Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Women & Power de Mary Beard

Posté : 30 août, 2020 @ 3:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, HistoriqueWomen & Power

Editeur : Liveright

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 126

Titre en français : Les Femmes et le pouvoir

Synopsis : « A modern feminist classic. »—The Guardian

From the internationally acclaimed classicist and New York Times best-selling author comes this timely manifesto on women and power. At long last, Mary Beard addresses in one brave book the misogynists and trolls who mercilessly attack and demean women the world over, including, very often, Mary herself.

In Women & Power, she traces the origins of this misogyny to its ancient roots, examining the pitfalls of gender and the ways that history has mistreated strong women since time immemorial.

As far back as Homer’s Odyssey, Beard shows, women have been prohibited from leadership roles in civic life, public speech being defined as inherently male. From Medusa to Philomela (whose tongue was cut out), from Hillary Clinton to Elizabeth Warren (who was told to sit down), Beard draws illuminating parallels between our cultural assumptions about women’s relationship to power—and how powerful women provide a necessary example for all women who must resist being vacuumed into a male template.

With personal reflections on her own online experiences with sexism, Beard asks: If women aren’t perceived to be within the structure of power, isn’t it power itself we need to redefine? And how many more centuries should we be expected to wait?

 

Avis : Enfin, j’ai fini un livre de Mary Beard !! Ce n’est pas comme si SPQR était en cours depuis … longtemps !

Avant de lire Women & Power, j’avais entendu tout un tas d’avis négatifs à son propos : « trop court », « pas assez de contenu », « pas de solution donnée », « ça ne vaut pas le coup par rapport au prix ».
Après l’avoir lu, je suis surprise par ces critiques. Je dirai plutôt que je suis admirative de la capacité de Mary Beard à traiter un sujet comme le fait de faire taire les femmes dans nos sociétés avec autant d’efficacité et en si peu de pages !

Ce petit livre est à la fois intéressant et instructif. Mary Beard analyse la situation actuelle du discours des femmes dans nos sociétés grâce à la mythologie (Pénélope, Méduse et les Amazones par exemple) et de l’histoire antique (et moins antique) ; le lecteur peut voir de multiples parallèles et comment, même si cela a évolué et s’améliore aujourd’hui, les mêmes grandes lignes sont suivies de nos jours concernant le discours/les voix des femmes. Une femme est moins prise au sérieux qu’un homme, sa voix est ridiculisée parce qu’elle est aiguë et son autorité et ses connaissances sont remises en question à cause de son genre – exemple : Mary Beard qui se voit expliquer l’histoire antique, même si elle est experte sur ce sujet et pas la personne en face d’elle.

L’autrice traite aussi du harcèlement et des insultes dans les médias et les réseaux sociaux. C’est si facile de rabaisser une femme en utilisant son apparence, la façon dont elle s’habille ou même ses organes génitaux. C’est si facile d’utiliser les créatures mythologiques comme Méduse pour se moquer d’une politicienne. C’est si facile de voir la différence de traitement entre femmes et hommes dès que l’on approche des sphères de pouvoir. Et c’est si triste et agaçant de se rendre compte que l’on vit encore dans ce genre de monde dans lequel ce que les femmes disent n’a aucune valeur à cause de leur genre. Tu es une femme donc tu ne peux pas parler de tel ou tel sujet, à tel ou tel public, tu ne peux pas gérer telle ou telle responsabilité. Ou tu dois admettre que tu n’es pas une femme mais une créature hybride capable de gérer, mais toujours sujette aux blagues et insultes vulgaires.

Cette chronique est fatigante à écrire tant la situation paraît parfois désespérante. Même quand nous avons l’impression d’avancer, nous ne pouvons pas nous débarrasser de ces chaînes ridicules.
Je remercie tout de même Mary Beard d’avoir écrit ces cours et de les avoir publiés dans ce livre. J’espère qu’elle en écrira un plus long encore sur ce sujet, j’ai très envie de le lire et de plonger plus loin dans le monde des femmes et du pouvoir, à la fois de nos jours et dans l’histoire antique !

 

Donc, un excellent petit livre qu’il me tarde de voir étendre en gros livre style pavé sur le sujet !!

