprendre certaines choses, idées, concepts.

 

En définitive, Les Mots est un livre enrichissant, qui nous montre la vocation d’un grand écrivain, mais qui nous fait aussi découvrir la lecture enfantine, l’écriture qui suit, l’influence des autres sur les enfants, de l’Histoire sur les individus. C’est vraiment intéressant, je le conseille à tous ceux qui lisent !          

 

 

Deux sœurs pour un roi de Philippa Gregory

Posté : 27 septembre, 2013 @ 9:09 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 18 commentaires »

Deux sœurs pour un roi de Philippa Gregory dans Avis littéraires couv3182994-181x300Genre : Historique

Editeur : Archipoche

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 660

Synopsis : « Je serai sombre, française, à la mode et difficile; vous serez douce, ouverte, anglaise et belle. Quelle paire nous formerons ! Quel homme pourra nous résister ? » Tels sont les premiers mots prononcés par Anne Boleyn à l’endroit de sa sœur Marie quand elle la rejoint en 1522, à la cour d’Angleterre. Introduite au palais de Westminster, à l’âge de 14 ans, Marie Boleyn séduit le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D’abord éblouie par le souverain, elle comprend qu’elle sert d’appât au milieu des complots dynastiques. Quand l’intérêt du roi pour elle s’émousse, Anne est chargée de le séduire à son tour. Désir, haine, ambitions, trahisons … Se déroulant sur quinze ans, cette fresque historique, racontée à la première personne par Marie Boleyn, dépeint les rivalités au sein de la dynastie des Tudor. Une histoire qui se terminera dans le sang …

 

Avis : J’ai toujours aimé le temps des rois, et surtout la cour d’Angleterre. Cette couverture me faisait déjà rêvée. Elle montre déjà la prédominance d’Anne sur les deux autres personnages, Marie et le roi Henri VIII. Je pensais que je n’aimerai pas cette femme, réputée égoïste et capricieuse, et que je lui préférerai sans aucun doute Marie.

Tout en aimant le monde de la cour et des rois, je savais qu’il était empli de rumeurs, de trahisons, de coups bas, et de rivalités, même fraternelles. Mais je ne m’attendais pas vraiment à ce que j’ai lu. Comment est-ce possible de négliger à ce point sa vie pour quelque chose qui ne nous rendra pas heureux ? Pourquoi tout miser sur les honneurs et laisser de côté l’Amour, si important pour les trois Boleyn ? Ce livre est très bien écrit, et très réaliste. On imagine très bien les scènes qui se présentent à nos yeux, les pièces, les paysages, les gestes et les expressions, et on aimerait y être pour rencontrer les personnages, qui n’en sont pas vraiment puisqu’ils ont vraiment existé ! On est emporté par la passion qui transporte les Boleyn, passion qu’ils refoulent ou qu’ils laissent courir, haine et amour, désirs et ambitions, mariages, femmes diverses et différentes … La cour est un tableau complexe et passionnant, qui m’a donné envie de faire des recherches sur cette vie à l’apparence magnifique, mais en réalité simplement couverte d’un voile de richesses derrière lequel se passent des choses étranges, que l’on découvre avec étonnement, indignation ou résignation. Ce livre nous fait passer par toutes les émotions, que ce soit à propos des personnages, de leurs actes, de leurs paroles ou de quoi que ce soit d’autre. L’intrigue est tellement passionnante, et rendue encore plus captivante par la réalité des faits, que l’on ne peut plus s’empêcher de tourner les pages, on ne fait même pas attention à notre avancée dans le livre ! Il nous fait tout oublier, et cela fait vraiment du bien !

Les personnages sont donc très divers et complexes. Je commencerai par Marie, héroïne oubliée par l’Histoire et remise à l’honneur par Philippa Gregory. Elle est tellement touchante ! Elle est naïve sans jamais être agaçante : elle ne connait pas les intrigues de la cour parce qu’elle voit encore le monde avec les yeux d’une jeune fille de 14 ans, l’âge auquel elle devint la maîtresse du roi, poussée par sa famille avide de pouvoir. Elle n’était qu’un jouet, un objet entre les mains de son oncle, une marionnette que sa famille utilise pour avoir des faveurs, des titres, des terres … J’ai souvent compati à ses malheurs, j’ai souvent maudit Anne de lui voler le roi, de tout lui voler et de toujours se servir d’elle, mais, finalement, il valait mieux que le roi ne la prenne pas pour femme … Elle a été heureuse dans son malheur, et a finalement pu devenir qui elle voulait. Elle est passée de la « putain » du roi à une femme relativement indépendante. Elle est vraiment courageuse, elle évolue beaucoup tout le long du livre et on ne peut s’empêcher d’apprécier la façon dont elle grandit : elle prend conscience de certaines choses, elle n’est pas comme les autres femmes et elle finit par sortir du lot dans le bon sens du terme. Elle n’est pas comme les autres courtisans, elle voit clair dans le jeu des personnages qui virevoltent autour d’elle, le sourire aux lèvres, et des larmes dans les yeux. Elle voudrait rester pure, alors qu’elle a été salie par sa famille. Je me suis beaucoup attachée à elle, et elle restera longtemps dans mes souvenirs. Venons-en à Anne : je n’ai pas pu m’empêcher de la détester dès le début du livre. Elle marche sur sa sœur, lui vole tout ce qu’elle possède, la méprise au plus haut point. Et pourtant, il semble qu’elle l’aime vraiment, plus que tout, comme son « autre [elle]-même ». Elle est rongée par son obsession de l’ambition, mais elle ne peut pas s’empêcher de se rendre compte qu’elle passe à côté de quelque chose : Henri Percy, l’amour de sa famille, de George et de Marie, sa vie … Parfois, sa carapace se fissure, et l’on voit le véritable visage de Anne, reine d’Angleterre. Elle est capricieuse, agaçante, et même insupportable, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir pitié d’elle et de l’aimer aussi, un petit peu. Elle m’a touchée elle aussi, comme sa sœur. En apparence, elle est forte, courageuse et déterminée, mais au fond, elle est désabusée, craintive et désespérée. Elle n’a pas choisi sa vie, et elle ne la choisît jamais. Son souvenir me hantera aussi, quand je pense à sa fin … George, quant à lui, m’a paru tellement irréprochable au début, que je me suis demandée comment il avait pu faire ce qu’il a fait … J’ai beaucoup aimé ce personnage, le seul qui réussit à faire sourire ses sœurs, mais aussi celui qui les escorte vers la chambre du roi, qui les pousse à faire certaines choses et pas d’autres … Au début, pour moi, il n’avait commis aucun crime, mais avec sa sœur … C’est normal qu’ils soient proches mais là … Le roi, lui, est le pire égoïste que j’ai vu de toute ma vie. Il ne pense qu’à son bonheur, et il n’est jamais satisfait : il change de femme comme de chemise, les prend et les jette comme des malpropres, les fait paraitre au tribunal pour des raisons complètement absurdes (et le pire, c’est que tout le monde s’en rend compte et ne dit rien !). J’ai été un peu choquée par la facilité qu’a eu le roi à faire tout ce qu’il voulait sans rencontrer aucun problème. Sous son regard, personne ne peut se cacher, et personne ne peut se défendre, même s’il est innocent, puisque qu’Henri se détourne et n’ose pas regarder ce qu’il fait en face. Enfin, Jane Parker m’a dégoûté à un point … Elle incarne tout ce qu’il y a de plus vile et de plus abject à la cour ! Elle ne mérite pas que j’en dise plus. Et Catherine, reine parfaite détrônée par la femme au « B » … Son histoire m’a vraiment attristée, j’avais pitié d’elle, et je me demandai comment un roi peut renvoyer une femme aussi vertueuse et aimante !

Dans ce roman, le début augure la fin, et même quand on la connait, on ne peut pas s’empêcher d’espérer que tout finira différemment, que le couvent est possible, que l’exil n’est pas si mal. On a presque envie de crier à Anne de prendre son temps, d’attendre, de faire diversion. Elle qui voulait devenir reine et dont le mariage avec le roi, aboutissement de tout ce qu’elle recherchait, ne prend que quelques lignes, finit sa vie comme une malpropre, et pourtant aimée d’un peuple qui la détestait.

Je dois avouer que certaines scènes sont choquantes : le monstre est affreux, mais on ne peut pas s’empêcher de l’imaginer, les accouchements font frissonner, les fausses couches aussi. Lorsque Marie explique à sa sœur comment séduire le roi, on a envie de la secouer pour lui faire réaliser ce qu’elle dit ! Certaines paroles anodines choquent par leur intensité et la révélation contenue dans si peu de mots. D’autres scènes semblent parfaites et nous donnent envie d’être avec eux. Les bals devaient être merveilleux, même si une femme est souvent malheureuse car délaissée par le roi.

 

En définitive, un livre exceptionnel, riche et réaliste, qui me donne envie de lire la suite de la saga des Tudor et de me renseigner encore sur l’histoire d’Henri VIII, de ses épouses, et des Boleyn. Sans aucun doute, l’un de mes livres préférés ! Je vous le conseille vivement !!         

Les Ames Vagabondes de Stephenie Meyer

Posté : 18 août, 2013 @ 10:23 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Les Ames Vagabondes de Stephenie Meyer dans Avis littéraires couv55167930-185x300Genre : Science-Fiction

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 829

Synopsis : La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu’elle ne peut pas oublier. L’amour pourra-t-il la sauver ?