My Cousin Rachel de Daphné du Maurier

Posté : 12 août, 2020 @ 1:02 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique My Cousin Rachel

Editeur : Virago (Modern Classics)

Année de sortie : 2011 [1951]

Nombre de pages : 335

Titre en français : Ma Cousine Rachel

Synopsis : A penetrating psychological study with all the haunting power of Rebecca.

I threw the piece of paper on the fire. She saw it burn…

Orphaned at an early age, Philip Ashley is raised by his benevolent older cousin, Ambrose. Resolutely single, Ambrose delights in Philip as his heir, a man who will love his grand home as much as he does himself. But the cosy world the two construct is shattered when Ambrose sets off on a trip to Florence. There he falls in love and marries – and there he dies suddenly. In almost no time at all, the new widow—Philip’s cousin Rachel—turns up in England. Despite himself, Philip is drawn to this beautiful, sophisticated, mysterious woman like a moth to the flame. And yet…might she have had a hand in Ambrose’s death?

 

Avis : J’ai lu ce livre avec Salomé !

J’ai découvert Daphné du Maurier avec Rebecca : l’ambiance était si particulière et le roman si surprenant que j’ai, depuis, ajouté la majorité de ses livres à ma wish-list – et je suis toujours hantée par Manderley.

Cette fois, je suis entrée sur mes gardes, certaine que quelque chose d’étrange allait se passer et aurait besoin d’une explication. Jusqu’à la fin, j’étais persuadée que j’avais compris. J’ai clairement sous-estimé l’autrice. SPOILER 1

Comme le narrateur est Philip, le lecteur peut s’attacher à lui ; pour ma part, je me suis attachée à Rachel et j’ai clairement détesté Philip parfois. Il est misogyne, il sous-estime Rachel et il a l’impression de la connaître et de la comprendre complètement, comme si elle était facile à lire. Il était vraiment très agaçant et il ne comprend pas qu’il y a une réelle différence entre grandir orphelin mais protégé en Cornouailles et l’enfance pauvre de Rachel en Italie. Et ses réflexions sur les humeurs des femmes … Kendall qui dit à Philip que les femmes ne peuvent pas décider rationnellement à cause de leurs émotions … SPOILER 2
De plus, comme c’est une narration à la première personne, Philip pourrait être considéré comme un narrateur peu fiable SPOILER 3 (sur Rebecca, attention !) J’adore ce procédé : il est toujours compliqué de déterminer ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, les moments où l’on peut faire confiance au personnage et ceux où il ne doit pas être cru. Est-ce que Philip nous ment ? Est-ce qu’il vit dans une illusion ? Ou est-ce que tout est vrai ?
Autre chose qui m’agace avec Philip : SPOILER 4

Les autres personnages sont moins évidents à cerner puisque le lecteur n’a que le point de vue de Philip.
Rachel est, bien sûr, au centre du roman. Personne ne la connaît et Philip la déteste dès le début. SPOILER 5 Elle est un mystère : son passé, qui elle est vraiment, ce qu’elle ressent, comment elle agit. Philip ne la comprend pas toujours (étonnant haha), même s’il est convaincu que c’est le cas à un moment donné. Avant qu’ils se rencontrent, elle a de nombreux visages et j’ai adoré ça ; une fois qu’ils se rencontrent, le lecteur n’a ni description ni âge. Elle reste entourée de mystère, floue pour un temps, jusqu’à ce que le texte fasse le focus. SPOILER 6
Kendall
n’est pas vraiment le personnage le plus agréable, mais, contrairement à ce que pense Philip, je ne l’ai pas trouvé trop intrusif. Il laisse Philip faire ce qu’il veut et si son filleul était plus … mature ? ouvert ? peut-être n’y aurait-il eu aucune tension entre eux.
Je n’ai pas aimé Ambrose, sans doute à cause de sa façon de parler des femmes. Mais je me suis attachée à lui grâce à Philip et Rachel. SPOILER 7
J’ai aimé Louise : elle est lucide et clairement amoureuse de Philip – ou, au moins, elle espère devenir son épouse. Il ne comprend pas (encore) ou ne veut pas l’admettre.
Petit bonus : je me suis représenté Seecombe comme Carson de Downton Abbey !

J’ai vraiment été surprise par la fin : je ne m’attendais pas du tout à ça !

Mention spéciale pour le premier chapitre et les dernières lignes : j’ai pensé à The Haunting of Hill House !

Même si je n’avais pas aimé l’histoire, j’aurais aimé l’écriture : elle est très belle et crée vraiment une ambiance particulière, comme dans Rebecca. Daphné du Maurier crée, grâce à sa plume et à ses décors, à la fois une ambiance cosy dans laquelle le lecteur se sent bien, des endroits où il a envie de passer plus de temps, et une atmosphère plus sombre qui envahit peu à peu le roman. J’avais envie de rester dans la maison, sur les terres, dans les jardins avec les personnages ! J’ai également annoté mon exemplaire, souligné les belles phrases, les indices de ce qui va arriver !

 

Donc, un très bon roman qui m’a vraiment secouée !

 

SPOILER 1 Tout le long, j’étais convaincue que Rachel avait empoisonné Ambrose et faisait la même chose à Philip. Mais, à la fin, j’ai eu un doute. A la fin, je me suis dit que Rachel pouvait, éventuellement, avoir empoisonné Ambrose, mais qu’elle était vraiment attachée à Philip, qu’elle l’aimait vraiment ; tout n’était pas qu’un mensonge. Donc, malgré le fait que l’intrigue et sa résolution semblent évidentes – une femme tue un homme pour son argent -, ça ne l’était pas vraiment. Et le lecteur et les personnages sont laissés avec leur doute quand Rachel meurt !!

SPOILER 2 En fin de compte, celui qui n’est pas rationnel depuis le début est Philip. Il n’était guidé que par ses émotions, et même aveuglé par elles : son amour (?) était si fort qu’il ne prenait pas Rachel en compte. C’était à propos de lui et seulement de lui.

SPOILER 3 comme la narratrice de Rebecca, qui crée, en réalité, le fantôme de Rebecca à cause des agissements de Mrs. Danvers et s’imagine tout un tas de choses qui ne sont pas vraies ou réelles au fil du roman.

SPOILER 4 quand il commence à être violent et blâme Rachel. Haha. Mec, si tu es violent, TU es responsable, pas elle. Contrôle-toi et arrête de dire que c’est ELLE qui ne sait pas se contrôler. Il pense, après l’avoir étranglée, qu’elle va lui pardonner et continuer à vivre avec lui comme si de rien n’était : il ne comprend pas qu’elle ait peur de lui et qu’elle veuille une autre femme avec elle dans la maison.

SPOILER 5 Je n’étais pas sûre qu’il allait tomber amoureux d’elle parce que je n’avais pas relu le synopsis ou vu le film avant de lire.

SPOILER 6 J’ai eu mal au cœur pour Rachel. Pauvre quand elle était jeune, elle a épousé un homme qui HÉSITAIT entre sa MÈRE et ELLE : déjà, là, tout va bien ! Il a pris Rachel parce que sa mère avait perdu sa beauté ! Puis, il est mort, elle est devenue veuve avec des problèmes d’argent. Elle rencontre Ambrose, l’épouse. Par amour ? pour se sentir en sécurité ? pour se débarrasser de ses problèmes d’argent ? parce qu’il l’aime ? Le lecteur ne le saura jamais. Puis, il meurt et elle est seule à nouveau. Elle part en Cornouailles pour … ? se rapprocher de la seule famille qu’elle ait – Philip ? obtenir de l’argent de lui ? découvrir l’endroit où son mari décédé a vécu ? Pourquoi est-elle venue en Angleterre ? Le lecteur ne le saura jamais. Elle obtient l’argent à la fin, et son attitude change ; elle dit à Kendall qu’elle n’a jamais eu l’intention de se remarier. Elle est libre de toute dépendance à un homme. Elle n’a aucun compte à rendre à personne pour la première fois de sa vie. Et elle meurt parce qu’un homme riche a des doutes sur elle, parce qu’il la soupçonne. J’étais si triste quand elle est morte, j’ai vraiment été surprise. Quel gâchis …

SPOILER 7 Je dois avouer que j’étais un peu choquée que Philip l’oublie si rapidement et si complètement. Il oublie que Rachel est la veuve d’Ambrose et ne pense qu’à ses propres sentiments. Il est prêt à oublier tout ce qui est arrivé à Ambrose, oublier ses lettres et ses avertissements simplement parce qu’il ne peut pas se passer de Rachel – ou de la Rachel qu’il imagine, sa Rachel fantasmée. Ambrose était censé être son modèle, la personne qu’il aime le plus au monde !