 

Avis : La couverture est intrigante. On se demande pourquoi l’éditeur a choisi un œil. On le comprend rapidement, rien qu’avec l’affiche du film sorti cette année. Twilight est encore très présent dans les esprits. Le nom de l’auteure y est automatiquement associé. De multiples questions se posent sur ce livre : est-ce encore une histoire de vampires ? Y a-t-il encore une histoire d’amour ? Est-ce plus pour les ados ou plus pour les adultes ?

Ce livre est vraiment très riche ! Il n’est pas centré sur l’amour comme dans Twilight, même s’il est tout de même très présent. Il n’y a pas de vampires non plus. En fait, cette œuvre est très différente de la première saga de l’auteure. Et je dois avouer que j’ai autant aimé les deux. Ici, Stephenie Meyer développe un monde particulier, un scénario inattendu et envoûtant. Elle nous oblige à nous poser des questions auxquelles, peut-être nous avions réfléchi, mais que nous n’avions jamais abordées avec sérieux. Elle nous montre un monde apocalyptique et nous donne une autre vision de l’être humain, vu par des yeux extraterrestres qui nous jugent sur nos actes les plus répréhensibles, en mettant de côté les bonnes actions et les qualités humaines, que l’héroïne découvre petit à petit.

Les personnages sont vraiment très attachants ! Concernant Vagabonde, la narration à la première personne permet de tout de suite l’apprécier même si elle est la « méchante » de l’histoire dès le début. Elle est naïve, généreuse comme personne, unique car elle n’est ni vraiment humaine, ni vraiment âme. Elle est également douce et de plus en plus attachante au fil des pages. Elle est aussi déchirée entre les amours qu’elle ressent pour diverses personnes, et « victime » de la Société des Âmes. Tout le long du livre, elle évolue et devient de plus en plus humaine, même si elle conserve certains aspects de sa vie d’âme. Melanie, quant à elle, est l’humaine à laquelle on peut s’identifier. Il est effrayant de s’imaginer à sa place. Ses réactions sont compréhensibles, et la résistance qu’elle oppose à Vagabonde nous la rend encore plus sympathique. On se reconnait en elle, et on imagine notre vie sur cette Terre envahie. On pourrait qu’elle est le personnage principal mais, au fond, pas vraiment. C’est une héroïne sans en être une. Puis, Jamie : il est tellement mignon ! Il donne envie d’avoir le même à la maison. C’est un petit homme courageux sous l’apparence d’un enfant. Jared, quant à lui, m’a été antipathique au début, parce qu’il ne comprenait rien. On aurait presque envie de le gifler pour lui faire entrer la vérité dans la tête. Mais il change, il évolue et devient le Jared des souvenirs de Melanie. Enfin, Ian : l’homme idéal. Doux, attachant, même s’il est repoussant au début avec son frère Kyle. On a envie de le voir heureux malgré la répulsion du début.

Le début in medias res est assez troublant. On ne comprend pas tout. Les mots employés sont flous. Mais cela donne vraiment envie de connaitre la suite. Le premier chapitre est captivant : il nous happe dans l’histoire et nous donne envie d’en savoir plus.

Il est vraiment impossible de lâcher ce livre. Les pages se tournent toutes seules. Au premier moment de relâchement, un nouveau coup de théâtre arrive et on tourne les pages encore plus vite.

Quelques scènes font frissonner, notamment les premières et les dernières. Les opérations ne sont définitivement pas mon truc ! On ressent beaucoup d’émotions diverses à la lecture de ce livre. Pendant ces scènes dont je parlais, on ressent du dégoût, de l’horreur et de la peur. A d’autres moments, on ressent de la tristesse, de la joie, du chagrin, du désespoir, mais également la passion des personnages.

La fin est très frustrante. Stephenie Meyer a déclaré que, finalement, elle ferait de ce livre le premier tome d’une trilogie. Je suis totalement d’accord : il est impossible que le livre se finisse comme cela. Certains personnages ne sont pas assez développés, comme Jared, ou finalement, Melanie. Je pensais que ce n’était qu’un roman isolé : j’ai été un peu décontenancée et déçue sur le coup, mais, après réflexion, j’ai très envie que cela continue ! J’ai vraiment hâte ! A quand le deuxième tome ?! (Par contre, je ne sais pas si l’on peut faire confiance à l’auteure : elle avait promis un autre roman dans la saga Twilight, Midnight Sun, qui n’est jamais sorti. J’ai peur que la suite ne vienne jamais …)

 

En définitive, une vraie surprise ! Je ne pensais pas aimer autant et j’ai vraiment hâte de lire la suite ! Un très bon roman SF ! Je n’ai pas vu le film, et je n’ai pas vraiment envie de le regarder, car je ne me suis fait une idée des personnages et des décors du roman. Si vous l’avez vu, quand avez-vous pensé ?          

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