Driftwood de Marie Brennan

Posté : 7 août, 2020 @ 2:57 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : FantasyDriftwood

Editeur : Tachyon

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 240

Titre en français : pas encore traduit

Synopsis : [STARRED REVIEW] “Exploring found family, adaptation, and hope in the face of apocalypse, Brennan imbues this high-concept fantasy with a strong emotional core. Fantasy fans will be thrilled.” -Publishers Weekly

Who is Last?

Fame is rare in Driftwood- it’s hard to get famous if you don’t stick around long enough for people to know you. But many know the guide, Last, a one-blooded survivor who has seen his world end many lifetimes ago. For Driftwood is a strange place of slow apocalypses, where continents eventually crumble into mere neighborhoods, pulled inexorably towards the center in the Crush. Cultures clash, countries fall, and everything eventually disintegrates.

Within the Shreds, a rumor goes around that Last has died. Drifters come together to commemorate him. But who really was Last?

About Driftwood
Driftwood is the invention of bestselling author Marie Brennan. Mirroring the world that many people are currently living in, the Driftwood stories chronicle the struggles of survivors and outcasts to keep their worlds alive until everything changes, diminishes, and is destroyed. Driftwood is the first full-length novel in this world.

 

Avis : C’était la première fois que je lisais Marie Brennan, et je ne suis pas déçue !

Un petit avertissement ou deux avant de commencer cette chronique. D’abord, il est assez difficile d’écrire à propos de ce livre : quoi dire, quoi taire, comment expliquer, ce qui est un spoiler, ce qui n’en est pas un, comment exprimer ce qu’on ressent à la lecture de Driftwood. Mais je vais faire de mon mieux. Ensuite, j’ai lu ce livre en n’en sachant rien, à part le titre et le fait que ce soit de la Fantasy. C’est sans doute la raison pour laquelle j’étais un peu perdue au début, mais je vais y revenir. Donc, pour ceux qui ne veulent rien savoir : excellente idée, c’est sans doute la meilleure façon de lire ce livre, pour faire l’expérience de Driftwood comme un Drifter. Mais donc je ne sais pas si vous devriez continuer à lire cette chronique !

J’ai eu du mal avec le début de ce roman parce qu’il est très confus : le lecteur entre dans le livre in medias res, il ne sait rien des personnages ou du monde. Certains noms sont difficiles à prononcer – excepté celui de Last -, il est difficile de savoir quand un nom correspond à un personnage ou à un monde, de savoir où l’on se trouve, qui est qui, ce qui se passe. Mais j’ai l’impression que c’est fait exprès : le lecteur est dans la même position que les nouveaux arrivants à Driftwood, et donc ressent la même chose qu’eux. Il vit ce qu’eux vivent à leur arrivée dans cet étrange endroit. De plus, après le premier chapitre qui présente Last, le lecteur rencontre différents narrateurs : ils peuvent permettre de montrer la diversité de Driftwood. SPOILER 1

Last est le personnage principal mais il n’est le narrateur que pour un moment – seulement des extraits du premier chapitre. Après ça, dans le roman, il devient une sorte de mythe pour certains ; pour d’autres, c’est un homme qu’ils ont rencontré et avec qui ils ont vécu quelque chose. Dans tous les cas, ils ressentent le besoin de raconter et/ou d’écouter ce qui est arrivé pour lui rendre hommage ou pour se souvenir de lui. En effet, Last a disparu et personne ne sait ce qu’il est devenu. Last est un mystère pour les autres et pour lui-même : il ne sait pas pourquoi il est toujours à Driftwood, pourquoi il ne connaît pas le même destin que tout le monde. Il souffre clairement de la situation et de la façon dont les gens le considèrent. Personne ne sait grand-chose à son propos et le lecteur n’obtient pas beaucoup d’informations pendant le court instant durant lequel il est dans sa tête ! J’aimerais en apprendre plus sur lui ! 

Maintenant, comment vous parlez de Driftwood sans trop en dire, tout en faisant justice ? Si vous voulez entrer à l’aveugle, comme je vous l’ai dit, vous serez perdus. Si vous lisez le synopsis, vous serez quand même perdus. Mais,  »there is grace in being lost« . Ce monde est étrange, terrible et beau en même temps. Le concept dans son entièreté est à la fois poétique et horrible. Si vous avez lu le synopsis, je pense (attention, je pense, je ne suis pas sûre !) que vous pouvez lire le SPOILER 2.

Ce livre est à la fois beau et affreux, à la fois inspirant et déprimant. Tout atteint sa fin un jour : SPOILER 3 Dans tous les cas, ce roman brise le cœur. Il met aussi en avant le besoin de se souvenir et de maintenir en vie les cultures et traditions. Elles vivent aussi longtemps que quelqu’un se souvient d’elles – et le cœur se brise encore un peu plus. SPOILER 4

J’ai évoqué plus haut les noms étranges pour les personnages et les mondes : le lecteur découvre différentes cultures et différents peuples au fil du roman – qui, à un moment donné, ressemble un peu à un recueil de nouvelles ! Il est fascinant d’imaginer tous ces mondes, les rues de Driftwood, les frontières, SPOILER 5, les différentes architectures, les différentes langues : on dirait parfois Babel ! J’ai adoré que, dans certains endroits, des rituels ressemblent à de la magie SPOILER 6, et que ce soit possible d’y avoir recours aussi longtemps que cet endroit se trouve à Driftwood. C’était magique, mystérieux, et j’avais envie de rester encore là-bas.

A la fin de ce roman – la scène de fin m’a achevée, par ailleurs -, j’avais envie de plus. Si un autre livre lié à Driftwood sort, je le lirai avec grand plaisir !

 

Donc, un excellent roman qui m’a transportée dans d’autres mondes et qui reste avec moi depuis !

 

SPOILER 1 peut-être que ces histoires sont écrites de cette façon pour montrer la façon dont Dritfwood fonctionne, pour représenter les Lambeaux (Shreds dans la VO) ?

SPOILER 2 Driftwood est l’endroit où les mondes viennent mourir. Ils connaissent leur apocalypse et dérivent désormais doucement vers leur destruction. Est-ce que c’est aussi terrible que ce que ça laisse entendre ? Totalement. Est-ce que j’ai eu envie de pleurer plusieurs fois ? Bien sûr. Y avait-il quelque réconfort à un moment donné ? Oui. Mais c’est toujours difficile d’assister à l’agonie de gens et de mondes sans aucune possibilité de se battre, d’arrêter la machine ou de faire quoi que ce soit pour les sauver : il n’y a pas de sauvetage possible.

SPOILER 3 certaines personnes l’accueillent, d’autres vivent dans le déni. Certaines veulent l’accepter, d’autres veulent se battre. 

SPOILER 4 « You remember. You can tell me [...] And then I can go home, and tell my people, and we will take that light with us into the darkness. » Oh, ce bruit ? C’est mon coeur qui se fissure lentement à nouveau, rien de grave !

SPOILER 5 et le fait que, parfois, le son ne passe pas d’un monde à l’autre, qu’une violente tempête de sable peut se produire à un pas et vous ne ressentez rien, vous êtes en sécurité parce que vous vous trouvez de l’autre côté de la frontière

SPOILER 6 comme le partage de souvenirs pendant une danse dans un monde, ou le fait de boire la salive de quelqu’un mêlée à la sienne pour se comprendre sans avoir besoin de traduction

Members Only de Sameer Pandya

Posté : 2 août, 2020 @ 10:07 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Members Only

Editeur : Houghton Mifflin Harcourt

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 288

Titre en français : pas encore traduit

Synopsis : First the white members of Raj Bhatt’s posh tennis club call him racist. Then his life falls apart. Along the way, he wonders: where does he, a brown man, belong in America?

Raj Bhatt is often unsure of where he belongs. Having moved to America from Bombay as a child, he knew few Indian kids. Now middle-aged, he lives mostly happily in California, with a job at a university.  Still, his white wife seems to fit in better than he does at times, especially at their tennis club, a place he’s cautiously come to love.

But it’s there that, in one week, his life unravels. It begins at a meeting for potential new members: Raj thrills to find an African American couple on the list; he dreams of a more diverse club. But in an effort to connect, he makes a racist joke. The committee turns on him, no matter the years of prejudice he’s put up with.  And worse still, he soon finds his job is in jeopardy after a group of students report him as a reverse racist, thanks to his alleged “anti-Western bias.”

Heartfelt, humorous, and hard-hitting, Members Only explores what membership and belonging mean, as Raj navigates the complicated space between black and white America.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en SP sur NetGalley !

Dès le début de ce roman, dès le synopsis, j’ai su que j’allais être embarrassée par ce qui allait arriver à Raj, le narrateur. J’avais raison.

Raj, un dimanche soir, fait une terrible blague raciste qui signe le début d’une des pires semaines de sa vie. De racisme ordinaire en rabaissement, de regards qui en disent long aux insultes, la situation ne va faire qu’empirer jusqu’à ce qu’elle explose.

Effectivement, j’ai ressenti de l’embarras quand la blague apparaît. J’ai compris pourquoi Raj voulait fondre, disparaître ou revenir dans le temps pour dé-dire ces quelques mots. Je comprends aussi sa maladresse, son besoin de se lier à quelqu’un qui vit à peu près la même chose que lui, et son échec à y parvenir. J’ai eu mal pour lui et, au fil des pages, ça ne fait qu’empirer. Plus j’avançais, plus je ressentais de l’indignation. Raj vit aux Etats-Unis depuis qu’il a 8 ans, il est professeur à l’université, il étudie l’anthropologie, il est inscrit à un club de tennis et, pourtant, les gens le rabaissent, l’ignorent ou même l’insultent carrément, lui faisant sentir qu’il n’est pas à sa place. ET PERSONNE NE RÉAGIT AUTOUR. Juste parce que sa peau est brune et qu’il est né dans un autre pays. Il se sent différent et il a l’impression d’être utilisé pour prouver qu’un endroit est « diversifié », comme au club de tennis ou à l’université. Il ne serait alors pas engagé pour ses compétences, mais pour sa couleur de peau, pour cocher la case « diversité ». Et donc il doute. Et donc les autres autour de lui le rabaissent. Et donc PERSONNE ne lui vient vraiment en aide quand il en a besoin. Il se demande s’il devient paranoïaque ou si ce qu’il ressent est réel ; plus nous progressons dans le livre, et plus le fait que c’est effectivement réel se confirme.

Le pire, peut-être, est qu’il est attaqué pour deux raisons différentes, qui impliquent toutes les deux une forme de racisme : SPOILER 1 (le début du spoiler n’est pas vraiment spoilant, il évoque le début du roman et la raison pour laquelle tout va partir en vrille pour Raj ; si vous voulez le lire, arrêtez-vous après « En fait, les deux le sont »). Et la petite chute de Raj dimanche soir se transforme rapidement en descente aux enfers : en quelques jours, tout a changé. L’auteur met bien en avant la cyberviolence : les gens ne se rendent pas compte à quel point ils peuvent être blessants et comme il est facile de détruire quelqu’un qui n’est pas en face de soi – ou quelqu’un qu’ils ne connaissent même pas en personne ! – d’utiliser des mots offensants et de menacer la carrière, voire la vie, de cette personne qu’ils ont vue sur les réseaux sociaux. Et comme les gens adoooooooooooooooooorent parler de sujets dont ils ne savent rien, que ce soit en général ou des sujets qui sont très personnels pour les personnes autour d’eux, des sujets qui les touchent ou à propos desquels ils ont des connaissances, contrairement à ces gens qui les attaquent. Tellement énervant.

J’ai adoré ce livre parce qu’il met en avant ce sujet pas toujours facile à traiter. J’ai aussi aimé être dans la tête de Raj et qu’il explique ce qu’il ressent, comment il le ressent et pourquoi il se trouve dans une telle situation. Il nous offre des bribes de son passé, de ce qu’il a traversé, de la façon dont il est arrivé où il est actuellement, de l’envie qu’il ressent parfois quand il voit que des personnes blanches sont idiotes mais sont tout de même plus reconnues que lui grâce à leur couleur de peau alors que lui stagne et est rejeté SPOILER 2 J’ai adoré qu’il soit professeur, évidemment !

A propos de la finSPOILER 3 

Pendant que je lisais ce livre, j’avais envie de secouer les gens pour leur ouvrir les yeux, pour leur faire voir les choses problématiques qu’ils peuvent voir, entendre ou faire sans réagir. J’espère que ce livre aura le même effet sur chaque lecteur. 

 

Donc, un excellent roman qui aborde le sujet du racisme de manière très intéressante – même si le lecteur peut être agacé à de nombreuses reprises ! 

 

SPOILER 1 d’abord, la blague raciste faite à Bill, un homme noir ; puis, un cours dans lequel il dit que les Occidentaux ont rempli le vide que le Christianisme a laissé avec la spiritualité orientale. Donc il est considéré à la fois comme raciste et anti-Américain, quelqu’un qui haït les Chrétiens. La deuxième situation est appelée « racisme inversé » dans le roman et elle est insupportable. En fait, les deux le sont.

En effet, les membres blancs du comité du club de tennis insistent pour que Raj s’excuse publiquement auprès de Bill ; mais, tout le long du roman, Raj se souvient que personne n’a rien dit quand des Blancs l’insultaient, même ce dimanche soir où il a fait sa blague. Et il le dit enfin à la fin du roman, dans une sorte de discours libérateur durant lequel il met tous les membres blancs du comité en face de leur hypocrisie – merci Raj, ça fait du bien, même si ça n’avance malheureusement à rien.

En ce qui concerne la seconde situation, elle est effrayante. En tant que professeur, Raj explique des idées/théories/concepts à ses étudiants et s’attend à une réaction qui mènera à une discussion en classe ou dans son bureau. Quand l’un de ses étudiants n’est pas d’accord avec lui et décide de poster une vidéo de son cours sur Internet, elle devient virale et Raj est insulté et suivi. Des commentaires racistes fleurissent partout et même les personnes qui ne le connaissent pas pensent qu’il est de leur bon droit de donner leur avis et demandent son renvoi de l’université.

SPOILER 2 cette scène où un homme blanc, dans sa précédente université, parvient à le faire virer parce qu’il n’est pas d’accord avec lui … il feint de tomber au moment où Raj passe à côté de lui pour avoir un prétexte. Nauséabond. A vomir.

SPOILER 3 j’ai aimé que Raj voie Bill et que ce dernier sauve la vie du narrateur. Mais j’ai trouvé triste que Raj ne pense pas revenir au club de tennis. Il aimait cet endroit mais ne peut pas revenir à cause de ce qui est arrivé. Il n’a plus confiance en ces « amis » et ne veut pas retourner là où il ne se sent pas le bienvenu. En fin de compte, j’ai eu l’impression qu’ils avaient gagné et que Raj était réduit au silence, chez lui.

Imperfect Women d’Araminta Hall

Posté : 31 juillet, 2020 @ 5:58 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Thriller Imperfect Women

Editeur : Farrar, Straus & Giroux

Année de sortie : 2020 (4 août)

Nombre de pages : 304

Titre en VF : pas encore traduit

Synopsis : From the author of Our Kind of Cruelty comes an enthralling, irresistible novel of psychological suspense about three women and the destructive power of buried secrets

When Nancy Hennessy is murdered, she leaves behind two best friends, a loving husband and daughter, and a secret lover whose identity she took to the grave. Nancy was gorgeous and wealthy, with adoring friends and family—from the outside, her life was perfect. But as the investigation into her death flounders and her friends Eleanor and Mary wrestle with their grief, dark details surface that reveal how little they knew their friend, each other, maybe even themselves.

A gripping, immersive novel about impossible expectations and secrets that fester and become lethal, Imperfect Women unfolds through the perspectives of three fascinating women. Their enduring, complex friendship is the knot the reader must untangle to answer the question: who killed Nancy?

Imperfect Women explores guilt and retribution, love and betrayal, and the compromises we make that alter our lives irrevocably. With the wickedly sharp insights and finely tuned suspense that has drawn her comparisons to Patricia Highsmith and Paula Hawkins, Araminta Hall returns with another page-turning, thought-provoking tour de force.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en SP sur NetGalley !

Quand j’ai commencé Imperfect Women, cela faisait un moment que je n’avais pas lu de thriller. Le dernier crime book en date était The Seven Deaths of Evelyn Hardcastle que j’ai vraiment beaucoup aimé ! J’avais envie que celui-ci me surprenne autant !

Malheureusement, ce ne fut pas le cas : j’ai rapidement deviné qui était l’amant, qui était le tueur – même si je n’avais pas les détails SPOILER 1 En revanche, j’ai été surprise par la fin ! Malgré tout ça, j’ai vraiment adoré ce livre, qui est pratiquement un coup de cœur !

Pendant la lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que certaines scènes, phrases ou impressions de personnages étaient vrais. Ces femmes pourraient être nos voisines ou nos amies. Elles existent en chacune de nous en quelque sorte. Ce qu’elles font n’est pas parfait, ni bon, c’est même mauvais parfois, mais je me suis tout de même sentie proche d’elles, je me suis quand même attachée à elles. En un sens, je n’ai pas aimé ce livre pour le mystère/le crime, je l’ai aimé pour sa façon de représenter les femmes, leurs luttes et la façon dont elles ne se comprennent pas entre elles et ne sont pas comprises par leurs proches, hommes ou femmes. Elles ont leur propre enfer personnel et elles se battent seules parce qu’elles se sentent coupables ou parce qu’elles ont peur de perdre leurs amies les plus chères. C’était parfois viscéral et pénible à lire : j’ai eu mal pour elles. Rien n’est simple, tout le monde cache quelque chose, on ne sait jamais ce qu’il se passe dans la tête de quelqu’un, ce qu’il vit vraiment.

C’est peut-être la raison pour laquelle ce livre est divisé en trois parties, chacune se concentrant sur le point de vue d’une des trois amies. Ma partie préférée est celle de Nancy SPOILER 2 Ces femmes ne seront pas appréciées par tous les lecteurs. SPOILER 3

Même si j’avais deviné qui était le coupable, ce livre est tout de même captivant et m’a fait douter plusieurs fois ! La fin m’a vraiment surprise : SPOILER 4

 

Donc, un excellent roman, prenant et authentique !

 

SPOILER 1 j’avais un doute à propos de Robert à un moment donné, surtout à cause de la lettre cachée et du fait qu’il ait menti à Eleanor.

SPOILER 2 sans doute parce qu’elle est celle qui meurt au début du roman et que je voulais comprendre ce qui lui était arrivé, ainsi que la raison pour laquelle Eleanor est si dure avec elle. Sa douleur m’a brisé le cœur et sa maladie mentale n’est pas pris au sérieux parce qu’elle est privilégiée. Elle se déteste pour ce qu’elle ressent, mais elle ne peut pas s’empêcher et personne ne la comprend. Elle est simplement considérée comme « dramatique » et ne reçoit pas l’aide dont elle a besoin. J’ai eu du mal avec Eleanor parfois à cause du fait qu’elle minimise sans cesse la souffrance et les problèmes de Nancy sous prétexte qu’elle a du temps et de l’argent.

SPOILER 3 Eleanor est assez méchante avec Nancy et semble ne penser qu’à elle-même parfois, ce qui n’est pas tout à fait faux ; Nancy trompe son mari avec le mari d’une de ses meilleures amies ; Mary finit par tuer son propre mari. Elle pourrait être la seule que le lecteur apprécie, parce qu’elle ne fait rien de mauvais jusqu’à la fin du roman. Ces trois femmes jugent les deux autres et sont jugées par elles, surtout Nancy qui semble avoir une vie parfaite et n’est toujours pas satisfaite. Mais, surtout, chacun d’elles envie les autres d’une certaine manière : Nancy rêve d’être comme Eleanor, Eleanor veut la vie de Nancy, Mary est la femme morale parfaite qui aiment ses enfants plus qu’elle-même. Elles représentent toutes un type différent de femmes et aucune n’est heureuse des choix qu’elle a faits pour en arriver à cette vie.

SPOILER 4 je ne pensais pas que Mary était capable de tuer Howard. Dès que Marcus lui a tout raconté, je savais qu’elle allait le faire. Cette scène était très difficile à lire et ces derniers mots m’ont brisé le cœur, même si je l’ai détesté du début à la fin. Il était clairement manipulateur, narcissique et sadique mais, à la fin, j’ai eu l’impression qu’il comprenait ce qu’il avait fait et qu’il souffrait vraiment. J’ai eu pitié de lui.

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